NDLA : Avant que vous ne vous lanciez dans la lecture de ce nouveau chapitre, j'aurais une petite question à vous poser (vous pourrez y répondre par MP ou dans vos reviews). Cette quatrième année va bientôt s'achever, mais au niveau de l'écriture, je suis loin d'avoir terminé la dernière année. Aussi, je voulais vous demander votre avis. Est-ce que vous préféreriez que j'espace encore la publication pour les quatre chapitres restant, afin de réduire l'attente entre les deux années, ou bien que je continue sur un rythme hebdomadaire, quitte à attendre deux ou trois mois la publication de la cinquième année ?
20
Les horcruxes
A leur retour dans le château, Heather se rendit compte que les effets de la potion de chance devaient s'être estompés car ils manquèrent de se faire repérer par Peeves malgré la cape d'invisibilité, et lorsqu'ils arrivèrent devant la Grosse Dame, celle-ci ne se montra pas disposée à les aider.
- C'est une heure pour rentrer, ça ? demanda-t-elle sur un ton moralisateur.
- Je suis désolé, dit Harry qui n'avait visiblement pas compris que le meilleur moyen d'obtenir ce qu'on voulait dans ce château c'était bien souvent d'y aller au culot. Nous avons dû sortir pour un important…
- Eh bien le mot de passe a changé à minuit, vous n'aurez qu'à dormir dans le couloir.
- Vous plaisantez ! protesta Harry. Pourquoi a-t-il changé ?
- C'est comme ça, répliqua la Grosse Dame. Si vous n'êtes pas contents allez vous plaindre au directeur. C'est lui qui a renforcé la sécurité.
- Justement, on ne demande qu'à aller le voir, fit Heather. Encore faudrait-il qu'il soit là !
- Il est là, lança une voix derrière eux. Le professeur Dumbledore est revenu à l'école il y a environ une heure.
Nick Quasi-Sans-Tête flottait vers eux, sa tête vacillant sur sa fraise.
- Le Baron Sanglant m'a dit qu'il l'avait vu arriver, déclara le fantôme. A l'en croire, il avait l'air de bonne humeur, quoique un peu fatigué, bien sûr.
Harry s'empressa de demander où se trouvait le directeur, et eu la joie d'apprendre qu'il était à son bureau. Harry et Heather ne se lancèrent qu'un regard puis se précipitèrent vers la statue de la gargouille au deuxième étage, ignorant la Grosse Dame qui leur criait :
- Revenez ! J'ai menti ! J'étais énervée parce que vous m'aviez réveillée ! Le mot de passe est toujours "Ver solitaire" !
Heureusement pour les deux jeunes sorciers, le mot de passe de la gargouille était toujours "Éclairs au caramel", car en disparaissant dans l'escalier en colimaçon, Heather aperçut Miss Teigne qui arrivait dans le couloir. Harry frappa calmement à la porte, et Dumbledore les invita à entrer.
- Harry ! Heather ! Que me vaut l'honneur d'une visite si tardive ?
- Nous l'avons, professeur ! s'exclama Harry victorieux. Slughorn nous a confié son souvenir ce soir même.
Le directeur sembla mettre quelques instants à assimiler l'information, puis son visage se fendit d'un sourire de satisfaction.
- C'est une merveilleuse nouvelle ! Bravo à tous les deux ! Je savais que vous y arriveriez.
Il prit le flacon, alla récupérer sa pensine dans un placard, la posa sur le bureau et y vida le contenu du flacon.
- Maintenant, dit Dumbledore, nous allons enfin savoir. Vite Harry… Heather, bien entendu, comme tu as fait ta part, tu as gagné le droit de nous accompagner.
Heather regarda son frère se pencher sur la bassine de pierre et disparaître comme aspiré à l'intérieur. Dumbledore l'invita à l'imiter. Heather regarda, il y avait un liquide qui semblait être de l'eau, avec à l'intérieur le filament argenté qui ondulait dans l'espace qui lui était offert. Au moment où son nez entra en contact avec la surface, elle eut l'impression de faire une chute vertigineuse dans une obscurité totale, puis elle se retrouva brusquement sur ses deux jambes, dans une pièce où se trouvait un Horace Slughorn au crâne nettement moins dégarni, un peu moins corpulent aussi, mais à part ça, très reconnaissable. Il y avait assis sur des chaises nettement moins confortables que le fauteuil sur lequel était installé le professeur plusieurs élèves qui devaient être en dernière année à Serpentard. L'un d'eux était un très beau garçon aux cheveux bruns et aux yeux pétillants de malice. Si Heather n'avait pas fait son coming out au début de l'année, elle l'aurait sans doute trouvé irrésistible.
C'était assez différent de ce qu'elle avait pu expérimenter avec la Légilimancie. Elle ne vivait pas le souvenir par les yeux de la personne concernée, mais en tant que "fantôme" que personne ne semblait voir, et qui ne pouvait sans doute être entendu que des autres personnes à utiliser la pensine, c'est à dire Harry qui se trouvait à côté d'elle, et Dumbledore qui venait d'apparaître derrière eux. Elle ne ressentait pas non plus les émotions d'aucun des protagonistes, même en se concentrant pour ce faire.
- Monsieur, est-il vrai que le professeur Têtenjoy prend sa retraite ? demanda le garçon séduisant.
- Tom, Tom, même si j'étais au courant, je ne pourrais pas vous le dire, répondit Slughorn en agitant un index réprobateur.
Ainsi, voilà donc à quoi ressemblait Voldemort jeune. Ça n'avait absolument rien à voir avec le portrait qu'avait dépeint Harry.
- Je dois avouer que j'aimerais bien savoir d'où vous tenez vos renseignements, mon garçon. Vous êtes mieux informé que la moitié des enseignants.
Jedusor sourit, les autres éclatèrent de rire ou le regardaient avec admiration.
- Avec votre étrange aptitude à connaître des choses que vous devriez ignorer et le soin que vous prenez à flatter les gens importants – Au fait, merci pour l'ananas, vous aviez parfaitement raison, c'est mon préféré – je ne doute pas que vous deviendrez ministre de la magie dans vingt ans. Quinze si vous continuez à m'envoyer des ananas. J'ai d'excellents contacts au ministère.
- Je ne crois pas que la politique soit ma vocation, dit Jedusor. D'abord, je ne pense pas être issu du milieu qui convient.
Deux garçons échangèrent un sourire. Ils devaient savoir que Jedusor descendait de Serpentard.
- Allons donc ! répliqua vivement Slughorn. Avec des dons comme les vôtres, il est bien évident que vous venez d'une lignée de sorciers très honorables.
- C'est sympa pour les enfants de moldus ! s'insurgea Heather. Et maman, c'était quoi ? Du pipi de chat ? J'aurais bien aimé voir Jedusor maîtriser à lui seul trois professeurs !
- Allons Miss Wright, la tempéra Dumbledore, il est inutile de crier, il ne vous entend pas, et puis rappelez-vous qu'à l'époque, votre mère n'était même pas encore née.
Heather baissa la tête, rouge de confusion. Une pendule sonna onze heures, Slughorn renvoya donc ses élèves, l'un d'eux s'appelant Lestrange, et un autre Avery. Jedusor resta en dernier dans la pièce. Il avait visiblement attendu ce moment pour poser sa question.
- J'aurais voulu savoir ce que vous pouviez me dire des… des horcruxes ?
- Vous faites une recherche pour le cours de Défense contre les forces du mal ? demanda le professeur.
- Pas vraiment monsieur, répondit Jedusor. Je suis tombé sur ce mot dans un texte que je lisais, et je ne l'ai pas totalement compris.
- Non… bien sûr… Vous auriez beaucoup de mal à trouver à Poudlard un livre qui vous donne des détails sur les horcruxes, Tom. C'est de la magie très noire, très très noire, déclara Slughorn.
Pourtant, malgré les dires du Maître des Potions, Heather vit à l'expression de Dumbledore, qu' à l'époque, il aurait effectivement pu apprendre ce qu'était un horcruxe dans les livres de la bibliothèque.
- Mais vous savez sûrement tout sur le sujet, monsieur ? fit Jedusor d'un ton flatteur. Un sorcier tel que vous… excusez-moi, peut-être ne pouvez-vous rien me dire… mais pour moi il était évident que… si quelqu'un était capable de m'en parler, ce serait forcément vous… Voilà pourquoi j'ai pensé à vous demander…
Le moins qu'on puisse dire, c'était que le jeune Jedusor savait comment passer la pommade aux gens plus haut placés pour obtenir ce qu'il désirait.
- Et bien, j'imagine que ça ne peut pas faire de mal si je vous donne une idée générale, répondit Slughorn. Pour que vous compreniez simplement le sens du mot. Horcruxe est le terme qu'on utilise pour désigner un objet dans lequel une personne a dissimulé une partie de son âme.
- Je ne vois pas très bien le principe, dit Jedusor, et Heather devait avouer qu'elle non plus, même si Jedusor lui faisait semblant pour amener la conversation là où il le voulait.
- Il s'agit de séparer son âme en deux, reprit Slughorn, et d'en cacher une partie dans un objet, en dehors du corps. Ainsi, même si son corps est attaqué ou détruit, on ne peut pas mourir parce qu'un morceau de l'âme reste attaché à la vie terrestre sans avoir subi de dommage. Mais bien sûr, l'existence sous une telle forme, rares sont ceux qui en voudraient, Tom, très rares. La mort serait préférable.
Heather eut un sursaut d'horreur. Alors c'était pour ça ! C'était parce que Voldemort avait fabriqué un horcruxe qu'il n'était pas mort, quinze ans plus tôt.
- Comment fait-on pour séparer son âme en deux ? demanda Jedusor dont l'avidité se voyait maintenant clairement sur son visage.
- Eh bien, dit Slughorn mal à l'aise, il faut comprendre que l'âme est censée rester entière et intacte. La diviser est une violation, quelque chose contre nature.
- Mais comment fait-on ? insista Jedusor.
- Par un acte maléfique – l'acte maléfique suprême. En commettant un meurtre. Tuer déchire l'âme. Le sorcier désireux de créer un horcruxe tourne à son avantage cette destruction : il enferme la partie arrachée…
Décidément, c'était de mieux en mieux ! se dit Heather. S'il suffisait de tuer, qui sait combien d'horcruxes se psychopathe de Jedusor avait pu fabriquer ! Il n'y avait qu'à jeter un œil sur la bague qu'il portait, et avoir eu connaissance du souvenir de sa rencontre avec son oncle, pour savoir que tuer ne dérangeait déjà plus le jeune homme.
Slughorn s'emporta un peu quand Jedusor demanda encore des précisions, mais le jeune homme réussit à calmer son professeur en usant d'humilité, sans doute feinte. Quand Slughorn reprit un ton plus enjoué, Jedusor poursuivit :
- Ce que je ne comprends pas cependant – il s'agit d'une simple curiosité de ma part – c'est… est-ce qu'un seul horcruxe aurait beaucoup d'utilité ? Ne peut-on séparer son âme qu'une seule fois ? N'obtiendrait-on pas un meilleur résultat, une plus grande force, si l'on parvenait à diviser son âme en plusieurs morceaux ? Par exemple, le chiffre sept n'est-il pas celui qui possède la plus grande puissance magique ? Est-ce que sept…
- Par la barbe de Merlin ! l'interrompit Slughorn. Sept ! N'est-il pas suffisamment horrible de penser qu'on peut tuer une seule personne ? Déchirer son âme est déjà une chose épouvantable… Alors la déchirer en sept morceaux…
Slughorn sembla se rendre compte à ce moment-là qu'il en avait trop dit. Il coupa court à la discussion en faisant promettre à Jedusor de ne jamais rien dire de celle-ci à qui que ce soit. Chose bien vaine car il était évident que Jedusor avait la ferme intention de garder tout ce qu'il avait appris pour lui.
Dumbledore ramena Heather et Harry dans son bureau. Le directeur était déjà assis dans son fauteuil, et les deux adolescents prirent place face à lui.
- Il y a longtemps que j'attendais ce témoignage… dit le directeur. Il confirme la théorie sur laquelle j'ai travaillé, je sais désormais que j'ai eu raison, je sais aussi combien est long le chemin qui reste à parcourir… Je suis sûr que vous réalisez tous les deux la signification de ce que nous venons d'entendre. Au même âge que toi Harry, à quelques mois près, Tom Jedusor faisait ce qu'il pouvait pour trouver le moyen de se rendre immortel.
- Et visiblement, il a réussi ! souffla Heather encore sous le choc de ce qu'elle venait d'entendre. C'est pour ça qu'il n'est pas mort quand son sortilège lui a été renvoyé il y a quinze ans, n'est-ce pas ? Il avait déjà un horcruxe quelque part ?
- Effectivement, Miss Wright, un horcruxe… ou davantage. Vous l'avez tous deux entendu : ce qu'il voulait surtout apprendre d'Horace, c'était ce qui se passerait si on créait plus d'un horcruxe, ce qui arriverait à un sorcier si résolu à échapper à la mort qu'il serait prêt à commettre de nombreux meurtres, à déchirer son âme à plusieurs reprises pour la conserver dans des horcruxes dissimulés en différents lieux. Aucun livre n'aurait pu lui fournir cette information. Pour autant que je le sache – et, j'en suis sûr, pour autant que Voldemort l'ait su – aucun sorcier n'avait jamais séparé son âme en plus de deux parties.
Dumbledore s'arrêta un instant, Heather en profita.
- Mais il n'a finalement pas eu cette information ? demanda-t-elle. Slughorn a finit par voir où il voulait en venir, et il l'a congédié.
- Effectivement, de ce que nous avons vu, nous ne pouvons pas jurer qu'il ait obtenu ce qu'il voulait, du moins pas à ce moment-là. Mais vous avez remarqué qu'il savait des choses qu'il aurait dû ignorer, comme le départ à la retraite d'un de ses professeurs. Je pense que déjà à l'époque, il état un excellent légilimens. Et si Slughorn n'a rien dit, il a malheureusement pu penser quelque chose du genre : "Séparer son âme plusieurs fois… Théoriquement c'est possible, mais il faudrait faire attention à ne pas s'abîmer soi-même." Ce n'est bien sûr qu'une supposition, mais c'est ce qui me serait venu à l'esprit si on m'avait posé les mêmes questions.
- Donc, on peut penser que Voldemort possède plus d'un horcruxe ? demanda Harry.
- On en est même certains Harry. La preuve qu'il en avait fait au moins un, je l'ai eue il y a quatre ans.
- Où ? demanda Harry. Comment ?
- C'est toi qui me l'as fournie, Harry, répondit le directeur. Le journal intime, le journal de Jedusor, celui qui indiquait comment rouvrir la Chambre des Secrets.
- Je ne comprends pas, monsieur, dit Harry.
Dumbledore lui expliqua que d'après ce que lui avait raconté le garçon à l'époque, il avait conclu que ce n'était pas un souvenir qui habitait le journal, mais bel et bien un fragment d'âme. Il expliqua également que ça l'avait alarmé, car alors qu'un horcruxe est sensé être dissimulé, pour protéger le sorcier l'ayant fabriqué, celui-ci avait été conçu pour qu'on le trouve, pour qu'on s'en serve et pour que la Chambre des Secrets puisse à nouveau être ouverte. Et que s'il ne craignait pas que ce fragment d'âme risque d'être détruit, c'est qu'il avait sans doute déjà fait, ou projeté de faire d'autres horcruxes. Dumbledore appuya sa réflexion par les propres paroles de Voldemort, deux ans plus tôt, le soir de son retour : «Moi qui suis allé plus loin que quiconque sur le chemin de l'immortalité ».
Harry souleva le point de la Pierre Philosophale. Pourquoi Voldemort n'avait pas fabriqué ou volé une Pierre philosophale, ça aurait été bien plus simple ? Mais Dumbledore lui rappela que Voldemort détestait devoir dépendre de qui ou quoi que ce soit. Être contraint de fabriquer régulièrement de l'élixir, en prenant le risque qu'on l'empoisonne, ou qu'on lui vole la pierre était une idée qui devait grandement lui déplaire. Et que s'il avait cherché à s'en emparer cinq ans plus tôt, c'était uniquement pour quitter ce "semblant de vie" dans lequel il était et retrouver un corps humain. Il aurait ensuite continué à se fier à ses horcruxes.
- Mais comment savoir combien d'horcruxes a pu créer Voldemort ? demanda Heather. Ce type est un vrai psychopathe. Il a tué des dizaines de personnes. S'il a à chaque fois créé un horcruxe…
Dumbledore reprit alors les paroles du jeune Jedusor pour les rassurer, plus ou moins. En effet, Voldemort avait créé plusieurs horcruxes, mais étant particulièrement intéressé par le chiffre sept, il y avait peu de chances qu'il ait séparé son âme en plus de sept morceaux. Harry s'exclama en réalisant ce que cela impliquait, mais il fit une erreur de calcul que Dumbledore corrigea immédiatement. Voldemort n'avait pas créé sept horcruxes, mais six, car le septième morceau d'âme était toujours dans son corps.
- Mais ces six horcruxes, alors, comment allons nous les trouver ? demanda Harry d'un ton où l'on sentait le désespoir.
- Tu oublies… Tu en as déjà détruit un. Et j'en ai détruit un autre.
- La bague ! s'exclama alors Heather… C'est pour ça que votre bras… Vous avez trouvé la bague qui était un horcruxe, et en la détruisant vous y avez laissé…
- C'est exact, la coupa Dumbledore. Elle contenait aussi un terrible maléfice. Pardonnez-moi mon manque de modestie, mais sans mes prodigieux pouvoirs, et sans l'action opportune du professeur Rogue, je ne serais plus là pour vous raconter cette histoire. Une main desséchée ne semble pas toutefois un prix trop élevé à payer en échange d'un septième de l'âme de Voldemort. La bague n'est plus un horcruxe.
Heather déglutit. Elle savait, elle, que ce n'était pas seulement son bras que Dumbledore avait laissé dans l'affaire, mais bel et bien sa santé. Il n'avait plus beaucoup de temps à vivre, et c'est pour ça qu'il confiait l'histoire des horcruxes à Harry. Parce que bientôt, il lui faudrait passer le flambeau de la lutte contre Voldemort.
Dumbledore expliqua qu'il avait retrouvé la bague dans la vieille masure des Gaunt. Et qu'il restait donc quatre horcruxes.
- Et ce pourrait être n'importe quoi ? interrogea Harry. De vieilles boîtes de conserve, ou je ne sais pas… des flacons de potion vides.
- Tu penses aux portoloins, qui doivent être des objets ordinaires pour ne pas attirer l'attention, sourit Dumbledore. Mais Lord Voldemort, utiliser des boîtes de conserve ou des flacons vides pour enfermer sa précieuse âme. Tu oublies ce que je t'ai montré. Il aimait rassembler des trophées…
- Le médaillon ! s'exclama Heather. Le médaillon de Serpentard, et la Coupe de Helga Poufsouffle. Vous pensez qu'il en a fait des horcruxes ?
- Je vois que tu restes très vive Heather. Effectivement, il y a selon moi de très fortes chances que ces deux objets soient devenus les horcruxes numéro trois et quatre. Les deux derniers, en admettant encore une fois qu'il ait bien fabriqué six horcruxes, posent un plus grand problème mais je me risquerai à supposer qu'après avoir obtenu des objets de Serpentard et de Poufsouffle, il s'est mis en quête d'en trouver qui aient appartenus à Gryffondor et à Serdaigle. Quatre objets, venant chacun d'un des fondateurs de Poudlard, auraient exercé, j'en suis sûr, une très puissante attirance sur l'imagination de Voldemort. Je ne sais pas s'il a jamais réussi à se procurer quelque chose qui ait été en possession de Serdaigle, mais je suis certain que la seule relique connue de Gryffondor demeure en sûreté.
Dumbledore désigna de ses doigts noircis une vitrine derrière lui dans laquelle trônait l'épée au manche incrustée de rubis que Heather avait déjà remarquée, dès la première fois qu'elle était entrée dans ce bureau.
- Pensez-vous que c'est la raison pour laquelle il tenait tant à revenir à Poudlard monsieur ? demanda Harry. Pour essayer de trouver des objets issus des autres fondateurs ?
Dumbledore acquiesça, et expliqua que ayant été éconduit, Voldemort n'avait probablement jamais pu réunir quatre objets des quatre fondateurs, peut-être trois, mais pas plus. Mais comme le fit remarquer Harry, il restait le problème du sixième et dernier horcruxe.
- Je crois savoir ce qu'est le sixième horcruxe, annonça Dumbledore. Que diriez-vous si je vous avouais que je m'intéresse depuis un certain temps au comportement de ce serpent, Nagini.
- Le serpent ? s'étonna Harry. On peut se servir d'un animal comme horcruxe ?
Dumbledore expliqua que ce n'était pas ce qu'il y avait de plus intelligent à faire. Mais qu'il manquait toujours un horcruxe à Voldemort quand celui-ci a attaqué les Potter. Il pensait sans doute se servir du meurtre de Harry pour fabriquer le dernier, obtenant ainsi l'immortalité qu'il recherchait au moment où il obtenait symboliquement l'invulnérabilité, supprimant le danger de la prophétie. Mais qu'après son retour, il a dû penser que faire du serpent un horcruxe soulignerait encore la mystique de Serpentard. Il ajouta que Voldemort avait sur le serpent un contrôle inhabituel, même pour un fourchelang.
- Donc, reprit Harry. Le journal intime n'existe plus, la bague n'existe plus. La coupe, le médaillon et le serpent sont toujours intacts, et vous pensez qu'il pourrait exister un horcruxe ayant un jour appartenu à Serdaigle ou à Gryffondor.
- Voilà un résumé admirable de concision et d'exactitude, dit Dumbledore.
- Enfin… pour l'horcruxe inconnu, il y a tout de même plus de chances que ce soit un objet ayant appartenu à Serdaigle, d'après ce que vous nous avez dit sur les reliques de Gryffondor, souligna Heather.
- C'est vrai ! acquiesça Dumbledore. Comme il est possible qu'il n'ait jamais trouvé aucun de ces deux objets et ait fait un horcruxe à partir d'autre chose. En étant optimiste, on peut penser qu'il n'aurait créé que cinq horcruxes. Mais je pense que depuis son retour, il a dû essayer de compléter le nombre de six, quitte à choisir un autre objet. Ayant déjà été défait, et parce que tu lui as échappé à deux reprises, Harry. Je pense que Voldemort a dû paniquer et tout faire pour réaliser la séparation en sept de son âme.
- Et… vous les cherchez toujours, monsieur ? demanda Harry. C'est pour essayer de les trouver que vous vous absentez de l'école ?
- Exact, admit Dumbledore. Je les cherche depuis très longtemps. Je pense… peut-être… être sur le point d'en découvrir un autre. Il y a des signes encourageants.
Harry demanda aussitôt si le directeur accepterait de l'emmener avec lui s'il devait trouver la cachette du prochain horcruxe. Dumbledore le fixa un moment avant d'accéder à sa demande. Harry ne semblait pas y croire, mais Dumbledore l'assura qu'il n'avait pas pris sa décision à la légère.
- Est-ce que moi aussi je pourrais venir ? demanda Heather avec une expression déterminée.
- Non ! répondit aussi sec le directeur.
- Quoi ? Mais pourtant vous êtes d'accord pour que Harry…
- Pour des raisons de sécurité. Je pense être en mesure d'assurer la sécurité d'une personne, mais s'il devait arriver un problème, ce serait présomptueux de ma part de croire que je pourrai vous protéger tous les deux.
Heather n'ajouta rien, puis sur une question de Harry, Dumbledore leur apprit qu'il y avait peu de chances que Voldemort puisse ressentir la destruction d'un de ses horcruxes. Il en voulu pour preuve qu'il n'avait appris la destruction du journal qu'après son retour. Et qu'il n'avait visiblement eu aucune réaction quand Dumbledore avait détruit la bague.
Harry et Dumbledore repartirent ensuite sur une discussion à propos de la prophétie. Harry ne semblait pas comprendre qu'il ne fallait pas accorder trop d'importance à la prophétie. Que c'était là l'erreur que Voldemort avait faite. Il avait du mal à assimiler la subtile nuance entre devoir faire quelque chose parce que la prophétie existe, ou accomplir une prophétie parce que c'était son devoir. Mais finalement, Dumbledore réussit à l'amener à faire cette différence.
- Bien ! Nous avons beaucoup progressé grâce à vous deux ce soir, mais il se fait très tard, et vous devriez aller dormir un peu, si vous ne voulez pas ressembler à des inferis en cours demain.
Les deux adolescents saluèrent leur directeur et descendirent l'escalier en colimaçon, mais à mi-chemin, Heather tâta ses poches et dit à Harry de continuer, qu'elle avait oublié quelque chose dans le bureau de Dumbledore. Elle remonta quatre à quatre et entrouvrit la porte.
- Professeur Dumbledore ? appela-t-elle.
- Heather, fit le directeur étonné de la revoir si vite. Tu avais quelque chose à me dire ?
- Oui, répondit-elle d'un ton grave. Si vous n'avez pas voulu que je vienne à la chasse aux horcruxe avec vous…
- Je t'arrête tout de suite, dit Dumbledore d'un ton sec. Je ne reviendrai pas sur ma décision.
- Je m'en doute, dit-elle. Mais je voulais savoir. Ce n'est pas vraiment pour ma sécurité. N'est-ce pas ? Vous pensez qu'il y a des chances pour que vous n'en reveniez pas vivant, et vous ne voulez pas que je vous empêche de vous sacrifier si le besoin était.
- Tu es décidément très perspicace. Peut-être davantage que l'était ta mère. Mais je te rassure, je ne me sacrifierai pas de gaieté de cœur, parce que je sais que ça retomberait sur le jeune Malefoy. Je compte bien revenir de cette excursion quand elle aura lieu.
- Bien… Pour ce qui est de votre idée de vous faire tuer par Rogue, je suppose qu'il est inutile d'essayer de vous faire changer d'avis ?
- Effectivement. Mais tu peux me croire, j'ai bien évalué tous les enjeux, et ils sont plus nombreux et importants que tu ne l'imagines C'est la meilleure chose à faire.
- Bien… Une dernière chose. Pour les horcruxes, il n'y a que moi et Harry à être au courant ?
- Effectivement, et demain, sans doute, on pourra ajouter à la liste les noms de Ronald et de Hermione.
- Puisque vous prévoyez de bientôt… Est-ce qu'il ne faudrait pas en informer certains membres de l'ordre ? Le professeur McGonagall par exemple. C'est une personne de confiance et elle voudra sûrement savoir…
- Oui, j'y ai pensé. Et comme tu l'as dit, Minerva est une personne digne de confiance. En fait, de tous les membres de l'Ordre, je n'aurais confié ce secret à personne d'autre qu'elle. Mais quand je ne serai plus là, Voldemort compte prendre possession du ministère et de Poudlard. Minerva sera la personne la plus exposée, et si Voldemort décidait de l'interroger pour connaître les projets que j'avais avant de mourir, je ne voudrais pas qu'il puisse lui soutirer le fait que je sais qu'il a fabriqué six horcruxes. Je sais qu'elle ne révèlerait pas cette information de son plein gré. Mais Voldemort l'obtiendrait quand même, et ça mettrait nos faibles chances de nous débarrasser de lui en péril.
- Mais dans ce cas, pourquoi confier ça à de simples élèves ?
- Mais parce que tout bonnement, Voldemort ne pensera jamais que des enfants puissent être au courant pour ses horcruxes. Sa plus grande erreur, ce sera d'avoir sous-estimé Harry… De vous avoir tous sous-estimés.
- Bien. C'est tout ce que j'avais à vous dire… Bonne nuit professeur…
- Heather, attends !
- Qu'y a-t-il ? demanda Heather, qui pensait que tout avait été dit.
- Je n'y avais pas pensé, mais ta détermination à t'impliquer dans la lutte contre Voldemort… je me demandais…
- Quoi ?
- Accepterais-tu de ne pas aller à la chasse aux horcruxe avec ton frère et ses amis l'année prochaine ?
Devant le regard perplexe de Heather, Dumbledore comprit qu'il fallait développer.
- Connaissant maintenant assez bien ton frère, je pense qu'une fois que je ne serai plus là, il ne voudra plus revenir à Poudlard, et franchement, il ne vaudrait mieux pas si l'école tombe comme je le pense aux mains de l'ennemi. Mais toi par contre… tu pourrais très bien revenir. A quelques exceptions près, les gens ignorent que tu n'es pas une Wright. Tu pourrais faire valoir la généalogie que t'a certifiée Mrs Tourdesac pour faire valoir tes origines sorcières et revenir ici l'année prochaine. Avec Mr Londubat, Miss Weasley, et Miss Lovegood, vous pourriez continuer l'action de l'AD et du club de Défense. Il faudra bien sûr que vous retourniez dans la clandestinité, mais je doute que ça vous pose un problème. Il faudra préparer le maximum d'élèves à affronter les mangemorts, et pouvoir les prévenir de l'endroit où aura lieu la bataille finale, car je doute que Harry, Ron et Hermione puisse venir à bout de Voldemort sans avoir à passer par ses mangemorts. Avec les élèves les plus âgés, les anciens élèves, les membres de l'Ordre, il faudra alors que vous soyez prêts à intervenir. Si tout se passe bien, ce dernier affrontement aura lieu ici-même. Mais ça pourrait aussi bien avoir lieu ailleurs. Je ne sais pas comment vous ferez pour savoir où et quand, mais je vous fais confiance pour trouver une solution.
- D'a… C'est d'accord ! dit Heather en souriant avec fierté. Vous pouvez compter sur moi ! Sur nous tous !
- Bien, va vite te coucher maintenant ! Bonne nuit, et à bientôt !
- A bientôt professeur !
Cette fois, Heather retourna vraiment à la salle commune de Gryffondor. A cette heure de la nuit, il n'y avait plus personne dans les couloirs. Plus personne, sauf Severus Rogue. Et bien qu'elle se soit récemment rapprochée de son professeur de Défense contre les forces du mal, Heather préféra faire un détour pour qu'il ne la surprenne pas hors de son lit à une telle heure.
RAR :
Auctor : Je pense que le mieux, c'est d'acheter du blanc, si tu veux le teindre (c'est ce que j'avais fait pour me faire un kimono rouge quand j'ai fait mon cosplay de Kenshin). Maintenant, tu devrais pouvoir trouver je pense dans n'importe quel magasin de tissus acceptable de l'étoffe violette foncée pas trop chère (à moins bien sûr que tu ne puisse pas faire ou faire faire le costume), après tout, pour un cos, la qualité de l'étoffe importe peu.
Daffy : Le Laos carrément ! J'espère que t'as fait un bon voyage.
Abby et Heather vont elles aller plus loin ? Plus loin que quoi ? Plus loin qu'un jet de pierre ? Plus loin que l'horizon ? Plus loin dans leurs études (là je peux répondre, c'est oui) ?... Bon, j'arrête de te faire languir... quoique non... si tu veux savoir comment ça va évoluer entre elles, il faudra attendre la suite ! Na !
Faire mourir Abigail à la fin... Pourquoi pas... Je vais y réfléchir (et là, la pauvre se maudit intérieurement d'avoir parlé de ça).
