22
Le moment est venu
Le fait que Harry sorte avec Ginny semblait susciter de nombreux commérages. Bien sûr, Romilda Vane ne lâcha pas Heather avant qu'elle lui ait expliqué où, quand, comment, et pourquoi Harry avait choisi de sortir avec Ginny.
- Mais qu'est-ce qu'elle a de plus que moi cette… ? ragea la camarade de chambrée de Heather.
- La gentillesse, la spontanéité, le sens de l'humour, du talent au quidditch, une morale… énuméra Heather, sans pitié.
- Tu ferais bien de surveiller ta langue ! Et t'es mal placée pour parler de morale ! se fâcha Romilda. T'as oublié le coup que tu nous as fait il y a deux ans quand on voulait inviter Harry pour le bal. Tu nous as évincées en beauté.
- Je n'ai rien fait du tout à part essayer de te faire comprendre que Harry ne s'intéressait absolument pas à toi puisqu'il en pinçait pour Cho Chang. C'est toi qui étais tellement obnubilée par l'idée d'aller au bal que t'as pas voulu écouter ce que je te disais.
- Alors ça c'est la meilleure ! s'indigna Romilda. Tu peux dire ce que tu veux ! Je sais très bien que t'es qu'une sale peste. A mon avis il ne te faudra pas longtemps pour faire casser Harry et Weasley. Tu n'attends que l'occasion de te mettre dans ses bras ! Je le sais !
- C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! se vexa Heather.
- De toute façon, Harry, je tire une croix dessus. Quand on regarde de qui il s'entoure… Loufoca, Londubat, les Weasley, toi !
- Ça suffit maintenant ! intervint contre toute attente Lucy Farmer. Heather est une fille très sympathique. Mais tu es trop méchante, imbue de toi-même et rancunière pour t'en rendre compte. Tu veux un conseil ma vieille, tu ferais bien de faire une sérieuse introspection parce que sinon tu finiras vieille fille, comme ta tante !
Sous l'intervention véhémente de la jeune fille, ni Romilda, ni Heather ne réagirent autrement qu'en tirant des yeux ronds comme des soucoupes. Lucy se retourna vers Heather, lui prit le bras et se dirigea hors de la chambre.
- Eh bien ! siffla Heather. Quelle mouche t'a piquée ?
- Je commençais à en avoir ma claque de cette fille, répondit Lucy encore bien remontée. Elle est persuadée d'être la huitième merveille du monde et impute tous ses défauts aux autres… Et puis… je n'ai pas oublié… il y a deux ans.
Devant l'air étonné de Heather, Lucy s'expliqua.
- A Noël, quand j'ai eu mes premières règles et que tu m'as réconfortée et expliqué ce qui se passait. Jamais Romilda ou Kate n'ont eu d'attention aussi gentille et désintéressée pour moi.
- Oh… mais c'était normal de…
- Oui, justement, pour toi c'est normal, et c'est ça qui fait que tu vaux cent fois mieux que cette grue.
- Merci, lui sourit Heather.
Le mois de juin arriva, et les journées ensoleillées venaient agacer les élèves qui préparaient des examens importants, et combler de bonheur les autres. Le matin du 1er juin, Heather, Abigail et Neville se réunirent de très bonne heure. Chuchotant, et utilisant la Carte du Maraudeur numéro deux pour localiser Rusard, endormi dans ses appartements, et Miss Teigne qui patrouillait au cinquième étage. Ils se rendirent dans le couloir menant aux cuisines et s'avancèrent. Jusqu'à une tapisserie entre deux armures.
- Pot-au-feu ! dit Abigail.
La tapisserie s'affaissa dévoilant l'entrée de la salle commune de Poufsouffle. Les trois intrus entrèrent.
- Désolée Neville, mais tu vas devoir nous attendre ici, murmura Heather. On ne voudrait pas réveiller tout le château.
Neville attendit donc que les filles reviennent avec plusieurs paquets cadeau.
- Attends encore un peu, il en reste ! souffla Abigail.
Elles revinrent avec deux autres paquets, puis tous les trois se partagèrent l'ensemble. Ils remontèrent dans la salle de la Dame Bleue où il y avait encore d'autres paquets.
- Bien ! Tout est en place ! dit Heather.
- C'est pas un peu méchant quand même ? demanda Neville.
- Mais non ! C'est juste pour rire. Et puis imagine sa tête quand elle arrivera ici.
Le plan se déroula à la perfection. A son entrée dans la Grande salle, Rebecca semblait complètement perdue. Elle vint trouver d'abord Heather, puis Abigail qui lui confirmèrent qu'ils n'étaient bien que le 31 mai. La pauvre Rebecca semblait au trente-sixième dessous quand elle finit par accepter que son empressement de fêter son anniversaire lui avait fait croire qu'ils étaient déjà le 1er juin. Une fois qu'elle eut quitté la Grande Salle, Abigail alla remercier les camarades de chambrée de Rebecca et les convia à une petite fête le soir même.
De la journée, personne ne vint infirmer ce que Rebecca avait eu tant de peine à croire. Si bien que quand elle mit les pieds dans la salle de la Dame Bleue, elle sursauta sous les "Surprise !", les "Joyeux anniversaire !" et autres claquements de pétards surprises. Elle fixa l'assemblée incrédule. Il y avait ses camarades de Poufsouffle, plusieurs élèves de Gryffondor, Serdaigle et Serpentard qui faisaient partie du Club de Défense, Neville, Harry, Hermione, Ginny et son frère, et bien sûr Heather et Abigail.
- Vous ! dit-elle en comprenant le fin mot de l'histoire aux sourires qui éclairaient le visage de ses meilleures amies. C'est vous qu'avez manigancé ça ! Vous êtes venues ce matin dans ma chambre pour prendre les cadeaux envoyés par ma famille ! Et vous m'avez jeté un sort de confusion !
- On t'a rien jeté du tout, sourit Abigail. Tu as été piégée par l'ensemble des personnes ici présentes qui avaient toutes pour mission de te faire croire qu'on était encore hier !
- Grrr ! Je vais vous…
- Si tu ouvrais plutôt tes cadeaux ? proposa Heather.
Rebecca ne se fit pas prier. Elle avait reçu une très belle robe de la part de sa mère, Abigail et Heather s'étaient cotisées pour lui acheter un Nimbus 2002.
- L'année prochaine, tu auras de nouveau le droit de jouer au quidditch, expliqua Heather. Qui sait, peut-être qu'avec un bon balai tu arriveras a éviter mes cognards.
- Erreur fatale, Wright, répondit Rebecca. Avec mon vieux Brossdur, tu aurais encore eu une chance de m'atteindre, mais là, tu viens d'offrir la Coupe à Poufsouffle.
Neville lui offrit un petit mais ravissant médaillon en forme de cœur avec leur deux photos à l'intérieur. Elle le remercia dans une démonstration d'affection qui en fit rougir plus d'un, et Neville le premier. Mais le cadeau qui la toucha le plus, fut celui de son petit frère. Il avait sculpté dans du bois quatre figurines représentant leur famille, avec leur père, donc. Elle s'animaient quand on disait "Action" et s'arrêtaient quand on disait "Coupez". Il expliquait dans sa lettre, un peu remplie de fautes, que c'était pour lui rappeler les bons moments qu'ils avaient vécus tous les quatre, et que ce n'est pas parce qu'ils n'étaient plus que trois qu'il fallait se morfondre sur le passé, des bons moments, ils en auraient d'autres. Bref, qu'il avait fait ça pour lui remonter le moral quand elle aurait un coup de blues.
Après le déballage des cadeaux, Dobby apporta un magnifique gâteau préparé par les elfes de maison, et tous les convives s'amusèrent jusqu'aux limites du couvre-feu. Ce fut sans doute le plus bel anniversaire que Rebecca ait jamais eu, d'après ce qu'elle confia par la suite à Heather.
Malgré ses dires, Romilda ne semblait pas avoir tout à fait lâché le morceau en ce qui concernait Harry, puisque vers le début du mois de juin, Ginny leur parla d'une conversation qu'elles avaient eue.
- On pourrait penser que les gens ont des sujets de conversation plus intéressants, dit-elle alors qu'elle lisait la Gazette assise par terre le dos contre les jambes de Harry. Trois attaques de détraqueurs en une semaine, et tout ce que Romilda Vane trouve à me demander, c'est s'il est vrai que tu as un hippogriffe tatoué sur la poitrine.
Ron et Hermione éclatèrent de rire. Heather eut un soupir de résignation non sans étirer elle aussi ses lèvres en un large sourire.
- Qu'est-ce que tu lui as répondu ? demanda Harry.
- Que c'était un magyar à pointes. Beaucoup plus macho.
- Je te remercie, sourit Harry. Et tu lui as dit que Ron en avait un ?
- Oui, un boursouflet, répondit la rouquine. Mais je n'ai pas précisé où !
- Attention ! prévint-il en pointant un index réprobateur sur eux. Le fait d'avoir donné ma permission ne signifie pas que je ne puisse pas la retirer…
Pendant que Ginny s'insurgeait, Heather capta bien malgré elle les pensées d'Hermione. Elle s'approcha de la préfète et lui murmura.
- Dis donc, on se dévergonde ? Je ne pensais pas que tu étais du genre à mordre les tatouages sur l'épaule des garçons…
Hermione passa au rouge plus vite que le plus rapide des feux de signalisation.
- Tu… tu… tu as utilisé la légilimancie sur moi ! s'indigna-t-elle.
- Désolée, mais je ne contrôle pas toujours ce pouvoir, et des fois, les pensées des autres s'imposent à moi sans que je le veuille… Ça arrive de plus en plus souvent d'ailleurs. Mais pour en revenir à Ron… Tu devrais te jeter à l'eau et lui demander de sortir avec toi. Pourquoi n'iriez vous pas un peu au cinéma pendant ces vacances ?
- Il n'acceptera jamais… Je sais bien que pour lui, je ne suis qu'une camarade de classe.
- Tu crois ?
- Je sais bien qu'il préfère les filles plus jolies…
- Il a pourtant laissé tomber Lavande sans état d'âme, et c'est avec toi qu'il passe le plus clair de son temps…
Comme Hermione semblait se faire prier, Heather insista.
- Allez ! Tente ta chance…
- Je… Je n'oserais jamais… Même s'il avait des sentiments pour moi, il va me prendre pour une fille facile ou en manque si c'est moi qui lui demande.
Dans un soupir d'exaspération, Heather comprit qu'il était inutile d'insister. Quoi qu'elle dise, son amie trouverait toujours un argument pour ne pas l'écouter. Mais à ce rythme, ces deux-là allaient passer leur vie à attendre que l'autre se décide.
- …si t'as pas confiance en elle, tu peux avoir confiance en moi, disait Harry d'un ton moqueur. Alors cesse de jouer les grands frères protecteurs !
- C'est le ciseburine qui se paie la tête du billywig ! répliqua Ron. Dois-je te rappeler qu'il y a deux ans à peine tu faisait tout un cinéma parce que Heather sortait avec Dean ?
- Là, je dois avouer qu'il marque un point, intervint Heather pour moucher Harry.
- Certes, mais depuis je me suis amélioré, et je crois me montrer aujourd'hui bien plus tolérant que je ne l'étais à l'époque.
Heather rougit et parvint tant bien que mal à noyer le poisson quand Ron demanda si elle avait un nouveau petit-ami.
Libérée des obligations du quidditch, Heather pu passer plus de temps avec Abigail et Rebecca. Les Maraudeuses avaient exploré tous les recoins des sous-sols qu'elles avaient pu imaginer. Elles avaient même trouvé un passage secret, dont Heather avait trouvé la clé, à base de dalles à replacer correctement sur un mur pour former le dessin d'un serpent. Elle furent cependant déçues de ne trouver derrière qu'un couloir vide donnant sur quelques cachots tout aussi vides et un ou deux placards, remplis uniquement de poussière et de toiles d'araignées.
- On va s'ennuyer l'année prochaine si on n'a plus rien à explorer ! souffla Rebecca
- A vrai dire, commença Heather. Il reste bien un endroit qu'on a pas exploré à fond.
- Ah oui ? Lequel ? demanda Abigail curieuse.
- Vous vous souvenez des douves… On a toujours pas vérifié ce qu'il pouvait y avoir sous l'eau.
- Euh… franchement, hésita Rebecca. Sur ce point, je veux bien céder la main.
- Pourquoi ? demanda Abigail à qui l'idée semblait plaire.
- Eh bien… hésita Rebecca. Je dois dire que l'eau n'est pas vraiment mon élément.
- Dans ce cas, nous irons juste Abby et moi, proposa Heather.
- Je m'en réjouis d'avance ! ajouta Abigail.
- Il s'agit d'explorer, pas de faire des papouilles dans l'eau ! grommela Rebecca.
Le vendredi soir, les trois amies passèrent plusieurs heures à faire tous leurs devoirs pour la semaine suivante afin d'avoir tout le week-end pour partir en exploration sous-marine. Le samedi, sitôt qu'elles furent toutes trois levées et rassasiées, c'est à dire pas avant onze heures, Rebecca et Heather ayant un peu traîné au lit, elle se réunirent devant les portes du château.
- Bien… Abby, tu as tout ce qu'il faut ? demanda Heather.
- Affirmatif ! répondit la Serpentard. J'ai même profité du temps où vous faisiez la grasse matinée pour aller chercher de la branchiflore dans le lac.
Elle joignit le geste à la parole en sortant de son sac un bocal avec une plante visqueuse et boueuse.
- T'es sûre que tu préfères pas le Têtenbulle ? demanda Heather en grimaçant à la vue de l'aliment peu ragoûtant.
- On ira plus vite avec la branchiflore, assura Abigail. Rappelle-toi quand ton frère a effectué la deuxième tâche du Tournoi des Trois sorciers.
Heather abdiqua. Les trois filles s'assurèrent qu'on ne les regardait pas et disparurent sous la cape d'invisibilité de Heather. Puis, elles attendirent que quelqu'un passe les portes, ce qui ne fut pas long en cette belle journée ensoleillée, et en profitèrent pour se glisser à l'intérieur, puis discrètement vers les escaliers menant aux cachots. Elles passèrent la salle commune de Serpentard, et tournèrent dans un couloir étroit menant à ce qui devait être les fondations de la tour du directeur. Il y avait en effet une pièce circulaire de la taille des tours d'angles du château, avec de vielles chaînes rouillées qui servaient à attacher les prisonniers.
- Je me demande quand même pourquoi il y a ce genre de cachots dans une école ? signala Rebecca.
- Aucune idée… Mais ça doit bien être expliqué dans L'histoire de Poudlard ? renvoya Abigail.
- Non, il y a de grand trous, des périodes de parfois trente ans, durant lesquelles on a aucune information sur ce qui pouvait se passer dans l'école. Mais le fait est que la plupart de ces "trous" correspondent à des périodes de grands troubles pour les Îles Britanniques sorcières, expliqua Rebecca.
- Et bien alors je crois que tu as ta réponse, conclu Heather.
Les trois filles continuèrent en empruntant un escalier derrière un mur dérobé du cachot. A l'étage inférieur, elle avancèrent le long de plusieurs couloirs successifs avant d'arriver aux douves.
Heather et Abigail retirèrent leur robe, sous laquelle elles avaient toutes deux un maillot de bain qu'elle s'étaient confectionné en métamorphosant leurs sous-vêtements. Heather s'était fait un deux pièces très semblable à celui qu'elle avait porté l'été précédent, avec suffisamment de tissus pour que personne ne trouve cela indécent, mais celui-ci était noir au lieu d'être bleu. Abigail, elle, avait visiblement préféré le maillot une pièce très classique et sobre, et l'avait fait vert foncé.
- Bon, dit Abigail qui avait bien du mal à quitter Heather des yeux. Becky, on te confie nos affaires. Si jamais quelqu'un approchait… je vois pas qui, mais on ne sait jamais, tu nous envoies le signal convenu et tu te planques sous la cape.
Becky acquiesça. Heather et Abigail lancèrent toutes deux un Impervius sur leur montre, puis ouvrirent le bocal de branchiflore et en prirent toutes deux une poignée qu'elles mirent en bouche et mâchèrent avec une moue écœurée.
- Eurk… la prochaine fois on t'écoutera mon cœur, et on utilisera le Têtenbulle, dit Abigail après avoir dégluti.
Heather avala, et une ou deux seconde après Abigail, elle se sentit étouffer et perçut une violente douleur dans le cou. C'était les branchies qui s'ouvraient. Elles se dépêchèrent toutes deux de plonger.
L'eau sembla délicieuse à Heather qui avait craint qu'elle ne fut un peu trop fraîche. Elle en aspira une grande lampée, et en passant dans ses branchies, cela lui apportait l'oxygène dont elle avait besoin. Elle observa une membrane de peau verdâtre apparaître entre ses doigts, et vit ses pieds s'allonger pour se transformer en véritables nageoires. Elle et Abby se regardèrent, puis d'un hochement de tête, s'élancèrent à la découvertes des limites subaquatiques de la pièce. Le fond n'était qu'à deux mètres de la surface, et il y avait dans un mur un passage condamné par des barreaux mais qui menait effectivement à une autre pièce. Elles tâtèrent toutes les pierres autour, essayèrent de faire bouger les barreaux, mais apparemment, il n'y avait pas de mécanisme pour passer. Elles essayèrent un Alohomora informulé, mais ça ne donna pas de meilleur résultat. Elles décidèrent donc de laisser ça de côté et de continuer à fouiller pour voir si elles ne trouvaient pas autre chose. Effectivement, en passant dans un coin sombre, Heather sentit la paroi rocheuse se dérober sous sa main. Elle prit sa baguette et l'alluma, toujours par un sortilège informulé, car sous l'eau, il était plutôt délicat de prononcer des formules. Abigail la rejoignit et toutes deux s'engouffrèrent dans un boyau sinueux à peine assez grand pour une personne. Elles débouchèrent dans une vaste grotte en pierre brute qui, si leur sens de l'orientation ne les trompait pas, devait se situer entre la grotte par laquelle passaient les première année à l'est, le lac au sud, et la pièce où Rebecca les attendait au nord-ouest. Ici, l'eau était bien plus profonde et les deux filles se séparèrent pour voir s'il n'y avait pas d'autres boyaux pour accéder à d'autres endroits. Mais apparemment, il n'y avait plus rien sous l'eau. Elles firent surface et observèrent la grotte en retenant leur respiration. Elle était à peu près aussi vaste que la Grande Salle, et Abigail montra à Heather une cavité en hauteur. Décidément, Poudlard ne leur simplifiait pas la tâche. Il faudrait revenir et utiliser le sortilège du Têtenbulle, de plus, Heather devrait apporter avec elle son matériel d'escalade.
Elles refirent surface dans la pièce où se trouvait Rebecca une fois que la branchiflore eut cessé son effet, et expliquèrent la situation à leur amie qui les sécha à l'aide d'un sortilège. Heather allait remettre sa robe, mais fut retenue par un gémissement et un regard implorant d'Abigail.
- Reste en maillot de bain, s'il te plait !! implora-t-elle.
- Et qu'est-ce qu'on dira, quand on sera revenues dans les étages et que les premières personnes qu'on va croiser vont nous demander des explications sur nos tenues ? répliqua Heather.
- Qu'on avait chaud ! dit Abby d'un ton candide.
- T'es incorrigible…
Heather s'avança et l'embrassa.
- Si tu tiens tant que ça à m'admirer en maillot de bain, t'auras qu'à venir à la maison pendant ces vacances. Il y a une belle plage pas loin de Goderic's Hollow.
- Mmmh ! La proposition est alléchante.
- Dites ! intervint Rebecca. Je vous dérange pas trop ? Vous je sais pas, mais moi je commence à avoir faim, si on allait déjeuner ?
- Ôte-moi d'un doute, tu n'aurais pas pris ton petit déjeuner il y a moins de deux heures par hasard ? demanda Abigail en laissant Heather lui faire quelques baisers dans le cou.
- Et alors… Mon horloge biologique sait que midi est déjà bien passé, et elle me crie de me nourrir !
- Allez, viens mon amour, dit Heather en se retirant des bras de sa bien-aimée. Dis-toi que tu ne perds rien pour attendre !
Les deux filles se rhabillèrent donc et les trois amies remontèrent au rez-de-chaussée pour aller prendre leur repas. L'après-midi, elles retournèrent plonger dans les douves, mais cette fois en utilisant le sortilège de Têtenbulle, et Heather portant le justaucorps, les gants et les chaussures que Abigail lui avait offerts à Noël. Sitôt qu'elle furent dans l'eau, le premier réflexe d'Abigail fut d'en sortir tant elle était froide. Heather, protégée par son justaucorps traité magiquement était relativement bien, même si elle avait un peu froid aux bras. Abigail lança un Caleocorpus et recommença l'expérience avec plus de réussite. Elles s'engouffrèrent dans l'étroit boyau et ressortirent dans la caverne. Heather escalada la paroi pour se diriger vers l'ouverture. Celle-ci ne donnait pas sur la grotte des première année, mais remontait à la verticale pour déboucher au niveau supérieur dans une pièce relativement spacieuse mais comme beaucoup d'autres dans les cachots, complètement vide. Elle avait néanmoins deux portes. Avant d'entreprendre toute exploration plus avant, elle redescendit dans la faille et demanda à Abigail d'aller chercher la Carte du Maraudeur 2, et de penser à l'imperméabiliser avant de plonger avec. Quand Heather eut récupéré le parchemin, elle remonta dans la salle et lança sur la carte un sortilège.
- Locare Heather Wright !
Un petit point apparu avec une étiquette affichant son nom. Elle se trouvait dans un des espaces encore vides, mais non loin de lieux qu'elle connaissait.
Elle redescendit une dernière fois.
- Alors ? tu vas me dire ce qu'il y a là-haut ? demanda Abigail impatiente.
- Une salle. Il faudra revenir toutes les trois pour explorer le coin.
- Et comment crois-tu que Becky et moi allons faire pour grimper dans cette cavité ?
- Il faudra rendre le chemin plus praticable. Ce qui veut dire, recherche dans les livres de métamorphoses, niveau sixième ou septième année, puisqu'on a largement couvert le champ de tout ce qui était au niveau de la cinquième année.
- Génial ! supira Abigail avec lassitude.
- On a pas vraiment le choix. A moins que vous vouliez me laisser explorer le coin toute seule ?
- Et puis quoi encore !
- Alors te plains pas ! Allez, viens. Rejoignons Becky !
Le soir, Heather envoya Endymion à ses parents pour leur demander si Abigail pouvait venir deux semaines au mois d'août, car en juillet, la Serpentard irait en vacances aux Bahamas, au grand dam de Becky qui la jalousait de partir pour une destination aussi idyllique. Le lendemain, elles trouvèrent un sortilège informulé de métamorphose pour changer la forme d'une paroi rocheuse afin de lui faire prendre l'aspect que l'on voulait. Mais il était alors trop tard pour partir à l'aventure, et les Maraudeuses remirent ça au week-end suivant.
Le mardi matin, Endymion revint avec la réponse des parents de Heather.
Bonjour ma puce,
Excuses-moi d'avoir mis un peu de temps pour répondre, mais je cherchait le meilleur moyen de formuler ce que je vais t'apprendre. Pour tout te dire, j'ai deux mauvaises nouvelles.
La première, qui n'en est pas vraiment une, c'est que ton père va devoir animer un stage organisé par son entreprise en Finlande. Le problème, c'est que l'entreprise ne peut couvrir les frais que pour deux personnes. Le stage dure de début août à mi-septembre, je lui aurais bien dit d'y aller seul, et que je restais avec toi. Mais il a fait un gros caprice comme quoi un mois et demi loin de sa femme c'était beaucoup trop et qu'il ne le supporterait pas… enfin bref, tu connais ton père. Donc on pensait te demander de voir avec Harry ou tes amies Abigail, Rebecca ou Ginny si tu pouvais passer la fin des vacances chez eux.
La deuxième mauvaise nouvelle va sans doute te faire bien plus de peine. On ne voulait pas te le dire tant qu'il y avait de l'espoir, mais depuis déjà un mois et demi, Sirius va plutôt mal. On est allé consulter plusieurs fois le vétérinaire, et il est catégorique, Sirius a une grave tumeur au foie. Il ne lui reste sans doute pas plus de deux mois à vivre, et ce serait dans d'atroces souffrances. On a pensé à le faire piquer pour lui éviter ça, mais on voulait t'en parler d'abord, et savoir ce que tu voulais faire. Il pourra peut-être vivre assez longtemps pour te voir revenir, aussi, si tu décidais de continuer les soins, nous le ferions. Mais honnêtement, de le voir dans cet état… J'avoue que c'est difficile, aussi bien pour moi que pour ton père. Je sais que tu l'aimes énormément, et que tu prendras la meilleure décision pour lui.
Ta maman qui t'aime très fort et te soutient de tout son cœur.
Heather se leva, les larmes aux yeux, et quitta la Grande Salle en courant sans donner d'explications à qui que ce soit. Elle monta les étages en quatrième vitesse jusqu'à la salle de la Dame Bleue où elle se jeta sur le canapé pour pleurer toutes les larmes de son corps.
Quelques minutes plus tard, elle entendit un bruit et leva les yeux pour voir, ou plutôt deviner au travers de l'eau qui lui brouillait la vue, la silhouette élancée d'Abigail.
- Qu'est-ce qui se passe mon cœur ? demanda-t-elle d'un ton inquiet.
Pour toute réponse, Heather replongea contre les coussins du canapé et sanglota de plus belle. Elle sentie sa petite-amie s'asseoir à ses côtés et se pencher sur elle, mettant les mains sur ses épaules.
- Allons… Chhuut ! Fais-moi voir ce papier que tu tiens… je suppose que c'est une mauvaise nouvelle.
Elle ne le voulait pas vraiment, mais elle n'eut pas la force d'empêcher la Serpentard de lui prendre la lettre. Abigail resta loin d'elle quelques instant, puis se colla à nouveau contre son dos…
- Je suis désolée, lui murmura-t-elle à l'oreille. Je sais à quel point tu aimes ton chien. Mais tu n'y peux rien, et il n'aimerait sans doute pas te savoir triste.
Elle fit mine de bouger, et Abigail se releva pour la laisser faire. Elle se redressa et regarda sa tendre amie en essayant de sécher ses pleurs.
- Je… je… balbutia-t-elle avant d'éclater à nouveau, cette fois contre l'épaule d'Abigail qui la serra dans ses bras, passant une main à l'arrière de sa tête, et l'autre dans le creux de ses reins. Elle se mit à fredonner une mélodie douce, et aux tonalités un peu tristes, mais qui finirent par calmer Heather en l'endormant.
Quand elle se réveilla, Abigail était toujours à ses côtés.
- Ça va mieux ? demanda-t-elle.
- Pas vraiment non ! répondit Heather la gorge nouée.
- J'ai demandé à Becky de dire que t'avais appris une mauvaise nouvelle, et que je restais avec toi pour te réconforter. On a tout le temps que tu veux. Je resterai avec toi, jusqu'à ce que tu sois capable d'en parler sans éclater en sanglots.
- Merci… murmura Heather en serrant ses mains sur la robe de son amoureuse et en calant son front juste sous son épaule.
Elles restèrent dans les bras l'une de l'autre un long moment, Heather sanglotant de temps à autre. Puis, finalement, dans un dernier sanglot, Heather se leva, renifla un bon coup, puis se força à sourire.
- Merci mon amour… Sans toi, j'aurais jamais pu supporter ça.
- Tu n'as pas à me remercier. Je t'aime et je te soutiendrai toujours dans toutes les épreuves que tu auras à traverser.
- Je… J'allais encore te dire merci… mais je sens que ça te fâcherait. En tout cas, je veux que tu saches que moi aussi, je serai toujours là pour toi.
Heather s'avança et échangea avec Abigail un baiser comme jamais elles n'en avait échangé, emprunt de douceur et d'une chaleur réconfortante, un simple baiser lèvres fermées, une étreinte à peine esquissée, mais cela réchauffa le cœur de Heather mieux que n'importe quoi d'autre.
- Qu'est-ce que tu décides pour Sirius ? demanda Abigail.
- Je ne veux pas qu'il souffre. Je vais tout de suite écrire à mes parents pour le leur dire. Tu… tu viens avec moi ?
- Bien sûr, répondit Abigail. Et puis j'en profiterai pour demander à mon père si tu peux venir passer les vacances à la maison.
Les deux filles se dirigèrent donc, Heather cramponnée au bras d'Abigail comme une enfant terrorisée, vers la volière. Les jours qui suivirent, Heather ne fut pas très gaie, mais au moins, elle ne pleurait plus.
Un soir de la semaine, alors que Heather était restée jusqu'aux limites du couvre-feu avec Abigail, elle remarqua l'absence de Harry à la table de Ron et Hermione en revenant dans la salle commune.
- Salut ! Harry est déjà allé se coucher ?
- Non, expliqua Hermione. Il a reçu un mot de Dumbledore qui lui demandait de le rejoindre au plus vite.
- Vous croyez que…? N'osa-t-elle demander.
- Sans doute, répondit Ron.
Heather alla chercher ses affaires de Sortilèges. Elle ne comptait pas faire le devoir que le professeur Flitwick lui avait donné avant le lendemain, mais il lui faudrait quelque chose pour patienter. Cependant, elle fut surprise de voir Harry débarquer à peine quelques instants après qu'elle se soit installée face à Hermione.
- Qu'est-ce que voulait Dumbledore ? demanda Hermione.
- Harry ça va ? demanda Heather voyant la pâleur de son frère.
- Ça va très bien, répondit-il en passant devant eux pour ce précipiter dans l'escalier menant à son dortoir.
Il redescendit à peine une minute plus tard en dévalant l'escalier aussi vite qu'il l'avait gravit.
- Je n'ai pas beaucoup de temps, dit-il d'une voix haletante. Dumbledore pense que je suis venu chercher ma cape d'invisibilité. Écoutez… En allant chez Dumbledore, j'ai entendu Trelawney crier. Elle s'était fait expulser de la Salle sur Demande, la version où elle cache ses bouteilles d'alcool, par un homme qui avait juste avant explosé de joie. Elle n'a pas vu qui parce que tout est devenu noir. Ensuite, elle m'a parlé du jour où Dumbledore est venu la voir quand elle cherchait un poste d'enseignant. Elle m'a appris que le mangemort qui avait entendu la prophétie et l'avait répétée à Voldemort n'était autre que Rogue.
- Harry, le coupa Heather. Pourquoi tu nous racontes ça ?
- Parce qu'ensuite, je suis allé voir Dumbledore, il va m'emmener à la recherche d'un horcruxe qu'il pense caché dans la caverne où le petit Jedusor avait terrorisé ses camarades de l'orphelinat. Vous comprenez ce que ça signifie ? Dumbledore ne sera pas là cette nuit, donc Malefoy aura à nouveau le champ libre pour agir. Tiens Hermione ! dit-il en lui donnant la Carte du Maraudeur. Il faut le surveiller et surveiller Rogue aussi. Prenez avec vous tous les membres de l'A.D. que vous pourrez rassembler. Hermione, tes faux gallions qui servaient à se donner rendez-vous doivent toujours marcher, non ? Dumbledore dit qu'il a prit des mesures de protection supplémentaires, mais si Rogue est dans le coup, il les connaît et sait comment les déjouer – seulement, il ne s'attendra pas à ce que vous soyez tous en alerte.
- Harry… commença Hermione les yeux écarquillés de terreur.
- Je n'ai pas le temps de discuter. Prenez aussi ça ! dit-il sèchement en mettant une paire de chaussettes dans la main de Ron.
- Euh… Pourquoi est-ce que j'aurais besoin de chaussettes ? demanda ce dernier perplexe.
- Tu auras besoin de ce qu'il y a dedans. C'est le Felix Felicis. Vous vous le partagerez, donnez-en aussi à Ginny. Dites-lui au revoir de ma part. Il faut que j'y aille maintenant, Dumbledore m'attend…
- Non ! s'exclama Hermione tandis que Ron sortait le petit flacon de potion dorée. Nous n'en voulons pas ! Garde-le ! Qui sait ce que tu devras affronter ?
- Elle a raison, appuya Heather.
- Je n'ai rien à craindre, je serais avec Dumbledore, répondit Harry. Mais je veux être sûr que ça se passera bien pour vous… Allez, ne faites pas ces têtes-là. A plus tard…
Et il repartit précipitamment.
- Vous croyez vraiment que Malefoy, quoi qu'il prépare, va agir ce soir ? demanda Ron.
- Je ne sais pas, répondit Hermione. On sait qu'il est en mission pour Voldemort, et si sa mission c'est de permettre aux mangemorts d'attaquer l'école…
- Pourquoi tu penses à ça, demanda Heather qui savait qu'elle était la mission de Malefoy, mais qui voyait dans les paroles d'Hermione un terrible danger pour tous les acteurs extérieurs à cette "mission".
- Parce que depuis qu'on sait qu'il prépare quelque chose, j'ai imaginé toutes sortes de scénario, et celui-là est celui que je redoute le plus.
- Alors on va vraiment avoir besoin de chance, dit Ron. Ne serait-ce que pour que tes craintes ne se réalisent pas. Parce qu'apparemment, la chance nous fait défaut pour l'instant. Que Malefoy réussisse là où il avait échoué toute l'année, juste le soir où Dumbledore va partir à la chasse aux horcruxes…
Heather resta perplexe un moment. Ron avait mis le doigt sur le nœud du problème. Était-il possible qu'une telle coïncidence soit le fruit du hasard ? Avec Rogue et Dumbledore qui surveillaient Malefoy, cela l'étonnerait fort. Alors il fallait en conclure que Dumbledore avait voulu que Malefoy réussisse justement aujourd'hui, ou qu'il avait déjà trouvé la grotte, et qu'il avait attendu que Rogue lui dise que Malefoy allait parvenir à ses fins pour aller chercher l'horcruxe. D'une façon ou d'une autre, cela signifiait donc que le moment était venu. Dumbledore avait tout mis en scène, il ne lui restait plus qu'à tirer le rideau… Et elle ne pouvait en parler à personne. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était veiller sur ses amis, et essayer de donner le change.
- Vas-y Hermione, dit-elle finalement. Appelle les autres, donne leur rendez-vous dans la salle du Club de Défense.
- Tu es sûre ? Tu penses qu'il faut écouter Harry ? demanda la préfète.
- Hermione, à quoi as-tu pensé cette dernière minute ? renvoya Heather.
- Je me disais, que si Harry avait tort, ça ne coûterait rien de monter la garde… tout au plus une retenue, et encore, la potion de chance devrait nous aider là-dessus. Mais que s'il avait raison et qu'on ne faisait rien, nous nous en voudrions de ne pas lui avoir fait confiance.
Heather acquiesça de la tête, et Hermione sortit son faux gallion.
NDLA :
Voilà, on approche de la fin de l'année. Plus que deux chapitres. Que va-t-il se passer pendant la bataille ? Ha ha ! A partir de là, tout peut arriver. Gentils, méchants, numérotez vos abattis... une ou deux exceptions mises à part, vous n'êtes pas à l'abri !
Il me semble avoir répondu à toutes les reviews d'il y a deux semaines par MP. Afin que ce soit clair également pour les autres lecteurs, avec quatre voix à deux, c'est l'espacement des chapitres qui l'emporte. Il vous faudra donc ronger votre frein pendant deux semaines. Pour ce qui est de l'écriture de la cinquième année. Ca avance lentement mais sûrement. Si tout va bien, il ne devrait plus me rester grand chose à écrire quand j'aurais publié le dernier chapitre du Prince de Sang-Mêlé.
A ce propos... je l'avais tenu secret jusque là, mais je peux d'ores et déjà vous le révéler. La cinquième et dernière année de Heather Wright ne s'intitulera pas "Les Reliques de la Mort" car Heather n'aura pas un grand rôle à jouer dans la recherche/la réunion des reliques. Le titre de cette dernière année sera "Heather Wright et les Quatres Elémentaires". Voilà ! Je vous laisse méditer sur ce titre mystérieux en attendant que le chapitre concerné vous révèle de quoi il s'agit. Sachez juste que c'est quelque chose que je prépare, là encore, depuis un moment, même si je ne crois pas y avoir fait plus d'une seule et ridicule allusion dans ce que vous avez déjà pu lire.
A bientôt tout le monde !
Daidalos
