RAR : J'en reviens à faire mes réponses aux reviews avec la publication des chapitres, car j'ai constaté que souvent, ce que je disais à l'un pouvait intéresser les autres. Alors allons-y gaiement !
Louwyn : Certes, le chapitre précédent ne nous apprenait pas grand chose de nouveau. Mais je ne peux pas sauter non plus ces passages sous prétexte qu'on les connait déjà.
Oui, le cadeau de Heather va se montrer très utile. Surtout pour pas perdre de vue ce qui se passe pour Harry et compagnie pendant que Heather aura à gérer ses propres problèmes.
Tant mieux si ça t'as fait rire, c'était le but. Effectivement, une chambre toute proprette ne collait vraiment pas à Abby.... sur ce plan, elle tient de son père.
Enfin, pour Brittany et la tante Desdemone, ne t'inquiète pas, elle recevront la juste récompense de leurs actes et de leurs propos. D'ailleurs pour l'une d'elle, ça ne va pas traîner.
Lyra Sullyvan : Si tu veux parler du moment où Harry prononce le nom et qu'ils se retrouve au manoir Malefoy, je ne vois pas pourquoi cela y changerait quelque chose. Si tu relis bien ton tome 7, tu verra que Harry était bel et bien au courant pour le tabou à ce moment.
Auctor : Oui, peut-être Abby ou Heather auraient-elles pu répondre ainsi si elles avaient été seules (encore que... ta proposition est peut-être un peu extrême), mais en présence l'une de l'autre, elles n'allaient pas risquer stupidement la vie de celle qu'elles aimaient.
Et pour la Tante desdemone, je te laisse voir ça dans ce chapitre.
LaLouisaBlack : Oui... Tata Desdemone est une peau de vache comme on aime à les exécrer. D'ailleurs tu en auras un meilleur aperçu dans ce chapitre.
A tout hasard : le livre que tu as attendu pendant des mois, ce serait pas "Le Portail de la Sor'cière" ? Parce que je sais qu'il est sorti quelques jours avant ta review. Si c'est le cas, on pourra en discuter par MP...
Voilà ! Ca y est, vous avez suffisemment attendus, je vous laisse profiter de ce nouveau chapitre !
5
La tante Desdemone
Heather aida à monter les lourdes valises à l'étage tandis que les deux sœurs s'installèrent dans le salon.
- Alors c'est elle la tante que tu n'aimes pas ? demanda Heather
Abigail acquiesça.
- Et il fallait qu'elle vienne maintenant ! Moi qui pensais que ces vacances seraient les plus belles de ma vie !
Abigail alla ensuite dans sa chambre passer une robe légère et attacher ses cheveux au moyen d'un ruban assorti.
- Allez viens Heather, même si ma tante n'est pas très amicale, elle nous apporte des nouvelles. Allons voir ce qu'elle a à dire.
Les deux filles descendirent et se dirigèrent vers le salon où le ton commençait à monter.
- … et je te le dis tout net, Meredith. Tu devrais mettre ce bon à rien dehors et te débarrasser de tous ces appareils éclectiques ! Les vrais sorciers n'ont pas besoin de tous ces artefacts moldus, leur baguette leur suffit amplement.
- Desdemone, je te le dis une dernière fois, si je dois me répéter c'est toi qui seras expulsée d'ici avec perte et fracas. Lyle n'est pas un bon à rien ! Au contraire, il sait faire des tas de choses dont bien des sorciers se montreraient tout à fait incapables. Quant à nos appareils moldus, le mot c'est "électrique" ! Si t'es pas fichue de retenir un simple mot, je me demande comment tu peux faire pour lancer des sortilèges ! répliqua Mrs Carpenter dont la colère semblait aller crescendo. Et même si je pourrais effectivement m'en passer, ils permettent de donner le change quand Lyle reçoit des collègues ou des amis à la maison, termina t-elle en se maîtrisant.
La tante d'Abigail fit un geste de la main, qui, s'il avait pour but de faire cesser les velléités de Mrs Carpenter, n'en signifiait pas moins que tout ce que sa sœur venait de dire lui était passé largement au-dessus de la tête. Elle se tourna vers les deux fillettes.
- Ah te voilà Abigail. Viens donc, et présente-moi cette amie que tu reçois chez toi.
Abigail s'avança.
- Tante Desdemone, voici Heather Wright, ma meilleure amie, dit Abigail avec une politesse que Heather n'avait pas l'habitude de lui voir. Elle est a Gryffondor.
Le rictus qu'eut la "Tante Desdemone" signifia tout le bien qu'elle ne pensait pas de la maison au lion.
- Heather, reprit Abigail. Je te présente ma tante, Desdemone Moore.
- Enchantée Mrs Moore, salua Heather.
- Ms Moore, corrigea cette dernière. Je venais donc rapporter à Meredith les récents changements survenus au ministère depuis que Scrimgeour a démissionné.
- Pardon ? s'exclama Abigail. Scrimgeour a été assassiné, il n'a jamais…
- Je vois que tu parles toujours sans savoir Abigail, coupa Ms Moore. Apprend petite sotte que M. Scrimgeour a démissionné et est allé prendre sa retraite dans son cottage au bord de la Manche. Plusieurs témoins l'y ont vu ! C'est Pius Thicknesse qui le remplace, reprit-elle plus à l'attention de sa sœur que da sa nièce ou de Heather. Honnêtement, je n'avais une grande estime de ce Thicknesse, mais il semble plus solide que je ne le pensais. Il a déjà donné un sacré coup de fouet au corps des aurors. Il a ouvert une enquête sur la mort de Dumbledore et recherche Harry Potter pour savoir sa version des faits. Mais quoi que raconte ce jeune délinquant, il n'a pas beaucoup de chances de s'en sortir cette fois. Il paraît que Thicknesse possède plusieurs témoins qui disent l'avoir vu descendre de la tour d'astronomie à peine quelques instants après la chute de Dumbledore.
- Oh bien sûr qu'il doit avoir des témoins : Fenrir Greyback, Drago Malefoy, cet Amycus et cette Alecto, bref tous les mangemorts qui étaient montés là-haut justement pour éliminer Dumbledore, ragea Heather. C'est complètement absurde de croire que Harry puisse être responsable de l'action de mangemorts ! De toutes façons, il est certain que si Harry était amené au ministère, il n'en ressortirait effectivement pas vivant puisque le ministre est à la botte de Volde…
- Heather ! la coupa Abigail.
- …de Vous-Savez-Qui, se rattrapa-t-elle.
- Ton amie est aussi stupide et prétentieuse que toi Abigail ! se moqua Ms Moore. Je comprends mieux pourquoi vous vous entendez ! Si Vous-Savez-Qui avait le gouvernement à sa botte, il n'aurait plus de raison de se cacher, hors voilà bien longtemps qu'on ne l'a pas vu ! Ensuite il est de notoriété publique que Potter souffre de graves troubles psychiques. N'avez-vous donc pas lu la gazette il y a deux ans ? Il ne serait pas étonnant que lors d'une de ses crises de démence, il ait profité de la confiance du directeur de Poudlard pour le précipiter dans le vide. Enfin il n'y aucune preuve que Greyback ou des mangemorts aient été présents sur les lieux le soir de la mort de Dumbledore, et Amycus et Alecto Carrow ne sont pas des mangemorts, mais des sorciers issus d'une longue et célèbre lignée de sorciers. Ce qui m'amène à la principale raison de ma visite, ajouta-t-elle alors que Heather avait ouvert la bouche pour répliquer. Je vous ai ramené les extraits de naissances de père et de mère, ainsi que ceux de leurs parents. Le ministère va procéder dans les semaines qui viennent à un contrôle systématique des nés moldus. Figurez-vous que des chercheurs du département des mystères ont apporté la preuve que la magie ne pouvait se transmettre de façon naturelle que par l'hérédité. Par conséquent, une personne qui serait née de deux parents moldus aurait forcément volé ses pouvoirs à quelqu'un d'autre. Ils vont donc recenser tous les nés-moldus, les priver de leur baguette et leur interdire d'avoir un emploi magique. Après tout, puisque ce sont des moldus qui ont volé les pouvoirs d'un autre sorcier, ils n'ont qu'à aller se trouver du travail chez les moldus, au lieu de venir en plus nous piquer le nôtre !
- Mais c'est aberrant ! s'exclama Heather. Vous pouvez m'expliquer comment un enfant de dix ans qui ignore que la magie existe pourrait voler des pouvoirs ? Surtout s'il n'en possède pas à la base ?
- Oh je vois ! Tu es sans doute plus intelligente que tous les chercheurs du département des mystères réunis ? Non ! Alors évite de parler de choses qui te dépassent jeune fille ! Où en étais-je ? Ah oui. Donc, bien entendu, Poudlard sera désormais interdite aux nés-moldus, et obligatoire pour tous les sorciers de Grande Bretagne et d'Irlande, et c'est par les enfants que les contrôles vont commencer. Ils vérifieront systématiquement que les enfants inscrits possèdent au moins un parent sorcier, c'est pour cela que je vous ai amené ces certificats. Quant à vous, jeune fille, vu votre faible culture en ce qui concerne la magie, je suppose que vous n'allez pas tarder à être renvoyée de Poudlard.
- Cette fois tu vas trop loin tante Desdemone ! Tu critiques Heather sans même la connaître et ça je ne le permettrai pas !
Abigail tira sa baguette et commença les premières syllabes d'un maléfice du saucisson.
- Abigail ! Arrête ! coupa Mrs Carpenter. N'oublies pas que tu es mineure ! Je ne voudrais pas que tu sois renvoyée pour usage abusif de la magie !
- Oh ! fit Ms Moore, ça aussi ça devrait bientôt changer. Puisque les nés-moldus seront privés de baguette, il n'y aura plus de raison d'interdire aux enfants sorciers de se servir de leurs dons naturels.
Mrs Carpenter lança un regard noir à sa sœur.
- Peut-être, mais en attendant c'est une règle qui est toujours en vigueur. Et toi, Desdemone, tu ferais bien de te rappeler que tu es sous mon toit, et d'éviter de manquer de respects à mes invités.
- Oui ! répondit docilement Ms Moore. Excuse-moi, je me suis laissée emporter. Mais c'est que je déteste les enfants malpolis et qui croient tout savoir alors qu'ils ne savent rien sur rien.
Heather allait démarrer au quart de tour, mais Abigail la retint et la tira même hors du salon.
- Viens dans ma chambre… ça vaut mieux.
Une fois dans la chambre de sa tendre amie, Heather se jeta face contre le matelas et poussa de toutes ses forces un hurlement de rage qui bien qu'étouffé dû s'entendre quand même depuis le couloir, mais certes pas depuis l'étage inférieur.
- Cette bonne femme est une… une… pesta-t-elle une fois qu'elle fut certaine de pouvoir se retenir de hurler.
- …une peau de vache au royaumes des enflures, tu peux le dire ! sourit Abigail. Tu comprends pourquoi je ne l'apprécie guère ?
- J'espère qu'elle ne va pas continuer comme ça tout du long, où je te jure que je risque de faire bien pire que Harry qui avait gonflé sa tante comme un ballon.
- Je sais. La dernière fois que je l'ai vue, elle m'a fait pleurer de rage. Mais j'ai finalement appris à me maîtriser face à elle. Tu n'as qu'à imaginer que tu es face à une version adulte de Romilda Vane. Ça devrait te permettre de te tempérer, et surtout, ce n'est que trop vrai. Elles sont pareilles, elles accusent les autres de leurs propres tares.
Heather eut un faible sourire puis serra Abigail contre elle.
- Tu m'aideras, dit-elle, sa voix étouffée dans le creux de l'épaule de la Serpentard. Je vais avoir besoin de tout ton amour pour ne pas dérailler.
- Tu l'auras, rassura Abigail en caressant tendrement le dos de la Gryffondor. Et tu pourras m'en rendre un peu quand ce sera à moi qu'elle s'en prendra, parce que tu peux être certaine qu'on y aura droit chacune notre tour.
Heather décolla son visage de l'épaule d'Abigail et lui sourit.
- On dirait qu'on ne va pas passer les vacances agréables auxquelles on s'attendait.
Les deux filles s'embrassèrent passionnément, avant de retourner affronter l'irritante parente d'Abigail.
***
Effectivement, ces vacances ne furent de loin pas les meilleures qu'elles passèrent. Comme l'avait prédit Abigail, quand elle ne s'en prenait pas à Heather, elle s'en prenait à Abigail, ou encore à Mr Carpenter, nettement moins souvent cependant, car celui-ci avait ici l'autorité du maître de maison, et même si Ms Moore lui rappela qu'il s'agissait de la maison de sa femme, elle préféra justement éviter de trop contrarier sa sœur.
En une semaine, Heather tira sa baguette à quatre reprises, et Abigail deux fois. A chaque fois, l'autre était heureusement là pour arrêter la belligérante. Abigail était passée en audition au ministère le surlendemain de la venue de sa tante. Heather, qui était en fin d'alphabet, avait eu le temps d'écrire à Hannah Abbot qui habitait le village voisin de Godric's Hollow, pour lui demander d'aller chez elle et de lui trouver le certificat qu'avait fait établir Mrs Tourdesac. Elle avait bien essayé de s'adresser d'abord à la vieille dame, mais Endymion était revenu sans réponse.
Heather fut convoquée une bonne dizaine de jours après Abigail. Elle trouva le hall du ministère presque aussi sombre que la nuit où elle était allée avec Abigail et Rebecca prêter main forte à Harry et ses amis. Pourtant, il faisait jour et les lumières étaient allumées. A la place de la fontaine qui avait été détruite lors du combat de Voldemort contre Dumbledore, il y avait une statue représentant deux sorciers assis sur ce qui semblait être des trônes. Au bas de la sculpture, les mots : LA MAGIE EST PUISSANCE, étaient inscrits sur une plaque. En s'approchant, Heather eut un haut-le-cœur en constatant que ce n'était pas des trônes sur lesquels les sorciers étaient assis, mais des êtres humains, des dizaines et des dizaines d'êtres humains, pliés et contorsionnées dans tous les sens pour prendre la forme de trônes.
L'audience fut une véritable épreuve. C'était cette harpie d'Ombrage qui dirigeait les entrevues, et elle mit toute la mauvaise volonté du monde à accorder à Heather le statut de sorcière, prétendant que puisque son père était cracmol, elle avait comme les nés-moldus volé ses pouvoirs à quelqu'un d'autre. Mais Heather ne s'en laissa pas compter, malgré la présence de détraqueurs, elle pensa très fort à Abigail, avec qui elle avait épluché le texte définissant le statut de sorcier. Et dans le cas d'un régénérateur, les mangemorts tenant sans doute à la puissance supposée de tels sorciers, le texte stipulait que les cracmols étaient justement des victimes de vols, mais qu'il restaient malgré tout des sorciers et pouvaient donc tout à fait avoir des enfants disposant de pouvoirs magiques.
Son inscription à Poudlard pour la rentrée fut confirmée et Heather rentra chez Abigail soulagée. De plus, le comportement de Ms Moore changea légèrement quand elle apprit que Heather était une régénératrice. Certes, elle ne cessa pas pour autant ses commentaires désobligeants sur ses parents, notamment lorsque Heather faisait montre de manières qui n'étaient pas celles de la haute société sorcière. Mais elle se montrait moins virulente, et félicita même les deux filles lorsqu'elles reçurent toutes deux le badge de préfète.
Mais elles trouvèrent à nouveau à s'opposer lorsqu'elles se rendirent sur le chemin de Traverse, et qu'il fut question de passer par la boutique des jumeaux Weasley.
Finalement, à peine quelques jours après que Heather fut convoquée au ministère, la Gazette annonça, comme l'avait déjà dit Ms Moore, que le décret sur la restriction de l'usage de la magie à l'égard des sorciers de premier cycle était aboli. Dès lors, Abigail et Heather fomentèrent leur revanche sur la tante acariâtre.
Ce fut trois jours après l'abolition du décret, dans le salon, qu'elles la saisirent. Alors que Ms Moore était repartie dans un diatribe contre Abigail et sa tenue.
- Silencio ! lança Heather
Ms Moore, privée de parole, regarda la jeune fille avec un air consterné.
- Bien, tante Desdemone, commença Abigail. Maintenant que tu es privée de parole, tu devrais pouvoir nous prêter une oreille attentive.
- Desdemone, j'aimerais savoir combien de temps tu… fit la voix de Mrs Carpenter en provenance du hall.
- Collaporta ! lança Heather, imitée par Abigail.
Elles condamnèrent ainsi les deux issues de la pièce.
- Bien ! Je ne voudrais pas que nous soyons dérangées, dit Abigail avec un sourire carnassier. Alors chère tantine. Comme ça tu te crois supérieure à tout le monde parce que tu es issue de deux longues lignées de sorciers ? Tu te retrouves pourtant à la merci de deux jeunes filles toutes deux de sang-mêlé.
La tante d'Abigail tira sa baguette.
- Expelliarmus ! réagit aussitôt Abigail, récupérant la baguette de sa tante.
- Quelle excellente idée le ministère à eu d'autoriser les enfants mineurs à utiliser la magie ! s'exclama Heather avec force sarcasmes. C'est sûr qu'ils ne risquent pas d'en abuser. En torturant une pauvre femme entre deux âges et incapable de se défendre, par exemple ?
- Quel drôle d'idée ! s'exclama Abigail à son tour sur le même ton. Ça ne leur passerait jamais par la tête ! Surtout lorsqu'on leur enseigne que la magie est puissance ! Jamais ils n'en abuseraient avec par exemple un… Aguamenti !
Un jet d'eau vint tremper la tante Desdemone des pieds à la tête. Elle lança une œillade assassine à sa nièce et se dirigea d'un pas furieux vers elle.
- Petrificus Totalus ! intervint Heather.
- Bien, maintenant que tu ne peux vraiment plus rien faire d'autre qu'écouter, on va te mettre les points sur les "i", dit Abigail en se penchant sur sa tante. Rita Skeeter n'est qu'un sale petit cancrelat répugnant qui tire des conclusions douteuses à partir de demi-vérités. Et toi tu n'es qu'une vieille peau vicieuse et médisante qui croit tout ce qu'on lui dit, pour peu que ce soit mal intentionné.
- Vous voulez que je vous dise pourquoi les mangemorts et leur maître prônent la suprématie du sang pur ? ajouta Heather. C'est parce qu'il savent que les sorciers de longues lignées de sorciers ont un esprit étriqué facile à manipuler : ils vivent avec la magie tous les jours, et pourtant, ils ne croient que ce qu'il voient, se laissant abuser par le premier subterfuge venu. Ils redoutent les enfants élevés par les moldus qui ont une imagination débordante, et qui seraient bien capable de bouleverser tout leur petit monde. Tous les sorciers "de bonnes familles" vous diront qu'un Patronus Corporel est un acte de magie avancé qui n'est pas à la portée d'un enfant. Harry a pourtant réussi à en créer un dès l'age de treize ans, et voilà plus d'un an que Abigail et moi…
Les deux filles firent une démonstration en produisant le chien et le loup de lumière argenté.
- C'est à cause de sorciers bornés et trop sûrs d'eux que le Seigneur des psychopathes a pu agir librement pendant toute une année, continua Abigail. Qu'un innocent a passé treize années à Azkaban, et que de dangereux criminels ont pu faire croire à leur mort pour continuer dans l'ombre leur basses besognes au service de Tu-Sais-Qui.
- Enfin, nous tenons à vous faire savoir que nous avons très peu apprécié toutes les méchancetés que vous avez lancées ces quinze derniers jours sur mes parents, sur le père d'Abigail, sur notre tenue ou nos manières.
- Peut-être ne sommes-nous pas des modèles d'éducation de la haute société, mais il serait temps que cette haute société se rende compte qu'on est à la fin du vingtième siècle, et non plus au début du dix-neuvième. Qu'ils comprennent que ceux qui montrent devant tous un visage "respectables" sont bien souvent les plus pourris qu'il soit donné d'imaginer, alors que ceux qu'ils méprisent sont pour la plupart bien plus honnêtes et intègres qu'eux. Maintenant, il est temps de passer à notre vengeance proprement dite.
- Ne vous inquiétez pas… nous ne sommes pas des mangemorts, nous n'utiliserons aucun sortilège interdit ou impardonnable, sourit Heather.
- Crache-limaces ! lança Abigail.
- Liberato ! suivi Heather, défaisant ainsi la tante Desdemone de ses liens et baillons magiques.
- Vous allez voir sales petites… burp !
Une énorme limace bien baveuse sortit de la bouche de Ms Moore.
- Furunculus ! ajouta Abigail, faisant éclore des cloques rouges sur le visage de sa "chère tantine".
Elle tenta de se jeter sur sa nièce entre deux crachés de limace, mais Heather intervint.
- Levicorpus ! Voilà un sortilège que vous devriez apprécier, il vient de ce cher Severus Rogue.
- Et celui-ci doit sans doute venir d'un de nos aïeuls que tu révères tant : Barbapousse !
- Petites Vipères ! Crapules ! Burp !
A ce moment-là, Mrs Carpenter parvint à ouvrir l'une des portes scellées.
- Abigail qu'est-ce que…. Desdemone ! Mais enfin qu'est-ce que vous lui faites ?
- Oh ! fit Abigail sur le ton de la conversation. Comme nos paroles ne semblaient pas pouvoir l'atteindre, nous lui montrions juste que les mangemorts dont elle révère tant les idées ont raison : La magie est puissance. Et qu'ils ont été bien avisés de donner le pouvoirs aux enfants.
- Et tu te crois drôle peut-être ! gronda Mrs Carpenter. Faites la descendre et faites cesser tous ces maléfices immédiatement !
- Oh ! T'es pas drôle maman… On commençait à peine à s'amuser.
- Parce que tu trouves que c'est un jeu ! Mais tu ne te rends pas compte qu'en faisant ça tu t'abaisses au même niveau que les mangemorts !
- Mais nous n'utilisons que des sortilèges très enfantins ! se défendit Heather. Des sortilèges dont n'importe quel "vrai sorcier" ne devrait rien avoir à craindre et devrait pouvoir se défaire aisément !
- Sans ma baguette ! Et comment voulez vous que je… burp !
- Bon, fit Abigail… je veux bien supprimer le crache-limace !
Elle lança le contre-sort.
- Et on peut aussi lui retirer cette barbe ridicule ? proposa Heather
Abigail acquiesça et fit disparaître la longue barbe qui cachait le visage couvert de furoncles de sa tante.
- Mais je suis sûr que ça te démange toi aussi de lui faire passer l'envie de traiter papa de moins que rien, d'écorcher son prénom, ou tout simplement de l'ignorer quand il est là, déclara Abigail.
- Ce n'est pas grand chose, un petit Rictusempra devrait suffire ! proposa Heather. Je la repose si vous voulez ? Liberacorpus !
Ms Moore tomba et se cogna la tête.
- Alors Meredith ! Qu'est-ce que tu attends pour punir ces deux petites effrontées ? lança-t-elle, ses yeux lançant des éclairs de rage. Si tu ne veux pas t'en charger, je le ferai moi-même !
Elle récupéra sa baguette d'un mouvement rageur et la pointa sur Abigail.
- Endolo…
- Rictusempra ! lança Mrs Carpenter provoquant fou rire et contorsions incontrôlées chez sa sœur. Ne t'avise plus jamais de menacer ma fille de ta baguette, où je pourrais bien la laisser terminer ce qu'elle avait entrepris.
Abigail nargua sa tante d'un sourire.
- Quant à vous, jeunes filles, ne croyez pas vous en tirer à si bon compte. Abigail, monte dans ta chambre ! Tu es privée de déjeuner, Heather, tu passeras la journée dans la cave, un plumeau à la main, et j'écrirai à ta mère pour lui expliquer ce que vous avez fait toutes les deux !
Les deux filles n'eurent pas le cœur de répliquer devant le ton autoritaire de Mrs Carpenter et filèrent lui obéir. De toute la journée, elles ne purent s'adresser la parole. Ms Moore ne leur dit rien, mais si un regard pouvait tuer, elles n'auraient pas eu assez des neuf vies d'un chat. Cependant, quelque chose fit dire à Heather que les punitions étaient bien moins sévères qu'elles ne devaient paraître. En effet, pas une seule fois Mrs Carpenter ne vint contrôler son travail, et dans sa chambre, Abigail avait tout de même quelques livres pour se distraire. Heather, bien que n'étant visiblement pas forcée de faire quoi que se soit avait pris le plumeau que Mrs Carpenter lui avait donné et s'était mise à épousseter tout ce qu'il y avait à la cave. Elle repensait à la façon dont elles s'étaient vengées des méchancetés de Ms Moore. Et elle n'était pas très fière d'elle. Elle aurait pensé que ce serait très drôle de prendre sa revanche, mais elle ne savait pourquoi, il lui restait comme un goût amer dans la gorge, et ce n'était pas dû à la poussière qu'elle remuait. Le soir, sitôt qu'elles eurent fini de manger, Mrs Carpenter les envoya au lit.
- Et je ne veux rien entendre.
***
Les deux filles obéirent, mais une fois dans sa chambre, Abigail souffla.
- Ouf ! C'est quand même cher payé une journée de punition pour quelques sortilèges de rien du tout.
- Abigail, ta mère a dit qu'elle ne voulait rien entendre !
- Oh ! Mais elle n'entendra rien : Assurdiato ! Alors… avoue que ça fait du bien de se comporter en vil Serpentard de temps en temps ?
Heather ne répondit pas, mais détourna le regard alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire teinté d'amertume au souvenir de la tante pendue par les pieds et crachant des limaces au travers d'une barbe bien fournie.
- C'est pas la peine de faire la tête… de toutes façons, même si on avait fait quelque chose de plus subtil, comme on en a l'habitude, ici il n'y a pas d'autres adolescents farceurs pour prétendre que sans preuve on ne pouvait affirmer que c'était nous. On aurait été punies de toutes façons. Alors ça aurait été stupide de se priver de se défouler… et puis je crois que ma tante sera plus réceptive à ce type de traitement qu'à n'importe quel autre. Mais maintenant, la punition est levée, alors haut les cœurs !
- Attends que ma mère l'apprenne ! Elle ne nous laissera plus passer nos vacances ensemble jusqu'à notre majorité.
- Je trouve ça moche que ma mère t'aies fait travailler toi, alors que c'est moi qui ait lancé les sortilèges les plus mesquins.
- Oh… ce n'était pas si terrible. Au moins, j'avais quelque chose à faire. Tu as du t'ennuyer toute seule dans ta chambre.
- Je me suis ennuyée parce que j'étais séparée de toi.
Elles échangèrent un nouveau baiser.
- Bon… c'est pas tout ça, mais même si je n'avais personne sur mon dos pour me surveiller, j'ai quand même bien travaillé aujourd'hui, dit Heather. Et j'ai besoin d'une bonne douche. Je me dépêche, promis !
Elle quitta les bras de son amie et se dirigea vers la porte sur la droite de la pièce.
L'une des choses qui avait époustouflé Heather lorsqu'elle avait découvert cette très belle demeure, c'était que la chambre d'Abigail, ainsi, lui avait-elle dit, que la chambre d'amis, avaient chacune leur propre salle de bain. Certes, elles n'étaient pas très grandes, elles disposaient juste d'un coin douche, d'un lavabo et d'une cuvette de toilettes. Mais quand même !
Heather se dévêtit et entra dans la cabine de douche, elle fit couler l'eau, réglant sa température, puis passa sous le jet en fermant les yeux pour se laisser aller. Toute la journée, elle avait essayé de comprendre pourquoi elle ne se sentait pas satisfaite de la revanche qu'elles avaient prises, sans trouver de réponse, et d'un coup, une image surgit d'un coin de sa mémoire. Elle repensa à l'altercation entre son père et Rogue, qu'elle avait vu au travers de la mémoire de Harry. Ceci avait peut-être été le pire souvenir de Rogue, mais ça n'avait pas été très reluisant non plus pour James et Sirius. Et de constater qu'elle avait cédé à la tentation de la puérilité et de la méchanceté gratuite, alors qu'elle avait eu des exemples pour lui dire qu'on ne s'en sent guère mieux par la suite, lui déchira le cœur. Dissimulées par le jet de la douche, des larmes de dépit se mirent à couler le long de ses joues.
Alors qu'elle était perdue dans ses pensées et dans ses pleurs, Heather sentit deux mains se poser sur ses hanches et glisser sur son ventre.
- Abby ? Qu'est-ce que tu…
- Chuut ! Ça fait trop longtemps que j'en ai envie… Et je sais que toi aussi ça te titille, dit Abigail en l'attirant contre elle.
Heather sentait sa petite amie, nue contre son dos, qui lui prodiguait quelques baisers coquins dans le cou. Prétendre qu'elle n'avait pas songé à une telle évolution de leurs rapports serait mentir. Mais elle ne se sentait pas prête. Elle aurait voulu la repousser, mais…
- Je t'ai menti ! C'est pas vrai que ça m'a fait du bien ! craqua Abigail en pleurant contre l'épaule de Heather. Je me sens sale ! J'ai l'impression de ne pas valoir mieux que Malefoy ou Grey. Mais pire que tout, je t'ai entraînée dans une action que tu réprouvais… si tu savais comme je m'en veux… Et je m'en veux encore plus parce que je voulais lâchement profiter de toi, de ta bonté, pour avoir l'impression de me purifier.
Un tourbillon de sentiments contradictoires torturait Heather. L'euphorie, la sensation de puissance, l'amertume, la détresse, le désir, la peine de savoir qu'Abigail traversait les mêmes affres qu'elle… Ce maelström eu raison de ses réticences. Elle avait besoin d'amour, et Abigail avait besoin d'amour, et elle aimait Abigail, au point que sa peine lui était insupportable, sans doute plus qu'à Abigail elle-même. Aussi se retourna-t-elle.
- Chut ! dit-elle en l'embrassant. Tu as raison, j'en ai envie, et je crois même que j'en ai besoin… autant que tu en as envie et besoin toi-même.
Abigail ne répondit pas, elles s'embrassèrent encore, et laissèrent leurs mains s'égarer.
