RAR :

Auctor : Pour le coup de la statue, je te suis à 100%. Je connais même quelqu'un qui pourrait nous fournir les lance-flammes. En tout cas, je suis content que la punition de tata t'aies plu !

Eliane et LaLouisa : Coucou les sisters. J'ai commencé la lecture du Portail de la Sor'cière.... Tu as pu commencer Eliane ? Ou bien ton père le squatte-t-il toujours ?
Oui, je me suis beaucoup inspiré de la tante Marge pour créer le personnage de Desdemone, avec un peu non pas d'Ombrage, mais de Mrs Black. J'espère que la suite des évènements vous plaira tout autant (d'après ma bêta-lectrice, ça devrait)

Lyra : Oui, c'est vrai que j'ai choisi ce prénom pour sa consonnance... Mais j'ai aussi regardé ce qu'il signifiait. Parce qu'après tout, des parents ne vont pas donner à leur enfant un nom pourri. Et Desdemone vient du latin et signifie désirée.

Daffy : Non, non ! Il n'y a rien dans ce chapitre qu'on ne puisse comparer à des pubs pour des gel douche et autres produits de beauté féminins. Et il n'y aura rien de plus osé dans les chapitres suivants. Pour le nom de la tata, je te renvoie à ma réponse à Lyra. Pour les badges de préfètes... je ne crois pas que ça fasse une différence quand à leurs actions : avec la cape d'invisibilité de Heather et la Carte du Maraudeur 2...
Allez, je vais te laisser lire ce nouveau chapitre.

Louwyn : Ben.... j'ai déjà répondu à tes remarques avec mes réponses à Lyra et Daffy... Donc il ne me reste plus qu'à te souhaiter une bonne lecture.


6
Sombre rentrée

Cette nuit avait été la plus merveilleuse de toute la courte existence de Heather. Les baisers et les caresses de son amante lui avaient fait ressentir des plaisirs qu'elle n'avait pas soupçonnés. Sa mère lui avait expliqué que se donner corps et âme à l'être aimé procurait un très grand plaisir, mais c'était encore au-delà. C'était comme si un monde nouveau s'ouvrait devant ses yeux. Un monde où elle n'avait plus rien à faire de ce qu'on pouvait penser d'elle et de son amour pour Abigail.
Lorsqu'elle s'éveilla, Abigail dormait encore. Elle resta immobile, à la regarder inspirer et expirer, le visage paisible. Qu'elle était belle ! Et comme elle l'aimait !

Finalement, le piaillement des oiseaux finit par la tirer des bras de Morphée, et elle posa sur Heather un regard plus lumineux que cette dernière ne lui en avait jamais vu.
- Bonjour, dit-elle alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Tu es réveillée depuis longtemps ?
- Quelques minutes seulement, répondit Heather.

Les deux filles échangèrent un baiser et une étreinte tendre. Heather sentit la cuisse d'Abigail frotter entre les siennes.
- Tu sais, le sortilège d'Assurdiato doit être estompé maintenant…
- Et alors ? demanda la Serpentard.
- Alors, tes parents aimeraient peut-être apprendre la nature exacte de nos rapports d'une autre manière.

Abigail conçut que se faire surprendre par ses parents dans un moment des plus intimes en compagnie de Heather n'était pas vraiment ce qu'elle avait en tête. Les deux jeunes filles se levèrent et s'habillèrent. Il faisait bien moins chaud qu'au début du mois, et Abigail ne rechigna pas à passer une robe, très légère certes, mais qui au moins n'occasionnerait aucune critique de la part de sa tante.

L'ambiance au petit déjeuner fut légère, jusqu'à l'arrivée de Ms Moore. Elle ne dit rien en réponse au silence qui s'était installé dès qu'elle avait franchit la porte de la cuisine, et tous mangèrent en silence. Finalement, la tante d'Abigail prit la parole.
- Puisque je ne suis visiblement pas d'une compagnie désirable dans cette maison, je ne vous imposerai pas ma présence plus longtemps, asséna-t-elle avec un accent de reproche.
- Desdemone tu… tenta Mrs Carpenter avant de se prendre un coup de pied d'Abigail et de lui renvoyer un regard furieux.
- Non Meredith. Ma décision est prise. J'étais venue dans l'espoir de vous faire comprendre que les temps avaient changés, que la politique du pays avait pris une autre orientation qu'il valait mieux suivre. J'ai l'impression de ne pas avoir été comprise, mais j'espère vous avoir tout de même fait réfléchir. Abigail, je ne saurais trop te conseiller de surveiller tes fréquentations. Visiblement ton amie a une certaine influence sur toi, je ne dirais pas mauvaise, mais en tout cas peu recommandable par les temps qui courent. Tu es devenue effrontée, et sache que ça ne risque pas de te porter bonheur dorénavant à l'école. Si ça ne tenait qu'à moi, je te dirais de ne plus fréquenter cette…
- Oui, mais ça ne tient pas à vous, ma tante, pas même un petit peu ! Et je vous assure que Heather n'est pour rien dans mon effronterie. C'est même moi qui aie dû la convaincre pour hier. Quant à ne plus la fréquenter, je préfèrerais qu'on m'arrache un bras pour me battre avec plutôt que d'imaginer que ça puisse arriver. Et si vous, vos connaissances, ou ceux qui ont tant de courage qu'ils se cachent derrière des masques pour agir essaient de nous séparer, ils en seront pour leurs frais !
- Soit ! céda la tante. Je t'aurais dit ma façon penser, libre à toi d'en tenir compte ou pas. Au moins, maintenant que je m'en vais, vous pourrez faire chambre à part. Ce n'est pas décent à votre âge de partager le même lit ! Vous n'êtes plus des petites filles.
- Sur ce dernier point, vous avez raison Ms Moore, répliqua Heather, en lançant un coup d'œil à Abigail, qui sembla approuver son idée. Nous ne sommes plus des petites filles. Et ce n'est pas en petites filles que nous continuerons à partager le même lit.

Heather se leva et se dirigea vers Abigail qui s'était également levée, elle ne regardait plus ni la tante d'Abigail, ni les parents de celle-ci. Son regard plongeait dans ses yeux vert, non pas émeraudes comme ceux de Harry, mais couleur de jade.
- Abigail vous l'a dit, ceux qui essaieront de nous séparer en seront pour leurs frais. Nous nous aimons, et on se fiche bien de ce que les autres peuvent penser.

Et là, sous les regard surpris des Carpenter, et outragé de Ms Moore, elles échangèrent un langoureux baiser qui ne laissa aucun doute sur l'interprétation des paroles de Heather.
- Qu… V… Vous… J'espère que vous ne comptez pas faire ce genre de choses en public ! hoqueta Ms Moore.
- Aussi souvent qu'on en aura envie, répliqua Abigail.
- Mais enfin ! Deux filles ensembles ! Vous n'y pensez pas ! Ce serait un s…
- Desdemone, coupa Mr Carpenter. Je croyais que vous deviez vous en aller. Comme vous l'avez si éloquemment dit, une personne avec l'esprit aussi étriqué que le vôtre n'est pas la bienvenue sous ce toit. Et j'espère que la relation de Abigail et Heather saura faire sortir le monde sorcier du Moyen-âge !

La tante d'Abigail, au comble de l'outrage, tourna les talons, appela ses affaires d'un coup de baguette magique, et quitta la maison sans plus tarder, ni rien dire.
- Je suis contente que tu le prennes aussi bien papa, fit Abigail soulagée.
- Je mentirais si je disais que ça ne m'a pas fait un sacré choc, mais l'expression de ta tante était si irrésistible que je n'ai pas pu m'empêcher d'en rajouter une couche. Par contre… Il semblerait que ta mère ait plus de difficultés que moi à s'en remettre.

En effet, Mrs Carpenter était encore figée, bouche ouverte, les yeux écarquillés.
- Youhou ! Mimi ! Tu es morte ? appela Mr Carpenter en agitant la main devant les yeux de sa femme.
Sa voix sembla tirer Mrs Carpenter de sa torpeur.
- A… Abigail tu…
- Oui, je suis sérieusement amoureuse de Heather, maman. Et pourtant, elle a tout fait pour que j'abandonne cette idée, mais j'ai fini par la convaincre de me laisser ma chance, et depuis, on file le parfait amour.
- Je… C'est…
- Merveilleux ? compléta Abigail sous le regard amusé de Heather. Oui, je suis du même avis que toi.
- Allez, chérie… ce n'est pas si terrible. D'ailleurs, les couples de même sexe ont toujours existé, et depuis quelques années, ils ne se cachent plus chez les moldus. Il y a même des marches qui sont organisés partout dans le monde pour prôner l'égalité de tous quelle que soit leur orientation sexuelle.
- C'est vrai ? s'étonna Abigail.
- Oui ! Ils en avaient beaucoup parlé au bureau quand il y en a eu une à Londres, y a trois ou quatre ans.

Les vacances se terminèrent plutôt bien pour Heather et Abigail. Si les Carpenter avaient émis quelques velléités à séparer les deux filles maintenant qu'ils savaient qu'elles étaient bien plus que des amies, elles obtinrent gain de cause en leur précisant que c'était trop tard pour craindre qu'elles fassent "certaines choses".

***

Le premier septembre arriva, et c'est un peu tristes que Heather et Abigail se rendirent sur le quai 9 ¾. A partir de cette nuit, elles ne pourraient plus dormir ensemble, et elles sentaient déjà que cela allait leur manquer. Mais très vite, elle retrouvèrent leur bonne humeur en même temps qu'elles retrouvaient Rebecca.

Elle leur expliqua qu'elle avait passé de bonnes vacances, et ça se voyait à son teint halé, bien qu'elle fut moins bronzée que d'habitude.
- Les frontières du pays étant de plus en plus surveillées depuis l'annonce du retour de Vous-Savez-Qui, on a pas pu aller en Espagne. Mais on est quand même retournés à Fairlight. L'ami de mon père nous avait proposer de nous joindre à lui et à son fils pour les vacances.
- Quelque chose ne vas pas ? demanda Heather qui avait ressenti une pointe de colère dans la voix de son amie. Il n'a pas été correct avec vous ?
- Oh non ! s'emporta Rebecca. Au contraire… il a été très amical… surtout avec ma mère !

Heather et Abigail se sourirent. Certes, la réaction de leur amie se comprenait, la douleur de la perte de son père devait être encore vive en elle. Mais peut-être que c'était ce qu'il pouvait arriver de mieux à sa mère.
- Enfin ! J'ai eu l'agréable surprise d'avoir la visite de Neville, reprit Rebecca. Il a convaincu sa grand-mère de le laisser prendre une semaine de vacances seul. Les garçons étaient un peu à l'étroit à trois dans leur chambre, mais ma mère n'a pas voulu que Neville dorme dans la mienne.

Abigail proposa alors de monter dans le train. Rebecca lui fit signe d'attendre et se retourna vers sa mère, accroupie pour être à la hauteur de son fils.
- Timmy ! lança Rebecca. Tu viens ? Moi, je monte !

Le petit garçon serra une dernière fois sa mère dans ses bras et se précipita vers les trois filles en tirant une valise presque aussi grosse que lui.
- C'est vrai que ton frère a onze ans maintenant, fit remarquer Abigail.

Rebecca se chargea de présenter Timmy à Heather qui ne l'avait encore jamais vu. C'était un petit garçon aux cheveux aussi blonds que ceux de sa mère, mais avec les mêmes yeux marrons que Rebecca, les yeux de leur père.
- Salut le gnome ! lança Abigail.
- Qu'est-ce qu'elle dit l'asperge ? renvoya aussi sec Timmy.
- Heu… Ça va b… commença Heather inquiète de voir Abigail se montrer aussi froide avec le frère de leur amie, et celui-ci le lui rendre.

Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que le petit Timmy bondit dans les bras de la Serpentard en riant alors que celle-ci lui faisait la bise.
- La vache ! Tu deviens trop lourd pour que je te porte ! lança Abigail en reposant le petit garçon.
- Le premier jour où Abby est venue à la maison, Timmy est rentré en pleurant parce qu'un gamin du voisinage l'avait taquiné, expliqua Rebecca à Heather qui se demandait d'où venait leur complicité. Elle lui a dit que s'il ne voulait plus qu'on l'embête, il fallait qu'il se rebiffe. Elle est restée un moment avec lui, et depuis ils sont copains comme cochons. Je la soupçonne de lui avoir raconté toutes les farces qu'on a pu faire à Grey, Malefoy et leur clique, car depuis, c'est devenu une vraie peste, il fait ses coups en douce, et prend un air angélique devant les… enfin, devant notre mère.

Heather explosa de rire et aida Timmy à monter sa valise dans le train. Elles installèrent leurs affaires dans un compartiment libre.
- Alors, comment c'était vos vacances ? demanda Rebecca.
- Plus tard, désolée, mais on ne peut pas rester… s'excusa Heather.
- Pourquoi ? demanda Timmy.
Elles sortirent alors de leurs poches leurs badges de préfètes.
- Vous les avez eus ! La chance ! Bon, ben alors à tout à l'heure.

Heather et Abigail se dirigèrent donc vers l'avant du train en laissant Rebecca seule avec son frère. Le wagon des préfet était bien différent des autres, pas de couloir étroit, il était constitué d'une seule grande pièce avec une grande table en arc de cercle. Seize fauteuils en chintz aux couleurs des quatre maisons étaient disposés le long de la table, six autres leur faisaient face, un peu en retrait de la table. Il y avait aussi un mini bar avec quatre percolateurs qui distribuaient respectivement du chocolat chaud, du thé chaud, du thé glacé, et du jus de citrouille. Deux grosses assiettes remplies de cookies pour l'une et de brownies pour l'autre étaient également disposées sur le mini bar. La plupart des préfets étaient déjà dans le wagon à leur arrivée. Il y avait dans leur année Bethany Douglas et Hank Tanner de Poufsouffle, Emily Montgomery et Christopher Hambleton de Serdaigle. A Gryffondor, c'était Udyan Narasimban qui avait eu l'insigne, et pour Serpentard, il s'agissait de Daniel Doge, qui avait suivi les cours de L'A.D. et ceux du Club de Défense.
- Je savais qu'au moins l'une de vous trois aurait l'insigne, dit Ginny en arrivant derrière elles et en tapotant l'épaule de Heather.
- Ginny ! s'étonna cette dernière. Mais qu'est-ce que tu… ?
- Laura, qui avait été nommée l'année dernière n'a pas pu revenir cette année, souffla Ginny d'une voix morne. C'est vraiment dégueulasse ce qu'ils font subir aux enfants de moldus. Enfin, c'est peut-être un mal pour un bien, car notre fine équipe ne s'en trouve que renforcée avec pas moins de quatre préfets.
- Qui est le quatrième ? demanda Abigail au moment même où Neville sorti de derrière le bar.
- Et arrête de gigoter Trevor !

Heather et Abigail allèrent le saluer.
- Salut Neville ! dit Abigail. Sacrée promotion ! Rebecca nous avait caché que tu avais été nommé préfet.
- C'est parce qu'elle le sait pas encore. J'ai reçu la lettre hier. Salut Ginny. Ron va bien, le courrier disait qu'il était gravement malade ?

Ginny fit une moue contrite, elle ne pouvait pas parler du subterfuge de son frère ici. Abigail reprit la parole.
- Mais si Neville est ici, et que je vois ce Serdaigle… euh…
- Goldstein, compléta Ginny, Anthony Goldstein.
- Oui, donc si eux deux sont là… vous croyez que le préfet en chef serait…
- Malefoy, lâcha Heather à contre cœur. J'en ai bien peur. C'est ce que j'ai redouté depuis mon passage au ministère.

Il ne manquait plus que les préfets de Serpentard, et trois préfets de septième année. Malefoy arriva le premier, le visage renfrogné, accompagné de Pansy Parkinson toute aussi boudeuse. Les autres élèves furent tous soulagés de constater que ni l'un, ni l'autre n'avait été nommé préfet en chef. Puis, les jumelles Patil et Ernie Macmillan entrèrent à leur tour.
- Bien ! fit Padma Patil. Veuillez tous prendre place à la table. Les fauteuils sont aux couleurs des maisons, les préfets de cinquième année à droite, et ceux de sixième année à gauche s'il vous plait.

Sans qu'on leur dise, les préfets de septième année avaient pris place dans les fauteuils face à la table. A l'exception de Malefoy et Parkinson qui étaient allés se servir en cookies et thé glacé.
- Malefoy, Parkinson, vous vous goinfrerez plus tard ! lança Ernie Macmillan d'un ton autoritaire.

Les deux Serpentard décochèrent une œillade meurtrière aux préfets en chefs, mais obéirent malgré tout. Heather s'assit entre Narasimban et Ginny. Abigail prit place entre son homologue masculin et le préfet de sixième année.
- Bien, alors déjà bienvenue à tous les nouveaux ! commença Padma Patil. Certains d'entre vous, même parmi les préfets de septième année, vont se retrouver à exercer cette fonction pour la première fois. Il faut donc que vous sachiez tous que en tant que préfets, vous avez le devoir d'épauler les professeurs dans le maintien de la discipline au sein de l'école, mais aussi lors des sorties à Pré-Au-Lard et dans les trajets du Poudlard Express ou nous représentons la seule forme d'autorité. Vous pouvez en cas de violation grave du règlement ou d'insubordination des élèves leur donner des punitions, mais seuls les préfets en chefs sont habilités à donner des heures de colle, et nous n'avons en aucun cas le droit d'ajouter ou de retirer des points.

Le regard de tout ceux qui se souvenaient avec rancœur de la période de la brigade inquisitoriale se porta sur Malefoy et Parkinson qui rendirent bien les regards farouches.
- Ensuite, à propos de cette première journée. Nous allons tous patrouiller à tour de rôle dans le train. Les cinquième année commenceront, et pourront s'arrêter après le passage de la sorcière au chariot de friandises. Les sixième année s'occuperont des deux heures suivantes, et les septième année surveilleront la fin du voyage. Pour l'accompagnement des nouveaux élèves dans les salles communes, on confie d'habitude cette tâche aux cinquième année les sixième année n'intervenant pas, mais surveillant cela de loin. Cette fois, nous demanderons à tous les préfets d'encadrer cette première visite du château.

Pendant la tirade de Padma Patil, Ernie Macmillan s'était levé et avait commencé à distribuer des rouleaux de parchemins à tous ceux qui se retrouvaient préfets pour la première fois.
- Vous trouverez dans le parchemin que distribue Ernie le détail des droits, des devoirs, et des privilèges dont vous bénéficierez en tant que préfets. Étudiez bien ce document dès les premiers jours. Bien… Cette séance est terminée. Servez-vous donc en gâteaux et en boissons, et ensuite, à chacun ses occupations.

Heather et Abigail allèrent donc parcourir les couloirs du train, se mettant d'accord avec les autres préfets pour se partager la tâche. Puis, quand Bethany Douglas vint leur dire que la sorcière au chariot de friandises avait fini son service, elles retournèrent dans leur wagon retrouver Becky et Timmy. La Poufsouffle avait été rejointe par Neville, et ils essayaient de trouver un moyen de se défaire du petit frère encombrant. Les deux préfètes se regardèrent avec le même air entendu et malicieux dans les yeux.
- Neville, tu as toujours Trevor dans ta poche ? demanda Heather.
- Oui, bien s… allait répondre Neville avant de mettre la main à sa poche et de constater qu'elle était vide. Ben non ! Il s'est encore fait la malle.
- Timmy, tu veux bien aller le chercher s'il te plait ? demanda Abigail. Si tu croises des préfets, dis-leur que le crapaud de Neville est encore en vadrouille, ils sont habitués. Mais évite si possible de parler à des élèves de Serpentard. La plupart ne sont pas très fréquentables.
- Mais, pourtant tu es bien à Serpentard Abby ? répliqua le gamin.
- Oui, mais je suis l'une des trop rares exceptions qui confirment la règle. Allez, file !

Mais bien que Timmy fut dehors, Rebecca et Neville n'entreprirent rien, à la grande surprise des deux préfètes.
- Et ben alors… dit Abigail, embrassez-vous, ça se voit que vous en crevez d'envie.
- Oui, mais… marmonna Neville intimidé. Enfin, vous êtes là et…
- Et nous allons être trop occupées pour faire attention à vous, dit Heather en s'asseyant et en invitant Abigail à s'installer sur ses genoux.
- Peut-être, mais je suis pas rassurée de le savoir qui vagabonde dans le train, dit Rebecca. Avec Grey, Malefoy et toute leur clique…
- Qu'est-ce que tu veux qu'ils lui fassent ? demanda Abigail en déposant des baisers dans le cou de Heather. De toutes façons, s'ils s'en prennent à des petits, y'aura des préfets pour leur tomber sur la cafetière.
- Oui, vous avez sans doute raison, admit Rebecca toujours un peu inquiète.

Elle eut à peine le temps d'échanger un timide baiser avec Neville que la porte du compartiment s'ouvrit.
- Tiens ! Mais voilà deux ravissants tourtereaux, lança la voix sarcastique de Grey ! J'adore le spectacle d'un préfet en plein délit d'atteinte aux bonnes mœurs en compagnie de sa petite amie.

Elle gloussa de sa propre pique accompagnée par ses amies avant de changer de cible.
- J'ai appris que tu étais là cette année encore Wright. Tu as bien de la chance que certains membres du ministère accordent encore du crédit à la vieille Tourdesac.
- Il n'y a pas de chance là-dedans. Mon père descend de sorciers, et la loi que les mangemorts ont édictée me donnait clairement le droit à faire usage de ma baguette et à être scolarisée à Poudlard.
- Tu oses critiquer ouvertement le minis…
- Bien sûr que j'ose ! Ils ne me font pas peur, et vous non plus ! Vous tenez vraiment à ce que je vous rappelle notre petite conversation du mois de janvier ?
- Si tu crois pouvoir encore faire tout ce qui te chante cette année, Wright ! Tu risques de tomber de haut ! répliqua Grey d'un ton pincé. Il n'y a pas qu'au ministère que les choses ont changées. Et Gryffondor ne fera pas la loi à Poudlard cette année, je peux te le garantir !

Les deux filles derrière pouffèrent bêtement.
- Aucun de vous n'a reçu la Gazette ce matin ? demanda Grey du ton de celle qui sait quelque chose que les autres ignorent.
- Nous ne la recevons plus depuis qu'elle s'est vendue à Vous-Savez-Qui ! lança Abigail.
- Alors tenez ! Cadeau !

Grey leur lança le journal en riant et repartit dans le couloir en laissant la porte ouverte. Abigail la ferma vivement, et s'apprêtait à médire sur ces trois pestes, mais les visages de Rebecca, Neville et Heather la coupèrent dans son élan. Elle s'approcha inquiète et lu comme eux la une : Rogue avait été nommé directeur de Poudlard.

Heather savait que Rogue n'était pas à la solde de Voldemort, du moins, elle espérait que la mort de Dumbledore n'avait rien changé à ses allégeances. Mais ce qui la pétrifiait était de voir que Alecto Carrow allait se charger de l'Étude des moldus et Amycus Carrow de la Défense contre les forces du mal. Bref, les enfants sorciers allaient maintenant apprendre la chasse aux moldus et la magie noire.

Ils tiraient tous les quatre des têtes de six pieds de longs quand Ginny et Luna arrivèrent dans leur compartiment.
- Bonjour vous quatre, lança Ginny. Vous avez un peu de place pour nous deux ?
- On risque d'être serrés quand Timmy reviendra, dit Rebecca.
- Et bien comme ça, tu pourras coller ton Neville sans que ton petit frère trouve ça bizarre ! railla Abigail.
- Ah, au fait je l'ai croisé. T'as encore égaré Trevor, Neville ?
- Faut croire ! souffla Neville. Moi, ce qui me sidère, c'est que Heather et Abigail l'aient su avant moi.
- Oh ! fit Abigail. C'était pas très difficile, même Trelawney ne prendrait pas beaucoup de risques si elle devait prédire à n'importe quel moment que ton crapaud ficherait le camp dans la demi-heure.

Tous éclatèrent de rire, quand Trevor justement bondit depuis le filet à bagage jusque sur la tête de son maître, ce qui fit rire les autres encore plus fort. Timmy revint à ce moment-là et fut déçu de constater qu'il avait fouillé le train pour rien.
- Vous avez entendus pour la nomination de Rogue ? demanda Ginny quand les rires se turent. C'est un vrai scandale !
- Oui, répondit Rebecca, mais que veux-tu y faire… Vous-Savez-Qui a le pouvoir quasiment absolu maintenant en Grande Bretagne, il fallait bien s'attendre à quelque chose dans ce genre là.
- Je sens que cette année va être particulièrement pénible… dire que j'ai mes ASPICs à passer… se plaignit Neville.
- Oui, et nous nos BUSEs… ajouta Abigail. Mais bon… Heureusement tout n'est pas complètement noir…

Heather lui jeta une œillade furieuse. Dumbledore les avait fait jurer de ne rien dire. Abigail se mordit la langue lorsque Neville reprit.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Je vois mal comment ça pourrait être pire ?
- Eh bien, nous sommes tous là, et en bonne santé, se rattrapa la Serpentard.
- C'est vrai, dit Luna sur son habituel ton absent. Et puis les karminites ne laisseront pas les mangemorts tranquilles. Ils finiront tous tôt ou tard par payer leurs méfaits.
- Euh… les quoi ? demanda Timmy avant que Rebecca, Heather ou Ginny aient pu lui faire signe de se taire.
- Les karminites. On les confond facilement avec des fourmis, mais ils suivent toujours la même personne. Et pour chaque mauvaise action que la personne commet, le venin de la karminite qui le suit devient un peu plus toxique. Et personne ne peut savoir quand elle va vous mordre. Mais beaucoup de mages noires sont morts non pas à cause des sorciers qui les ont vaincus, mais parce qu'une karminite les avaient mordus. Bien sûr, le ministère réfute l'existence des karminites, mais comment expliquer alors la mort de mages noirs comme Ezechiel le fou en France au seizième siècle, Shang Tsung en chine au huitième siècle, Huitzilopochtli au quatorzième siècle en Amérique du sud ? Ils ont tous semé la terreur, et sont tous morts sans qu'on puisse l'expliquer.

Personne ne répondit. Mieux valait laisser croire à la jeune fille qu'elle les avait convaincus. Quant à Timmy, il avait visiblement cru tout ce qu'avait dit Luna, le blason de Serdaigle sur sa robe devant sans doute apporter du crédit à ses yeux.
- Quoi qu'il en soit… avec un peu de chance, cette situation ne durera pas, dit Heather.
- Oui ! Approuva Ginny. Une fois que Harry nous aura débarrassé de ce sagouin de Vous-Savez-Qui. La vie pourra reprendre son cours normal !

Le reste du voyage se passa dans un calme un peu tendu. Somme toute, les choses n'étaient pas si différentes. Le conducteur était toujours là pour annoncer l'approche de la gare de Pré-Au-Lard, les diligences tirées par les sombrals attendaient toujours les élèves, et ils remontèrent la même route que d'habitude jusqu'au domaine de Poudlard, à l'entrée duquel se dressaient toujours les deux colonnes surmontées de sangliers ailés. Et le château n'avait visiblement pas changé en deux mois. Ni à l'extérieur, ni à l'intérieur. Les élèves s'assirent à leur tables respectives, attendant l'arrivée des première année et la cérémonie de répartition.

***

Heather fut heureuse de constater la présence des professeurs Flitwick et Chourave. Les élèves pourraient au moins compter sur eux pour les protéger des Carrow. Ceux-là étaient assis à la gauche du professeur Slughorn et contemplaient les tables de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle avec des sourires qui ne dirent rien qui vaille à Heather. Enfin, ce qui intriguait le plus Heather, c'était la présence de Brittany à la table des professeurs. Elle avait visiblement obtenu ce qu'elle voulait, et cela n'augurait sans doute rien de bon.

Aux tables des différentes maisons, il manquait pas mal de monde : Dean Thomas, Justin Finch-Fletchey, ou Julia Robinson, qui était à Serdaigle dans l'année de Heather s'étaient bien évidemment vus refuser le droit de poursuivre leurs études, puisqu'il était de notoriété publique que leurs parents étaient moldus, mais il y avait aussi des enfants sang-mêlés qui manquaient à l'appel.

Au bout d'un moment, le professeur McGonagall arriva avec derrière elle la file des nouveaux élèves. Ils étaient moins nombreux que les années précédentes. Mais surtout, il y avait parmi eux des élèves plus âgés. Ceux qui sans doute avaient été éduqués par leurs parents, ou envoyés dans d'autres écoles de magie. Quant à Timmy, il semblait plus tranquille que les autres enfants de son âge, l'assurance, quelque soit la maison où il serait envoyé, d'avoir quelqu'un qui pourrait l'aider s'il avait des problèmes devant sans doute y être pour quelque chose.

Comme d'habitude, le Choixpeau fut placé sur le tabouret, et tous se turent pour l'écouter :

Approchez tous, venez me voir
Et sur vos têtes laissez-moi choir
Serdaigle, Poufsouffle, Gryffondor, Serpentard
Je choisirai pour vous quel étendard
Venez à moi petites têtes blondes
Ne perdons plus une seconde

Il y eut quelques applaudissement mesurés.
- Il n'a pas été très loquace cette année ! souligna inutilement Neville.
- Il doit être un peu dégoûté de ce qui arrive à cette école, souffla Seamus.
- Je crois plutôt que ce qu'il voudrait dire, il ne peut le faire ouvertement, ajouta Heather.
- Vous avez vus les nouveaux ? intervint Narasimban. Il y en a de tous les âges.
- Oui, dit Ginny. Ce doit être des élèves qui étaient scolarisés ailleurs… ou même qui n'étaient pas scolarisés du tout… mais je serais prête à parier que la plupart d'entre eux nous arrivent tout droit de Durmstrang.

Cette année, le Choixpeau semblait prendre plus de temps que d'habitude pour décider où envoyer les élèves. Certains passèrent près de deux minutes sur le tabouret, bien trop petit pour ceux qui entreraient directement en cinquième, sixième ou septième année. Et comme le craignait Heather, c'est à Serpentard que furent envoyés la plupart d'entre eux. Il y eut cependant une fille qui devait déjà être majeure qui fut envoyée à Serdaigle, deux garçons, l'un de l'âge de Heather, et l'autre qui devait être en deuxième ou troisième année qui furent envoyés à Poufsouffle, et enfin un garçon à l'air austère qui fut envoyé à Gryffondor. Alors qu'il ne restait plus que trois élèves, McGonagall appela :

- Timothy Swanson !
Timmy s'avança d'un pas un peu raide, mais sans réelle crainte. Le Choixpeau, comme pour nombre de nouveaux élèves, prit son temps, et fini par déclamer :
- SERDAIGLE !
La table en bleu applaudit et Timmy alla s'asseoir immédiatement à côté de Luna.

Quand le dernier élève, qui devait être en troisième ou quatrième année, fut envoyé à Serpentard, Rogue se leva et le silence le plus absolu se fit sans qu'il n'ait rien à dire.
- Bien… Comme vous pouvez le constater, on m'a confié la tâche ô combien délicate de succéder à notre regretté Albus Dumbledore au poste de directeur. Et je compte bien m'acquitter de cette tâche avec zèle. Vous aviez sans doute l'habitude que l'on vous passe beaucoup de choses, sachez que cette année, ce ne sera plus le cas. Les infractions au règlement de l'école seront sévèrement sanctionnées. Tout élève surpris à se promener dans les couloirs au-delà du couvre-feu se verra retirer cinquante points, et pourra également se voir soumis à d'autres punition. Il en va de même, avec des sanctions physiques, pour ceux qui seraient tentés de se rendre dans la Forêt Interdite.

L'annonce de sanctions physiques fit frissonner plusieurs élèves, et allongea l'air maussade qu'affichaient les Gryffondor des années supérieures.
- Je vais maintenant vous présenter les nouveaux membres du personnel. Tout d'abord, pour enseigner la Défense contre les forces du mal, nous avons le professeur Amycus Carrow. Le connaissant de longue date, je sais qu'il sera excellent à ce poste. J'espère que vous lui ferez un bon accueil. Pour remplacer le professeur Burbage à l'enseignement de l'Étude des moldus, veuillez accueillir le professeur Alecto Carrow, la sœur du professeur Amycus Carrow. D'ailleurs, notez tous que dorénavant, cette matière sera obligatoire pour tous les élèves de toutes les années. Enfin, vous noterez également le départ de monsieur Rusard qui a été jugé inapte a exercer ses fonctions de concierge. Le ministère a jugé que les elfes suffisaient amplement à l'entretient du château, et que pour se charger de faire respecter la discipline, il fallait une personne capable de maîtriser même des élèves majeurs et qu'un cracmol ne pouvait y parvenir. Ils ont donc nommé Ms Brittany Yaxley au tout nouveau poste d' exécutrice disciplinaire. Sachez que l'exécutrice disciplinaire a carte blanche pour appliquer toutes les sanctions qu'elle jugera utiles aux élèves pris en faute. Aussi je ne saurais trop vous conseiller de respecter scrupuleusement le règlement dont un exemplaire vous sera remis à tous demain matin, en même temps que vos emplois du temps. Bien, sûr ce, bienvenue à tous, et plus particulièrement à nos nouveaux élèves, et bon appétit !

Les plats apparurent sur la table, et les élèves commencèrent à manger, sans grand appétit cependant pour un bon nombre d'entre eux.

Quand le repas fut finit, Rogue convia tout le monde à regagner les dortoirs en silence. Et fût aussitôt obéit. Heather et Narasimban demandèrent à tous les nouveaux élèves de se regrouper vers eux, laissant les autres quitter la Grande Salle.
- Bien fit Ginny. Heather, tu fermes la marche avec Narasimban, Cole et moi on va au milieu, Parvati, Neville, vous ouvrirez la marche.

Ils montèrent à la salle commune de Gryffondor en suivant le même trajet que lors du premier jour de Heather à Poudlard. Mais Parvati et Neville le rendirent bien plus intéressant que ne l'avaient fait ceux qui étaient préfets à l'époque où Heather avait onze ans. Neville s'ingéniait à illustrer par l'exemple qu'il fallait éviter la marche dans l'escalier caché derrière la tenture du deuxième étage si l'on ne voulait pas avoir la jambe coincée. Parvati l'aida se libérer, et Heather fit taire les nouveaux.
- Oh y'a pas de quoi rire ! On verra bien d'ici la fin de la semaine combien d'entre vous se seront fait prendre.

Les petits cessèrent aussitôt de ricaner, mais les plus âgés gardaient malgré tout un sourire sous cape. Quand ils furent enfin arrivés dans la salle commune, Ginny et son homologue masculin indiquèrent les dortoirs de chaque année, en précisant s'il fallait descendre ou monter les étages. Et tous allèrent se coucher. Heather constata que Romilda Vane et les trois autres filles de sa chambrée étaient toutes déjà en pyjama.
- Alors, contente de ton insigne de préfète ? lança la brune avec morgue.
- Assez oui.
- Je ne comprends pas comment on a pu la confier à quelqu'un comme toi qui…
- Sans doute a-t-on pensé que je n'abuserai pas de l'autorité que cela me confère, tout en sachant me faire respecter par ceux à qui ça ne plairait pas, la coupa Heather.
- Comment oses-tu…
- Elle a raison et tu le sais très bien Romilda, coupa Lucy Farmer. Bonsoir Heather, comment vas-tu ?
- Bien merci, et toi Lucy ? répondit Heather en lui faisant la bise, ignorant royalement Romilda qui se précipita dans son lit et tira les pans de son baldaquin.
- On fait aller. Heureusement que ma mère a pu justifier de trois générations de sorciers avant elle, sinon, j'aurais pas pu revenir à l'école, car on lui aurait pris sa baguette, et la mienne par la même occasion. C'est ce qui est arrivé à pas mal de monde. Même parmi les préfets. Sur les quatre qui étaient là l'an dernier, il n'y en a plus qu'un cette année. Mais je me demande pourquoi Weasley n'est pas là.
- Mais elle est là ! répondit Heather sachant pertinemment que Lucy parlait de Ron.

Elle rit quand Lucy tomba dans le panneau, et lui expliqua qu'il avait attrapé une forme très grave d'éclabouille. Lucy eût une moue dégoûtée et souhaita bonne nuit à Heather, puis toutes les deux se couchèrent, et Heather éteignit les torches d'un coup de baguette magique, avec une pensée pour tout ceux qui ne pouvaient plus en faire autant depuis cet été.