NDLA :
Bonjour tout le monde ! Pour Noël, voici un petit cadeau pour vous, un nouveau chapitre de Heather Wright. Mais avcant, une petite RAR histoire de vous donner les réponses, ou du moins les explications, aux questions que j'ai posées lundi :
Déja, pour les cinq premières questions... vous vou doutez bien que je n'y répondrais pas. Ou du moins, que vous n'aurez la réponse qu'en lisant ^^. Celà dit, mention spéciale à Lyra pour sa réponse à la question 4 (Que mijote Yaxley ? - Un bon petit plat)
Pour ce qui est des sentiments de Vane pour Lord, étant donné que je n'en ferais plus vraiment mention, je peux vous dire que certes, entre eux deux ce n'est pas le vrai, le grand amour. Néanmoins, ils ont des sentiments amoureux l'un pour l'autre, et l'envoi du garçon à Azkaban a tout de même touché Romilda. C'est plus par dépit qu'elle a agressé Heather en début d'année, frustrée que Lord ait été envoyé en prison alors qu'elle l'appréciait, et que Heather y ait échappé.
7) Entre Amycus Carrow, Argus Rusard, et Willy, l'orque du film qui porte son nom, lequel à l'haleine la plus fétide ? Bravo encore à Lyra et aussi à Eliane, c'est Bien Rusard qui pue le plus de la gueule. Talonné de près par Amycus.
8) A quoi ressemblait le doudou de Drago et dort-il toujours avec ? Je dois dire que quand j'ai imagine cette question, je pensais à un bout de chiffon avec une boule pour faire la tête, et la tête ayant un gros nez crochu, des canines de vampires, et des cheveux noirs encadrant le visage. Et bien sûr, Lucius lui a retiré ce doudou alors que Drago n'avait que 16 mois. C'est pour ça qu'il s'est pris d'affection pour Rogue dans les premières années, mais que en 6è année, il s'est mis à se défier de son professeur ! Mais vos diverses réponses m'ont bien fait rire aussi.
9) Combien de sorciers faut-il pour changer une ampoule ? Bon, évidemment n'ont pas d'ampoules, mais dans l'hypothèse où ils se trouveraient dans une maison moldu, il en faudrait 3 : un pour remarquer qu'elle est cassée, un pour comprendre à quoi ça sert, et un troisième pour lancer un sortilège pour la réparer !
10) les feux de l'amour version tableaux de poudlard ^^ Toutes vs réponses sont valables. Non Emihawk, Violette est la vieille dame dont le tableau est dans l'antichambre derrière la Grande Salle.
11 ) Pourquoi Rogue a-t-il choisi des ingrédients de potions pour ses mots de passe ? Cela aurait été bien plus malin s'il avait choisi des noms de bisounours ! En fait, cette réflexion m'est venue en repensant à une fic parodique que j'avais lue où Voldemort organisait un bal costumé pour ses mangemorts et lui et Rogue venaient tous deux déguisés en Bisounours (je crois d'ailleurs que c'était une songfic basée sur le générique de Bisounours)
12) Quel est l'âge du capitaine ? Alors cette question, apparemment, personne n'a compris d'où elle venait (sauf peut-être Emihawk, mais comme elle a pas développé je suis pas certain. En fait ça vient d'un problème posé par Gustave Flaubert dans une lettre à sa soeur Caroline en 1843 : Puisque tu fais de la géométrie et de la trigonométrie, je vais te donner un problème : Un navire est en mer, il est parti de Boston chargé de coton, il jauge 200 tonneaux, il fait voile vers Le Havre, le grand mât est cassé, il y a un mousse sur le gaillard d'avant, les passagers sont au nombre de douze, le vent souffle NNE, l'horloge marque trois heures un quart d'après-midi, on est au mois de mai ... On demande l'âge du capitaine. Depuis, le problème a été repris à toute les sauces, mais à chaque fois, celà consiste a donner des informations diverses, sans qu'aucune n'ait un rapport avec la question finale : Quel est l'âge du capitaine ? A, et pour Louwyn qui a soulevé la question, en fait j'ai 26 ans.
13) Au cours de quel événement historique fut créé le pancake ? Bravo à Lyra, et dans une moindre mesure à Auctor, qui ont reconnus la dernière question de la parodie de Gad Elmaleh : "Qui veut gagnger de l'argent en masse ?" Les propositions étaient "A : En 1618 pendant la guerre des croissants au beurre. B : En 1702, pendant le massacre de la Saint Panini. C : En 112 avant Céline Dion, pendant la prise de la brioche. D : La réponse D" Techniquement, il n'y a aucune bonne réponse, puisque le moit'-moit' puis le super moit'-moit' ont supprimé les 4 réponses. Cependant, je tiens à dire à Lyra que je pense comme elle, la réponse était sans doute en 112 avant Céline. Mais il me reste une question à lui poser : Lyra : est-ce que c'est votre ultime bafouille ? Sinon, merci à Eliane pour son complément culturel sur l'histoire de ces petites galettes, et Louwyn, je suis tout à fait de ton avis.
14) Et Bravo à tout le monde, sauf Auctor, pour ne pas s'être laissé piéger. Il y avait bien 14 questions.
8
Dans le nid de vipères
Le bureau des préfets se trouvait au sixième étage, juste au-dessus de la salle de bain des préfets, et à l'opposé de la salle de la Dame Bleue. En fait, il était impossible de se rendre du tableau de la Dame Bleue à la salle des préfets sans être obligé à un moment ou à un autre de changer d'étage, pour revenir au sixième plus loin. Ce n'était pas plus mal, car ça diminuait grandement les chances qu'un préfet, en chef ou pas, vienne les déranger dans leur salle secrète.
La pièce était d'une taille comparable à la salle de Potions, qui était l'une des salles de classe les plus grandes. Il y avait des bureaux très simples, clairement séparés en quatre secteurs, pour les quatre maisons. Il y en avait bien sûr six par maison, sauf chez les Serdaigle et les Poufsouffle où il n'y en avait que cinq. Au fond de la pièce, il y avait un cabinet avec deux portes, qui donnaient sur les bureaux du préfet et de la préfète en chef. Les autres nouveaux préfets étaient déjà tous là, et Heather et Abigail allèrent les rejoindre. Padma et Ernie n'attendaient visiblement plus qu'elles pour commencer.
- Bienvenue dans le bureau des préfets, dit Ernie. Si vous avez pris la peine de lire le parchemin que l'on vous a remis dans le train, vous savez déjà que vous devez passer ici au moins deux fois par jour : avant le début des cours, et après le repas du soir. Vous pourrez y trouver des mots venant des professeurs ou des autres préfets. C'est ici que vous devrez venir pour préparer les conseils de classe et essayer de résoudre les problèmes de disciplines, notamment ceux concernant des élèves de différentes maisons, s'il y en a qui se présentent.
On sentait bien dans la voix du Poufsouffle qu'il n'avait guère de doute sur le fait qu'il y aurait effectivement des problèmes entre élèves de différentes maisons.
- Vous disposez chacun d'un bureau à votre nom, d'un organigramme présentant les emplois du temps des sept classes de votre maison, ainsi que d'un trombinoscope des élèves de votre maison, continua-t-il. Ainsi vous n'aurez aucune excuse pour ne pas remettre un message lorsqu'on vous demandera de jouer les coursiers.
Ernie se mangea un léger coup de coude de Padma.
- Bien sûr, vous avez aussi un carnet de notes, où vous pourrez et devrez répertorier tous les manquements au règlement que vous aurez pu constater ainsi que les problèmes dont les élèves pourraient vous parler. Tous les mois, il vous sera demandé de faire une synthèse des faits ou remarques importantes qui vous seront venues à l'esprit rapport à tout ce que vous aurez pu noter dans ces carnets, et de les faire parvenir au directeur de votre maison.
Quand les préfets en chef eurent donné toutes leurs directives, les nouveaux préfets purent prendre possession de leur nouveau bureau. Observant, pour certains attentivement, pour d'autres plus subrepticement les organigrammes et trombinoscopes à leur disposition. Abigail s'attarda particulièrement sur les visages des nouveaux Serpentard, repérant ceux qu'il valait mieux éviter et ceux avec qui elle devrait essayer de prendre contact.
L'heure du repas approchait, et déjà les premiers d'entre eux quittaient la pièce pour se rendre à la Grande Salle. Abigail se leva et attendit dans le couloir que Heather la rejoigne.
- J'ai l'impression qu'entre tous les devoirs qu'on va avoir à faire et notre travail de préfètes, on ne va pas avoir beaucoup de temps à nous, lâcha-t-elle tristement alors qu'elles descendaient les escaliers main dans la main.
- En semaine, effectivement ça va être dur. Mais au moins, on aura les week-end, répondit Heather avec philosophie.
- Et tu crois que je m'en contenterai ? demanda Abigail avec un sourire prédateur.
- Il va bien fall…
Heather n'avait pas fini sa phrase que Abigail la poussait dans une salle de classe vide, lançant un collaporta pour s'assurer d'être tranquille avant d'embrasser la belle rousse avec passion.
- Rah ! Ces Serpentard ! souffla Heather une fois que Abigail eut relâché son étreinte.
- Comme si ça t'avait déplu ! répliqua Abigail.
- Certes non… mais la prochaine fois, préviens-moi, ça fait deux fois en une journée que tu me fais le coup je te signale.
- Que veux-tu… ce n'est pas ma faute si tu es irrésistible.
- Vile tentative de corruption, siffla Heather entre ses dents.
- Et… ça marche ?
Pour toute réponse, Heather lui offrit un baiser tout aussi fougueux que celui qu'elles venaient de partager.
***
Elles arrivèrent à la Grande Salle un bon quart d'heure après le début du repas. Personne cependant ne sembla s'en formaliser, mis à part peut-être Padma Patil. Il ne restait plus guère de place à la table verte et argent, et Abigail dut s'installer un peu trop près à son goût des autres filles de son dortoir. Cependant, elle se retrouvait ainsi à une place de Melany Mulciber. La jeune fille était plutôt discrète dans son attitude, mais ne passait pas vraiment inaperçue à la table de Serpentard. Elle affichait en effet des cheveux d'un roux "made in Weasley" et un visage presque aussi constellé de tâches de rousseur que Ron, ce qui n'était pas peu dire. Elle avait attaché ses cheveux en tresses et semblait profondément absorbée par le contenu de son assiette.
- Hey ! Carpenter ! lança la voix tant haïe d'Enola Grey. C'est pas parce que t'es préfète qu'il faut te croire tout permis ! Qu'est-ce que tu pouvais bien faire avec Wright pour être aussi longue ?
Elle semblait sous-entendre quelque chose. Mais à moins que Vane n'en ait parlé, la plupart des gens dans cette école ne pouvaient pas être au courant de leur relation. Si sa camarade de chambrée pensait que la gêne la pousserait à se trahir d'elle-même, elle en serait pour ses frais.
- Je vais laisser travailler ton imagination Grey. Il paraît qu'elle est plutôt fertile.
- Moi ce que j'en dis ! contra Grey. Je voudrais juste éviter qu'une préfète de Serpentard soit prise en train de faire des choses répréhensibles.
- Dans ce cas tu n'as pas à t'en faire, renvoya Abigail qui comprenait alors que Grey faisait allusion à un mauvais coup. Ce que nous faisons Heather et moi n'est absolument pas interdit dans le règlement.
- Oh ! Mais le règlement pourrait changer très bientôt ! intervint Malefoy, assis un peu plus loin que Grey.
- Ça ! Je n'en doute pas. Mais il faudra alors que tu te montres très prudent, toi qui es toujours à "fouiner" à droite et à gauche.
- Oh ! De ce côté-là, je ne crains plus grand chose. Cette année les professeurs ne font plus partie des adorateurs de Potter.
- Non, c'est le moins qu'on puisse dire. Ils préfèrent adorer quelqu'un d'autre, mais je trouve leur choix discutable.
- Tu ferais bien de tenir ta langue ! lança alors d'une voix dure Thorben Rowle.
Celui-là semblait bâti sur le même modèle que Crabbe et Goyle, mais il avait dans les yeux quelque chose qui fit frémir Abigail bien malgré elle. Au contraire des deux malabars de Malefoy, il ne se contentait pas de jouer les méchants. Il était véritablement dangereux.
- Mais je n'ai rien dit de "répréhensible", à ce que je sache.
Elle lui adressa un sourire qu'elle dût un peu forcer. Mais il était hors de question de lui laisser croire que sa menace avait pu l'impressionner. Du coin de l'œil, elle observa la jeune Melany Mulciber et constata qu'elle n'avait pas perdu une miette de l'échange.
***
Abigail passa le temps qui lui restait avant le couvre-feu à faire le devoir d'histoire de la magie, avec l'aide de Becky qui avait le même. Elle aurait préféré passer ce temps en tête à tête avec Heather, mais cette dernière avait raison. Si elles voulaient pouvoir profiter de leur week-end, il fallait au plus vite boucler tous les devoirs qu'on leur donnerait.
L'heure du couvre-feu venue, Abigail se dirigea un peu à contrecœur vers sa salle commune, rappelant à l'ordre quelques retardataires qu'elle croisa en chemin, qu'ils soient de sa maison ou d'une autre.
A l'intérieur des quartiers de Serpentard, l'ambiance n'était pas des plus plaisantes. Abigail avait l'impression d'être Dorothy dans la cité d'émeraude. Les flammes magiques projetaient une lueur verte contre les murs de pierre et on n'y voyait pas franchement plus clair. Comme tout dans la pièce était déjà en nuances de vert ou de gris, il était même parfois difficile de distinguer la silhouette d'un pouf du tapis qui se trouvait derrière ledit pouf. Malefoy et sa clique étaient installés face à la cheminée, et avaient réquisitionné les fauteuils les plus confortables. Grossière erreur stratégique de tourner ainsi le dos à l'entrée.
Abigail en eut un léger sourire qui s'effaça bien vite quand elle s'aperçut que Zabini, sous le couvert de faire ses devoirs, surveillait l'ensemble de la salle, assis à une table dans un coin.
- Tiens ! Voici notre préfète ! lança Grey d'un ton frondeur. Inclinez-vous mes amies !
- Non merci ! répliqua Abigail. Vous pourriez toucher mes chaussures en vous courbant, et je n'ai guère envie de passer la nuit à les nettoyer !
- Je serais toi, Carpenter, j'éviterais de fanfaronner une fois que tu es dans cette salle, il pourrait t'arriver des bricoles, menaça Hornet en tapotant sa baguette contre la paume de sa main.
- Tu crois vraiment ça ! intervint McComb, le préfet de sixième année.
- McComb, je serais toi j'éviterais de m'en mêler, lança Malefoy en décochant un sortilège de sommation qui s'écrasa aux pieds du préfet. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, les choses changent. Bientôt, ceux qui ne jureront pas allégeance au Seigneur des Ténèbres n'auront plus qu'à servir de cobayes pour les cours pratiques du professeur Amycus Carrow.
- Et il serait temps que toi, tu te rendes compte que le "professeur Amycus Carrow" n'hésitera pas à jouer du Doloris sur le fils d'un mangemort en disgrâce qui n'a même pas réussi à reprendre une boule de verre à un groupe de gamins, renvoya Abigail.
- Tu vas…
- Elle n'a pas tort Malefoy ! lança Rowle. Tu ferais bien de faire attention quand tu parles du maître. N'oublies pas qu'officiellement, il est toujours recherché.. même s'il n'est plus l'ennemi public numéro un.
- Tu as raison Rowle. Mais ne t'inquiètes pas, je sais tenir ma langue en dehors de ces murs.
- Au besoin, je pourrais t'aider à la tenir, lança Abigail. Maintenant, si vous permettez, j'aimerais regagner ma chambre.
Dans le couloir menant aux chambres des filles, Melany Mulciber était adossée au mur.
- Tu manques pas de cran pour tenir ainsi tête à deux fils de mangemorts.
- Malefoy n'est qu'un couard qui a sans doute bien plus peur de Tu-Sais-Qui que moi. Rowle, je ne le connais pas encore assez.
- S'il est comme son père, tu ferais mieux de ne pas trop le titiller.
- Moui… mais c'est tellement tentant de leur mettre le nez dans leur propre merde de temps en temps. Bon, tu m'excuseras, mais je suis vannée.
- Bonne nuit…Carpenter c'est ça ? Je crois qu'on deviendra de bonnes amies.
- Au fait Mulciber… ton nom me dit quelque chose…
- Tu as dû le lire dans les journaux l'année dernière. Mon oncle est mort au ministère. Il faisait partie des mangemorts qui s'étaient introduits au département des mystères.
- C'est bien ce qui me semblait… Tu sais que je suis très proche de la fille qui lui a fait ça ?
- Alors c'est encore mieux ! J'aimerais pouvoir la remercier, tu nous présenteras.
Chez beaucoup de Serpentard, une telle affirmation aurait été lourde de menaces sous-entendues, pourtant, tout ce que Abigail décelait dans la voix de la jeune fille, c'était de l'enthousiasme.
Abigail alla dans sa chambre, se dépêcha de se déshabiller, puis marmonna quelques incantations. L'espace d'un instant, une bulle bleue translucide brilla autour de son lit, puis elle disparut.
Depuis le coup des serpents, Abigail avait en effet pris l'habitude de protéger son sommeil d'un charme de protection semblable à celui qui protégeait l'enceinte de Poudlard. Bien sûr, il était bien moins puissant, et les premiers temps, le simple fait de le mettre en place l'épuisait tant qu'elle s'endormait dans les secondes qui suivaient. Maintenant, ça allait un peu mieux, mais elle se sentait malgré tout vidée. Elle s'allongea et s'endormit dans la sérénité.
***
Le lendemain matin, elle émergea d'un rêve torride en serrant son oreiller contre elle. Heureusement que les rideaux du baldaquin étaient tirés et que les autres filles du dortoir ne pouvaient pas l'atteindre de l'extérieur, sinon elle aurait encore eu droit à des remarques mesquines de Grey. Non pas que ça la dérange, elle avait quelques répliques en réserve pour le cas où, mais elle ne voulait pas gâcher toutes ses munitions dès le début de l'année. Elle repoussa son oreiller, dépitée que ce ne fut pas Heather dans ses bras, retira le sort de protection et ouvrit les rideaux de son baldaquin pour s'habiller. Grey était sous la douche et les deux autres n'attendaient visiblement plus que leur cheftaine. Elles lancèrent un regard mauvais à Abigail qui décida de leur répondre d'un grand sourire. Après tout, la journée n'avait pas si mal commencée, puisqu'elle avait rêvé de Heather. Et elle n'était pas disposée à les laisser la gâcher. Dès qu'elle fut habillée, elle quitta la chambre, non sans avoir réinstallé le sortilège de protection histoire de ne pas avoir de mauvaise surprise à son retour. Elle traversa la salle commune en baillant et se dirigea machinalement vers le rez-de-chaussée.
- Carpenter ! Attends !
Abigail se retourna pour voir arriver Melany Mulciber.
- Tu veux bien petit-déjeuner avec moi ? demanda la rouquine.
- Ma foi, si tu n'as pas peur que les adeptes de Tu-Sais-Qui te voient avec moi, répondit Abigail laconiquement.
- Alors ça, je m'en fiche comme de l'an quarante ! Au contraire ! Si j'ai pris cette couleur de cheveux et ces tâches de rousseurs, c'est pour qu'ils sachent que je me sens plus Weasley que Mulciber.
- Mais ça pourrait t'attirer des ennuis.
- Je les attends ces raclures de fond de chaudron ! Il verront de quel bois je m'chauffe ! J'étais déjà la tête de turc l'an dernier à Durmstrang… Je suis parée à tout maintenant.
Abigail sourit. Au moins, elle n'avait pas froid aux yeux.
- Et tu es métamorphomage ?
- Oh, non ! Mais à Durmstrang, on étudie les métamorphoses humaines assez tôt. Certains sorciers trouvent désopilant d'en changer d'autres en animaux. Alors dès que j'en ai été capable, j'ai changé l'apparence de mon visage. Le hic, c'est que je dois répéter le sortilège tous les jours.
Quand elles arrivèrent dans le hall, Abigail lui proposa d'aller garder des places à table, qu'elle restait ici pour attendre une amie.
- Celle qui a tué mon oncle ?
- Euh… Effectivement, mais…
- Super, alors je reste avec toi !
Heather arriva quelques minutes plus tard, elle était en pleine discussion avec un garçon aux longs cheveux noirs. Ils semblait très complices et Abigail n'apprécia que moyennement la chose.
- Bonjour ! fit-elle d'un ton un peu brusque en allant à leur rencontre. Tu nous présentes ?
- Je peux le faire, aussi ! s'empressa d'intervenir Mulciber. Carpenter, voici, Lance Gleeson, il était en cinquième année à Durmstrang l'année dernière, et il a souvent pris ma défense quand d'autres élèves s'en prenaient à moi. Lance, je te présente Abigail Carpenter.
- Enchanté, répondit le jeune homme avec un sourire charmeur et en faisant un baise-main à Abigail. Décidément, cette école est pleine de jolies filles. Je ne vais plus savoir où donner de la tête.
- Je vois que vous avez fait connaissance ? lança Abigail à destination de son amante.
- Oui. Lance avait un peu de mal à retrouver le chemin de la Grande Salle.
- Ça, ça m'étonne pas, intervint Mulciber. A Durmstrang, ou tout est pourtant organisé de façon très géométrique, il arrivait quand même à se perdre, alors dans un château labyrinthique comme celui-là…
- En tout cas, si t'as encore besoin d'un guide, n'hésite pas à me demander, dit Heather d'un ton enjoué. Personne ne connaît Poudlard mieux que moi et Abby.
- Merci ! Vous venez manger ? proposa-t-il en tendant un bras à Heather et l'autre à Abigail.
- Non merci… je voudrais parler un peu à Heather seule à seule.
Les deux transfuges de Durmstrang entrèrent donc dans la Grande Salle tandis que les deux préfètes se dirigèrent vers le couloir qui contournait la Grande Salle en passant sous l'escalier de marbre. Il y avait en général très peu de passage à cet endroit.
- Bonjour mon amour, dit Heather à Abigail en l'embrassant sitôt qu'elles furent à l'abri des regards.
Abigail ne lui rendit pas son baiser.
- Tu avais l'air de bien t'entendre avec ce Gleeson.
- Oui, il a beaucoup d'humour… Il me fait un peu penser aux jumeaux.
- Il y a plus que ça non ? renvoya Abigail de plus en plus froide "Si t'as besoin d'un guide, n'hésite pas à demander" singea-t-elle en prenant une voix de crécelle et en battant des paupières.
Heather resta une seconde et demi la bouche ouverte et les yeux écarquillés.
- Mais… Abby… Tu es jalouse ?
- Non, je ne suis pas jalouse ! mentit-elle effrontément. Mais si tu préfères revenir vers les garçons, j'aimerais assez en être informée la première.
Heather afficha un large sourire made in "Maraudeuses".
- Oh si, tu es jalouse ! répéta-t-elle en entourant la Serpentard de ses bras. Tu sais pourtant que je t'aime, ajouta-t-elle avant de lui donner un doux baiser. Après cet été, je ne vois pas comment tu peux encore en douter.
- Je… commença-t-elle sans trop savoir quoi répliquer. Excuse-moi, lâcha-t-elle finalement dans un souffle. Je sais que c'est idiot… mais quand je t'ai vue avec lui… j'ai pas pu m'empêcher de prendre la mouche… je sais pas si c'est à cause des prises de bec avec Grey ou à cause du rêve que j'ai fait…
- Quel rêve ? demanda Heather.
- Oh… rien d'important… éluda Abigail en se sentant rougir jusqu'aux oreilles. Tu viens… on va pas avoir le temps de manger…
- Quel rêve ? insista Heather.
Vaincue, Abigail revint dans les bras de son amante.
- Tu vois ce qu'on a fait cet été… Et ben à côté de mon rêve, c'était du soft.
- Et ça t'as mise de mauvaise humeur parce que…
- Parce que c'était pas vrai tiens !
- Ah Abby… si t'existais pas, il faudrait t'inventer. Allez embrasse-moi idiote !
Abby ne se fit pas prier et scella avec délice la réconciliation.
***
Pendant le petit déjeuner, les nouvelles de la Gazette créèrent une certaine agitation aux différentes tables. Abigail demanda son exemplaire à Daniel Doge. Elle comprit immédiatement la raison du brouhaha général en lisant la une.
DES TERRORISTES AU MINISTERE
Hier matin, trois personnes se sont infiltrées au ministère en usurpant l'identité de trois employés. Ils ont dérangé une séance d'entretien de la Commission d'enregistrement des "nés-moldus" et ont aidé une dizaine de "nés-moldus" qui auraient dû être jugés pour vol de baguette et enfermés à Azkaban à fuir le ministère. Ils ont sauvagement attaqué Dolorès Jane Ombrage qui dirigeait la séance, ainsi que Charon Yaxley qui la secondait. Ils ont ensuite conduit les personnes interpellées à l'atrium pour les aider à fuir. Reginald Cattermole, suspecté d'avoir maille à partir avec les terroristes – l'un des trois énergumènes ayant pris son apparence – a été interrogé et envoyé à Azkaban après avoir nié savoir ce qui s'était passé.
Les terroristes ont réussi à échapper à Charon Yaxley alors qu'ils les avait suivis une première fois dans un transplanage l'ayant conduit au 12, Square Grimmaurd à Londres, lieu supposé servir de base a des anarchistes contre lesquels le ministère avait déjà eu maille à partir ces deux dernières années. Il est à rappeler qu'il s'agissait là de la propriété de Sirius Black, le criminel de sinistre mémoire.
Nous ne pouvons que nous indigner devant…
Abigail eut un sourire. Savoir que dehors, Potter, Weasley et Granger continuaient de mettre des bâtons dans les roues des mangemorts était rassurant. Elle s'imagina déjà, elle et Heather, menant la rébellion au sein même de Poudlard. Après un petit déjeuner en coup de vent Heather et elle discutèrent de l'évasion des nés-moldus au ministère. Heather aussi avait bien compris que son frère était là-dessous, par contre, elle ne voyait pas pourquoi il avait tenté une telle action. C'était risqué, et somme toute, pas des plus utiles. Elle se séparèrent sur un baiser discret donné dans un couloir désert avant de se rendre à leurs cours respectifs.
Abigail sortit sous une bruine faible mais qui devait tomber depuis quelques heures déjà car le sol du chemin menant aux serres était déjà bien humide.
Comme les trois professeurs qu'elle avait eus la veille, Mrs Chourave fit un petit discours sur l'importance des BUSEs pour la suite des études, puis elle passa directement à la pratique. Abigail fit équipe avec Emily Montgomery qui se renseigna sur une reprise possible du Club de Duel.
- Tu peux toujours demander à Yaxley, mais à mon avis, il ne faut pas trop y compter.
- J'enrage que ces assassins puissent se balader en liberté ! pesta la Serdaigle. Si jamais je me retrouve face à cette ordure de Greyback, je…
- Crois-moi, il vaut mieux que tu ne te retrouves pas face à lui. Je sais que tu voudrais venger ton frère, mais j'ai vu ce qu'il a fait à l'aîné des Weasley… et il n'était pas transformé. C'est un type dangereux. Mieux vaut se tenir loin de lui.
- Tu as peut-être raison mais… Si je pouvais… rien qu'un petit Avada…
- Je sais… et tu n'es sans doute pas la seule que ça démange. Mais pour l'instant tu es à Poudlard, et tu ne peux rien faire contre lui. Alors concentre toi sur la plante s'il te plait, que je récupère son pollen.
- Oui, excuse-moi ! dit la Serdaigle, comme gênée soudain de s'être emportée.
- Tu n'as pas à t'excuser.. je te l'ai dit, je comprends très bien.
La Serdaigle lui sourit et retint les tentacules de la plante qu'elles étudiaient pendant que Abigail prélevait le pollen.
***
A la fin du cours, Abigail s'empressa d'aller à la rencontre de Heather. La discussion avec Montgomery lui avait rappelé que Heather avait cours avec Amycus Carrow. Et s'il racontait la même chose que ce qu'il avait dit la veille aux Serpentard, elle craignait que Heather ne se laisse emporter.
Il leur avait dit sa répugnance pour l'ancien programme qui visait à faire croire que "l'art noir" comme il l'appelait était une chose mauvaise et qu'il fallait mettre au ban de la société ceux qui s'en servaient. Il avait expliqué que l'art noir était un moyen comme un autre d'obtenir ce que l'on voulait, et que puisque les sorciers en avaient la capacité, il n'y avait pas de raison pour qu'ils s'en privent.
Quand elle croisa, sur la route de la salle de Défense contre les forces du mal, Romilda Vane et son amie qui pouffaient de rire, elle sentit son estomac se contracter.
- Ah ! Carpenter. J'ai l'impression que ton amie Heather va écoper de sa première retenue.
Ses craintes se confirmaient. Elle se précipita vers la salle de classe. Elle allait poser la main sur la poignée quand la porte s'ouvrit violemment sur Heather, rouge de rage, et les larmes aux yeux.
- Pas un mot ! dit-elle impérative avant de prendre la main d'Abigail et de l'entraîner jusqu'à une salle de classe inusitée, à l'étage du dessous.
Là, elle tira sa baguette et envoya d'un seul geste toutes les tables se fracasser contre le mur du fond.
- Quel enfoiré ! ragea-t-elle en allant cogner du poing contre le bureau du professeur. Je le hais, je le hais, je le hais ! pleura-t-elle en martelant le bureau au rythme de ses imprécations.
Abigail ne savait pas trop quoi faire, mais quand la colère de Heather s'estompa d'elle-même, elle alla prendre son amie dans ses bras.
- Qu'est-ce qu'il…
- Ce salopard a osé dire que… et quand j'ai dit qu'il avait tort…
- Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda Abigail inquiète.
- Il m'a interdite de Quidditch.
Abigail souffla.
- Allez, calme-toi. C'est pas la fin du monde. Tu verras.. On va se venger de tout ce que ces ordures de mangemorts pourront nous faire. Dès ce soir, on se réunit avec Becky en conseil de guerre. Mais surtout, il faut éviter de s'opposer directement à eux. Ils auraient beau jeu de nous punir à cause de ça.
Heather sécha ses larmes.
- Heureusement que je t'ai Abby. Parce que sinon...
La Serpentard embrassa son amie pour la réconforter.
- Dites ! Y en a qui voudraient pouvoir bouder tranq… Oh ! Oh ! Mais voilà de l'inédit dans ce château ! Et deux préfètes en plus !
- Peeves ! Je me disais justement qu'on t'avait pas beaucoup vu pour cette rentrée, dit Abigail.
- Moui… sans Rusard c'est pas pareil. Mais là… ce que vous m'offrez c'est…
- Oubliettes !
L'esprit frappeur eut le regard vide l'espace d'une seconde.
- Qu'est-ce que je disais déjà ? demanda-t-il dès qu'il eut retrouvé ses esprits.
- Que tu ne pouvais plus t'amuser sans Rusard. Mais tu sais.. il y a des tas de nouveaux élèves à embêter… Mais là où tu ferais fort, ce serait de faire une bonne blague au professeur Amycus Carrow, dit Abigail.
- Tu te crois drôle ? La magie, ça fonctionne peut-être pas contre un fantôme normal, mais contre un esprit frappeur c'est pas pareil… et franchement… celui-là je préfère ne pas le vexer.
- Bah… Moi je suis certaine que c'est pas ça qui aurait arrêté Fred et George Weasley, provoqua Heather.
- Moui… C'est vrai… mais ces deux-là font parfois preuve d'inconscience. De vrais Gryffondor en somme.
- En tout cas, les Maraudeuses trouveront bien le moyen de rire à ses dépends. Et d'ailleurs pourquoi pas aussi à ceux de sa petite sœur, du nouveau directeur et de l'exécutrice disciplinaire tant qu'à faire, rajouta Abigail.
- Même pas cap' ! lança l'esprit frappeur.
- Tu verras bien ! sourit Heather. Bon, c'est pas tout ça mais notre cours de Potions ne va pas tarder.
Les deux filles quittèrent la salle de classe abandonnée et soufflèrent.
- Heureusement que tu savais que la magie marchait sur les esprits frappeurs, dit Heather.
- Je n'en savais rien. J'ai juste réagit d'instinct. Maintenant on le sait.
Les deux filles sourirent et se dirigèrent vers les cachots.
***
Le professeur Slughorn commença son cours, lui aussi, par un message sur l'importance des BUSEs, ponctué par un mot de mise en garde contre les deux Carrow. Puis, le cours à proprement parlé commença. Il n'avait cette année préparé aucun chaudron dont il demandait le contenu. Il avait exposé une dizaine d'ingrédients sur son bureau et demanda aux élèves de lui indiquer l'ingrédient principal de potions qu'ils ne verraient que dans le courant de l'année. Abigail répondit juste les quatre fois et obtint vingt points pour Serpentard. Puis, comme l'année précédente, il proposa aux élèves de s'essayer tout de suite à une nouvelle potion, en promettant à l'élève qui obtiendrait le meilleur résultat de lui offrir, dans les dix ingrédients exposés, celui de son choix.
Abigail s'appliqua suivre les directives. Quand elle avait quelques secondes, elle jetait des coups d'œil aux autres, ou discutait avec Heather, si cela ne la dérangeait pas dans sa préparation.
- Tu crois qu'il continue à suivre les indications de Rogue ?
- Mmmh… Sais pas… J'ai pas l'impression… Ça manque de petits détails comme les touillages dans un sens et un ordre bien précis.
A la moitié de l'heure, Abigail avait pratiquement terminé, il ne restait plus qu'à laisser mijoter pendant vingt minutes avant de couper la flamme et de rajouter de la poudre de gypse. Heather avait encore trois manipulations à faire avant d'arriver à ce stade, et la plupart des autres élèves étaient affairés. Seul un garçon de Serpentard était également attentif aux autres, pas pour voir où ils en étaient, mais pour reproduire leurs gestes. Abigail pouvait cependant dire que d'après la couleur et le bouillonnement de sa potion que soit il n'avait pas choisi les bonnes personnes sur qui copier, soit il avait mal copié.
Slughorn quitta son bureau pour voir comment les élèves se débrouillaient.
- Excellent Ms Carpenter comme toujours ! la gratifia-t-il en voyant sa mixture frémir. Ms Wright… attention à ne pas trop monter la flamme.
Il corrigea deux ou trois élèves avant d'arriver au chaudron du copieur mal inspiré.
- Ouh là ! Qu'est-ce que vous nous avez fait Monsieur Foley ? Ça ne devrait pas du tout…
Slughorn n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une grosse bulle éclata et aspergea Montague, assise juste devant, et qui n'avait pu esquiver, tournant le dos pour se concentrer sur son chaudron. Elle n'eut pas le temps de se demander ce qui était tombé sur sa tête que toute la classe explosa de rire. Un petit gazon, parsemé de marguerites venait de pousser au sommet de son crâne.
- S'il vous plait, messieurs et mesdemoiselles, veuillez retourner à vos potions. Ms Montague, je crois que le désherbant de Hagrid pourra remédier à votre état. Comme je ne connais malheureusement pas la composition exacte de la mixture de Mr Foley, je ne peux pas vous préconiser d'antidote plus adapté. Quant à vous Mr Foley, je crois qu'il vaut mieux arrêter les frais. Vous travaillerez cette potion d'arrache pied d'ici la prochaine séance. J'espère que vous la réussirez mieux d'ici là.
Quand Montague eut quitté la classe, tout le monde retourna à sa potion. Seule Abigail, qui avait encore dix minutes à attendre, observa la table en diagonale derrière elle. Ce Foley semblait au trente-sixième dessous, mais il y avait toujours la mixture de jardinier qu'il avait préparé devant lui.
- Dis donc… t'en as de bonnes… Tu me fais une scène de jalousie, et à peine trois heures plus tard, tu reluques un garçon !
- Heather… souffla Abigail. Contrairement à toi, les garçons ne m'ont jamais intéressée. Par contre… ce qu'il y a sur sa paillasse…
- Je vois… Ce serait un excellent moyen de relancer une opération de bulles explosives.
- Je savais qu'on était sur la même longueur d'onde.
Elle jeta un dernier coup d'œil vers Foley, et cru voir une larme couler le long de sa joue.
A la fin du cours. Le professeur Slughorn demanda à Foley de rester un instant. Tous les élèves, affamés, s'empressèrent de sortir pour aller manger.
- Professeur, vous voulez que je vide le chaudron de Foley ? proposa Abigail.
- Oui, merci Ms Carpenter, mais prenez soin d'abord de recueillir un échantillon. J'aimerais savoir comment Mr Foley a pu obtenir un produit de jardinage en préparant une potion antalgique.
Il n'eut pas besoin de le lui dire deux fois. Abigail en profita pour en subtiliser elle-même le contenu d'une éprouvette, ainsi que pour écouter la conversation. Foley ne trouva aucune excuse à donner. Il se contenta d'avouer qu'il avait eu peur de mal faire et qu'il avait regardé à droite et à gauche pour reproduire ce qu'il voyait. Après l'avoir sermonné sur l'inutilité d'une telle technique, Slughorn le congédia en lui demandant, en plus de ce qu'il lui avait signifié tantôt, de rédiger un essai sur la composition de la potion. Abigail salua son directeur de maison puis alla retrouver Heather dans le couloir.
- Alors… demanda celle-ci.
Mais Foley passa entre elles, et cette fois, Abigail était certaine de l'avoir vu pleurer.
- Je… Excuse-moi.
La préfète de Serpentard se précipita à la suite du garçon, laissant Heather en plan. Il faillit la semer, mais elle le rattrapa finalement au détour d'un couloir peu emprunté.
- Attends bon sang ! Je… Ça va aller ?
- Oui, merci ! répliqua-t-il la voix vibrante de colère… ou peut-être même de rage. J'aimerais être seul !
- Écoute, c'est pas la peine de te mettre dans cet état pour ça… ça arrive à tout le monde de rater une potion.
- C'est pas ça ! J'm'en fiche de cette foutue potion !
- Alors qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je.. Laisse-moi tranquille ! Si je te le disais tu te moquerais de moi !
- Tu sais.. je suis préfète, si tu as un souci… même si c'est juste le mal du pays, tu peux m'en parler, je saurais écouter. Et même si ça te semble ridicule, je te promets de ne pas me moquer.
Foley regarda à droite puis à gauche. Il essaya de passer une porte.
- Celle-là, tu vas avoir du mal à la passer : c'est une fausse porte. Par contre… à côté…
Abigail tapota trois briques de sa baguette, ce qui ouvrit un couloir secret sombre et étroit.
- Viens ! Une fois le mur refermé, personne ne pourra nous entendre.
Elle s'engouffra dans le passage, et Foley la suivit.
- Lumos ! lança-t-elle. Alors. Qu'est-ce qui te met dans cet état ?
- C'est que… hésita Foley encore réticent. Oh… et puis de toutes façons, j'aurais sans doute pas pu le cacher bien longtemps. Tu me jures de pas te moquer…
- Crosse de bois, crosse de fer ! assura-t-elle en traçant une croix en travers de sa poitrine.
- C'est que… c'est mon père qui m'a fait l'école, depuis toujours. Et il dit que la seule chose dont un sorcier ait besoin, c'est de savoir se servir de sa baguette.
- Ah… et donc… tu n'as jamais pris de cours de Potions, c'est ça ?
Foley secoua la tête.
- Non… c'est que… je… je ne sais pas lire, ni écrire.
Abigail ne s'attendait visiblement pas à celle-là.
- Ah… oui… quand même… mais… tu as eu des cours avec nous, hier et ce matin.. comment as-tu… ?
- Carrow ne nous a rien demandé de noter, et il a lu lui-même les passages du livre qui importaient, expliqua-t-il.
Abigail eut une moue pour signifier qu'elle ne trouvait pas que leur professeur avait souligné les passages importants.
- En histoire, je me suis contenté d'écouter, continua Foley. En Étude des moldus… ça a été pareil qu'en Défense. Et en botanique, c'était un cours pratique alors…
- Oui… c'est vrai que jusque là, tu pouvais faire illusion. Mais avec Slughorn, McGonagall et Flitwick, tu ne pourras plus passer outre.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? Aller me dénoncer et me faire renvoyer ?
- Je ne vois pas les choses sous cet angle… Mais il faut que tu le dises aux professeurs. Viens… Slughorn est peut-être encore dans la salle de classe.
Elle lui tendit la main. Il hésita un moment, puis se décida à la prendre. Elle rouvrit le mur et retourna vers la salle de Potions. Effectivement, Slughorn profitait de la pause de midi pour analyser la préparation de Foley.
- Professeur, excusez-nous de vous déranger. Mais mon camarade a un problème dont il souhaiterait vous entretenir, en espérant qu'on puisse trouver une solution.
Foley eut encore quelques réticences à admettre devant son directeur de maison qu'il était illettré. Abigail se dit que les professeurs pourraient peut-être se contenter de lui donner du travail pratique en attendant qu'il ait appris à lire. Ce qu'elle n'avait pas vu venir, c'était le coup que Slughorn lui fit. Il accepta la proposition de la préfète, et lui dit que puisque le problème de son camarade semblait lui tenir à cœur, elle serait chargée de lui apprendre à lire et à écrire, car les professeurs étaient malheureusement trop occupés pour donner des cours particuliers.
Coincée, Abigail n'eut d'autre choix que d'accepter, mais décida que Slughorn serait à mettre sur la liste des victimes du super fertilisant de Foley.
