RAR :
LaLouisa : Comme tu vois, tu n'auras pas à attendre dix jours... Après tout, le chapitre précédent était un cadeau, je ne vois pas pourquoi vous auriez en conséquence à attendre plus longtemps le chapitre suivant.
Eliane : Oui, j'avais envie de faire passer à ce petit couple l'épreuve de la jalousie. Après tout, une histoire d'amour ou tout se passe très bien, ce n'est pas ce qu'il y a de plus intéressant. Et encore, je trouve que j'ai arrangé les choses un peu vite, mais bon... cette année est déjà en terme de pages, la plus longue de toutes. Alors je préfère ne pas trop m'apesantir sur des points secondaires.
C'est d'ailleurs pour cette même raison que je ne m'attarderais pas tellement sur les cours, pour privilégier ce qui va se passer dans les couloirs... mais crois-moi, tu ne perdras pas au change. Foley et Mulciber sont tous les deux de Serpentard. Foley en cinquième année, et Mulciber en troisième.
Lyra : Une potion qui rend lettré, ça peut sans doute s'imaginer, mais l'effet ne serait que temporaire : une fois la potion éliminée par l'organisme, le sorcier ne saurait de nouveau plus lire ni écrire. Et puis il est nécessaire pour la suite de l'histoire que Foley passe du temps avec Abby... Nécessaire pour quoi ? Tu verras bien le moment venu.
Emihawk : Oups ! Désolé ! C'est que j'ai plus l'habitude d'avoir des lectrices que des lecteurs, et le "Emi" de ton pseudo m'a induit en erreur. Le pire, c'est que moi aussi, on m'a plusieurs fois pris pour une fille ^^.
9
Le don
Heather n'avait trouvé Abigail nulle part, et, vexée, avait décidé d'aller manger sans l'attendre. La préfète de Serpentard arriva un peu plus tard, accompagnée du jeune Foley qui semblait d'un seul coup tout timide alors qu'elle-même lui adressait un franc sourire.
Si Heather avait plaisanté sur le sujet lors du cours de Potion, elle ne put s'empêcher cette fois de ressentir à son tour la morsure de la jalousie. Qu'est-ce qu'ils avaient bien pu faire tous les deux pendant tout ce temps et qui ait changé ainsi leur comportement l'un envers l'autre ?
Elle termina son rosbif en lui assénant quelques coups de couteau et de fourchette rageurs. Puis quitta la Grande Salle sans même prendre de dessert.
Rebecca la rejoignit dans le jardin d'hiver.
- Salut Heather, tout va comme tu veux ?
- Bien sûr ! répondit-elle un poil trop agressive. Pourquoi ça n'irait pas ?
- Et bien… j'ai juste trouvé bizarre que Abigail et toi n'arriviez pas ensemble. Et puis tu es partie presque immédiatement après qu'elle soit arrivée, alors je me demandais s'il ne s'était pas passé quelque chose ?
- Ça c'est à elle qu'il faudra le demander ! C'est elle qui a couru après ce garçon et qui revient avec lui dans une ambiance des plus louches !
Rebecca eu du mal à accepter qu'elle avait bien compris ce que sous-entendait son amie. Puis elle éclata de rire.
- Vas-y ! C'est ça ! Fous-toi de ma gueule ! lança Heather.
- Tu crois pas que tu te fais des films pour pas grand chose ?
- Je ne fais que tirer des conclusions logiques de ce que je vois.
- Eh bien moi je vais te dire ce que j'ai vu, non pas aujourd'hui, mais l'année dernière, répliqua Rebecca sur un ton moralisateur. J'ai vu une jeune fille qui t'aimait à tel point qu'elle avait perdu le goût de tout parce qu'elle pensait que tu ne voudrais plus jamais lui adresser la parole. Je l'ai vue dans une détresse telle que ça me faisait mal à moi aussi, une détresse qui à elle lui faisait physiquement mal : en six semaines elle avait perdu presque dix kilos. Pour tout te dire, je crois que si tu ne t'étais pas réconciliée avec elle lors de la fête de Slughorn pour Noël, elle aurait sans doute pu avoir de graves problèmes de santé. Et elle s'était mise dans cet état malgré le fait que je sois à ses côtés pour la soutenir et essayer de la convaincre de s'alimenter normalement. Et toi, tu me dis que tu penses qu'elle pourrait trouver un quelconque intérêt à une autre personne ? Alors je te le dis franchement : c'est IM-PO-SSIBLE !
Heather était blême. Elle n'avait jamais imaginé que Abigail eut été dans un tel état à l'époque où elle avait coupé les ponts avec elle.
- D… Dix kilos…? demanda-t-elle déchirée entre la surprise et l'inquiétude.
- Oui, répondit simplement Rebecca.
- Mais pourquoi tu ne me l'avais pas dit à l'époque ? interrogea-t-elle avec une brusque véhémence qui poussa Rebecca à reculer d'un pas.
- Parce que toi non plus tu n'étais pas très en forme, et je me disais que si tu le savais, tu te sentirais encore plus mal, et j'avais pas envie de jongler avec deux amies dépressives.
- Je… commença Heather sans savoir exactement quoi répondre. Excuse-moi.
Et elle quitta le jardin d'hiver en courant. Elle accélérait sa course tant qu'elle le pouvait. Comme si elle courait le quatre cent mètres et qu'elle avait déjà cent mètres à rattraper sur ses adversaires. Elle faillit percuter violemment un Serdaigle qui passait par là. Elle s'arrêta dans le hall où les élèves qui quittaient la Grande salle la regardèrent comme une bête curieuse. Elle ne vit pas Abigail, mais repéra Melany Mulciber.
- Hey ! Mulciber ! Tu sais où est Carpenter ? demanda-t-elle sans se soucier que tout le monde l'entende.
-Elle était allée te chercher. Je crois qu'elle a parlé d'une femme bleue, ou quelque chose comme ça.
- Merci !
Et aussitôt, elle se remit à courir, montant l'escalier de marbre quatre marches à la fois. Elle n'avait aucune conscience de son propre essoufflement, de ses muscles qui criaient grâce. Plus rien d'autre ne comptait que de retrouver Abigail. Au sixième étage, en tournant dans le couloir où se trouvait le tableau de la Dame Bleue, elle la vit, qui avançait vers ledit tableau, elle voulut l'appeler, mais elle était si exténuée qu'aucun son ne sortit. Pourtant, Abigail s'arrêta et se retourna.
- Ah ! Heather ! Je me demandais justement où tu pouvais être partie.
Heather ne répondit rien. La voix d'Abigail lui donna les dernières forces dont elle avait besoin pour courir la rejoindre, sauter dans ses bras et l'embrasser avec une fougue qu'elle n'avait jusqu'alors jamais témoignée. Abigail, certes un peu surprise, ne se plaignit pas pour autant de ce traitement.
- Oh, si tu savais comme je t'aime ! souffla Heather, sans voix, dans le creux de l'oreille de son amante.
- Eh bien ! Que me vaut une telle démonstration d'affection ? se moqua affectueusement Abigail.
- Des choses que j'ignorais et qu'on m'a dites, répondit évasivement Heather.
- Et quelles choses ?
- Je… Rien, c'est juste que Becky m'a dit à quel point tu allais mal après mon anniversaire.
- Ah ! fit Abigail en affichant une moue triste… je lui avais demandé de ne rien dire…
Puis, un grand sourire illumina à nouveau son visage.
- Mais si j'avais su l'effet que ça te ferait, je te l'aurais dit plus tôt.
- Idiote va ! rigola Heather en l'embrassant encore.
Les deux préfètes saluèrent la Dame Bleue et entrèrent dans la salle qu'elle gardait pour profiter l'une de l'autre à l'abri des regards.
Les caresses et les baisers se firent plus poussés, et déjà les mains glissaient sous les vêtements quand le tableau ouvrit la salle à Brittany Yaxley.
***
Le cœur d'Heather rata un battement. Elle allait sans doute profiter de cette occasion pour les punir sévèrement. Peut-être même seraient-elles renvoyées, avec les Carrow et Yaxley, c'était à craindre.
La scène s'était figée, était-ce pour une seconde ou dix, ni Heather, ni Abigail, ni même Brittany n'auraient su le dire, mais ensuite, tout se débloqua rapidement, les baguettes furent tirées en une fraction de seconde.
- Si tu parles de ça à qui que ce soit… menaça Abigail.
- Je n'en ai pas l'intention, répondit calmement Yaxley.
- Comment as-tu fais pour que la Dame Bleue t'ouvre ? Nous lui avions demandé de ne plus t'autoriser l'accès.
- Je lui ai dit que je voulais vous parler, et que je ne ferai rien contre vous. Alors ne me forcez pas à mentir et rangez-moi ces baguettes.
- Toi d'abord, imposa Abigail.
Yaxley réfléchit un moment, puis décida qu'elle pouvait avoir confiance et rangea sa baguette. Les deux préfètes laissèrent passer deux secondes, puis rangèrent les leurs. Yaxley entra dans la pièce, laissant le tableau refermer le passage tandis que Heather quitta sa position à califourchon au-dessus d'Abigail et rajusta un minimum sa tenue. Abigail ne semblait pas être dérangée par le fait d'être toute débraillée.
- Alors, dit Heather. Tu voulais nous parler.
- Oui. Je voulais vous dire que vous n'aviez rien à craindre de moi. Je ne suis pas du côté des mangemorts.
- Excuse-moi, mais ce n'est pas l'impression que ça donne ! contra Abigail.
- Je sais ! Avec mon père qui en est un, je dois jouer un double jeu. Quand j'ai vu que les mangemort osaient attaquer Poudlard, je me suis dit qu'il ne faudrait sans doute pas longtemps avant que le pays ne tombe entre les mains de Vous-Savez-Qui. Il a fallu que je prenne une décision rapide. Si mes craintes étaient justifiées et que je me battait contre les mangemorts, dont la plupart me connaissent de vue, je risquais de me faire purement et simplement tuer par mon père. Par contre, même si je me trompais, et que Dumbledore contrecarrait les plans de l'autre, en faisant semblant de les aider cette nuit-là, je pourrais gagner leur confiance, et peut-être obtenir plus d'infos de mon père, que je pourrais alors transmettre à l'Ordre du Phénix.
- Oui, bien sûr ! dit Abigail d'un ton des plus ironiques. Quelle jolie petite histoire. Tu l'as répétée longtemps avant de te décider à nous la raconter ?
- Je vous jure, c'est la vérité ! Vous savez bien quel est mon objectif véritable. Tout ce qui compte pour moi, c'est de me venger de mon père.
- Oui ! Là encore, une jolie histoire bien émouvante. Tu as su nous piéger, Heather, Harry, Hermione et moi. Désolée, mais c'est trop tard maintenant pour qu'on ait encore confiance en toi. Tu nous as trahis, tu t'es battue contre nous aux côtés des mangemorts !
- Je n'avais pas vraiment le choix !
- Si ! lança Heather. Si vraiment tout ce qui compte pour toi c'est de tuer ton père, tu te serais battue avec nous, et tu aurais accompli ta vengeance en rentrant chez toi, avant que ton père n'agisse.
- Et vous ! Qui vous aurait protégé, Finch-Fletchey, Macmillan, Abbot, Bones et toi, alors que vous étiez dans le hall à affronter les Carrow ?
- Parce que tu nous as protégés ? s'indigna Heather.
- Vous êtes toujours en vie, et parfaitement sains de corps et d'esprit, à ce que je sache ? Et cet été, si je n'avais pas insisté pour venir vous mettre en garde à propos du tabou, il vous aurait fallu répondre de l'utilisation de "son" nom devant ses plus fanatiques mangemorts. Je ne pouvais pas les laisser faire ! C'est aussi pour ça que j'ai pris cette fonction. Pour ne pas laisser le champ libre à Rogue et aux Carrow !
- Laisse tomber Yaxley ! dit froidement Abigail. C'est trop tard, on ne te croit plus. Ce n'est pas la peine d'insister. Va-t-en !
Yaxley baissa les yeux, et tourna les talons, résignée.
***
Abigail tenta bien de reprendre ce que Yaxley avait interrompu, mais Heather n'était plus vraiment d'humeur à faire des câlins. Yaxley pensait-elle vraiment qu'elles tomberaient aussi facilement dans le panneau ? Et en même temps, elle ne pouvait s'empêcher de douter. En effet, jusque là, Yaxley n'avait pas vraiment fait de mal à qui que ce soit. Pour s'occuper l'esprit, Heather décida d'avancer dans ses devoirs, Abigail rechigna un peu mais finit par faire de même. Elles se rendirent ensuite toutes deux au cours de Soins aux créatures magiques.
Même Hagrid se permit de leur faire un discours sur l'importance de cette année. Il devenait peu à peu un bon professeur. Il leur parla du programme de l'année. Ils étudieraient plusieurs créatures d'autres continents, et auraient donc plus de théorie et un peu moins de pratique, mais le demi-géant leur assura qu'il ferait son possible pour se procurer des spécimens. Ils commencèrent par un cours sur les diricos. Des oiseaux originaires de l'île Maurice et que les moldus pensent disparus et nomment "dodos". Heather fut étonnée d'apprendre qu'en fait, l'oiseau avait la faculté de disparaître dans un tourbillon de plumes, comme les phénix, pour réapparaître plus loin. Et que les sorciers, constatant que les moldus avaient pris conscience du danger de tuer indistinctement les autres créatures grâce à la supposée extinction du dodo, ou donc, plus exactement, du dirico, n'ont jamais jugé utile de les détromper.
Après deux heures assommantes passées en compagnie du professeur Binns, Heather pensait pouvoir retrouver Rebecca et Abigail pour faire leurs devoirs, mais ce ne fut le cas que pour la Poufsouffle, la Serpentard devant donner son premier cours d'alphabétisation à Foley.
Alors qu'elle cherchait à expliquer les conséquences de la Guerre Sombre qu'un groupe de mages noirs a menée contre les moldus au onzième siècle, le parchemin communicant se mit a vibrer dans la poche de sa robe. Elle le sortit et se mit aussitôt à écrire.
- Salut frangin ! Contente d'avoir de tes nouvelles !
- Salut Heather ! répondit l'écriture de Harry. Désolé de ne pas avoir pris contact plus tôt, mais j'ai préféré attendre que nous ayons accompli la mission qu'on s'était fixée, Hermione, Ron et moi.
- Oui ! J'ai vu ça ce matin dans la Gazette ! Mais pourquoi avoir voulu libérer ces quelques nés-moldus là ?
- Ah ! En fait, ça, ce n'était qu'un bonus en prime de la récupération du médaillon de Serpentard.
- Il était au ministère ?! écrivit Heather abasourdie.
- En possession de cette chère Dolorès Ombrage, expliqua Harry. Et comme elle était en train de faire passer les nés-moldus en jugement, on ne pouvait pas décemment prendre le médaillon et s'en aller en les abandonnant à leur sort. D'ailleurs, nous sommes un peu inquiets pour un couple. Les Cattermole. Ron avait pris l'apparence du mari et la femme faisait partie des nés-moldus qui devaient être envoyés à Azkaban. On ignore s'ils ont pu s'en sortir.
Heather eut un moment d'hésitation. Harry et ses amis auraient sans doute le moral au trente-sixième dessous s'ils apprenaient que leur action avait envoyé un homme en prison.
- Ils ont échappé aux gens du ministère, mentit-elle. Eux et leurs enfants.
- Tant mieux !
- Alors vous avez récupéré un horcruxe ! Ça a été plus vite que je le pensais.
- On a eu beaucoup de chance, intervint l'écriture d'Hermione. C'est une heureuse coïncidence que RAB fut le frère de Sirius, sans ça, on serait encore à la case départ. Et notre opération d'hier a complètement échappé à notre contrôle. C'est un miracle qu'on s'en soit sortis sans dommages et avec ce qu'on était venu chercher.
- Sans dommages, parle pour toi ! écrivit alors Ron.
- Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? demanda Heather imaginant le rouquin furieux arracher la plume des mains de Hermione pour protester.
- Oh ! Il s'est juste désartibulé quand on a transplané après que Yaxley nous ait suivis jusqu'au Square Grimmaurd, reprit l'écriture d'Hermione.
- Et à Poudlard, comment ça se passe ? demanda l'écriture de Harry.
- Oh… Les Carrow sont aussi pourris que pouvait l'être Ombrage. Je suis interdite de quidditch… Heureusement, ce n'est pas à vie. Mais même si ce n'est rien que pour l'année, je trouve que c'est déjà cher payé pour avoir voulu remettre le frangin à sa place. A part ça, on a peut-être quelques nouveaux alliés intéressants. Mais je vous en dirai plus quand je les connaîtrai mieux.
- Et Rogue, il ne vous mène pas la vie dure ?
- Pour l'instant ça va, écrivit Heather sachant pertinemment que Rogue n'était pas un souci, mais ne pouvant le révéler aux autres. Et sinon… vous avez une idée de l'endroit où chercher le prochain horcruxe ?
- Aucune, répondit Harry. Pas plus que de la façon dont on va se débarrasser de celui qu'on vient de récupérer. Mais Hermione s'y connaît mieux que moi. Je vais la laisser t'en dire plus.
- Alors, reprit l'écriture nette d'Hermione, en fait, pour détruire un horcruxe il faut des sorts, ou des substances magiques de très grande puissance, et ils se comptent sur les doigts d'une main. Il y a le Feudeymon, mais je préférerais voir Tu-Sais-Qui régner pendant trente ans sur le monde que d'y avoir recours, c'est presque impossible à contrôler, et Harry, Ron et moi-même y laisserions sûrement notre peau. Ensuite, il y a le venin de basilic. Là encore, pas évident de s'en procurer. Il y a un rituel appelé "La Traversée du Styx", mais il faut psalmodier sans interruption pendant quarante-huit heures, et il demande d'utiliser du sang de licorne, donc là encore, c'est hors de question. Enfin, le moyen qui reste probablement le plus abordable, c'est la Soupe du Diable, une potion qui devrait être dans mes cordes… à condition qu'on arrive à se procurer des œufs de dragons… Mais peut-être que grâce à Charlie…
- Oui… si tu veux, je ferais quelques recherches et j'écrirais à Charlie pour lui demander s'il pourrait nous procurer des œufs… Il t'en faudrait combien ?
- Un par horcruxe… Mais ce serait déjà étonnant qu'il puisse nous en avoir ne serait-ce qu'un.
- Qui ne tente rien n'a rien. Bon, je vais vous laisser, j'ai encore pas mal de devoirs à faire.
Ils terminèrent leur conversation en se mettant d'accord pour que ce soit Harry qui contacte toujours Heather, à des horaires définis à l'avance, histoire qu'il soit sûr de ne pas déranger, et Harry promit qu'il essaierait de la contacter aussi souvent que possible.
***
Le reste de la semaine se passa au rythme des cours et des devoirs. Le jeudi fut doublement pénible car après avoir passé deux heures le matin avec Rebecca à écouter Alecto Carrow raconter que les moldus sont des créatures sales et stupides qui ont forcé les sorciers à vivre cachés à coups de persécutions, il a fallu supporter Amycus Carrow l'après-midi qui essaya de la provoquer pour pouvoir la punir, mais elle se montra cette fois plus maligne et garda profil bas. Le soir, au repas, il ruminait sa rancœur.
Le vendredi, les cours des trois amies se terminaient à trois heures de l'après-midi et elles avaient prévu de se retrouver aussitôt dans la salle de la Dame Bleue pour boucler avant le couvre-feu les devoirs du week-end afin d'avoir deux jours pour reprendre l'excursion dans les cachots là où elles l'avaient arrêtée au mois de juin.
Cependant Rebecca n'arriva que vers trois heures et demie, et Heather ressentit un violent trouble en elle. Quand elle lui demanda ce qui la chiffonnait, et que Abigail voulu savoir la cause de son retard, elle refusa de répondre et esquiva en se mettant aussitôt à travailler. Abigail et Heather se lancèrent un regard qui signifiait : "Elle a un gros souci, mais mieux vaut pas la brusquer".
Quand elles en eurent terminé avec les devoirs, il leur restait tout juste vingt minutes avant le couvre-feu. Heather et Abigail devaient encore passer au bureau des préfets avant de retourner dans leur salle commune. Rebecca les laissa donc et redescendit immédiatement pour rejoindre les quartiers de Poufsouffle. Après avoir pris compte des notes posées sur leurs bureaux respectifs, elles ressortirent de la salle des préfets.
- On est peut-être pas obligées de se quitter ce soir, proposa Heather. On pourrait se rendre dans la salle sur demande et…
Abigail eut un sourire un peu triste.
- Ce serait avec plaisir, mais j'ai dit à Foley que je lui donnerai une nouvelle leçon ce soir. Il a déjà retenu l'alphabet et les différentes prononciations des groupes de lettres. Aujourd'hui, je vais lui donner un petit texte à lire.
Heather fit une moue boudeuse.
- Moi qui avais envie de passer la nuit avec toi.
- Bah… j'en ai pas pour toute la nuit, répliqua Abigail, ce qui fit retrouver le sourire à Heather. Par contre, si je dois sortir après le couvre-feu, je préférerais avoir la cape d'invisibilité, vu la distance que je vais devoir parcourir.
Les deux filles se dirigèrent donc vers le tableau de la Grosse Dame. Abigail attendit dehors que Heather revienne et lui remette la cape.
- Rendez-vous à minuit ! dit-elle en faisant la bise à Heather.
La Gryffondor regagna sa chambre d'excellente humeur. Romilda et Kate étaient dans la salle commune sur leur devoir de métamorphose, seule Lucy était également dans la chambre, à lire un roman à l'eau de rose.
- Bonsoir Lucy… tu fais pas tes devoirs ?
- Pas le courage ce soir… tu as l'air de bien bonne humeur.
- Oui. Ce soir, je vais enfin pouvoir faire quelque chose dont j'ai eu envie toute la semaine.
- Qu'est-ce que vous nous préparez encore, toi et tes amies ? Une potion qui va tous nous transformer en nuages ? Un sortilège pour faire pousser la chansonnette à Rogue ? Un trou noir à la place du hall peut-être ?
- Rien de tout ça… mais t'as de sacrées bonnes idées dis-donc ! Ça t'ennuie pas si je te les pique ?
- J'aurais mieux fait de me taire. Enfin quoi que tu fasses, essaye de pas faire perdre trop de points à Gryffondor.
Lucy retourna dans son bouquin tandis que Heather, passa sous la douche, puis sélectionna quelques vêtements dans sa malle qu'elle alla passer dans la salle de bain, avant de remettre sa robe de cours par dessus, histoire de donner le change si jamais elle croisait quelqu'un dans les couloirs. Elle retourna dans la salle commune. Ginny était affairée à un devoir de Potions, Neville, lui, était dans un coin et répétait un mouvement de baguette.
- Salut Neville, tout va comme tu veux ?
- Salut Heather… moui, si on veut, répondit-il pas très convaincant, ni convaincu d'ailleurs.
- Désolée d'avoir accaparé Becky ce soir, mais, c'était pour avoir plus de temps libre durant le week-end.
- Bah ! Cette semaine elle s'est surtout occupé de son frère.
- Oui ! sourit Heather. Qui aurait cru qu'elle serait aussi mère-poule.
- C'est surtout qu'elle a peur, tu sais. Avec les mangemorts à la tête de Poudlard, quoi qu'en dise la Gazette, elle a peur qu'il ne lui arrive quelque chose.
Heather acquiesça.
- Mais tu aimerais qu'elle s'occupe un peu moins de son petit frère, et un peu plus de toi, c'est ça ?
- Tu trouves que c'est égoïste de ma part ? demanda Neville dépité.
- Mais non ! C'est tout à fait normal. Et demain, je lui en toucherai un mot. On reportera nos projets s'il le faut, mais elle passera le week-end avec toi !
- Merci Heather !
- Mais y a pas de quoi ! Et puis Abigail et moi aussi voulons passer un peu de temps toutes les deux, alors on veut pas non plus passer le week-end à jouer les Maraudeuses.
Vers onze heures, Heather, qui se tournait les pouces en piaffant d'impatience décida de devancer Abigail et d'aller préparer une Salle sur Demande rien que pour elles deux. Il faudrait qu'elle se montre prudente en se rendant là-bas. La distance était certes courtes, mais elle n'avait pas sa cape d'invisibilité. Elle se munit de la Carte du Maraudeur 2 et utilisa le sortilège de localisation pour voir où se trouvaient Peeves, Rogue, Yaxley et les Carrow. Rogue se trouvait dans le bureau d'Amycus et discutait avec lui et Alecto, voilà qui occupait déjà trois empêcheurs de tourner en rond. Yaxley patrouillait au quatrième étage, et Peeves était près des quartiers des Poufsouffle. Elle se mit donc en route.
Tout en progressant, elle vérifiait la position des mangemorts et de l'esprit frappeur. Après une intersection, elle était le nez dans la carte quand :
- Tiens, tiens… qu'avons-nous là ?
Heather sursauta et se retourna d'un bond. Devant elle se tenait une silhouette assez grande et costaude. Quand elle s'approcha, Heather reconnu à la lueur d'un flambeau le visage de Thorben Rowle, le nouveau de sixième année à Serpentard. Celui contre qui le Choixpeau l'avait mise en garde.
- Que fais-tu ici ? demanda-t-elle, la main prête à se saisir de sa baguette.
- Je m'étais rendu à la volière pour poster un courrier urgent.
- Tu n'as pas le droit de parcourir les couloirs après le couvre feu, dit Heather, plus pour meubler en attendant de voir ce qu'il comptait faire.
- Je sais… mais tu n'iras pas me dénoncer. Parce que les préfets de cinquième année n'ont pas le droit non plus de quitter la salle commune après vingt-trois heures.
- Tu sais qui je suis ? s'étonna Heather.
- Une régénératrice aussi mignonne que toi, tout sang pur qui se respecte se doit de la connaître. Je voulais justement discuter avec toi…
Comme il parlait, il continuait à s'approcher. Heather hésitait entre son instinct qui lui disait de reculer et sa fierté qui lui imposait de faire face.
- Et de quoi voulais-tu me parler ? demanda-t-elle.
- Je me suis renseigné. Tu n'as pas de petit ami. Je pourrais devenir le tien.
Il n'y avait aucune interrogation dans ce qu'il venait de dire. Il affichait un visage assuré, avec une lueur de convoitise au fond des yeux.
- Qu'est-ce qui te fais croire que je voudrais bien de toi ? D'ailleurs, je te connais même pas.
- Je pourrais te présenter à des personnes très influentes et très puissantes. Avec moi, tu n'aurais rien à craindre.
- Euh… J'avoue que c'est très tentant, mais je vais refuser cette aimable proposition. Salut ! Tu m'as pas vue je t'ai pas vu !
Heather tourna les talons et s'éloigna à pas pressés.
- Petrificus Totalus !
Heather plongea à la dernière seconde pour éviter le sortilège. Elle roula au sol et pointa sa baguette sur Rowle qui la rattrapait.
- Je crois que je ne me suis pas montré assez clair, dit-il. Tu vas être ma petite amie, je ne te laisse pas le choix.
- Expelliarmus !
- Protego !
Heather se releva, mais Rowle en profita pour la rattraper. Elle pointa sa baguette sur le sternum du garçon, mais celui-ci la bâillonna d'une main et la plaqua contre le mur. Elle sentit l'autre main se poser sur son sein.
- Tu ne devrais pas résister. Tu seras mienne, avec ou sans ton consentement. Les Malefoy sont en disgrâce, si j'épouse une régénératrice, le Maître fera de moi un de ses favoris.
Heather ne savait pas quoi faire. Elle n'avait pas la force de le repousser, et il était hors de question qu'elle laisse cette saleté de mangemort poser ses mains sur elle plus longtemps. Elle pensa très fort au sortilège de répulsion et Rowle alla percuter violemment le mur d'en face. Il ne fut pas assommé pour autant.
- On m'avait dit que les régénérateurs était puissants, mais on était en dessous de la vérité. Un sortilège informulé aussi efficace alors que tu n'es qu'en début de cinquième année… félicitations !
- Tu peux te les garder tes félicitations, saloperie de mangemort. Tu me dégoûtes ! Fiche le camp avant que je te change en limace et que je t'écrase sous mon pied.
- Et puis quoi encore ? Je vais te dire ce qui va se passer. On va se battre, tu vas perdre, et je ferai de toi ma chose.
- Tu es bien présomptueux. McGonagall et Flitwick doivent déjà nous avoir entendus et venir par ici.
- Ça m'étonnerait. J'ai pris soin d'insonoriser les couloirs en venant. Personne n'entendra rien.
- Stupéfix ! lança Heather par surprise.
Rowle dévia le rayon avec sa baguette.
- Endoloris !
Heather, encore stupéfaite de la prouesse technique de son adversaire ne parvint pas à esquiver et s'écroula sous la douleur qui parcourait son corps, tétanisant ses muscles et lui arrachant un terrible hurlement. Au bout d'une quinzaine de secondes, Rowle rompit le contact.
- Je te l'avais dit, tu ne peux pas gagner.
- Va te faire foutre ! jura Heather en le chargeant de l'épaule, lui faisant percuter une fois de plus le mur dans son dos.
Elle voulut en profiter pour fuir, mais il la retint par le poignet. Il affichait un sourire sadique.
- Tu vas regretter ça, ma petite. Endoloris !
A nouveau, Heather se tordit de douleur au sol.
- Alors, tu ne veux toujours pas sortir avec moi ? Tu n'aurais plus jamais à craindre qu'on te lance un tel sortilège.
- Plutôt crever ! lâcha-t-elle, avant d'hurler à nouveau sous une nouvelle décharge de douleur.
- Endoloris ! lança alors une autre voix au bout du couloir.
Rowle surpris s'écroula et hurla à son tour sous la torture que lui infligeait Abigail.
- Espèce de sale raclure de fond de chaudron, que je te prenne encore une seule fois à lever la main sur Heather, et je te garantis que c'est avec une éponge qu'on ramassera tes restes !
Malgré la douleur, Rowle tendit la baguette vers Abigail.
- Expelliarmus ! lança Heather, récupérant l'arme du mangemort.
Abigail cessa son incantation.
- Heather, tu vas b…
- Attention ! cria Heather en pointant sa baguette sur Rowle qui se jetait sur la Serpentard.
Aussitôt, son imposante masse se souleva et il se retrouva pendu par les pieds. Il agita les bras et réussi à saisir Abigail à la gorge.
- Lashlabask ! lança Heather, le forçant à lâcher prise.
- Lancer un sortilège alors que tu en as déjà un en action… décidément tu me fais de plus en plus envie Wright. D'où tu connais le Levicorpus ?
- Je suis pleine de surprises ! souffla-t-elle en lui balançant son pied dans le nez, le faisant saigner abondamment. Petrificus Totalus ! conclut-elle. Avant de tout relâcher et de s'effondrer sur le sol.
- Heather, tu vas bien ? s'enquit Abigail en venant prendre son amante dans ses bras.
- Oui, grâce à toi, répondit Heather en serrant les poings sur la robe de la Serpentard.
Abigail la couvrit de baisers.
- Si tu savais comme j'ai eu peur.
- Sans vouloir te vexer Abby… c'est pas plutôt à moi de dire ça ?
Abigail eut un sourire contrit.
- Heureusement que tu es venue en avance. Sinon, je n'ose pas imaginer ce qu'il m'aurait fait.
Abigail ne répondit rien, elle se leva et alla donner quelques coups de pieds dans l'estomac de Rowle, qui gisait incapable de parler ou de bouger, mais qui observait la scène avec un regard mauvais.
- Te voilà prévenu, si tu touches à l'une de nous, il te faudra subir la colère de l'autre, dit elle en assénant un dernier coup de pied.
- Abby ! Ça va ! Viens ! On va le laisser passer la nuit ici. Ça lui donnera à réfléchir.
Elles s'éloignèrent donc en laissant Rowle au sol.
***
Une fois dans la Salle sur Demande, qui prit l'apparence d'une chambre avec un grand lit, Heather éclata en sanglot contre l'épaule d'Abigail.
- Si tu savais comme j'ai eu peur ! J'ai cru qu'il allait me violer sur place…
- Là ! Chhhut ! essaya de la calmer Abigail.
- Il avait un de ces regards… ça n'avait rien à voir avec le regard que peuvent avoir Malefoy ou Grey, sanglota-t-elle. Il était clairement prêt à tout pour obtenir ce qu'il voulait.
- Je sais, dit Abigail d'une voix morne… Je l'ai vu…
- Heureusement que tu es venue Abby… Sur ce coup-là, j'ai vraiment eu beaucoup de chance.
- Oui, dans un sens on peut dire que c'est de la chance, dit Abigail de la même voix éraillée que précédemment. Je…
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Heather, se rendant compte du trouble de son amie.
- J'ai encore l'image de ce que te faisait ce sale type dans la tête.
- Abby ! Ça va aller ? Tu as empêché le pire d'arriver… Je n'ose pas imaginer ce qu'il aurait fait si tu…
- Tu l'as dit toi-même, répondit Abigail. Il t'aurait violée sur place.
- Tu crois qu'il serait allé jusque là ? demanda Heather effrayée.
- Je le sais, je t'ai dit, je l'ai vu…
- Co… comment ça tu l'as vu ?
- Je ne suis pas venue plus tôt que prévu, dit Abigail. J'étais encore avec Foley à peine cinq minutes avant d'arriver pour te libérer de son Doloris. Je le faisais lire quand soudain j'ai eu une vision. Je l'ai vu t'agresser, te violer. J'ai tout vu, jusqu'au bout. J'ai même vu, à la fin, l'heure sur ta montre : onze heures quarante-six. Quand je suis revenue à moi dans la salle commune de Serpentard, il était onze heures seize.
- Tu… Tu veux dire que tu as eu une prémonition ?
Abigail hocha la tête.
- C'était horrible, pleura-t-elle à son tour. J'étais là, j'assistais à toute la scène, mais je ne pouvais rien faire, même pas crier.
Les rôles s'inversèrent, ce fut à Heather de réconforter Abigail.
Quand la Serpentard fut calmée, les deux jeunes filles s'allongèrent, et épuisés physiquement et moralement, s'endormirent.
