RAR :
Lyra : Merci du compliment, j'ai essayé d'être assez inventif, tout en restant ans le domaine du réalisable, même le mot de passe du placard secret doit être accessible pour un Serdaigle féru d'Histoire, et notemment de l'histoire de la fondatrice de sa maison.
Auctor : Désolé, mais les chapitres sont déjà écrits depuis un moment, je n'allait pas les modifier pour mettre ces dialogues, qui en plus, tu l'avoueras, sont un peu lourdingues. Dans une parodie je dis pas... Mais HW n'en est pas une. Sinon, pour le coup du vieux chevalier de l'époqie des croisades... tu vas pouvoir constater que tu n'es pas si loin que ça de la vérité.
Solemnyr : réponse dans ce chapitre. Mais tu verras que l'originalité n'est pas dans la Salle elle-même, mais plutôt dans ce qui va s'y passer. Quand aux questions de potions, c'est vrai que j'aurais pu faire l'effort de les mettre, mais comme ça restait très accessoire dans l'histoire...
Daffy : C'est vrai que maintenant que tu le dit, j'ai déjà du entendre cette expression dans une parodie quelconque, mais laquelle ? This is the question. Je l'aurais reprise plus ou moins consciemment. Merci pour tes voeux... mêmes déformés, j'espère qu'il pourront se réaliser (marre d'être célibataire !).
11
Le Voleur
- Les inscriptions en runes doivent parler de ce qu'il y a derrière la porte ! dit Abigail.
- Ou peut-être même nous dire comment ouvrir la porte ! ajouta Rebecca.
- Et bien sûr, qui c'est qui va devoir tout traduire… se plaignit Heather.
- Tu es la seule de nous trois à suivre les cours de Runes anciennes, chérie. Je le ferais volontiers, mais je n'ai aucune idée de ce que veulent dire ces choses, amadoua Abigail.
- Bon, soupira Heather. Déjà, il faut recopier ça. Ensuite je prendrai sur mon temps libre cette semaine pour faire la traduction.
Heather passa plus d'une heure et demie à retranscrire tout ce qu'il y avait sur les murs. Elle repéra plusieurs séquences de runes qui revenaient régulièrement. Mais il y avait aussi parfois des caractères qu'elle ignorait complètement. Ils ne faisaient tout simplement pas partie de l'alphabet runique qu'on lui avait appris.
Au cours de la semaine, elle comprit que les inscriptions étaient en fait codées, en prenant un groupe de runes, on formait ainsi le nom d'une autre rune. Les caractères qu'elle ne connaissait pas semblaient être des séparateurs entre les codes pour les différents caractères, ou pour les différents mots.
Le jeudi soir, elle avait un texte à peu près lisible qu'elle put traduire :
Toi qui es parvenu jusqu'ici, arrête-là ton chemin car derrière ces portes se trouve le gardien. Mais si l'école se trouve en danger, tu trouveras derrière ces portes la lueur à condition de ne jamais éveiller le protecteur.
- C'est tout ? demanda Abigail déçue quand Heather fit lire le résultat de ses recherches à ses amies.
- Tu ne me fais pas confiance ? répliqua Heather, un brin irritée d'avoir fait cette épuisante traduction pour récolter un simple "C'est tout ?".
- Excuse moi, mon amour. Je voulais dire. C'est dommage qu'il n'y ait pas le moyen d'ouvrir la porte.
- En ce qui me concerne, je pense que le message est assez clair, dit Rebecca. Il vaut mieux ne pas continuer. Je n'ai pas très envie de me retrouver nez à nez avec un dragon millénaire.
- Un dragon qui est endormi ! dit Heather. Du moment qu'on ne le réveille pas, il n'y a aucun risque.
- Et l'école est en danger ! ajouta Abigail. Elle est actuellement sous le joug de mages noirs.
- Oui, admit Rebecca. Mais ça ne nous dit de toute façon pas comment ouvrir la porte.
- Eh bien nous n'aurons qu'à y retourner pour examiner la porte plus en détail, conclu Heather. Mais pas samedi, je veux assister aux sélections de Gryffondor !
- Oh ! Bon sang ! s'exclama Rebecca. Je vous laisse, je vais être en retard !
Les deux préfètes se sourirent.
- Tu veux aller voir si elle est sélectionnée ? demanda Abigail.
- Et comment ! répondit Heather.
Elles partirent à la suite de Rebecca, mais une fois dans le parc, elles croisèrent pour leur plus grand malheur Amycus Carrow.
- Tiens ! Miss Wright ! Puis-je savoir où vous aller ainsi ?
- Je vais assister aux sélections de l'équipe de Poufsouffle.
- J'en doute ! Avez-vous oublié que vous êtes interdite de quidditch à l'année ?
- Et alors ? répondit Heather ! Je vais pas jouer ! Je vais me contenter de regarder.
- Je ne crois pas non, quand je dis interdit de quidditch, il ne s'agit pas que de la pratique, si vous avez le malheur d'approcher le terrain, croyez bien que vous le sentirez passer.
- Vous êtes vraiment… commença Heather avant que Abigail ne l'arrête, en lui prenant la main.
- Heather, laisse ! Ça n'en vaut pas la peine ! Viens, on va passer chez les préfets.
- Je vous en prie, Miss Carpenter. Laissez donc s'exprimer votre amie, reprit Carrow avec un sourire carnassier. Elle ne tient peut-être pas tant que ça à son insigne de préfète.
Heather ravala les insultes qui lui venaient à la bouche, se força à afficher un large sourire et reprit.
- Vous avez raison, professeur, dit-elle en se forçant à prendre un ton aimable. Je ne dois pas oublier quelle est ma position dans cette école.
- Bien ! fit-il pas vraiment satisfait. Alors que je ne vous revoie plus rôder autour du terrain.
Heather s'inclina et repartit dans l'autre sens, très vite rattrapée par Abigail. Quand elles furent à bonne distance, elle laissa éclater sa rage.
- Cette espèce de pourriture ne s'en tirera pas comme ça !
- Heather, je t'en prie, calme-toi. Il ne manquerait plus que tu lui laisses l'occasion de te faire du mal.
- Je sais, il faut jouer sur du velours… mais ça ne va pas m'empêcher de prendre ma revanche tu peux le croire.
Une heure plus tard, Becky rejoignit ses deux amies qui lui expliquèrent la raison de leur absence dans les gradins, cela n'entama pas l'humeur de la Poufsouffle, trop heureuse d'avoir été prise comme poursuiveuse.
***
Le samedi, l'équipe de Gryffondor fit passer les sélections. Il y avait plusieurs places à prendre, puisque Heather, Ron, Harry, Katie n'étaient plus disponibles. Ginny expliqua à Heather que le niveau global de l'équipe avait grandement baissé. Wyatt Stanton, un troisième année, qui avait déjà été repéré lors des sélections de l'année précédente avait obtenu un poste de poursuiveur, de même que Melinda Baggins, une élève de quatrième année. Elle-même avait été nommée attrapeuse, car personne n'avait réussi à se saisir du vif avant elle en cinq tentatives. Enfin, pour les batteurs, Jimmy Peakes conservait son poste, et Jack Sloper, qui avait assez bien progressé en deux ans avait obtenu le poste de Heather.
Le dimanche, les Maraudeuses retournèrent dans les profondeurs de l'école, devant la porte qui les séparait du dragon endormi. Elle l'étudièrent attentivement et notèrent, dans la pièce centrale de la porte, qui devait faire office de serrure, quatre emplacements creux. Il fallait sans doute mettre quelque chose dans ces emplacements, et la réponse sauta immédiatement aux yeux d'Abigail : il s'agissait de mettre quatre des runes qui tapissaient les deux autres murs. Les trois filles les examinèrent toutes. Elles finirent par rassembler vingt-quatre runes escamotables, de quoi avoir l'alphabet runique en entier.
- Bon, fit Rebecca. Et maintenant, on essaie toutes les combinaisons possibles ?
- Impossible, répondit Heather, il doit y en avoir des milliers. Pour moi, il doit falloir se servir de ce qu'il y a sur la porte pour être mis sur la voie.
- On a les quatre animaux des fondateurs… peut-être des runes qui pourraient symboliser ces animaux, ou former le nom d'un des fondateurs, ou être l'initiale des quatre fondateurs.
- Wow ! Tout doux ! l'arrêta Heather. Essayons déjà ces solutions là avant d'en proposer de nouvelles. Alors, des runes qui symbolisent les animaux représentatifs des fondateurs, y en a pas vraiment, les animaux symbolisés sont en général en rapport avec l'agriculture. Pour le serpent… on pourrait peut-être penser à Eihwaz. Pour le lion, on pourrait utiliser Sowilo ou Dagaz. Pour l'aigle… Berkanan, peut-être. Par contre, pour le blaireau… je ne vois absolument pas.
- Bon, et si tu essayais avec les noms des fondateurs ? demanda Rebecca.
- Les initiales, alors, parce qu'aucun de leurs noms ne s'écrit avec quatre runes, précisa Heather en acquiesçant. Alors, on a Gebo pour Gryffondor, Hagalaz pour Poufsouffle, Sowilo pour Serpentard et Raido pour Serdaigle.
Les trois filles placèrent les quatre runes dans les emplacements prévus, en essayant toutes les combinaisons possibles, mais rien ne se passa.
- Bon, fit Abigail déçue, quelqu'un a une autre idée ?
- Je pense à ces traînées laissées par les animaux sur le bas-relief, dit Rebecca. Ça ne pourrait pas représenter les quatre éléments ?
- Si ! fit Heather comme si l'évidence lui sautait au visage. Et en plus, il est bien plus simple de trouver des runes en rapport avec les quatre éléments qu'avec les animaux ou les fondateurs ! Alors, le feu : Fehu, l'eau : Laguz, pour le vent et la terre, ce n'est pas dans les sens premiers, mais Hagalaz symbolise les intempéries, on pourrait l'assimiler à l'air. Et Othalaz, qui représente le sol fertile, par opposition à Fehu qui peut désigner le bétail pourrait être la terre.
Elles placèrent les quatre runes selon la même disposition que sur la représentation du bas-relief. A peine Abigail posa-t-elle la dernière, qu'un grondement se fit entendre. Un rai de lumière orangée dessina les contours de la porte, et les deux pans commencèrent à s'ouvrir. Aussitôt une bourrasque d'air chaud souffla sur elles. Quand l'appel d'air fut passé, elle rouvrirent les yeux pour contempler la salle qu'elle venaient de découvrir. Elle semblait très grande, aussi s'avancèrent-elles pour mieux voir.
- Attention ! fit Heather en retenant Rebecca qui allait faire un pas dans le vide.
La pièce était circulaire et son diamètre devait correspondre à la longueur de la Grande Salle, ou peut-être même davantage. La porte donnait sur une corniche surélevée se trouvant facilement à six ou huit mètres du sol et faisant le tour de la pièce. Sous la corniche, des flammes constituaient une véritable fournaise qui faisait tout rougeoyer : le sol, qui semblait en terre battue, les murs, en pierres taillées, et l'immense dragon qui dormait devant un gros pilier situé au centre de la pièce. Le dragon, première chose qui attira le regard de Heather, était effrayant. Si le Magyar à pointe que Harry avait affronté lors du Tournoi des Trois Sorciers était très grand, celui-ci l'était peut-être deux fois plus. Il dormait replié en boule. Il n'avait pas d'ailes, et ses écailles semblaient d'un rouge terreux, mais peut-être était-ce dû aux flammes qui l'encerclaient. Ses pattes avant laissaient voir des griffes qui devaient facilement pouvoir éventrer les plus résistants des châteaux forts. Il avait une longue queue terminée par une sorte de flèche qui devait être terriblement efficace pour embrocher des ours.
Une fois le dragon bien détaillé, Heather reporta son attention sur le pilier. Il était fait en pierre d'obsidienne, ou du moins, un matériaux ressemblant, d'un noir vitreux, et qui donnait une impression de solidité inébranlable. Une spirale de lumière d'un blanc pur remontait le long du pilier et se ramifiait pour suivre les arches qui allaient du pilier central à huit piliers plus petits et placés sur la circonférence de la pièce. Ces arches servaient non seulement à soutenir le plafond, mais aussi, Heather en était convaincue, tout le château. Entre les piliers, étaient disposées des torches qui devaient brûler, comme la fournaise sous leurs pieds, d'un feu éternel, comme celui que Hagrid avait apporté aux géants.
Au bout d'un moment, Abigail s'avança le long de la corniche et fit mine de vouloir toucher un des piliers.
- Attends Abby tu ne devrais… réagit Heather un peu trop tard cependant. La lumière qui parcourait le pilier sembla irradier la jeune fille. Heather et Rebecca coururent pour l'éloigner du pilier, Elles sentirent en la touchant une grande énergie les parcourir, puis tout devint si lumineux qu'elles ne voyaient plus rien.
***
Peu à peu, la lumière diminua, mais elles avaient alors du mal à croire ce qu'elles voyaient. Elles n'étaient visiblement plus du tout à Poudlard. Elles se trouvaient dans ce qui semblait être une cave à vin. Un homme vêtu d'une cape d'un mauve délavée, aux cheveux châtains et frisés, et dont elles ne pouvaient voir le visage car il leur tournait le dos, tenait dans ses mains un miroir en or serti d'un saphir sur le dos.
- Avec ça, je ne crains plus la mort. Mais il faut le protéger…
Les trois filles n'eurent pas le temps de se demander ce qu'il se passait qu'à nouveau, la lumière les éblouit, l'espace de quelques secondes. Elles avaient de nouveau changé de lieu… et visiblement aussi d'époque.
Elles se retrouvaient sur ce qui semblait être la place d'un village. Il y avait une église, et quelques maisons vétustes tout autour. Des tables étaient disposées en U de sorte que les convives regardent tous vers le centre de la place. Ils portaient des tenues moyenâgeuses. Les femmes avaient des coiffes bizarres leurs faisant comme des cornes, et les hommes étaient vêtus de peaux de bêtes et de pièce d'armurerie pour ce qui devaient être les seigneurs, ou de longues toges pour leurs conseillers. La place centrale était occupée par un homme qui d'après sa couronne ne pouvait être que roi. Sur la place centrale, où se produisaient quelques acrobates, les trois filles se demandaient ce qu'elles faisaient là, et pourquoi personne n'était étonné de les avoir vu surgir de nulle part, quand un des acrobates passa littéralement au travers de Heather.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Rebecca un peu inquiète. Où est-ce qu'on est ?
- Ne vous inquiétez pas, dit Heather aux deux autres. Je pense que nous n'avons pas bougé. Nous sommes toujours à Poudlard, simplement, nous sommes dans un souvenir.
- Tu crois ? demanda Abigail.
- Oui, assura Heather. C'est exactement comme quand j'étais dans la pensine, et qu'on a vu le souvenir de Slughorn, avec Harry et Dumbledore.
Rassurées, les trois filles reportèrent leur attention sur la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Le temps que Heather donne ses explications, les acrobates avaient quitté la place et un homme dissimulé sous une cape mauve délavée s'était présenté et réalisait des tours de passe-passe devant un public assez impressionné, sauf peut-être pour ce qui était du roi et de ses conseillers. Il faisait apparaître et disparaître divers objets : balles, colombes, foulards colorés. A un moment, il prit un des foulards, le posa sur la paume de sa main vide, et quand il le retira, il avait à la main une baguette magique.
- Avada Kedavra ! lança-t-il.
Un trait de lumière verte fila droit sur un des conseillers du roi qui esquiva juste à temps. La foule s'étonna de voir les conseillers tirer eux aussi des baguettes et répliquer. Une demi-douzaine de sorts fusèrent sur le sorcier, puisque il en était un. Mais celui-ci d'un mouvement du bras se créa un mur de protection avec la terre qui composait le sol.
- Je me doutais, bien qu'il ne serait pas aussi facile de t'abattre Baldur. Mais pourra-tu me résister bien longtemps ?
Le sorcier tendit la main vers le feu qui faisait rôtir un sanglier. Les flammes se murent comme si elles suivaient sa volonté et vinrent entourer l'une de ses mains. De l'autre, il appela l'eau de la fontaine non loin et créa une bulle tout autour de lui. Un vent violent se mit a souffler, obligeant les convives à s'abriter sous les tables. Les sorciers qui protégeaient le roi étaient aveuglés par le sable que le vent soulevait. Le mage noir en profita pour faire disparaître sa protection de terre. Les tirs reprirent, mais ils étaient tous renvoyés par la bulle d'eau.
- C'est inutile ! hurla le dénommé Baldur. Vous ne pouvez rien faire contre sa magie élémentale.
- C'est exact ! lança-t-il avant de faire un trou dans sa bulle protectrice par lequel il lança une boule de feu qui fit exploser un bout de table et brûla vif un des sorciers.
Baldur tendit les mains et fit léviter deux tables qu'il projeta violemment sur la bulle d'eau, mais elles éclatèrent à son contact. Baldur tira une épée et se jeta sur le mage noir qui lui lança une boule de feu. D'un mouvement des bras, le sorcier trancha le projectile mortel en deux parties qui ne produire que de petites déflagrations en touchant le sol. Heather remarqua que l'épée était enveloppée d'une lumière rouge. Un autre coup d'épée fit une brèche dans la bulle d'eau, mais le mage noir en profita pour brûler grièvement le valeureux sorcier.
Baldur mis hors combat, il lui fut facile d'éliminer un a un les quatre sorciers qui protégeaient encore le roi. Le vent cessa alors, l'eau de la bulle retomba au sol, et les flammes autour de la main du mage noir s'éteignirent.
- Majesté, dit-il au roi. Vous avez signé votre arrêt de mort le jour même où vous m'avez congédié de votre service.
- Tu n'étais qu'un monstre qui se servait de sa position pour perpétrer d'horribles crimes Leofa*, répliqua le roi. Tu voulais te servir de moi comme d'un pantin pour diriger le Royaume que mon frère Athelstan* et moi-même avons eu tant de peine à unifier et consolider !
- Vous en auriez eu bien moins si vous m'aviez laissé faire, répliqua le mage noir. Et aujourd'hui vous régneriez sur les provinces d'Alba, de Galle et d'Eire.
- Au prix de la vie de milliers d'innocents ! Je m'y refuse. Je sais que beaucoup de soldats sont tombés pour obtenir les terres qui sont aujourd'hui miennes. Mais je respecte la mémoire de chacun d'eux, et j'ai toujours fait en sorte que les morts soient le moins nombreux possible.
- Assez palabré ! Il est venu temps de payer la dette que vous me devez ! Avada Kedavra !
L'éclair vert frappa le roi en pleine poitrine et celui-ci tomba en arrière, les bras en croix.
- Aah… Que la vengeance est dou…
Leofa interrompit sa phrase et cracha du sang. De sa poitrine, venait de jaillir une lame. Derrière lui, Baldur, une partie du visage brûlé au dernier degré, avait trouvé la force de se relever et d'abattre le mage noir.
- Maudit sois-tu Gryffondor, dit Leofa d'une voix soudain éraillée. Mais tu ne l'emporteras pas au paradis. Même la mort ne peut m'arrêter, je reviendrai, et je me vengerai aussi de toi, tu peux en être certain.
- Je n'en doute pas, répondit Baldur. Mais toujours, tu me trouveras sur ta route.
Leofa tomba face contre terre. Les convives effrayés par la bataille et stupéfaits ne mirent plus très longtemps à retrouver leurs esprits. Des murmures s'élevaient. On s'indignait que le roi se fut entouré de sorciers.
- Mesdames et messieurs, reprit Baldur, veuillez regarder par ici.
Très rapidement, Baldur lança un morceau d'étoffe qui alla anormalement vite jusqu'au roi et se métamorphosa sur sa poitrine pour donner l'illusion d'une blessure à l'arme blanche, tandis que de l'autre main, il créa une balle de lumière d'un vert pastel qui éclata lorsqu'il prononça une formule en latin. Les convives eurent le regard dans le vague l'espace d'un instant.
- Ne vous inquiétez pas, ce magicien n'était qu'un voleur du nom de Leofa qui en avait après vos bijoux. Il s'est jeté sur le roi et par l'effet de surprise a réussit à tuer ces cinq conseillers et à me blesser grièvement en me projetant dans le feu. Je n'ai malheureusement pas pu l'empêcher de poignarder le roi. Mais j'ai vengé immédiatement notre bon souverain et ai occis le voleur. Maintenant, je crois que je vais avoir besoin d'un guérisseur…
Baldur ne tint plus et s'écroula face contre terre.
A nouveau, une vive lumière aveugla les trois filles, qui se retrouvèrent dans une chambre. Une femme et un enfant se tenaient roides à côté d'une couche où était allongé Baldur, le visage bandé.
- Normalement, le trône devrait revenir à Edwin*, dit Baldur.
- Certes, fit la femme qui devait donc être la reine. Mais il est encore trop jeune. Je vais demander à Edred*, le frère de mon époux de monter sur le trône.
- Mais alors, Edwin devra attendre la mort de son oncle et…
- …et Edred est de constitution fragile ! répliqua la reine, intransigeante. Personne ne s'étonnera s'il devait mourir assez jeune.
Baldur fronça les sourcils.
- Vous savez, majesté, que je n'apprécie guère de telles méthodes. Si vous êtes décidée à les employer, soit, après tout, vous êtes la Reine. Mais alors je préfèrerais quitter votre service. J'ai un fils qui est né au printemps dernier et que je n'ai pas encore vu. Et avec mes brûlures, personne n'aura rien à redire si je devais retourner dans ma province.
- Soit ! fit la Reine. Mais vous nous manquerez. Edwin vous aimait bien.
- Et je lui porte également beaucoup d'affection, assura Baldur. Au fait. Qu'avez-vous fait de la dépouille de Leofa ?
- Il sera jeté dans un fosse communale, avec les autres voleurs et brigands de la région.
- J'aimerais m'occuper moi-même de ses obsèques. Afin de m'assurer que l'histoire sache à jamais quel félon il était.
La Reine acquiesça et s'en fut avec son fils.
A nouveau, la lumière blanche aveugla les Maraudeuses qui se retrouvèrent dans un pré. Baldur, toujours couvert de bandages, avait tracé un cercle et psalmodia une litanie. Le corps de Leofa s'embrasa. Baldur le regarda se consumer. Au bout d'un moment. Il y eut comme une explosion qui projeta Baldur au sol. Les trois filles, elles, virent nettement quatre boules de lumière jaillir du corps de Leofa et partir dans quatre directions différentes.
- J'en étais sûr, fit le sorcier. Tu t'es assuré l'immortalité de l'âme. Mais au moins sans corps, tu auras du mal à revenir à la vie. Et même si tu revenais, tu ne serais plus aussi dangereux.
* Tout ces noms ont trait à l'histoire d'Angleterre :
Athelstan accède au trône en 924 : c'est le premier Roi d'Angleterre de facto, puisqu'il unifie les sept royaumes du Wessex, du Sussex, de l'Essex, du Kent, de l'Est-Anglie, de Mercie et de Northumbrie. Il annexe le Pays de Galles et affronte les vikings.
Edmond 1er, son demi-frère, lui succède en 939 est surnommé "Deed-doer" : l'accomplisseur de hauts faits. Il récupère la Northumbrie aux vikings et s'allie au Roi Olaf d'York. Il s'empare du Strathclyde mais le cède au roi Malcolm 1er d'Écosse, s'assurant de bonnes relations avec ce pays. Il meurt en 946 assassiné par Leofa, un voleur exilé.
946 – 955 : Edred : frère d'Edmond 1er, de santé fragile, meurt en 955
955 – 957 : Edwin : fils d'Edmond 1er, perd une partie de ses terres à cause d'un conflit avec l'Eglise
source : Wikipédia
