RAR :
Lyanna : perverse, perverse... je dirais plutôt qu'elle ne fait qu'apprécier les plaisirs de la chair, comme tout un chacun. (Faut vous sortir la tête des mangas aux héroïnes ultra-prudes ! Ce n'est pas parce que quelqu'un aime le sexe que ça fait de lui (ou d'elle) un pervers et un obsédé).
Et si Heather n'a pas assomé Carrow, c'est dans un premier temps parce qu'elle a paniqué (ce qui peut se comprendre), dans un deuxième temps, parce que ça aurait pu empiré les choses ! Imaginez qu'elle lui ait balancé son pied là où ça fait mal, mais qu'en tombant Carrow ait aggripé la cape et l'aie reconnue. Elle aurait eu bien du mal à échapper à une sévère (et encore c'est un oephémisme) punition (ce mot-là aussi, est un oephémisme).
Lyra : Pour ce qui est de la cape : réponse dans ce chapitre. mais si vous vous rappelez bien Les Reliques de la Mort, vous devriez déjà avoir un début de réponse.
Daffy : Effectivement, ta prédiction s'est avérée exacte... tu pourrais faire concurrence à Trelawney ^^. Ou bien est-ce simplement que tu le connais bien.
Auctor : J'avoue que m'imaginer la scène m'a bien fait rire aussi... genre Sambella avec un regard qui lance des Avada, et Abby en SD, avec l'index juste sous la bouche qui décrit un grand sourire avec un peu de bave sur le côté.
Louwyn : Et bien j'espère que tu récupéreras bientôt le net. Mais je ne suis pas de ton avis : le baiser du détraqueur serait un sort bien trop doux pour les Carrow. Où alors en s'assurant qu'ils aient bien souffert avant de le recevoir.. parce qu'une fois l'âme envolée, c'est comme s'ils étaient morts, ils ne ressentent plus rien, ni en bien, ni en mal, et ils méritent vraiment d'avoir très mal (surtout le frangin).
Kiwi : En fait, sans vouloir me lancer des fleurs, il y a beaucoup de choses intéressantes, dans ce qui arrive à Heather au cours de cette année, qui vont avoir un impacte sur la bataille finale. Lesquelles... je vous laisse découvrir.
16
Un Noël mouvementé
Cette année-là, le froid et la neige arrivèrent plus tôt. A la mi-novembre on se serait déjà cru à l'approche de Noël. Mais le froid externe était combattu par l'ardeur des opposants aux mangemorts. Un jour, Justin Finch-Fletchey était arrivé dans la Salle sur demande avec un vieux poste de radio. Il l'alluma, et donna un mot de passe, "Phénix", et accéda alors à une émission présentée par Lee Jordan, Fred et George. Ils s'étaient donnés des surnoms, mais tous ceux qui les côtoyaient purent facilement reconnaître leurs voix. Ils donnèrent des nouvelles des actions de l'Ordre du Phénix, qui avait récemment réussi à sauver une famille de moldus dont un enfant était un sorcier en fuite. Ils recensaient également les victimes dont les journaux ne parlaient pas, afin d'honorer leur mémoire, qu'ils soient sorciers opposants au régime, nés-moldus trépassés dans les geôles d'Azkaban ou moldus victimes de jeux sadiques organisés par les mangemorts. Ils parlèrent également de Harry, qui était toujours introuvable, et qu'ils encourageaient de leurs vœux.
La première sortie à Pré-Au-Lard, contrairement à l'hiver, arriva bien plus tard que d'habitude, puisqu'elle n'eut lieu que le dernier week-end de novembre. Rebecca s'y rendit avec Neville, main dans la main. Heather les observait marcher d'un pas joyeux avec une pointe de jalousie. Abigail était juste à côté d'elle, mais c'était encore trop loin à son goût.
La raison d'un hiver si précoce leur apparut dès qu'ils arrivèrent à l'orée du village. Un couple de détraqueurs observaient la route et tout ce qui passait. Il y avait une bonne trentaine de ces créatures qui surveillaient le village et ses environs.
Après un passage chez Honeydukes pour se ravitailler en confiseries, Neville et Rebecca s'éclipsèrent sur un petit mot. Heather et Abigail allèrent chez Zonko voir s'il n'y avait pas quelque produits intéressants qu'elles pourraient ramener au château, quitte à les dissimuler d'une façon ou d'une autre. Mais elles ressortirent de la boutique avec juste quelques pétards mouillés du Dr Flibuste. La pression des détraqueurs entamait sérieusement leur moral.
- Qu'est-ce que tu dirais d'un bon chocolat chaud ? proposa Abigail.
- Ce ne serait pas de refus, répondit Heather.
Elle allait pour se diriger vers les Trois Balais, mais Abby bifurqua en direction du salon de thé de Madame Pieddodu.
- Tu es sûre de vouloir aller par là ? demanda Heather.
- Oh oui ! L'atmosphère est bien plus agréable chez Pieddodu. Les places sont plus confortables, la salle est mieux chauffée, et nettement moins bruyante. Y a pas photo !
Heather hésita un instant, puis se décida à suivre son amie.
Effectivement, dès qu'elle eurent passé la porte, une chaleur agréable les envahit, et l'odeur de chocolat chaud et de thé vint leur caresser les narines. Elles s'installèrent à une table tout au fond de la salle. En sirotant son chocolat, Heather observait avec une certaine envie la main de la Serpentard qui pianotait en attendant que le contenu de sa propre tasse refroidisse un peu.
Très vite, toute trace de morosité disparut en Heather. Mais elle n'était pas plus joyeuse pour autant. En fait, elle brûlait du désir de pouvoir faire avec Abigail ce que Hannah Abbot et Ernie Macmillan faisaient à la table voisine, cachés derrière la plante verte qui les séparaient. Heather reposa sa tasse et allait tendre sa main vers celle de sa petite amie quand elle sentit le pied de celle-ci, déchaussé, venir caresser sa jambe.
Elle fixa Abigail dans les yeux et y vit le plaisir et une certaine mutinerie de faire ceci presque à la vue de tous. Heather n'hésita plus et pris la main de la Serpentard dans la sienne, elle plongea dans son regard de jade, comme pour la supplier de se rapprocher, encore, encore un peu.
- Heather, qu'est-ce que tu fais ? l'interrompit-elle alors que la Gryffondor approchait son visage du sien.
- J'en ai assez de cacher ce que nous ressentons l'une pour l'autre.
Et sans plus de cérémonie, Heather l'embrassa passionnément. Elle passèrent un quart d'heure dans une intimité relative, se fichant bien qu'on puisse les voir. Mais pour le coup, les seuls à les remarquer furent Neville et Rebecca qui s'en allaient et les virent en se faufilant entre les tables. Abigail termina son chocolat chaud, qui ne l'était plus tant que ça, elles sortirent à la suite de leurs amis, et rentrèrent au château en se tenant la main, sans plus ressentir aucune influence de la part des détraqueurs.
***
La semaine suivante se passa sans que personne ne remarque leur petit manège. En fait, comme le règlement interdisait certains comportement, notamment le fait de s'embrasser en public, et que de toutes façons, elles préféraient de loin l'intimité de la salle de la Dame Bleue pour leurs rendez-vous amoureux, il n'y eut pas grand chose de changé.
Par contre, Rebecca, elle, devenait un peu plus grognon chaque jour.
- On joue contre Serdaigle la semaine prochaine, et Smith devient pire qu'insupportable ! expliqua-t-elle. Déjà qu'il est pas évident à gérer quand il a un peu d'autorité sur les autres, mais là… je sais pas si je tiendrai encore huit jours ainsi !
Le samedi, Gryffondor jouait contre Serpentard. Heather, bien sûr, n'avait pas le droit d'assister au match. Et apparemment, grand bien lui fit, car les autres élèves de Gryffondor revinrent maussades dans le meilleur des cas, ou carrément furieux pour certains. Heather apprit de Andrew Kirke que Ginny, et Melinda Baggins avait été bien amochées, que Peakes et Sloper avaient aussi reçu quelques coups et que Demelza avait dû quitter le terrain en cours de match pour blessure. Le reste de l'équipe était allé à l'infirmerie pour savoir comment allaient les blessés. Elle apprit également que ce n'était pas Mrs Bibine qui arbitrait la rencontre mais Alecto Carrow. Que bien sûr, elle avait sifflé des fautes inexistantes pour Gryffondor, et aucune pour Serpentard, si bien que Crabbe et Goyle s'en étaient donnés à cœur joie.
- Le seul qui n'ait rien eu, c'est Stanton ! s'emporta Kirke. Tu devrais le voir sur son balai ! Il est plus glissant qu'une anguille. Il évite les cognards, les battes et les poings avec une fluidité incroyable. Bon, Cameron Doe, le gardien, n'a pas non plus été inquiété, mais c'est parce qu'ils se sont vite rendu compte qu'il était nul et n'arrivait pas à empêcher les poursuiveurs de marquer.
- On a dû perdre sur un score fleuve ? demanda Heather d'un ton morne.
- Ginny a tout de même réussi à limiter les dégâts, répondit Kirke. T'aurais vu la tête de Malefoy quand une fille lui a ravi le vif sous le nez ! Mais effectivement, les Serpentard l'ont emporté : deux cent dix à cent soixante-dix.
Heather fit une grimace puis se leva et se rendit à l'infirmerie voir comment allait Ginny. Elle avait un bras cassé, l'œil gauche bien poché, le nez et la bouche en sang, et la joue droite d'un violet teinté de vert. Heather lui assura que les deux trolls et Carrow ne s'en sortiraient pas comme ça.
Au cours de la semaine suivante, Crabbe fit une chute spectaculaire depuis le palier de l'escalier de marbre et eut droit à un petit séjour à l'infirmerie. Il y fut rejoint le lendemain par Goyle sur qui une statue était tombée. Enfin, la sœur Carrow passa la nuit du vendredi au samedi à se tordre de douleur, victime d'une intoxication à la salmonellose. Ce fut donc Mrs Bibine qui arbitra le match opposant Poufsouffle à Serdaigle. Les deux équipes, ayant vu ce qu'avait donné le match de Serpentard savaient bien qu'elles avaient tout intérêt à marquer des points avant de rencontrer l'équipe à la guivre. Aussi, le match fut-il très disputé et, pour la première fois depuis de nombreuses années, Poufsouffle l'emporta sur Serdaigle, grâce aux combinaisons de Rebecca et Smith, qui prouvèrent qu'il n'était nul besoin de s'apprécier pour pouvoir jouer en équipe.
***
Le lendemain, Harry contacta Heather. Plus de dix jours après leur dernière discussion par parchemins interposés.
- Alors, du nouveau ? demanda la jeune fille à son frère.
- Pas vraiment non, répondit celui-ci. Mais je voulais savoir comment s'étaient passés les matchs de quidditch.
- Pas terrible.
Heather lui expliqua l'arbitrage honteux de la sœur Carrow, sans lui préciser cependant que cela avait envoyé Ginny à l'infirmerie pour trois jours.
- Mais sinon, tu tombes bien, écrivit-elle une fois qu'ils eurent fini de parler quidditch. Je voulais te proposer, à toi et Hermione de venir passer Noël chez moi. J'ai déjà écrit à mes parents, et ils m'ont répondu qu'il n'y avait pas de problème. D'ailleurs, Abigail doit venir pour le réveillon du nouvel an, si vous restez, on pourra le fêter tous ensemble.
- C'est gentil à toi, mais ça n'est pas une très bonne idée pour nous de rester trop longtemps au même endroit, ni de prévoir de rendre visite à quelqu'un à une date convenue, écrivit Harry.
- Je vois, c'est dommage… mais réfléchis-y encore avec Hermione, si vous décidez de venir, vous n'aurez qu'à me prévenir la veille. Ca suffira pour qu'on prépare le nécessaire à la maison.
Harry promit d'y réfléchir, il discutèrent de l'AD, et Heather leur parla de l'émission de Lee Jordan, qui s'appelait Potterveille, et que les membres de l'AD suivaient à tour de rôle. Savoir qu'il était soutenu par ses camarades de Poudlard, les anciens comme les nouveaux, ainsi que par l'Ordre du Phénix sembla émouvoir Harry. Heather en tout cas espéra que ça lui permettrait de tenir dans sa tâche difficile de retrouver et détruire les horcruxes.
Heather se rendit devant la gargouille du deuxième étage dès qu'elle eut un moment de libre, dissimulée sous sa cape d'invisibilité. Malheureusement, le mot de passe n'était plus "venin de manticore". Heather fut donc contrainte d'attendre que quelqu'un passe, et ce quelqu'un s'avéra être Amycus Carrow. Elle le suivit discrètement dans l'escalier en colimaçon et resta sur le seuil du bureau de Rogue. Elle n'avait pas pensé à prendre d'oreille à rallonge avec elle et se maudit de son manque de prévoyance. Elle se colla contre la porte pour essayer d'entendre ce qu'il se passait. Mais le bureau semblait bien plus imperméabilisé aux écoutes qu'à l'époque de Dumbledore. Elle ne put que se reculer vivement quand elle entendit la poignée tourner. Amycus ressortait passablement mécontent.
- Je te le dis Severus, certains continuent à douter de toi, et tu ferais bien de découvrir vite fait où se cache Potter si tu ne veux pas perdre de ton prestige auprès du Maître.
- Et moi je te répète, Amycus, que les seuls comptes que j'ai à rendre, c'est auprès du Seigneur des Ténèbres, et pas de ses mangemorts jaloux. Tu pourras venir me critiquer le jour où tu auras éliminé une menace aussi importante que celle que représentait Dumbledore.
Amycus repartit, et Heather attendit d'entendre le passage de la gargouille se refermer avant de pénétrer dans le bureau. Rogue fixa la porte avec intensité.
- Miss Wright ! Que venez-vous donc faire ici ?
- J'ai des informations à vous communiquer, répondit Heather en s'avançant.
- C'est très aimable à vous, mais j'aimerais assez que vous retiriez d'abord cette cape d'invisibilité.
Heather, confuse, retira sa cape.
- Et vous devriez la faire réviser, reprit le Directeur. Il semble que sa qualité ne soit plus à son meilleur niveau. On voit quand vous bougez.
Il prit la cape en main et l'observa de plus près.
- Mmmh… Une cape créée à l'aide d'un sortilège de désillusion. Relativement bon marché, mais ne dure pas très longtemps. Le professeur Flitwick pourrait peut-être vous arranger cela. Bon, vous disiez avoir des informations.
- Oui, je… commença Heather, avant de s'arrêter hésitante.
Elle savait que Rogue n'avait lancé le sortilège de la mort sur Dumbledore que parce que celui-ci le lui avait demandé. Mais après avoir entendu la fin de la conversation avec le frère Carrow, elle se demandait si indiquer à son directeur ce qu'elle savait sur Harry était très pertinent.
- Eh bien, allez-y, je ne vais pas vous manger, reprit Rogue d'un ton assez brusque.
- Si vous permettez Severus, je pourrais m'entretenir d'abord avec Ms Wright et vous expliquer ensuite ce qu'il y aura à expliquer, intervint le portrait de Dumbledore.
- Si vous voulez, souffla Rogue exaspéré. J'espère simplement que cette mascarade sera bientôt terminée.
Le directeur sortit, laissant Heather seule avec son prédécesseur.
- Alors Heather quelle nouvelle est donc si importante que tu prennes la peine de venir nous en informer ?
- Eh bien… J'ai proposé à Harry et Hermione de venir passer le réveillon de Noël chez moi. Ils voulaient refuser, mais je les ai convaincus d'y réfléchir. Ils doivent me prévenir la veille pour me donner leur décision.
- Ah ! Alors Ronald a finalement craqué et décidé de retourner chez ses pénates.
- Vous saviez qu'il agirait ainsi ? s'étonna Heather.
- Ce n'était pas très difficile à deviner. Ronald bien que pauvre, avec Molly comme mère, n'était pas préparé à une vie de bohème. C'est un ami sincère et fidèle, c'est ce qui l'a poussé à accompagner ses amis, mais il ne savait pas dans quoi il se lançait, et quand il l'a réalisé, il a craqué et est parti. Mais comme je viens de le dire, c'est un ami sincère. Je suis certain qu'il a presque aussitôt regretté son geste.
- Effectivement, j'ai pu apprendre par l'intermédiaire de son père et de son frère Bill qu'il s'en voulait et voudrait pouvoir retrouver ses amis.
- Il le pourra. Je lui ai confié l'éteignoir dans ce but. Il faut certaines conditions, mais je suis sûr que le moment voulu, elles seront remplies, et alors, il sera naturellement guidé jusqu'à ses amis.
- Bien, si on en revenait à Harry. S'il vient pour Noël, je pourrais lui confier l'épée de Gryffondor, puisque vous vouliez qu'il l'ait. Je suppose qu'elle doit lui permettre de détruire les horcruxes ?
- Tu es toujours très vive d'esprit Heather, sourit Dumbledore. Oui, il se trouve que Voldemort a lui-même fourni à Harry la meilleure arme pour le vaincre. L'épée a été touchée par le venin du basilic lorsque Harry s'en est servi pour tuer ce monstre qui hantait la Chambre des Secrets. Or, elle est de fabrication magique et peut absorber les propriétés des substances qu'elle touche. Elle peut donc maintenant, à l'instar du venin, détruire des horcruxes. Par contre, je préfère ne pas te la confier. Puisqu'il n'est pas certain que Harry accepte ta proposition, je préfère que Severus la garde. Peut-être monsieur Nigellus pourra-t-il finalement nous avertir de l'endroit où ton frère se trouve.
Heather acquiesça.
- Et au fait, reprit le tableau. Comment se passe la préparation des élèves à une bataille éventuelle ?
- Assez bien, répondit Heather. Finalement, j'aurais très bien pu partir avec Harry et les autres. Neville et Ginny se débrouillent comme des chefs. Neville surtout ! Il est impressionnant.
- Oui, sourit à nouveau le portrait. J'ai déjà eu plusieurs échos de ses hauts-faits. Mais aurais-tu pu rester des mois loin de ton amie Abigail ?
- Non, effectivement, répondit Heather avant de se rendre compte de ce que la question de Dumbledore signifiait. Mais, vous… vous savez ?
- Depuis l'année dernière, avant même que tu ne réalises toi-même que tu tenais à elle plus que tu ne le pensais. Je veilles sur toi de la même façon que je veille sur Harry. Après tout…. Vous êtes tout ce qu'il reste de James et de Lily. Quoiqu'il en soit, j'ai suivi tout ce qui a pu t'arriver l'année dernière, et j'ai vite compris.
- Mais.. ce… ça ne vous choque pas que je… enfin, ça ne doit pas être très courant dans le monde sorcier, non ?
- Certes, mais ça ne veut pas dire que ça n'existe pas. Allez, file avant que tes amies ne se demandent où tu as bien pu passer. Je m'occuperai de dire au professeur Rogue ce qu'il a besoin de savoir.
- Merci professeur ! salua Heather avant de quitter la pièce.
***
La dernière semaine de cours fut relativement tranquille. Heather et Abigail évitaient soigneusement la bande à Rowle ou bien celle à Malefoy. Elle ne voulaient pas prendre le risque qu'il leur arrive quelque chose et que leurs vacances soient gâchées. Le vendredi soir, les membres de l'AD organisèrent une fête clandestine qui dura toute la nuit. La bièraubeurre coulait à flot, et Heather soupçonna même certains élèves de septième année d'avoir pu obtenir du whisky pur feu auprès d'Abelforth. Mais il avait dû disparaître très vite, car elle ne le constata qu'à l'état d'ébriété de certains. Au cours de la soirée, Terry Boot vint demander à Heather si elle voulait danser avec lui, mais celle-ci, déjà dans les bras d'Abigail refusa poliment et lui expliqua que son carnet de bal était déjà plein. Quand elle embrassa Abigail pour le lui prouver, il y eut soudain comme une accalmie. Tout le monde était sidéré. Pour ceux qui ignoraient les relations d'Abigail et Heather, c'était la surprise de voir deux filles faire ça ensemble. Pour ceux qui étaient déjà au courant, ce fut de les voir le faire en public. Puis tout le monde reprit la fête comme si de rien n'était. Mais Terry Boot restait planté là, hagard. Neville arriva par derrière lui et lui donna une grande tape dans le dos en rigolant et en lui disant de s'en remettre.
La fête dura presque toute la nuit. Mais sur les coups de quatre heures du matin, même les plus endurants cessèrent de danser pour s'installer dans des fauteuils ou dans leur hamac, et succombèrent au sommeil.
Ce fut le branle-bas de combat, quand, à neuf heures du matin bien passées, les premiers se réveillèrent et tirèrent les autres du sommeil en leur disant qu'il leur restait moins de trois quarts d'heures pour se préparer avant le départ des diligences pour la gare. Heureusement, dans la cohue générale, les professeurs ne remarquèrent pas les élèves qui regagnaient précipitamment leurs dortoirs en portant des tenues froissées et débraillées par la nuit qu'ils venaient de passer. Dans le train, beaucoup se rendormirent, notamment Timmy qui n'avait pas l'habitude de veiller jusqu'à deux heures du matin. Rebecca n'en fut pas mécontente car elle put profiter de Neville un maximum avant l'arrivée à King's Cross. Heather et Abigail s'embrassèrent pour se dire au revoir et se donnèrent rendez-vous six jours plus tard, chez Heather.
La jeune Gryffondor retrouva avec joie ses parents ainsi que Endymion, son hibou, qu'elle mit à contribution dès le lendemain pour envoyer leurs cadeaux à tous ses amis. En remerciement pour son anniversaire, elle envoyait un assortiment de confiseries à Melany Mulciber et Lance Gleeson, en incorporant quelques confiseries moldues pour voir ce qu'ils en pensaient. Elle envoya une lettre ainsi qu'un guide de survie lorsqu'on est perdu en forêt à Ron, lui disant qu'il avait plutôt intérêt à vite trouver un moyen de rejoindre son frère et Hermione ou elle viendrait elle-même lui expliquer sa façon de penser. Elle offrit un compendium d'anatomie à Ginny qui avait émis le souhait, lors d'une réunion de l'AD d'en apprendre un peu plus sur le sujet afin de pouvoir soigner des blessures plus graves que les légères coupures et ecchymoses qu'ils avaient appris à soigner l'année précédente. Enfin, elle exploita le temps qu'Endymion mit à traverser le pays dans tous les sens pour choisir une photo d'elle et Abby prise pendant les vacances. Elle l'agrandit, et en fit un dessin, au crayon d'abord, puis en repassant dessus au fusain. Certes, elle avait un peu triché et utilisé un papier calque pour rester fidèle à l'image, mais elle n'était pas non plus aussi douée que Dean. Elle estima néanmoins que le travail était tout à fait réussi, quand elle y jeta un dernier coup d'œil, le lundi soir, avant dans l'enrouler dans une lettre de vœux qu'elle scella à la cire.
Alors qu'elle allait se coucher, son parchemin communicant vibra et Harry lui appris qu'il viendrait avec Hermione le lendemain. Elle s'empressa de le dire à sa mère, puis fila se coucher.
Dès le matin du vingt-quatre décembre, ce fut le branle-bas de combat en cuisine. Aidée de Heather, Mrs Wright passa le plus gros de sa journée à préparer les différents plats. Autour de l'incontournable dinde aux marrons et de la bûche glacée faite maison, il y avait les entrées : toasts au foie gras, au saumon fumé ou aux œufs de poissons – quelques uns étaient même au caviar, pour célébrer la promotion que Mr Wright avait eu suite à son stage cet été. Avant de servir la dinde, Mrs Wright avait prévu un plat un peu exotique : des crevettes au lait de coco, servies avec leur riz. Après la dinde, un trou normand permettrait de faire une pause et un peu de place pour le dernier plat : une daurade au four, avec tomates, oignons et pommes de terre.
Harry et Hermione arrivèrent un peu avant cinq heures du soir. Heather fut un peu horrifiée de voir à quel point ils avaient maigri. C'était très flagrant chez Hermione. Elle comprenait un peu mieux que Ron ait fini par craquer. Mrs Wright, encore bien occupée avec sa dinde, trouva tout de même le temps de leur servir le thé. Hermione demanda à utiliser la salle de bain. Il est vrai qu'ils ne devaient pas se laver très fréquemment non plus… surtout depuis quelques semaines qu'il faisait trop froid pour se laver à l'eau des ruisseaux. La magie leur permettait de maintenir une hygiène minimum, mais ils avaient visiblement grand besoin de profiter du confort d'une maison.
Quand ils furent tous deux lavés, changés, et pour Hermione, même pomponnée, ils expliquèrent plus en détail à Heather leur vie de fugitifs. Hermione expliqua qu'ils souhaitaient aller rendre visite à Bathilda Tourdesac le lendemain matin car ils pensaient que peut-être, Dumbledore lui aurait confié la véritable épée de Gryffondor. Encore une fois, Heather dut se mordre les lèvres. Elle ne pouvait pas leur dire qu'elle savait où était la véritable épée sans leur révéler ce qu'elle savait de la mort de Dumbledore, et quelque chose lui disait que même si ce dernier n'était plus, le serment qu'il leur avait fait prêter, à elle et Abigail, était toujours valable.
Hermione lui parla également du symbole, que Krum disait être la marque de Grindelwald, et qui ornait le haut d'une page de son exemplaire des contes de Beedle le barde. Heather ne put pas vraiment aider ses amis à ce sujet. Elle avait effectivement vu le symbole sur le pendentif de Mr Lovegood, mais c'était bien la seule et unique fois.
La soirée fut très agréable à Heather. En bonne institutrice et élève assidue, sa mère et Hermione s'entendirent à merveille et ne cessèrent de discuter de tout un tas de sujet, notamment de ce qu'elles souhaiteraient modifier dans l'enseignement sorcier. Harry et Heather parlèrent quidditch avec Mr Wright, et celui-ci résuma pour sa fille les match de foot les plus intéressants des derniers mois. Chacun fit honneur au repas, mais il y avait tellement à manger qu'il y aurait des restes pour plusieurs jours. Ils n'étaient pas encore arrivés au dessert que minuit sonna et qu'ils procédèrent à l'échange de cadeaux. Harry et Hermione offrirent à Heather un roman de cape et d'épée.
- On avait pas vraiment d'idées, expliqua Harry un peu honteux de n'avoir que ça à proposer.
- Mais c'est très bien, merci ! répondit Heather en souriant.
- En fait, j'avais une autre idée, mais ça ne plaisait pas trop à Hermione, chuchota Harry. Alors j'ai acheté ça en secret, je te l'offrirai un peu plus tard.
Heather et ses parents avaient fait un cadeau groupé pour Harry et Hermione, Heather, à qui Harry avait souvent confié qu'ils ne mangeaient pas grand chose depuis qu'ils étaient en cavale, avait pensé qu'ils aimeraient bien pouvoir se faire de temps en temps un bon civet, aussi, avec ses parents, leur avait-elle offert un couteau de chasse, quelques denrées non périssables, des fonds de sauces divers, un livre de recettes pour préparer lapins, biches, faisans et toutes sortes de gibiers et de poissons, et enfin quelques tickets restaurant.
- Ca ne devrait pas vous mettre en danger d'aller une fois ou deux dans un fast food, ou même un petit restaurant de village, avait dit Mrs Wright quand ils émirent des réserves sur l'utilisation de ces chèques.
Ils remercièrent en tout cas chaleureusement les Wright.
Une fois le dessert avalé, et comme ils ne souhaitaient pas se lever trop tard le lendemain, ils allèrent se coucher. Harry trouva l'occasion de se retrouver seul avec Heather et lui remis son cadeau. Il s'agissait d'un assortiment de diverses farces et attrapes moldues. Coussin péteur, poignée de main électrique, boite à meuh, fausse tâche d'encre, poudre à éternuer, poil à gratter. Rien que des grands classiques, mais Heather assura qu'elle avait déjà une bonne idée d'utilisation pour la plupart de ces articles. Elle remercia son frère d'une bise sur la joue, puis l'abandonna pour aller se coucher.
***
Le lendemain matin, Heather s'éveilla et remarqua quelques cadeaux au pied de son lit. Il y avait des bonbons magiques de la part de Lance Gleeson, une boîte de chocolats tout à fait moldus envoyée par Melany Mulciber, une lettre de Rebecca qui la remerciait pour le livre de cuisine, expliquant que ce serait l'arme parfaite pour arriver à ses fins, à la Saint Sylvestre, qu'elle passerait avec Neville. Elle expliquait que son cadeau consistait en une formule de magie noire qu'elle avait trouvé dans un livre qui appartenait à la famille de son père depuis des générations. Cette formule très compliquée, et apparemment dans une langue plus ancienne que le latin était sans aucun doute celle utilisée par les Maraudeurs pour faire apparaître la position et le noms des gens sur leur carte. Enfin, le dernier cadeau était celui d'Abigail, elle l'ouvrit et découvrit un album photo rempli de plein de photos sorcières d'elles deux, la plupart avaient été prises cet été, et il y avait même des pages scellées par magie, expliquait la lettre accompagnant le cadeau, contenant des photos plus "intimes". Elle n'eut pas le temps de regarder ce que Abigail voulait dire par là, Hermione s'était réveillée elle aussi et lui souhaita encore un joyeux Noël, et se dépêcha de s'habiller en invitant Heather à faire de même, afin qu'ils partent assez tôt pour ne pas être vus par trop de monde lorsqu'ils se rendraient chez Bathilda Tourdesac.
Aussitôt après le petit déjeuner, qui fut très frugal pour Heather, elle avait trop mangé la veille, mais où Harry et Hermione se servirent copieusement, ils se préparèrent pour se rendre chez Mrs Tourdesac.
- Euh… ça ne vous dérange pas si on fait un petit tour dans le village d'abord ? demanda Hermione. Tu m'as déjà parlé des monuments à la mémoire de tes parents Harry, mais j'aimerais bien les voir, moi aussi.
Harry et Heather acquiescèrent, ça leur ferait une bonne excuse pour aller se recueillir sur la tombe de leurs parents. Hermione et Harry prirent une dose de polynectar que Hermione avait préparé, Goderic's Hollow étant un village connu pour sa population sorcière, ils ne pouvaient pas prendre le risque d'être reconnu par quelqu'un.
Ils se rendirent sur la place du village où Hermione resta un moment à contempler la statue des Potter.
- C'est dingue comme vous leur ressemblez, s'étonna Hermione. Je l'avais souvent entendu dire, mais c'est la première fois que je peux le constater moi-même.
Puis, ils se dirigèrent vers le cimetière, après avoir vu la tombe des parents de Harry, Hermione laissa Heather et son frère se recueillir tranquillement, en furetant dans le cimetière, à la recherche de noms connus. Quand ils eurent finis, ils cherchèrent leur amie qui s'était arrêtée devant une tombe très ancienne, un livre à la main. Elle les remarqua qui venaient vers elle.
- Harry ! Heather ! Venez-voir !
- Que se passe-t-il ? demanda Harry ?
- Regardez, sur cette tombe, on dirait le symbole qu'il y a dans le livre de Beedle le barde !
Harry et Heather prêtèrent plus attention à la tombe. Elle était gravée au nom d'un certain Ignotus Peverell. Et sous son nom, il y avait un espèce de triangle, à moitié effacé par les décennies, peut-être même les siècles. Mais effectivement, cela ressemblait à l'espèce d'œil qui se trouvait sur la page à laquelle Hermione avait ouvert son livre.
- On pourra demander à Mrs Tourdesac si elle peut nous apprendre quelque chose sur cet Ignotus Peverell et sur ce symbole, proposa Heather.
Harry et Hermione acquiescèrent.
Ils quittèrent le cimetière et se rendirent dans la rue qui ceinturait le village. Ils grimpèrent la pente de la colline, et un peu avant d'arriver au sommet, s'arrêtèrent devant la maison où étaient morts les Potter.
- Harry ! intervint Heather. Tu as vu, les messages, il y en a de nouveaux !
- Harry regarda la pancarte comportant le message du ministère.
Effectivement, de nouveaux messages avait été rajoutés entre, ou par dessus ceux qu'ils avaient déjà lus plus de deux ans auparavant. La plupart semblaient très récents, et encourageaient Harry à continuer la lutte contre Voldemort. Il sourit et serra sa sœur contre lui. Elle lui rendit son étreinte.
- Tu vois, dit-elle. Vous n'êtes pas seuls dans cette lutte. Beaucoup de monde vous soutient.
- Allez, fit Harry, si nous allions enfin poser nos questions à Mrs Tourdesac ?
Hermione et Heather approuvèrent et tous trois redescendirent la rue en pente pour se rendre quelques maisons plus bas. Ils avancèrent dans l'allée et sonnèrent à la porte. Au bout de quelques minutes, Bathilda vint leur ouvrir, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne semblait pas aller bien. Ses yeux étaient recouverts d'une épaisse cataracte, ses cheveux étaient encore plus épars et fins que la dernière fois qu'ils l'avaient vue, et elle semblait se déplacer encore plus péniblement. Heather, un moment interdite engagea la conversation.
- Bonjour Mrs Tourdesac ! Voici des amis, nous avions quelques interrogations sur d'anciens personnages du monde de la magie, et on se demandait si vous pouviez y répondre…
Heather remarqua que malgré le fait qu'elle semblait désormais tout à fait aveugle, Bathilda semblait fixer exclusivement, et intensément Harry. Elle fut aussi légèrement incommodée par l'odeur qui se dégageait de la vieille dame. Elle voulut reprendre le cours de ses explications, mais déjà Bathilda s'écartait pour les laisser entrer.
Quand ils furent tous dans l'entrée, elle referma la porte. Heather nota qu'elle avait fait un tour de verrou. Puis elle s'avança en bousculant légèrement les deux filles, pour se diriger vers le salon.
- Je ne suis plus certaine que ce soit une bonne idée, souffla Hermione.
- Elle est très différente de la dernière fois que je l'ai vue, ajouta Heather dans un soupir.
- La tante Muriel disait qu'elle était devenue gaga, expliqua Harry.
Il y eut alors un bruit qui vint du salon, comme un sifflement qui hérissa le poil de Heather, et lui donna des frissons tout le long de la colonne vertébrale.
- Tout va bien, dit Harry en entraînant les deux filles dans le salon.
Bathilda faisait le tour de la pièce pour allumer quelques bougies, mais l'endroit restait toujours très sombre, les volets étaient fermés, et Heather remarqua une importante couche de poussière sur l'ensemble du mobilier et les différents cadres photos. Une forte odeur de renfermé sévissait dans la maison, un peu comme dans certains cachots à l'abandon dans les profondeurs de Poudlard. Il y avait une autre odeur, que Heather finit par deviner comme étant une odeur de chair pourrie, et celle-ci émanait non pas de la pièce, mais de Mrs Tourdesac. La vieille dame allumait toutes les chandelles à la main, Harry se proposa de terminer la chose. La vieille dame se contentait de le fixer.
- Heather, murmura Hermione. Il y a quelque chose de pas normal ici. Et ce son qui est venu du salon avant que nous y entrions… On aurait dit…
- Quoi ? demanda Heather.
- On aurait dit du fourchelang.
Heather savait que son frère avait le don de parler et de comprendre la langue des serpents, mais elle n'avait encore jamais eu l'occasion d'entendre ladite langue. Jusqu'à aujourd'hui en tout cas.
Harry questionna Mrs Tourdesac à propos d'un jeune homme sur une photo. Quand Hermione lui demanda ce qu'il faisait, il lui expliqua qu'il s'agissait d'un voleur qui aurait dérobé quelque chose à un certain Gregorovitch.
Bathilda ne répondit pas à ses interrogations.
- Mrs Tourdesac, nous voulions vous demander si vous savez quelque chose sur un certain Ignotus Peverell, qui est enterré ici, à Goderic's Hollow. Il y a sur sa tombe un symbole qui…
Sans donner l'impression qu'elle avait ne serait-ce qu'entendu ce que disait Hermione, Bathilda fit signe à Harry de l'accompagner à l'étage. Quand les trois jeunes gens voulurent se mettre en route, elle fit vivement comprendre que seul Harry devait l'accompagner.
- J'aime pas ça, dit Heather une fois qu'ils furent montés, et entrés dans la première pièce à droite. Viens, on va écouter ce qu'ils se disent.
Et elle traîna Hermione derrière elle en montant rapidement à l'étage. Là, elle déroula une oreille à rallonge, et fut très vite imitée par Hermione. Elles glissèrent les cordelettes sous la porte, et n'eurent pas très longtemps à attendre pour entendre à nouveau un sifflement de serpent qui redonna la chair de poule à Heather.
Les deux filles n'attendirent pas une seconde, elles n'échangèrent même pas un regard pour se concerter. Elles enfoncèrent la porte à coups de pied et stupéfixèrent la présumée Bathilda.
- Hermione, Heather, que se passe-t-il ? demanda Harry.
- Vous parliez en fourchelang, expliqua Hermione. On a pensé que c'était…
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que du corps inerte de Bathilda sortit un énorme serpent noir, arrachant un cri d'horreur à Heather. Le serpent avançait lentement, comme s'il était sonné. Hermione n'attendit pas pour lancer un nouveau sortilège de stupéfixion. Cette fois, le reptile resta immobile.
- Qu'est-ce que c'est que… demanda Harry, très pâle.
Heather s'approcha des chairs qui étaient autrefois Mrs Tourdesac.
- Ah ! Cette puanteur ! lâcha-t-elle en s'écartant vivement, et se couvrant le nez avec la main. Elle doit être morte depuis des mois.
- C'est Nagini, dit Harry en fixant le serpent. Il l'a appelé !
- Vite ! Il faut partir ! s'alarma Hermione.
Mais le Serpent déjà se remettait à remuer. Trois Stupéfix le frappèrent simultanément.
- Hermione, il faut qu'on reste, au moins le temps qu'il nous voie, sinon, il va se demander pourquoi son piège n'a pas marché, dit Harry d'un ton impératif. Heather, toi, tu fiches le camp !
- Mais si…
- Pas de mais ! Je ne veux pas qu'il se serve de toi pour m'atteindre ! Ne t'inquiète pas pour nous, à l'instant où il sera à proximité, nous transplanerons.
L'argument de Harry eut raison de l'envie qu'avait Heather de prêter main forte à son frère. Mais il restait un problème.
- Et Ron ? demanda-t-elle.
- Quoi Ron ? répliqua Hermione d'un ton où perçait à la fois l'inquiétude et la colère.
- Je lui ai écrit… je lui ai demandé de passer cette après midi. Il s'en veut de vous avoir quittés, vous savez. Je pensais que si je ne lui disais pas que vous seriez là, il n'aurait pas peur de venir, et que ainsi, il pourrait s'excuser auprès de vous et que vous pourriez repartir ensemble.
- Eh bien tu diras à Monsieur Ronald qu'on est pas près de lui pardonner et que si je le vois je le transforme en veracrasse pour la peine ! Maintenant fais ce que t'a dit Harry et file !
- Mais je pourrais vous aider !
- Heather ! Je sais que tu veux bien faire, mais au plus longtemps on ignorera que tu as un lien quelconque avec moi, au mieux ce sera pour toi et tes proches ! Imagines que tu restes… On se bat, tu transplanes avec nous. Tu ne pourras plus retourner à Poudlard.
- Et alors ! Neville et Ginny se débrouillent très bien, et ils ont plus d'alliés qu'ils ne le pensent, plaida Heather. Avec vous, je pourrais peut-être me montrer utile dans la recherche des horcruxes.
- Et tu accepterais de ne plus revoir Abigail pendant des mois ? demanda Hermione. Sans compter le fait que si tu es vue avec nous, les mangemorts pourraient s'en prendre à tes parents, ou à Abigail.
Ce dernier argument finit par convaincre Heather qu'il valait mieux qu'elle les laisse seuls. Elle dévala les escaliers tandis qu'elle entendait Harry prononcer la formule du sortilège d'oubliettes, ouvrit le verrou d'un Alohomora bien placé, et quitta la maison. Elle en fit le tour pour fuir par le parc municipal. Elle courait à en perdre haleine, terriblement inquiète pour ce qui pourrait arriver à son frère et à Hermione. Quand elle s'arrêta pour reprendre son souffle, elle s'en voulu, elle n'aurait pas dû les laisser, mais le nom d'Abigail lui avait un instant ôté toute faculté de réflexion. Elle regarda en direction de la demeure de Bathilda, elle pouvait encore revenir sur ses pas… Mais si elle les gênait, si son intervention, au lieu d'améliorer les choses, les faisaient empirer. Elle se maudit d'avoir cédé à la panique, car il était maintenant trop tard pour faire demi-tour. Mais comment savoir si son frère allait bien ?
Elle se retourna et reprit sa course vers chez elle. Sans répondre aux questions de sa mère sur ce retour précipité, elle monta dans sa chambre et sortit son parchemin communiquant. Il ne lui restait plus qu'à attendre. Mais c'était bien là le plus pénible.
