RAR :

LaLouisa : ^^ Je te fais marcher, et toi tu marches pas, tu cours... Bon, à l'avenir j'éviterais de te taquiner de la sorte. Oui, effectivement, ça va être moins gai à partir de maintenant.

Daffy : lol ! Effectivement, tu vas voir que dans ce chapitre, ca va ch.. comme tu dis.

Auctor : Mais avec le coussin péteur, c'étais déjà le cas... et puis les feux d'artifice ne sont pas vraiment des farces et attrappes, à part les feuxfous fuseboum, mais ils en sont parce qu'ils ont la faculté de se démultiplier quand on essaie de les arrêter.


18
Entre gris clair et gris foncé*

Janvier touchait à son terme, et l'hiver redoublait d'intensité. Certains soirs, de véritables tempêtes de neige venaient essayer d'ensevelir les habitations de moins d'un étage comme la cabane de Hagrid. Tous les jours, il fallait déblayer des chemins menant du château aux serres et au terrain de quidditch. La température extérieure avoisinait les moins dix degrés, parfois même, moins quinze au lever du jour. En conclusion, les matchs de quidditch furent repoussés en attendant des conditions météorologiques plus clémentes.
L'AD continuait propagande et entraînement de ses membres. Ces derniers étaient de plus en plus nombreux à suivre le programme de formation physique qu'avait mis au point Brittany. Ils faisaient travailler les différentes parties de leurs corps, et effectuaient également des exercices d'esquive.

Heather, Abigail et Rebecca étaient maintenant toutes les trois parvenues à une transformation complète en animagus.
- Bien ! J'ai une question un peu idiote, dit Abigail lors de la réunion où Rebecca avait enfin réussi à se transformer complètement. Mais maintenant que nous connaissons les moindres recoins de ce château et que nous avons une carte du Maraudeur 2 encore meilleure que la première, que nous sommes capables de nous transformer en animagus, et que nous avons épuisé les farces et attrapes moldues en étrennant la poignée de main électrique sur une Melany Mulciber qui a adoré ça après coup. Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire ?
- Eh bien… hésita Rebecca. J'ai fait quelques recherches de mon côté, et je pense avoir quelque chose qui nous serait utile pour la bataille finale.
- Est-ce que ça a un rapport avec ce que nous… demanda Heather.
Rebecca acquiesça, le regard d'Abigail s'illumina d'une lueur de convoitise.
- Où, quand, comment ? demanda-t-elle.
- Eh bien… fit Rebecca encore hésitante. C'était avant-hier, je…
- Avant-hier ! s'exclama la Serpentard. Et tu ne nous en parles que maintenant !
- Abby, si tu la laissais nous expliquer ? fit Heather d'un ton de reproche.
- Donc, j'ai découvert tout à fait par hasard, un petit local secret dans la bibliothèque.
- Ah bon ! coupa Heather cette fois. Où ça ?
- En fait, quand vous êtes dans la réserve interdite, il y a une étagère encadrée de deux candélabres, eh bien en faisant faire un demi-tour aux deux candélabres simultanément, et dans des sens contraires, l'étagère révèle le fameux local.
Heather n'eut pas le temps de se demander comment on pouvait découvrir ça "par hasard", Rebecca continuait son explication.
- Il y a là une quinzaine de volumes qui racontent tout ce qu'on a vu lorsque nous sommes allées dans la salle du… enfin vous savez laquelle. Le seizième tome explique tout le processus d'un rituel assez compliqué pour obtenir momentanément les pouvoirs des éléments.

Et là, Rebecca tira de son sac un très vieux manuscrit, relié à la main, avec une couverture en cuir de dragon frappée du blason de Poudlard. Il était plutôt épais.
- Heu… hésita Abigail devant l'épaisseur du volume. Il est compliqué comment, ce rituel ?
- Pas autant que ça, je te rassure, sourit la Poufsouffle. Les trois quarts du volume expliquent la séparation des fondateurs, et comment Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle ont décidé de sceller leurs pouvoirs élémentaires, d'une part pour que Serpentard ne s'en serve pas pour faire le mal, d'autre part pour qu'ils n'échouent jamais à une personne mal intentionnée. Bien sûr, dans le cas où ces pouvoirs pourraient servir une bonne cause, ils ont laissé ces livres, afin que des sorciers puissent y faire appel. Je n'ai pas tout lu en détail, mais apparemment, ce ne sera pas facile de réunir toutes les conditions, et quoiqu'il advienne, un sorcier ne pourra jamais avoir recours à ce rituel qu'une seule fois dans sa vie.
- Ok… Bon, je crois que midi approche, intervint Heather. On verra ça plus en détail lors de notre prochaine réunion… en attendant, je crois qu'il vaut mieux faire en sorte que personne ne trouve ce livre. Le mieux, ce serait de le laisser ici, mais pas en évidence…
La Gryffondor balaya la pièce du regard, et avisa le coin derrière la malle enchantée pour garder les bièraubeurre au frais. Elle tira la malle, se concentra pour métamorphoser un bout de mur en renfoncement protégé par quelques briques escamotables, et cacha le grimoire à cet endroit. Les trois amies sortirent ensuite pour se diriger vers la Grande Salle.

***

Elles se trouvaient au deuxième étage et allaient tourner dans le couloir menant à l'escalier de marbre quand derrière elles, Melany Mulciber les interpella.
- Heather ! Abigail ! Attendez !
Elles se retournèrent et la virent courir vers elle. Elle était essoufflée et en sueur.
- Qu'est-ce qui se passe Melany ? demanda Abigail.
- Il faut que je vous dise, Grey a…
Mais Melany ne termina pas sa phrase, à ce moment-là, Amycus et Alecto Carrow sortirent de ce qui était autrefois le bureau du professeur de défense contre les forces du mal. Les deux mangemorts s'interrompirent en voyant les quatre jeunes filles au coin.
- Qu'est-ce que vous faites là vous ? aboya Alecto.
- Nous nous rendions à la Grande Salle, comme vous je suppose ! répondit Abigail avec une effronterie couvant sous la politesse apparente.

Les deux soi-disant professeurs lancèrent un regard mauvais, adressé surtout à Heather et Melany. Celles-ci le leur rendirent bien. Puis, les deux adultes tournèrent les talons et se dirigèrent vers l'escalier de marbre. Melany tira les trois filles un peu en retrait.
- Je vous ai cherchées partout, chuchota-t-elle. J'ai entendu Grey dire à ses amies qu'elle avait trouvé le moyen de se débarrasser définitivement de vous. J'ai prévenu Yax…
A ce moment, un hurlement de cochon qu'on égorge retentit dans le couloir. Puis, un grand fracas métallique. Les quatre filles s'avancèrent et virent au bout du couloir pour découvrir Amycus penché sur sa sœur au sol, et des fragments d'armure éparpillés autour d'eux.

Amycus Carrow les fixa alors. L'expression dans ses yeux fit trembler Heather, et elle sentit dans sa main celle d'Abigail qui tremblait tout autant. Il se leva et sortit sa baguette.
- Vous ! C'est vous qui avez fait ça ! Endoloris !
Abigail se tordit de douleur. Heather tira sa baguette pour stupéfixer le mangemort, mais celui-ci dévia le tir de sa baguette et utilisa un sortilège d'expulsion qui envoya Heather percuter assez violemment le mur au fond du couloir. Heureusement, celui-ci était loin, et elle ne fut pas assommée. Rebecca à son tour subissait le sortilège de la douleur quand Yaxley arriva à l'autre bout du couloir.
- Professeur Carrow ! Attendez ! Regardez qui j'ai trouvée planquée dans un coin et dissimulée par un sortilège de désillusion !
Yaxley poussa quelqu'un devant elle et lança un sortilège qui rendit son apparence normale à Enola Grey.
- Il semblerait, d'après ce que l'on m'a dit, que cette jeune fille ait voulu s'en prendre à certaines de ses camarades. Je pense que votre sœur s'est juste trouvée au mauvais endroit au mauvais moment.
- C'est vous qui avez fait ça ? grogna Carrow.
- C'est elles qui auraient dû passer devant l'armure ! se défendit Enola en désignant Heather et ses amies.
- Endoloris ! lança Carrow.
Grey hurla et implora la pitié de son professeur. Carrow interrompit le flux de magie pour mieux se saisir brutalement de la jeune fille et la pousser sans ménagement dans son bureau.
- Je vais vous apprendre à vous assurer qu'à l'avenir, vos pièges ne se trompent pas de cibles. Quant à vous quatre, dit-il en se retournant vers Heather et les autres, Vous n'êtes pas étrangères à cette histoire, vous aurez une retenue et dix points en moins pour vos maisons pour la peine. Yaxley, transportez ma sœur à l'infirmerie de toute urgence !
Il reporta son attention sur la jeune fille à l'intérieur de son bureau.
- Quant à vous, vous avez intérêt à prier pour que ma sœur s'en sorte !

Il entra à son tour dans le bureau et en ferma la porte. Heather et ses amies se précipitèrent vers Yaxley pour voir ce qui était arrivé à la sœur Carrow. Elle avait une entaille qui saignait abondamment, partant de l'épaule droite, et allait presque jusqu'au milieu de la poitrine.
- La vache ! glapit Melany. Elle plaisantait pas, elle avait vraiment l'intention de vous tuer.
- Bon, aidez-moi à la transporter jusqu'à l'infirmerie, fit Brittany.
- Pour quoi faire ? s'étonna Melany. C'est une mangemort, qu'elle crève !
- Parce que sinon, c'est encore sur nous que ça retomberait… commença Rebecca.

A peine avait-elle dit ça qu'un terrible hurlement se fit entendre en provenance du bureau du frère Carrow. Heather et Brittany s'empressèrent de faire léviter le corps inerte de leur professeur "d'Etude des moldus", tandis que Rebecca et Abigail utilisaient un sortilège pour arrêter l'hémorragie.
- Bon, maintenant qu'on est tranquilles, on peut savoir ce qui s'est passé ? demanda Abigail en maintenant son sortilège alors qu'elle marchait.
- Exactement ce que vous avez vu : Grey a voulu vous tuer, je l'ai entendue en parler, alors j'ai couru prévenir Yaxley, Londubat, Weasley, et quelques autres membres de l'A.D..
- On vous a cherchées pendant une bonne demi-heure, continua Yaxley. Chacun se chargeant d'un étage. Personnellement, je me suis dit que vous étiez peut-être encore en exploration dans les profondeurs de l'école, j'ai fouillé tout ce que je connaissais des cachots, en vous appelant, mais sans réponse. Et puis j'ai pensé que vous seriez peut-être dans la salle de la Dame Bleue.
- Effectivement, nous y étions, acquiesça Rebecca.
- Enfin bref, apparemment, Melany vous a trouvées juste à temps.

Elles arrivèrent à l'infirmerie, entrèrent sans frapper et appelèrent Mrs Pomfresh. Il y avait quelques lits d'occupés. Dennis Crivey avait visiblement passé un mauvais moment avec l'un ou l'autre des Carrow, et il y avait quelques élèves qui semblaient avoir attrapé la grippe.
- Chut ! On est pas dans un bazar ici ! Qu'est-ce que vous…
Mais l'infirmière ne termina pas sa phrase et glapit en voyant l'état de la sœur Carrow.
- Par Merlin, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Notre cher professeur d'Etude des moldus a eu un léger différent avec une des armures du château à ce qu'il semble, ironisa Yaxley. Elle a visiblement besoin de soins urgents.
L'infirmière eut une hésitation. Elle semblait peser le pour et le contre d'abandonner la petite femme replète à son sort.
- Son frère était avec elle lorsque c'est arrivé, et ils nous a demandé de vous l'amener en nous faisant bien comprendre que s'il devait lui arriver malheur, il nous en tiendrait pour responsables, expliqua Heather.
La guérisseuse les guida jusqu'à un lit et demanda à Abigail et Rebecca de maintenir leur sortilège, puisqu'elles avaient eu la présence d'esprit de stopper l'hémorragie. Heather, Melany et Brittany furent priées de quitter l'infirmerie. Rebecca et Abigail les rejoignirent une dizaine de minutes plus tard.

***

Les cinq filles allaient se mettre en route pour la Grande Salle, mais Heather s'arrêta.
- Qu'est-ce qu'on fait pour Grey ? demanda-t-elle.
- Quoi Grey ? renvoya Brittany.
- On ne peut pas la laisser se faire torturer par Carrow !
- Heather elle voulait te tuer, toi et tes amies, dit Melany comme si elle s'adressa à un petit enfant qui avait du mal à comprendre. Elle mérite ce qu'elle est en train de subir.
- Personne ne mérite un tel traitement ! répliqua Heather. Si elle était jugée et envoyée en prison par un procès équitable, je ne dirais rien. Mais ce qu'elle est en train de subir, c'est une punition arbitraire infligée par un type qui n'a aucune morale. Si ça avait été une ou plusieurs d'entre nous à la place de sa sœur, Carrow n'aurait rien fait, il aurait peut-être même applaudit. Et les tortures d'un type aussi immonde, je les refuse, même pour mes pires ennemis. Si je restais sans rien faire, je me sentirais complice de cette ordure. Ce serait presque comme si je la torturais moi-même.
- Mais que veux-tu faire ? demanda Melany. On ne peut pas se pointer dans son bureau et lui demander de cesser et de relâcher Grey.
- Non… c'est sûr, marmonna Abigail, mais Heather a raison… il est hors de question qu'on ferme les yeux.
- J'approuve également, appuya Rebecca. Je suppose que le plan d'action inclura une entrée fracassante dans le bureau du professeur et l'utilisation de la cape d'invisibilité.
- Un peu trop risqué à mon goût, répondit Abigail… non… on va profiter d'avoir avec nous des sorcières très douées pour la métamorphose humaine. Melany, Heather, vous sauriez donner à quelqu'un d'autre l'apparence de Malefoy et de Rowle ?
- Tu le demandes ? sourit Heather…
- Bien sûr ! répondit Melany, mais il me faudra quelques minutes.
- Bien… parce qu'on va avoir un timing assez serré. Yaxley, tu feras Rowle. Mon cœur, désolée, mais je ne vois que toi pour faire Malefoy. Rebecca, tu viens m'aider, on va fabriquer une petite potion de sommeil. Pendant ce temps là, modelez-vous à l'image des deux croque-morts miniatures. Melany, tu seras notre arme principale pour leur faire boire la potion. Tu prendras l'apparence de Grey. Allez ! Tout le monde au boulot !

Une demi-heure plus tard, Malefoy et Rowle vinrent frapper à la porte du professeur de Défense contre les forces du mal.
- Malefoy, Rowle, c'est rare de vous voir ensemble ! grimaça-t-il.
- Je sais, il y a une chose urgente dont nous devons vous entretenir, déclara Rowle. Vote sœur n'est pas là ?
- Elle a eu quelques ennuis. Que se passe-t-il donc de si urgent ?
- Voilà… reprit Malefoy. Vous avez vous aussi, je suppose, eu vent de ces rumeurs comme quoi certains élèves se prépareraient à une bataille rangée au sein de l'école.
- Oui ! sourit Amycus. Ils me font bien rire ! Ils ne feront pas long feu sous nos coups de doloris… et s'il le faut, d'Avada Kedavra.
- Je le sais bien ! siffla Malefoy, ce que je veux dire, c'est que nous pourrions peut-être éviter de voir certains sortilèges en présence de ceux dont l'allégeance à notre maître ne serait pas certaine.
- Personnellement, ajouta Rowle, j'aimerais bien apprendre la spéciale de Dolohov.
- Je vois ! Intéressante initiative ! approuva Carrow. Voyons quel créneau horaire me conviendrait le mieux.

Carrow eut à peine baissé les yeux sur son agenda que deux Stupéfix fusèrent et le mirent hors jeu. Aussitôt, Malefoy et Rowle retournèrent à la porte, s'assurèrent qu'il n'y avait personne dans le couloir, puis dire à voix basse à quelque chose d'invisible sur leur gauche.
- C'est bon, venez !
De derrière la cape d'invisibilité de Heather, tendue devant elles, sortirent Abigail, Rebecca et Melany Mulciber qui tirèrent les véritables Malefoy et Rowle, et les étendirent non loin de leur professeur de Magie Noire. Ils firent prendre un peu d'une potion mauve légèrement opaque aux trois mangemorts.
- Voilà ! fit Abigail, on a dix minutes. Heather, Brittany, vous allez pouvoir reprendre votre apparence normale. Becky, aide-moi pour Grey.
Pendant que Melany et Heather s'appliquaient à re-métamorphoser respectivement Heather et Brittany, Abigail et Rebecca fouillèrent la chambre et le bureau. Elles finirent par trouver un passage ménagé sans nul doute par le frère Carrow lui-même, et grossièrement dissimulé derrière une armoire. La pièce était uniquement pourvue de chaînes qui servaient à attacher des personnes au mur par les bras sans leur permettre de s'asseoir.

Grey pendait à cette installation comme une poupée de chiffon. Elle était dans un sale état. Carrow n'avait pas usé que du doloris, son visage était couvert d'ecchymoses et un filet de sang avait coulé au coin de ses lèvres. Quand elle entendit un "Alohomora", elle releva la tête et vit Abigail lui libérer le bras droit, puis le gauche. Elle allait s'effondrer, mais elle fut retenue par Rebecca qui l'aida à se remettre sur ses jambes, qui ne la tenaient de toutes façon plus. Abigail passa de l'autre côté, et aida la Poufsouffle à la soulever.
- Pourquoi faites-vous ça ? Vous voulez me torturer vous-même ? demanda Grey.
- Tu le mériterais bien, grinça Abigail. Mais tu remercieras Heather. Si elle n'avait pas parlé en ta faveur, j'aurais été de l'avis de Mulciber de te laisser aux bons soins de ce cher Amycus.
- Vraiment ? s'étonna Rebecca.
- Bien sûr ! Pas toi ? renvoya la Serpentard.
- Je dois admettre que l'idée m'a traversée l'esprit.
- Mais je…
- Allez, tais-toi, on va t'amener dans un coin tranquille, lâcha Abigail.
Les filles ressortirent du bureau du frère Carrow non sans que Brittany ait lancé sur Malefoy et Rowle un sortilège d'oubliettes.
- Comme ça, ils seront persuadés d'avoir eu avec leur professeur la conversation que Heather et moi avons tenue.

Elles emmenèrent Grey jusqu'au tableau de la Dame Bleue. Heather parla au tableau qui s'écarta pour leur laisser le passage. Elles allongèrent Grey sur le canapé et appliquèrent quelques sorts de soins mineurs pour résorber les ecchymoses. Elle avait plusieurs côtes cassées qu'elles n'étaient pas en mesure de soigner. Heather dit aux autres filles de s'en aller car les cours devaient avoir repris, elle demanda à Yaxley de ramener Madame Pomfresh dès qu'elle en aurait fini avec Alecto Carrow.
- T'as pas de bol, déclara Heather en essuyant le sang au coin de ses lèvres. Si c'était arrivé alors que Luna était encore là, elle aurait pu te soigner plus efficacement. Elle est vraiment très douée pour les sorts médicaux.
- Pourquoi tu fais ça ? demanda la Serpentard
- Parce que tu as bien besoin de soins, répondit Heather.
- Non, pourquoi tu me parles comme si j'étais ton amie, rectifia Grey un soupçon de mépris dans la voix.
- Tu préfèrerais que je te hurle dessus que tu n'as eu que ce que tu méritais pour avoir essayé de nous tuer, moi et mes amies ? reprit Heather d'un ton plus froid et plus rapide. Ca soulagerait ta conscience de savoir que j'éprouve envers toi une juste colère ? Navrée, mais je crois que tu vas devoir vivre avec ça. Enfin maintenant, tu as pu voir à quel point ceux que tu considères comme les vrais représentants des sorciers se comportent de façon ignoble envers leurs semblables. J'espère que ça te donnera à réfléchir.
Grey grogna quelque chose que Heather ne compris pas, mais à l'expression boudeuse qu'elle tentait d'afficher malgré sa douleur, elle se doutait qu'elle ne devait pas apprécier de lui être redevable de quelque chose.

Une demi-heure plus tard, Madame Pomfresh arriva. Heather lui expliqua qu'il valait mieux ne pas mettre Grey dans la même pièce que la sœur Carrow étant donné que c'était elle la responsable de l'état du professeur de Pratique de la magie sur les moldus, et que si leur professeur de Magie noire lui avait déjà bien fait payer cet état de fait, elle craignait qu'il n'ait pas trouvé la sanction suffisante et veuille la prolonger quelques peu, ce qu'elle ne pouvait tolérer.
Madame Pomfresh acquiesça et rétabli les côtes cassées de Grey avant de lui faire avaler une potion qui devrait faire disparaître la douleur, aussi bien celle due aux coups que celle des Doloris. Elle préconisa du repos – elle administra d'ailleurs pour ce faire une potion de sommeil – et une surveillance constante, afin qu'elle soit prévenue en cas de fièvre et/ou de délires.

Il était presque dix heures du soir quand Grey s'éveilla. Elle regarda autour d'elle l'air de se demander où elle était, puis vit Heather et se rallongea.
- Quelle heure il est ? se contenta-t-elle de demander.
- Dix heures moins cinq, à quelques secondes près.
- Tu m'as veillée tout ce temps ? interrogea la Serpentard incrédule.
- Oh ! Je n'ai pas fait que ça… j'ai fait mes devoirs, et j'ai eu aussi un peu d'intimité avec Abby, mais oui, je suis restée à proximité, ordre du médecin.
Grey tourna la tête vers Heather avec une expression de mépris mêlé de dégoût.
- Comment tu peux faire ce genre de choses avec une autre fille… c'est dégoûtant !
- Pas plus qu'avec un garçon, répondit simplement Heather. Ca te gênes tant que ça que nous préférions rester entre nous ? Tu devrais être contente, ça laisse deux garçons de plus pour les autres filles.
Grey ricana.
- Tu crois que je vais être reconnaissante parce que tu m'as aidée ?
- Oh je ne m'attends pas à grand chose de ta part, répliqua Heather. Mais des fois je me demande si des gamins comme toi ou Malefoy êtes vraiment conscients que la mort, c'est une chose irréversible. C'est pas comme au cinéma où une fois que la scène est tournée le metteur en scène dit "coupez" et l'acteur se relève. Je doute que ni toi, ni Malefoy, ni aucun de ceux qui tournent autour de Malefoy et de Rowle comme des mouches autour d'une bouse n'aient jamais eu de vrai cadavre devant les yeux.
Grey ne dit rien.
- Tu crois que Carrow t'aurait laissée vivre si sa sœur avait dû mourir ?
Toujours pas un mot de Grey.
- Bon… reste murée dans ton mutisme si tu veux…moi je vais me reposer un peu.

Heather se dirigea vers un lit, métamorphosé à partir des fauteuils.
- Bonne nuit, à demain matin, dit-elle.
- Tu n'as pas peur que je t'attaque pendant ton sommeil ? lança Grey.
- Tu as un sortilège de ligotage sur les pieds, et c'est Abby qui a ta baguette. Je ne pense pas risquer grand chose, et si tu tentais quoi que ce soit, je peux t'assurer que tu t'en mordrais les doigts.
- Tu te crois la plus maligne et la plus forte, mais tu es comme les autres, tu te planques derrière Potter en espérant qu'il fera le sale boulot pour toi.
- Tu confonds ! répondit Heather fermant déjà les yeux. C'est toi qui te planques derrière Voldemort et ses mangemorts, le problème c'est que eux, ils préfèrent envoyer les autres au casse-pipe plutôt que d'y aller eux-mêmes.
- Tu n'as aucune fierté d'être une sorcière ! Tu t'affiches avec des Sang de Bourbe, des traîtres à leur sang, des fous et des imbéciles amoureux des moldus.
- Oui, c'est sûr que le monde sorcier ne s'en porterait que mieux si plus aucun sorcier n'épousait de moldus, si plus aucun enfant nés de moldus n'apprenait jamais qu'il possédait des pouvoirs magiques ! J'ai une question, fit Heather en se redressant. Combien crois-tu qu'il reste de descendants de familles sorcières dans les Îles Britanniques ? En quelques années combien de lignées sorcières se sont éteintes ? Les Black, les Croupton, les Lestrange – car s'il n'ont pas eu d'enfant jusque là, ils n'en auront plus je pense – et quand tu regardes les familles sorcières qui ont des enfants, combien n'en ont qu'un seul ? Les Malefoy, les Crabbe, les Goyle, les Nott, les Mulciber, même toi, tu es fille unique.
- Et alors ? Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? rétorqua Grey.
- Rien en soi… mais à ton avis, si vous ne vous reproduisez qu'entre vous, combien de sorciers restera-t-il en Grande Bretagne dans quatre ou cinq générations ? Parce qu'il faut aussi compter les sorciers qui finissent leur vie seuls, sans jamais avoir de famille : Fudge et Ombrage en sont deux excellents exemples. Ils ont consacré leurs vies à leur carrière, et maintenant, qui voudrait d'un ancien politicien désavoué ou d'une vieille mégère grassouillette et maniaque ? L'ennui avec la plupart des "sang purs" c'est qu'il ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ils ne pensent à leur domination présente, et pas à leur extinction future. Maintenant, si tu veux bien te taire, j'aimerais pouvoir dormir.
Heather d'un mouvement de la main éteignit les torches qui éclairaient la pièce. Elle entendit Grey se tourner et se retourner plusieurs fois, puis s'endormit, certaine que la Serpentard ne dormirait que bien plus tard.

Le lendemain matin, Heather fut réveillée par un doux baiser qui ne pouvait venir que d'Abigail. Elle enlaça sa petite amie avant d'ouvrir les yeux et de se redresser.
- Comment va notre Bête au bois dormant ? se moqua-t-elle.
- Pas bien, répondit Heather d'un ton mélodramatique. Elle a presque tenu une conversation civilisée hier soir.
Abigail pouffa de rire.
- Comment on la réveille, demanda encore la brune, seau d'eau glacée ou Sonorus ?
- On pourrait essayer d'y aller en douceur, proposa Heather. Qui sait, ça pourrait peut-être faire fondre son cœur de glace de voir ses ennemies attentionnées envers elle.
- Je te l'ai déjà dit Wright, si tu crois que je vais t'être reconnaissante, tu te fourres le doigt dans l'œil, lança Grey du ton grognon de la marmotte qu'on a réveillé trop tôt.
- T'aurais plutôt intérêt à l'être ! menaça Abigail. Sinon la prochaine fois on te laissera aux bons soins de ce brave Amycus.
Elle voulu s'avancer pour menacer sa collègue Serpentard d'un sortilège, mais Heather la retint.
- Laisse, Abby. C'est bon. Grey et moi nous nous sommes déjà entendues sur ce point hier soir.
Et pour calmer tout à fait sa petite amie, Heather lui déposa un doux baiser sur les lèvres, auquel Abigail répondit plus que volontiers.
- Vous êtes vraiment obligées de faire ça devant moi ? demanda Grey. C'est…
- …c'est très agréable, la coupa Abigail. Tu devrais essayer. Une fille c'est tendre, attentionné, délicat, sincère… Bref tout le contraire d'un mec. Mais j'te préviens, Heather, c'est chasse gardée. Il faudra que t'en trouves une autre aussi formidable qu'elle. Si tant est que ça existe. Heather embrassa à nouveau Abigail en souriant, ou bien sourit-elle en l'embrassant, et, du coin de l'œil, il lui sembla voir Grey sourire. Pas de ce sourire mauvais qu'affichent en général les Serpentard de son groupe, mais d'un vrai sourire amusé.
- Tu sais, reprit Abigail entre deux baisers, on ne te force pas à regarder, tu peux t'en aller.
- Non je ne peux pas, corrigea Grey. Il me faudrait peut-être ma baguette.
- Ah ! C'est vrai ! répondit Abigail. Tiens !
Elle lui lança sa baguette et Grey l'attrapa au vol.
- Finite Incantatem ! lança-t-elle sur le sortilège qui enserrait toujours ses pieds.
- Au fait mon cœur, voici la tienne, reprit Abigail en tendant sa baguette à Heather.
A nouveau il sembla à Heather que Grey sourit.
- Tu n'es plus obligée de rester, tu sais, dit la Gryffondor.
Grey se redonna une contenance et un air hautain.
- Je n'y comptais pas ! répliqua-t-elle en tournant les talons.
- Ah ! Et s'il te prenait l'envie de venir nous déranger dans cette salle avec de tes amies, sache que la Dame Bleue a juré sur son honneur de ne jamais laisser passer de personnes mal intentionnées vis-à-vis de nous, ajouta Abigail.
- Comme si je pouvais avoir envie de revenir ici ! renifla Grey avant de sortir.

***

Les match de quidditch du deuxième trimestre ne furent guère palpitants. Gryffondor se défendit tant bien que mal face à Poufsouffle, mais force fut de constater que le tandem Smith - Rebecca était impossible à stopper. Les batteurs en jaune et noirs parvenaient bien mieux que Crabbe et Goyle à gêner les poursuiveurs rouge et or, et quand ils parvenaient quand même à tirer, le gardien montrait qu'il ne servait pas à la décoration, contrairement à Doe chez les Gryffondor. Tout se joua donc sur la lutte des attrapeurs. Au moins, là, Ginny dominait largement son adversaire, et elle s'empara du vif faisant gagner Gryffondor de vingt points.

Le match Serpentard – Serdaigle fut tout aussi injuste que celui qui avait opposé la maison à la guivre à celle au lion, et Serpentard l'emporta par deux cent soixante points d'avance. Serdaigle était définitivement écarté de la course au titre, et si Serpentard l'emportait sur Poufsouffle au troisième trimestre, trois des quatre maisons feraient la gueule le jour de la remise de la coupe.

***

La Saint-Valentin, cette année-là, ne fut célébrée que par les couples qui trouvèrent à s'accorder quelques instant entre les cours. Heather et Abigail s'étaient prévues une soirée torride rien qu'elles, quelques mets aphrodisiaques, et les vêtements en option. Hélas, Rowle avait décidé de fêter la St Valentin à sa façon. Alors que Heather, Neville et Ginny regagnaient les quartiers de Gryffondor à la fin des cours, lui et une quinzaine de Serpentard leur tombèrent dessus dans un couloir désert du cinquième étage. Les trois Gryffondor se débattirent comme des diables, mais le piège avait été soigneusement orchestré, et ils ne mirent hors jeu que la moitié des Serpentard avant d'être à leur tour stupéfixés. Les acolytes de Rowle passèrent à tabac Neville et Ginny tendis que Rowle traînait Heather dans une salle isolée.
- Cette fois, rien ne m'empêchera plus de t'avoir, ma petite rouquine. Enervatum !

Aussitôt, Heather lui bondit dessus, mais fut coupée dans son élan par un Imperium très bien placé. Rowle lui demanda de commencer à se déshabiller. Heather luttait comme elle pouvait, mais le sortilège du garçon était incomparable à tous ceux qu'elle avait eu à tester pendant les cours de Magie Noire. Elle savait qu'il était très doué pour jouer du Doloris, mais il maîtrisait l'Imperium encore mieux. Elle avait déjà quitté sa robe et ses chaussures quand la porte explosa. Plusieurs Expelliarmus frappèrent Rowle simultanément. Le Serpentard se releva pour faire face à Rebecca, Seamus, Lucy, Michael Corner, Terry Boot, Neville et Ginny.
- Ecartez-vous, rugit une voix qu'Heather put à peine reconnaître.

Abigail, folle de rage, lança un maléfice sur Rowle qui provoqua une explosion plutôt puissante, laissant le Serpentard inconscient, la cage thoracique déchirée, et se vidant de son sang. A ce moment seulement, Heather fut libérée de l'emprise du mangemort, alors que ces mains montaient bien malgré elle vers l'attache de son soutien-gorge. L'expression de colère sur le visage d'Abigail s'effaça pour laisser place à l'angoisse.
- Heather, ça va ? Tu n'as rien ?, demanda-t-elle en lui tendant une cape pour qu'elle s'en recouvre pudiquement, vis-à-vis surtout des garçons présents.
Elle lui apprit que Dennis Crivey avait vu l'altercation de loin et avait aussitôt foncé dans la salle de l'A.D. pour rameuter tous les membres qui y passaient la soirée loin de la colère des Carrow pour leur dernier coup d'éclat en cours.

Le groupe d'étudiants allait repartir quand les deux Carrow, justement, les interrompirent. Toute retraite leur était coupée, apparemment, mais Neville fonça sur les deux mangemorts, imité par les autres garçons, ils les bousculèrent suffisamment violemment pour permettre à tout le monde de quitter la pièce où ils étaient piégés. Dans le couloir, un bataille s'engagea contre les Serpentard de Rowle, remis sur pieds par les bon soins des Carrow. Abigail portait Heather presque à bout de bras, tout en tirant sur un Serpentard qui lui barrait la route. Mais un sortilège de croche-pied la fit tomber. Alecto les rattrapa et lança le doloris sur Abigail. Heather retrouva alors tout son mordant et contre-attaqua avec virulence. La sœur Carrow était complètement dépassée par les sortilèges qu'enchaînait la Gryffondor. Mais à ce moment là, une incantation fut lancée, et une flamme violette fonça sur Heather qui eut juste le temps d'esquiver pour constater avec horreur qu'elle allait toucher Abigail qui se relevait péniblement. Heather ne réfléchit pas, elle tendit la main en avant et utilisa tout se qu'elle avait de magie en elle pour repousser Abigail jusqu'au fond du couloir. Celle-ci n'eut alors qu'à bondir sur le côté pour éviter le sortilège qui créa une colonne de flammes violettes à l'intersection, empêchant Abigail de revenir dans la bataille.
- Abby ! Fiche le camp ! Je me débrouille ! lança Heather.

Mais en se retournant, elle se retrouva face aux deux Carrow. Elle savait qu'elle n'avait plus de quoi lancer de Stupéfix. Même un bouclier serait peut-être hors de sa portée. Amycus leva sa baguette, et elle choisit donc d'attaquer Alecto sur qui elle lança le sort le plus simple auquel elle pensa :
- Rictusempra !
La sœur Carrow se tordit de rire, et Heather profita de l'étonnement du frère pour le bousculer et filer de l'autre côté, où la bagarre entre élèves s'était bien éloignée, et lui permettrait de filer loin du conflit. Hélas, elle ne put éviter le bloque-jambes que lui lança Amycus et s'étala de tout son long, la cape la recouvrant glissant vers l'avant.
- Pour avoir usé de vos charmes afin de blesser grièvement un autre élève, vous allez subir une punition exemplaire, Ms Wright, déclama le mangemort avec le sourire du chat qui vient de coincer une souris bien grasse. Voilà longtemps que j'attendais l'occasion de pouvoir vous faire payer toutes vos exactions, notamment celle menée au premier trimestre dans la Grande Salle.

Heather voulu se relever, mais Amycus lui colla un coup de poing dans la mâchoire qui la sonna sévèrement, puis il la tira par les cheveux pour l'amener dans son bureau. Il l'attacha aux chaînes, et commença à lui lancer plusieurs Doloris, tantôt peu puissants, mais longs, tantôt bref, mais provoquant une douleur extrêmement violente.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le mangemort ne fut pas tendre avec elle. En l'espace d'une heure et demie, il s'était lassé du Doloris. Il avait d'abord décidé d'utiliser le sortilège de perforation. Il ne visait pas les points vitaux, et autorisait même Heather a tenter d'esquiver, mais il calculait tous ses coup pour créer des entailles un peu partout sur le corps de la jeune fille. Alors que Heather fatiguait, l'un des sortilèges lui transperça même l'épaule gauche. Amycus décida alors de cesser de "jouer" et prit une autre chaîne avec laquelle il battit Heather jusqu'à l'inconscience. Il la réveilla d'un Enervatum. Il tenait en main un paquet de sel, et il en jeta sur les plaies encore sanguinolentes de la jeune fille. Elle hurla… C'était au moins aussi pénible qu'un doloris. La douleur était certes plus localisée – quoique, elle avait tellement de plaies exposées qu'elle avait l'impression d'une douleur générale – mais elle était bien plus cuisante.
- Bien… qu'allons nous pouvoir vous faire subir maintenant ? minauda-t-il.
Heather releva des yeux brouillés de larmes, mais affichant une expression meurtrière.
- Vous regretterez ça un jour, articula-t-elle péniblement. Et sans doute bien plus tôt que vous ne le pensez.
- Je crois que je viens de trouver, déclara-t-il avec un sourire malsain qui rendait ceux que Malefoy lui adressait à peine moqueurs. Cette bouche qui n'arrête pas de proférer des insanités, de défier l'autorité du Seigneur des Ténèbres. Je vais m'arranger pour que plus rien n'en sorte jamais.
Il se retourna vers son bureau.
- Accio vitriol** !
Une bouteille vola jusqu'à lui.
- Vous devez avoir soif, dit-il en dévissant le bouchon. Ouvrez bien grand la bouche. Allons, pas de mauvaise volonté, ou je devrais user de l'Imperium.

A ce moment là, on vint frapper à la porte du bureau. Carrow quitta la pièce secrète qu'il referma pour aller ouvrir. Malgré tout, Heather entendait clairement tout ce qui se disait à côté, comme si, avec sa vue brouillée par les larmes, son toucher comme anesthésié par la douleur, son ouïe s'était soudain décuplée.
- Professeur, fit la voix de Pansy Parkinson. Votre sœur, elle est pendue par les pieds au parapet de la tour d'Astronomie. On a essayé de la remonter par un sortilège mais elle dit que la corde est ensorcelée pour lâcher si on tentait le moindre sort, qui serait également contré par un sortilège de déviation.
La porte se referma et des bruits de pas précipités s'éloignèrent. Puis, la porte se rouvrit, et quelqu'un poussa l'armoire pour pénétrer dans la salle de torture.
- Oh mon dieu ! Heather qu'est-ce qu'il t'a fait ? geignit Abigail en se précipitant vers elle pour la prendre dans ses bras.
Ce fut légèrement douloureux pour Heather, mais elle tenta de ne rien laisser paraître.
- Alohomora ! lança une voix sur les serrures des menottes, laissant Heather s'affaler de tout son poids contre sa petite amie.
- Grey ? Qu'est-ce que tu fais ? parvint-elle à prononcer.
- C'est évident, non ? Je paie ma dette.

Elle prit un bras de Heather pour le passer sur ses épaules tandis que Abigail faisait de même de l'autre côté. Elles la conduisirent, non pas à la Salle de la Dame Bleue, comme elles l'avaient fait pour Grey, mais au septième étage, devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Là, Grey céda sa place à Rebecca qui arrivait en sens inverse.
- Bien, fit Grey. Je vais m'assurer que personne d'inapproprié ne passe dans le coin jusqu'à ce que tout ceux qui doivent vous rejoindre vous aient rejoints.
Alors qu'elle disait-ça, Ginny et Neville arrivèrent, supportés respectivement par Seamus et Lucy. Une porte apparut sur le mur et s'ouvrit de l'intérieur.
- Ah ! Vous voilà, fit Yaxley, venez vite !
Tout le petit groupe entra, et Heather fut surprise de ne pas se retrouver dans le quartier général de l'AD, mais dans une pièce qui ressemblait à une chambre d'hôpital, à ceci prêt qu'il y avait une quinzaine de lits classiques, en plus des cinq ou six lits pour les blessés. Heather fut allongée, et elle sentit qu'on s'occupait de laver ses plaies du sel. Ou de la crasse, en ce qui concernait ses jambes qui avaient un peu traîné sur le sol poussiéreux de la salle de torture. Elle fit l'effort d'ouvrir une dernière fois les yeux pour voir que c'était Brittany qui s'occupait d'elle, avant de sombrer dans l'inconscience.


* : Titre d'un album de Jean-Jacques Goldman (et accessoirement d'une chanson sur cette album), et, vous l'aurez compris, jeu de mot avec le nom de Grey.

** : J'avais d'abord mis "Accio acide sulfurique". Il s'agit certes du même produit, mais l'apellation "vitriol" me semble plus propre au monde sorcier, "acide sulfurique" faisant trop scientifique (et donc moldu).