Ils travaillèrent dans un silence appréciable pendant quelques heures, chacun occupé à sa tâche. Au moment où la lumière du jour se mit à décliner, Loki avait rattrapé la moitié de son retard. Encore un jour ou deux, et ce serait bon.
Un texto de son frère s'afficha sur son téléphone. Il était presque l'heure du dîner, et sa mère le réclamait. Merde.
Bon, il avait des recherches à faire, alors peut-être valait-il mieux qu'il s'éloigne un moment. Il ne voulait pas prendre le risque de commettre un énorme impair, sans même en avoir conscience. Il préférait se montrer brutal intentionnellement qu'accidentellement.
« Professeur ? »
« Oui, Loki ? »
« J'en ai terminé. J'ai des choses à voir chez moi. »
« Je comprends, Loki. »
« Vous allez rentrer chez vous et vous reposer un peu. Je tiens à vous voir de retour ici à neuf heures tapantes. »
Le professeur laissa échapper un soupir et hocha la tête. « Je serai là à 9 heures tapantes. »
« Je veux que vous annuliez tout ce que vous aviez prévu pour demain, et je ferai de même. »
« Je comprends, Loki. Puis-je poser une question ? »
« Vous pouvez. »
« Étiez-vous sérieux au sujet de discuter d'un contrat ? »
« Je l'étais. » Il espérait que cela voulait bien dire quelque chose, que cela ressemblait même vaguement à ce qu'il pensait. Non seulement parce qu'il détestait passer pour un imbécile, mais parce que cela ressemblait exactement à ce qu'il désirait. Rejouer régulièrement les événements de cet après-midi ? Aucune personne saine d'esprit ne dirait non.
« Voulez-vous... » Le professeur était décidément nerveux. Il semblait s'aventurer en terrain inconnu, même pour lui. « Voulez-vous que je fasse une liste, Loki ? »
« Oui. » Les listes, c'était bien, non ? « Nous pourrons en discuter demain. »
« Oui, Loki. Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez que j'apporte ? »
Loki sourit. C'était une question facile... du moins l'espérait-il. « Non, Professeur. Votre présence est tout ce que j'exige demain matin. »
« D'accord, Loki. Je vous remercie. »
Loki rentra la maison dans un état second. Il avait ordonné à son professeur de le sucer. Et il l'avait fait. Et cela avait été de loin l'expérience sexuelle la plus étonnante de la vie de Loki. D'accord, cela ne signifiait pas grand chose, cela faisait moins d'un an qu'il cherchait vraiment à avoir des aventures, et le sexe était toujours venu après les études ou la vie en général. Et décrocher son diplôme avant Thor. D'accord, c'était vraiment une compétition. Et il allait la gagner.
Maintenant, cependant, il avait non seulement une toute nouvelle relation à penser, mais également un mode de vie totalement différent a étudier.
Il arriva à la maison en retard pour le dîner et sa famille l'attendait. Magnifique. Il allait avoir des problèmes. Il se débarrassa rapidement de son manteau, et alla s'asseoir en face de sa mère.
Ensuite, la plus étrange des choses se produisit.
« Comment avance ton travail, Loki ? », demanda Odin, une inquiétude manifeste dans la voix.
« Ça- ça va. » Odin n'avait jamais manifesté un quelconque intérêt pour la scolarité de Loki. « Je crois que j'avance bien. »
« Et ce professeur qui sacrifie ses congés de Thanksgiving pour t'aider ? »
« Qu'y a-t-il avec le Professeur ? » Oh. Quand il avait dit « professeur », sa queue avait bondi. Cela allait être un problème. Dieu merci, elle était actuellement cachée par la table.
« L'as-tu remercié ? »
« Bien sûr, Père ! Il s'est montré très obligeant. »
Odin hocha la tête. « Tu te débrouilles bien, Fils. » Il posa une main sur son épaule. Non, vraiment. Odin posait une main sur son épaule. « Je suis fier de toi. »
Loki le regarda fixement un instant avant de se ressaisir. « Je vous remercie, Père. Je fais en sorte que vous soyez fier de moi. »
« Oui, Loki. »
Loki ne trouva pas la moindre chose à dire de tout le dîner. Thor bavardait comme à son habitude, vêtu de son t-shirt ridicule, mère rayonnait comme une femme qui venait de recevoir le prix Nobel de la paix, et Odin arborait son calme habituel. Tout ce que Loki pouvait faire était de rester tranquille.
Mais pour gagner l'approbation de son père et assurer le bonheur de sa mère, il aurait fait pratiquement n'importe quoi. Alors il attendit, mangea, et laissa Thor discuter observation en classe. Cela semblait incroyablement ennuyeux aux yeux de Loki, mais Thor était si sincèrement heureux à l'idée de faire la classe à des enfants qu'il était difficile de se moquer.
Ce n'était pas plus affreux que tout autre repas de famille, mais, dans un sens, c'était encore pire. Puis Frigg insista pour servir une sorte de dessert. Il s'efforça de ne pas grincer des dents. Il y toucha à peine, tant il voulait se dépêcher de regagner sa chambre pour effectuer une recherche sur les pratiques sexuelles ´spéciales´.
Au moment où il fut enfin devant son ordinateur, il était prêt à exploser. Alors qu'il se dirigeait vers sa propre chambre, Odin s'arrêta dans l'encadrement de sa porte. « Ne veille pas trop tard, Fils. Si tu dois repasser une UV, fais-le. Ce n'est pas la peine de te priver de sommeil. »
« Je vais aller dormir, Père, je vous le promets. Et je vais y arriver. Ça va aller. » Odin hocha la tête et referma la porte de Loki. Il se demandait si Odin prenait des médicaments. Peut-être qu'il était mourant. Peut-être que Loki était mourant. Oh, qui s'en souciait ? Sexe.
Loki se glissa silencieusement vers la porte et la ferma à clef. Mieux valait éviter que Thor entre et voie son écran afficher une page sur le bondage et la domination.
La première chose qu'il apprit, c'était qu'il y avait une tonne d'informations disponibles. La seconde était que la moitié, au moins, était fausse. C'était Internet, après tout. Il trouva quelques livres à lire sur le sujet, Dieu merci pour sa bien commode liseuse. Il se voyait mal expliquer la jaquette du livre à Odin. « Euh, Père, je lis un livre sur la domination pour... euh, parce que. Un cours de psychologie ! Oui, c'est ça. Je devais choisir un sujet au hasard, et je suis tombé sur les gens qu'on attache à des fins sexuelles. »
Oui, merci les liseuses.
D'autre part, et si les informations du livre étaient dignes de crédit, ce qui semblait revenir encore et encore, c'était que chaque relation était différente, et que chaque soumis avait besoin de quelque chose de différent de la part de son Dominant. L'objectif principal était « sûr, sain et consensuel. » Ce qui l'aiderait vraiment serait un livre sur le professeur, et ce dont il avait besoin de la part de son Dominant.
Alors Loki fit une recherche sur les contrats, qui s'avérèrent être presque exactement ce qu'il pensait que c'était. Une sorte de contrat de relation à long terme dans lequel les participants se mettaient d'accord sur certains rôles. Pas d'exigences juridiquement contraignantes à proprement parler, mais c'était sacrément chaud...
Il trouva également beaucoup de bêtises dans un livre sur la culture pop, et quelque chose qui disait que garder une personne qui « ne savait rien de la vie » comme esclave n'était ni sûr, ni sain, ni même sexy.
Ensuite venaient les « listes ». Oh. Bien. Cela allait être... instructif. En lisant tout ce sur quoi il tomba, Loki ne put s'empêcher d'être fasciné, excité, et dégoûté en même temps. Les gens donnaient-ils vraiment leurs soumis à d'autres personnes contre leur volonté ? Cela ne semblait pas normal. Peut-être qu'y consentir sur une liste signifiait que cela ne se passait pas contre leur volonté ? Loki avait beaucoup de mal avec cette idée de partager son professeur, alors il préféra penser à autre chose.
Il y avait une liste détaillée de tous les délires où il s'était déjà aventuré en esprit, un tas de choses qui étaient bien au-delà de ses fantasmes, et un certain nombre d'autres choses qu'il eut à googliser juste pour savoir de quoi il s'agissait. Les sondes ? Oh. Oh. Aïe ! Les gens faisaient-ils vraiment ça pour le plaisir ? Loki devait perdre quelque chose à la traduction. Cela ne ressemblait pas du tout à une idée saine et sûre.
Il s'en imprima une copie tout en se demandant si sa curiosité n'était pas lamentablement insuffisante par rapport aux besoins du professeur. Bon, s'il le fallait, il élargirait ses horizons. Il y avait certaines choses qu'il ne pouvait pas s'imaginer désirer, mais pour la plupart, il pourrait au moins essayer si le professeur les voulait. Il n'était pas sûr de comprendre comment s'habiller en latex ou donner un lavement pouvait être sexy, mais si cela rendait le professeur heureux, où était le mal ? D'une certaine manière, il avait le sentiment que de juste voir le professeur excité serait suffisant pour lui.
Soudain, une lumière s'activa dans le cerveau de Loki. C'était ce que le professeur avait retiré de son petit spectacle dans le bureau, à lécher son propre sperme. Au moins, pour partie. Au vu de sa lecture, il commençait à se demander s'il n'y avait pas un petit fantasme d'humiliation chez son professeur.
Seigneur, pourquoi était-ce chaud à ce point ?
Cette nuit fut pire que la précédente, il resta éveillé à se demander ce qui arriverait. Qu'est-ce que la liste du professeur dirait ? Tant qu'il ne voulait pas être donné de façon permanente à quelqu'un d'autre ou... bon, mieux valait attendre et voir.
Quand il se réveilla, il laissa une note sur le réfrigérateur disant qu'il serait occupé après l'école, et qu'il reviendrait probablement tard. Mieux valait prévenir que guérir.
Il arriva à l'école à huit heures et demie, il ne put faire autrement. Il resta assis dans sa voiture, faisant ses devoirs de physique. Soudain, les devoirs n'étaient plus un moyen ou une fin, mais quelque chose dont il devait se débarrasser le plus tôt possible. Le plus tôt il en aurait fini avec ça, le plus tôt il pourrait commencer à tester les limites de ce nouveau... peu importe ce que c'était.
Anthony arriva dans le parking à 08h57. Il sortit sa sacoche et un thermos de café. Il avait l'air particulièrement nerveux. Loki soupçonna que c'était également son cas.
« Professeur. »
« Loki. »
Ce furent là les seules paroles qu'ils échangèrent pendant que le professeur déverrouillait les portes et qu'ils entraient dans le bâtiment.
Ils arrivèrent au bureau, et la scène qui s'y joua fut bizarrement banale. Loki tendit au professeur le travail qu'il avait réussi à terminer, et le professeur tendit à Loki une tasse de café.
Ils s'assirent et reprirent leur travail.
« Pouvons-nous parler pendant le déjeuner, Loki ? »
« Je pense que ce serait une très bonne idée, Professeur. »
« Merci. »
Donc, ils se mirent au travail. C'était vraiment incroyable de voir le peu de travail qu'un cours nécessitait lorsque vous ne vous concentriez que sur lui. Il pourrait même terminer avant la fin de la journée s'il travaillait dur. Une fois, il réalisa qu'il ne comprenait pas un concept. Il était temps de redevenir l'étudiant. Il adoucit la voix et y glissa une note d'interrogation.
« Professeur Stark, pourriez-vous m'expliquer ceci ? »
« Bien sûr, M. Burison. Qu'est-ce que c'est ? Ahh, oui... »
Et ainsi de suite. Loki étudia et termina des mois de travail, et le professeur corrigea des copies.
Vers onze heures, il sembla en avoir fini avec la dernière pile sur son bureau, et sortit avec précaution une petite feuille de papier de sa sacoche. Il avait l'air nerveux. Loki reposa son crayon et abandonna un instant le mode étudiant.
« Quelque chose vous tracasse, Professeur ? »
« Non, Loki. C'est juste que je n'ai pas fini ceci la nuit dernière. » Il avait l'air un peu abattu.
« Je ne me souviens pas avoir exigé que vous ayez fini ce matin. » Il était sûr qu'il était censé faire quelque chose. S'il avait eu plus d'expérience, il aurait su quoi. Prendre exemple sur Odin et avoir l'air déçu ? Il réprima un frisson. Non, et il refusait de remettre à nouveau sur un même plan Odin et sa propre conception de la domination.
Maintenant, le regard de Anthony semblait tendu. « J'ai un peu de mal. »
« Pourquoi ? Cela demande-t-il autre chose que votre honnêteté ? »
« Non. »
« Et ne voulez-vous pas être honnête avec moi, Professeur ?» C'était le but de ces listes, lui semblait-il. Une opportunité pour les personnes débutant une relation de discuter de leurs expériences et de leurs limites. Loki aimait bien cette idée. Chaque personne arrivant à un premier rendez-vous devrait venir avec une liste.
« Si. Non. Je ne veux pas que vous soyez dégoûté par moi, Loki. »
Loki fronça les sourcils. Le pauvre malade, une nouvelle fois ? « Avez-vous commis un crime que je devrais connaître ? »
« J'ai pris des drogues illicites. » La confession lui échappa si facilement. « Une fois, j'ai pris le volant alors que j'étais ivre. »
« Et ces choses ont-elles un rapport quelconque avec votre liste ? », demanda patiemment Loki, connaissant déjà la réponse.
« Non. Il n'y a rien d'illégal sur la liste. Je veux dire, pas vraiment. Je suppose que le sexe en public l'est. » Le professeur fronça les sourcil. « Ce qui, je suppose, est un autre crime. »
« Bien, nous allons vous mettre aux fers. » Loki posa une main sur celle du professeur. « J'ai lu les listes, Professeur. Je sais ce qu'elles disent. Je ne vais pas vous dire que je suis prêt à faire chaque chose décrite sur ces listes. Mais si je n'étais pas au moins prêt à discuter de la plupart avec vous, pensez-vous que je serais ici aujourd'hui ? »
« J'espère que non, Loki. » Le professeur se mordit la lèvre et regarda Loki, la tête toujours penchée.
« Bon. Maintenant, j'ai une tâche à terminer, tout comme vous. Je vais faire de mon mieux pour vous apporter les bonnes réponses. Vous, en revanche, êtes seulement tenu de dire la vérité. La vérité absolue, sans fard. Quand nous aurons fini nos tâches respectives, nous déjeunerons et parlerons. »
Loki s'interrogea sur l'opportunité de parler de sexe au cours du déjeuner. Il ne voulait vraiment pas que des étrangers les surprennent à discuter des choses qui figuraient sur leurs listes. Ils pourraient peut-être commander.
Il retourna à ses devoirs, voulant en terminer dès que possible. Le professeur se tourna vers sa liste, faisant des annotations et fronçant les sourcils devant certaines lignes.
Loki décida d'intervenir. « Si vous me mentez sur votre liste, Professeur », il brandit un crayon vers lui, « je serai beaucoup plus déçu que par tout ce qui pourrait y figurer. » Leurs regards se croisèrent un instant, et un article au-dessus duquel le stylo du professeur était resté en suspens fut entouré.
Il se demanda si le bureau du professeur était le bon lieu pour avoir cette discussion. Ce n'était pas exactement un terrain neutre. Mais là, le professeur était dans une position délicate, alors peut-être que lui offrir un environnement familier était-il réconfortant. Ou maladroit.
Quand Loki eut terminé sa tâche, il ramassa ses affaires et les rangea. Fini de jouer les étudiants.
« Déjeuner ? »
« Très bien. » Le professeur fixait un élément de la liste. Loki se pencha pour regarder. Roleplay professeur / étudiant. Il ne rirait pas. Ne ris pas ! Le professeur croisa son regard et raya la ligne.
« Oh, mais Professeur, cela signifie-t-il que vous avez déjà essayé ? »
« Oui, et je n'ai pas aimé ça. C'est une limite absolue. »
« Et si je veux jouer au professeur ? »
Le professeur prit une profonde inspiration. Peut-être la limite n'était-elle pas si absolue après tout. Mais il y avait des choses beaucoup plus importantes que de savoir si le professeur voulait s'habiller comme une écolière et recevoir des coups de règle sur les fesses. Hum... peut-être pas beaucoup plus importantes.
« Pourquoi ne pas laisser ça de côté et discuter du reste ? En commençant par les fondamentaux ? »
Le professeur hocha la tête. « Vous voulez que je vous appelle Loki tout le temps ? »
« Oui. Acceptez-vous je vous appelle Professeur ? »
Le professeur rougit. « Je serai beaucoup plus à l'aise avec ça quand vous ne serez plus mon élève. » Il baissa la tête et grata les contusions en cours de guérison sur son cou. « Mais j'aime ça. »
Il aimait. Loki sourit. Il aimait ça.
« Et les codes couleur standards ? Rouge, jaune, vert ? »
Le professeur hocha la tête. « Arrêtez, attendez, allez-y. »
« Et un vrai mot de sûreté. Avez-vous déjà le votre ? »
« Je... euh, j'ai déjà utilisé... Père. » Loki fut soudainement heureux de ne pas être étudiant en psychologie. Non pas qu'il ne voyait pas le lien, mais ce n'était pas le but ultime de sa vie de voir des liens entre les choses et de s'en soucier. Et qui était Loki pour juger des complexes d'Œdipe, étant donné qu'il faisait désespérément tout ce qu'il pouvait pour gagner l'affection d'Odin ?
« C'est toujours bon pour vous ? »
« Ça va. Je ne l'utilise pas. » Là, il avait un problème. Il ne serait pourtant pas bon de juste lui dire « vous devez l'utiliser ». C'était là un problème qui allait exiger de procéder par tâtonnements. Peut-être des recherches supplémentaires seraient-elles utiles. Pourtant, mieux valait se montrer clair tout de suite.
« Je veux que vous l'utilisiez, Professeur. » Loki posa la main sur celle du professeur qui tenait le crayon. « Vous devez savoir que je n'ai jamais fait cela avant. Je serai plus à l'aise en sachant que vous me n'hésiterez pas à me dire que cela ne vous plaît pas. »
Le professeur le regarda un long moment, avant d'acquiescer. « Je, euh... je vais essayer, Loki. »
« Bien. » Loki se rassit. « Si nous commandions quelque chose à manger, et en profitions pour discuter de votre liste ? »
« Ce serait bien, Monsieur. » Le professeur fronça les sourcils. « Puis-je vous appeler Monsieur, également ? Cela risque de m'échapper parfois. Je... Je suppose que vous me punirez pour cela. »
« Monsieur est bien, Anthony », ronronna Loki.
Le professeur écarquilla les yeux et fixa Loki avec une avidité qui lui fit lui demander si commander le déjeuner serait bien nécessaire. « Je vous remercie, Monsieur. Puis-je commander le déjeuner ? »
« Je vous en prie. » Loki ne demanda même pas ce qu'il commandait, il se contenta d'attendre.
Le professeur appela, commanda ce qui semblait être de la nourriture thaï, donna son numéro de carte de crédit et raccrocha. Puis il regarda Loki et s'arrêta, le regard soudainement inquiet. « Je ... »
« Vous m'offrez le déjeuner, Professeur ? » Loki lui sourit. « Sans me demander où commander, ou ce que je veux ? »
« Oui, Loki. » Ses yeux étaient baissés.
« Merci. » Le professeur lui adressa le même regard que la veille, quand il lui avait dit qu'il voulait plus qu'un coup en passant. « Je suis sûr que ce sera très bien. Et un gentleman ne pose pas de questions quand quelqu'un lui offre le déjeuner. »
Il semblait que son soumis ne voulait pas de quelqu'un qui vienne contrôler chaque aspect de sa vie. Loki essaya de ne pas pousser un soupir de soulagement. Loki vivait encore avec ses parents, pour l'amour du Ciel. Comment aurait-il pu contrôler tous les aspects de la vie d'un autre adulte ?
« Professeur ? » Loki adopta une voix plus douce.
« Oui, Loki ? » Le professeur voulait visiblement le regarder, mais se retint. Oui, cela nécessitait une petite mise au point.
« Cela ne me dérange pas que vous me regardiez dans les yeux, Professeur. En fait, parfois cela me plaît. »
« Parfois ? » Ces grands yeux bruns vinrent à sa rencontre, demandant de manière muette. Comment était-il censé savoir ce Loki voulait sans avoir plus de précisions ?
« Si vous voulez regarder le sol, alors n'hésitez pas à le faire. Mais, à moins que je vous dise autre chose, j'aime regarder dans vos beaux yeux. » Quel être sain d'esprit ne voudrait pas regarder dans ces profonds yeux bruns ? Les gens disaient que les yeux étaient les fenêtres de l'âme, ce qui était stupide... mais les yeux de son professeur étaient si expressifs.
« Tant que vous ne m'avez pas donné d'ordre, je peux... faire ce que je veux ? » Au signe de tête de Loki, le professeur sourit et détourna timidement les yeux un instant, avant de revenir croiser ceux de Loki après un moment. Toujours à tester les limites, ce cher professeur.
« Oui. » Loki lui sourit avant de poursuivre : « Maintenant, votre liste. » Loki n'apprécia pas le fait que, comme un poulain espiègle, les yeux du professeur s'étaient immédiatement détournés de lui.
« Vous devez savoir que j'ai fait la plupart de ces choses. Je... Je ne veux pas que vous soyez surpris ou- »
« Dégoûté ? » À l'acquiescement du professeur, Loki sourit. « J'ai eu une fois une relation sexuelle avec une femme. Cela ne signifie pas que je veuille essayer de nouveau. Je ne pense pas me tromper en disant que nous avons tous essayé des choses qui ne nous ont pas vraiment rendus heureux. C'est pourquoi vous êtes censé dire si vous en voulez plus ou non. »
Sans un mot, le professeur lui remit sa liste. Elle paraissait très approfondie. C'était une énorme liste. Au début, elle semblait compliquée, mais elle était étonnamment facile à lire.
Elle présentait également une certaine constante. Son professeur avait beaucoup accepté, et peu reçu. Un vrai soumis, pensa-t-il. Fessées, bâillons, bondage, port de vêtements spécifiques, lavements, exhibitionnisme... hétérosexualité forcée ? Loki n'avait pas vu ceci dans ses recherches. Plus troublant encore, c'était coché comme précédemment testé. Loki espérait vraiment que son professeur avait au moins trouvé la femme séduisante.
Loki se dit qu'il n'aurait pas dû se sentir dérangé du tout, mais ce qui le gênait le plus était le fait que le professeur avait listé peu de choses comme limites. Le fantasme étudiant / enseignant. Les partenaires multiples, y compris l'option « être offert à un autre ». Faire des photos ou des vidéos pornographiques. Il y avait quelque chose derrière ça, et Loki n'était pas sûr de vouloir savoir.
Certaines des options marquées comme hautement souhaitables étaient incroyablement faciles à imaginer, cependant, et si sacrément sexy que son entrejambe réagit. Celles-là allaient rejoindre la liste des fantasmes personnels de Loki. Non, attendez. Elles allaient rejoindre la liste des choses qu'ils allaient faire. Qu'ils allaient faire ensemble. Fessée ? Bondage de toutes sortes ? Eau glacée ?
Attendez. Son cher professeur si débauché n'avait jamais eu de sexe de téléphone ? Ils allaient remédier à cela.
Le professeur quitta la pièce et revint avec la nourriture. Loki n'avait pas réalisé qu'il avait passé autant de temps penché sur la liste, mais il se dit que cela n'avait rien de surprenant.
Son professeur avait fait tant de choses, et beaucoup d'entre elles obtenaient une note basse sur son échelle de limites, de aucune (0) à fondamental (5). Il y avait beaucoup de un et de deux. À moins de mal interpréter son professeur, il semblait qu'il avait fait beaucoup de choses qu'il n'avait pas particulièrement voulues, et qu'il était prêt à refaire si Loki l'exigeait. Loki n'aimait pas cette idée. Un consentement véritable et enthousiaste était bien plus sexy que l'idée de battre le professeur avec une canne (2).
Alors que le professeur disposait la nourriture, il avait l'air de plus en plus nerveux.
« Hum, Loki ? Vous n'avez rien dit depuis un moment. » Sa voix était calme, et ses yeux ne voulaient pas quitter la table.
« Je ne me suis pas non plus levé pour sortir, Professeur. »
Leurs regards se croisèrent un long momernt avant que le professeur ne tourne la tête.
« De la soupe ? »
« Merci. »
« Avec plaisir. » Les deux mots étaient empreints d'une chaleur que la banalité de l'acte n'appelait pas. C'était vraiment un plaisir pour lui de servir son déjeuner à Loki. C'était sur sa liste noir sur blanc. Servir, (5). Le professeur prenait son pied à servir Loki. Le café des derniers jours prit soudainement un tout nouveau sens.
Loki réalisa soudainement qu'il avait eu tort de redouter ces listes. C'était comme écrire une liste d'idées. Presque tout ce que le professeur avait marqué comme hautement souhaitable (5) sur sa liste rejoignait les délires personnels de Loki. C'était le genre de délires qui vous viennent à l'esprit dans les dernières secondes frénétiques de masturbation, et dont vous aviez un peu honte ensuite. Le professeur était non seulement d'accord pour ça, il voulait ardemment que Loki fasse ça avec lui.
Enfin, la quasi-totalité d'entre eux étaient ce genre de délires. Pour le professeur, il essaierait ceux qu'il trouvait étranges ou inquiétants. Le professeur lui témoignait un niveau de confiance qu'il n'avait jamais connu auparavant. Il n'allait pas le laisser tomber.
« Y a-t-il quelque chose que je devrais savoir qui ne figure pas sur cette liste, Professeur ? »
« Oui. Mais... Je voudrais apprendre à nous connaître avant de parler de certaines choses. » Loki sentit son cœur fondre.
« Bien sûr. »
Ils déjeunèrent en silence, Loki étudiant la liste. Il y avait encore des choses pour lesquelles il devrait effectuer une recherche. Un corset piercing ? C'était quoi ce truc ? Cela ressemblait à un genre d'instrument de torture médiéval. Il renonça à essayer de se le représenter, tira sa tablette de son sac et googlisa. Google, le nouvel opium du peuple.
Oh mon dieu. Bon, c'était...
Le professeur le regarda, et lorsque les images défilèrent, sourit. « J'aurais dû savoir que vous feriez des recherches. »
« C'est... magnifique. » Loki ne pouvait détacher les yeux de l'image d'une femme dont tout le dos était piercé en deux lignes allant de la nuque jusqu'à son string, un ruban rouge croisé entre les deux lignes. « Ce serait mieux sans le rouge, pourtant. »
« Mmm ? », fit le professeur, la bouche pleine de soupe.
« Ca me rappelle mon satané frère. Je préfère le noir. Ou le vert... » Ses yeux errèrent loin de l'écran, imaginant le professeur lacé de la nuque jusqu'au bas du dos en vert et or. Ses couleurs préférées. Il imaginait qu'avoir autant de piercings devait faire mal. Il pourrait passer des heures à embrasser cette belle peau pour la soulager. Hum... N'était-il pas censé avoir une conversation sur le sexe, et non juste l'imaginer dans sa tête ? D'accord.
« Donc, nous oublions les choses que vous avez marquées comme étant des limites. »
« Si vous voulez vraiment l'une des- »
« Nous pourrons en reparler à l'avenir. Pour le moment, je n'ai aucun intérêt à pousser vos limites. » Avouer, ou ne pas avouer ? Ce serait un mauvais service à rendre au professeur d'exiger son honnêteté et ne pas la lui offrir en retour. « Je voudrais savoir où sont mes limites, d'abord. Si cela vous convient. »
Le professeur eut l'air stupéfait. « Si cela... »
« Vous avez des désirs très spécifiques, mon cher Professeur. Je veux que vous ayez tout ce que vous voulez. Il reste à voir si je suis capable de vous le donner. »
Le professeur reposa sa cuillère et se laissa glisser à genoux. Seigneur, la façon dont il l'avait fait était incroyable. C'était comme si être à genoux était plus naturel pour lui que de rester assis, et comme si c'était ce que son corps choisissait automatiquement, s'il en avait la possibilité.
« Puis-je... » Le professeur ferma les yeux et garda la bouche ouverte, comme s'il attendait que les mots lui viennent.
« Ne sommes-nous pas censés discuter de votre liste, mon cher Professeur ? »
« Laissez tomber la liste », murmura le professeur. « Je veux juste que vous preniez ce que vous voulez de moi. Tout ce que vous voulez. »
« Mon cher Professeur, ce n'est pas ainsi que cela fonctionne. Venez vous asseoir sur mes genoux, nous allons voir ça ensemble. » Ce n'était pas une demande. Loki n'était pas sûr de devoir être ou non chagriné par le profond plaisir qu'il éprouvait à donner des ordres. En particulier des ordres qui étaient immédiatement suivis.
Le professeur franchit les quelques mètres qui les séparaient, toujours à genoux, et se glissa sur ceux de Loki. C'était bon. Oh oui. C'était parfait. Était-ce étrange de vouloir qu'un adulte s'asseye sur vos genoux ?
Oh je vous en prie, qui s'en souciait ? Il était bien au-delà de l'étrange. Il était sur le point de discuter jeux de rôles coquins avec l'adulte assis sur ses genoux.
« Alors, la lingerie féminine est aussi un délire ? Genre, strings et soutien-gorge ? »
« Oui, mais plus des corsets, des porte-jarretelles, des bas. Et des talons hauts. » Le professeur se mordit la lèvre dans un geste qui pouvait également signifier qu'il voulait cela et craignait que Loki trouve ça étrange, ou qu'il ne le voulait pas vraiment.
« Cela dit que vous l'avez fait. »
« Devons-nous discuter des... détails ? » Il se tortilla sur les genoux de Loki, d'une manière pas tout à fait désagréable.
« Je n'ai pas besoin d'entendre parler de vos autres amants, je veux votre opinion sur ces sujets. En fait, je préférais ne pas entendre parler de vos autres hommes. »
Et ainsi de suite, article par article, fantasme après fantasme. Ils avaient à peine gratté la surface de chaque sujet, Loki le savait. Ils n'avaient même pas passé en revue le quart des sujets. Certains d'entre eux étaient très complexes, et Loki voulait en apprendre le plus possible. Le shibari était particulièrement compliqué. Et la pensée d'attacher son professeur grâce à ces superbes nœuds... bon, il se tortilla et haleta en discutant de ce point particulier.
Loki tenta cependant d'éviter tout ce qui était trop sexuel. Ils étaient censés être dans le bureau du professeur pour discuter, pas pour le sexe. C'était une discussion sur le sexe, mais là encore, il y avait des protocoles qu'il entendait respecter.
Il était impossible qu'ils finissent de discuter de tout en un seul après-midi. Même s'ils en avaient eu le temps, la détermination de Loki se briserait bien avant la fin de la journée. Les images du professeur ligoté, habillé, attaché, et... oh. Il pressait de nouveau son érection contre le postérieur du professeur.
Vilain Loki.
Lorsque l'horloge sonna six heures, le professeur resta silencieux un moment avant de se tourner et de le regarder. « Loki ? » Il attendit.
« Oui, Professeur? »
« J'ai un peu faim. »
Loki y réfléchit pendant un moment, puis hocha la tête. « Alors, vous devriez manger. Nous devrions éviter le restaurant. Pouvez-vous cuisiner ? »
« Oui, Loki. »
« Avez-vous ce qu'il faut chez vous ? »
« Oui, Loki. »
« Alors, allons-y et vous préparerez le dîner. D'accord ? »
Le professeur prit une longue inspiration. « Oui, je vous remercie, monsieur. Je tiens à cuisiner pour vous. »
« Bien. J'ai hâte de voir jusqu'où vos compétences s'étendent. » Il laissa délibérément la phrase ouverte. Cela lui semblait la chose à faire.
Ils rangèrent tous deux leurs affaires, et Loki le suivit jusqu'à la maison de professeur. C'était une belle maison dans un quartier agréable. Il y avait un grand portail et une pelouse bien entretenue. Elle ressemblait un peu à la maison de Loki, mais il semblait que le professeur y vivait seul. C'était une bonne chose qu'il vive dans sa propre maison, sans danger que Thor fasse irruption, insistant pour qu'il se joigne au reste de la famille. Juste ce qui lui fallait, jouer à Game of Life avec Thor. Personne n'imaginait que Thor puisse gagner. Oui, oui, c'était bien du sarcasme. Bien sûr que Thor gagnait. Chaque foutue fois.
Il suivit le professeur jusqu'à la porte, et ils entrèrent. La maison était décorée simplement mais avec goût. Loki pensa que sa mère adorerait.
Pensant à la liste, Loki se tourna vers le professeur et dit, « Déshabillez-vous. Maintenant. »
Sans un mot, le professeur commença à retirer ses vêtements, pliant chacun d'entre eux, et les posa en pile bien nette sur une console près de la porte. Notant la moquette pâle, Loki retira ses chaussures et attendit, appréciant le strip-tease. Et voilà. Le professeur savait faire durer les choses jusqu'à ce que Loki ne désire rien d'autre que de lui déchirer sa chemise et en jeter les morceaux à travers la pièce.
Ce n'était vraiment pas le genre de domination qu'il voulait que le professeur lui associe. Alors, il s'appuya contre le mur et regarda, faisant de son mieux pour paraître impassible. Il savait qu'il irradiait de désir, mais ce n'était pas comme s'il pouvait faire autrement avec cet homme magnifique se déshabillant devant lui.
Compte tenu de la réaction de son propre corps, le professeur partageait la même impression de sensualité que Loki. Il se demanda s'il aurait du mal à cuisiner avec une queue aussi dure.
Le corps du professeur était aussi incroyable que Loki avait pensé qu'il le serait. Qu'il l'avait espéré. De toute évidence, l'homme passait du temps dans les salles de gym. En y pensant, il avait probablement une salle de sport chez lui. Loki se sentit tenaillé par l'envie de le regarder s'entraîner. Alors qu'il serait haletant et en sueur, il viendrait lécher les coulées de sueur sur son corps... oh mon dieu. Plus tard. Maintenant, il était temps que le professeur cuisine pour lui. Pourquoi l'idée de regarder son professeur faire quoi que ce soit était-elle aussi sexy ?
Son corps était en effet marqué. Les ecchymoses sur son cou n'étaient que le sommet de l'iceberg. Il y avait une autre empreinte de main sur un de ses bras, et de fines zébrures sur tout le dos - toujours d'un rouge prononcé trois jours après avoir été infligées, si Loki comptait bien. Il n'aimait pas ça. Il n'était pas contre l'idée des ecchymoses en elles-mêmes, ou contre l'idée du professeur ayant du mal à s'asseoir après avoir été baisé par Loki... mais il ne voyait pas l'intérêt de laisser des marques qui altéraient la beauté de son professeur.
« La cuisine. » Cela sonna presque comme un grognement.
Le professeur hésita, regardant Loki, puis le tapis. Il ne fallut qu'une seconde à Loki pour comprendre. Il fit deux pas pour réduire l'espace entre eux. « Voulez-vous ramper jusqu'à la cuisine pour moi, ma petite salope ? » Hum... salope était-il un peu excessif ?
Le professeur frissonna et hocha frénétiquement la tête. « Oui, s'il vous plaît, Loki. »
Non, alors. « À quatre pattes. Je veux voir ce beau cul ramper devant moi. »
Le professeur glissa gracieusement à genoux et commença à ramper dans le couloir. Loki n'avait jamais rien vu d'aussi foutrement sexy de sa vie. Son professeur, rampant pour lui, son cul nu remuant de droite à gauche à chaque pas.
Loki fronça les sourcils. Il s'arrêta et plaça un pied devant le professeur. L'homme s'arrêta instantanément. « Dites-moi, salope, avez-vous rampé pour d'autres hommes ? Préparé le dîner pour eux ? Suis-je un substitut commode aux absences prolongées de M. Rhodes ? »
« Non, Loki. Je... Rhodey n'aime pas ça. Et je n'ai jamais cuisiné pour quelqu'un avec qui je couchais. »
Loki était incrédule. « Il n'aime pas regarder ce corps superbe ramper pour lui ? Vous aurez du mal à me convaincre de cela. »
« Il aime juste ça dans... dans la chambre. Et habituellement, juste pour la partie brutale. » La voix termina dans un murmure, comme s'il souhaitait que Loki cesse d'entendre.
« Ahh, d'où les marques. » Loki se pencha et amena le professeur à genoux en le tirant par les cheveux. « Je vais vous marquer, Professeur, je vous le promets. Mais je préférerais vous posséder de toutes les manières possibles. »
Le professeur se pencha inconsciemment vers lui. « S'il vous plaît. Je veux que vous le fassiez. »
Loki lui sourit, et relâcha la main dans ses cheveux pour le caresser. « À la cuisine, mon ange. »
Le professeur glissa gracieusement au sol et rampa jusqu'à une superbe cuisine moderne, toute de noir et d'acier. Frigg n'aimerait pas. Trop froide et trop sombre. Loki adorait.
« Loki ? » Le professeur le regarda, les yeux interrogateurs.
Loki s'avança pour regarder à l'intérieur du réfrigérateur. On aurait dit une image tirée d'un magazine. Partout des légumes frais et des compartiments parfaitement organisés. De minuscules paquets de viande, juste assez pour une personne, étaient empilés dans un tiroir.
« Vous pouvez vous lever. Et porter un tablier. Je ne veux pas que mon professeur soit blessé par quoi que ce soit, excepté ma main. »
Il sourit timidement. « Merci, Loki. Que voulez-vous que je cuisine ? »
« Le saumon et les asperges. »
« Oui, Loki. »
Le professeur passa un simple tablier noir et commença à sortir des choses du réfrigérateur. Après un bref coup d'œil à Loki, et un autre à la pile d'ingrédients, il ouvrit un autre compartiment plus petit et hésita, l'air un peu nerveux.
« Professeur ? »
« Voulez... voulez-vous un verre de vin ? »
Loki sourit. Pauvre professeur, sans doute inquiet de savoir si Loki avait bien vingt et un ans. Loki pouvait presque le voir faire le calcul.
« Un sauvignon blanc pour aller avec le saumon, ce serait parfait. » Il eut droit à un regard soulagé. Pour s'y connaître un peu en vin, il devait en avoir bu avant.
Sans un mot, il attrapa une bouteille et l'ouvrit adroitement. L'homme était un buveur de vin. Putain, Loki allait l'épouser.
Il ne versa qu'un seul verre, pour Loki, puis se mit à la tâche. Il était vraiment un cuisinier expérimenté. Loki savait à peine se repérer dans une cuisine, mais il reconnaissait la confiance et l'expérience quand il les voyait.
C'était dans le large îlot central que se prépara principalement le repas. Un bar y était adossé, Loki prit donc un siège et regarda, en sirotant son vin.
Après moins d'une demi-heure, une assiette impressionnante fut posée devant lui. Le professeur regarda le sol et attendit. Il y avait beaucoup trop de nourriture pour Loki, mais une seule assiette. Tout dans cette situation était nouveau et surréaliste, et totalement et foutrement sexy.
« Le tablier, Professeur. »
Le pauvre sursauta. « Je suis désolé, Loki. J'ai oublié. »
« Pas d'excuses, contentez-vous de le retirer. »
Il retira immédiatement le large tablier et alla l'accrocher à sa place. Sa queue était toujours tendue, mais pas autant que pendant son petit strip-tease.
« Buvez ». Loki amena le verre de vin à la bouche du professeur et l'inclina de telle sorte que l'homme fut contraint d'en avaler une gorgée s'il ne voulait pas en renverser. « Maintenant, à genoux, comme un bon garçon. »
Il tomba si doucement à genoux que cela ressemblait à un mouvement de danse. L'homme était fait pour s'agenouiller, Loki en était sûr. Il faisait ça si bien, et avait l'air si beau en le faisant.
« Levez la tête, Professeur. »
ll obéit immédiatement. Il regarda nerveusement Loki avec ce beau visage expressif, et se lécha les lèvres. Loki dut prendre sur lui pour ne pas réagir.
« Ouvrez cette jolie bouche. »
Quand il obéit, Loki le nourrit d'une bouchée de saumon. Puis il prit en une pour lui-même. C'était parfait.
« Vous vous êtes bien débrouillé. C'est très bon. »
« Merci, Loki. »
Loki lui donna une autre bouchée, avant de tourner son attention vers les asperges. C'était ce qu'il préférait. Thanksgiving n'était pas vraiment la saison des asperges, mais les merveilles du commerce mondial offraient des avantages inattendus. Le professeur avait fait une sorte de sauce au citron et au beurre qui accompagnait avec merveille le plat. Il ramassa une pointe d'asperge, la trempa dans la sauce, et la lui tendit. La bouche du professeur s'ouvrit, et Loki lui présenta bouchée après bouchée, jusqu'à ce qu'ils aient fini, et l'homme lécha le reste de la sauce sur les doigts de Loki.
Chaque étape du processus était juste comme la pipe de la veille. Tester ses limites et, une fois celles-ci établies, les utiliser à leur plein potentiel.
Quand il eut fini la deuxième asperge, il passa les lèvres autour de l'index de Loki et aspira. Il fallut à Loki chaque once de son self control pour ne pas lui imposer une autre pipe, là, tout de suite. Mais non, ce n'était pas le plan.
Attendez, il y avait un plan ?
Loki réussit à garder la tête hors de l'eau. Être aux commandes sans savoir comment l'être était presque mission impossible.
Ils terminèrent tout ce qu'il y avait dans l'assiette et près des deux tiers du vin, Loki veillant scrupuleusement à ce que le professeur mange au moins autant que lui. Il était un soumis, pas un esclave. En attendant, être nourri de cette manière avait manifestement fait quelque chose au professeur. Son érection avait repris de la vigueur, tendue bien droite et commençant même à couler un peu.
« Là, Professeur», le gronda Loki. « Je ne peux pas vous laisser mettre la pagaille dans votre belle cuisine. » Il tendit la main - celle qui n'était pas couverte de beurre - et essuya le bout de la queue du professeur de son pouce. C'était la première fois que Loki allait si loin, et le professeur ferma les yeux et sa bouche s'affaissa légèrement. Il se pencha pour prolonger le contact et gémit.
Loki attendit jusqu'à ce que ces profonds yeux bruns s'ouvrent à nouveau, puis porta le pouce à ses lèvres et lécha. Le professeur en eut le souffle coupé et le regarda, se léchant les lèvres comme s'il pouvait goûter ça lui-même.
« Nettoyez-vous la cuisine vous-même, ou est-ce une femme de ménage qui le fait ? »
« Une femme de ménage, Loki. » Seigneur, qu'il aimait la façon dont l'homme ponctuait chacune de ses phrases de son nom. Comme si tout ce qu'il disait était pour Loki, à propos de Loki, et peut-être même pour gagner l'approbation de Loki.
« Mettez tout dans l'évier, alors. Il n'y a aucune raison de lui donner plus de travail. »
Loki désigna la vaisselle sur le comptoir. Le professeur se leva pour la ramasser, et Loki passa une main légère sur le dos magnifique et le superbe cul nu de l'homme.
« Je suppose que je ne devrais pas interférer avec votre tâche, Professeur, mais vous êtes tellement tentant. » Il appuya le devant de son corps vêtu contre le dos nu du professeur. « Pouvez-vous sentir ce que vous me faites ? »
« O-oui, Loki. »
« Aimez-vous avoir ce pouvoir sur mon corps ? »
Un soupir, et un long silence. Pour ce qui n'était pas la première fois, Loki croisa des doigts imaginaires et espéra que cela n'avait pas été la mauvaise chose à dire. Qu'arriverait-il s'il avait franchi la mauvaise ligne ? C'était inconcevable. Plus il y goûtait, plus il en voulait.
« Oui... Oui, Loki. J'aime avoir le contrôle. » La tête du professeur retomba. « Je suis désolé. Je ne voulais pas me montrer si grossier. »
« Oh, ma précieuse petite chose. C'est adorable de vouloir que je vous désire, mais vous n'avez certainement pas le contrôle. Que feriez-vous maintenant si vous l'aviez ? »
« Huumm... Je - » Le professeur s'arrêta un instant, et se retourna pour voir si la question de Loki était sincère. Puis il rougit et regarda le sol. « Je vous prendrais là à même le sol de la cuisine, Loki. »
« Et pensez-vous l'avoir mérité ? »
Le professeur réfléchit pendant un long moment, puis secoua la tête. « Non, Loki. »
« Pourquoi non ? »
« J'ai encore les marques d'un autre homme sur moi. J'ai encore... », le professeur tressaillit un peu. « J'ai toujours les liens qu'il utilisait pour m'attacher au lit. »
«Oh mon dieu. C'est tout à fait inacceptable. » Loki assena une légère claque sur le cul nu en face de lui. « Finissez de nettoyer. »
Le professeur se précipita vers sa tâche, puis retomba à genoux à côté de Loki. « Voulez-vous que je fasse quelque chose d'autre ? » Il y avait une note d'espoir dans sa voix.
« Oh oui, professeur. Beaucoup de choses. Mais d'abord, emmenez-moi voir votre lit. » Loki passa une main dans ses cheveux, et utilisa ensuite sa main pour pousser la tête du professeur vers le sol. « Rampez ».
La queue du professeur bondit sous la pression et les mots. Il tomba instantanément à quatre pattes et se mit à ramper dans le couloir. Il emmena Loki dans les escaliers, et suivre un homme qui rampait dans un escalier était étonnamment excitant. La façon dont sa bite dure balançait entre ses cuisses, frôlant parfois une marche. Chaque fois que cela arrivait, le professeur sifflait et s'arrêtait une seconde.
Quand ils arrivèrent à la chambre à coucher, Loki ne put s'empêcher d'être impressionné une fois de plus. Le lit était assez grand pour une orgie, et la chambre était incroyablement sexy. Un cadre de lit profond en acajou avec quatre grands pilastres, une literie rouge cramoisi avec des liserés dorés. Un luxueux tapis noir sur lequel Loki aurait certainement aimé baiser, et tant pis pour les brûlures occasionnées. De belles peintures abstraites étaient accrochées aux murs. Pas de copies pour son professeur. Ironie du sort, les cordes à l'aspect rugueux accrochés aux montants du lit étaient ce qu'il y avait de moins sexy dans cette chambre. Des cordes ? Vraiment ? Rhodes voulait-il vraiment abîmer cette belle peau? Ça n'allait pas du tout. Loki devrait investir dans quelque chose de plus doux pour attacher son professeur.
« Avez-vous un couteau ? »
« Quoi ? » Le professeur eut subitement l'air paniqué.
« Vous allez couper ces insultes à ma présence immédiatement. Et les brûler. »
Comprenant enfin, le professeur hocha la tête. « Oui, Loki. »
Il passa dans la salle de bain et revint un instant plus tard avec une paire de ciseaux dans la bouche. Putain, mais que c'était chaud. Loki était assis dans un grand fauteuil de cuir rembourré à côté d'une table, et regarda le professeur s'activer. Il rampa à chaque coin, se mit à genoux et utilisa les ciseaux pour couper la corde, avant de ramper jusqu'au prochain pilastre. Quand il eut rassemblé le tout, il le serra contre sa poitrine d'une main, et se servit de ses trois autres membres pour boitiller vers la cheminée fonctionnant au gaz et y déposer les cordes. Il l'alluma et regarda les cordes brûler.
« Excellent travail, Professeur. Un très bon début. Maintenant, venez ici. »
Il rampa immédiatement et baissa la tête devant les genoux de Loki. Loki prit son visage dans sa main et le posa sur ses genoux.
« Ceci va être plus important, mon cher professeur. Je veux que vous trouviez tout ce qui, dans cette maison, a été utilisé pour permettre à un homme d'abuser de votre corps. Vous pouvez vous lever. Vous les réunirez tous ici. » Loki désigna le sol en face de lui.
Bien sûr, il ne voulait pas utiliser la... cravache, ou n'importe quoi venant d'un autre homme, sur le cul magnifique du professeur, mais il avait une autre motivation. Il voulait voir exactement ce avec quoi le professeur jouait. Il avait besoin de savoir sur quoi il devrait en apprendre plus.
Dès qu'il eut fini d'expliquer, le professeur se leva et se mit au travail. Loki se demanda s'il n'hésiterait pas à se débarrasser de ses propres sex toys, surtout pour un homme avec qui il n'avait même pas eu de rapports sexuels. Il semblait très concentré.
Il lui fallut quelques minutes et quelques allers-retours dans d'autres pièces, mais avant longtemps, il y eut un tas de jouets au sol. Quelques objets que la relative ignorance de Loki identifia comme différentes sortes de fouets, un long morceau de bois souple dont Loki n'aimait définitivement pas l'aspect, des liens de toute nature et plus de godes que Loki n'en avait jamais vu de toute son vie. D'accord, il y avait aussi des choses dont il n'avait pas le moindre début d'idée quant à leur usage, mais il n'allait pas le dire. Certains d'entre eux semblaient fascinants, cependant.
« Une boîte. »
Le professeur prit un moment pour revenir avec une grande boîte et Loki lui fit signe de commencer à mettre les objets à l'intérieur.
« Certaines de ces choses sont-elles importantes pour vous, Professeur? »
« Pas vraiment. Juste... utiles. »
« Et ça ? » Loki leva le morceau bois, dont il venait de comprendre qu'il s'agissait en fait d'une canne en bambou.
Le frisson du professeur était quasiment une réponse, mais les mots scellèrent son sort. « C'est à Rhodey. Il aimait la canne. »
« Et vous ? Voulez-vous que je vous batte avec ça ? »
« Est-ce ce que vous voulez ? »
Loki attrapa brutalement le visage du professeur. « Aimez-vous être battu avec ça ? Avant, pendant ou après vous faire baiser ? Est-ce que cela vous excite, est-ce que cela vous fait tripper ? »
« Non. » C'était un murmure, mais il était très clair.
« Et vous ne lui avez pas dit ? »
« Non. » Le même murmure, mais celui-ci un peu honteux . « Je pensais que... Non, je ne lui ai pas dit. »
Loki cassa la canne sur son genou. Les yeux du professeur croisèrent les siens, ils étaient remplis d'un mélange d'inquiétude et de désir.
« Eh bien, Professeur, je pense que nous devons fixer des limites maintenant. »
« Nous avons un mot de sûreté... »
« Et je vous ai dit que vous devrez l'utiliser si vous en avez besoin. Je veux aussi que vous me disiez la vérité sur ce genre de choses. » Il leva les moitiés cassées de la canne. « Avez-vous besoin d'autres sécurités ? »
« Hummm... si vous me bâillonnez... »
« Oui ? »
« Donner de petits coups, cligner des yeux ? Cela ne s'est pas présenté souvent. »
« Mais vous le souhaitez. »
Le professeur vira au rouge vif, mais hocha la tête.
« Trois fois. Et encore trois fois, jusqu'à ce que vous soyez sûr d'avoir mon attention. »
« Très bien. »
« Et la canne... »
« Quoi ? Vous... vous l'avez cassée. »
« Oui, et je n'ai pas l'intention d'être le prochain M. Rhodes. Nous aurons d'autres discussions à propos de votre liste. Vous avez marqué la canne comme acceptable, mais vous ne l'aimez pas. Je ne vais pas passer des heures à vous battre avec une canne seulement pour découvrir que vous n'avez pas apprécié. »
« Oh... »
« Je veux que vous appréciez tout ce que j'infligerai à ce corps parfait. Je veux que vous rêviez de ça la nuit, et que vous me suppliez de vous les refaire. Me suis-je bien fait comprendre ? »
Le visage du professeur était écarlate, et il haletait. « Seigneur, oui. »
« Excellent. Maintenant, ceci. » Loki désigna les jouets sur le plancher.
Les yeux de retour vers le sol, le professeur hocha la tête. « Voulez-vous que je jette toutes ces choses, Loki ? »
« Non. »
La stupéfaction et la légère déception qui s'affichèrent sur son visage étaient exactement ce que Loki avait espéré. « Oh, je ne vais pas les utiliser sur vous, Professeur. Lesquels n'aimiez-vous pas particulièrement ? » Loki désigna la poubelle.
Les premières choses à la rejoindre furent les restes brisés de la canne. Ensuite, des menottes métalliques, et quelques fouets - ceux en traditionnels cuir et plastique, nota avec intérêt Loki. C'était important. Celui en daim avec une douzaine de bandes de tissu tombant d'un manche rigide resta. Ce qui ressemblait à une cravache d'équitation traditionnelle resta aussi. De même que les liens en cuir - à la fois pour les poignets et les chevilles, ainsi qu'un collier et une laisse. Putain. Un bâillon boule noir qui semblait flambant neuf. Une douzaine de godes et de plugs de formes et de tailles variées restèrent. Un anneau métallique fut soigneusement considéré avec quelque chose entre le dégoût et le désir avant d'être mis dans la pile de choses à être conservées. Une douzaine de choses que Loki ne reconnut pas furent également placées dans le tas de choses à conserver.
« Fini ? »
« Oui, Loki. » La voix était toujours préoccupée.
« Mettez-les dans la boîte. »
Le professeur obéit lentement, comme il l'avait fait avec ses vêtements un peu plus tôt. Lentement et méticuleusement, tout fut soigneusement empilé dans la boîte.
« Maintenant, vous allez la mettre quelque part où je n'aurais plus à la revoir. »
« Loki ?»
«Je ne vais pas utiliser les outils d'un autre homme sur votre corps, Professeur. Mais je ne vais pas vous forcer à les jeter avant que vous ne soyez prêt à le faire. »
Le professeur le regarda un instant avec surprise. Il avait cru que Loki allait lui ordonner de jeter ce qui devait représenter des milliers de dollars en sex toys, et il avait été tout à fait prêt à le faire. C'était un peu écrasant comme sensation.
« Emportez ça. Maintenant. » Il fit un geste dédaigneux vers la boîte. Heureusement, le professeur ne la déposa pas juste dans son placard. Il sortit de la pièce, et ne revint pas avant quelques minutes. Quand il revint, il tomba immédiatement à genoux et posa la tête sur les genoux de Loki. Après un moment, il se pencha et lécha le dos de la main de Loki. C'était étrange. Quelque chose que Loki aurait manqué pendant ses recherches ? Bon, il y aurait sans doute beaucoup d'autres choses inconnues.
Loki passa une main sur son visage et le releva pour croiser son regard. « Professeur ? »
La respiration de l'homme s'accéléra. Hum... peut-être le petit geste signifiait-il plus que ce qu'il pensait.
« Puis-je... Je veux dire, est-ce que je peux faire quelque chose pour vous, Loki ? »
« Voulez-vous encore me sucer, mon ange ? Sentir ma queue en vous ? Me monter jusqu'à ce que vous ne puissiez plus vous asseoir ? »
« Oh oui, Loki. S'il vous plaît. »
« Eh bien, puisque je vous ai privé de vos jouets, le moins que je puisse faire est de vous combler, hum ? »
Un gémissement s'échappa du professeur, qui se retenait manifestement d'appuyer son érection contre la jambe de Loki. En fait, Loki aurait plutôt voulu qu'il le fasse. L'image du professeur se frottant contre sa jambe était étrangement irrésistible.
« Très bien, Professeur. Allez vous allonger sur le lit. Sur le ventre. »
Sans la moindre hésitation, il s'exécuta. Cela étonna Loki. Il n'avait jamais fait l'objet d'une confiance si absolue. Même sa mère pensait souvent qu'il n'était bon à rien. Le professeur avait beaucoup à perdre si Loki prenait une photo qui viendrait à être postée sur les réseaux sociaux. Le professeur mettait littéralement son avenir entre les mains de Loki.
Encore une fois, putain.
Pourquoi était-ce si foutrement sexy ?
Loki le regarda allongé sur le lit pendant un moment, essayant de ne pas se frotter contre les couvertures.
« Le lubrifiant ? »
Le professeur gémit, et désigna la table de nuit, sans même regarder. Loki sourit. Il n'était pas vierge. Il n'était pas gêné par le sexe. Mais ça ? Il s'agissait d'un tout nouveau niveau de sexe. C'était le truc le plus chaud qu'il ait jamais vu, surtout qu'il y participait.
C'était ridicule, mais à ce moment, il était tout à fait sûr de posséder le professeur Anthony Stark.
Il frissonna.
Il ouvrit le tiroir de la table de chevet et trouva le lubrifiant... et un plug. Hum.
« Je pensais vous avoir dit de rassembler tous vos petits jouets, Professeur ? »
Le professeur releva vivement la tête, les yeux rivés avec crainte sur le plug, avant de se calmer. « Vous avez dit tout ce avec quoi j'ai laissé un autre homme abuser de moi. Vous ne parliez pas de moi... si ? »
Le sourire de Loki se fit méchant. « C'est votre propre jouet, mon cher professeur ? »
Le professeur se mordit la lèvre et hocha la tête.
« Vous l'utilisez pour remplacer une vraie bite dans votre petit cul serré quand il n'y a personne d'autre pour le remplir ? »
Cela suscita un autre hochement de tête, accompagné d'un gémissement. « C'est le seul. Je le jure ! »
Loki continua de sourire en le redéposant sur la table de chevet. Il se tourna vers le professeur avec le flacon de lubrifiant dans la main. « Lundi prochain, Professeur. Lundi prochain, vous le porterez en cours. »
« Je... »
« Oui ? »
« Oui, Loki. » La voix du professeur perdit toute force, et ses hanches commencèrent inconsciemment à onduler contre les draps.
« Oui, quoi ? »
« Oui, je le porterai en cours lundi prochain. Je passerai deux heures avec un plug en caoutchouc en moi, faisant comme si c'était vous qui me remplissiez comme la salope que je suis. »
« Et que ferez-vous après le cours ? »
« Tout... tout ce que vous voudrez. Mmmmh... »
Loki tendit la main et lui assena une claque sur les fesses. « Pas de frottage contre le lit comme une bête en chaleur, mon cher petit professeur. Vous viendrez dans ma main ou quand je vous l'ordonnerez ou vous aurez à payer le prix pour avoir désobéi. » Le gémissement que cette tirade suscita était la preuve qu'il faisait bien les choses. Peut-être que c'était juste parce tout ce qu'il avait à dire était la chose la plus sexy à laquelle il pouvait penser.
Il se déshabilla rapidement, plaçant soigneusement ses vêtements sur une chaise près du lit.
Il sortit un préservatif de son portefeuille - quelque chose dont il allait devoir faire provision, espérait-il - avant de penser à la meilleure façon de préparer le professeur.
Il lubrifia généreusement les doigts de sa main droite et s'agenouilla entre les jambes du professeur. Instinctivement, l'homme les écarta davantage, présentant de manière obscène tout ce que Loki voulait voir.
Sa belle grosse queue reposait sur le lit, essayant oh-si-fort de ne pas se frotter contre le couvre-lit. Loki pensa distraitement que peut-être il aimerait l'avoir en lui un jour. Il se demanda si c'était permis. Le meilleur point de vue, cependant, était le magnifique cul du professeur. Rhodes avait peut-être tort sur beaucoup de choses, mais il avait raison à ce sujet. C'était le plus beau cul que Loki ait jamais vu.
Glissant ses doigts lubrifiés entre les fesses, il commença avec deux, puisque le professeur avait fait la même chose la veille. Le professeur sursauta brusquement sous la pression. Il étouffa un gémissement et s'efforça de ne pas s'empaler de lui-même sur les doigts mais Loki savait par expérience personnelle que c'était une spirale infernale. Plus il appuyait, plus c'était bon. Quand Loki enroula ses doigts et tâtonna un moment, il eut le plaisir d'entendre un cri étouffé par l'oreiller. Oui, cela devait être le bon endroit.
Immédiatement après cette réponse, il introduisit un autre doigt huilé dans le trou serré. Son professeur avait-il vraiment été abusé deux nuits auparavant ? Il était tellement serré que cela semblait peu probable. Il allait lui falloir un peu de temps et d'efforts pour étirer suffisamment ce trou pour que Loki puisse s'y glisser sans douleur. Le professeur ne semblait pourtant pas inquiet. Il venait buter contre les doigts, plus fort à chaque coup.
Loki poussa également son petit doigt, supposant que cela ne serait pas vraiment bien perçu, mais désireux de voir par lui-même.
« Oh mon dieu, s'il vous plaît, puis-je parler ? »
« Avez-vous besoin de discuter famille, mon ange ? »
« Quoi ? Non ! Nonononononon ! S'il vous plaît, ne vous arrêtez pas. »
« Alors non, vous ne pouvez pas parler. Et je vous jure, Professeur, si vous venez avant que je vous y autorise, vous n'aimerez pas ce qui suivra. » Loki n'était pas tout à fait certain de ce qui suivrait, il avait juste à espérer que le professeur ne le sache pas. Il avait vraiment besoin de préparer des plans pour des situations de ce genre.
Le corps sous lui s'effondra en sanglots, rencontrant chaque poussée de ses doigts avec autant de force que la position l'autorisait. Déchirant l'enveloppe du préservatif avec sa main gauche et ses dents, Loki se démena pour passer cette satanée chose, mais ne cessa pas sa préparation. Il voulait le professeur prêt pour lui. Il versa un peu plus de lubrifiant sur lui et un peu autour, avant de retirer ses doigts d'un mouvement fluide.
Aussi doucement que possible, il remplaça les doigts par quelque chose de plus imposant. Le professeur, pour sa part, ne sembla pas dérangé par le changement. Sauf si mordre son oreiller, donner des coups de rein, et crier au lit étaient le signe que quelque chose n'allait pas. Pour Loki, c'était une idée du paradis.
Le cul du professeur était incroyablement étroit, malgré la préparation. Il n'avait peut-être pas eu l'opportunité de passer beaucoup de temps avec... non, Loki ne penserait pas à l'autre homme. (Aux autres hommes ?) Pas maintenant, et pas ici. Ce parfait cul serré était à lui.
Il se pencha et passa les mains sur le torse du professeur; beau, bronzé, tonique. Il attrapa les mains de l'homme, qui serraient les couvertures, dans sa main droite, et les leva au-dessus de la tête du professeur autant qu'il le put. Ensuite, il se servit de sa prise comme levier pour pilonner ce parfait cul serré. De la main gauche, il continua à essayer de toucher chaque pouce de ce corps magnifique.
Le professeur gémit, mais il faisait manifestement un effort pour garder la bouche fermée.
« Voulez-vous parler maintenant, Professeur ? »
« Non, sauf si Loki le veut. » La véhémence avec laquelle il secoua la tête laissait peu de doute sur le fait qu'il pensait ces paroles.
« Voulez-vous juste rester là, à crier, et à savourer la sensation de ma bite vous pilonnant ? »
« S'il vous plaît, Loki, oui ! »
Et pourtant, le sexe complètement silencieux semblait malvenu en cette circonstance. Non pas que Loki ait besoin d'un bavardage constant, mais il voulait dire quelque chose. Crier du haut du mont Stark, pour ainsi dire. Il était cependant préférable de vérifier avant de tout gâcher pour son partenaire. « Voulez-vous que je sois silencieux ? »
« Non ! Non, je veux... je veux dire, je suis désolé, je... Oh mon dieu, je ne peux pas... » Il n'arrivait pas à garder son souffle assez longtemps pour finir sa phrase. Il semblait également inquiet de ce qu'il allait dire.
« Dites-moi ce que vous voulez, Anthony. Dites-le moi maintenant, ou j'arrête. »
« Non ! Je veux dire s'il vous plaît, Loki, je veux... Je veux entendre votre voix. »
« Et que vous voulez-vous entendre, le tableau périodique des éléments ? »
« Non. Dites-moi que je suis... Appelez-moi votre... Oh mon dieu, monsieur, je ne peux pas. »
Loki s'arrêta net.
« Votre putain ! S'il vous plaît dites-moi que je suis... » Le professeur se débattait sous lui, essayant de se pousser sur la bite de Loki.
« Pourquoi devrais-je vous dire ça, Professeur ? » Loki donna un nouveau coup de reins, brutal, et le professeur gémit. « Je pense que vous savez déjà que vous êtes ma pute. Non ? » Il ponctua les derniers mots de coups particulièrement brutaux qui firent crier son professeur.
« Oui ! Oui, je suis votre putain ! »
« Sale petite traînée. Je pourrais vous faire faire n'importe quoi en ce moment, n'est-ce pas ? »
« Oui ! »
« N'importe quoi pour garder ma queue en vous ? »
« N'importe quoi ! »
Loki passa la main gauche dans les cheveux de son professeur et lui tira la tête sur le côté pour qu'il puisse lui parler à l'oreille. « Dites-moi que je vous possède. »
« Vous me possédez. » Pas la moindre hésitation.
« Dites-moi que Rhodes ne reviendra pas pour Noël. »
« Oh mon dieu... » Loki s'enfonça assez fort pour lui faire mal quand son professeur hésita.
« Dites. Le. Moi. »
« Rhodey... Rhodey ne reviendra pas en moi, à moins que vous me quittiez. Jamais. » Ces mots étaient presque suffisants pour faire franchir à Loki la ligne d'arrivée. Le professeur lui appartenait maintenant. Il n'aurait pas une autre bite en lui.
« Dites-le encore. »
« Rhodey ne reviendra pas pour Noël ! »
« À qui appartenez-vous, mon ange ? »
« À vous ! »
« À qui ? »
« À vous, Loki ! Je vous appartiens ! Je suis à vous ! Oh putain, je vous en prie, puis-je jouir ? J'ai besoin de jouir, Loki ! » S'il vivait éternellement, et pouvait baiser le professeur tous les jours pour le reste de l'éternité, Loki ne se lasserait jamais d'entendre ces mots. Il devait les enregistrer et en faire sa sonnerie de téléphone. Il avait besoin de les entendre tous les jours, pour toujours.
Loki mit sa main gauche autour de la taille du professeur et les tira tous les deux à genoux, en continuant à marteler le petit homme. Dans cette position, la différence de hauteur fournissait un potentiel de poussée supplémentaire. Le professeur commença immédiatement à gémir, sous l'effet conjugué de l'absence de friction sur sa queue et de la force ajoutée dans son cul.
« Allez-vous venir maintenant, ma petite pute ? Sans que rien ne vous touche, à part l'air ? Sans aucune autre stimulation que ma bite pilonnant votre étroit petit cul ? »
« Oui, oh je vous en prie, Loki, oui. Puis-je ? »
« Êtes-vous une salope si avide de foutre que vous ne puissiez prendre votre pied qu'avec ma queue à l'intérieur de vous ? »
« Oui ! »
« Alors, allez-y, Professeur. » Il laissa alors aller. Son rythme auparavant soigneusement contrôlé devint sauvage, s'enfonçant dans son professeur aussi vite que ses hanches pouvaient bouger. La force exercée dans ses poussées le ferait mentir sur la question de ne pas laisser de marques jusqu'à ce que les précédentes aient disparu, mais il s'en fichait - il ne pouvait pas réfléchir assez pour s'en soucier. Il allait exploser... mais avant, il lui restait assez de présence d'esprit pour s'assurer que son professeur le rejoigne.
Il se pencha et lécha le pavillon de l'oreille du professeur, puis murmura contre la peau humide. « J'ai dit : jouis, salope. »
La queue du professeur se contracta et il jouit violemment sur le couvre-lit. Cela suffit à pousser Loki dans le précipice. Il avait réussi à faire jouir l'homme sans autre stimulation que celle de sa seule queue. Oh Seigneur, le pouvoir.
Il tint le professeur serré contre sa poitrine et continua à le marteler jusqu'à ce que son orgasme s'apaise. Puis il tendit la main droite pour changer son centre de gravité jusqu'à ce que les deux hommes s'effondrent du bon côté du lit, loin du sperme du professeur. Il enroula le bras autour de l'homme, et le plaqua contre lui. Sa queue était encore à l'intérieur du professeur, et il ne voulait même pas penser à bouger.
Loki n'était pas du tout contre le fait de se dire des saloperies au lit. Putain, cela comptait probablement parmi les choses les plus chaudes qu'il ait jamais entendues, et encore moins dites. Mais après avoir agressé verbalement l'homme pendant une demi-heure, il voulait maintenant le tenir contre lui, juste pour qu'il soit sûr que de l'avoir traité de pute ne signifiait pas que Loki allait s'éclipser en douce en laissant un billet sur la table de chevet. Loki n'était pas très câlin, et cela ne changerait pas.
C'était juste une dérogation exceptionnelle à ses principes.
