« Alors », dit nonchalamment Natasha en mordant dans son sandwich au poulet, « allais-tu me dire que ton plan avait marché, ou allais-tu me laisser deviner ? »

Loki déposa sa salade devant elle et prit l'autre chaise à la table minuscule qu'elle avait choisie. « Je ne suis pas sûr, honnêtement. Pour diverses raisons, je me sentais mal à l'idée de parler de ça. Puis Mère m'a tiré les vers du nez, et j'ai carrément tout avoué à Thor- »

« Attends, ton frère a su avant moi ? »

Loki le disant à Thor, mais gardant Natasha dans le noir ? C'était beaucoup plus insultant que si Loki avait juste refusé de partager le secret avec Natasha.

Il soupira. « Ce n'était pas prévu. Il a débarqué au moment où Mère me cuisinait. »

« Et pourquoi faisait-elle ça ? » Elle trempa délicatement une frite dans le ketchup mais ne la mangea pas tout de suite, attendant sa réponse.

« Je suis rentré à 4 heures du matin. » Il ouvrit le ridiculement petit sachet de vinaigrette et en répandit le contenu sur sa salade. Pourquoi faisaient-ils toujours ça ? Avait-il l'air d'être au régime ? « Je suis sûr que tu peux deviner pourquoi c'est arrivé. Mère l'a bien fait. Et tu sais le mal que j'ai à lui mentir... » Il attendit que Natasha acquiesce avant de poursuivre, « c'était encore pire que d'habitude. C'était comme si chaque connerie que je pouvais bien dire me sortait de la bouche. Je lui ai dit... presque... tout. »

Natasha se mit à rire. « Quoi, tu n'as pas dit à ta maman que ton nouveau petit ami est le plus adorable des soumis ? »

Loki se renfrogna. « Ne parle pas de lui comme ça. »

« D'accord, c'est ton adorable petit soumis. » Après une autre bouchée de son sandwich, elle secoua la tête. « Je dois reconnaître que je ne l'ai pas vu venir. Jamais je n'aurais imaginé ce connard caustique autrement que comme un dominant. »

Il continua à froncer les sourcils, jusqu'à ce qu'elle soupire.

« D'accord, pas de piques sur le fait qu'il est soumis. Mais tu arrêtes de débiner Clint tout le temps. » Elle tendit un doigt accusateur vers lui. « C'est quelqu'un de bien, et je l'aime vraiment. »

Levant les mains, Loki reconnut sa défaite. « J'arrête de me moquer de ton cré... de ton copain. »

Elle lui adressa un sourire méchant. « Nous pourrions sortir tous les quatre ! »

« Et avoir ton... » Loki s'arrêta et reformula lorsqu'elle haussa le sourcil. « Je doute que Clint apprécierait, étant donné que c'est à cause de lui s'il a échoué l'an dernier. »

« Une belle leçon d'humilité », fit-elle en haussant les épaules. « En outre, tu avais raison, Clint a échoué car il s'est laissé aller. Savoir qu'il va devoir passer le reste de sa vie à traîner avec le Prof devrait provoquer une belle prise de conscience. »

« Ou il prendra la fuite en hurlant », rétorqua Loki.

Son rire résonna dans la pièce. « Je le forme depuis plus d'un an, Loki. Attends d'avoir ton garçon aussi bien entraîné. Il sourira et acceptera ça comme un pro. Et il saura que se montrer un bon garçon lui apportera tout ce qu'il veut. » Le malaise de Loki dut se voir sur son visage, car elle s'arrêta et fronça les sourcils. « Loki ? Quel est le problème ? »

Il lui fallut un moment pour trouver les mots justes. « Il fait déjà fait ça, Natasha. Il sourit et accepte. » Il regarda sa salade. « Je n'aime pas ça. Je ne sais pas si ce que je fais est bien ou pas, je sais qu'il ne me dira pas si je fais quelque chose de mal. »

« Son regard, hier. » Ses yeux étaient dans le vague, revivant ce moment.

Loki hocha la tête. « Ce regard. Tout le temps, Natasha. Chaque fois qu'il semble penser que je pourrais être mécontent. »

Elle posa son sandwich et le repoussa. « Avez-vous un mot de sûreté ? Lui as-tu fait faire une liste ? »

Hochant frénétiquement la tête, Loki sentit son esprit s'apaiser. Elle savait. Peut-être qu'elle pourrait l'aider à arranger les choses ! « Oui, il en avait déjà un. Il dit qu'il ne l'utilise jamais, pourtant. J'ai... Je ne sais pas comment je peux lui faire comprendre que je veux qu'il le fasse, s'il en a besoin. »

« Peut-être que tu devrais lui en faire changer. » Elle se plongea dans l'étude des lignes de la table, perdue dans ses pensées. « Si l'ancien présente une connotation négative, même minime, ça pourrait être un vrai problème. Et c'est à régler en priorité. »

Loki hocha la tête, souhaitant pouvoir prendre de vraies notes au lieu de se contenter de tout retenir mentalement.

« Et s'agissant de le lui faire utiliser... » Elle fronça les sourcils. « C'est dur. Amener quelqu'un dans une situation où il doit se servir de son mot de sûreté est vraiment compliqué, et il pourrait aller vraiment mal. Je vais y réfléchir. Et la liste ? »

Il hocha de nouveau la tête. « Je lui en ai fait faire une la semaine dernière. Je lui ai donné la mienne hier soir. »

Son visage passa de la gravité au rire en une seconde. « C'était donc ça, toute cette paperasse ? »

« Pas tout », dit-il en rougissant. « Mais principalement. Il y avait quand même des devoirs. »

Quand elle cessa finalement de rire, elle lui fit signe de continuer. « Très bien, parle-moi de la liste. Pas de détails ni de choses trop spécifiques, juste... Détaillait-elle précisément ses besoins ? »

Son soulagement était tellement vif qu'il devait se voir sur son visage. « Pas du tout. Il a juste indiqué... deux limites absolues. Mais lorsque je lui ai posé des questions à propos de... quelque chose de spécifique qu'il avait expérimenté avant, il a admis qu'il n'avait pas aimé. Mais il ne l'avait pas marqué comme tel. »

Elle hocha la tête. « J'en ai déjà entendu parler. Un soumis qui est trop désireux de plaire propose de faire des choses qu'il ne souhaite pas vraiment, juste pour essayer de rendre son Dom heureux. »

« Comment puis-je arranger ça, Natasha ? Je ne veux pas lui dire qu'il doit changer. » Il repoussa son déjeuner qui était presque intact. « Je ne veux pas qu'il change. Je veux juste qu'il se voie comme je le vois. »

La chaise métallique bon marché émit un grincement sonore quand Natasha se pencha sur elle. « Tu as principalement besoin de temps. Si tu restes à ses côtés et que tu lui répètes qu'il y a quelque chose de valable en lui, il va finit par commencer à y croire. Cela sera un processus long et douloureux, cependant. Tu dois te demander maintenant s'il en vaut la peine. »

« Il la vaut », répondit immédiatement Loki, sans avoir besoin d'y réfléchir.

« Merde, Loki. » Elle le regarda avec un petit sourire perplexe. « Je ne m'attendais même pas à ce que tu réussisses à coucher avec lui. Et j'étais foutrement sûre que, si tu y arrivais, cela ne durerait pas. » Elle ramassa leurs assiettes et les empila, puis se pencha vers lui. « Bon, tu as encore la liste ? » Elle attendit qu'il acquiesce avant de continuer. « Bon. Tout d'abord, repère cette chose qu'il n'a pas vraiment aimé et change-le, comme tout ce qui est tagué de la même façon, en limite acceptable. »

Oublie, pensa-t-il en lui-même. Il sortit son téléphone et commença à taper une note. Hochant la tête, il lui demanda, « Continue ».

Elle ne fit aucun commentaire sur le zèle de Loki, ce dont il lui fut reconnaissant. « Les souhaits en tête de liste sont probablement ce qu'il aime vraiment, donc, au départ, tiens t'en à ceux-ci. Commence à aborder les autres choses plus tard si tu le souhaites. » Elle tambourinait du bout des doigts sur la table, perdue dans ses pensées.

« Je pense que j'en aurais déjà assez avec ça », dit distraitement Loki, tapant sur son téléphone. Il leva les yeux et la vit qui lui souriait.

« Il a marqué beaucoup de choses comme hautement souhaitables, non ? », demanda-t-elle, terriblement amusée.

Bordel de merde. Loki rougit.

« Hé, attends. Y a-t-il le moindre truc indiqué comme actif sur la liste des choses qu'il aime réellement ? » Son expression semblait prometteuse, ses yeux papillonnaient comme si elle avait en tête une idée qui allait changer le monde.

« Actif ? Tu veux dire, des choses qu'il ferait, et non qu'on lui ferait ? », demanda Loki, essayant de passer mentalement en revue la liste.

Elle hocha la tête.

« Oui, quelques unes, je crois. »

Elle hocha la tête et eut un sourire d'autosatisfaction. « Alors, tout d'abord, fais-le choisir un nouveau mot de sûreté. Rien qui ressemble au précédent et cela doit être quelque chose qu'il soit prêt à dire. Puis, pour le « tester », fais-lui faire cette chose. Le truc actif qu'il aime faire. Et dis-lui que, quand il l'aura fait, il devra dire son mot de sûreté, pour te signifier qu'il l'a fait. »

Loki se rassit sur sa chaise, sidéré par l'habileté de son amie. Il était fermement convaincu que Natasha pourrait convaincre n'importe qui de n'importe quoi, si elle le voulait vraiment. « Je t'ai dit cette semaine que je t'aimais et que tu me foutais les jetons ? »

Elle eut un large sourire. « C'est réciproque, mon ami. »


Le plan, décida Loki, attendrait jusqu'à ce que son professeur aille mieux.

Loki allait dorloter Anthony. Lui apporter le dîner et prendre soin de ses blessures et, éventuellement, de quelques petites choses un peu moins convenables. Ce n'était pas le moment de faire pression sur Anthony ou de le stresser inutilement. Il se disait que faire retirer ses piercings devait déjà être assez stressant comme ça. Loki s'était penché sérieusement là-dessus. Il avait fait une petite recherche pour savoir à quel point c'était compliqué et supposait qu'Anthony irait voir la personne qui les lui avait posés pour les retirer. Anthony l'avait déjà fait avant, soupçonnait Loki, et il savait quoi faire.

Dans le cas où il se trompait, il était prêt à les retirer lui-même, et avait préparé un kit comprenant un spray anesthésiant et de grandes quantités de gaze.

Après avoir regardé une vidéo sur YouTube où une femme se faisait retirer ses piercings, Loki estima que c'était une très bonne chose qu'il ait décidé de s'impliquer, car il croyait fermement qu'Anthony ne demanderait jamais à être soigné. Il détestait penser que cela puisse s'infecter et laisser des cicatrices sur la belle peau de son professeur.

Il se mit en route à 16h45, avec deux sacs posés sur le siège passager. L'un, rempli d'un nécessaire de premiers soins et l'autre, contenant le dîner, pris chez son restaurant italien préféré. Tout plat à base de pâtes lui semblait un mets réconfortant et approprié, et il avait tenu à acheter un tiramisu pour son professeur. Il avait dans un coin de la tête une image du professeur, couché sur le ventre, mangeant le dessert et gémissant de plaisir tandis que Loki s'occuperait tendrement de son dos. Il était sûrement bizarre de trouver l'idée sexy, mais l'image était maintenant bien ancrée dans sa tête.

Dans l'immédiat, il choisit d'être optimiste et de laisser sa trousse de secours improvisée dans la voiture.

Agissant avec plus d'assurance qu'il n'en ressentait, Loki marcha jusqu'à la porte d'entrée et utilisa sa clé (sa clé!) pour ouvrir. La première image qui l'accueillit fut celle d'Anthony, nu et à genoux, en face de la porte. Sa libido se réveilla aussitôt, lui suggérant que les pâtes et le tiramisu — et, en fait, tout ce qui n'impliquait pas de baiser Anthony — pouvait attendre un peu.

Il referma la porte derrière lui et remit les clés dans sa poche.

Loki nota ensuite qu'Anthony était à genoux sur le coussin que Loki lui avait demandé d'apporter dans la cuisine vendredi. C'était une simple chose noire, mais Loki n'avait vu que celui-ci, il était donc pratiquement sûr que c'était le même.

« Aimez-vous avoir votre propre coussin pour vous agenouiller, Anthony ? », demanda-t-il sur le ton de la conversation, voulant s'assurer que le professeur ne sauterait pas à la conclusion que Loki désapprouvait.

Cela ne fonctionna pas, bien sûr. « Je... Je suis désolé, Monsieur, je pensais que- »

« Vous pensiez que je voudrais que vous vous agenouilliez sur quelque chose de doux, plutôt que sur le sol dur et froid ? » Loki posa le sac de nourriture sur une console et se dirigea vers son professeur. « Parce que, si c'est ce à quoi vous pensiez, alors vous avez correctement présumé. » Il s'accroupit devant Anthony. « Je vous aime à genoux, mon gentil professeur, mais ne croyez pas une seconde que cela signifie que j'apprécie de vous voir mal à l'aise. La seule douleur que je veux pour vous ne doit pas dépasser le stade qui vous rend heureux. Au-delà, elle n'a aucun intérêt. »

Anthony leva les yeux vers lui, la confusion lisible sur son visage.

Loki ne put s'en empêcher. Il tomba à genoux et prit le visage d'Anthony en coupe. « Je ne prends aucun plaisir à vous faire souffrir inutilement, Anthony. La seule chose sexy dans votre douleur, c'est quand vous aimez si manifestement ça. »

Priant les dieux auxquels il ne croyait pas qu'il ne soit pas allé trop loin, Loki se pencha pour un baiser qui lui fut, à son grand soulagement, retourné avec enthousiasme. Ce fut un baiser étonnamment simple pour deux hommes adultes, tout en langues et en dents, mais il y avait quelque chose de si honnête et sincère que ce fut aussi sexy que n'importe quel baiser trop maîtrisé qu'il ait jamais donné ou reçu. Après une minute, ils se reculèrent en haletant.

Loki prit une minute pour reprendre son souffle avant de poursuivre. « Bien. Je suis content que ce soit réglé. J'espère que, maintenant, vous ne serez pas offensé quand je commencerai à vous envoyer des montagnes d'oreillers afin que vous puissiez vous mettre à genoux n'importe où dans la maison. »

Anthony écarquilla les yeux. « Monsieur ? Voulez-vous que...? »

« Non, Anthony. Je pense que nous avons convenu que cela ne me dérangeait pas que vous payez pour de nombreuses choses. Mais là, c'est mon idée. Je paierai. » Loki passa une main caressante le long de la joue mal rasée.

Anthony fut visiblement déconcerté, mais acquiesça. « Si vous en êtes sûr, Monsieur. » Manifestement, il voulait dire autre chose, mais ne voulait pas ennuyer Loki. Pour une fois, Loki laissa passer et continua.

« Bien. Maintenant, le dîner. Si nous passions à la cuisine? » Loki prit le sac et fit signe à Anthony d'avancer.

Anthony acquiesça à nouveau et se tourna pour ramper dans le couloir. Quand il se retourna, Loki fut soulagé de voir les deux rangées de trous encore rouges à l'endroit où les piercings avaient été enlevés. Au moins Anthony se souciait-il de sa santé physique.

Il s'appuya contre l'arche de la porte d'entrée pour regarder le cul d'Anthony pendant un long moment. Il avait attendu cette vision toute la journée. Le contraste entre la peau hâlée d'Anthony et le tapis couleur crème. La façon dont son cul balançait légèrement à chaque mouvement de ses hanches. Les marques qu'il laissait sur le tapis, quelque chose de plus profond que de simples empreintes. Chaque détail était gravé de manière indélébile dans l'esprit de Loki, et parfois son cerveau rejouait subitement la scène. Comme ce matin en cours de maths, lorsque M. Blake avait évoqué un inutile concept théorique. Quelle importance pouvait bien avoir un théorème mathématique ?

Après un court moment d'hésitation, il le suivit. L'odeur du dîner était vraiment délicieuse.

Quand ils furent dans la cuisine, Anthony leva les yeux vers lui. « Je vous dresse un couvert, Loki ? »

« Je vous en prie, mon cher professeur », répondit-il joyeusement. Quand Anthony s'attela à sa tâche, il décida de reprendre un sujet qui l'inquiétait légèrement. « Avez-vous lu la liste que je vous ai donnée ? »

Même s'il était au milieu de la pièce, Loki vit Anthony frissonner. Frissonner ? Oh s'il vous plaît, pas ça. Il ne pensait pas y avoir marqué quoi que ce soit de particulièrement osé.

Anthony dissipa immédiatement son inquiétude. Sa voix prit une intonation rauque qui donna à Loki envie de frissonner. « Oui, Loki. » Quand il arriva avec une assiette, ses joues étaient rouges et son souffle, court. « Chaque mot, Monsieur. »

Loki devait savoir, il le pressa donc. « Et vous avez des questions ? »

Anthony secoua la tête.

« Quelque chose à dire à ce sujet ? », insista-t-il.

Anthony se mordit la lèvre une fraction de seconde avant de lui adresser un de ces malicieux petits sourires dont il avait le secret. « Oui, Loki. »

Putain, Loki aimait ce sourire. Quiconque avait jamais tenté de le décourager d'arborer plus souvent ce sourire méritait d'être battu et d'une façon qui serait tout sauf sexy. Loki réprima son propre sourire. « Et qu'avez-vous à dire, Anthony ? » Il se dirigea vers sa place habituelle au comptoir, sans quitter Anthony du regard.

Il devrait probablement donner une fessée à son professeur pour le punir de cette valse-hésitation. C'était si sacrément attendrissant, pourtant, qu'il ait encore du mal à juste essayer de le punir. D'un autre côté, la fessée de vendredi avait été... intense. Loki pouvait seulement imaginer ce que fouetter Anthony donnerait. Il essaya de ne pas se le représenter. Ils étaient au beau milieu d'une conversation, bon sang !

Pendant ce temps, Anthony avait timidement disposé le couvert, sorti une bouteille de vin et versé un verre à Loki - tout ça sans répondre. Il leva alors les yeux vers Loki, un sourire sensuel jouant sur ses lèvres. « Je pense que la seule chose que je puisse dire, Loki, serait... Oui, s'il vous plaît ? »

Loki lui prit une nouvelle fois la bouche, pressant férocement ses lèvres contre celles d'Anthony. Après un moment, il se recula, tirant légèrement Anthony par les cheveux. « Allez chercher votre coussin, Professeur. Puis nous mangerons. »

Le professeur s'éclipsa pour répondre aux ordres de Loki, qui en profita pour disposer les pâtes, la salade et le tiramisu tant attendu. Il espérait seulement que Anthony aimait tout ça.

Heureusement, quand Anthony revint, il s'arrêta un instant et renifla l'air. « Cela sent délicieusement bon, Loki. Mario ? »

« Le seul et l'unique », répondit Loki. Il vit Anthony avancer lentement, déposer son coussin à terre et glisser à genoux. Il était raisonnablement sûr que l'image serait toute la stimulation sexuelle dont il aurait jamais besoin. Anthony, glissant en douceur pour s'agenouiller devant lui. Ses lèvres entrouvertes, ses yeux grand ouverts, ses pupilles dilatées, la façon dont il passait sa lèvre inférieure dans sa bouche pour l'humecter... C'était comme un fantasme conçu juste pour Loki.

Loki frissonna encore. « J'espère que vous aimez leurs lasagnes. »

Anthony releva la tête, regardant Loki dans les yeux. « Je les aime, Loki. Mais ce que j'aimerais vraiment, ce serait vous badigeonner avec le mascarpone de leur tiramisu et vous lécher ensuite. »

Loki sourit. « Amusant, je pensais justement à quelque chose de similaire. » Anthony eut une moue adorable pendant une seconde, pendant que Loki continuait. Mais je ne l'ai pas acheté pour moi. Je l'ai acheté pour vous, compte tenu de l'épreuve que vous avez traversée pour moi. »

Anthony eut un petit sourire satisfait et mystérieux et vint poser le visage contre la cuisse de Loki. « Ce n'était pas vraiment une si grande épreuve, Loki. »

Loki sourit et ébouriffa les cheveux d'Anthony. « Je sais. Mais vous allez me laisser vous dorloter un peu, parce que vous êtes un bon garçon ».

Tel un chat satisfait marquant un humain comme sien, Anthony frotta sa joue contre la cuisse de Loki, sa barbe naissante le piquant agréablement. « Tout ce que vous voulez, Loki. »

Il semblait tellement plus à l'aise qu'il ne l'était quelques jours plus tôt. Loki coupa un morceau de lasagne et le tendit devant Anthony pour qu'il mange. Anthony prit la bouchée et soutint le regard de Loki tout en mâchant. Loki dut prendre sur lui pour ne pas l'encourager à haute voix et l'effrayer, mais il était heureux qu'Anthony se sente plus à l'aise à l'idée de le regarder dans les yeux.

Ils mangèrent dans un silence relatif, Loki jaugeant une fois encore ce qu'Anthony aimait ou pas, à chaque bouchée. Pour les lasagnes, la question ne se posait pas, mais c'était non pour les tomates, oui pour les carottes et oui à tout ce qui était couvert de vinaigrette italienne. Loki s'était toujours demandé en classe pourquoi le visage d'Anthony était tellement expressif. De toute évidence, il était habitué à essayer de communiquer ses pensées sans qu'on lui donne la permission de parler.

Ce fut pendant qu'il le nourrissait que Loki comprit l'une des raisons pour laquelle Anthony était si soudainement tellement plus à l'aise. La liste. Il l'avait enfin terminée, donnée à Anthony et Anthony avait apprécié son contenu.

Loki en aurait presque ri. Il aurait pu dire beaucoup plus tôt à Anthony que, comparativement, ses goûts restaient relativement ordinaires. Comparativement, parce que si Loki ne pensait pas que la fessée soit un acte ordinaire, il était pratiquement sûr qu'Anthony le pensait. Loki avait effectivement été inquiet à l'idée que sa liste déçoive Anthony avec son manque relatif de fantasmes hors norme.

Le fait était qu'Anthony voulait quelqu'un qui l'accepte pour ce qu'il était. Pas nécessairement quelqu'un qui ait exactement les mêmes fantasmes. Anthony semblait vraiment satisfait de la liste de Loki.

« Loki ? » La voix d'Anthony le tira de ses pensées. Elle était empreinte d'inquiétude, ce qui la ramena directement à la réalité.

« Anthony ? » Il baissa le regard vers les grands yeux bruns, et vers cette foutue lèvre mordue qui allait finir par apparaître dans ses cauchemars. Il se pencha et retira la lèvre malmenée d'entre les dents d'Anthony. « Quelque chose ne va pas ? »

« Pourrais-je avoir à boire, s'il vous plaît ? » Il recommençait à coincer sa lèvre entre ses dents, mais s'arrêta et leva un regard plein d'espoir vers Loki.

C'est alors que Loki se souvint qu'il n'avait pas offert de vin à Anthony. Il s'était trop focalisé sur le reste. Ce que tu peux être bête, Loki ! se réprimanda-t-il tout en attrapant le verre de vin. « Bien sûr, Anthony. Si jamais j'oublie encore, n'hésitez pas à demander. Dès que vous voulez boire. D'accord ? » Il inclina le verre sur les lèvres d'Anthony.

Anthony accepta la boisson offerte avant de hocher la tête. « Oui, Loki. Promis. »

« Bon. » Loki lui ébouriffa affectueusement les cheveux et sourit. « Avez-vous eu assez à manger, ou en voulez-vous davantage ? »

Anthony regarda le comptoir comme s'il pouvait voir à travers et se pinça ses lèvres. Puis il tourna des yeux interrogateurs vers Loki, mais ne dit rien.

Cette fois, Loki rit franchement, haut et fort. « Vous pensez au tiramisu, n'est-ce pas ? »

Anthony rougit, mais hocha la tête avant de venir la poser contre la cuisse de Loki. « Puis-je en avoir, Monsieur ? Je veux dire, un morceau ? »

Se penchant pour caresser le visage d'Anthony, Loki hocha la tête. « Bien sûr que vous pouvez. » Repensant à son commentaire à propos de manger sur le corps de Loki, il estima raisonnable de supposer qu'Anthony ne verrait pas de problème à manger dans sa chambre. « Mais tout d'abord, j'ai besoin de votre trousse de soins. Je suppose que vous avez quelque chose pour soigner les plaies et peut-être un peu de gaze ? »

Un peu confus, mais toujours obligeant, Anthony hocha de nouveau la tête. « Oui, Loki, j'ai tout ça. Mais, Monsieur, vous ne devriez vraiment pas perdre- »

« Excellent, Professeur », l'interrompit Loki, voyant déjà comment se terminerait la phrase. L'utilisation du surnom parut le distraire suffisamment et il frissonna. « Allez chercher tout ça, et je vous rejoins dans la chambre. »

« Oui, Loki. » Malgré son évidente confusion, on ne pouvait se méprendre sur l'enthousiasme dans sa voix.

Quand Anthony eut disparu dans le couloir, Loki remplit le verre de vin, saisit le dessert et se dirigea vers la chambre. Là, il trouva le lit impeccablement fait. Il estima que la couette d'un rouge profond formait une parfaite toile de fond pour son professeur. Il était facile d'imaginer Anthony allongé sur le ventre, sa peau bronzée contre le rouge de la couette, légèrement redressé sur les coudes, avalant langoureusement son dessert tout en se tournant à moitié pour regarder Loki à l'œuvre.

Il soupira de plaisir et, étant donné que la chambre était prête, se dit qu'il était raisonnable de se mettre plus à l'aise. Il retira sa veste et la disposa sur le dossier d'une chaise avant de continuer avec sa cravate. Puis il défit quelques boutons de sa chemise et retroussa ses manches. Chaussettes et chaussures furent retirées et posées à côté de la chaise.

C'est alors qu'Anthony arriva, toujours à quatre pattes, risquant un œil dans la pièce.

« Venez, Anthony » Loki s'assit sur le bord du lit et le tapota d'un air rassurant.

En rampant, Anthony se dirigea lentement vers le lit, y monta et continua à quatre pattes jusqu'à l'endroit où Loki était assis. Il ouvrit les mains dans lesquelles il tenait une boîte de compresses de gaze et un petit flacon d'antiseptique.

Loki prit le tout et le posa sur le lit, avant de se pencher pour caresser encore la joue d'Anthony. « Prêt, Professeur ? »

Le professeur hocha la tête, et commença une fois de plus à amener sa lèvre entre ses dents en un tic nerveux. Puis ses yeux croisèrent ceux de Loki, et il s'arrêta. « Désolé, Monsieur. Je sais à quel point vous n'aimez pas- »

« Je n'aime pas votre malaise, Anthony. Je n'ai jamais voulu que vous vous sentiez comme si vous deviez vous inquiéter de mes réactions. » Loki tendit la main et passa le pouce le long de la lèvre inférieure de son professeur. « Et je déteste vous voir malmener cette adorable lèvre. »

Anthony vira à l'écarlate sous le compliment, mais au moins n'avait-il pas tenté de repousser ou de détromper Loki. De toutes petites avancées, pensa Loki. Il n'y croyait pas encore, mais au moins acceptait-il que Loki le lui dise.

Loki se leva, sans retirer la main du visage d'Anthony. Il se pencha pour lui donner un léger baiser sur la joue. « Maintenant, mon ange, je vous veux sur le ventre, juste là. » Il désigna le milieu du lit de sa main libre, et quand Anthony hocha la tête, il se tourna pour prendre un verre de vin.

Quand il se retourna, son professeur était docilement couché sur le ventre au milieu du lit, le visage enfoui dans la couette. Même si le tableau était délicieux et avait un certain effet sur sa queue, ce n'était pas tout à fait ce qu'il voulait. Il s'occuperait de ça bien assez tôt, décida-t-il. Aucune raison de dire quoi que ce soit.

Attrapant l'assiette de tiramisu, il la déposa sur la couette, entre la tête d'Anthony et les oreillers. Puis il passa une main douce le long de son flanc, assénant une légère claque sur ses fesses pour finir. « Le dessert est servi, mon cher professeur. »

Anthony redressa la tête et il regarda un long moment l'assiette. « Monsieur ? », demanda-t-il nerveusement.

« Oui ? », répondit Loki avec un sourire méchant.

« Je... que pour moi ? » Bon, ce n'était pas du tout la question que Loki attendait. Il pensait qu'il y en aurait, mais il pensait qu'elles porteraient sur l'absence de fourchette. Curieux, vraiment.

Il monta sur le lit à côté d'Anthony et passa une main dans ses cheveux. « Que pour vous, Professeur. Maintenant concentrez-vous là-dessus pendant que je m'occupe de cela, hum ? »

Anthony lui adressa un sourire adorablement enfantin et hocha la tête. « Merci, Loki. » Il s'attaqua alors à son dessert, sans poser de questions sur d'éventuels couverts.

Pendant un moment, Loki ne put détacher les yeux du spectacle de Tony plongeant ses doigts dans la crème, traçant une ligne dans la poudre de cacao. Il ne put se détacher des lèvres roses et charnues se refermant autour de la bouchée blanc cassé.

Clignant des yeux, il se secoua de sa rêverie et se concentra sur sa tâche. La personne qui avait retiré les piercings avait vraiment fait du bon travail. Même si la peau était un peu irritée, elle ne semblait pas plus contusionnée qu'on aurait pu s'y attendre, et les trous étaient tout petits et très propres. Brièvement, Loki se demanda si c'était quelqu'un de chez Art qui l'avait fait. Ce serait certainement logique.

Pourtant, on n'est jamais trop prudent.

Il avait envisagé de se mettre à califourchon sur le dos d'Anthony. Au lieu de cela, il décida de se mettre de côté, afin qu'il puisse contempler la joie enfantine que son professeur affichait, à manger le dessert avec les mains.

Il versa de l'antiseptique sur un morceau de gaze et, une à une, vérifia et nettoya chaque plaie. Anthony cabrait de temps en temps le dos vers les mains de Loki, l'amenant à se demander s'il cherchait la douleur, ou juste plus de contact. Peut-être les deux, supposa-t-il.

À un moment, Anthony le regarda timidement. « En voulez-vous un peu, Monsieur ? » Il agita ses doigts couverts de café et de crème en direction de Loki.

« Comme c'est gentil à vous de le proposer, Professeur. » Loki se pencha et lécha les lèvres du professeur, suscitant surprise puis plaisir chez Anthony. Bon. Ce regard brûlant, celui qui disait « viens me baiser » devait persister, alors, un par un, Loki nettoya de sa langue les doigts d'Anthony.

Quand il eut fini, Anthony haletait, bouche grande ouverte, le regard rivé sur Loki. « Voulez-vous... En voulez-vous un peu plus, Loki ? Ou- ou autre chose ? »

« Humm, quelque chose d'autre, dites-vous ? » Loki se pencha et lécha la lèvre inférieure du professeur. « Oh oui, quelque chose d'autre. » Anthony se pencha vers lui comme lui reculait, il sourit alors et posa un doigt sur ses lèvres, le retenant d'aller plus loin. « Laissez-moi terminer ceci d'abord. Pour l'instant, pourquoi ne pas me dire ce que vous voudriez que je fasse lorsque j'aurais fini ? »

Anthony sourit quand Loki se redressa, et du coin de l'œil, Loki le vit écarter les jambes. « Je ferai tout ce que Loki voudra, bien sûr. »

« Est-ce vrai ? » Il tendit la main et asséna une petite claque sur les fesses d'Anthony. « Pas de suggestion ? » Ramassant l'antiseptique et une compresse propre, il passa de l'autre côté du lit et s'affaira de nouveau.

Anthony replongea les doigts dans son dessert et continua à manger. « Eh bien, Monsieur pourrait être fâché contre moi pour avoir sali de ce qu'il vient juste de nettoyer... »

Loki se mit à rire. « Et il pourrait penser que vous aimez beaucoup trop ça. » Humm... peut-être pas la bonne chose à dire. Il jeta un regard au visage de Anthony pour voir s'il avait une réaction négative.

Mais son visage arborait toujours un large sourire. « Si Monsieur ne veut pas que j'y prenne plaisir, il faudrait qu'il arrête de me gâter. »

Abandonnant le tampon de gaze sur le dos d'Anthony, Loki lui prit le visage à deux mains et l'embrassa farouchement sur les lèvres. Quand il se recula, il renvoya à Anthony son propre sourire. « Jamais. Et j'adore quand vous prenez du plaisir, alors laissez-moi terminer cela, que je puisse vous donner ce que vous attendez d'autre. »

Avec une efficacité clinique que seul un médecin aurait pu égaler, Loki nettoya et contrôla chaque plaie sur le côté droit de son professeur en un geste précis mais rapide. Il voulait vraiment en finir rapidement pour pouvoir passer à la partie sexuelle.

Au moment où cela fut enfin fini, le professeur se léchait les doigts sans plus regarder Loki par-dessus son épaule.

« Avez-vous apprécié votre dessert, mon cher professeur ? », demanda Loki, s'inclinant pour lécher un peu de crème au coin de la bouche de l'autre homme.

Le visage du professeur hésitait entre reconnaissance et nervosité. « Oui, Monsieur. » Il se lécha les lèvres, ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, puis se ravisa et referma la bouche.

« Y a-t-il quelque chose que vous vouliez ? » Loki tentait de garder une intonation douce et curieuse, dans l'espoir de susciter une réponse.

Anthony rougit. « Vous, Monsieur ? »

Loki leva les yeux au ciel et se pencha pour mordiller le lobe de l'oreille d'Anthony. « Vraiment, Professeur. Est-ce là tout ce que vous pouvez trouver ? J'attends plus de vous. »

« Je veux seulement vous rendre heureux, Loki. » Anthony s'était à moitié retourné, et Loki le vit grimacer légèrement sous le mouvement. « Que puis-je faire pour vous ? Vous avez déjà pris soin de moi. »

Loki gloussa. « Mon cher professeur. Magnifique, nu, couvert de café et de crème. Vous voulez savoir ce que vous pouvez faire pour moi ? Que n'avez-vous pas déjà fait ? »

« Je suis sûr que je peux faire plus, Monsieur. » Anthony se retourna complètement, de sorte qu'il était maintenant assis sur le lit à côté de Loki. Il leva les mains comme pour toucher le torse de Loki, puis s'arrêta, comme s'il attendait une autorisation.

Ce qui, bien sûr, était le cas.

Choisissant d'accepter la demande silencieuse, Loki hocha la tête. Les doigts habiles d'Anthony entreprirent immédiatement de lui retirer sa chemise. Quand il eut fini, il jeta la chemise au bout du lit et fit courir ses doigts sur la poitrine de Loki. Loki n'était pas sûr de comprendre ce qui pouvait bien l'attirer, étant donné qu'il était pâle et mince de partout. Il avait essayé de prendre du muscle pour équilibrer sa silhouette, mais il n'aurait jamais le corps de son frère.

Anthony, pourtant, semblait ravi. Après un moment à se contenter de ses doigts, il se pencha timidement pour déposer un chaste baiser bouche fermée sur une épaule, puis l'autre. Les pectoraux furent les suivants. Puis chaque mamelon reçut un baiser et un léger coup de langue. Tout en descendant plus bas, Anthony garda les yeux dans ceux de Loki, attendant manifestement qu'il lui ordonne d'arrêter.

Quand il devint évident que Loki n'allait rien dire, Anthony souffla de manière incertaine juste au-dessus du bouton de son pantalon. « Puis-je, Monsieur ? » Il posa une main très hésitante sur la boucle de ceinture de Loki, se tendant légèrement sous le contact. Il se mordit automatiquement la lèvre, et son regard devint trouble.

Sa ceinture. Loki pensa brièvement à la brûler, vu l'expression sur le visage de Anthony. « Faites-en ce que vous voulez, Professeur. »

Son professeur la défit lentement, la glissa hors des passants et la regarda alors comme s'il s'agissait d'un serpent.

Déterminé, Loki se pencha, la prit des mains du professeur et la jeta dans un coin de la pièce.

Après avoir vu cela, le professeur leva les yeux vers Loki. « Tout va bien, Loki ? »

Si le professeur n'allait pas en faire un problème, alors Loki non plus. En fait, il décida de changer complètement de sujet. « Bien, Professeur. Mais combien de temps avez-vous l'intention de passer à me déshabiller ? » Il désigna son pantalon et fit en sorte d'arborer un rictus amusé afin qu'Anthony ne pense pas qu'il était vraiment contrarié. « Je ne peux certainement pas vous donner ce que vous voulez comme ça. »

Le professeur sourit et ordonna immédiatement, « Debout ». Il parut surpris par sa propre audace, il écarquilla les yeux et son sourire faiblit un peu. Il les écarquilla encore plus lorsque Loki s'exécuta. Il rougit légèrement.

Loki lui sourit. « Vous avez obtenu ce que vous vouliez, Professeur. Il vaudrait mieux ne pas gâcher ça. »

Immédiatement, le professeur se laissa glisser du lit à genoux. Regardant tout le temps dans les yeux de Loki, il déboutonna et défit le pantalon de Loki, en tâtonnant juste un peu. Puis il passa les doigts sous l'élastique du boxer de Loki et descendit l'ensemble en un seul mouvement.

Dès que la queue de Loki fut libre de tout vêtement, le professeur se pencha pour le sucer, mais Loki l'attrapa par le menton. « Préservatif, mon cher professeur. »

Le professeur soupira, mais un sourire jouait sur ses lèvres. « Oui, Monsieur. » Il rampa vers la table de chevet pour récupérer un préservatif qu'il déroula sur Loki, avant de poser les lèvres autour du gland et de sucer.

Loki passa la main droite dans les cheveux d'Anthony. Il le laissa continuer pendant un moment avant de tirer sèchement une mèche de cheveux soyeux.

Anthony gémit autour de lui, mais obéit et recula. « Je suis désolé, Monsieur. J'ai fait quelque chose de mal ? »

« Pas du tout, Anthony. » Loki revint caresser doucement les cheveux d'Anthony. « Mais je vous veux sur le lit. »

Les yeux d'Anthony se dilatèrent à cette perspective. « Comment, Loki ? »

Cela fit naître un sourire sur le visage de Loki. Son instinct était de laisser l'autre homme choisir, mais il supposait que cela faisait partie intégrante de la domination. Faire des choix comme celui-ci sans avoir besoin d'une conversation de cinq minutes à l'issue de laquelle tout le monde se sentait comme s'il avait contribué au résultat final. Vraiment, c'était généralement la situation idéale pour Loki. Tout se passait en douceur lorsque les gens faisaient ce qu'on leur disait de faire.

Il regarda le lit, puis Anthony. Tirant une nouvelle fois légèrement sur ses cheveux, un geste qui semblait toujours susciter un gémissement chez lui, il lui pencha la tête en arrière pour qu'il le regarde. « Sur le dos, mon gentil professeur. »

Anthony lui sourit et hocha la tête. Sans jamais se mettre debout, il grimpa simplement sur le lit et s'installa au milieu du lit. Il était trop petit pour que sa tête atteigne les oreillers, de sorte qu'il était pile au milieu du lit. C'était parfait.

« Maintenant tendez les bras vers la tête de lit. Nul besoin de la toucher, mais je ne veux pas vous voir baisser les bras, à moins d'avoir à me demander d'arrêter. Compris ? » Loki était pratiquement sûr que son professeur n'éprouverait aucune gêne à lui donner ce qu'il allait demander. Le rappel servait deux objectifs, cependant. Tout d'abord, il rappelait l'existence d'un mot de sûreté, disant au professeur que Loki s'en souvenait et qu'il le respecterait, au besoin. Deuxièmement, il soulignait le fait que le professeur se soumettait à sa volonté. Loki refusait de se sentir coupable de se sentir si incroyablement excité par ça.

Le professeur hocha vigoureusement la tête tout en obéissant. « Oui, Monsieur. J'ai compris. »

Des mots appris par cœur, estima Loki. Il ne voulait pas des réponses toutes faites du professeur. Il voulait plus. « Aimeriez-vous que j'ai quelque chose de convenable avec quoi vous attacher, mon cher professeur ? »

Cela suscita un large sourire. « Oui, Loki. Mais nos menottes ne seront prêtes que lundi prochain ».

Loki ne put s'empêcher de sourire en retour. « En effet, nos menottes seront prêtes lundi prochain. Et je vous menotterai à ce lit lundi soir. » La respiration rapide du professeur fut sa récompense. « Mais pour le moment, mon cher professeur, vous gardez vos mains où je vous l'ai dit, ou je m'arrête. Cela vous semble-t-il raisonnable ? »

La lèvre inférieure tremblante du professeur disait à Loki que la réponse était à la fois oui et certainement pas. Il hocha simplement la tête après un moment, et Loki décida d'accepter ça comme réponse. Il attrapa le lubrifiant avant de rejoindre son professeur sur le lit et entreprit de faire de la préparation un jeu horriblement, atrocement, lent. Chaque fois que les mains de son professeur quittaient leur position, il s'arrêtait juste là où il était et attendait qu'elles aient regagné leur place.

La première fois, qui eut lieu juste après que Loki ait ajouté un deuxième doigt, il fallut à Anthony un moment pour comprendre ce qui n'allait pas. Puis ses yeux s'écarquillèrent, et il commença à présenter ses excuses. Loki se contenta de fixer ses grands yeux bruns avant de diriger le regard vers la tête de lit, essayant de lui faire silencieusement comprendre que tout ce qu'il avait à faire était de corriger son attitude. Anthony parut réellement surpris quand il releva les mains et que Loki poursuivit alors comme si de rien n'était.

La fois suivante, juste un instant plus tard, Loki pensa que c'était un test. Il n'était pas sûr si le professeur essayait d'éprouver sa patience, sa détermination ou son absence d'intention violente, mais il était déterminé à faire valoir son argument.

La cinquième fois, il faillit obtenir une réaction violente. Il avait à peine glissé trois doigts dans son professeur, et il était déjà plus que prêt à le prendre, purement et simplement. « Mon cher professeur », fit-il d'une voix chantante, « dois-je vous rouler sur le ventre et vous donner une fessée pour vous rappeler où vos mains doivent être ? Vous semblez avoir du mal à vous en rappeler. »

Anthony gémit et secoua la tête de manière peu enthousiaste, tout en haletant et en s'empalant de lui-même sur les doigts de Loki. « Je suis désolé, Loki. »

« Étrangement, vous ne semblez pas terriblement désolé », plaisanta Loki. Quand Anthony commença à se mordre la lèvre, Loki passa l'index de sa main libre entre ces belles lèvres. « Dois-je glisser ma bite dans votre bouche chaque fois que vous mordez cette lèvre ? Cela serait faire un usage beaucoup plus profitable de votre bouche. »

Anthony gémit autour de son doigt et l'amena plus profondément dans sa bouche. Ses mains commencèrent à glisser vers le bas, et Loki retira tous ses doigts d'un coup. Les yeux mordorés s'ouvrirent en grand et se rivèrent aux siens. Il s'efforça une nouvelle fois de tendre les mains vers la tête de lit. Quand Loki recommença à faire aller et venir ses doigts, il ronronna de plaisir.

Loki sourit et s'inclina vers le visage Anthony. « Vous serez plus heureux lorsque vous ne pourrez pas bouger, n'est-ce pas ? »

Il rougit et acquiesça. Lorsque Loki retira le doigt de sa bouche, Anthony soupira. « Je suis désolé, Monsieur. Je ne suis pas très doué pour ça. »

« Au contraire, Professeur. Comme en toutes choses, vous rendez cela très intéressant. » Loki se pencha et lui donna un rapide baiser sur la joue. « Nous devrions peut-être pratiquer ceci maintenant et après que nous aurons récupéré les menottes, pour voir si vous pouvez apprendre à faire ce que je vous dis, et pas seulement ce que je vous force à faire. Je trouve la force largement surfaite. »

Son professeur lui adressa un sourire perplexe et leva les mains plus loin au-dessus de sa tête. « Je ferai de mon mieux, Loki. »

« Ce qui est tout ce que je vous demanderai jamais. » Loki lui ébouriffa les cheveux de sa main libre et, au grand désarroi d'Anthony, ralentit le mouvement de son autre main. Anthony gémit sous lui, essayant d'amener son cul à rencontrer les doigts de Loki. Loki gloussa. « Êtes-vous prêt pour moi ? »

Mains tendues vers la tête de lit, Anthony hocha frénétiquement la tête. « Oui, Loki. S'il vous plaît ? »

« Tout ce que mon professeur voudra de moi. » S'inclinant légèrement pour regarder Anthony dans les yeux, il lui suréleva les hanches et les plaça sur les siennes. Puis il glissa les mains sous les jambes d'Anthony et amena ses chevilles hors du lit et en l'air, assurant son équilibre en plaquant ses omoplates contre le lit. « N'oubliez pas vos mains, mon cher professeur. Il serait désolant que je doive m'arrêter en plein milieu afin de vous apprendre la discipline. »

Anthony eut un petit halètement et hocha la tête. Son regard n'indiquait cependant pas qu'il souhaitait éviter d'en arriver là. Il se demanda s'il le referait juste pour obtenir une fessée.

Ceci fait, il bascula les hanches vers l'avant, faisant lentement glisser sa bite dans le cul étroit de son professeur. Cela commençait à devenir une addiction, ce sentiment de propriété. Loki préféra éviter de se demander s'il déshumanisait quelque peu son professeur, ou du moins agissait de façon fort peu convenable, en pensant à lui de manière si possessive. Il n'avait jamais ressenti cela envers aucune des personnes avec qui il avait précédemment couché. Personne ne s'était non plus mis à genoux pour lui comme le professeur le faisait, alors il décida de s'accorder un peu d'indulgence.

En regardant son professeur, Loki fut frappé par un étrange sentiment de certitude. Pas une prise de conscience soudaine ou quoi que ce soit de si mélodramatique, juste un sentiment de certitude, au sens propre. Voilà ce qu'il était. Il était le Loki d'Anthony. Anthony était son professeur. Cela semblait plus réel que toute autre chose dans son univers.

Le visage d'Anthony était rouge, sa bouche ouverte, faisant entendre une respiration haletante et libérant ses gémissements de désir. Il essayait de se soulever vers Loki à chaque poussée, mais Loki l'avait délibérément placé dans une position où il n'avait rien à quoi se raccrocher. Sauf à baisser les bras comme il lui avait été ordonné de ne pas le faire, il devait faire entièrement confiance à Loki.

Après quelques secondes, il comprit, et il regarda Loki droit dans les yeux. « Vous... »

« Oui ? » Loki lui sourit, s'enfonçant et obligeant les hanches de son professeur à descendre.

Les bras du professeur se déplacèrent d'à peine une dizaine de centimètres comme s'il allait ignorer l'ordre impératif que Loki lui avait donné. Puis ses biceps se contractèrent, et il repositionna résolument ses bras à leur place. « S'il vous plaît, Loki ? Plus fort ? »

Loki poussa vigoureusement, faisant gémir son professeur. « Comme ça, Anthony ? » Il poursuivit avec quelques poussées plus brutales, le bruit de leurs hanches se rencontrant emplissant la salle.

« Oui ! Oh putain, oui. Oh oui, s'il vous plaît ! » Ses hanches bougeaient consciencieusement contre Loki, mais il gardait ses bras tendus bien au-dessus de la tête.

« Quand vous vous montrez si bon, Professeur, comment pourrais-je dire non ? » Loki ponctua sa phrase d'une claque sèchement assénée sur ses fesses et reprit ensuite son martèlement.

Vu le rythme qu'il adoptait, peut-être pilonnage était-il un mot plus approprié. Cela devint même carrément sauvage, quand Loki vint appuyer les mains de chaque côté de la poitrine de Anthony et s'enfonça, encore et encore. Un son rauque et passionné sortit du fond de la gorge d'Anthony, poussant Loki à encore accélérer le rythme.

Anthony ouvrit grand les yeux. « Monsieur ? Monsieur, s'il vous plaît ? » Il peinait à maîtriser ses gémissements assez longtemps pour supplier proprement.

« S'il vous plaît quoi, Anthony ? », demanda Loki avec un sourire mauvais, sans ralentir le rythme. « Que je ralentisse » ?

« NON ! » Anthony avait pratiquement crié, puis reculé légèrement avec une expression nerveuse.

L'instinct protecteur de Loki se réveilla, mais il savait avec certitude que s'arrêter pour le réconforter n'était pas ce que voulait Anthony. Au lieu de ça, Loki continua au même rythme, mais se pencha contre le visage d'Anthony jusqu'à ce que leurs souffles se mêlent. « Si vous ne voulez pas que je ralentisse, mon beau professeur, alors quoi ? »

Anthony commença à se mordre la lèvre avant de s'arrêter et de lâcher prise. « Puis-je venir, Monsieur ? » Sa voix était à peine un murmure, mais Loki savait ce qu'il voulait avant qu'il l'ait demandé, alors il ne lui fut pas difficile de comprendre.

Il effleura les lèvres d'Anthony des siennes, pas tant un baiser qu'une caresse aérienne. « Jouissez, Anthony. Je veux voir vos yeux quand vous viendrez pour moi. »

Alors Anthony regarda dans ses yeux, comme s'il ne pouvait se résoudre à détourner le regard. Il s'était manifestement retenu, puisqu'il s'exécuta immédiatement, le nom de Loki sur les lèvres alors qu'il était frappé par l'orgasme. Loki le pilonna encore, quelques secondes avant que cela ne devienne par trop accablant, et il atteignit l'orgasme en frissonnant, criant lui aussi le nom d'Anthony. Anthony continua à soutenir son regard, et il vit une brève lueur de triomphe briller dans ces iris couleur de miel alors qu'il s'abandonnait.

Ils restèrent ainsi un moment, les yeux dans ceux de l'autre, leurs lèvres proches. C'était le sentiment le plus proche de la plénitude que Loki se rappelait avoir jamais éprouvé.

Une configuration de mots bien connue surgit dans sa tête et faillit sortir de sa bouche pour venir tout embrouiller et gâcher l'instant. Loki s'arrêta à temps, et se pencha pour embrasser doucement Anthony sur le bout du nez.

Il devait apprendre à se contrôler, ou il allait finir par tout gâcher un de ces jours. Peut-être Anthony pourrait-il lui enseigner comment diable il faisait pour contrôler si bien ses orgasmes. Ce genre de contrôle absolu sur son propre corps devait s'étendre à d'autres domaines.

Il ignora la petite voix dans sa tête qui lui rappelait qu'ignorer les choses ne les avait jamais fait disparaître, choisissant plutôt d'embrasser les lèvres de Tony. Réfléchir pouvait attendre.