iswyn a annoncé que Qui ne risque rien se terminerait au treizième chapitre. Je suis un peu triste de devoir bientôt quitter cette histoire et ces personnages auxquels je me suis attachée. iswyn en est la première étonnée, elle pensait que ce serait plus long mais comme elle le dit, tout à coup, voilà que se présente la situation idéale où les laisser. Voici donc le dixième chapitre de cette histoire, j'espère qu'elle vous plaira toujours autant.

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Loki quitta momentanément Anthony des yeux pour observer sa famille, mais réalisa qu'ils discutaient tranquillement. Devaient-ils ou non changer de chaîne pour regarder un autre horrible film de Noël ? Apparemment, ils n'avaient même pas remarqué le reportage.

Pourquoi Anthony n'avait-il pas eu cette chance ?

Loki se retourna vers lui. Ses yeux étaient encore rivés à l'écran, même s'il était passé à une adorable publicité montrant un enfant cachant des céréales dans les affaires de travail de son père. Le teint d'Anthony était couleur de cendre, et le simple fait de le regarder lui donnait mal au cœur.

Si seulement tout le monde avait pu manquer ce fichu flash info.

Loki se leva brusquement, et se tourna vers sa famille. « Anthony et moi allons dans ma chambre. »

Il pensa présenter une excuse bidon. Son instinct lui soufflait de trouver une excuse qui n'implique pas un petit coup vite fait dans son lit d'enfance. En fin de compte, cependant, ce n'était pas important. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent.

Anthony avait davantage besoin de lui qu'eux.

Plutôt qu'attendre une réponse, Loki saisit le poignet d'Anthony et le traîna à l'étage vers sa chambre. Thor dit un truc, genre ne pas rester là-bas toute la journée, mais Loki ne faisait déjà plus suffisamment attention et ignora si le commentaire lui était destiné. Le poignet d'Anthony était inerte dans sa main, comme si son esprit avait déserté son corps, laissant derrière lui une poupée gonflable grandeur nature.

Quand ils arrivèrent dans la chambre, Loki amena Anthony à lui et verrouilla la porte derrière eux.

La tête d'Anthony retomba contre la poitrine de Loki. Il voulait manifestement prendre de grandes respirations, mais son souffle semblait se coincer dans sa gorge. Tout son corps tremblait.

« Merci, murmura-t-il contre la poitrine de Loki. C'était le pire moment possible pour ça. Désolé pour —

— Non, répondit Loki avant qu'Anthony ait pu finir sa phrase. Vous n'avez pas à vous excuser. Vous n'avez rien fait de mal. J'ai juste pensé que vous n'aviez pas besoin d'être avec ma famille, pendant que vous deviez affronter... ce que vous ayez à affronter. »

Il n'allait pas faire pression. Il allait être un gentil petit copain.

« Il dirigeait la compagnie après la mort de mes parents. Sans doute m'a-t-il volé sans vergogne », dit brusquement Anthony. Il dégagea son visage de la poitrine de Loki et leva les yeux. Ses yeux rougis brillaient sous l'effet des larmes refoulées, mais il n'y eut aucune exclamation hystérique ou dramatique. « C'est à cause de lui que j'ai démantelé la compagnie et que je l'ai vendue.

— Un employé ? », tenta subtilement de se renseigner Loki, tout en sachant qu'il y échouait lamentablement.

Heureusement, Anthony eut l'air légèrement amusé par sa maladresse et continua. « Nous— lui et moi — nous étions ensemble. Ce n'est peut-être pas le mot qui convient, mais je n'en ai pas d'autre. »

Loki serra Anthony dans ses bras et l'amena vers le lit, où il l'obligea à s'allonger avec lui. Dire qu'Anthony ne se débattit pas était un euphémisme. Il était aussi docile que la poupée Ken, et laissa Loki le positionner sans protester.

« Ça semble moche », souffla Loki, espérant obtenir plus d'informations, sans avoir l'air de les exiger.

Son Anthony soupira et hocha la tête. Il se blottit une nouvelle fois contre le torse de Loki. Comme si tout son corps était attiré vers cet unique point de contact, comme s'il voulait se faire tout petit et s'enfouir dans le corps de Loki.

Évidemment, il trouvait trop difficile de regarder Loki dans les yeux et de parler en même temps.

« C'était mal », commença-t-il et, un instant, Loki crut qu'il voulait s'arrêter là. Il fut surpris quand il continua, en particulier parce que sa voix s'était raffermie. Il tourna la tête pour presser la joue contre Loki — afin qu'il puisse parler plus distinctement sans perdre un seul centimètre carré de contact. « Il ne vous ressemblait en rien. J'étais un môme, j'étais terrifié et je ne savais pas quoi faire. Rhodey m'a aidé à m'en sortir. Je me suis enfui. J'ai détruit l'entreprise de mon père pour m'échapper. »

Anthony parlait de manière saccadée, son débit évoquant le sang jaillissant d'une plaie artérielle. Comme si, s'il n'évacuait pas tout ça, il courait le risque de s'empoisonner.

« Pendant longtemps, je ne pouvais même pas envisager d'avoir une relation avec qui que ce soit. Ensuite, j'ai fréquenté... des hommes pas très intelligents. C'était plus facile, et je n'avais pas à me demander s'ils n'allaient pas essayer de me tuer pour mon argent. »

Il renifla un peu, mais il n'y eut pas de larmes. Loki n'était pas sûr que ce soit une bonne chose. Les larmes ne sont-elles pas censées être libératrices ou quelque chose comme ça ?

« Et soudainement, vous êtes arrivé, reprit Anthony, frottant sa joue sur le torse de Loki. Cela rappela à Loki un chat marquant son territoire. Et vous ne ressembliez à personne. »

Ricanant en réponse, Loki hocha la tête.

« Croyez-le ou non, j'entends ça très souvent. Même si, habituellement, le contexte ne m'est pas tout à fait aussi favorable.

— C'est que personne ne vous connaît vraiment, alors, bouda Anthony comme un enfant à qui on dit que son personnage préféré est le méchant. Parce que vous n'êtes pas juste unique. Vous êtes aussi sacrément fantastique.

— Je dois avouer que cela m'inquiète. Après tout, Staline était unique en son genre. Cela ne signifie pas que je veuille avoir quoi que ce soit de commun avec lui. » Loki continua à passer les doigts dans les cheveux d'Anthony dans un geste qui semblait les apaiser tous les deux.

« J'essaie d'être ce dont vous avez besoin, Anthony.

— Vous n'avez pas à vous inquiéter pour ça, Loki. » Anthony décolla la tête de la poitrine de Loki afin de pouvoir le regarder dans les yeux tout en parlant. Le tissu de la chemise était humide et collait à sa joue. Il se détacha lentement quand il se recula. Apparemment, il avait fini par pleurer. « Vous n'avez pas à essayer d'être quoi que ce soit. Vous êtes déjà tout ce dont j'ai besoin. Je l'ignorais, mais vous êtes exactement ce dont j'avais besoin. »

La poitrine de Loki se serra, ou son cœur se gonfla — il ne savait pas exactement, il savait juste que sa poitrine semblait soudain trop étroite, et qu'il ne pouvait plus respirer convenablement.

Anthony pensait qu'il était bon pour lui, qu'il était ce dont il avait besoin.

Il prit le visage d'Anthony entre ses mains et le regarda dans les yeux. « Vous êtes également ce dont j'ai besoin, Anthony. » La situation exigeait un minimum de tact, afin de dire ce qu'il devait dire, sans dire la chose qui ferait fuir Anthony. « Je n'ai jamais été plus heureux que lorsque nous passons du temps ensemble. »

Le petit sourire timide sur le visage de Anthony était comme une bougie dans une pièce sombre. Quand il évita son regard et se mordit doucement la lèvre, Loki sut qu'il allait demander quelque chose. Avant d'avoir la moindre idée de ce que cette chose serait, Loki sut qu'il la lui accorderait. Même si ce n'était pas en son pouvoir de la lui donner.

« Pourrions-nous... Je veux dire, euh, plus tard — pourrions-nous rentrer à la maison et... ? » Anthony n'avait jamais été si hésitant à demander ce qu'il voulait. Mais, là encore, Anthony ne demandait pratiquement jamais rien, surtout lorsqu'il était mal.

« Nous pouvons rentrer et faire ce que vous voulez, consentit Loki. Dès que le repas sera fini, si vous pouvez attendre aussi longtemps. »

Tony le regarda, émerveillé. « Si je disais que je ne pouvais pas attendre, vous le feriez vraiment...

— Oui. »

À cette simple confirmation, Anthony fondit sur lui et pressa ses lèvres contre celles de Loki. Légèrement surpris, Loki se laissa renverser et se retrouva allongé sur le dos, avec Anthony à cheval sur lui.

Anthony parut également surpris pendant un moment, avant d'arborer un petit sourire malicieux. « Ou peut-être vais-je prendre ce que je veux maintenant », déclara sournoisement Anthony.

Il y avait dans ses yeux une nervosité proche de la peur, et Loki souhaitait la voir disparaître. Alors il sourit nonchalamment, étirant les bras au-dessus de sa tête. « Pensez-vous pouvoir le faire ? J'aimerais bien voir ça. »

La respiration d'Anthony redevint saccadée, et l'expression stupéfaite de son visage était quelque chose dont Loki voulait se rappeler éternellement.

Anthony n'eut pas besoin d'autre incitation. Il se jeta sur Loki avec la férocité d'un homme mourant de faim. Il attrapa les bras de Loki et les maintint fermement. Loki pensa que, s'il voulait vraiment le faire, Anthony pourrait effectivement le maîtriser, étant donné ses biceps assez impressionnants. Un frisson de plaisir lui parcourut l'échine.

Après avoir déposé des baisers le long du cou de Loki, il s'arrêta un instant, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre. « Vous me laisseriez vraiment faire, murmura-t-il contre les lèvres de Loki, juste parce que je suis mal ? »

— Juste parce que je vous veux. Peu importe la façon dont vous voulez vous donner à moi. Loki appuya sa queue raidie contre Anthony. C'est vous que je veux, Anthony. Pas une illusion de vous. »

L'humidité fut immédiatement de retour dans les yeux d'Anthony. Il cacha son visage dans le creux de l'épaule de Loki. C'est alors que Loki comprit. Il avait suivi suffisamment de cours de psychologie pour son diplôme. Il avait déjà vu ça. Peut-être, une autre fois, Anthony voudrait-il plaquer Loki contre le matelas et arriver à ses fins. Mais, à ce moment précis, Anthony avait besoin d'un sanctuaire. Il avait besoin de se sentir rassuré, aimé et en sécurité.

Alors, Loki le fit rouler sur le dos et, après avoir murmuré « ne bougez pas », il alla à sa penderie. Il ne lui fallut qu'un moment pour trouver ses cravates et habilement attraper toutes celles que Thor lui avait données. Ce n'était pas que Loki n'aimait pas son frère, mais il ne voyait vraiment pas quand il pourrait porter une cravate ornées de personnages de dessins animés.

Il jeta les cravates sur le lit à côté d'Anthony et ordonna, « sur le ventre », tout en se dirigeant vers la table de chevet dans laquelle il conservait un flacon de lubrifiant.

Anthony s'exécuta instantanément. Loki mit à profit son obéissance pour lui retirer son pantalon et ses sous-vêtements. Même s'il souhaitait le dénuder entièrement et embrasser chaque centimètre de peau, il doutait qu'ils aient le temps pour ça. Il devait donner à Anthony ce dont il avait besoin dans le peu de temps qu'ils avaient. Aussi rapidement que possible, il attacha Anthony aux montants du lit.

Il devrait vraiment remercier Thor pour les cravates. Il n'aurait jamais imaginé qu'elles se révéleraient un jour aussi utiles.

Passant les mains sur les jambes nues d'Anthony, il sourit en l'entendant doucement gémir.

« Vous avez besoin de quelque chose, mon gentil professeur ?

— Ça, Loki. Juste cela. Mais vous le saviez déjà, dit-il doucement en s'arquant entre les mains de Loki quand un doigt lubrifié s'introduisit timidement en lui. S'il vous plaît, Loki.

— Vous n'avez pas à demander, mon gentil professeur. Loki s'accroupit au-dessus d'Anthony, l'ouvrant d'une main, et caressant le bas de son dos de l'autre. Vous n'avez rien à faire d'autre que me laisser prendre soin de vous. »

La tension dans le dos d'Anthony était plus forte que Loki ne l'avait jamais ressentie, mais elle se relâchait lentement.

« S'il vous plaît, Loki, parlez-moi ? J'ai — j'ai besoin de vous entendre. Vous. Votre voix.

— Bien sûr, mon ange, répondit-il. Moi. Juste moi et toujours moi. »

Il aurait aimé avoir plus de temps. Il aurait aimé passer une heure à préparer son professeur et encore une autre à le baiser lentement en chuchotant son nom. Mais c'était juste une question de temps avant que quelqu'un vienne à la porte, et personne ne s'y entendait à ruiner une ambiance comme Thor pouvait le faire.

Alors, il finit rapidement de le préparer rapidement et se positionna contre Anthony. Mais Anthony voulait qu'il parle, alors il parlerait.

« Si bon, Anthony, murmura-t-il pendant qu'il le pénétrait. Parfait. Vous êtes un si bon garçon pour moi. »

Sous lui, Anthony gémit doucement, essayant d'être aussi silencieux que possible. Raisonnable. Une partie de Loki voulait qu'il soit encore plus bruyant que d'habitude, mais il savait que ce serait déplacé alors qu'ils fêtaient Noël en famille.

« Comment puis-je avoir autant de chance, hum ? » demanda-t-il sans attendre de réponse. Il satisfaisait juste la requête d'Anthony. Il s'efforça de prendre un rythme lent et mesuré, pénétrant complètement Anthony avant de se retirer presque entièrement pour revenir à nouveau en lui.

« Qu'ai-je fait pour mériter que mon parfait petit professeur se mette à gémir en se tortillant joliment sous moi ?

— Loki... murmura Anthony sous lui, s'arquant à chaque poussée. Vous — vous n'avez pas à — »

Glissant une main dans les cheveux d'Anthony, Loki lui tira la tête en arrière, révélant la belle courbe bronzée de son cou. « Je n'ai pas à faire quoi que ce soit, Anthony. Je crois que nous avons déjà convenu qu'aucun d'entre nous n'avait à faire quoi que ce soit. »

Il se pencha pour mordiller doucement le lobe de l'oreille d'Anthony, suscitant un halètement.

« Je voulais dire que —

— Je sais ce que vous vouliez dire, Anthony. Vous ne savez pas comment gérer le fait que je vous dise que vous êtes parfait. Que vous êtes magnifique et délicieux, et que vous êtes tout ce que je cherche. Enfoui complètement en Anthony, il poussa encore, le pénétrant plus profondément encore. Mais, étant donné que toutes ces choses sont vraies, vous allez devoir apprendre à vivre avec. »

Anthony avait apparemment perdu l'usage de la parole et se contenta de gémir. Il savait d'expérience qu'il s'exerçait suffisamment de friction sur la queue de son professeur pour qu'il puisse jouir dans cette position. Il avait juste besoin de laisser son cerveau prendre le relais.

« Ne vous inquiétez pas, mon Anthony, susurra-t-il. Vous aurez tout le temps nécessaire pour vous habituer à être mon parfait garçon. Et je serai heureux de vous baiser aussi souvent que nécessaire pour vous le prouver. »

Ponctuant ses dernières paroles par quelques mouvements brusques qui poussèrent violemment Anthony contre le lit, il sentit le corps sous lui se raidir et entendit le gémissement de jouissance extatique. Quand Anthony se fit inerte entre ses bras, Loki se lâcha, et pilonna Anthony avec fougue avant d'atteindre sa propre libération.

Ils restèrent ainsi un moment, heureux d'être ensemble. Ensuite, Loki entendit un rire rauque à l'étage en dessous, sans doute dû à un autre film de Noël idiot. Ce simple rappel de la présence de sa famille rompit le charme.

Il se retira doucement et commença à détacher Anthony. Il entendit à peine les paroles d'Anthony, dont le visage était toujours enfoui dans l'oreiller. « Vous avez un plug ? »

Il fut soufflé. « Anthony... »

— Je le veux. S'il vous plaît ?

— Oui, Anthony », céda presque immédiatement Loki. Une inflexion dans la voix d'Anthony lui disait qu'il ne s'agissait pas d'une requête d'ordre sexuel. Tony voulait quelque chose de l'ordre de l'intimité, et Loki allait le lui donner.

Heureusement, il venait juste d'acheter un nouveau plug. D'accord, il avait envisagé un usage différent pour l'objet, impliquant Anthony et un lieu public, mais les besoins de son professeur passaient avant ses petits jeux.

Quelques minutes plus tard, tout était nettoyé et rangé, ils étaient rhabillés et Anthony, le sperme de Loki toujours en lui, portait son plug. Il semblait presque aussi posé que lors de son arrivée.

« Merci, Loki, murmura-t-il, en s'inclinant vers Loki et en collant sa joue sur la sienne. J'avais besoin de vous sentir en moi. »

Loki s'assit à côté d'Anthony sur le lit et passa un bras autour de lui, le tenant serré. « Je vous donnerai tout ce dont vous avez besoin, Anthony, vous n'avez qu'à le demander. »

Évidemment, ce fut à ce moment que la poignée de porte bougea, suivie presque immédiatement par la voix tonnante de Thor, « Loki ? Pourquoi la porte est-elle fermée ? »

Anthony éclata de rire alors que Loki poussait un soupir irrité. Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit. « Pour que tu ne puisses pas débarquer comme tu viens d'essayer de le faire, imbécile. »

Thor les observa avec méfiance un instant, notant qu'ils étaient tous deux entièrement vêtus, et que la chevelure de Loki était aussi impeccable que jamais. Il avait l'air presque déçu de ne pas les avoir surpris en pleine partie de jambes en l'air.

« Mère m'envoie, déclama-t-il solennellement, vous dire que le repas est servi.

— Et tu ne pouvais pas le dire à travers la porte ? fit Loki en levant les yeux au ciel. Thor était tellement prévisible. Au moins eut-il la décence de rougir quand il fut pris en flagrant délit de semi-vérité.

— Non, admit-il. Je voulais juste voir pourquoi vous vous étiez réfugiés dans ta chambre au lieu de regarder La vie est belle[1] avec nous. »

Loki commençait à s'inquiéter que ses yeux restent coincés à force de les lever au ciel. « Parce que c'est à l'opposé de l'idée que je me fais d'un bon moment, alors que passer du temps avec mon petit ami ne l'est pas. »

Assez curieusement, cela semblait satisfaire Thor. Il hocha la tête de manière compréhensive. Jane choisit ce moment pour arriver derrière Thor et demander,

« Hé, tout va bien ?

— Très bien, pourquoi posez-vous la question ? lui sourit gentiment Loki. Bon, pas vraiment, mais il essaya. En quelque sorte.

— Je ne sais pas, Professeur, M. —

— Tony, intervint Anthony, toujours sur le lit. Cela suscita le dédain de Loki. Il détestait ce surnom. Mais si c'était vraiment ainsi qu'Anthony voulait que les gens l'appellent, Loki supposait qu'il pourrait s'y faire.

— Tony, répéta Jane. Tony semblait bouleversé.

— Il me semble que Thor a dit que le repas allait être servi, déclara Loki, changeant sans vergogne de sujet.

— Tout va bien », fit courageusement Anthony.

Alors qu'ils descendaient les escaliers, Loki surprit Jane adresser un regard de chien battu à Anthony. Il s'apprêtait à dire quelque chose de cinglant, quand il fut arrêté par une main sur son épaule.

Anthony le regardait. « Ce n'est pas grave. On ne peut pas dire que je me sois montré discret », dit-il, assez fort être entendu par toutes les personnes présentes.

Thor et Jane les regardèrent immédiatement avec curiosité.

« Ce gars au journal. S-Stane. Il a travaillé pour moi, pour mon père, quand j'étais enfant », expliqua Anthony.

Il semblait avoir du mal avec les mots, mais pas autant que Loki s'y était attendu. Il réalisa que c'était le masque qu'Anthony montrait aux autres. C'était son visage « ce n'est pas vraiment important pour moi », et il semblait se renforcer à chaque seconde qu'ils passaient en compagnie d'autres personnes.

Jane ne parut pourtant pas satisfaite.

« Alors pourquoi cela vous bouleverse-t-il ?

— Qu'un mec qui a dirigé la compagnie de mon père ait été arrêté pour détournement de fonds ? », fit Tony d'un ton qui suggérait qu'elle avait dû prendre un coup sur la tête pour poser une question aussi stupide.

« Il est probable qu'il ait fait la même chose à votre famille, fit Thor en acquiesçant.

— Probablement, reconnut Anthony. Mais il n'y a plus grand chose à faire, maintenant. Et ce n'est pas comme si l'argent était important pour moi. J'ai tout ce qu'il me faut. »

C'était surréaliste, la façon dont il avait glissé dans son personnage. Il ressemblait à Anthony, certes. Il semblait partager son passé, mais il n'était absolument pas Anthony. Pourtant, si c'était ce dont il avait besoin pour être à l'aise, Loki n'allait pas essayer de l'en priver.

Par contre, il tendit la main pour caresser ce cul magnifique, s'assurant d'attraper le bout du plug. Il ne voulait pas qu'Anthony oublie qui et où il était. Un petit sourire mystérieux flotta sur ces lèvres pleines, et Anthony lui adressa un regard en coin disant qu'il n'avait pas oublié la promesse de Loki d'un plus tard.

Il s'était vaguement demandé si Anthony avait eu ce qu'il voulait et s'il en avait eu assez pour la journée. Il semblait que non.

Le repas fut curieusement familial. Odin et Frigg posèrent quelques questions superficielles à Jane et à Anthony. Frigg s'efforça de se montrer équitable, même s'il était évident qu'elle aurait voulu poser davantage de questions à Anthony.

Comment en aurait-il été autrement ? Elle connaissait Jane depuis que la jeune fille était bébé, et même si cela n'avait pas été le cas, Anthony était beaucoup plus intéressant.

C'était un peu surréaliste de regarder Anthony se couler dans cet étrange personnage. Il n'était pas comme il était en cours, froid et sarcastique. Il n'était pas non plus blagueur et irrévérencieux comme il pouvait l'être avec les gens qu'il connaissait, comme Rhodes ou la serveuse. Il était un peu réservé, parfaitement bien élevé et, plus généralement, il était le gendre rêvé de tout parent.

Odin semblait ravi. « J'espère que vous reviendrez dîner à la maison après les fêtes de Noël, Tony », dit-il au milieu du repas, alors que Loki passait le beurre à Jane.

Le beurrier ne se fracassa pas sur la table. Jane avait de bons réflexes.

Souriant placidement, Anthony hocha la tête.

« Ce serait avec plaisir, M. Burison.

« Oh s'il vous plaît, intervint Frigg. Il s'appelle Odin. Vous êtes pratiquement de la famille. »

Anthony écarquilla les yeux, et entrouvrit silencieusement la bouche.

Loki n'avait jamais été quelqu'un de très croyant, mais il était prêt à promettre à chaque dieu de chaque panthéon tous les sacrifices de sang qu'ils exigeraient, si seulement sa famille pouvait ne pas dire quelque chose de stupide qui ferait fuir Anthony.

Odin ne put s'empêcher d'intervenir. « C'est vrai. Loki n'avait jamais emmené personne dans cette maison auparavant. Je ne savais même pas qu'il était gay, jusqu'à ce qu'il nous dise qu'il sortait avec vous. Il adressa à Loki un regard légèrement accusateur, mais dépourvu de colère. Alors vous deux, ça doit être sérieux. »

Loki voyait venir le moment où le masque d'Anthony allait tomber et sentit l'adrénaline affluer dans ses veines. Comme si son corps se préparait à devoir courir après Anthony pour l'obliger à rester.

Au lieu de cela, Anthony sourit gentiment. « Je ne peux pas parler pour Loki, Odin, mais je ne pense pas avoir jamais été plus sérieux. »

Thor, Frigg et Jane poussèrent tous un soupir, comme s'ils regardaient une pitoyable adaptation d'un roman de Nicholas Sparks.[2]

« Parfait. Loki décida de mettre un terme à cette conversation. Maintenant que nous sommes tous conscients du sérieux de tout cela, pourquoi ne pas manger ?

— En effet, dit Thor d'une voix forte. Mère et Loki nous ont préparé un bon repas. »

Loki soupira de soulagement quand tout le monde revint gentiment à son assiette. Il sentit la main d'Anthony glisser sur sa cuisse et la serrer légèrement. Ils échangèrent un regard rassurant et se remirent à manger. Thor avait raison, c'était un excellent repas.

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[1] Le film de Capra de 1946 (It's a Wonderful Life) et non celui de Benigni (La vita è bella).

[2] Nicholas Sparks est un écrivain américain spécialisé dans les romans d'amour.