XD Bah dis donc ! Je ne pensais pas que mon teaser à la fin du chapitre précédent vous intriguerait autant :P
Vous l'attendiez, le voici : le caca d'élan mâle !
Mais d'abord, si nous allions faire un petit tour parmi des Malamutes ? :)
4
Plusieurs jours s'écoulèrent avant que Stiles ait de nouveau de la visite. Encore une fois, ce fut Laura.
- Toi ça fait un moment que t'es pas sorti, je me trompe ? lui demanda la jeune femme.
- En même temps c'est un peu pour ça que je suis venu jusqu'ici, répondit Stiles avec un sourire. M'isoler.
- T'isoler ?! Quelle drôle d'idée. Allez viens, je t'emmène faire un tour chez moi.
- J'voudrai pas déranger …
- Puisque je t'invite. Ça te dit de m'aider à graisser les pattes de mes chiens ?
- Euh …
Et ils se mirent en route. Il leur fallut tout de même un quart d'heure avant d'atteindre leur destination, malgré que les deux maisons soient très proches. Une fois sur place, Stiles descendit de voiture et ouvrit grand les yeux, lorsqu'il réalisa à quel point il s'était isolé dans un endroit peu confortable.
La maison de Laura était identifiable à un petit chalet fait d'un bois brut et poncé dans lequel s'encastraient parfaitement trois fenêtres et une porte solide – à n'en pas douter aucun courant d'air ne passait par là, comparé à chez lui. La toiture semblait neuve, comme les trois marches devant l'entrée, et une antenne satellite pointait fièrement vers le ciel.
Tout en refermant les pans de son épais blouson autour de lui, Stiles sourit, trouvant pour le moins étrange la présence de ce chalet qui semblait chaleureux au milieu de ce paysage qui paraissait si hostile. Car, si sa propre cabane se trouvait en lisière de la forêt, avec quelques arbres à seulement une vingtaine de mètres, la maison de Laura semblait avoir été déposée là par un géant facétieux, au milieu de la plaine, exposée au vent, entourée de filets de rivière qui gonflaient durant le dégel.
- T'inquiète pas, ils mordent pas ! s'amusa Laura, taquine. Ils seront surpris de voir une nouvelle tête, mais tu deviendras vite leur grand pote !
Un instant, Stiles ne comprit pas ce dont lui parlait la jeune femme, puis il entendit les aboiements furieux qui résonnaient, pourtant très audibles, et il sourit.
- Ils ont l'air bien excité, déclara-t-il.
- Ils deviennent hystériques dès qu'un oiseau pète, grogna Laura avant de lui demander énergiquement : t'as pas peur des chiens ou moins ?
- Normalement non.
Il suivit la jeune femme et ils passèrent derrière la maison. Là, il fut de nouveau stupéfait de découvrir une véritable installation faite de clôtures hautes et de niches par dizaine avec, à l'intérieur, tout autant de chien aussi volumineux et hirsute que des oursons. Ils étaient pour la plupart noir et blanc mais certains arboraient un magnifique pelage roux tandis qu'un autre était entièrement blanc. Ils aboyaient tous en cœur en remuant fébrilement leur queue en panache qui formait une boucle parfaite et venait toucher leur échine ; certains sautillaient, d'autres bondissaient comme des kangourous, apparemment ravis du retour de leur maîtresse. A quelques mètres de ses enclos se dressaient une sorte de grange pas très haute mais toute en longueur faite du même bois que la maison.
- T'en as beaucoup ! lança Stiles, étonné et ravi.
- J'ai de quoi faire deux grands attelages, sans compter ceux qui sont à la retraite et les plus jeunes. Et j'attends une portée de chiot d'ici trois semaines.
Stiles sourit et, incapable de s'en empêcher, dit :
- On dirait pas, t'es mince comme tout.
Laura éclata de rire et ses chiens devinrent plus fous encore. L'un d'eux se mit à tourner sur lui-même à une vitesse étonnante en un cercle parfait.
- C'est des Huskys non ? demanda encore Stiles lorsqu'ils se furent approchés.
- Ah non ! répondit aussitôt Laura. Des Malamutes ! C'est beaucoup plus puissant et résistant, d'après moi ce sont les meilleurs chiens de traîneaux au monde. Et puis c'est avec cette race que j'ai le plus d'affinités. Je vais te montrer comment on fait, tu verras c'est pas dur.
Elle le conduisit jusqu'au garage, qui n'était en fait qu'un porche solide sous lequel se trouvaient deux énormes choses bâchées que Stiles devina être des motoneiges, ainsi qu'une immense étagère en métal où se trouvait tout un tas de matériel utile de même qu'une grosse coupe en métal doré. Curieux, il se hissa sur la pointe des pieds, plissa les paupières et lu : Iditarod Trail Sled Dog Race, 1st. Ce nom ne lui était pas totalement inconnu.
- On y va ! lança vivement Laura en soulevant à pleine main un baril de plastique bleu. C'est qu'on a cent-soixante pattes à graisser.
- Combien ?! répliqua vivement Stiles en se retournant vivement.
- Tiens, attrape les pinceaux et les coupettes qui sont là.
Stiles obéit. Cent-soixante pattes, ça faisait quarante chiens ça non ? Il n'avait pas réalisé qu'il y en avait autant. Il était nerveux, tout à coup. Et s'il se faisait mordre ? Et si lui-même en blessait un ?
Laura déposa son baril et l'ouvrit. A l'intérieur se trouvait une graisse jaune et terriblement odorante qui lui agressa immédiatement les narines. Sans le vouloir, il fit un pas en arrière en poussant un hoquet. Laura, accroupie près de son baril, releva la tête et lui sourit, apparemment fière de son effet.
- Ça sent pas bon hein ? lui balança-t-elle sans ménagement. On s'habitue t'inquiète. Passe-moi la coupe.
Stiles lui tendit le petit objet et regarda la jeune femme prendre une bonne platée de graisse directement à la main avant de la laisser tomber dedans avec un bruit mou et totalement écœurant. Il fit une grimace mais accepta tout de même de récupérer la coupe.
- Tu badigeonnes ça sur leurs pattes avec le pinceau, lui expliqua Laura en se redressant.
- Pour protéger les coussinets ? demanda Stiles en tenant la coupe pleine de graisse éloignée de son nez.
- Exactement ! Comme le froid commence vraiment à s'installer, le mieux c'est de commencer maintenant, faut prendre aucun risque.
Ça, Stiles l'avait bien remarqué que le froid s'installait ! On était toujours au mois de septembre mais la température avait manifestement chuté, jusqu'à moins dix depuis quelques jours, alors que les températures négatives n'étaient censées arriver qu'à la mi-octobre d'après les sites météorologiques qu'il avait consulté avant son départ. Mais bon, la météo … Comme son père lui avait fait remarquer, c'était un peu comme le loto : tout est une question de boules. Stiles ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il se souvint de cette conversation, et son cœur se serra. Son père lui manquait déjà.
- C'est de la graisse de quoi ? demanda-t-il pour court-circuiter le chemin prit par ses pensées.
Laura le regarda au fond des yeux et eut un sourire énigmatique. Ses mains étaient luisantes et quelques morceaux jaunes collaient à ses phalanges.
- Vaut mieux pas que tu saches, dit-elle finalement.
Stiles la remercia en lui tirant la langue, puis la jeune femme le mena près des clôtures derrière lesquelles les chiens s'excitaient toujours bruyamment. Le jeune homme vit qu'ils étaient attachés d'une laisse à un piquet et se trouvaient chacun dans une cage séparée des autres par une grille, sans doute pour qu'il n'y ait ni bagarres ni blessés. Plus il s'en approchait et plus il les trouvait massifs et impressionnants.
- Je vais te montrer comment les attraper, déclara Laura en ouvrant l'une des cages. Ils ont l'habitude alors généralement ils ne se débattent pas trop, mais comme ils ne te connaissent pas ils risquent quand même d'être un peu chiants.
L'énorme chien ne se tenait plus de joie lorsqu'il vit sa maîtresse pénétrer dans son enclos et se dressa sur ses pattes arrières en tirant violemment sur sa laisse et en jappant. Sa queue en boucle se balançait de gauche à droite à une vitesse étonnante.
- Oui gros pépère, oui ! déclara Laura en se penchant sur l'animal pour lui prodiguer des caresses affectueuses. Mais oui !
Elle déposa tout à côté d'elle la coupe pleine de graisse et le pinceau, puis s'accroupit et joua un instant avec lui. Avant de se redresser, elle déposa quelques bisous sur sa truffe noire et humide puis commença à le manipuler. Le chien coucha alors les oreilles mais ne dit rien, quoi qu'il soit évident pour Stiles, vu le regard de l'animal, qu'il n'appréciait que moyennement. Lorsque Laura eut terminé elle lui présenta une friandise qu'il engloutit tout rond et de bon cœur avant de se coucher pour lécher consciencieusement ses pattes.
- Tu le laisses faire ? demanda Stiles à la jeune femme lorsqu'elle fut ressortie de la cage.
- C'est impossible de les en empêcher de toute façon. C'est pour ça qu'il est important d'en mettre suffisamment entre chaque coussinet, là où leur langue ne peut pas aller. T'as compris comment les attraper ?
- Plus ou moins oui …
- Viens, tu vas me montrer.
De plus en plus nerveux, Stiles suivit la jeune femme qui longeait les enclos. Les aboiements excités des chiens commençaient vraiment à lui faire mal aux oreilles.
- C'est le plus doux, déclara Laura en s'arrêtant devant une cage. Tu ne devrais pas avoir de problème avec lui. Ce qu'il est important de faire, c'est te présenter. Il s'appelle Kooky.
Elle ouvrit la cage. Aussitôt, l'animal commença à faire des bons joyeux, ses pattes puissantes le propulsant à une bonne cinquantaine de centimètres du sol. Sa fourrure était faite de noir et de blanc, et ses yeux bleus détonnaient intensément sur ces couleurs.
- Entre doucement en présentant la paume de ta main, lui indiqua Laura avant de l'arrêter dès qu'il fit un pas pour lui préciser : pose la coupe d'abord.
Une fois l'objet au sol, Stiles entra dans la cage à pas prudent. L'énorme chien aux poils volumineux avait cessé de bondir sur place et le regardait approcher en jappant fortement, sa queue en boucle bougeant à une vitesse folle. Dès que Stiles présenta sa main, l'animal y fourra sa truffe puis le lécha avec beaucoup d'énergie, ce qui le fit glousser.
- Génial, caresse-le maintenant, lui indiqua Laura.
La main de Stiles plongea dans l'épaisse fourrure du chien qui engouffra sa large tête triangulaire entre ses jambes et resta ainsi sans bouger autre chose que sa queue, lui présentant son échine avec satisfaction. Immédiatement, Stiles commença à lui gratter énergiquement le dos, un sourire de gosse sur le visage.
- Ben voilà, vous êtes les meilleurs amis du monde, rigola Laura.
Stiles, plus du tout nerveux, prit le temps de faire autant de papouilles que possible au chien qui se laissait totalement faire, la langue pendante et les yeux fermés de béatitude, la tête toujours coincée entre ses cuisses.
- On va voir comment tu t'en sors, reprit la jeune femme. Entoure son cou avec ton bras pour bien le tenir et attrape l'une de ses pattes.
A gestes précautionneux, un peu craintif tout de même, Stiles obéit sans avoir conscience que, depuis la maison, quelqu'un l'observait. Et il vint à bout de sa mission avec les honneurs.
- Super ! s'extasia Laura. Je vais t'indiquer ceux que tu peux approcher, il y en a certains qui sont des fortes têtes, je préfère m'en occuper. Sans compter le chef de meute et la femelle gestante.
Alors que Kooky se roulait au sol pour se lécher avidement les pattes après avoir reçu sa friandise, Stiles ressortit de l'enclos et ferma derrière lui en prenant soin de bien remettre le loquet en place. Au même moment, un furieux coup de vent arriva des plaines et il se le prit de plein fouet. Fermant les yeux et serrant les dents, il encaissa le froid en grognant. Il ne sentait déjà plus le bout de ses oreilles. Il devait vraiment acheter un bonnet !
Le chien dont il s'occupa ensuite, presque la copie conforme du premier sauf qu'il s'appelait Timo, était tellement heureux de faire sa connaissance qu'il tenta par tous les moyens de lui lécher généreusement le visage. Stiles tenta bien de lui échapper, mais l'animal finit par réussir à lui sauter dessus et le plaqua littéralement au sol pour l'assaillir de coups de langue heureux.
Laura, voyant la difficulté dans laquelle il se trouvait, éclata de rire et se contenta de rester là à le pointer du doigt en riant, sans lui venir en aide. Alors que, assaillit par quarante kilos de joie débordante, Stiles aurait bien aimé recevoir un coup de main.
Il ressortit finalement de cette cage le visage barbouillé de bave et les vêtements parsemés de quelques traces boueuses qui, il l'espérait, n'étaient pas du pipi canin. Il s'occupa ensuite de deux autres chiens comme le lui indiqua Laura, sans remarquer qu'un homme sortait de la maison, aussi silencieux et furtif que l'aurait sans doute été un prédateur.
Lorsqu'il ouvrit un énième enclos, confiant, l'animal en face de lui gonfla le dos, baissa la tête et les oreilles puis retroussa ses babines jusqu'à découvrir des crocs incroyablement blancs. Stiles se figea instantanément, bien avant que ne commencent les grondements sourds, et resta sans bouger, paralysé comme un lapin, sans penser une seule seconde qu'il lui suffisait de reculer de deux pas pour sortir et refermer la cage. Au lieu de ça, il glissa un regard sur le côté, veillant à ne pas faire de mouvement brusque alors que le chien était attaché, espérant croiser le regard de Laura, mais la jeune femme était toute occupée à prodiguer quelques caresses à l'une de ses bêtes qui jappait de contentement.
Les grognements cessèrent alors, remplacés par un couinement triste. Surpris, Stiles regarda à nouveau le chien qu'il avait en face de lui. Ses oreilles ne tombaient plus vers l'arrière mais sur le côté, signe qu'il n'était plus agressif, son museau était si bas qu'il touchait presque le sol et les crocs avaient disparu. Ses yeux eux-mêmes semblaient demander pardon.
- Tu vas sortir oui ? grogna une voix derrière lui.
Stiles sursauta et se retourna. Le frère de Laura lui renvoya un regard sombre et énervé, et un instant il se sentit de nouveau tétanisé, comme face au chien quelques secondes plus tôt. Dès que l'homme face à lui fronça dangereusement les sourcils, il entendit comme une sonnette d'alarme résonner dans son crâne et retrouva sa mobilité.
- Euh oui, lança-t-il en sortant de la cage.
Il referma derrière lui, nerveux. Comment s'appelait ce type déjà ? Son prénom ne lui revenait pas, contrairement à Amarok qui tournait et tournait dans sa tête. Il ne put s'empêcher de regarder à nouveau le chien qui continuait de couiner en fixant le frère de Laura d'un air malheureux. Evidemment, c'était de ce gars qu'il avait eu peur, pas de lui.
Il se retourna encore, les sourcils froncés. L'autre homme – dont le nom ne lui revenait vraiment pas – continuait de le regarder sans aucune aménité. Et puis, brusquement, il lui tendit une tasse. Stiles en sursauta, craignant de recevoir quelque chose dans la figure.
- Café, grogna encore le nouveau venu.
- Oh ! répliqua Stiles, surpris. Merci …
Il prit la tasse et se brûla instantanément la main tant elle était chaude, tout en ayant une étrange impression de déjà-vu. L'homme voulait-il le remercier du café qu'il lui avait lui-même offert ? De sa part, cela semblait incongru. L'arôme lui fit venir l'eau à la bouche, bien qu'il se trouve derrière une petite note plus forte qu'il ne put identifier. Il porta le breuvage à ses lèvres tandis que Laura se redressait en les regardant tous deux, un sourire amusé mais discret sur le visage.
A peine le liquide coula-t-il sur sa langue que Stiles retint un cri. C'était infect ! Les larmes lui montèrent immédiatement aux yeux.
Laura éclata évidemment de rire et son frère, sans quitter le garçon des yeux, eut un bref sourire noyé dans sa barbe avant de porter sa propre tasse à sa bouche. Courageusement, Stiles avala et toussa aussitôt, tout prêt de pleurer.
- C'est horrible ! parvint-il à gémir.
- Pas aussi horrible que le tien, répliqua l'autre homme.
- Sacrée mixture ! lança aussitôt Laura en s'approchant. C'est fait maison ! On mélange un alcool du coin avec le café, au bar où je t'ai emmené ils appellent ça un Debout-les-morts ! Ça débouche hein ?
Pleurant et toussant, incapable de parler, Stiles adressa à la jeune femme un regard à la fois désespéré et dépité qui la fit rire à nouveau. D'abord le grog et maintenant ça ?!
- Tu ne devrais pas le laisser s'approcher des chiens, déclara le frère à la sœur comme si la blague n'avait pas eu lieux.
- Quoi, tu refusais de m'aider ! répliqua aussitôt Laura. Fallait bien que je trouve une âme charitable ! Et puis il devait se faire chier tout seul.
- J'ai pas refusé de t'aider, j'ai dit que je t'aiderai cet après-midi.
- Ouais ben moi cet après-midi j'avais pas le temps.
Ils continuèrent de se disputer ainsi le temps que Stiles se remette puis le frère s'en fut sans plus se préoccuper de leur invité.
- Il est toujours comme ça ? demanda Stiles à Laura.
- Et encore, il est plutôt de bonne humeur ce matin, souvent il lui arrive de ne même pas me dire bonjour et de filer dare-dare dans la forêt, répliqua la jeune femme avec un grand sourire avant de pointer sa tasse du doigt et de lui demander : t'as l'intention de le finir ?
Sans se faire prier, Stiles lui tendit le Debout-les-morts, la gorge en feu, et la regarda avaler ce qu'il restait en deux gorgées, stupéfait.
- Bon ! lança vivement la jeune femme avant de laisser échapper un rot sonore. Ça te dit de voir un crâne d'élan, genre avec les bois et tout ?
Stiles ne sut que répondre. Son hôte l'invita chez elle, où son frère s'était réfugié, et lui présenta fièrement l'objet promis. Effectivement, posé sur un petit buffet tout contre un mur, il y avait un énorme crâne d'élan arborant toujours des bois immenses. Le tout était tellement grand que les extrémités dépassaient du meuble.
- C'est Derek qui l'a trouvé dans la forêt, déclara Laura avec un grand sourire.
Tout en acquiesçant, Stiles nota que l'homme mal aimable s'appelait Derek, et se promit, cette fois, de ne pas l'oublier. Mais, étrangement, il se doutait qu'il se souviendrait plus facilement d'Amarok.
Le brusque bruit d'une arme qu'on recharge lui fit tourner la tête. Derek, debout à l'autre bout de la pièce, un vieux fusil de la seconde guerre mondiale en main, lui adressa un regard mauvais qu'il supporta malgré tout. Taquin, il sourit et demanda avec un geste du menton en direction de l'arme :
- C'est avec ça que vous dissuadez les chasseurs sans permis ?
- Non, répondit Derek en passant son bras dans la lanière de son arme pour la porter sur l'épaule. C'est avec ça que je leur tire dans la jambe.
Stiles resta muet. Il venait de se souvenir de la façon dont ce type était parti après lui avoir couper du bois, et des empreintes qu'il avait laissées derrière lui. Des empreintes qui n'étaient pas humaines. Evidemment, dès le lendemain de cette constatation, Stiles était ressorti de chez lui afin d'aller jeter un autre coup d'œil à ces traces afin de s'assurer qu'il n'avait pas rêvé, mais elles avaient disparu. Impossible de les retrouver. Mais il était sûr et certain, malgré que ce soit si improbable, de les avoir vues.
- Tu pars déjà ? demanda Laura à son frère.
- Je vais vérifier les lignes de trappe, répliqua l'autre d'un ton bourru.
- On vient avec toi.
- Pour quoi faire ?
L'agressivité du fameux Derek ne faisait aucun doute. Devant la porte, il s'était retourné d'un bloc aux mots de sa sœur et dardait sur eux – enfin, sur Stiles en particulier, bien qu'il n'ait rien dit – un regard noir et fort mécontent.
- Pour montrer à Stiles ce que c'est, répondit Laura sur le ton de l'évidence, avant de se tourner vers son invité pour lui demander : ça te dit ?
Stiles réfléchit un instant. Sans le vouloir, ses yeux glissèrent de la jeune femme à son frère, qui fronça plus encore les sourcils et le défia silencieusement d'accepter. L'occasion de l'embêter était vraiment trop belle et, sans trop savoir pourquoi, il n'y résista pas.
- Ouais, ça pourrait être chouette, répondit-il alors en souriant effrontément.
La réaction de Derek fut celle-ci : il grogna. Un vrai grognement animal qui étonna franchement Stiles lorsqu'il l'entendit, le genre de grognement de poitrine que seul un chien pouvait faire. Un chien, ou un loup.
- Arrête de faire ton ourson grognon, déclara Laura en quittant la pièce pour une autre. T'as pas d'autre écharpe Stiles ?
- Non, répondit le garçon.
Boudeur et énervé, Derek attrapa son manteau de fourrure noire pour l'enfiler à geste brusque puis sortit de la maison sans prendre la peine de refermer la porte derrière lui, laissant le froid s'engouffrer à l'intérieur.
- Attends nous ! s'écria Laura en ressortant de ce qui était certainement sa chambre, puis elle tendit quelque chose à Stiles en disant : ça pourrait servir.
- Merci ! répliqua le garçon avec gratitude en s'emparant de l'épaisse écharpe verte et de l'énorme bonnet orange.
- C'est qu'on en a pour quelques heures !
- Comment ça ?
- En route !
De moins en moins fier d'avoir osé défier Derek, Stiles se vêtit néanmoins des deux accessoires en laine et suivit la jeune femme, sans oublier de refermer la porte. Le froid était toujours à couper aux couteaux malgré le passage des heures depuis le lever du soleil, et il n'hésita pas à remonter l'écharpe sur son visage jusqu'à y engouffrer son nez, puis à descendre le bonnet jusqu'à ses sourcils, de sorte que seuls ses yeux étaient désormais visibles. Laura le pressait, à quelques pas devant lui, alors que la silhouette de Derek s'éloignait déjà de plusieurs mètres. L'homme remonta les quelques pentes de boue gelée sans se retourner, et traversa l'air de rien un petit ruisseau qui devait être bien glacé. Stiles déglutit mais accéléra néanmoins l'allure à la demande de Laura.
Un brusque coup de vent lui fouetta le dos et il en sentit la morsure froide malgré sa combinaison et son blouson. Peut-être aurait-il dû enfiler les vêtements de fourrure qu'Ahtna lui avait procuré, chose qu'il n'avait pas fait une seule fois depuis qu'il était ici.
- Tu sais ce que c'est une ligne de trappe ? lui demanda Laura lorsqu'il l'eut rejointe.
- Plus ou moins, répondit Stiles sans quitter le sol traitre des yeux. C'est un chemin où les chasseurs posent leurs pièges c'est ça ?
- C'est presque ça. C'est une concession de terres publiques en fait, dans les parcs ou les forêts comme celle-là, pas un chemin. Une sorte de petit territoire que le trappeur a le droit d'utiliser pour poser ses pièges, mais uniquement s'il a le certificat.
- Et s'il l'a pas ?
- Bah c'est un braconnier et les pièges qu'il pose sont illégaux.
Stiles releva un instant les yeux. La forêt se rapprochait et la silhouette de Derek, son fusil à l'épaule, s'était encore éloignée.
- Comment il reconnait les pièges autorisés ? demanda-t-il, de plus en plus curieux.
- Ah pour ça il y a toute une putain d'organisation ! répliqua vivement Laura, ravie qu'il s'intéresse au sujet. Les trappeurs présentent leur certificat au comptoir de l'agence, là où travaille Derek, et les agents lui cèdent une ligne de trappe, qu'ils dessinent ensuite sur une carte. Toute ligne ou tout piège n'apparaissant pas sur cette carte est donc illégal.
Le jeune homme plissa les paupières pour tenter de mieux apercevoir Derek mais ce dernier se trouvait désormais bien trop loin. Néanmoins, il ne se souvenait pas l'avoir vu avec une carte avant qu'il ne sorte de la maison.
- Il l'a dans la tête, s'amusa Laura, ayant apparemment deviné ses pensées. Il a une sacrée mémoire quand il veut. C'est pour ça qu'il ne vaut mieux pas lui chercher des poux, parce qu'il est hyper rancunier sinon.
- Ah, commenta simplement Stiles.
- Mais tu sais, il n'a pas que des défauts. Une fois que tu entres dans son cercle d'amis, tu peux être sûr qu'il ne te laissera jamais tomber. Et d'après ce que je sais, c'est un sacré bon coup.
Stiles en glissa sur une plaque de boue transformée en glace brune et manqua tomber. Laura pouffa.
- Ok, se contenta de dire le garçon, mal à l'aise.
Son amie le taquina d'un coup de coude et se rapprocha de lui pour lui glisser à l'oreille, craignant sans doute qu'un écureuil l'entende :
- Il est gay lui aussi.
Voilà. Stiles commença à comprendre.
- Ah ! répéta-t-il plus vivement. Je vois. C'est pour ça que t'étais si contente quand je t'ai dit que je l'étais.
- Oui ! répliqua Laura avec excitation en lui secouant brutalement le bras. Il est canon hein ?
- Je suis bi en réalité, c'est juste que ça fait longtemps que je ne me suis pas intéressé à une femme.
- Pourquoi tu m'as dit que t'étais gay alors ?
- J'étais gêné ! Et j'avais pas envie de me lancer dans un exposé en plein milieu de la rue.
Laura rit encore puis lui dit :
- T'es vraiment trop drôle ! Mais t'as pas répondu à ma question.
- Quelle question ? répliqua Stiles l'air de rien.
- Quoi, tu ne le trouves pas canon mon frérot ?
- Désolé, mais les bucherons poilus c'est pas vraiment mon style.
- T'es dur ! C'est quoi ton style alors ?
- Bordel mais vous allez la fermer ?!
Tous les deux se figèrent, pris sur le fait. Derek, qu'ils avaient fini par rattraper, les foudroyait du regard.
- Pas celui-là, répondit Stiles à Laura, qui éclata de rire.
Devinant qu'il était l'objet d'une farce qu'il ne comprenait pas, Derek devint plus effrayant encore. Mais malgré l'agressivité de son regard, il ressemblait tant à un homme des bois du siècle dernier avec sa barbe qui partait dans tous les sens que Stiles ne put s'empêcher de pouffer de rire à son tour.
- Désolé, s'empressa-t-il de dire. On arrête, promis.
- Pourquoi ? lui demanda Laura, déçue.
- Chut ! s'empressa de lui souffler Stiles.
Ils sourirent encore tous les deux. Grognant, son fusil à l'épaule, Derek se détourna et reprit son avancée. Puis ils entrèrent dans la forêt, laissant les arbres se refermer autour d'eux. Malgré lui, Stiles ne put retenir un frisson. Depuis qu'il était arrivé ici, il n'avait jamais osé une seule fois s'aventurer dans la réserve, restant toujours aux abords de la lisière, sans doute par peur de se perdre ou de faire une mauvaise rencontre.
Or là, accompagné, il profitait assurément de cette découverte incroyable de ce que la nature intouchée et protégée de la main de l'homme pouvait offrir de plus beau. Une nature intacte, belle, aux odeurs étonnantes, pleine de bruits insolites. Il était tellement accaparé par tout ce qu'il pouvait voir, toucher et sentir, qu'il n'en ressentait même plus le froid. Les arbres, tout autour d'eux, semblaient offrir une protection efficace contre le vent, si glacé qu'il en paraissait coupant.
- Oh regarde ! s'écria brusquement Laura après quelques minutes de silence. Un gros caca d'élan !
Stiles tourna la tête en direction de ce que la jeune femme pointait du doigt, et pouffa de rire sans pouvoir s'en empêcher. Effectivement, l'un de ces énormes cervidés avait déposé, entre deux arbres, une énorme crotte bien noire.
Laura s'en approcha et tendit le pied pour la tâtonner un peu. Stiles fronça les sourcils. D'accord, il avait fini par comprendre que sa voisine était quelque peu exubérante – de fait, il s'entendait très bien avec elle, comme l'avait prédit Ahtna – mais là, tout de même, c'était un peu trop étrange.
- Ah, lança tout à coup la jeune femme avec sérieux. Elle est fraîche. Celui ou celle qui a déposé ça ici ne doit pas être loin.
A ces mots, Derek fit volte-face et vint près d'eux, les sourcils froncés, lançant à la ronde des regards scrutateurs. Manifestement, cette découverte l'inquiétait, pourtant Stiles ne parvenait pas à comprendre pourquoi. Evidemment il n'ignorait pas que les élans étaient les plus grands cervidés de la planète et que certains spécimens pouvaient aisément dépasser les cinq cent kilos – encore une fois, il avait appris tout ça en se perdant dans les recherches qu'il avait faites concernant l'Alaska avant de quitter la Californie – sans oublier leurs bois lourds et énormes qui pouvaient très facilement écorcher les arbres.
Lorsqu'elle se retourna, Laura sembla voir sa perplexité car elle lui dit :
- C'est la saison des amours pour ces gros bestiaux. Les mâles sont sacrément dangereux durant cette période. Ça ne dure qu'un mois jusqu'à la mi-octobre à peu près, mais faut faire hyper attention.
- Ok, répliqua simplement Stiles tout en se demandant pourquoi la jeune femme ne l'avait pas averti plus tôt en l'invitant à les suivre.
Soudain, Derek, qui s'était encore approché sans qu'il s'en rende compte, lui donna une tape brutale sur le bras. Stiles lui jeta un regard courroucé par-dessus son épaule, sans oublier de noter que l'homme se trouvait vraiment, vraiment très près de lui, puis se frotta l'avant-bras. Sans rien dire, Derek lui indiqua quelque chose d'un bref signe du menton.
Stiles tourna à nouveau la tête et vit, plusieurs mètres devant lui, pratiquement invisible parmi les arbres, un gigantesque élan aux bois démesurés qui les regardait de ses yeux noirs, immobile comme une statue. La surprise lui fit ouvrir la bouche et il aurait sans doute poussé une exclamation si Derek ne lui avait pas tout à coup saisit le bras pour l'en empêcher, serrant jusqu'à lui faire mal.
Laura, voyant le geste de son frère, fronça les sourcils et se retourna pour scruter les arbres. Elle ne vit pas l'énorme animal immédiatement tant il se fondait dans le paysage, mais quand enfin ses yeux l'eurent repéré, elle recula d'un pas avant de se figer, l'expression tout aussi inquiète. Qu'elle-même réagisse ainsi fit comprendre à Stiles que la situation dans laquelle ils se trouvaient tous les trois était véritablement dangereuse.
Derek fit un pas en avant, passa devant lui et, lentement, fit glisser son fusil de son épaule. Il ne le leva pas, ne l'arma pas non plus, mais à la façon dont il le tenait il était clair que l'élan n'avait qu'à faire un geste agressif dans leur direction et il n'hésiterait pas.
Presqu'une minute passa ainsi, comme figée dans le temps et le froid, avant que l'animal ne décide qu'ils étaient inintéressants et, reprenant ses ruminations, il se détourna simplement d'eux pour s'enfoncer plus loin dans la forêt. Très vite, il fut masqué par les arbres. Stiles laissa échapper un soupir. Derek, dont il ne voyait que le dos, remit son fusil à l'épaule et se retourna pour braquer sur lui ses yeux devenus noirs.
- Il était énorme ! lança Laura, ébahie.
- Il aurait pu nous attaquer ? lui demanda Stiles en tournant son regard vers elle.
- Oui. C'est rare que ça arrive, mais les mâles excités peuvent attaquer des humains.
Un instant, Stiles eut envie de lui demander comment elle savait qu'il s'agissait d'un mâle avant de se souvenir que les alces – les femelles des élans – n'avaient pas de bois. Derek s'avança, attirant sur lui son regard, et Stiles frémit. L'homme ne l'avait pas quitté des yeux, il le fixait avec une intensité très semblable à celle … d'un prédateur. A croire que la présence de l'élan avait éveillé quelque chose en lui, quelque chose de semblable à l'instinct d'un chasseur. Un chasseur humain, ou animal ?
Finalement, Derek passa près de lui et reprit son avancée comme si de rien était, l'ignorant royalement. Ce type était vraiment bizarre. Laura le rejoignit en se grattant le nez, un peu de crotte au bout de la chaussure.
- Et les chasseurs vadrouillent en forêt comme ça avec des élans en rut ? lui demanda Stiles, pragmatique comme à son habitude.
- Normalement non, répondit la jeune femme. La chasse n'est autorisée qu'à partir de novembre, quand la fourrure des animaux est assez épaisse pour représenter quelque chose. Pour ça qu'il vérifie les lignes.
D'un vague geste du bras, elle désigna le dos de son frère qui s'éloignait, puis reprit :
- S'il trouve un piège activé, il le désamorce et indique ensuite le nom du chasseur qui a fraudé au comptoir de l'agence.
- Alors même les chasseurs qui ont le certificat et peuvent poser des pièges n'ont pas le droit de le faire tout le temps ? lui demanda Stiles.
- C'est ça.
Parce qu'il connaissait l'importance des lois et leur complexité, en bon flic-étudiant qui se respecte, Stiles ne put s'empêcher d'être admiratif. Elaborer de telles règles dans une localité aussi petite, et qui dépendait tant de la chasse, devait forcément créer des tensions et pousser les hommes à les outrepasser. Il releva les yeux puis réalisa qu'il n'avait pas juger le travail de cet homme si bourru à sa juste valeur. Derek, ainsi que les autres agents, étaient un rempart important pour la protection de la faune de la réserve de Noatak, et ils ne devaient assurément pas se faire que des amis parmi les habitants. Un travail difficile, et sans doute ingrat.
- Il y a combien d'agents comme ton frère en ville ? demanda-t-il à Laura.
- Techniquement, deux, répondit immédiatement la jeune femme.
- Hein ?! Seulement ?
- Mmh. Les deux autres n'habitent Noatak que six mois dans l'année, en fait ils se partagent une cabane de trappeur loin d'ici, comme ça à eux trois ils couvrent la totalité de la réserve.
- Mais attends cette forêt est gigantesque ! Ils ne peuvent pas se répartir les patrouilles à trois seulement !
- Les patrouilles ?
Stiles se tue. Foutu vocabulaire ! Une fois rentrer de force dans le crâne, difficile de s'en défaire, surtout après plus de trois années d'étude. Il glissa un regard discret à Laura et vit que cette dernière le fixait sérieusement mais non sans arborer un petit sourire taquin.
- Mon père est flic, déclara-t-il innocemment. Shérif, plus précisément.
- Ah ! soupira Laura avant de sourire franchement. Pendant un moment j'ai cru que tu contrôlais.
- Contrôler quoi ?
- Bah la façon qu'a notre agence de s'organiser. C'est déjà arrivé.
- Et non, désolé de te décevoir, mais je ne suis qu'un touriste lambda.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Etonné, Stiles s'arrêta et leva les yeux. Derek se trouvait au sommet d'une petite butte et les regardait, vêtu de sa peau de loup noir. Il en ressentit un frisson et eut une fulgurante impression de déjà-vu. Il se souvint alors de ce loup en face duquel il s'était retrouvé aux abords de Noatak. Un instant, l'homme et l'animal lui parurent terriblement semblable.
- On approche, déclara Derek en réponse à sa sœur. Faudra faire super gaffe, je crois qu'il y a un troupeau.
- T'as vu des empreintes ? lui demanda Laura.
Stiles, qui ignorait totalement de quoi ils parlaient, baissa la tête et se mit à scruter le sol, mais à part des touffes d'herbes gelée et des mottes de boue glacées, il était incapable d'identifier quoi que ce soit. Sans un mot, Derek pointa néanmoins quelque chose du doigt au milieu de tout ça.
- Ah, déclara sa sœur laconiquement. Mais si on reste sous le couvert des arbres ça devrait le faire non ?
Derek répondit d'un grognement et se détourna pour scruter la forêt qui s'étendait devant eux, son fusil à l'épaule. Lorsqu'il prit un instant pour le regarder discrètement, Stiles se fit la réflexion que la silhouette de cet homme se fondait parfaitement dans les bois, comme s'il en faisait partie.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il à Laura.
La jeune femme lui adressa un énorme sourire et lui répondit :
- On t'emmène voir l'endroit le plus magnifique de cette foutue forêt ! Par contre il va faire très froid.
- Et t'as intérêt à ne pas t'éloigner, gronda Derek sans même se retourner.
- Sinon quoi ? répliqua Stiles sans pouvoir s'en empêcher. Tu me tires une balle dans les fesses ?
Dommage qu'il n'y ait pas une sorte de contrôleur automatique entre son cerveau qui allait trop vite et sa bouche qui fonctionnait parfois en complète autonomie. Immédiatement, il se mordit la lèvre.
Derek se retourna et le fusilla du regard. Laura, évidemment, éclata de rire. Les arbres alentours en renvoyèrent des échos, et Stiles les entendit. Les élans. Par dizaine.
héhéhé
Voui, voilà une scène qui s'étire sur 2 chapitres :P (3 en réalité, après avoir changé de décors dans le prochain ...) Alors, je tiens à préciser que pour la définition d'une ligne de trappe, j'ai pas chopé ça sur Internet mais dans un livre que j'ai lu l'an dernier : "La fille de l'hiver" de Eowyn Ivey, qui est magnifique, ça se passe en Alaska en plus, gros coup de cœur pour moi je vous le conseille chaudement :)
Pour le reste : le graissage des pattes de chiens de traineaux et la constitution d'un grand attelage, c'est dans le livre "Un jour glacé en enfer" de Anne B Ragde que j'ai trouvé ça, lu en janvier dernier, une lecture que je n'ai pas trop aimé sauf pour les quelques explications pratiques, car les personnages étaient tous détestables :P
Il faut que je précise aussi (et je me rends compte que j'aurais du le faire dès le début -_-) que malgré mes recherches, je n'ai pas réussi à trouver la preuve qu'il y ait un "comptoir de l'agence des Forêt" à Noatak, et je ne suis même pas sûre que ce genre de comptoir existe ... en même temps, je ne tombais que sur des sites en anglais, et je suis une vraie bille en anglais :( Donc pour ce côté-là, j'avoue que je l'ai seulement déduit (inventé serait plus juste :P) comme pas mal d'autres choses finalement sauf pour ce qui est du certificat de chasse et des dates durant laquelle elle peut être pratiquée :) Désolée d'avoir pris autant de liberté ^^
Voilà voilà ... si je pense à un autre truc, je vous le mettrais dans le chapitre suivant, qui sera publié le 10 août :D
Je vous fais à tous de gros bisous ! Et je suis contente que l'apparition de Derek dans le chapitre précédent vous ait autant plu, j'avais peur que mon Derek-bûcheron ne vous plaise pas, mais je suis rassurée maintenant :3
