Chapitre 3

Rita n'était pas nerveuse. Elle avait juste très sommeil. Et pour cause ! Elle avait passé une partie de la nuit à parfaire son déguisement. Regulus et Sirius l'avait assommée de conseils, parfois singulièrement contradictoires, quant à la façon de se tenir de Mrs Black. Entre l'aîné qui n'avait que mépris pour sa génitrice et le cadet qui avait tendance à lui trouver toutes les justifications possibles, elle ne pouvait que choisir une voie du milieu un peu incertaine.

Pas aussi sèche et autoritaire que la Walburga de Sirius, et pas aussi concernée que celle de Regulus, donc.

Une vraie partie de plaisir !

Non, elle n'était pas nerveuse. D'ailleurs, Regulus resterait près d'elle tout le temps, caché sous la cape d'invisibilité, prêt à intervenir au cas où. Et Kreattur serait là, aussi. Il avait reçu des consignes très précises : au moindre geste de sa part à elle, il était chargé de faire diversion. Le temps que l'Elfe remplisse la tasse de Narcissa Malefoy, Rita aurait le répit pour faire dévier la conversation de tout sujet qui l'embarrasserait.

Elle n'était pas nerveuse, mais elle n'avait rien avalé, ce midi… L'excitation de la confrontation, assurait-elle. Les regards entendus des quatre hommes en disait long, sur ce qu'ils pensaient de son état d'esprit. Au moins lui faisaient-ils confiance !

Ce n'était pas comme s'ils avaient le choix, de toute façon.

Si les premiers essais avaient été laborieux, Rita n'avait pas tardé à prouver sa grande aisance en métamorphose. Il n'y avait pas que Sirius Black, à avoir des dons dans le domaine ! Bien sûr, elle ne leur avait pas révélé qu'elle était elle-aussi un animagus… C'était le seul atout qu'elle avait dans la manche.

Kreattur lui avait fourni une des robes de sa maîtresse. L'odeur de vieille nippe qui s'en dégageait était particulièrement désagréable… Une odeur de fleur pourrie, un parfum de vieillesse décrépie. Mrs Black se laissait aller, depuis la mort de son mari. C'était fort dommage. Rita avait vu des portraits d'elle plus jeune. C'était une belle femme au port altier. Rien à voir avec la vieille mégère enfermée dans sa chambre, à l'étage !

Voilà une autre donnée avec laquelle Rita devrait se débrouiller seule. Aucun des frères Black n'avait assisté à la déchéance de Walburga, contrairement à Narcissa, qui était venue régulièrement visiter sa tante. Ils ne pouvaient lui être d'aucun secours, pour ce qui était de doser le degré de sénilité qu'elle allait insuffler au personnage. Parce que pour elle, cela ne faisait aucun doute : Mrs Black était atteinte par les premiers symptômes de sénilité. Remus Lupin l'avait dit de façon pudique, mais les faits étaient là !

Délaissée dans cette grande maison sordide, Mrs Black avait commencé à décliner.

« Elle ne va pas tarder à arriver, dit Regulus, derrière elle. C'est vraiment très ressemblant ! »

Rita lui adressa un sourire dans le miroir, avant de rectifier sa coiffure. « Je vous l'avais dit, que j'étais douée !
- Et ça va aller ? Je veux dire… Vous arriverez à tenir le rôle ?
- Il ne s'agit que de parler chiffons, Regulus ! Je suis sûre que ce sera surtout Narcissa, qui parlera. Votre mère ne sort plus de chez elle, qu'est-ce qu'elle pourrait bien raconter ?!
- Elle va essayer de vous faire parler de nous.
- Oh, qu'on ne me parle pas de Sirius, ce sale ingrat ! » répliqua Rita, imitant la voix de Walburga.

Regulus esquissa un sourire qu'elle lui rendit.

« Et si la conversation dévie sur moi ? demanda le jeune homme.
- Mon pauvre Regulus, mort si jeune ! soupira Rita, de façon fort convaincante.
- Sauf que je ne suis pas mort…
- Mais pourquoi votre mère le croirait-elle, si vous n'avez pas remis les pieds ici pour le lui prouver ? »

Regulus lui tapota l'épaule d'un air satisfait.

Non, il n'y avait pas de quoi être nerveuse…

XXXXXXX

Mondingus Fletcher aurait dû se sentir heureux. Ou du moins, soulagé. Il était enfin sorti de sa sordide cellule d'Azkaban, il pouvait désormais respirer l'air libre et marcher sous le soleil quand bon lui semblait, et plus seulement les mardis après-midi.

Pourtant, il ne parvenait pas à jouir de sa liberté retrouvée. Il était surveillé.

Il ne lui avait fallu que quelques heures pour acquérir la certitude qu'au moins trois Aurors étaient sur ses talons. A l'instant même, il sentait les regards de l'un d'entre eux braqués sur ses épaules, tandis qu'il sirotait une bièraubeurre à la Tête de Sanglier.

Sa première bièraubeurre, depuis qu'il n'était plus prisonnier. Il aurait dû la savourer, il l'avalait sans même en sentir le goût, gêné par cet homme qui ne le lâchait pas.

Fichu McPherson ! Non content de l'avoir retenu plus longtemps à Azkaban sous le prétexte de son enquête, il lui gâchait maintenant sa libération en lançant ses hommes à ses trousses ! Croyait-il vraiment qu'il allait le mener droit dans les bras de Finnigan Fox ? Regulus Black.

Il n'arrivait pas à se faire à ce nouveau nom. Pour lui, ce jeune homme qui avait débarqué un jour dans sa cellule serait toujours Finnigan. Et il n'arrivait toujours pas à se le figurer comme un Mangemort, quoi qu'en ait pu dire McPherson.

Oh, bien sûr, Finnigan lui avait avoué lui-même en avoir été un… Une erreur de jeunesse, sans aucun doute. Mondingus était bien placé pour savoir que la vie poussait parfois les gens dans des directions qu'ils n'auraient pas spontanément choisies. Après tout, issu comme il l'était d'une famille si fière de son sang pur, Finnigan avait-il eu vraiment le choix… ? Mondingus était tout prêt à lui trouver des excuses.

Ce n'était évidemment pas le cas de McPherson. Celui-ci était bien décidé à mettre la main sur les frères Black, quitte à pourrir la vie de Mondingus au passage.

Le barman déposa une seconde bièraubeurre devant lui, se penchant légèrement vers lui. « Ce type est du genre crampon, murmura-t-il, pointant brièvement les yeux par-dessus l'épaule de Mondingus.
- Il veut peut-être m'offrir un verre ? fit Mondingus, se fendant d'un sourire.
- Tu devrais te tenir à carreaux si tu ne veux pas retourner illico à Azkaban, Ding.
- Ce n'est pas après moi qu'ils en ont… Mais merci du conseil. »

Le barman hocha la tête. Mondingus lui adressa un sourire avant de déplier l'exemplaire de la Gazette qu'il venait d'acheter.

Le gros titre lui sauta aux yeux immédiatement.

Procès de Miss Isabelle Fudge : relaxe très probable de la guérisseuse d'Azkaban.

Mondingus fronça les sourcils. Miss Fudge… La jeune femme qui s'occupait des prisonniers à Azkaban. Celle qui avait sauvé Finnigan de la mort. Celle dont le jeune homme était très vraisemblablement tombé amoureux.

Ainsi, elle avait été arrêtée ?

Les questions insistantes de McPherson concernant la jeune femme prenaient maintenant tout leur sens. L'inspecteur cherchait à l'incriminer.

Mondingus lut l'article avec soin.

Isabelle Fudge serait probablement déclarée innocente, et cela, grâce à la conviction de son avocat, Mr Lucius Malefoy, comprit-il.

Lucius Malefoy.

Mondingus connaissait le bonhomme. Un sorcier de haute famille particulièrement friand d'artefacts rares et dangereux. Prêt à toutes les manœuvres pour obtenir ce qu'il désirait, que ce soit par les cajoleries, la menace… ou pire. Mondingus l'avait croisé deux ou trois fois, alors qu'il cherchait à écouler sa marchandise volée. Un type infecte.

Un Mangemort.

Mondingus était persuadé que Malefoy était un Mangemort. Même s'il savait par ailleurs que rien n'avait jamais pu être prouvé.

Qu'est-ce qu'Isabelle Fudge pouvait-elle fabriquer avec Lucius Malefoy ?

Malefoy la soupçonne de protéger Regulus Black, songea-t-il aussitôt. Et il cherche à mettre la main sur lui.

C'était très vraisemblable.

Mais pour quelle raison le cherchait-il ?

Il n'y a que deux raisons à cela. Malefoy est un Mangemort, et il cherche à protéger Regulus Black et ses amis… pensa Mondingus. Ce qui voudrait dire que Finnigan a menti, qu'il est toujours un des leurs…

Cette idée ne plaisait pas du tout à Mondingus. Ça ne collait pas avec ce qu'il pensait profondément de Finnigan.

Ou alors… Malefoy veut mettre la main sur Regulus Black pour l'éliminer. Et il veut utiliser Isabelle Fudge pour le faire.

La bière que sirotait Mondingus lui sembla brusquement désagréablement amère.

XXXXXXX

Rita se tenait très droite dans le fauteuil préféré de Walburga. Peut-être était-elle un peu pâle – signe que la jeune femme n'était pas aussi à l'aise qu'elle l'avait assuré – et peut-être, également, ses traits étaient-ils un peu tirés. Mais rien qui ne soit de nature à alerter Narcissa, se rassura Regulus.

Il s'était posté juste dans l'angle du mur, soigneusement dissimulé sous la cape d'invisibilité que lui avait confiée Sirius.

Il avait eu toutes les peines du monde à convaincre son frère qu'il était plus sage que ce soit lui, Regulus, qui se charge de seconder Rita. Il avait cédé lorsque Remus l'avait convaincu que sa place était en haut, près de Harry. L'affection que Sirius portait au petit garçon était décidément précieuse.

Remus Lupin avait promis à Regulus qu'il ne le quitterait pas des yeux. Et il lui avait assuré que Harry resterait sagement à l'étage.

Par contre, Rogue avait refusé de quitter la bibliothèque. Apparemment, la menace que faisait peser la visite de Narcissa sur la maison ne le touchait pas. Pas suffisamment, du moins, pour qu'il accepte de faire une pause dans ses recherches.

Il était peu probable, de toute façon, que Narcissa décide de mettre un pied dans la bibliothèque…

Regulus se crispa légèrement, lorsque Kreattur entra dans le salon avec Narcissa. Rita, elle, resta par contre parfaitement maîtresse d'elle-même. Regulus en aurait soupiré de soulagement.

Narcissa traversa la pièce de sa démarche empruntée et s'assit sur le canapé, face à sa tante. De sa position, Regulus pouvait parfaitement détailler son profil.

Elle était pâle, l'air plutôt distante. Ailleurs serait le terme plus juste. Il y avait bien longtemps que Regulus n'avait pas vu sa cousine, certes… Mais il la connaissait suffisamment pour percevoir que quelque chose n'allait pas. Peut-être était-elle gênée par le rôle d'espionne que lui avait vraisemblablement confié son mari ?

« Ma chère Narcissa, quel plaisir de te voir ! s'exclama Rita, dans une bonne imitation de Walburga.
- Comment vous portez-vous, ma tante ? demanda Narcissa aimablement.
- Les désagréments habituels, ce n'est pas drôle, de prendre de l'âge…
- Les Aurors ne vous ont pas causé d'ennuis ? »

Narcissa choisissait donc d'entrer tout de suite dans le vif du sujet. Tant mieux, songea Regulus. Rita savait parfaitement quelle ligne de conduite tenir, c'était moins dangereux que de se lancer dans une discussion à bâtons rompus.

« Les Aurors… ? fit la fausse Walburga, l'air hésitante.
- Ils ne sont pas venus vous voir ?
- J'ai reçu la visite de deux individus fort déplaisants ! Quand était-ce déjà ? Oh, je ne sais plus, la mémoire me joue des tours ! Heureusement que Kreattur est là pour me rappeler le jour de tes visites, ma petite Narcissa ! Veux-tu un gâteau ?
- Euh… Ces individus, ma tante… Que vous ont-ils dit ?
- Des absurdités ! Ils voulaient savoir où était Sirius. »

La façon dont la bouche de Walburga se tordit sur le prénom de son frère fit sourire Regulus. Rita pourrait toujours quitter le journalisme pour une carrière d'actrice, c'était certain !

« A ce qu'ils m'ont dit, Sirius se serait évadé d'Azkaban… reprit Rita. Grand bien lui fasse ! Cela ne me regarde pas ! Cet ingrat ne fait plus partie de mes préoccupations !
- Sirius n'est pas venu ici ? coupa Narcissa, abruptement.
- Venu ici ? Pour quoi faire ?
- Il aurait pu… je ne sais pas… Vouloir se cacher ici ?
- Se cacher ici ?! En voilà une idée stupide ! Sirius déteste cette maison. En tous cas, c'est ce qu'il m'a hurlé dessus avant de s'enfuir… »

Rita se tut. C'était très bien, se réjouit Regulus. Elle n'en faisait pas trop. Même si Walburga regrettait sans doute au fond d'elle-même la perte de Sirius, elle n'était certainement pas du genre à en faire l'étalage. Rita semblait avoir parfaitement cerné le personnage.

« Et Regulus ? demanda Narcissa, avec une pointe de réticence dans la voix.
- Quoi, Regulus ?
- Les Aurors ne vous ont-ils pas parlé de Regulus ? Ne vous ont-ils pas appris qu'il n'était pas… décédé… comme nous le pensions tous ? »

La répugnance de Narcissa à aborder ce sujet était si manifeste qu'elle troubla Regulus. Il avait pensé que les visites de sa cousine à sa mère était essentiellement motivée par la bienséance… Mais Narcissa paraissait tellement embarrassée à l'idée de heurter la vieille dame !

Avait-elle de l'affection, pour sa vieille tante ?

« Ma tante… insista Narcissa. Vous ont-ils dit, pour Regulus ?
- Je ne comprends pas, coupa Rita, un peu sèchement.
- La mort de Regulus n'aurait été qu'un leurre…
- Un leurre pour quoi ?! Regulus était un jeune homme merveilleux, qui n'avait absolument rien à se reprocher ! Pourquoi aurait-il voulu passer pour mort ?! Il ne nous aurait pas fait sciemment cette peine, non ! »

Brusquement, Regulus se sentit mal à l'aise. La voix de Rita était tellement juste… Walburga, souffrant de la perte de son dernier fils, celui sur lequel elle avait reporté tous ses espoirs… Lorsque Rogue l'avait épargné et qu'il avait pris la décision de se cacher, il n'avait pas pensé à ses parents. Il ne s'était jamais figuré leur peine. A la vérité, il avait été terriblement en colère contre eux. Quand il avait réalisé ce qu'était vraiment Voldemort, ce que signifiait être Mangemort, quand il avait compris que c'était Sirius qui avait raison… Il leur en avait voulu.

Mais pouvait-il leur rejeter tout le blâme ? Sirius, lui avait choisi en dépit de ses parents. Il aurait pu faire de même…

« Lucius pense… reprit Narcissa avec précaution. Il pense que Regulus aurait pu recevoir ces ordres-là du Seigneur Noir… Voyant que la guerre ne tournait pas en notre faveur, peut-être a-t-il reçu l'ordre de… disparaître temporairement. Notre Maître appréciait fort Regulus… »

Regulus ne put s'empêcher de frissonner, au souvenir de Voldemort. Celui-ci avait en effet été… intrigué ? par l'intérêt de ce tout jeune Mangemort pour la nécromancie. Ne lui avait-il pas ouvert sa bibliothèque, après quelques discussions sur la nature de la mort ?

« Regulus est mort ! trancha Rita, catégorique. Et il me faudra certainement plus que l'assertion de deux imbéciles de fonctionnaires pour me convaincre que tel n'est pas le cas ! Je ne croirais à la survie de Regulus que lorsque je le verrai devant moi ! »

Le ton était définitif. Regulus ne voyait pas ce que pourrait rajouter sa cousine, après une sortie pareille.

La fausse Walburga fit un signe à Kreattur, qui trottina aussitôt vers elle avec un plateau d'argent chargé de thé et de gâteaux. Le service meubla un instant le silence pesant qui s'ensuivit. Sans doute Rita avait-elle besoin d'un peu de temps pour se recentrer. Regulus espérait que l'échange ne s'éterniserait guère, maintenant.

« Et chez vous, ma chère ? demanda Rita, sirotant son thé. Comment va ton époux ? Et le petit Drago ? »

Le teint de Narcissa vira indubitablement au gris cendreux. Sa mâchoire se crispa sur le morceau de gâteau qu'elle venait d'enfourner, le réduisant en miettes. Elle toussa, avant de faire passer le désagrément en avalant une gorgée de thé brûlant. La main qui tenait la tasse tremblait, nota Regulus, curieux.

« Je m'attendais vraiment à le voir avec toi, Narcissa ! insista Rita. Tu sais comme j'aime voir ce petit jouer dans le salon ! »

Rita avait flairé quelque chose, Regulus l'aurait parié. Cette sacré femme avait un don pour ces choses-là.

Qu'est-ce qui se passait, avec son petit-cousin ?

Kreattur avait expliqué que Narcissa venait pratiquement toujours Place Grimmaurd avec son fils Drago, et que sa maîtresse était enchantée par les bonnes manières du petit garçon – ce qui avait fait ricaner Sirius et lui avait fait dire qu'il ne voudrait certainement pas de Drago comme compagnon de jeu pour Harry. Peut-être l'enfant n'était-il absent que pour ne pas entraver la mission d'espionnage de sa mère, mais peut-être y avait-il également une autre raison à cela… Regulus se demandait bien quoi.

« Narcissa… ? fit Rita, posant un regard aigu sur la jeune femme. Tout va bien ?
- Oui, oui, ma tante… répondit Narcissa d'une voix mal assurée.
- Il y a un soucis, avec ton fils ?
- C'es juste… Un refroidissement, ce n'est rien…
- Un refroidissement ? En plein mois d'Août ?!
- Le guérisseur assure qu'il va bien ! »

Il y eut un blanc. Narcissa fourra son nez dans sa tasse, manifestement gênée par le regard inquisiteur de sa tante. Regulus fronça les sourcils. Et maintenant ? Rita allait-elle laisser tomber ?

« Tu es sûre, Narcissa ? » reprit-elle.

Rita Skeeter ne laissait jamais tomber, quand elle pensait être sur une piste intéressante. Regulus sourit.

« Lucius dit qu'il ne faut pas s'inquiéter, que tout redeviendra normal… Il faut juste… Oh… »

Stupéfait, Regulus vit des larmes glisser sur les joues de sa cousine. Chez une femme qui mettait un tel point d'honneur à se maîtriser en toute circonstance, c'était troublant. Rita avait vu juste, il se passait vraisemblablement quelque chose de grave, chez les Malefoy.

Rita se pencha vers Narcissa et prit ses mains entre les siennes. « Allons, mon enfant, tu peux tout me dire, tu le sais ! dit-elle, réconfortante. Ton fils est malade ? Tu es inquiète pour lui ? »

Narcissa fit oui de la tête.

« Et tu penses que Lucius n'est peut-être pas conscient de la gravité de son état ?
- Il dit… Il dit que si nous faisons les choses qui doivent être faites, tout ira bien !
- Quelles choses, Narcissa ? » demanda Rita.

Regulus admira sa maîtrise. Il la devinait brûlante de curiosité, mais elle mettait un tel détachement, dans ses paroles ! Comme si ces questions-là étaient secondaires et que seul comptait l'apaisement de son interlocutrice.

« Il faut trouver le petit Potter… Le plus vite possible…
- Le petit Potter ? Ah oui ! Le fils de cet ami de Sirius… Pourquoi ? »

Regulus se pencha malgré lui vers les deux femmes.

« Pour lui donner… murmura Narcissa d'une voix à peine audible.
- Lui donner ? A qui ? »

Narcissa leva un regard éperdu sur sa tante.

« Au Seigneur Noir ! Il veut l'enfant ! Et si Lucius ne lui donne pas… Il prendra Drago à la place ! »