Chapitre 14

« Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ? » se demanda Kingsley pour la dixième fois.

Il parcourait les couloirs du Ministère d'un pas rapide. Plus vite il en aurait fini, mieux il se sentirait. Du moins, pour un temps. Il savait que les remords finiraient par l'assaillir. Comme la première fois qu'il était venu en aide à Sirius Black.

Sur le moment, donner le paquet de Dumbledore à Sirius, lui permettre de sortir de la cellule… il avait eu le sentiment de faire ce qu'il y avait à faire. Il avait apaisé ses interrogations en se disant que si Dumbledore faisait confiance à Sirius, il pouvait bien en faire autant. Non… ?

Il n'en avait plus été aussi sûr quelques heures plus tard. Lorsqu'il avait eu à nettoyer les rues aux abords du Ministère. Regulus Black avait fait de sérieux dégâts, il y avait même eu quelques blessés, parmi ses collègues. Et lui-même… Lui-même avait facilité l'évasion de l'un des hommes les plus dangereux d'Angleterre…

Il avait passé les jours suivants à tenter de se convaincre que Sirius était bel et bien innocent. Avec plus ou moins de conviction.

Alors pourquoi descendait-il maintenant aux archives… ?

« Vous voulez dire que ce chien… C'est Sirius Black ?! »

Assise en face de lui, dans un petit restaurant moldu suffisamment éloigné du Ministère pour qu'il soit sûr de ne pas croiser ses collègues, la jeune journaliste avait acquiescé.

« Et… Vous vous y êtes pris de quelle façon ?
- C'est un animagus.
- Voyez-vous ça ! Sirius Black, un animagus ! Etre un mage noir ne lui suffisait donc pas ?!
- Sirius n'est pas un Mangemort. Et vous le savez très bien… n'est-ce pas ? »

Il avait décidé de nier tout en bloc. Comment aurait-il pu se fier à cette femme ?! Il avait fallu qu'elle insiste, qu'elle lui remette le nez dans ce qu'il avait fait pour Black, pour qu'il accepte finalement d'écouter ce qu'elle avait à dire. Tout en restant sur sa réserve.

« Nous avons besoin de votre aide, Mr Shacklebolt.
- Mon aide… Vous souhaitez faire évader quelqu'un ? »

Son ton avait été méprisant, il en avait été conscient. Mais lui-même s'en voulait encore pour avoir agi si légèrement, en ouvrant la cellule de Sirius Black. Il n'allait pas se laisser faire une nouvelle fois !

« Vous-Savez-Qui n'a pas été détruit comme nous le pensions tous. Nous avons besoin de votre aide pour finir ce qui a été commencé.
- Adressez-vous à quelqu'un de plus compétent que moi ! Allez voir Dumbledore !
- Nous l'avons fait.
- Alors pourquoi vous adresser à moi ?!
- Parce que nous sommes pressés ! Le Ministère est plus ou moins sous la coupe de Lucius Malefoy. Bientôt, il nommera un homme à lui au poste de chef des Aurors. Et alors, il sera trop tard ! »

Kingsley avait longuement réfléchi à l'argument. Il n'ignorait pas que le nom de Malefoy était sur la liste des personnes suspectées d'appartenir au cercle des Mangemorts. Même s'il n'avait jamais été amené à enquêter sur l'homme en question, il savait que les doutes étaient sérieux.

« Les Aurors se méfient de Lucius Malefoy… »

Une assertion sans trop de risques… Il était de notoriété publique que les Aurors prenaient très mal la destitution de Rufus Scrimgeour.

« Ils s'en méfient à raison, avait répondu la jeune femme. Et quand il aura la main mise sur vous tous… Il fermera toutes les portes. Et il traquera Sirius et son frère avec plus d'ardeur encore. Il veut Harry Potter… »
Kingsley avait eu du mal à suivre. Mais il s'était senti mal à l'aise, à la mention de l'enfant.

Il descendit un escalier mal éclairé. Il avait hâte d'en finir. Il ne s'agissait que de trouver un nom, après tout. Et une fois l'information en sa possession, il serait libre de la communiquer ou non… C'était ce qu'il se répétait sans arrêt, pour apaiser sa conscience tourmentée…

Il poussa la porte des archives… et sursauta. Contrairement à ce qu'il avait pensé, l'endroit n'était pas désert. Un autre Auror était déjà là, à fouiller dans un tiroir. Il ne lui fallut que quelques secondes pour le reconnaître. MacPherson. Son cœur s'accéléra légèrement, mais il se contraignit à la maîtrise. L'Inspecteur était réputé pour avoir un sixième sens infaillible pour confondre les gens… Il ne devait surtout pas paraître nerveux.

« Il y a du laisser-aller, ici », marmonna MacPherson en lui lançant un coup d'œil en biais.

Kingsley ne fut pas dupe un instant. Sa venue ici était suffisamment surprenante pour attiser la curiosité naturelle d'un homme tel que MacPherson.

« Les Archives… Personne n'en voit vraiment l'intérêt, sauf, évidemment, au moment où il faut y mettre le nez… » répondit Kingsley d'un ton léger. Il fit quelques pas dans la salle. Maintenant qu'il était là, il ne pouvait plus faire demi-tour sans devenir franchement suspect. Il sentit le regard de MacPherson se poser sur lui avec plus d'intensité encore. Il n'y avait pas grand chose à faire, si ce n'était… Prendre les devants.

« Vous cherchez quelque chose de précis ? » demanda-t-il à MacPherson.

L'Inspecteur releva la tête, apparemment déconcerté. D'ordinaire, c'était lui qui posait les questions.

« Je cherche un rapport… Qui devrait être archivé… Je n'arrive pas à mettre la main dessus.
- Je peux peut-être vous aider ? suggéra Kingsley.
- Tu… Tu n'avais pas des recherches à faire ?
- Ce n'est pas pressé… Une histoire de vol… Une présomption de recel, je venais chercher la déclaration de vol. »

MacPherson semblait le soupeser du regard. Kingsley le soutint sans flancher. Après tout, il ne mentait pas. Pas vraiment.

« Alors ? insista Kingsley, s'approchant de lui. De quoi s'agit-il ?
- Un dossier lié aux frères Black… répondit MacPherson, avec réticence.
- Je pensais qu'ils étaient tous sur votre bureau…
- Il en manque un. Je pensais qu'il avait peut-être déjà été archivé.
- C'est peu probable, Scrimgeour veut que tout ce qui concerne les frères Black vous soit confié.
- Oui, sauf que là… »

MacPherson s'interrompit. Son regard s'était fait d'une lourdeur difficilement soutenable. Il se méfie de moi, réalisa Kingsley. Il ne me dira rien, il préfère garder le renseignement pour lui-même…

« Si quelque chose a été archivé ces derniers jours, ce doit être juste là, pourtant, remarqua Kingsley, désignant le tiroir dans lequel l'inspecteur fouillait.
- Oui, mais il n'y a rien… marmonna MacPherson, fourrageant dans les parchemins. Rien du tout. Ton histoire de recel… ?
- Une vieille affaire, fit Kingsley du ton le plus détaché qu'il put.
- Qui date de ?
- Au moins vingt ans. Je devrais trouver ce que je cherche par là… »

Il désigna une étagère chargée de cartons à dossiers d'un geste vague.

« Je ne voudrais pas te retarder dans tes recherches », dit l'Inspecteur.

Il veut m'éloigner des derniers dossiers, songea Kingsley. Peut-être qu'il pense que je suis là pour cela, pour fouiller dans les dossiers des Black…

Pour cela, il avait la conscience parfaitement tranquille. Il haussa les épaules et traversa la pièce encombrée jusqu'à l'étagère désignée.

Il allait ignorer MacPherson, se concentrer sur sa tâche. Il n'y avait rien de compromettant à fouiller dans ces vieilles affaires. Rita Skeeter lui avait certifié que c'était sans risque, que les seules personnes susceptibles de trouver la chose suspecte, c'étaient les Mangemorts. MacPherson était sans doute désagréable, maladivement soupçonneux… mais ce n'était sûrement pas un Mangemort.

Il commença ses recherches.

« Ce qu'il nous faut, c'est un nom, avait expliqué la journaliste. Il y a une vingtaine d'années, le manoir des Lestrange a été cambriolé…
- Les Lestrange… Ils sont à Azkaban…
- On leur a volé un objet. Un objet précieux qui appartenait à Vous-Savez-Qui.
- Nous avons trouvé plein d'artefacts de Magie Noire, lors de leur arrestation. Etes-vous sûre que l'objet en question ne figure pas dans cette liste ? »

Kingsley avait vu les caisses d'objets confisqués par ses collègues, et confiés, pour une bonne partie, au Département des Mystères.

« Non, avait répondu Rita. Sirius dit que l'objet a été volé avant. Il y a au moins vingt ans.
- Et comment le sait-il ?
- Peu importe… »

La réponse n'avait pas plu à Kingsley. Ainsi, on attendait de lui qu'il se mouille sans qu'on lui fournisse les explications dont il avait besoin ?

« Je crois que je vais mettre fin à ce… cette discussion ridicule…
- Mr Shacklebolt…
- Non, Miss. Vous venez me trouver avec votre chien, vous m'affirmez qu'il s'agit là de l'homme le plus recherché de Grande-Bretagne, un homme qui a été condamné à perpétuité pour meurtres… Et vous exigez de moi que je me compromette sans même m'expliquer pourquoi je devrais vous croire… Sirius Black a besoin de l'un des objets de Magie Noire des Lestrange… Pour quoi faire ? Comment sait-il qu'il a été volé ? Je vais vous le dire ! Sirius Black est apparenté aux Lestrange, non ? Il n'a pas coupé les liens avec son affreuse famille, il est lui-même un Mangemort, et maintenant qu'il est libre, il compte reprendre l'œuvre inachevée de son maître ! »

Il s'était tu, vaguement nauséeux. Et si ce qu'il avait dit était la vérité… que penser de ce que lui-même avait fait, en lui ouvrant la porte de la cellule, au Ministère ? Il était coupable… Coupable d'avoir lâché dans la nature un fou dangereux prêt à prendre la relève du Lord Noir…

« Sirius n'est pas un Mangemort… avait soupiré Rita Skeeter. Il n'a tué personne. C'était… un coup monté. Demandez à Dumbledore…
- Dumbledore est surveillé. »

Il l'avait remarqué. Le vieux sorcier était toujours plus ou moins suivi par deux ou trois individus non identifiés. Des hommes qui s'arrangeaient toujours pour traîner dans le hall du Ministère lorsque Dumbledore y était, et qui se retrouvaient comme par miracle dehors au moment où il en sortait. Sans doute celui-ci en était-il conscient. Kingsley ne pouvait pas imaginer qu'il ne le soit pas. Mais cela ne semblait pas le troubler outre mesure. Il était bien au-dessus de cela.

Certes… Mais lui-même ne tenait pas à se compromettre en abordant un homme aussi étroitement surveillé.

« Mais vous avez vous-même aidé Sirius, avait repris la jeune femme, extrêmement tendue. Si vous l'avez fait, n'est-ce pas parce que vous étiez convaincu de son innocence ?
- Je… J'ai peut-être commis une erreur… »

Et alors, le chien, qui jusque là était resté sagement assis sous la table, le chien s'était redressé et avait posé ses pattes sur sa jambe. Et il l'avait regardé, d'un regard si profond… si humain… Et Kingsley s'était souvenu que Sirius l'avait regardé de la même façon, dans sa cellule, alors qu'il attendait le moment où il serait soumis au baiser du Détraqueurs.

D'une main légèrement tremblante, Kingsley souleva un carton poussiéreux de l'étagère et le posa sur une table. Il se retrouvait là, à fouiller dans de vieux dossiers, parce qu'il avait été incapable de résister à ce regard !

Parce que s'il refusait de venir en aide maintenant à Sirius, ce serait admettre qu'il avait eu tort de l'aider la première fois… et cette pensée était bien trop dérangeante à affronter…

Il sortit un paquet de parchemins du carton et commença à lire.

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MacPherson ne pouvait pas s'empêcher de s'interroger sur les raisons qui avaient conduit son jeune collègue dans la salle des archives. Un vol vieux d'une vingtaine d'années ? Oui, bien sûr, c'était possible… Mais MacPherson se souvenait parfaitement que ce jeune homme avait eu un contact avec Sirius Black. N'était-ce pas lui qui était de garde devant la cellule, juste avant qu'il ne s'évade ?

Il n'avait rien pu prouver, certes. Mais MacPherson était persuadé que si Sirius était parvenu à quitter le Ministère, c'était grâce à une complicité interne… Et que ce complice pouvait fort bien être Kingsley Shacklebolt.

Alors, si tel était le cas, que venait faire le jeune Auror ici ?

Il passa en revue une nouvelle fois les dossiers éparpillés devant lui. Il savait qu'il ne trouverait rien, mais il voulait se donner un peu de temps pour espionner le jeune homme. Celui-ci s'attaquait à un autre carton, apparemment absorbé par sa tâche. Comme si celle-ci lui importait réellement, et n'était pas seulement un prétexte pour s'attarder dans la pièce. Finalement, il se redressa avec un sourire rayonnant sur le visage, brandissant un tas de parchemins.

« Tu as trouvé ce que tu cherchais ? lui demanda MacPherson.
- Apparemment… Je crois que ce doit être ça, répondit Kingsley, plongeant le nez dans sa trouvaille.
- Et ? demanda l'Inspecteur, le rejoignant. De quoi s'agit-il ? »

Il était plus que curieux de voir ce que son collègue avait bien pu extirper du fond de son vieux carton.

« La déclaration de vol du manoir Lestrange », indiqua Shacklebolt sommairement.

MacPherson haussa les sourcils, surpris.

L'Auror prit une plume sur la table et griffonna quelques mots sur un bout de parchemin vierge qu'il glissa dans sa poche. Ensuite, il rangea soigneusement les dossiers qu'il avait sortis et reposa le carton à sa place, sur l'étagère. Puis, sans se presser, il prit la direction de la sortie. MacPherson s'était persuadé qu'il chercherait à rester seul dans la pièce, il en fut pour ses frais.

« Vous êtes sûr que vous n'avez pas besoin d'aide ? demanda encore Shacklebolt, sur le pas de la porte.
- Non, merci. Je crois que ce que je cherche ne se trouve pas là. »

Shacklebolt haussa les épaules et quitta les archives.

Etrange… songea MacPherson. Le Manoir des Lestrange ? Cambriolé vingt ans auparavant ? MacPherson se promit de creuser un peu plus la question. Mais pour le moment, il était plus urgent de résoudre ce mystère : qu'était-il advenu du rapport d'interrogatoire de ce fameux Mr Cripers, qui s'était rendu au 12 Square Grimmaurd au moment même où Sirius s'évadait du Ministère ?

Il abandonna les dossiers derrière lui et remonta à son tour à son bureau, s'efforçant d'oublier les interrogations soulevées par la présence de Kingsley Shacklebolt dans les archives.

XXXXXXX

Sirius faisait les cent pas comme un lion en cage. Rita aurait presque préféré qu'il garde sa forme canine. Même s'il avait alors une fâcheuse tendance à lui montrer les crocs.

« Il va le faire, dit-elle.
- Vous en êtes bien persuadée…
- Pas vous ? Mais c'était votre idée, non, d'avoir recours à ce Shacklebolt…
- Oui… Un va-tout… »

Il se gratta la nuque d'un air absent. Ses cheveux avaient bien repoussé, depuis sa dernière évasion, remarqua Rita, distraite. Il avait l'air beaucoup moins sinistre avec des cheveux… malgré son air sombre…

« Il me faut ce nom, murmura Sirius.
- Vous avez peur de rentrer les mains vides, hein ? Peur de ce que diront votre frère et votre ami… »

Sirius planta son regard dans le sien. Comme toujours, il y avait de la colère, au fond de ce regard. Rita se demandait si cet homme parviendrait un jour à s'apaiser. Peut-être jamais… Il avait subi un préjudice peut-être trop grand…

« Pourquoi faites-vous cela ? demanda-t-il à mi-voix.
- Quoi donc ?
- Me… provoquer… Vous savez que je déteste quand vous faites cela, votre psychologie de bazar…
- Vous détestez cela parce que je tombe juste, remarqua Rita avec détachement. Vous êtes parti malgré l'avis des deux personnes qui comptent le plus pour vous, et vous avez peur de ce qu'ils pourraient penser s'il s'avérait que vous aviez tort… »

Sirius hésita un instant, avant de se laisser tomber dans le canapé. Il se passa une main incertaine sur les yeux. Il était épuisé.

« Oui… Peut-être… admit-il à contrecœur. Je n'ai pas besoin de ça, Rita… »

C'était la première fois que Sirius l'appelait par son prénom. Il devait vraiment être à bout… Curieusement, Rita se sentit embarrassée.

« Je vais vous faire une tasse de thé », proposa-t-elle.

Cela faisait presque une heure qu'ils étaient là, tous les deux, dans son petit appartement, à attendre que l'Auror leur fasse un signe. Et si elle était ravie d'être enfin chez elle, la tension de Sirius l'avait empêchée de se relaxer comme elle aurait pu le faire. Sirius n'était pas d'accord pour la suivre, il lui avait fallu tirer sur la laisse de toutes ses forces pour l'obliger à quitter le restaurant moldu dans lequel elle avait expliqué à ce Shacklebolt ce qu'ils attendaient de lui. Et une fois chez elle, elle avait dû batailler ferme pour le convaincre que c'était sans danger, et qu'il leur fallait bien un endroit pour attendre l'Auror. Et puis, qui pouvait la suspecter, elle ? Elle n'était rien d'autre qu'une journaliste curieuse qui interrogeait les Aurors en quête d'un scoop, rien de plus.

Elle prit la bouilloire et la remplit, sortit deux tasses. Une fois en possession de ce fameux nom, Rita était prête à parier que Sirius allait se précipiter à la recherche du voleur en question. Au grand dam de Regulus et Remus. Il y aurait encore des histoires, de nouvelles tensions… Sirius allait finir par craquer…

Elle posa la bouilloire fumante sur le plateau à côté des tasses et retourna dans la pièce principale. Sirius n'avait pas bougé, les coudes sur les genoux, le visage enfoui dans les mains. Elle hésita un bref instant. Peut-être avait-il simplement besoin d'un peu de repos ? Le jeune homme leva la tête, et elle se décida à poser son plateau sur la table basse.

« Vous avez vraiment mauvaise mine, dit-elle, sur le ton de la simple conversation.
- Je suppose.
- Quand nous aurons ce nom… Vous vous reposerez un peu, hein ? »

Sirius lui prit la tasse de thé des mains et lui lança un regard un peu étonné. Gênée, elle prit sa propre tasse.

« Comment va votre jambe ? demanda-t-il après s'être éclairci la voix.
- Ça peut aller. Vous m'avez fait bien mal, quand même…
- Je suis désolé. Il fallait bien que je vous fasse comprendre… et puis, j'étais en colère contre vous.
- Vous êtes toujours en colère contre tout le monde, Sirius… »

Le jeune homme ne répondit pas. Rita passa une main distraite sur son mollet. La douleur n'était pas particulièrement vive, mais elle était lancinante.

« Vous êtes vacciné contre la rage ? demanda-t-elle avec un sourire.
-Pas que je sache… » répondit Sirius, de même.

On frappa à la porte. Aussitôt, Sirius se tendit.

« Allez dans la chambre, j'ouvre la porte », proposa-t-elle. D'un coup de baguette, elle envoya la tasse de Sirius dans la cuisine avant d'aller ouvrir.

C'était Shacklebolt.

Un rapide coup d'œil dans le couloir derrière lui l'assura qu'il était bien seul. Elle le fit entrer sans un mot.

« J'ai trouvé ce que vous cherchiez, dit-il en préambule.
- Vraiment ? fit Sirius, sortant de la chambre.
- Oh… C'était vraiment vous, alors… murmura l'Auror, dévisageant le jeune homme.
- Merci d'avoir accepté de nous aider.
- J'espère ne pas avoir à le regretter… »

L'Auror sortit un petit morceau de parchemin de sa poche et le tendit à Sirius. Celui-ci s'en empara avec avidité.

« Malheureusement… murmura l'Auror. Je me suis renseigné, et malheureusement, cet homme est mort. Il a été arrêté il y a des années de cela, et incarcéré à Azkaban, où il est mort. Il n'a jamais révélé la cachette de son butin… Je suis navré, Sirius. »

Rita s'approcha de Sirius et jeta un coup d'œil sur le papier. Un nom était écrit dessus : Zacharius Dawkins.

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Bon ! Tout est en place, maintenant, les choses vraiment sérieuses vont pouvoir commencer ! (après quatorze chapitres, il était temps... je ne sais décidément pas faire court...) A suivre, donc, chasse aux horcruxes, Remus et Harry en route pour Poudlard, MacPherson qui assemble son puzzle...