Chapitre 18
Lorsque Rita reprit ses esprits, elle s'aperçut avec stupeur que ses mains étaient liées dans son dos. Elle ne se souvenait plus au juste de ce qui s'était passé, mais apparemment, elle avait des ennuis…
Elle se redressa et jeta un coup d'œil autour d'elle. Elle était toujours dans le salon de son appartement, appuyée contre un mur. A deux pas, deux hommes encerclaient la forme inanimée de Severus Rogue. Il n'y avait aucune trace de Regulus Black, ce qui était certainement une bonne chose.
Elle tenta de remuer les mains, mais le lien magique se resserra aussitôt. Inutile, elle était bel et bien piégée. Avec un soupir de dépit, elle s'agenouilla sur le sol.
« Reste tranquille, toi, lui ordonna l'un de ses agresseurs.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle. Que faites-vous chez moi ?!
- Tu as choisi le mauvais camp, ma belle, ricana le plus grand des trois. Quelle idée, de s'associer avec des Mangemorts !
- Ce ne sont pas des Mangemorts ! rétorqua Rita. Détachez-moi !
- Certainement pas ! »
Ils se penchèrent sur Rogue et le soulevèrent du sol. L'un d'eux se mit à le fouiller sans ménagement.
« Je n'ai pas réussi à le rattraper ! s'exclama un troisième homme, déboulant dans l'appartement. Il a dû transplaner…
- Flûte ! Malefoy va être furieux !
- Nous avons tout de même ces deux-là !
- Du menu fretin… Celui que voulait Malefoy, c'était Regulus Black. Ou Harry Potter… »
Rita écoutait la conversation de toutes ses oreilles. Ainsi, ces hommes étaient à la solde de Lucius Malefoy… Elle se sentit prise dans un mélange d'effroi et d'excitation. Tout comme lorsqu'elle avait assisté à la séance de spiritisme dans le salon des Black. Jamais elle n'avait connu de moments aussi riches, avant de croiser le destin de ces hommes. De quoi tirer un authentique best-seller !
A condition qu'elle s'en sorte vivante.
Son enthousiasme se modéra légèrement.
Evidemment, qu'elle s'en sortirait vivante… Elle était maligne, elle allait certainement pouvoir composer avec Malefoy…
« Allez, on y va ! » décréta l'un des hommes, la saisissant par le coude pour la faire se lever.
Ses deux compagnons se chargèrent de Rogue.
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Du coin de l'œil, Dumbledore vit McGonagall soutenir l'homme brûlé et le conduire dans l'abri relatif qu'offrait le parc. La plupart des badauds couraient déjà vers l'école, dont Rusard avait ouvert tout grand les portes. Il aperçut également la haute silhouette d'Hagrid qui approchait.
Il reporta son attention sur ses ennemis. L'un d'eux était déjà hors jeu, un autre s'était réfugié derrière un arbre, et le troisième le défiait crânement. L'imbécile.
« Vous feriez mieux de vous rendre, vous avez perdu, messieurs », remarqua Dumbledore. L'homme qui s'était caché choisit de ne pas insister, et transplana aussitôt. Mais celui qui lui faisait face leva sa baguette en hurlant un sort de mort, que Dumbledore contra d'un léger geste, avec un haussement de sourcil. « Vous venez de signer pour un aller simple à Azkaban », déclara-t-il, avant de lancer un stupéfix qui perça son bouclier maladroit.
« Professeur ! rugit la voix d'Hagrid. Est-ce que tout va bien ?!
- Evidemment, Hagrid … répondit Dumbledore, l'air un peu surpris par la question. Par contre… »
Il se tourna et soupira, en constatant que Harry et Remus avaient disparu. Ne restaient plus, sur le sol, que Greyback toujours inconscient et la cape d'invisibilité de James Potter.
« Minerva… Occupez-vous des gens qui se sont réfugiés chez nous, dit-il à sa collègue par-delà la grille. Il faut s'assurer que tout le monde va bien. Nous les renverrons chez eux lorsque je serai sûr qu'il n'y a plus aucun danger… Je ne veux personne dans le parc ! Alertez les Aurors. Et dites à Rusard de conduire les blessés à l'infirmerie. » McGonagall acquiesça d'un signe de tête. Elle fit léviter l'homme le plus grièvement brûlé de sa baguette, tandis que les autres la suivaient en traînant les pieds.
- Et ceux-là ? demanda Hagrid, désignant les hommes gisant sur le sol.
- Nous allons nous en occuper, Hagrid. Je vais m'assurer qu'ils ne puissent pas bouger avant l'arrivée des Aurors…
- Professeur… » coupa une voix.
Dumbledore et Hagrid se tournèrent aussitôt vers l'homme qui venait d'apparaître. « Oh… Sirius… fit le vieil homme en soupirant.
- Où est Harry ? demanda Sirius d'une voix où perçait l'inquiétude. Où…
- Sirius Black ?! s'exclama Hagrid, se ruant vers lui. Sois maudit, espèce de… espèce de… »
Sirius s'écarta d'un pas, tandis que Dumbledore retenait le colosse. « Non, Hagrid !
- Mais… C'est Sirius Black ! marmonna Hagrid, l'air perdu.
- Il est de notre côté, Hagrid.
- Où est Harry ?! répéta Sirius, d'une voix un peu plus pressante. Est-ce que Remus… »
Il se tut, comme s'il n'osait pas formuler ses craintes, de peur qu'elles ne s'avèrent fondées.
« Remus était bien là, soupira Dumbledore, sentant un poids sur ses épaules. Mais il a été attaqué. Par Greyback. Il a transplané avant d'avoir pu me confier Harry. »
Sirius pâlit considérablement. Il se pencha pour ramasser la cape toujours sur le sol. « Qu'est-ce que ça veut dire ? bougonna le géant. Sirius a trahi les Potter… »
Sirius lui lança un regard noir. « Allons, Hagrid, ce n'est pas le moment, coupa Dumbledore.
- Je n'ai pas trahi James, ce n'était pas moi, marmonna Sirius, les mains crispées sur le tissu de la cape. Il faut que je retrouve Remus… Tout de suite…
- Vous savez où il est ? demanda Dumbledore.
- Je suppose… Qu'il est retourné Square Grimmaurd… Les Aurors sont là-bas… Je ne sais pas comment ils nous ont retrouvés, mais… »
Il était affreusement pâle. Dumbledore posa une main sur son bras pour le calmer. Sirius avait une fâcheuse tendance à s'emballer, et cela lui avait assez causé de torts, par le passé. « Il faut que j'y aille, murmura le jeune homme. Tout de suite…
- Certainement pas, Sirius, contra Dumbledore.
- Mais…
- Moi, je vais me rendre Square Grimmaurd.
- Il faut empêcher les Aurors de s'en prendre à Remus… Ils pensent qu'il a massacré la famille de Lily, mais ce n'était pas lui…
- Hagrid va vous conduire chez lui. Enfilez cette cape, Sirius, je ne tiens pas à ce que quelqu'un aille raconter aux Aurors que vous êtes là… Je vais chercher Remus et Harry. »
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Remus s'écroula dans la ruelle, à quelques pas de la maison de Sirius. Il se sentait affreusement mal, mais le transplanage avait apparemment réussi. « Tu vas bien, Harry ? » demanda-t-il à l'enfant, étroitement serré contre lui. Celui-ci ne répondit pas. Il continuait à pleurer doucement, la tête enfouie dans sa poitrine. « Nous allons rentrer à la maison, Harry, c'est fini…
- C'étaient les méchants ? murmura une petite voix.
- Oui, c'étaient les méchants. Mais ils ne sont plus là. »
Remus fit passer le poids de l'enfant sur son bras valide, se forçant à tenir sa baguette de sa main blessée. Comme il n'avait plus la cape d'invisibilité, il lui avait semblé trop dangereux d'apparaître juste devant la porte. La maison était peut-être toujours surveillée… Il se pencha légèrement dans l'angle du mur pour vérifier que l'accès était dégagé. Et ses yeux s'agrandirent de stupeur.
La maison était pleine d'Aurors. Ils avaient barrés la rue des deux côtés, et la Brigade de Régulation était déjà en train de rassembler les moldus stupéfaits loin du 12 Square Grimmaurd. « Oh, non… » murmura Remus, subitement glacé. Il ne parvenait pas à y croire ! Sirius, encore arrêté ?! Un plop sonore retentit, et Remus vit une demi-douzaine de baguettes se braquer vers le nouveau-venu. Kreattur émit une sorte de couinement, et ses oreilles s'affaissèrent pitoyablement.
« Laissez mon Elfe de maison tranquille ! rugit la voix caractéristique de Mrs Black.
- Maîtresse… couina Kreattur, se tordant les mains.
- Je vous l'ai dit, il était allé faire une course pour moi, ce n'est pas un criminel ! »
Walburga Black sortit de la maison, étroitement encadrée par deux Aurors. McPherson la suivait de près. « On ne peut pas lui remettre son bâillon ? demanda l'un des Aurors à l'Inspecteur. Pour ce qu'elle nous a appris… » McPherson acquiesça d'un signe de tête. « Je vous interdis… » commença Mrs Black. Le reste se perdit, alors que l'Auror lançait son sort.
Deux hommes se chargèrent d'attraper Kreattur, avec des regards lourds de menace. Remus se sentait le cœur au bord des lèvres. Mais il n'y avait pas de trace de ses amis. « Ils vont faire mal à Kreattur aussi ? demanda Harry.
- Non, répondit Remus. Kreattur ne craint rien. Il faut partir, Harry. Nous ne pouvons plus rentrer à la maison… »
L'enfant serré contre lui, il fit demi-tour dans la ruelle, aussi rapidement que le permettaient ses jambes flageolantes.
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Regulus s'était réfugié à quelques pas de l'appartement de Rita. Il avait transplané alors que le Mangemort allait le rattraper, mais il n'était pas allé bien loin. La petite séance de spiritisme à laquelle il s'était livré moins d'une heure avant l'avait vidé de ses forces.
Il était maintenant seul au beau milieu du Londres moldu.
Il devait avant tout trouver une cachette. Il était toujours recherché, autant par les Aurors que par la police londonienne. Il ne pouvait pas continuer à errer dans les rues, à prendre le risque qu'on le reconnaisse.
Il se glissa dans une rue adjacente, près de la porte de service d'un restaurant pakistanais, et se cacha derrière les poubelles, autant pour reprendre son souffle que pour se donner le temps de réfléchir à la situation.
Rogue et Rita étaient vraisemblablement aux mains des Mangemorts. Les hommes qui les avaient attaqués ne portaient pas l'uniforme des Aurors. Par contre, Regulus ne s'expliquait pas ce qu'ils faisaient chez Rita.
Sirius était à Poudlard. Du moins l'espérait-il. Et avec de la chance, Remus et Harry étaient avec lui. Regulus décida qu'il ne devait pas s'inquiéter pour son frère. Il était avec Dumbledore, qui le savait innocent, il n'avait rien à craindre. Quant à Kreattur ? Sirius voulait que l'Elfe l'emmène à Poudlard parce qu'il ne pouvait pas transplaner sous sa forme canine. Mais ensuite ? Regulus supposait qu'il était retourné à la maison. Il allait obéir aux ordres que lui-même lui avait donné : il allait prendre soin de sa mère.
Regulus choisit de ne pas s'attarder sur ce qui allait arriver à Walburga. Elle savait se rendre détestable, et McPherson ne prendrait certainement pas de gants avec elle, Regulus en était persuadé. Mais que pouvait-il y faire ? Pour le moment, mieux valait ne pas y penser…
Ceci posé, avait-il d'autres alliés ?
Isabelle, pensa-t-il aussitôt. Sauf qu'il risquait fort de porter préjudice à la jeune femme, en débarquant chez elle. Elle était forcément surveillée, elle-aussi, tant par les Mangemorts que par les Aurors. Et puis, comment accéder jusqu'à elle en toute discrétion ? La dernière fois, il avait la cape d'invisibilité de James Potter…
Avec regret, il écarta cette option.
Qui restait-il d'autre ?
Regulus n'avait jamais eu d'amis, à part peut-être Rogue. Et sa famille… Il n'y avait personne, dans sa famille, qui soit susceptible de lui venir en aide. Sauf peut-être… Regulus se fendit d'un léger sourire. Cela valait le coup d'essayer…
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Dumbledore apparut au beau milieu du groupe des Aurors, qui poussèrent des cris, baguette levée. Ils étaient sur les nerfs, évidemment. Ils ne seraient certainement pas enclin à parlementer avec un loup-garou qu'ils soupçonnaient d'avoir kidnappé le héros national… Et ils auraient très certainement tiré à vue sur Sirius, s'il avait eu le mauvais goût d'apparaître au milieu d'eux. Dumbledore se félicita d'avoir convaincu le jeune homme de rester avec Hagrid à Poudlard…
« Professeur Dumbledore ! s'exclama McPherson, à la fois surpris et soupçonneux.
- Inspecteur McPherson, répondit Dumbledore, lui lançant un sourire aimable. Toujours dans le feu de l'action. Vous avez trouvé quelque chose ?
- Que venez-vous faire ici ? lui demanda McPherson, au lieu de répondre. Comment saviez-vous que j'étais ici ? »
Dumbledore ne se donna pas la peine de répondre. Il jeta un regard rapide autour de lui, comme le ferait un simple curieux épaté par un tel déploiement d'énergie. Il ne vit aucune trace de Lupin, ni de Harry. Au moins n'avaient-ils pas été arrêtés.
« Sirius Black et ses complices étaient ici, j'en suis persuadé ! gronda McPherson.
- Et ?
- Ils ont filé avant que je mette la main sur eux. Je suis certain que cet Elfe est complice de leur évasion… »
L'Elfe de maison des Black se tassa légèrement, en émettant une légère plainte apeurée. Cela suffit à exaspérer Dumbledore. Etait-il vraiment nécessaire de traiter cette pauvre créature comme le dernier des criminels ? Quand à Mrs Black… « Et cette pauvre femme, elle est très certainement dangereuse aussi, n'est-ce pas ? fit-il. Pour l'avoir ficelée et bâillonnée ainsi…
- Elle n'arrêtait pas de nous insulter ! se défendit l'un des Aurors qui l'escortait. Quand nous avons essayé de l'interroger, après avoir fouillé la maison, elle s'est mise à…
- Suffit ! coupa McPherson. Je mène cette opération comme bon me semble, Professeur Dumbledore !
- Avec beaucoup d'inefficacité, donc, remarqua le vieux sorcier.
- Vous êtes injuste… » lâcha McPherson, très pâle.
L'Inspecteur lança à Dumbledore un regard féroce, qui ne l'impressionna absolument pas. Cet homme était vraiment prêt à tout pour attraper Sirius… Et Dumbledore était persuadé qu'il n'aurait aucun scrupule à abattre Remus sans sommation pour récupérer Harry.
Pourvu que Remus ne soit plus dans les parages… songea-t-il.
« Quoi qu'il en soit, dit Dumbledore, je suis venu vous informer que je tiens le responsable de la mort des Dursley.
- Vous avez trouvé Lupin ?! fit McPherson, les yeux brillants.
- Mais non ! soupira Dumbledore, avec un soupçon d'agacement. Je parle de Fenrir Greyback ! Il a attaqué Poudlard, avec quelques-uns de ses amis Mangemorts… Quand vous aurez fini d'incarcérer les vieilles dames, vous pourrez vous charger d'eux, non ? Je vous attends à l'école… »
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Sirius faisait les cent pas dans la cabane d'Hagrid, sous le regard méfiant de celui-ci. Sirius était persuadé que seule la confiance aveugle d'Hagrid pour le professeur Dumbledore l'empêchait de lui broyer les os dans la minute. Le géant était prêt à lui accorder le bénéfice du doute, certes… Mais il n'appréciait pas de le voir !
« Je n'ai pas trahi James, Hagrid, répéta Sirius. Ce n'était pas moi.
- Vous étiez son Gardien du Secret, répliqua Hagrid.
- Non. C'était Peter.
- Peter… Pettigrow ? Vous l'avez tué…
- Non, soupira Sirius. Mais je l'aurais fait si je l'avais pu, oh oui… ! Il nous a trahi. Croyez-vous que je serais là, à me ronger les sangs pour Harry et Remus, si j'étais un Mangemort ?! »
Le géant pencha sa tête hirsute, alors qu'il réfléchissait sérieusement à la question. « Dumbledore sait que je ne suis pas coupable. Je lui ai tout raconté, alors que j'étais enfermé au Ministère, continua Sirius.
- Mais vous vous êtes enfui d'Azkaban, grâce à la Magie noire…
- Oui. Cela, au moins, c'est vrai… »
Il n'avait pas spécialement envie de débattre sur ce point avec Hagrid. Il croisa les bras et se posta à la fenêtre. Il avait hâte que Dumbledore revienne, avec Remus et Harry. Et ensuite, ils trouveraient un moyen de faire venir Regulus à Poudlard. Et ils seraient en sécurité.
« Pourquoi est-ce si long… ? » soupira-t-il. Hagrid haussa les épaules en signe d'ignorance.
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Remus avait marché aussi longtemps que ses forces le lui avaient permis, s'efforçant de rester le plus possible dans l'ombre, avant de s'appuyer contre le mur d'un immeuble, à bout de souffle. Il s'était éloigné de la maison des Black aussi loin qu'il l'avait pu, mais il devait s'arrêter. Sa blessure à la gorge saignait abondamment, il devait la soigner. Et il se sentait faible… affreusement faible.
« Remus ? » murmura Harry, serrant sa main dans la sienne. Il avait renoncé à porter l'enfant. Il préférait concentrer ce qui lui restait d'énergie à mettre un pied devant l'autre. Sauf que maintenant, il n'avait même plus cette force-là…
« Les méchants vont nous trouver ? demanda Harry.
- Non, murmura Remus. Nous sommes loin, maintenant. Nous pouvons nous reposer… » Du moins l'espérait-il.
Il cligna des yeux plusieurs fois pour retrouver une vision plus nette. Les contours des immeubles, devant lui, étaient brouillés, quand il les distinguait encore ! Il avait parcouru les cinq derniers mètres au jugé, ses yeux refusant de fonctionner.
Combien de temps, encore, avant que le reste de son corps ne l'abandonne ?
« Et Sirius ? demanda encore Harry.
- Il va bien. »
Les Aurors ne l'avaient pas attrapé, il avait certainement eu le temps de s'enfuir avant l'arrivée de McPherson. Et les autres également. Seuls Kreattur et Mrs Black avaient été arrêtés par les Aurors…
Il aperçut vaguement un escalier qui plongeait sous un immeuble de briques. L'accès aux caves, très vraisemblablement. Il entraîna Harry à sa suite. D'un coup de baguette, il vint à bout de la serrure. La porte s'ouvrit sur une rangées de box, soigneusement fermés par des cadenas. « C'est tout noir… murmura Harry.
- Personne ne nous verra, ici. »
Remus ouvrit l'une des caves.
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McPherson considéra les quatre hommes – dont deux étaient vêtus en Mangemorts – et le loup-garou d'un air perplexe. Ils étaient tous solidement ficelés à la grille de Poudlard, isolés des éventuels visiteurs par une barrière de protection magique conjurée par Dumbledore lui-même. Et le concierge de l'école montait une garde farouche aux abords du parc.
« Ils sont à vous, Inspecteur, dit Dumbledore, les désignant du doigt.
- Ils ont attaqué l'école…
- Oui. En vérité, ils ont attaqué Remus Lupin. »
McPherson sursauta presque en entendant cela. Lupin était ici, à Poudlard… ? Il posa la question à haute voix.
« Non, malheureusement, répondit Dumbledore, posant sur lui un regard perçant. Il venait me confier Harry. Il n'en a pas eu le temps.
- Vous voulez dire… Que Lupin et vous étiez d'accord pour qu'il vous amène le gosse ?!
- Je me doutais qu'il ferait quelque chose dans ce sens. Remus a toujours eu en tête la protection de Harry. Je vous l'ai déjà dit, McPherson, mais vous n'avez pas voulu m'écouter ! Il surveillait la maison de Privet Drive. Il a réussi à sauver Harry in extremis lorsque Greyback est passé à l'attaque. Il n'a jamais été un Mangemort ! »
McPherson ne répondit pas. Il savait que Dumbledore n'en démordrait pas, il avait toujours été convaincu de l'innocence de Lupin. Et peut-être avait-il raison, après tout… Pourquoi ces Mangemorts l'auraient-ils attaqué, autrement ?
« Vous avez des preuves attestant que ces hommes ont vraiment attaqué Lupin ? demanda-t-il.
- Le Professeur McGonagall était là. Et sans doute trouverez-vous du sang de Lupin sur Greyback. S'il vous faut absolument des preuves… »
McPherson ne releva pas. Si Lupin était innocent, tout le système qu'il avait bâti pour expliquer l'évasion des Black s'effritait. Il savait de source sûre que Lupin était de mèche avec Rogue. Si Lupin n'avait fait que protéger Harry, cela signifiait, par extension, que Rogue le faisait également. Alors qu'étaient donc allés faire ces deux-là à Azkaban ?!
« Vous vous trompez de cible depuis le début, McPherson, remarqua Dumbledore doucement, comme s'il avait suivi le cheminement de sa pensée. Oubliez Sirius et Regulus, laissez Rogue de côté. Le véritable ennemi, c'est Voldemort. »
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« Excuse-moi… ? »
Nymphadora sortit prudemment la tête du buisson sous lequel elle était allongée. Son regard remonta le long de la jambe qui obstruait son champ de vision, jusqu'au jeune homme penché sur elle.
« Excuse-moi, je cherche Andromeda… répéta celui-ci.
- C'est ma mère, affirma la petite fille, sans faire mine de quitter son buisson.
- Oui, c'est bien ce qui me semblait… Tu es sa fille… Tu lui ressembles un peu.
- Je ressemble surtout à mon père, décréta Nymphadora.
- Il a les cheveux oranges, lui-aussi ? demanda le visiteur avec un léger sourire.
- Mmmpppfff… fit-elle, passant un doigt distrait sur ses mèches. Maman dit que c'est très joli. Qu'est-ce que vous lui voulez ? »
Le jeune homme jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. En le regardant plus attentivement, Nymphadora lui trouva l'air passablement inquiet. Comme Tommy, quand il avait fait une bêtise…
« Il faut absolument que je lui parle, murmura le jeune homme. Tu veux bien la prévenir ?
- Pourquoi vous n'allez pas jusqu'à la maison ? demanda Nymphadora, curieuse.
- Je… Je crois que ce serait mieux si elle voulait bien venir jusqu'ici. »
La petite fille était vraiment intriguée, maintenant. Elle se tordit le cou pour mieux examiner le visiteur. « Je ne dois pas parler à des inconnus, dit-elle, méfiante.
- Je suis le cousin de ta mère. Nous sommes de la même famille… avança le jeune homme, non sans une certaine réticence.
- Je ne vois jamais la famille de maman. Maman dit que c'est mieux comme ça. »
Le visiteur soupira et s'agenouilla devant le buisson.
« Comment t'appelles-tu ? demanda-t-il.
- Tonks.
- Ça, c'est ton nom de famille… Ton prénom ?
- Je n'aime pas mon prénom, tout le monde se moque toujours de moi quand je le dis ! Et Tommy dit que c'est moche. Et puis, si nous sommes de la même famille, pourquoi vous ne le connaissez pas, mon prénom ?! »
Elle le défiait du regard, maintenant. Elle n'allait certainement pas se laisser intimider si facilement ! Et puis… Il y avait quelque chose de vraiment bizarre, chez cet homme-là. Pourquoi avait-il ces airs de conspirateur ? S'il voulait parler à sa mère, et bien, qu'il se débrouille tout seul ! D'ailleurs, Tommy devait l'attendre… Il n'était jamais fichu de la retrouver, quand ils jouaient à cache-cache !
« Bon, écoute… reprit le jeune homme, d'un ton beaucoup moins patient. Il y a des hommes qui me cherchent. Des Mangemorts. Tu sais ce que c'est ? »
Nymphadora sentit un frisson la parcourir. Bien sûr, qu'elle savait ce qu'étaient les Mangemorts ! C'étaient ces hommes qui avaient tué le père de sa copine Magdalena. Celle-ci avait été inconsolable pendant des mois, et Nymphadora lui avait promis que quand elle serait Auror, elle les enverrait tous à Azkaban !
« Ils en ont après moi, il faut que ta mère m'aide… »
Cela ne plairait certainement pas à maman. Ne lui avait-elle pas demandé de ne plus fréquenter Magdalena, quand les Mangemorts s'en étaient pris à sa famille ?
« Elle ne voudra pas, dit-elle gravement. Elle aura trop peur. »
Le jeune homme poussa un soupir misérable. Le pauvre… songea la petite fille.
« Ils vous veulent vraiment du mal ? demanda-t-elle.
- Oui. Ils ont capturé mon ami, et ils me pourchassent. Je ne sais pas où aller.
- Moi, j'ai une bonne cachette ! Si vous voulez, je vous y conduis ? »
Le jeune homme lui sourit. Il avait l'air gentil, quand il souriait… Oui, elle allait l'aider. Elle n'était pas trop petite pour lutter contre les Mangemorts !
« Mon prénom, c'est Nymphadora, dit-elle. Mais je préfère vraiment qu'on m'appelle Tonks.
- D'accord, Tonks. Moi, c'est Regulus. »
