Chapitre 22
Regulus se pencha pour embrasser sa petite-cousine. « Tu reviendras ? lui demanda-t-elle.
- Je l'espère, lui sourit Regulus. Je suis vraiment ravi d'avoir pu enfin faire ta connaissance ! » Nymphadora fit un petit signe de tête. Andromeda la prit par les épaules et la poussa légèrement vers la porte. En traînant les pieds, la petite fille obéit.
« Quand tout cela sera fini, vous serez évidemment les bienvenus, Sirius et toi, déclara Ted, lui serrant la main.
- Merci, Ted. Pour tout.
- Nous n'avons pas fait grand chose… murmura Ted. Tu es vraiment sûr… ? » Il désigna l'exemplaire de la Gazette qui dépassait de la poche de la robe de Regulus. « Oui, répondit Regulus. Certain.
- Cela pourrait être un piège…
- Non. Je suis certain que non. Et puis… J'ai besoin d'aide.
- Regulus… intervint Andromeda, l'air profondément embarrassée. Je…
- Je ne t'oblige à rien, Andromeda. Je sais que ce que je te demande… Si tu refuses, je le comprendrais parfaitement.
- Mais si je refuse, tu perdras ton ami.
- Pas nécessairement », fit Regulus, secouant la tête. Il ne voulait pas mettre cette pression-la sur les épaules de sa cousine. Si elle refusait, et bien, il trouverait une autre solution, voilà tout !
Andromeda hocha la tête, l'air absolument pas convaincue.
« Mais qu'elle que soit votre décision, faites-la moi connaître, conclut Regulus.
- Compte sur nous », répondit Ted.
Regulus embrassa sa cousine, leva sa baguette et transplana.
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Severus tournait en rond dans la pièce nue qui lui servait de prison. Il avait gagné du temps, d'accord… Mais pour quel bénéfice ? Si seulement il pouvait sortir de cette pièce… Peut-être parviendrait-il à trouver des indices lui indiquant la nature de cette chose qui prétendait être Voldemort…
Il devait parler à Lucius. Encore fallait-il qu'il vienne jusqu'à lui !
Il s'assit sur le sol, le dos appuyé au mur. Sa main lui faisait mal. Il la frotta distraitement. Malefoy n'avait même pas semblé remarquer qu'il s'était mutilé… Tant mieux, dans le fond, cela lui épargnait la corvée de trouver un mensonge plausible…
Il ferma les yeux en soupirant. Il pensa à Regulus. Où était-il, maintenant ? Sans doute à la recherche de son frère…
« Vous avez mal ? »
Il sursauta brusquement et ouvrit les yeux. Rita était devant lui, l'observant, les sourcils froncés. « D'où sortez-vous ?! s'exclama-t-il, incrédule.
- Oh, ce cher monsieur Malefoy imagine qu'il suffit d'une porte pour m'enfermer… sourit Rita. Je suis bien plus maligne que cela !
- Je vois… Le même tour de passe-passe qui vous a fait débouler dans le salon des Black. Vous avez une baguette magique ?
- Non, évidemment.
- Vous pouvez me faire sortir d'ici ?
- Malheureusement non. La porte est protégée par des sorts.
- … qui ne vous ont pas empêchée d'entrer. »
Rita haussa les épaules avec nonchalance. Severus se releva. « Vous devriez donc quitter cet endroit au plus vite.
- En vous laissant ?
- Mmpppffff… ricana Rogue. Ne me faites pas croire que cet aspect-là soit vraiment important à vos yeux ! D'ailleurs… Vous pourriez toujours alerter les Aurors que je suis prisonnier ici.
- Ils vous croient complices des frères Black. Malefoy irait dire qu'il a réussi à mettre la main sur vous et se proposait justement de vous livrer à la justice, et vous finiriez vos jours à Azkaban. Je ne pense pas que ce soit la meilleure de idées… »
Rogue ne répondit pas. Finir à Azkaban ou torturé par Malefoy…
« Vous pourriez alerter Dumbledore, suggéra-t-il.
- Oui. C'est vrai. Mais j'ai quelques choses à vérifier d'abord.
- Je vois… Vous voulez vérifier ce qu'a raconté Narcissa.
- Exact !
- Vous n'avez pas froid aux yeux.
- Venant de vous, je prends vraiment cela pour un compliment !
- Vous êtes folle. Malefoy est dangereux. Ce qui se cache dans cette maison, même si ce n'est pas exactement Vous-Savez-Qui, est également dangereux.
- Comment, « même si ce n'est pas exactement Vous-Savez-Qui » ? demanda la journaliste, les yeux brillants d'excitation. Vous l'avez vu ?
- Oui, répondit Rogue du bout des lèvres.
- Et ?
- Et quoi ?! Même si le Seigneur des Ténèbres a survécu au sort de mort qu'il a lancé contre Harry Potter, on ne pouvait décemment s'attendre à ce que ce soit sans séquelles !
- Et puis… ?
- Quoi, « et puis » ? grogna Rogue.
- Vous ne dites pas tout. »
Elle croisa les bras, l'air déterminée. Aussi entêtée que Sirius, lorsqu'elle s'y mettait… Et elle avait vraiment des antennes pour détecter les plus petites anomalies.
« Il y a quelque chose qui cloche, avoua Rogue.
- Concernant Vous-Savez-Qui ?
- Oui. Je ne pense pas que ce soit vraiment lui, au sens strict du terme. Je n'ai fait que l'entrapercevoir, cependant.
- Je pourrais en apprendre davantage !
- Vous êtes consciente que c'est particulièrement risqué ?
- Oui.
- Vous ne savez même pas par où commencer votre recherche !
- Si. Je vais commencer par Narcissa.
- Narcissa…
- C'est le maillon faible de la maison. Je veux savoir ce qui arrive à son fils. »
Rogue soupira. Rien ne la ferait lâcher. Elle était persuadée d'être à portée de main d'une découverte fondamentale.
Et après tout, pourquoi pas ?! Severus aurait préféré qu'elle sorte de la maison et qu'elle alerte Dumbledore. Seul le professeur pourrait lui venir en aide. Mais… Severus partageait la même curiosité que Rita. Il brûlait d'envie de savoir ce qui se cachait dans les alcôves de la maison, de savoir ce qu'était cette chose qui tenait Lucius en son pouvoir, malgré son apparente faiblesse, de comprendre en quoi cela avait un rapport avec le petit Drago.
« Si vous trouvez quelque chose, tenez-moi au courant », déclara-t-il.
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Regulus regarda prudemment autour de lui. Le quartier était exclusivement moldu, et apparemment, parfaitement sûr. Il déplia son exemplaire de la Gazette et relut le petit encart qui avait attiré son attention, perdu au milieu des petites annonces, alors qu'il écoutait Ted lui relater les dernières nouvelles, le matin-même.
Miss Prudence Foreman et Mr Salvius Friend
Sont heureux de vous annoncer leurs fiançailles.
6, Crescent Street, St-John's Village
Il vérifia le nom de la rue et repéra le numéro 6. C'était une toute petite maison, coincée entre deux maisons plus imposantes. La façade aurait eu sérieusement besoin d'un ravalement.
« Mais si jamais tu as vraiment besoin d'aide… je peux vraiment le faire, Finn !
- Tu en as déjà fait beaucoup, Mondingus, je ne tiens pas à t'attirer des ennuis.
- Tu auras les Aurors aux trousses…
- Et tu les auras également s'ils apprennent que tu me viens en aide !
- Mais ça m'est égal. Tu es mon pote ! Je suis sûr que tu ferais pareil pour moi !
- Evidemment, mais là, la question ne se pose même pas !
- Une annonce dans la Gazette ! Il suffit qu'on se mette d'accord sur un code ! Comment ils pourraient le soupçonner ?! Et tu aurais un endroit où te cacher en cas de besoin, un endroit parfaitement sûr ! »
Regulus avait été touché par cette nouvelle marque d'affection. Mondingus lui avait assuré qu'il était prêt à le faire, lui trouver un lieu de chute aussitôt sorti de prison, pour lui permettre de se cacher en cas de besoin. Il ne pouvait que se féliciter qu'il soit aussi têtu…
Après s'être assuré une dernière fois que la rue était vide, Regulus s'engagea sur le petit perron qui menait à la porte. Il frappa quelques coups secs. Un rideau s'entrouvrit furtivement, sur sa gauche, mais il n'eut pas le temps de distinguer qui que ce soit. Son cœur se mit à battre un tout petit peu plus vite. Il avait assuré à Ted que c'était sans danger, que ce ne pouvait pas être un piège…
La porte s'entrebâilla, et il s'engouffra dans la maison, sans se donner le temps d'hésiter. Une seconde plus tard, il faisait face à un Mondingus Fletcher particulièrement radieux et visiblement satisfait de lui-même. « Je me demandais si tu verrais l'annonce, dit-il en guise de bonjour.
- Mondingus… Tu tombes vraiment à point nommé ! s'exclama Regulus, lui serrant la main avec chaleur.
- Tu es tout seul ? Je pensais que ton frère…
- Nous avons été séparés.
- Viens, entre. Il y a quelqu'un qui sera ravi de te revoir ! »
Regulus fronça les sourcils et suivit Mondingus jusqu'à la cuisine. Il y faisait plutôt sombre, des rideaux opaques étaient tirés devant l'unique fenêtre. Mais Regulus n'eut aucun mal à reconnaître la jeune femme qui l'y attendait. « Isabelle… » murmura-t-il. La jeune femme referma ses bras autour de son cou, et il la serra contre lui. « Mais comment… ? murmura-t-il, le visage enfoui dans ses cheveux.
- Malefoy a essayé de m'extorquer des informations, expliqua-t-elle succinctement. Il a versé du veritaserum dans mon verre… Heureusement, Mondingus est intervenu à temps.
- Oh, pas de quoi ! s'exclama Mondingus, devant le regard empli de gratitude de son ami. Sauver les demoiselles en détresse, c'est plus gratifiant qu'être receleur…
- Mais tout aussi dangereux, par les temps qui courent », remarqua Regulus.
Il prit quelques secondes pour embrasser la jeune femme et savourer son contact contre lui. Lui qui s'était retrouvé complètement démuni, la veille, voilà qu'il avait maintenant de son côté sa cousine et sa famille, et qu'il retrouvait un ami fidèle et la femme qu'il aimait… Il ne manquait plus que Sirius à ses côtés pour achever de le rasséréner. Mais il allait s'y employer tout de suite.
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McPherson fut plus que surpris de voir le Professeur Dumbledore devant sa porte. Le vieil homme lui adressa un sourire malicieux, alors qu'il l'invitait à entrer dans son appartement.
« Voilà une visite inattendue, remarqua l'Inspecteur. J'allais partir pour le Ministère, je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps à vous consacrer. Notre nouveau chef a prévu une réunion générale ce matin…
- Je suis au courant.
- Mais ce que vous aviez à me dire était très urgent, c'est cela ?
- Que vous a appris Greyback ? demanda le vieux sorcier.
- Ceci est classé confidentiel, Professeur…
- Mmmhh… Mais vous savez maintenant que Remus Lupin est innocent, n'est-ce pas ?
- Le bureau des Aurors n'a pas encore tranché la question.
- Je ne parle pas du bureau des Aurors, mais de vous, Inspecteur McPherson… »
L'inspecteur haussa les épaules. Il se sentait toujours démotivé. Le fiasco de la veille, la façon dont Croupton reprenait l'affaire Black… Il n'avait qu'une envie : s'enterrer sous ses draps.
Et il n'avait plus de pilules…
« Mon opinion n'a aucun intérêt.
- Il en a pour moi.
- Vous devriez en parler à Croupton. C'est notre nouveau chef.
- Je ne fais aucune confiance à Croupton.
- Pourquoi ? Il a fait emprisonner son propre fils, on peut difficilement l'accuser de sympathie avec les Mangemorts ! »
Dumbledore ne répondit pas mais leva un sourcil éloquent. McPherson se demanda à côté de quoi il était passé…
« Il serait un peu stupide de continuer à prétendre Lupin coupable du meurtre des Dursley, dit finalement McPherson.
- Je suis heureux de vous l'entendre dire, sourit le Professeur. Et concernant Sirius Black ?
- Je ne sais pas.
- C'est déjà un progrès. J'ai la preuve formelle que Sirius Black n'est pas coupable des crimes qui lui sont imputés.
- Vraiment… ? »
McPherson avait beaucoup de mal à le croire. Dumbledore avait passé ces dernières semaines à clamer l'innocence de Sirius Black, mais sans rien offrir d'autres que les sois-disant confidences de l'homme en question. Il en fallait beaucoup plus, à McPherson…
« Peter Pettigrow est vivant. En parfaite santé. Et il pourra témoigner que c'est lui, qui a tué ces moldus, en cherchant à se soustraire à la vengeance de Sirius. »
McPherson s'assit dans un fauteuil et prit deux minutes pour réfléchir. Si Pettigrow était effectivement vivant, Sirius était évidemment innocent. Ce qui posait un autre problème, et de taille ! Pourquoi avait-il prétendu le contraire à son procès ? Cela sous-entendait que quelqu'un avait voulu lui faire porter le chapeau. Quelqu'un de suffisamment influent pour avoir accès au prisonnier avant son procès… McPherson n'aimait pas du tout cela.
« Très bien… dit-il. Où est-il ?
- En sécurité.
- Ne pensez-vous pas qu'il serait plus judicieux de le remettre aux mains des Aurors ? Cela permettrait de clore le dossier Black. De le déclarer définitivement innocent.
- En théorie, oui. Sauf qu'il y a des personnes, au Ministère, qui feront tout pour que l'innocence de Sirius ne soit jamais reconnue.
- Un complot ? Allons, Dumbledore…
- Pettigrow restera sous ma garde pour le moment. Mais de votre côté… Il est urgent que l'innocence de Remus Lupin soit reconnue. Il est là, quelque part dans Londres, avec Harry Potter. Et il est blessé. Je ne veux pas qu'il leur arrive du mal. Si les Aurors sont convaincus de son innocence, eh bien… Je serai un peu plus rassuré.
- Je verrai ce que je peux faire. »
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Soigneusement caché sous la cape, Sirius approcha de la maison que Regulus, Rogue et lui avaient occupé avant que les Aurors ne débarquent. Il aperçut un homme en faction, qui semblait s'ennuyer ferme, appuyé contre la façade. Il n'était certainement pas seul.
Pas de trace du chat. Mais Sirius ne s'était pas attendu à ce que Pattenrond soit facile à retrouver.
Il contourna la maison prudemment. Il devait absolument savoir combien d'Aurors étaient restés sur place. Il avait bon espoir que Regulus et les autres viendraient jusqu'ici. Il était inutile qu'ils tombent sur des hommes armés. Sirius se faisait fort d'éliminer la menace qu'ils représentaient.
Il jeta un coup d'œil par la fenêtre. Un autre Aurors alignait des cartes magiques sur l'unique table, avec un air de profond ennui. Dans un claquement sonore, la dame de trèfle fit valdinguer un deux de cœur par-terre. L'Auror ne se baissa même pas pour le ramasser.
Sirius était à peu près certain qu'il pourrait débouler dans la pièce et le stupéfixer avant même qu'il réalise qu'il était attaqué… Ce qu'il choisit de ne pas faire. Il voulait d'abord savoir si ces Aurors étaient tenus à des compte-rendus réguliers, s'ils étaient relayés par d'autres, s'ils avaient des contacts avec d'autres personnes. Il ne pouvait pas prendre le risque de se débarrasser d'eux pour voir débouler toute une brigade dans l'instant qui suivait, sous prétexte que les deux hommes mis hors service n'auraient pas pointé…
Alors, il mit son mal en patience et il se força à simplement observer.
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Andromeda gardait les yeux rivés sur la petite fiole posée sur la table, devant elle. Elle avait discuté du plan de Regulus avec Ted pendant longtemps, mais celui-ci avait fini par lui dire que la décision lui revenait à elle.
Lourde responsabilité.
Si jamais on se rendait compte que c'était elle… Qu'arriverait-il à sa famille ? A Ted, mais surtout, à Nymphadora ?
Nous pouvons la mettre en sécurité, avait dit Ted. Ils ne la trouveront pas. Quant à moi, je reste à tes côtés. Quoi qu'il arrive.
Elle inspira profondément et prit la petite fiole. Sa décision était prise.
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« Minou minou ! »
Un peu surpris, Sirius vit une vieille femme approcher de la maison. Aussitôt, l'Auror qui était de faction s'était redressé et avait plongé la main dans son imperméable moldu.
La vieille femme marchait courbée en deux, comme si elle cherchait sous les fourrés. Intéressant… songea Sirius. Par contre, il n'avait aucune idée de l'identité de cette femme. Mais il était à peu près certain qu'il ne s'agissait pas de Regulus.
L'Auror s'approcha de la vieille femme, alors que celle-ci jetait un coup d'œil sous un buisson de houx. « Vous cherchez quelque chose ? demanda-t-il.
- J'ai perdu mon chat ! Un gros chat roux. »
La porte d'entrée s'ouvrit sur le second Auror. Sirius se glissa vers lui, prêt à agir.
« D'où venez-vous ? demanda le premier Auror à la vieille dame.
- Ma maison est un peu plus loin.
- Vraiment ? Quel est votre nom ?
- Je cherche juste mon chat ! Est-ce que vous l'avez vu ? Ce petit monstre s'est encore enfui, je le cherche depuis hier soir !
- Il y a bien un chat qui se promène dans le coin, répondit l'Auror à la porte. Il vient réclamer à manger régulièrement.
- Vous ne lui avez rien donné, j'espère ?! Ce goinfre passe son temps à manger ! Comme s'il n'avait pas sa gamelle remplie en abondance à la maison, il faut encore qu'il aille ennuyer les voisins ! »
Les deux Aurors échangèrent un regard. Ils étaient pris au dépourvu, apparemment.
« Il est venu tout à l'heure. Il est parti par là. »
La vieille femme suivit la direction indiquée du regard et poussa un soupir à fendre l'âme.
« Ce petit monstre m'aura bien fait courir… Ingrat… Merci, monsieur. »
La vieille femme reprit son chemin en se tenant les reins. Sirius attendit que les Aurors aient repris leurs postes respectifs avant de la suivre. Il n'avait toujours aucune idée concernant l'identité de la personne qu'il suivait, mais il était certain que celle-ci cherchait Pattenrond. Cela justifiait qu'il s'intéresse de près à elle.
Après quelques détours, et une fois la maisonnette de Rogue hors de vue, la vieille femme s'arrêta brusquement, porta les doigts à sa bouche et émit un long sifflement modulé. Il y eut un mouvement dans les buissons, et Regulus s'extirpa de sa cachette de feuilles et de branches.
« Alors ?
- Ils ont bien vu un chat, dit la vieille femme d'une voix toute masculine. Je n'ai vu aucune trace de ton frère.
- Je suis ici, fit Sirius, repoussant la cape.
- Sirius… soupira Regulus, visiblement soulagé. J'espérais bien te retrouver ici…
- Pareil pour moi, répondit Sirius, serrant son frère dans ses bras. Qui est-ce ?
- Mon ami Mondingus Fletcher. L'as du déguisement !
- Enchanté ! fit le dénommé Mondingus, lui tendant une main franche.
- Où sont Rogue et Rita ? »
Regulus se rembrunit.
« Les Mangemorts nous attendaient chez Rita. Je crois qu'ils se sont faits avoir… »
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Rita avait passé une partie de la matinée à courir le long des couloirs du manoir, désespérant d'y trouver les réponses qu'elle cherchait. Le bureau de Malefoy était vide, de même que la bibliothèque, le salon et la salle à manger. Dans les cuisines, elle n'avait vu que l'Elfe de Maison, occupé à récurer de l'argenterie. Aucune trace de Lucius, ni de Narcissa. Pas plus que de ce mystérieux individu qui se faisait passer pour le Seigneur des Ténèbres. Mais pour cela, Rita en était plutôt soulagée.
Une fois le rez-de-chaussée soigneusement passé en revue, Rita s'était attaquée au premier étage. La chambre des Maîtres était aussi déserte que les autres pièces, et il n'y avait personne non plus dans la salle de bain.
Sans se décourager, elle continua ses investigations. Elle se glissa sous une nouvelle porte, et découvrit ce qui devait être la chambre de l'enfant.
Lucius et Narcissa étaient là, penchés sur le lit.
Rita courut le long de la plinthe et grimpa sur le mur, derrière la tenture du baldaquin.
« Il veut que nous trouvions le médaillon, murmurait Lucius d'une voix irritée.
- Mais la priorité, c'était de trouver le petit Potter ! protesta Narcissa d'une voix mouillée de larmes.
- Il en a changé, apparemment… Alors que nous sommes si près du but !
- Il ne peut pas faire cela… murmura Narcissa en reniflant. Nous avons fait notre mieux pour le servir, il ne peut pas faire ça à mon bébé !
- Croupton va mobiliser les Aurors pour retrouver Potter.
- Et pourquoi réussirait-il là où les autres ont échoué ?! Même Dumbledore semble incapable de mettre la main sur cet enfant ! Oh, Lucius… ! »
Elle se mit à pleurer. Malefoy effleura le front de son fils. « Tous les hommes à ma disposition resteront concentrés sur la recherche de Harry Potter. Je vais m'occuper de ce médaillon personnellement. J'arracherai tous les ongles de Rogue s'il le faut, je lui ferai cracher ses dents, je l'assommerai de Doloris, mais il me dira ce qu'il sait à propos de ce médaillon. Et lorsque j'aurai ce qu'il désire, je l'obligerai à libérer notre fils. »
