Chapitre 24
Mondingus
se redressa et s'épongea le front du revers de la main. « Vous
êtes sûrs que c'est là ? demanda-t-il à ses
compagnons.
- Pattenrond dit que oui, répondit Sirius s'en
cesser de creuser.
- Ah, alors si Pattenrond le dit… »
marmonna Mondingus.
Il sentait les yeux jaunes du chat posés sur lui et en ressentait un certain malaise. La bestiole était susceptible…
« Nos baguettes n'ont rien décelé
d'anormal, pourtant… reprit-il malgré lui.
- Le
trésor est indétectable par les moyens magiques habituels, dit
Regulus en balançant une pelleté de terre par-dessus son
épaule. Et le fait qu'on ne soit pas capable de déblayer le
terrain autrement que par la force des bras est révélateur, non ?
Zacharius a fait en sorte que son trésor ne puisse pas être trouvé
par des sorciers…
- Ouais… » grommela Mondingus.
Ils avaient dû s'armer de pelles – magiquement conjurées à partir de branches mortes – pour creuser le trou, leurs baguettes refusant de fonctionner dans la zone délimitée par le chat. Regulus avait raison. Cela seul indiquait qu'ils étaient certainement sur la bonne piste.
Tant mieux, au moins ne s'échinaient-ils pas pour rien !
« Et qu'allons-nous faire du trésor
? » demanda Mondingus. Il avait essayé de glisser cela comme une
simple question, alors qu'il brûlait vraiment de connaître la
réponse. Zacharius étant mort, personne n'allait revendiquer les
richesses enterrées dans cette forêt. Et puis, n'avait-il
pas fait de Regulus son « héritier », en lui confiant sa cachette
? Peut-être Regulus partagerait-il avec lui… ?
-
Nous avons juste besoin de la coupe, répondit Regulus.
-
Et le reste ? demanda Mondingus, plein d'espoirs.
- Le
reste ? Tout dépend de ce qu'on trouvera, intervint Sirius. Je
suppose qu'il faudra rendre tous ces objets aux personnes qui ont
été volées…
- Oh… »
La réponse était loin de lui plaire. Ainsi, il n'aurait rien, en retour de l'épuisant effort qu'il devait fournir en soulevant ces pelletés de terre… ?! Après tout ce qu'il avait fait pour Regulus ?!
« Zacharius volait les familles de sang-pur, fit-il remarquer. Dont une bonne partie a fini à Azkaban… »
Sirius
lui jeta un coup d'œil mais ne répondit pas. Ce fut Regulus, qui
s'en chargea. « Je sais ce que tu veux, Mondingus, dit-il.
Mais nous n'avons vraiment pas le temps de songer à cela. Une fois
que nous aurons la coupe, nous remettrons tout le reste dans le trou.
- Quoi ?!
- Oui. A l'abri. Et quand tout sera
fini, nous verrons ce que nous ferons de tout cela.
- Je
vois…
- Tu auras ta part, lâcha Sirius. Puisque c'est
ça qui te préoccupe. »
Mondingus n'appréciait pas vraiment le ton qu'avait pris Sirius. Oh, il pouvait bien le prendre de haut, lui, il était riche, non ?! Mondingus, lui, avait sérieusement besoin d'agent…
« Je crois qu'on y est », intervint Regulus.
Il se mit à genoux sur ce qui ressemblait fort à une trappe, à demi enfouie sous la terre. Il la dégagea de la paume des mains, jusqu'à trouver un anneau de métal rouillé.
« C'est coincé, aidez-moi », demanda-t-il à ses deux compagnons.
Les trois hommes s'arc-boutèrent au-dessus de la trappe et tirèrent tant bien que mal sur l'anneau. « Ça bouge, remarqua Mondingus. Encore un effort. »
Le
panneau métallique céda enfin. Sirius tenta un lumos qui
resta sans effet. « Je vais fabriquer une torche, décréta-t-il,
alors que Regulus et Mondingus se penchaient sur le trou béant
devant eux.
- Ça a l'air profond, remarqua Mondingus.
-
Oui. Et avec de la chance, ce qu'on cherche est tout au fond…
»
Sirius s'agenouilla à leur côté, brandissant sa torche. La lumière capta un reflet, tout au fond du trou, et Mondingus se sentit frémir de plaisir. Il n'y avait que l'or, pour briller avec un pareil éclat…
« Je vais descendre, proposa Regulus. Mondingus, tu m'aides ? »
Mondingus
attrapa Regulus par les poignets et le soutint à la force des bras,
tandis que Sirius se penchait dans le trou pour en éclairer le fond.
« C'est haut ? demanda-t-il à son frère.
-
Pas tellement. Je vois le sol. Je vais sauter. Lâche-moi,
Ding. »
Il y eut un bruit lourd, et Regulus se retrouva assis
au fond du trou. « Alors ? demanda Mondingus, impatient.
-
C'est bien le trésor ! répondit Regulus. A nous, maintenant, de
trouver la coupe ! Vous descendez me donner un coup de main ? Il faut
de la lumière…
- Tiens ça, je vais fabriquer une corde
», dit Sirius, fourrant la torche dans les mains de
Mondingus.
Mondingus se pencha dans le trou. Il ne s'était pas trompé, c'était bien de l'or, là, au fond. Des monceaux d'or. Il sentit son cœur battre un peu plus vite. Regulus ne verrait certainement pas d'objection à ce qu'il en prenne un peu, non ? Ne serait-ce que pour payer la location de la maison !
« Tu vas descendre rejoindre Regulus, dit Sirius,
lui tendant un morceau de corde. Je reste ici pour faire le guet, on
ne sait jamais…
- Très bien… »
Il empoigna la corde et se laissa glisser au fond, la torche de fortune coincée sous son bras.
« Tu vas te brûler, fais gaffe ! » lui dit Regulus, alors qu'il prenait pied au fond du trou. Mondingus l'ignora, captivé par ce qu'il voyait.
Le trésor était plus important, encore, que ce qu'il avait imaginé. Il y avait de l'or, mais aussi des bijoux, des tableaux, tout un tas d'objets magiques qui devaient être excessivement coûteux… Une vraie caverne d'Ali Baba ! Il se pencha pour saisir un collier de rubis gros comme des billes.
« Il y en a pour une fortune !
s'exclama-t-il.
- Je sais. Ecoute, Ding, il
faut vraiment que nous trouvions cette coupe.
- Mais tu as
vu tout ce qu'il y a ?! Elle ressemble à quoi, ta coupe ?
-
Pas très grande… Elle appartenait à Helga Poufsouffle… Il y a
des blaireaux dessus… Disons, si tu trouves quelque chose qui
ressemble à une coupe, montre-la moi, je te dirai si c'est
ça !
- Ouais… »
Ils commencèrent leurs recherches.
XXXXXXX
Remus avait avalé deux comprimés sitôt sorti de l'infirmerie. « Reste près de moi, Harry », dit-il au petit garçon, alors qu'il débouchait tant bien que mal le flacon d'antiseptique qu'il avait également acheté. Il sentit l'enfant s'agripper à sa jambe et en fut vaguement soulagé. Sa vision n'était plus vraiment net, et il craignait par dessus tout de le perdre.
Il remonta sa manche avec ses dents et versa l'antiseptique à même la plaie de son poignet. Il frissonna de douleur, mais serra les dents. Il ne voulait ni inquiéter Harry, ni attirer l'attention des passants sur lui.
Il avait choisi d'entrer dans une pharmacie à peu près vide de clients, et il ne pensait pas avoir été particulièrement suspect. Même si c'était le cas, tentait-il de se raisonner, il faudrait que ces gens appellent leur police, et que ceux-ci fassent le relais avec les Aurors. Le temps que les Aurors débarquent, ils seraient loin, Harry et lui.
Loin, mais où ?
Il n'avait plus les idées très claires. La seule certitude qu'il avait, c'était qu'il devait retrouver Sirius. Ou du moins, quelqu'un de confiance pour s'occuper de Harry. Il ne se faisait pas d'illusions, arriverait un moment où il ne serait plus lui-même capable de protéger l'enfant efficacement.
Il reboucha le flacon et le glissa dans sa poche. Il devait se remettre en route, ne pas s'attarder devant cette pharmacie.
« Tu as mal ? demanda la petite voix de
Harry.
- Je vais aller mieux, j'ai pris des médicaments
», répondit Remus, s'efforçant d'être convaincant.
Où pouvait être Sirius ? Il n'était plus Square Grimmaurd, de cela, Remus en était persuadé. Alors, où avait-il trouvé Sirius ?
Il est sans doute parti chercher Pattenrond…
C'était la seule chose qui venait à l'esprit de Remus. Sirius voulait absolument retrouver Pattenrond. Seulement, c'était loin de Londres. Et Remus n'allait certainement pas transplaner dans l'état qui était le sien…
Il se mit en route, un peu au hasard. Harry avait glissé sa main dans la sienne. Remus s'accrocha à cela. Il devait tenir bon, pour l'enfant.
« Remus… fit
soudain Harry.
- Oui, Harry ?
- C'est toi…
»
Surpris, Remus baissa les yeux vers Harry et suivit son regard en direction d'un marchand de journaux. Sa photo s'étalait à la une d'un journal moldu.
Le meurtrier de Privet Drive arrêté, un suspect innocenté.
Il passa
sa main valide sur ses yeux. Ses tempes bourdonnaient furieusement.
Un suspect innocenté ? Voulait-on parler de lui ? Il
s'approcha du marchand de journaux et plissa les yeux pour essayer
d'en lire plus. « Hé, mon gars ! coupa une voix
peu amène. Si tu veux lire, tu achètes !
- Oui, bien
sûr… » murmura Remus, s'efforçant de garder la tête
baissée.
Il plongea la main dans sa poche et en sortit
quelques pièces. Sans un mot, le marchand lui tendit un exemplaire
du journal. « Merci, murmura Remus, sans le regarder.
- Je
vous ai pas déjà vu quelque part… ? demanda l'homme, l'air
songeur.
- Sans doute, j'habite dans le coin », répondit
Remus, s'efforçant d'adopter un ton posé.
Il prit le journal, attrapa la main de Harry et s'éloigna aussi rapidement qu'il l'osa sans paraître suspect. Combien de temps faudrait-il pour que le marchand réalise que son dernier client était l'homme dont la photo s'étalait à la une des ses propres journaux ?
« Vite, Harry, il vaut mieux se mettre à l'abri… » dit-il à l'enfant, en hâtant le pas au tournant de la rue.
XXXXXXX
«
Où en est-on, concernant Remus Lupin ? demanda Croupton à
McPherson.
- Nous avons divulgué l'information à tous
les organes de presse, sorciers et moldus, répondit l'inspecteur.
Maintenant, nous n'avons plus qu'à attendre.
-
Attendre… répéta Croupton un peu sèchement.
- Lupin ne
pourra pas passer à côté de l'information. Il n'y a plus qu'à
espérer qu'il nous contactera aussitôt qu'il saura qu'il est
innocenté. Peut-être même viendra-t-il de
lui-même jusqu'ici, au Ministère, pour nous remettre
l'enfant.
- Vous me paraissez bien optimiste, McPherson…
- S'il est effectivement blessé comme nous le pensons,
il jugera sans doute préférable de se rendre. »
Croupton ne fit pas de commentaire. McPherson avait hâte de quitter son bureau. Il se sentait mal à l'aise, avec son nouveau supérieur. Pourtant, le comportement de Croupton avait été on ne peut plus normal. Il avait fait transférer Greyback et ses complices à Azkaban, il avait alerté les Aurors et les policemen moldus de ne plus considérer Remus Lupin comme un ennemi potentiel… Il n'avait absolument rien fait pour appuyer la suspicion de Dumbledore. Mais McPherson était bien déterminé à faire en sorte que rien de fâcheux ne puisse arriver à Harry Potter. Et s'il fallait, pour cela, se mettre entre Croupton et Lupin, il n'hésiterait pas à le faire.
«
Des nouvelles de Sirius et Regulus Black ? demanda Croupton.
-
Aucune. Ils restent introuvables. J'ai interrogé leur mère, elle
ne m'a rien appris de concluant. Il me semble qu'elle n'a plus
toute sa tête.
- C'est aussi ce que je pense. J'ai
ordonné qu'on la libère. »
McPherson approuva d'un signe de tête. Il était à peu près certain que Walburga Black avait bel et bien hébergé ses deux fils. Mais quant à lui faire dire où ils s'étaient sauvés… McPherson n'avait rien tiré non plus de leur Elfe de Maison. Celui-ci s'était retranché dans un silence morose, tassé sur sa chaise. McPherson avait fini par abandonné. De toute façon, il savait par avance que jamais il ne trahirait ses maîtres…
« Autre chose, ajouta Croupton.
Albus Dumbledore viendra très vraisemblablement au Ministère dès
qu'il aura les nouvelles concernant Lupin.
- Il a
toujours dit qu'il était innocent.
- Assurez-le
que nous ferons notre possible pour assurer la sécurité de
l'enfant. Je vous laisse carte blanche, McPherson.
-
Merci, monsieur, répondit l'inspecteur, déstabilisé.
-
Fudge m'attend. S'il y a du nouveau, faites-moi signe.
»
XXXXXXX
Le manque de lumière était un handicap certain. Regulus avait le plus grand mal à distinguer les objets qui s'entassaient dans la cachette de Zacharius. Et Mondingus ne lui était pas d'un grand secours. Celui-ci semblait incapable de se focaliser sur la recherche, passant d'un objet à l'autre avec des yeux brillants d'envie. Il faudra lui permettre de prendre quelque chose, songea-t-il. Autrement, il sera tenté de faire une bêtise…
Mondingus avait beau être son ami, il restait voleur dans l'âme…
«
Alors ? demanda Sirius, au-dessus de sa tête.
-
Toujours rien. On n'y voit rien, ici, tu sais…
- Tu
veux que je descende vous aider ?
- On se gênerait plus
qu'autre chose, c'est étroit, ici… »
Il repoussa un tableau sur le côté, et commença à farfouiller dans un tas d'objets hétéroclites, comprenant des couverts en argent massif, des boites à bijoux ciselées et quantité de vases anciens.
D'un seul coup, il se figea.
Quelque chose murmurait, là, sous ses pieds. Un chant ténu, qui le fit frissonner…
« Est-ce que c'est ça ? » demanda Mondingus, brandissant une sorte de vase devant lui.
Regulus l'ignora. Il s'agenouilla sur un tas de pièces d'or et tendit les mains vers le murmure. Le chant s'amplifia, vaguement envoûtant.
« Finn ? fit Mondingus.
Tu as trouvé quelque chose ?
- C'est là… » murmura
Regulus.
Il plongea la main dans le tas d'objets et effleura un objet du bout du doigt. Il reçut comme une décharge électrique, particulièrement désagréable.
« Regulus ? appela Sirius.
- Je l'ai, Sirius… répondit-il. C'est ça.
»
Il saisit l'objet et le ramena à la lumière de la torche. C'était bien cela : la coupe de Poufsouffle.
XXXXXXX
Rita avait passé une partie de la matinée à suivre Narcissa. Lucius Malefoy avait fini par quitter le manoir, laissant sa femme seule dans la chambre de l'enfant. Après un temps infiniment long, celle-ci s'était résignée à retourner dans la chambre conjugale pour s'habiller, avant de descendre à la salle à manger pour prendre son petit déjeuner. Rita s'était soigneusement caché dans la corbeille à pains tandis que Narcissa mangeait. Elle n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle allait faire ensuite.
Peut-être aurait-il été judicieux de profiter de l'absence du Maître de maison pour tenter de libérer Severus Rogue… ? Si elle parvenait à mettre la main sur une baguette, elle pourrait lever les sorts qui fermait la pièce où il était prisonnier. Sauf que… Narcissa n'était pas seule, dans la maison. Rita avait croisé des hommes un peu partout, au rez-de-chaussée. En admettant qu'elle parvienne effectivement à libérer Rogue, comment celui-ci arriverait-il à quitter le manoir sans se faire repérer ?
Et puis, il y avait ce mystère, entourant le retour de Celui-dont-on-doit-taire-le-nom… Rita brûlait d'en savoir davantage. Et en observant Narcissa, elle s'était dit qu'il y avait peut-être quelque chose d'intéressant à tenter, de ce côté-là…
A peine son déjeuner terminé, Narcissa remonta dans la chambre de son fils. Rita avait anticipé le mouvement et montait déjà l'escalier.
La chambre de Drago était toujours plongée dans l'obscurité. Narcissa tira légèrement les double-rideaux pour permettre à un rayon de soleil d'y pénétrer. Rita choisit de se cacher sous le lit. Narcissa s'assit sur le fauteuil, au chevet de son fils, et commença à chanter une berceuse, à voix basse. Il y avait quelque chose de poignant, dans sa voix, qui émut presque Rita.
Cette pauvre femme assistait à l'agonie de son fils sans rien pouvoir y faire.
Et Rita prit sa décision.
Elle sortit de l'autre côté du lit, contourna un petit livre abandonné sur le sol, à moitié repoussé sous la table de chevet, puis un nounours, et reprit forme humaine.
Narcissa poussa un cri étranglé et se leva précipitamment de sa chaise.
«
Je veux juste vous parlez, ne craignez rien ! fit Rita, levant les
mains devant elle en signe d'apaisement.
- Qui êtes-vous
?! Que faites-vous ici, dans la chambre de mon fils ?! demanda
Narcissa, se penchant sur le lit comme pour protéger l'enfant.
-
Je voulais juste vous parler, Mrs Malefoy. Vous parler de votre
fils.
- Vous n'avez rien à faire ici ! Vous êtes la
femme que cherche Lucius, c'est cela ?! Celle qui…
-
Qui s'est enfuie de la chambre où vous la teniez emprisonnée,
oui, coupa Rita. J'aurai pu m'enfuir, mais j'ai choisi de vous
parler. Alors, écoutez-moi, Narcissa. »
Narcissa s'assit sur le lit de Drago et l'encercla de ses bras.
«
Que voulez-vous ? demanda-t-elle. Je ne sais
rien des affaires de Lucius !
- Il ne s'agit pas de
votre époux. Votre fils… Qu'est-ce qu'il a, au juste
?
- En quoi cela vous regarde-t-il ? coupa
Narcissa, sèchement.
- Est-ce en rapport avec le
retour de Vous-Savez-Qui ? Est-ce à cause de
lui qu'il est malade ? »
Les yeux de Narcissa s'agrandirent de frayeur.
« Pourquoi rester ainsi, enfermée
dans votre manoir ? demanda Rita, insistante. Vous pourriez trouver
de l'aide à l'extérieur ! Je suis sûre que le professeur
Dumbledore pourrait vous venir en aide ! Je suis certaine qu'il
pourrait vous débarrasser de… de… lui…
- Ce
que vous dites est ridicule ! lâcha Narcissa.
- Prenez
votre fils et quittez ce manoir ! Allez à Poudlard !
-
Non. Non, je ne peux pas ! Il a dit… »
Elle se tut, consciente d'en avoir déjà trop dit. Mais elle frissonnait, à la fois terrifiée et tentée par ce que suggérait Rita.
« Ce
n'est pas vraiment Vous-Savez-qui, qui hante votre Manoir,
n'est-ce pas, reprit Rita, sen penchant vers elle. C'est
juste… Quelque chose qui y ressemble… ? Quelque chose qui fait du
mal à votre fils… ?
- Il le tuera… Il le tuera si nous
ne faisons pas ce qu'il demande… oh, je vous en prie ! Partez !
Vous nous faites courir un grand danger, à tous ! S'il apprenait
que…
- Que quoi ? Que je vous ai proposé de vous
retourner contre lui ? Prenez la bonne décision, Narcissa ! Pour
votre fils !
- Mais Lucius… » murmura Narcissa.
Elle
inspira profondément, et se redressa, brusquement déterminée. «
Vous vous mêlez de choses qui ne vous regardent pas ! A quel titre ?
Vous êtes une espionne de Dumbledore, c'est cela ?!
-
Je veux juste vous aider.
- Je n'y crois pas un instant !
Sortez de ma maison ! Sortez tout de suite ! »
Rita n'hésita plus. Elle avait dit ce qu'elle avait à dire, elle avait tenté de raisonner Narcissa… Mais elle n'allait pas risquer de se faire rattraper par les sbires de Lucius ! Elle se métamorphosa aussitôt et fila se cacher sous la table de chevet.
XXXXXXX
Remus relut la lettre qu'il avait écrite, la plia et la mit dans l'enveloppe timbrée que venait de lui vendre l'employer de la poste moldue. Dans moins de deux heures, elle serait entre les mains des Aurors, au Ministère. Et Remus saurait alors s'il avait pris la bonne décision.
XXXXXXX
Walburga regarda autour d'elle d'un œil critique. Le canapé, la table basse, le meuble et cette étrange boite à images posée dessus… Elle lança un coup d'œil à l'homme qui lui tendait une tasse de thé.
«
Où est Andromeda ? demanda-t-elle pour la énième
fois.
- Elle n'est pas là pour le moment, répondit
l'homme. Détendez-vous, Mrs Black.
- Je ne
comprends toujours pas pourquoi je ne peux pas retourner chez moi !
se plaignit la vieille femme, en prenant la tasse.
- Les
Aurors vous ont arrêtée. Nous avons jugé que vous seriez mieux
ici…
- Chez les moldus ! lâcha Walburga, dédaigneuse.
C'est chez Narcissa, que j'aurais dû me rendre !
- Je
vous assure que tout se passera bien. Nymphadora, chérie, tu veux
bien apporter un peu de lait pour Mrs Black ? »
Walburga tourna la tête vers la petite fille qui l'épiait, depuis l'autre bout de la pièce, et celle-ci s'empressa de filer dans la cuisine.
Une petite fille aux cheveux oranges… Voilà ce qui arrivait, quand on se mariait avec des sang-de-bourbe !
Walburga n'avait pas envie d'être ici, avec cet homme qui avait épousé sa nièce malgré l'avis de toute la famille ! Elle voulait retourner chez elle. Elle n'avait même plus Kreattur avec elle, son fidèle Kreattur qui la comprenait si bien ! A la place, elle devrait supporter cette gamine maladroite et son père…
La gamine en question revint de la cuisine avec une brique de lait ouverte. Même pas le sens des convenances ! Le lait devait être servi dans un pot à lait, pas dans une boite en carton !
« Merci, Dora, dit le sang-de-bourbe en
souriant à son affreuse gamine. Du lait, Mrs Black ?
-
Non, merci ! lâcha Walburga sèchement. Pourquoi cette fillette
a-t-elle des cheveux d'une couleur aussi excentrique
?!
- Elle est métamorphomage », expliqua Ted Tonks, avec
de la … fierté ? dans la voix.
Cet homme était fier de la chose qu'il avait engendrée ?! Walburga en frissonna de dégoût.
«
C'est ridicule, trancha-t-elle.
- Moi, je
trouve ça joli ! décréta la gamine.
- Toi, tu es
insolente ! répliqua Walburga. Personne ne t'a demandé d'exprimer
ton opinion !
- Regulus est plus gentil que vous !
répartit la gamine, les joues rouges.
- Regulus… ?
-
Votre fils était ici, Mrs Black, intervint le mari d'Andromeda.
C'est lui, qui nous a demandé de prendre soin de vous.
-
C'est vrai… ? murmura la vieille femme. Est-ce qu'il va
bien ?
- Oui, il va bien. Il était inquiet pour vous.
-
Pourquoi n'a-t-il pas demandé à Narcissa de
m'accueillir chez elle ?!
- Les Aurors ne viendront pas
vous chercher ici. »
Certes. Comment imaginer qu'elle, Walburga Black, serait allée trouver refuge dans le monde moldu qu'elle détestait tant ?!
Elle sirota son thé, sans un mot de plus.
