Désolée pour le retard, mais j'ai eu quelques soucis (heureusement résolus)... Bonne lecture !

Chapitre 25

« Est-ce que tu es vraiment sûr qu'on peut lui faire confiance ? demanda Sirius à Regulus, avec une réticence manifeste.
- Oui, répondit Regulus fermement. Je te l'ai dit, sans lui, je serais sans doute mort plus d'une fois à Azkaban…
- C'est un voleur.
- Je sais.
- Tu as vu comme moi, il s'en est mis plein les poches… »

Regulus avait vu, bien sûr. Les poches de Mondingus étaient singulièrement bombées, lorsqu'ils avaient quitté le trou qui renfermait le trésor de Zacharius. Il ne se faisait pas d'illusion. Son ami ne pouvait pas résister à ce genre de tentation. Ce qui n'enlevait rien à ses autres qualités.

« Comment peux-tu être sûr qu'il ne disparaîtra pas avec la coupe, tout simplement ? insista Sirius.
- Parce que s'il le faisait, cela nous causerait un réel préjudice, et il le sait. Il ne fera rien qui puisse nous nuire. »

Sirius soupira. Il avait laisser Mondingus partir malgré ses doutes, mais il le regrettait déjà, apparemment.

« Je lui ai promis qu'il aurait une part conséquente du trésor lorsque tout sera fini, reprit Regulus. Ne t'inquiète pas, Sirius, il fera ce qu'on lui a demandé.
- Je l'espère, Regulus… » marmonna Sirius.

Il donna un dernier coup de pelle sur le monticule de terre qui rebouchait maintenant le trou. Regulus ajouta un monceau de feuilles mortes et de branchages. Il y avait peu de chance pour que quelqu'un passe dans les parages, encore moins pour que ce tas de terre fraîchement remué paraisse suspect… Mais autant ne prendre aucun risque !

Sirius lâcha sa pelle et épongea son front couvert de sueur de sa manche. « Et maintenant ? demanda-t-il. Je veux retrouver Remus et Harry. Tu as une idée ? Parce que moi, je sèche…
- Honnêtement, non. Tu connais Remus mieux que moi. Tu n'as pas une idée de l'endroit où il aurait pu se réfugier ?
- Non. A vrai dire… Remus et moi n'étions plus aussi proches… Je veux dire… » Il se mordit les lèvres, visiblement réticent à poursuivre.

« La guerre nous a éloignés l'un de l'autre, termina-t-il, laconique.
- Tu pensais qu'il espionnait pour les Mangemorts, c'est cela ? demanda Regulus doucement.
- Oui… Comment j'ai pu me leurrer à ce point… ! s'emporta Sirius. Jamais sa nature de loup-garou n'avait été un problème, pour moi. Jusqu'à ce que Voldemort se mette à en recruter… Alors, je me suis dit que ce ne pouvait être que lui, le traître… »

Sirius soupira. Ce n'était pas le moment de laisser ses regrets l'envahir, songea Regulus. Il posa la main sur le bras de son frère. « On va le retrouver.
- Je ne sais même pas par où commencer ! Nous avons retrouvé l'horcruxe, d'accord… Mais maintenant ?
- Il faut aussi songer à Severus.
- Oh, la belle affaire ! Qu'il se débrouille ! lâcha Sirius. Harry, lui, n'a que deux ans, et il est perdu dans Londres !
- Avec Remus.
- Avec un Remus vraisemblablement blessé ! coupa Sirius.
- Severus est mon ami, Sirius. Et s'il est entre les mains de Malefoy, il est lui-aussi en danger !
- Et alors ?! Tu comptes aller le chercher là-bas ?!
- Pourquoi pas… ?
- Mmmhhh… »

Oui, Regulus était certain que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire, maintenant. Tenter de savoir si Severus était bel et bien retenu par Malefoy et le libérer. Ainsi que Rita Skeeter.

« Et tu vas t'y prendre comment ? demanda Sirius.
- J'ai quelques idées sur le sujet… répondit Regulus, pensif. Mais d'abord… Allons rejoindre Isabelle. »

XXXXXXX

« Elle est apparue comme cela, d'un seul coup, dans la chambre de Drago ! disait Narcissa, d'un ton qui frôlait l'hystérie.
- Vous a-t-elle menacés ? demanda Lucius, fronçant les sourcils.
- Non… Non, à vrai dire… répondit Narcissa. Oh, Lucius ! J'ai tellement peur ! »

Lucius soupira et se pencha un peu plus dans la cheminée du bureau du chef des Aurors, vers le visage de sa femme déformé par l'angoisse. Il aurait aimé être au Manoir, près d'elle, près de son fils. Mais il avait le sentiment qu'il serait plus utile, dans l'ombre de Fudge, et près de Croupton. Aux premières loges pour retrouver Harry Potter et mettre fin au cauchemar.

« Alors que voulait-elle ? demanda-t-il.
- Savoir… A propos de Drago, et… du Maître…
- Elle a posé des questions sur le Maître ?!
- Oui… Elle voulait savoir si l'état de Drago… était lié à son retour… Comme peut-elle avoir eu une idée pareille ?!
- Je ne sais pas… Vous n'avez pas la moindre idée de la façon dont elle s'est introduite dans la chambre de Drago ?
- Non.
- Avait-elle une baguette ?
- Je ne sais pas.
- Bon. Je vais donner des ordres pour qu'il y ait toujours quelqu'un près de notre fils. Et je vais renforcer la garde devant la porte de notre… invité… Je serai de retour dès que possible.
- Merci, Lucius… »

Le visage de Narcissa disparut de la cheminée, et Lucius s'assit dans un fauteuil, mal à l'aise. Il avait la sensation désagréable que la situation était en train de lui échapper complètement.

« Tu devrais rentrer tout de suite, Lucius ! » décréta Croupton junior. Celui-ci, assis à son bureau de chef des Aurors n'avait pas perdu une miette de sa conversation avec son épouse. « Non, répondit Lucius. La situation est sous contrôle, apparemment.
- Et si cette journaliste parvient à faire évader Severus Rogue ?
- Si cela était dans ses compétences, je pense que ce serait déjà fait ! Non, elle ne peut pas le libérer. Ou elle ne le souhaite pas. Revenons plutôt à ce que nous disions… Tu as laissé partir Mrs Black ? »

Croupton junior se leva de son fauteuil pour le rejoindre devant la cheminée et lui tendit une liasse de parchemins. « Nous n'avions absolument rien qui justifie qu'on la retienne ici plus longtemps.
- Je voulais l'interroger.
- Elle a plus ou moins perdu la tête… Ses propos étaient tous décousus.
- Et l'Elfe ?
- Muet. Mais cela t'étonne ? »

Lucius ne se donna pas la peine de répondre. Il prit les parchemins et les survola du regard. Effectivement, il n'y avait rien d'intéressant, là-dedans. Les divagations d'une vieille femme. Pourtant…

« Il faut que je lui pose quelques questions. Ou plutôt à son Elfe. Mais il ne répondra que si elle le force à parler.
- Elle est rentrée chez elle tout à l'heure. J'ai posté des Aurors devant chez elle, pour la forme.
- Des hommes à nous ?
- Evidemment.
- Il faut rester prudent, Barty. »

Croupton lui adressa un rictus vaguement méprisant. Et Lucius se demanda s'il avait vraiment bien fait, de lui confier un rôle aussi important que celui de chef des Aurors…

« Et Greyback ?
- En route pour Azkaban. Je n'ai pas pu l'empêcher. Mais dès que je serai nommé à la place de Jorkins… »

Lucius sentit un frisson désagréable lui parcourir le dos. Il n'aimait pas du tout que Croupton s'affranchisse ainsi de son autorité.

« Nous en avons déjà parlé, Barty, coupa-t-il, s'efforçant de rester posé. Il est hors de question d'ouvrir les cellules d'Azkaban pour le moment. Pas tant que le Maître n'est pas en complète possession de ses moyens !
- Et comment le serait-il, en possession de ses moyens, si ses meilleurs lieutenants ne sont pas à ses côtés pour le seconder ?! s'emporta Croupton. Bellatrix aurait sans doute retrouvé Regulus depuis longtemps !
- Tais-toi. »

Le regard de Croupton brillait d'une lueur qui révélait toute l'étendue de son fanatisme. Il idolâtrait le Maître, et il vivait encore dans le fantasme de sa toute puissance. Lucius, lui, avait compris que les choses étaient un peu plus compliquées que cela. Et surtout, il mesurait le poids du camp adverse. Pour le moment, ils avaient les coudées franches, mais que Regulus s'avise de se mettre en contact avec Dumbledore, qu'il révèle ses secrets à l'Ordre du Phénix, et alors…

Lucius n'était pas prêt à tout risquer – sa fortune, son nom, sa liberté – pour permettre au Maître déchu de se relever. Pas tant que celui-ci ne lui aurait pas prouvé qu'il n'était pas qu'une ombre mauvaise cachée dans l'ombre d'un enfant de deux ans. Son propre fils, qui plus est. Non. Il avait le pouvoir, tant que Fudge se pliait à ses volontés. Il n'allait pas risquer de pousser les sorciers à destituer son pantin sous prétexte que cet idiot de Croupton aurait permis l'évasion massive des Mangemorts d'Azkaban !

« Si tu libères les Mangemorts maintenant, alors, Fudge saute… Et son gouvernement aussi !
Pour le moment, tu as les Aurors sous tes ordres, c'est tout ce dont nous avons besoin pour mettre la main sur Harry Potter. »

Croupton lui lança un regard venimeux, mais ne se donna pas la peine de répondre.

« Je vais au 12 Place Grimmaurd », déclara Lucius, mettant un pied dans la cheminée.

XXXXXXX

Dumbledore dévisagea avec une pointe de surprise l'homme qui se tenait devant lui, l'air à la fois passablement excité et gêné. Comme s'il ne souhaitait pas du tout se trouver là, dans son bureau de Poudlard.

« Le Professeur McGonagall dit que vous souhaitez me voir ? dit-il, engageant.
- Je viens de la part de… vous savez… marmonna l'homme, les doigts crispés sur le sac qu'il portait.
- De qui ? »

Répondre à cette seule question sembla angoisser l'homme un peu plus. Il jeta un regard autour de lui, comme s'il doutait de la parfaite confidentialité de l'entretien. « Vous n'avez rien à craindre, ici, vous savez, reprit Dumbledore. Vous pouvez vous confier en toute tranquillité. »

L'homme ne répondit pas. Il se contenta de tendre le sac au vieil homme.

« Ils veulent que je vous donne ça… dit-il. Ils disent que c'est important. »

Dumbledore fronça les sourcils et prit le sac. Ce qu'il renfermait le surprit plus encore que son curieux visiteur.

« Où l'avez-vous trouvée ? demanda-t-il, posant la coupe sur son bureau avec précaution.
- Dans une forêt…
- Et… vos amis ? Où sont-ils, en ce moment ? »

L'homme se mordit les lèvres, absolument pas prêt à parler.

« S'ils vous ont envoyé à moi avec un objet aussi précieux, n'est-ce pas que j'ai leur confiance pleine et entière ? dit Dumbledore avec un sourire aimable.
- Oh, vous, oui, je sais ! répondit l'homme. C'est juste…
- Poudlard est un lieu parfaitement sûr également. Il n'y a pas de Mangemorts ici, je puis vous l'affirmer. Sont-ils en sécurité, eux ? Je me fais beaucoup de soucis pour eux. Si vous me dites où ils sont, je pourrai les rejoindre et leur venir en aide.
- Ils veulent que vous détruisiez cet objet. Le plus rapidement possible. A cause du petit, vous savez… »

Dumbledore effleura la coupe du doigt. Un simple objet, mais le vieux sorcier sentait sans peine la malveillance qui sommeillait en lui. Sirius avait raison, il devait détruire cet horcruxe au plus vite. Avant que Voldemort ne représente une vraie menace pour Harry.

« Très bien, je vais m'en charger. Mais laissez-moi une adresse, pour que je puisse retrouver nos amis, lorsque cette coupe sera détruite… »

XXXXXXX

McPherson posa la lettre devant lui et se gratta la nuque d'un air pensif. Les exigences de Remus Lupin concernant la restitution de Harry Potter aux Aurors étaient toutes particulièrement sensées. D'abord, il souhaitait que cela se fasse en plein monde moldu, dans un parc qu'il avait lui-même choisi. Ensuite, il exigeait la présence du Professeur Dumbledore. « Je ne confierai Harry qu'à lui seul », soulignait-il. Et là encore, McPherson ne pouvait que lui donner raison. Dumbledore était le choix le plus sûr et le plus judicieux.

« Je ne veux pas du chef des Aurors sur le lieu de la rencontre », ajoutait Lupin.

Cela poserait certainement plus de problèmes. McPherson avait beau trouver les doutes de Lupin légitimes, concernant Croupton, il voyait mal comment court-circuiter son propre supérieur…

« Je sais que vous êtes un homme honnête, Inspecteur McPherson, terminait Lupin. Et j'espère pouvoir me fier à vous… Mais je ne veux voir personne d'autre que Dumbledore s'approcher de Harry. Vos Aurors devront se tenir loin de lui. » Ce qui signifiait que Lupin refusait de se voir cerné par un commando entier d'Aurors.

McPherson prit l'enveloppe – une enveloppe telle qu'on les utilisait chez les Moldus – et l'examina soigneusement. La lettre n'avait pas été ouverte, avant d'arriver sur son bureau. Il ne décelait pas non plus de magie résiduelle indiquant qu'on ait utilisé un sort quelconque pour en lire le contenu. Apparemment, il était bien le seul à connaître les exigences de Lupin, le seul à connaître le lieu du rendez-vous. C'était déjà une bonne chose. Il ne tenait qu'à lui, maintenant, d'être suffisamment malin pour garantir la sécurité de l'enfant et de son protecteur.

Et pour commencer, il devait prendre contact avec Dumbledore immédiatement.

XXXXXXX

« Alors ? demanda Isabelle après avoir serré Regulus dans ses bras. Vous l'avez trouvée ?
- Oui, répondit Regulus. Mondingus est allé la porter à Dumbledore. »

La jeune femme soupira de soulagement. Elle adressa un sourire à Sirius qui tirait soigneusement les verrous de la porte d'entrée. « Je suis contente de vous revoir, lui dit-elle.
- Je ne vous fait plus peur, alors ? sourit Sirius.
- Ce qui m'effrayait, c'était surtout de vous trouver parfaitement sain d'esprit au milieu de toute cette folie… »

Sirius haussa les épaules. Le sujet le mettait encore mal à l'aise, il n'aimait vraiment pas se souvenir des mois qu'il avait passés dans sa cellule d'Azkaban. La jeune femme sembla le comprendre, et elle détourna d'elle-même la conversation, se penchant plutôt vers Pattenrond qui se frottait contre ses jambes, pour le gratter sous le menton. « Contente de te revoir aussi », lui murmura-t-elle. Elle lui plaqua un baiser entre les oreilles avant de se redresser.

« Ted Tonks vous attend dans la cuisine. »

Sirius n'avait jamais rencontré le mari de sa cousine. Et il ne s'attendait certainement pas à le voir ici, assis à la table de la petite cuisine. Il serra machinalement la main que l'homme lui tendait, tentant de comprendre les raisons de sa présence dans leur cachette.

« Alors ? demanda Regulus d'emblée.
- Andromeda a décidé de vous venir en aide, déclara Ted, en se rasseyant après l'avoir salué. Elle est chez toi.
- Où ? demanda Sirius, fronçant les sourcils.
- Place Grimmaurd, lui répondit Ted. Avec votre elfe de maison. »

Sirius se tourna vers Regulus et l'interrogea du regard. « Il restait une base de polynectar, dans le sac de Severus, expliqua celui-ci. J'ai proposé à Andromeda de se substituer à notre mère.
- Et ?
- Il me faut un espion au Manoir des Malefoy. Je suis sûr que Lucius ne verra aucun inconvénient à accueillir Walburga chez lui.
- Tu es sérieux… ?
- Andromeda est parfaitement consciente des risques, intervint Ted. Je préfère ne pas trop m'attarder. Votre mère est chez nous, sans sa baguette et soigneusement enfermée, mais je n'aime pas trop laisser Nymphadora seule avec elle… Walburga a le don de la mettre en rogne !
- Nymphadora, c'est votre fille ? demanda Sirius.
- Oui. Walburga la trouve particulièrement mal élevée, ce que je prends pour un compliment… Cette femme est impossible !
- Je suis désolé que vous ayez à la supporter, compatit Sirius.
- C'est surtout difficile pour Nymphadora. Walburga passe son temps à la critiquer. Il faut vraiment que j'y aille…
- Merci Ted, lui dit Regulus.
- Je vous tiens au courant. »

XXXXXXX

Lucius scruta le visage de la vieille femme avec attention, dans l'espoir d'y trouver quelque chose qui aurait échappé à Croutpon Jr. Il aurait été ravi de le remettre à sa place en lui mettant sous le nez qu'il n'était pas si malin qu'il le pensait… Mais rien. Walburga Black était égale à elle-même, pincée, revêche, hautaine.

« Oser me faire cela à moi… ! marmonnait-elle. Encore un peu de thé, Kreattur ! J'ignore où est Sirius.
- Et Regulus ? demanda Lucius.
- Regulus ? Regulus est… » Elle n'alla pas plus loin, pinçant les lèvres avec dégoût. Lucius posa soigneusement sa tasse sur sa soucoupe. Il n'obtiendrait rien d'elle en allant dans ce sens.

« Comment va Narcissa ? demanda Walburga.
- Elle est inquiète… La santé de notre fils la préoccupe beaucoup.
- Pauvre enfant… soupira la vieille femme. Je sais ce que c'est, que de perdre un enfant…
- Drago ira mieux très bientôt », décréta Lucius, frissonnant malgré lui. Il aurait aimé en être aussi certain. Mais il était hors de question que Mrs Black soit consciente de ses doutes. Il plaqua sur son visage un sourire de circonstance, poli et plein d'assurance.

Walburga se redressa dans son fauteuil. Elle paraissait soucieuse, et Lucius se demanda si c'était à cause de Narcissa et Drago, ou si autre chose la tracassait.

« C'est très aimable à vous d'être venu me voir, Lucius, dit-elle.
- Vous avez dû passer des moments bien pénibles, avec les Aurors…
- Ces hommes n'ont aucune éducation ! Des rustres… Et… » Elle noua ses doigts osseux sur ses genoux. « Oui ? fit Lucius.
- J'avoue que je ne suis pas très rassurée à l'idée qu'ils pourraient revenir ici, et m'emmener une nouvelle fois… Si mon Regulus avait été là, jamais il ne les aurait laissés faire cela !
- Je suis persuadé que vous ne craignez rien.
- Je ne suis qu'une vieille femme… Kreattur m'aide bien, évidemment, mais ce n'est qu'un elfe de maison… »

Lucius fronça les sourcils. La vieille femme paraissait désemparée. Et cela était parfaitement naturel, après ce qu'elle avait vécu ces dernières heures. Peut-être était-ce là une occasion de se rapprocher d'elle ? Peut-être que s'il parvenait à gagner sa confiance, il arriverait alors à la persuader de mettre Kreattur à son service à lui…

Et il en apprendrait peut-être plus sur ce médaillon…

« Je peux vous proposer de venir vous installer chez nous, dit-il. Le temps que vous soyez suffisamment rassurée pour revenir ici. Ou jusqu'à l'arrestation de Sirius.
- Vraiment… ?
- Narcissa serait ravie de vous avoir à ses côtés.
- Et je pourrais m'occuper de Drago… » dit la vieille femme, l'air soulagée.

Lucius acquiesça d'un signe de tête. Voilà qui arrangeait parfaitement ses affaires...

XXXXXXX

« Il faut absolument que je vois le Professeur Dumbledore ! insista l'Inspecteur McPherson.
- Je vous l'ai dit, fit le professeur McGonagall, avec une pointe d'impatience dans la voix, il a quitté Poudlard tout à l'heure. Et je ne sais pas où le joindre.
- Mais c'est d'un importance capitale ! Il s'agit de Harry ! »

McGonagall passa de l'exaspération à l'inquiétude en une fraction de seconde. Enfin, songea McPherson, le message passait…

« Nous avons des nouvelles, concernant Harry Potter et Remus Lupin, appuya-t-il. Et pour cela, nous avons besoin du Professeur…
- Je comprends… Mais je suis navrée, je ne peux rien pour vous. Le Professeur est parti pour régler une affaire particulièrement urgente…
- Plus urgente que récupérer l'enfant ?! s'exclama McPherson, sentant sa propre patience s'effriter.
- Expliquez-moi, Inspecteur », proposa McGonagall.

McPherson survola du regard le hall désert de l'école, avant de le poser sur la vieille femme devant lui. McGonagall, le bras droit du professeur Dumbledore… Elle était certainement digne de confiance…

« Remus Lupin accepte de se rendre. A la condition que ce soit Albus Dumbledore qui se charge de récupérer l'enfant. Lui et lui seul.
- Je vois… murmura la vieille femme.
- La rencontre est censée avoir lieu dans moins d'une heure, maintenant. Il est impératif que je puisse joindre Dumbledore ! Il doit venir avec moi au lieu décidé par Remus Lupin.
- Mais je ne sais pas où le joindre ! soupira McGonagall.
- Sera-t-il bientôt de retour ?
- Pas avant que l'heure de votre rendez-vous avec Lupin ne soit passée, j'en ai peur…
- Alors c'est fichu… murmura McPherson, se passant une main dans les cheveux. Si Lupin ne voit pas Dumbledore au rendez-vous, il partira sans nous remettre l'enfant. »

Il jouait décidément de malchance…

« Pas certain… dit le Professeur McGonagall. Remus a confiance en moi également. Si je viens avec vous, alors peut-être qu'il acceptera de me confier Harry. »