Chapitre 27
McPherson se sentait de plus en plus nerveux. L'heure du rendez-vous était passée de presque dix minutes, et Lupin n'était toujours pas là.
Il avait pris toutes les précautions pour que la rencontre se passe dans les meilleures conditions. Il avait demandé aux policiers Moldus de fermer le parc, avant de répartir la dizaine d'Aurors qu'il avait sélectionnés dans le périmètre. En s'assurant de les garder à bonne distance du Professeur McGonagall et de lui-même.
Et cette fois-ci, il avait fait en sorte que rien ni personne ne puisse entrer ou sortir de la zone du rendez-vous. Il restait persuadé que Sirius Black et les autres se trouvaient bien Place Grimmaurd, et qu'ils étaient simplement parvenus à s'enfuir grâce à l'Elfe de Maison. Il n'allait pas faire la même erreur deux fois.
« Il se méfie… murmura le Professeur McGonagall à ses côtés.
- Vous aviez dit qu'il avait confiance en vous ! remarqua McPherson, avec un brin d'exaspération dans la voix.
- Oui, mais ce n'est peut-être pas suffisant ! Après ce qui lui est arrivé devant Poudlard, on ne peut que le comprendre ! »
McPherson ne pouvait pas vraiment lui donner tort. Mais comment faire… ?
« Il y a beaucoup d'Aurors… murmura le Professeur McGonagall.
- Pour la sécurité de l'enfant ! J'ai fait mon possible pour que rien ne filtre concernant le lieu du rendez-vous, mais si les Mangemorts ont infiltré le Ministère… Peut-être sont-ils déjà au courant et prêts à attaquer !
- Je comprends. Mais je ne suis pas sûre que cela rassure beaucoup Remus. »
Il était hors de question de se séparer des Aurors. Mais il devait bien songer à quelque chose pour débloquer la situation…
« D'accord. Je vais leur demander de me remettre leurs baguettes. Nous deux serons les seuls à être armés. »
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Sirius faisait les cent pas dans la cuisine, pris d'un mélange d'excitation, d'impatience et d'angoisse. Maintenant qu'il était à deux doigts de retrouver Harry et Remus, chaque minute passée était une vraie torture. Il n'arrivait même pas à se sentir concerné par la discussion animée qui opposait son frère et Isabelle. Celui-ci enchaînait argument après argument pour tenter de la détourner de son projet, avec pour seule conséquence de la raffermir dans sa décision.
Peut-être aurait-il dû s'intéresser à la question, peser le pour et le contre et soutenir l'une ou l'autre des parties… Mais tout ce qu'il avait en tête, c'était Harry et Remus.
« Kreattur retrouvera certainement Harry, lui dit Andromeda, le retenant par le bras alors qu'il passait devant elle.
- Oui. Je l'espère, en tous cas. »
Il s'assit près de sa cousine et se passa la main dans les cheveux.
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Incrédule, Remus vit McPherson entasser les baguettes des Aurors devant McGonagall et lui. Il avait désarmé ses propres hommes…
C'était évidemment rassurant, mais Remus avait remarqué que l'Inspecteur avait toujours la sienne, ainsi que le Professeur McGonagall. En admettant que ce soit vraiment elle. Mais comment en être sûr à cent pour cent ?
McPherson a l'air de vouloir faire en sorte de garantir notre sécurité… songea Remus. Il faut au moins lui reconnaître cela…
« Remus ?! »
Remus sursauta, avant d'identifier la voix de McGonagall. Celle-ci l'appelait, tournant sur elle-même dans l'espoir de le voir arriver. « Je vous en prie, Remus, disait-elle. Je vous promets que rien n'arrivera à Harry ! Le Professeur Dumbledore a dû quitter Poudlard, mais je prendrai soin de lui jusqu'à son retour…
- Montrez-vous, Lupin ! renchérit McPherson. Nous savons que vous êtes blessé, vous devez songer à la sécurité de l'enfant avant tout ! »
C'était vrai. Remus était parfaitement conscient que son état ne lui permettait pas de prendre soin de Harry correctement. Cela, en plus du fait qu'il devait se cacher des Mangemorts…
Il devait se décider.
« Allez, Harry, dit-il, tendant la main au petit garçon. On y va. »
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Sirius sentit comme des briques lui tomber au fond de l'estomac lorsque Kreattur revint seul. Sa déception était à la hauteur de l'espérance qui l'avait nourri depuis qu'il avait envoyé l'Elfe à la recherche de Harry et Remus.
« Tu es tout seul ?! s'exclama-t-il, se levant de sa chaise.
- Je suis désolé, Maître… murmura l'Elfe, apparemment contrit.
- Tu ne les as pas trouvés ?
- Si… Mais je ne peux pas les approcher. C'est comme pour la maison… »
Sirius se passa une main tremblante sur le visage. Si Kreattur ne parvenait pas à approcher de Remus, cela ne pouvait dire qu'une chose : que celui-ci était sous les mesures anti-transplanage des Aurors.
« Mais tu les as vus, Kreattur ? insista-t-il.
- Ils sont dans un parc…
- Et ils ne sont pas seuls.
- Non. Il y a cet homme qui a arrêté ma Maîtresse…
- McPherson, dit Regulus, abandonnant sa discussion houleuse avec Isabelle. C'est bon signe ou pas ?
- Je ne sais pas…
- Le journal dit que Remus Lupin a été lavé de tous soupçons, intervint Isabelle. Peut-être qu'ils ont négocié quelque chose pour récupérer Harry ? »
Sirius n'aimait pas du tout cela. Peut-être, effectivement, que McPherson était disposé à croire Remus innocent. Il savait que le Professeur Dumbledore lui avait parlé. Mais cela ne signifiait pas que Remus et Harry étaient en sécurité avec lui…
« Il faut que j'y aille… murmura-t-il.
- Sirius ? fit Regulus, l'air inquiet.
- Il faut que j'y aille ! répéta Sirius plus fermement. Je dois m'assurer qu'ils ne sont pas en danger. Kreattur ? Conduis-moi jusqu'à eux. »
Et avant que Regulus n'ait pu avancer le moindre argument contre, il saisit la main de l'Elfe et la serra, déterminé.
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Tous les Aurors étaient sur le qui-vive, McPherson en tête. Il avait la certitude que Lupin était là, quelque part, à les observer. Peut-être parviendrait-il à le débusquer de sa cachette, en utilisant sa baguette. Mais il ne tenait pas à l'effaroucher davantage. Non, il préférait jouer franc-jeu, et croiser les doigts pour que le Professeur McGonagall se soit montrée suffisamment rassurante.
« Là ! fit l'un de ses hommes. Il est là ! »
Il se tourna lentement. Effectivement, Remus Lupin s'était enfin montré. Il était d'une pâleur mortelle, vacillant sur ses jambes comme si le simple fait d'être debout était déjà une épreuve. Il tenait le petit Harry par la main. L'enfant les dévisageait tous avec de grands yeux plein d'effroi.
« Personne ne bouge ! ordonna McPherson à ses hommes. Très bien, Lupin. Personne ne vous fera de mal, vous avez été innocenté…
- Pourquoi Dumbledore n'est-il pas avec vous ? demanda Lupin, s'arrêtant à quelques mètres d'eux.
- Une affaire importante l'a obligé à quitter Poudlard, expliqua McGonagall, faisant un pas pour se poster près de l'Inspecteur. Je n'ai pas pu le joindre à temps…
- Je veux que Harry soit conduit immédiatement à Poudlard, dit Lupin. Pas au Ministère.
- Nous irons ensemble, si vous voulez bien avancer, Mr Lupin, répondit McPherson, s'efforçant d'adopter un ton apaisant.
- Non, répliqua Lupin. Professeur McGonagall ? Vous voulez bien approcher ?
- Evidemment, Remus, répondit la vieille femme. Restez où vous êtes, Inspecteur McPherson. »
Et elle avança en direction de Lupin.
McPherson se mit à respirer un peu plus aisément. Les choses se déroulaient plutôt bien, rien à voir avec le fiasco du 12, Place Grimmaurd. Et pourtant… Pourtant, quelque chose le dérangeait. Sans qu'il parvienne à savoir quoi. Un instinct puissant lui hurlait qu'il se passait quelque chose d'anormal. Ses doigts se crispèrent sur sa ceinture, à deux doigts de sa baguette. Non. Il devait se détendre, s'il ne voulait pas pousser Lupin à commettre une sottise.
« Tout ira bien, Remus, disait le Professeur McGonagall, tout en avançant. Nous allons conduire Harry à Poudlard, et Pomfresh vous donnera les premiers soins.
- C'est Greyback… murmura Lupin.
- Je sais, Remus. J'ai vu ce qui s'est passé, devant les grilles de Poudlard. Greyback a été arrêté, et conduit à Azkaban. »
La vieille femme n'était plus qu'à quelques pas de Lupin et de l'enfant.
Et d'un seul coup, le visage de Lupin se métamorphosa. Ses yeux s'agrandirent de stupeur, et il brandit sa baguette devant lui, d'un main qu'il s'efforçait de raffermir. Droit vers McPherson.
Automatiquement, l'Inspecteur tira sa propre baguette et la pointa vers Lupin, partagé entre l'incompréhension et la fureur.
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Sirius apparut dans une ruelle moldue, sous les yeux d'une vieille femme stupéfaite, qui s'empressa de s'éloigner. Il tourna sur lui-même pour se repérer, mais ne vit que des immeubles plus ou moins délabrés.
« Où sont-ils ? demanda-t-il à Kreattur.
- Par là, répondit l'Elfe. Ils sont dans un jardin moldu.
- D'accord. Je vais y aller, toi, tu nous attends ici », ordonna Sirius.
Il aurait dû prendre la cape de James, réalisa-t-il, malheureusement trop tard. Il aurait pu s'approcher au plus près de Remus… Encore une fois, il avait agi dans la précipitation. Irrité contre lui-même, Sirius se transforma. S'il voulait entrer dans le parc à l'insu des Aurors, mieux valait prendre sa forme animagus…
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« Lâchez votre baguette ! » s'écria McPherson à Lupin.
Remus ne bougea pas, cloué sur place par ce qu'il voyait se profiler derrière les Aurors, entre les arbres. Le ciel s'était singulièrement obscurci, également. Comment les Aurors ne le voyaient-ils pas ?!
« Reste près de moi, Harry, murmura-t-il à l'enfant, qui se blottit derrière sa jambe.
- Qu'est-ce que vous faites, Remus… ? demanda le Professeur McGonagall, l'air passablement inquiète. Baissez cette baguette avant que les Aurors se mettent à vous voir comme une menace !
- Professeur… Derrière… »
McGonagall se retourna, imitée dans son geste par McPherson.
Il y eut un moment de tension quasi palpable… Remus sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque, tandis qu'un froid intense le saisissait, plus brûlant que la fièvre qui le rongeait.
« Mais… C'est impossible ! » s'exclama McPherson, d'une voix blanche.
Deux Détraqueurs filaient droit sur le petit groupe.
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Le chien s'immobilisa en vue de la grille. Il huma l'air, les oreilles plaquées, tous les sens aux aguets… Et ses poils se hérissèrent sur son échine. Son instinct lui hurlait de faire demi-tour. Parce qu'il ne voulait pas affronter ce qu'il y avait là-bas, devant lui.
Campé sur ses pattes, il lutta de toute sa volonté humaine pour ne pas s'enfuir. Remus était là, avec Harry. Il ne pouvait pas les laisser, il devait…
Le hurlement qui monta alors du parc précipita sa décision. Son ami était en danger, et Harry… Oubliant toute sa peur, il fila aussi vite qu'il le put vers les grilles soigneusement fermées du parc.
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Le silence qui pesait sur le parc se rompit brusquement lorsque les Aurors prirent brusquement conscience de la menace qui fondait sur eux. Une menace qu'ils ne pouvaient même pas contrer, ils n'avaient plus leur baguette.
« Mais qu'est-ce que j'ai fait… ? » songea McPherson, le cœur battant.
Ses hommes rompaient déjà le demi-cercle sur lequel il les avait placés, à deux doigts de la panique. Il devait agir, vite, avant qu'une catastrophe se produise. Il leva sa baguette…
« Spero Patronum ! »
Le sort jaillit de derrière son épaule. Le Professeur McGonagall avait réagi une seconde avant lui.
Il vit le patronus foncer vers les arbres, droit sur les deux Détraqueurs qui glissaient vers les Aurors.
« Réagissez, McPherson ! le morigéna-t-elle. Vos hommes sont démunis ! »
Il joignit son propre patronus à celui du Professeur, tandis que les Aurors se ruaient vers lui, et le tas de baguette à ses pieds.
« Par là ! Un autre ! » s'exclama l'un d'eux, pointant le doigt sur la gauche de McPherson. L'Inspecteur fit face à la nouvelle menace, conscient qu'il était en train de perdre le contrôle de la situation. Ils étaient attaqués, et Harry était au beau milieu du champ de bataille.
Il jeta un coup d'œil vers l'enfant. Celui-ci était toujours collé à Lupin. Un Lupin dont la main tremblait, visiblement incapable de se servir de sa propre baguette.
« Professeur ! cria-t-il à McGonagall. Emmenez l'enfant !
- Il faut gagner la grille, dit la vieille femme, reculant pour se rapprocher de Lupin. De là, nous pourrons transplaner ! »
Les patronus perdaient de leur force, et les trois Détraqueurs, momentanément tenus à l'écart, resserrèrent leur cercle autour des Aurors.
« Prenez vos baguettes ! cria McPherson à ses hommes.
- Mais d'où sortent-ils ?! s'exclama l'un d'eux.
- Concentrez-vous sur les Détraqueurs ! » répliqua McPherson.
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Sirius se faufila entre deux policiers moldus, passant complètement inaperçu. Leur attention était toute tournée vers le parc. Sirius espérait vivement qu'ils n'auraient pas dans l'idée de venir en aide à leurs collègues. Contre les Détraqueurs, ils n'avaient évidemment aucune chance.
Il poussa la grille du museau, dans l'espoir de l'ouvrir. En vain. Evidemment.
Il n'avait pas le choix, il devait reprendre forme humaine.
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Le Professeur McGonagall prit Lupin par le bras et l'entraîna vers la sortie du parc, sa baguette prête à servir.
« Vite, il ne faut pas rester là, dit-elle. Harry ? Reste bien avec nous, d'accord ? »
Du coin de l'œil, elle vit les Aurors se regrouper. Ils avaient récupérer leurs baguettes et s'affairaient à repousser les Détraqueurs.
« Allons-y, ne nous attardons pas », ajouta-t-elle.
Ils avancèrent vers la grille, un peu trop lentement au goût de Minerva. Mais apparemment, Lupin était à bout de force.
Elle entendit un juron, derrière elle, suivit du grésillement d'un sort. Ce n'était pas bon signe… Elle tourna brièvement la tête pour vérifier que rien ne les menaçait directement. Elle n'eut que le temps d'apercevoir une baguette levée dans sa direction, avant de recevoir le sort de plein fouet.
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Le Professeur McGonagall s'effondra sur le sol d'un seul coup. L'Inspecteur McPherson se tourna aussitôt vers l'endroit d'où avait jailli le sort. Juste à temps pour contrer le stupéfix qui fusait vers lui.
Il n'en revenait pas ! Lui qui s'était assuré que tout se passe dans les meilleures conditions possibles, voilà qu'il devait affronter à la fois des Détraqueurs et ses propres hommes !
Depuis quand Pepplewood avait-il rejoint le camp adverse ?!
Le traître fonçait déjà vers Lupin et Harry. Il devait s'interposer. Il se rua vers eux. Un sort lui effleura les cheveux, et il riposta à l'aveugle, par-dessus son épaule. Apparemment, Pepplewood n'était pas le seul à s'être retourné contre lui. McPherson sentit une bile amère lui emplir la bouche.
Non. Il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur un tel gâchis. Il devait protéger l'enfant.
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Remus se pencha sur le corps inerte du Professeur McGonagall, stupéfait. Elle respirait encore, constata-t-il avec soulagement.
« Remus… » fit Harry, le tirant par la manche, les yeux agrandis par la frayeur.
L'agresseur de McGonagall fonçait déjà dans leur direction. Remus dirigea sa baguette vers lui et tenta de lui lancer un stupéfix qui ne fut qu'une gerbe d'étincelles absolument inoffensives.
Il se redressa tant bien que mal. Il ne pouvait pas compter sur sa magie pour les protéger, Harry et lui. Il devait fuir.
McPherson se précipitait dans leur direction, lui-aussi. Mais l'un des Aurors le bombardait de sorts par-derrière. Combien de temps, avant qu'il soit mis hors d'état, lui-aussi ? Il ne pouvait pas compter sur lui. Comme devant les grilles de Poudlard, le plus sage était de s'enfuir, de mettre de la distance entre Harry et ceux qui voulaient l'enlever.
Il esquiva le sort lancé par le traître et couvrit Harry de ses bras pour le protéger. Un sort du bouclier conjuré par McPherson les enveloppa brièvement, et il en profita pour soulever l'enfant de terre et le serrer contre lui. Il reprit sa fuite vers la grille, à reculons.
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L'apparition brutale de Sirius devant la grille du parc arracha des exclamations de surprise aux policiers. Ils dévisagèrent l'homme devant eux, absolument incrédules.
« Un conseil, leur dit Sirius, ouvrant la grille soigneusement fermée d'un coup de baguette, quoi qu'il se passe, n'intervenez pas ! Vous n'êtes pas de taille !
- Sirius Black… réalisa l'un des hommes. C'est Sirius Black ! »
Evidemment… Le Ministère avait alerté les Moldus contre lui. A contrecœur, il tourna sa baguette vers les policiers et leur lança un sort pour les immobiliser, avant d'entrer dans le parc.
Au pas de course, il se dirigea vers les cris et les bruits de lutte.
Là, il y était. Du regard, il embrassa la scène qu'il avait sous les yeux. Trois Détraqueurs tenus plus ou moins en respect par un petit groupe d'Aurors. McPherson qui courait dans sa direction, la baguette à la main, sous le tir nourri de l'un de ses hommes. Un autre, sur sa droite, qui bombardait… Remus.
Il leva sa propre baguette et lança un sort.
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Surpris, Remus jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Et son cœur bondit dans sa poitrine, lorsqu'il vit Sirius à quelques mètres de lui.
Rien n'était perdu, il avait encore une chance de pouvoir prendre la fuite !
Harry toujours serré contre lui, il fit volter-face pour courir en direction de Sirius. Il ne vit pas la petite boule argentée que son ennemi le plus proche lança vers lui.
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« Non !! » s'exclama McPherson, alors que la boule lancée par Pepplewood roulait entre les jambes de Lupin.
Il n'eut pas le temps de lancer le contre-sort. Un réseau dense d'éclairs rouges enveloppa aussitôt Lupin et l'enfant. Tous deux s'écroulèrent sur le sol, absolument inertes.
Il aurait dû le prévoir ! Pepplewood travaillait peut-être pour les Mangemorts, mais il n'en avait pas moins à sa disposition l'arsenal des Aurors !
Il n'était plus qu'à quelques pas de Lupin. Quelques pas et il pourrait les protéger, l'enfant et lui.
Il lança un sort à Pepplewood, dans l'espoir de le désarmer. Au même moment, il entendit un « attention » hurlé par Sirius Black. D'instinct, il bascula en avant, loupant sa cible du même coup. Le sort qui devait le toucher dans le dos lui frôla l'épaule et il grimaça sous l'effet de la douleur. Devant lui, il vit Sirius lever sa propre baguette. Il se tendit de tous ses muscles… Mais le sort passa bien au-dessus de sa tête, pour neutraliser son agresseur.
Un bref instant, il resta abasourdi. Sirius Black lui venait en aide. Au lieu de joindre ses forces à celles de Pepplewood, il venait de démontrer sans ambiguïté qu'ils étaient du même côté.
Dumbledore avait raison. Il s'était trompé sur toute la ligne, Sirius Black était innocent.
A genoux, il se traîna jusqu'à Lupin. Celui-ci était toujours assommé par le sort, tout comme l'enfant, qui avait glissé de ses bras. La priorité était de protéger l'enfant. Il l'attrapa par les épaules et l'attira à lui. Il ne pouvait pas transplaner. Il ne lui restait plus qu'à atteindre la grille.
« Black ! appela-t-il. Couvrez-moi ! »
Leurs regards se croisèrent. Et McPherson se souvint à quel point le regard de Sirius Black avait pu le hanter, pendant les jours qui avaient suivi son arrestation. Si seulement il avait pris le temps de l'écouter…
Un instant, Sirius sembla douter, comme si l'idée de laisser l'inspecteur s'occuper de mettre l'enfant à l'abri le répugnait. Mais finalement, il hocha la tête et pointa sa baguette sur Pepplewood, qui s'était réfugié derrière un arbre, d'où il les bombardait de sorts.
Abandonnant le corps inerte de Lupin derrière lui, McPherson se redressa brusquement et, serrant Harry contre lui, se mit à courir vers la grille.
Celle-ci était ouverte. Les policiers moldus censés en fermer l'accès avaient été stupéfixés. Sans doute l'œuvre de Sirius, songea-t-il.
Encore quelques pas, et il pourrait transplaner. N'importe où, mais en lieu sûr.
« Vous allez quelque part, Inspecteur ?! »
Avant qu'il ait eu le temps de réaliser, sa baguette lui sautait des mains, et trois hommes portant l'affreux masque des Mangemorts se jetaient sur lui.
