Penny Jackson et le Voleur de Foudre

Disclaimer : La saga Percy Jackson et ses spin-offs ne m'appartiennent pas, ce sont les créations de Rick Riordan. De même, Sailor V et Sailor Moon sont la propriété de Naoko Takeuchi.


Chapitre 19 : Penny rencontre son oncle.

Imaginez la plus grande foule que vous ayez jamais vue à un concert, ou un terrain de football bourré de supporters.

Maintenant, imaginez un champ qui soit un million de fois plus grand, plein de monde, et imaginez qu'il y ait une panne d'électricité et pas un bruit, pas une lumière, pas ballon de plage qui rebondisse au-dessus des têtes. Il vient de se passer quelque chose de tragique en coulisses. D'immenses groupes de gens circulent entre les ombres en murmurant, attendant un concert qui ne commencera jamais.

Si vous arrivez à vous représenter cette scène, vous aurez une assez bonne idée de ce à quoi ressemblaient les Champs d'Asphodèle. L'herbe noire avait été piétinée par des éternités de pieds morts. Un vent moite et tiède soufflait, tels les effluves d'un marais. Des arbres noirs, Grover disait que c'étaient des peupliers, poussaient en bosquets ça et là.

La voûte de la caverne était si haute qu'il aurait pu s'agir d'une masse de nuages d'orage, sans les stalactites qui luisaient d'un éclat gris pâle et paraissaient méchamment pointues. Les champs au sol étaient hérissés de plusieurs de ces stalactites qui s'étaient décrochées et plantées dans l'herbe noire.

Le trio s'efforçait de se fondre dans la foule, tout en guettant les spectres de sécurité. Penny ne pouvait pas s'empêcher de chercher des visages connus parmi les esprits de l'Asphodèle, mais les morts étaient difficiles à regarder. Leurs visages scintillaient, ils avaient tous l'air un peu en colère ou déconcertés. Ils s'approchaient de toi et te parlaient, mais leurs voix ressemblaient à un gazouillis de chauve-souris. Une fois qu'ils se rendaient compte qu'on ne les comprenait pas, ils faisaient la grimace et s'éloignaient.

Les morts ne faisaient pas peur, ils étaient tristes, c'est tout.


Les trois adolescents avançaient lentement, suivant la queue des nouveaux venus qui s'étirait en serpentant entre le portail d'entrée et un pavillon surmonté d'une tente noire, dont la bannière annonçait :

JUGEMENTS POUR L'ÉLYSÉE ET LA DAMNATION ÉTERNELLE

Bienvenue aux Nouveaux Défunts !

Deux files beaucoup plus petites ressortaient à l'arrière du pavillon.

Sur la gauche, des esprits flanqués de spectres de sécurité étaient menés par un sentier rocailleux vers les Champs du Châtiment qui luisaient et fumaient au loin : un immense désert craquelé et miné, parcouru de rivières de lave et de kilomètres de barbelés séparant les différents secteurs de torture. Même de loin, Penny voyait des gens pourchassés par des Chiens des Enfers, brûlés au bûcher, forcés à courir tout nus dans jardins de cactus ou à écouter de la musique d'opéra. Elle pouvait même distinguer une colline minuscule, avec la silhouette de fourmi de Sisyphe qui se démenait pour pousser son rocher vers le sommet.

La queue qui sortait du côté droit du pavillon du jugement était nettement plus enviable. Elle menait à une petite vallée entourée de murs, une résidence protégée qui semblait constituer le seul endroit heureux des Enfers. Derrière les grilles de sécurité se déployaient de magnifiques quartiers résidentiels de toutes les époques historiques, villas romaines, châteaux médiévaux, demeures victoriennes. Des fleurs d'or et d'argent fleurissaient sur les pelouses. L'herbe ondulait de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Penny entendait des rires et sentait l'odeur d'un barbecue.

L'Élysée.

Au milieu de cette vallée, il y avait un lac bleu étincelant parsemé de trois petites îles, genre villégiatures de rêve aux Bahamas. Les Îles du Bienheureux, pour les gens qui avaient choisi de renaître trois fois et qui trois fois avaient accédé à l'Élysée. Penny sut tout de suite que c'était là qu'elle voulait aller, quand elle mourrait.

_ C'est le lieu réservé aux héros, lui dit Annabeth. Là où nous reposerons si nous devenons de vrais héros.

Penny remarqua qu'il y avait extrêmement peu de gens à l'Élysée, qu'il était minuscule comparé à l'Asphodèle ou même aux Champs du Châtiment. Si peu de gens faisait le bien de leur vivant. C'était déprimant.

Le trio dépassa le pavillon du jugement et s'enfonça plus en avant dans l'Asphodèle. Au loin, se dressait un palais d'obsidienne noire et luisante. Trois créatures sombres aux silhouettes de chauve-souris voletaient au-dessus des parapets : les Furies. Elles semblaient attendre quelque chose ou quelqu'un.

_ Je suppose qu'il est trop tard pour faire demi-tour, dit Grover avec une pointe de mélancolie.

_ Ça va aller, t'inquiète, dit Penny. Nous ne sommes pas là pour combattre, mais pour obtenir une audience avec mon oncle. Nous devons vérifier si nous suspicions sont bien fondées.

Grover glapit dès que Penny se tut. Ses baskets sortirent brusquement leurs ailes et ses jambes s'élancèrent vers l'avant. Grover tomba à plat dos dans l'herbe.

_ Grover, arrête de faire l'andouille, le sermonna Annabeth.

_ Mais je…

Grover glapit de nouveau. Ses chaussures battaient follement des ailes, à présent. Elles décollaient du sol et commençaient à l'entrainer loin des deux filles.

_ Maia !, cria-t-il.

Mais le mot magique semblait avoir perdu son effet.

Il répétait « Maia ! » sans effet, puis il appela au secours. Les deux filles se mirent à courir derrière lui, alors qu'il gagnait en vitesse et glissait le long de la pente comme un bobsleigh.

_ Défais tes lacets !, lui hurla Annabeth.

En soi, c'était une bonne idée, mais sans doute pas très facile à réaliser quand vos chaussures vous emportaient à fond de train dans une pente. Grover essayait de se redresser, mais il n'arrivait pas à atteindre ses lacets.

Il fonçait entre les jambes des esprits qui chuchotaient des remarques agacées à son passage et les deux filles lui couraient après en essayant de ne pas le perdre de vue.

Penny était persuadée que Grover allait franchir en trombe le portail d'entrée du palais d'Hadès, mais ses chaussures obliquèrent soudainement et abruptement vers la droite et l'emmenèrent dans la direction opposée.

La pente s'accentua. Grover prit de la vitesse, Annabeth et Penny devaient courir de toutes leurs forces pour ne pas se faire distancer. Les murs de la caverne se resserrèrent et ils se trouvaient maintenant dans une sorte de tunnel latéral. Plus d'herbe noire ni d'arbres, ici, rien que la pierre sous les pieds et la lueur diffuse des stalactites au-dessus d'eux.

_ Grover !, hurla Annabeth. Essaye de t'accrocher à quelque chose !

_ À quoi ?, cria-t-il à son tour.

Il agrippait des graviers mais ses mains ne trouvaient rien d'assez lourd pour le ralentir.

Il faisait de plus en plus sombre et froid dans le tunnel. Et Penny pouvait sentir le mal à son bout. Des honneurs dont elle n'aurait même jamais dû avoir connaissance surgissaient dans son esprit : du sang répandu sur un autel de pierre antique, l'haleine fétide d'un meurtrier.

Soudain, elle aperçut ce qui se trouvait plus loin devant, et pila net.

Le tunnel débouchait sur une vaste caverne sombre, au milieu de laquelle s'ouvrait un gouffre grand comme un pâté de maisons.

Grover glissait vers le bord du gouffre.

_ Grouille, Penny !, hurla Annabeth en la tirant par le poignet.

_ Mais, c'est…

_ Je sais !, cria-t-elle. L'endroit que tu as vu dans ton rêve ! Mais Grover va tomber dedans si nous ne le rattrapons pas.

Elle avait raison, bien sûr, et à la pensée du sort qui menaçait Grover, Penny repartit de plus belle.

Il hurlait, essayait de se retenir au sol, mais les baskets ailées l'entraînaient inexorablement vers l'abîme et les deux filles semblaient mal parties pour le rattraper à temps.

Ce qui le sauva, ce furent ses sabots.

Les baskets volantes avaient toujours été mal ajustées à ses pieds, et pour finir Grover heurta une grosse pierre et la basket gauche se détacha en voltigeant. Elle fusa dans le noir et disparut dans le gouffre. La chaussure droite tirait toujours Grover, mais moins vite. Il put se ralentir en s'agrippant à la grosse pierre comme à une ancre.

Il n'était plus qu'à trois mètres du bord quand les deux filles le rattrapèrent enfin et le hissèrent vers le haut de la pente. L'autre chaussure se détacha à son tour et elle voleta en cercles au-dessus du trio en leur assénant quelques coups furieux avant de piquer vers les profondeurs de l'abîme rejoindre sa sœur.

Le trio s'effondra à bout de forces sur les graviers d'obsidienne. Penny avait l'impression d'avoir les bras et les jambes en plomb, et un coup d'œil à ses amis suffit pour qu'elle comprenne qu'elle n'était pas la seule à se sentir ainsi. Annabeth en particuliers semblait épuisée et elle tâtonnait le sac à dos d'Arès avec un air confus sur le visage.

Grover était écorché de partout. Ses mains saignaient. Ses yeux s'étaient réduits à deux fentes obliques, comme ceux des chèvres lorsqu'elles étaient terrifiées.

_ Je ne sais pas comment…, dit-il d'une voix haletante. Je n'ai pas…

_ Attendez, interrompit Penny. Écoutez.

Elle entendait quelque chose, comme un murmure grave dans l'obscurité.

Au bout de quelques secondes, Annabeth dit :

_ Penny, cet endroit…

_ Chut.

Penny se leva. Le son enflait. C'était un grommellement, une voix maléfique qui sourdait des lointaines, très lointaines profondeurs. Qui montait de l'abîme.

Grover se redressa.

_ Qu'est-ce que c'est que ce bruit ?

Annabeth l'entendait aussi à présent. Penny le lisait dans ses yeux.

_ Le Tartare, c'est l'entrée du Tartare.

Penny retira Turbulence d'une main et de l'autre elle sortit le miroir donné par Artémis de la poche de sa veste. Lorsque l'épée de bronze se déploya et luit dans l'obscurité, la voix maléfique sembla se briser, ne serait-ce qu'un instant, avant de reprendre sa mélopée.

Penny pouvait presque distinguer des mots à présent, des mots anciens, très anciens, plus vieux même que le grec. Comme si…

_ C'est de la magie, déclara Penny blême.

_ Nous devons partir d'ici, dit Annabeth.

Les deux filles aidèrent Grover à se remettre sur ses sabots et tous les trois coururent dans le tunnel. Mais au bout d'un moment, Annabeth sembla ralentir, comme si elle portait un lourd poids dans le dos qui lui demandait des efforts herculéens pour qu'elle avance. Penny attrapa le bras de son amie et cette fois-ci, c'était elle qui tirait la blonde pour sortir du tunnel. Derrière eux, la voix devenait de plus en plus forte et rageuse. Un souffle de vent froid les tirait dans le dos, comme si le gouffre tout entier inspirait. Le trio se sentait comme aspiré par la chose dans la fosse. Penny savait qu'ils ne parviendraient pas à se sauver si elle n'agissait pas tout de suite, alors tout en courant elle brandit son miroir en direction du gouffre et cria :

_ RAYON DE LUNE !

Un rayon d'énergie étincelant jaillit du miroir et traversa le tunnel dans la direction du gouffre. Si l'attaque ne frappa pas la créature à laquelle appartenait la voix, elle parvint tout de même à le forcer à se taire. La puissance bienveillante et purificatrice libérée par le miroir avait momentanément repoussé l'être maléfique.

Péniblement, le trio retourna enfin à l'orée du boyau, là ou la caverne s'élargissait et rejoignait les Champs d'Asphodèle. Un mugissement outragé résonna dans les profondeurs du tunnel. Quelque chose n'était pas contente que le trio lui ait échappé.

_ Qu'est-ce que c'était ?, demanda Grover, une fois qu'ils se furent écroulés dans la relative sécurité d'un bosquet de peupliers noirs. Un des chouchous d'Hadès ?

Annabeth et Penny échangèrent un regard. Toutes deux savaient que la chose dans le fond n'était absolument pas sous le contrôle d'Hadès, et qu'elle était très certainement bien pire.

_ Si tu ne peux pas prononcer son nom, sers-toi d'une périphrase. Mais je t'en prie, partage son identité avec nous, demanda Penny à Annabeth en la fixant droit dans les yeux.

Après ce qui s'était passé, l'heure n'était plus au silence. Et Annabeth le savait très bien. Ses pires craintes venaient quasiment de se réaliser et le trio ne s'en était sorti que de justesse.

_ Je crois… qu'il s'agissait de ton grand-père paternel, répondit lentement Annabeth.

Penny cligna des yeux un bref instant de surprise.

_ Celui dont le nom commence par un « C » et qui a mangé ses enfants à un moment donné, puis s'est fait découper en morceaux par mon oncle ?, demanda Penny.

_ Celui-là même, confirma Annabeth en tremblant.

_ Oh… C'est assez ironique. Tu sais, quand Mme Dodds a tenté de me tuer la première fois au musée, Chiron a fait observer à ma classe une stèle sur laquelle on voyait grand-père manger ses gosses… Tu t'en souviens, Grover ?, commenta Penny.

Grover hocha de la tête, complètement paniqué et pâle comme s'il venait de voir la mort en face.

_ Ouais, j'm'en souviens, bafouilla-t-il. Je me rappelle aussi Nancy Bobofit se moquer en disant que cela ne servirait à rien de connaître ce mythe dans le futur….

_ Et comme d'habitude, Nancy avait tort. Mais tout de même, c'est une sacrée coïncidence… En tout cas, on sait maintenant qui a commandité le vol des deux objets, dit Penny.

_ Tu crois que ton grand-père est vraiment le responsable ? Mais comment il aurait fait depuis la fosse ?, lui demanda Annabeth anxieuse.

_ … Je pense qu'il a ordonné à un demi-dieu de dérober les objets et de les lui ramener. Mais ce voleur est seulement parvenu à les prendre, je pense que quelqu'un l'a découvert et a repris les objets, mais les a gardés au lieu de les rendre. Dans mon rêve, Pépé a mentionné qu'il avait dû intervenir pour réparer l'erreur commise par le voleur. Je suis sûre qu'il a manipulé la personne qui a découvert le voleur, afin que cette personne ne révèle pas le pot-aux-roses. Maintenant, il nous reste à savoir qui est le voleur et qui détient actuellement les objets, répondit Penny.

_ Tu as dit qu'un échange avait été évoqué dans ton rêve, ainsi que le fait que les objets étaient en route, ajouta Annabeth. Il est probable que cette troisième personne envoie quelqu'un au Tartare pour donner les deux objets à ton grand-père.

_ Si deux objets ont bien été volés, commenta Grover.

_ Qu'une seule façon de le savoir, allons discuter avec mon cher oncle, conclut Penny en se relevant.


Les trois adolescents faisaient maintenant face aux grandes doubles portes menant à la salle du trône du palais d'Hadès. Deux squelettes de marines américains gardaient ces portes. Les squelettes sourirent aux jeunes, leurs lance-grenades autopropulsés serrés contre leurs cages thoraciques.

_ Vous savez quoi, bougonna Grover, je parie qu'Hadès ne se fait pas embêter par les démarcheurs.

_ Vous pensez qu'on doit frapper ?, demanda Penny à voix basse.

En réponse, un souffle de vent chaud traversa le hall et les portes s'ouvrirent. Les gardes s'écartèrent.

_ Je suppose que ça veut dire « Entrez », murmura Annabeth.

La salle qui se trouvait derrière les portes était exactement semblable à celle du rêve de Penny, à cette différence près que là, le trône d'Hadès était occupé.

C'était le troisième dieu qu'elle rencontrait, mais le premier qui lui faisait vraiment l'effet d'être un dieu.

Il mesurait au moins trois mètres de haut, pour commencer, et il portait une longue toge en soie noire et une couronne d'or tressé. Il avait la peau d'une blancheur albinos et des cheveux noir de jais qui lui tombaient aux épaules. Il n'était pas baraqué comme Arès, mais il irradiait la puissance, la grâce et l'éclat dangereux d'une panthère.

Tout comme Arès, Hadès dégageait une aura puissante qui tentait d'affecter l'esprit des personnes qui lui faisait face. Mais Penny y résista, ironiquement grâce à sa rencontre préalable avec Arès. Après avoir subi l'aura du dieu de la guerre, elle pouvait immédiatement identifier l'influence d'une autre aura divine à proximité et repousser ses effets.

_ Tu es courageuse de venir ici, fille de Poséidon, dit Hadès d'une voix onctueuse. Très courageuse en vérité, après ce que tu m'as fait. À moins que tu ne sois simplement très stupide.

Une torpeur tenta de s'insinuer dans les membres de Penny, mais cette dernière la balaya d'un bon coup de pied mental et se concentra sur Hadès. Elle fit un pas en avant vers le dieu.

_ Seigneur et oncle, je viens ici uniquement en quête de vérité dans le cadre de ma quête. Des accusations pèsent sur vous chez certains dieux, et je souhaite les démentir, déclara Penny en faisant une courbette respectueuse à son oncle.

Hadès leva un sourcil. Lorsqu'il s'avança dans son trône, des visages d'ombre apparurent dans les plis de sa robe noire, des visages tourmentés, comme si le vêtement était fait d'âmes prisonnières arrachées aux Champs du Châtiment et cousues entre elles, qui essayaient de se libérer. Quelles horreurs fallait-il avoir commises dans sa vie pour finir cousu dans les sous-vêtements d'Hadès ?

_ Démentir les accusations qui pèsent sur moi ? Quelles fadaises ! Après ce que tu as fait, tu oses prétendre vouloir m'offrir ton aide ? Petite arrogante. Mais, vas-y, parle. Ça m'amuse de ne pas te terrasser tout de suite, répondit Hadès.

_ Seigneur Hadès, comme vous le savez, mon père et moi avons été accusés d'avoir volé l'éclair primitif de Zeus durant le solstice d'hiver. Mais je puis vous assurer que je ne suis pas la voleuse, et que mon père n'a pas commandité ce vol. Je n'ai appris l'identité de mon père que plusieurs semaines après que la Furie que vous avez envoyée dans mon école, ait tenté de me tuer. J'ignorais même où se trouvait l'Olympe, avant que j'en sois informée à la Colonie des Sang-Mêlé. Et mon ignorance m'a permis de réaliser que ni mon père, ni vous n'êtes responsables du vol. De fait, en me basant sur les actions des Furies que vous avez envoyées après moi, la prophétie que m'a donné l'Oracle de Delphes et mes rêves de demi-déesse, on vous a aussi volé quelque chose, sûrement en même temps que l'éclair de Zeus a été dérobé. Nous pensons que c'est votre Casque d'Obscurité, votre symbole de pouvoir, qui a été volé. Mais nous ignorons pourquoi vous n'avez pas déclaré ce vol, contrairement à Zeus. Nous sommes nous trompés pour le moment, Seigneur Hadès ?, demanda Penny.

Hadès regardait furieusement le trio et en réponse à sa rage, un puissant tremblement secoua la salle du trône. Penny était certaine qu'à la surface, Los Angeles venait d'être victime d'un tremblement de terre. Des débris tombèrent de la voûte de la caverne. Des portes s'ouvrirent le long des murs et des guerriers squelettes déferlèrent par centaines, de toutes les époques et toutes les nations de la civilisation occidentale. Ils se déployaient sur tout le périmètre de la salle en barrant les issues.

_ Tu oses jouer l'innocente ? C'est toi qui as volé mon Casque ! Tu as volé l'éclair et mon casque le jour du solstice d'hiver, dit Hadès sur un ton glacial. Ton père s'imaginait que tu resterais son petit secret. Il t'a expliqué comment t'introduire dans la salle du trône de l'Olympe. Si je n'avais pas envoyé ma Furie te débusquer à l'Institut Yancy, Poséidon serait peut-être arrivé à cacher ses machinations guerrières. Mais à présent, tu as été obligée de te montrer au grand jour, et moi, je vais récupérer mon casque !

_ Seigneur Hadès, je-

_ Je n'ai pas parlé de la disparition du casque, reprit hargneusement Hadès en coupant Penny, parce que je ne me fais pas d'illusions. Je sais bien que personne à l'Olympe ne m'apporterait le moindre secours, la moindre justice. Je ne peux pas me permettre de laisser courir la rumeur que mon arme de terreur la plus puissante à disparu. Alors je me suis mis à ta recherche moi-même, et quand il s'est avéré clairement que tu venais me trouver pour me menacer au nom de ton père, je n'ai pas essayé de t'arrêter. Rends-moi mon casque maintenant, ou j'arrêterai la mort. Telle est ma contreproposition. J'ouvrirai la terre et je laisserai les morts se déverser dans le monde. Je transformerai vos pays en cauchemar. Quant à toi, Penny Jackson, c'est ton squelette qui guidera mon armée hors des Enfers !

_ Mon oncle, je n'ai vraiment rien volé ! Je n'ai pas votre casque ! Je suis juste venue pour trouver une piste sur l'endroit où se trouve l'éclair primitif, se défendit Penny nerveusement.

_ Que tu détiens déjà !, hurla Hadès. Tu es venu ici avec, petite imbécile, en t'imaginant que tu pourrais me menacer !

_ C'est faux !, s'écria Penny.

_ Que la fille d'Athéna ouvre son sac à dos, alors.

Penny et Annabeth échangèrent un regard horrifié une brève seconde. Les cerveaux des deux filles firent tilt en même temps. Elles venaient de réaliser qu'elles avaient été bernées.

_ Annabeth, ouvre ton sac à dos, lui demanda Penny nerveuse.

La blonde hocha de la tête, puis fit glisser le sac à dos de son épaule et elle en ouvrit la fermeture éclair. À l'intérieur se trouvait un cylindre en métal long de soixante centimètres, pointu aux deux extrémités, qui vibrait d'énergie.

_ Penny, je n'ai pas…, commença Annabeth en tremblant.

_ Je sais, Miss Stratège. Tu n'as rien fait. Cet enfoiré nous a bernés ! Généreux, mon cul ! Il s'est servi de nous pour ramener l'éclair aux Enfers ! C'est lui qui a trouvé le voleur et qui a prit les deux objets, puis il nous a donné le sac avec l'éclair pour qu'on le ramène à sa place au Tartare, rugit Penny furieuse.

Penny et ses amis l'ignoraient, mais à l'extérieur du palais, les fleuves et tous les points d'eau des Enfers se mirent à s'agiter chaotiquement en réponse à la fureur de la fille de Poséidon. Les spectres de sécurité et les Furies observaient le Styx et le Léthé avec inquiétude, craignant une crue des deux fleuves.

_ Mais l'éclair n'était pas dans le sac quand on l'a ouvert la première fois, remarqua Grover.

Penny secoua la tête.

_ Le sac a été enchanté. J'aurais dû m'en rendre compte immédiatement. Comme Turbulence qui revient toujours sur mes cheveux, l'éclair a dû être enchanté pour apparaître dans le sac quand on était suffisamment près du Tartare. Rappelez-vous, Annabeth avait du mal à avancer quand on a fui Cronos, je veux dire grand-père. Je pense que pépé cherchait à obtenir l'éclair dans le sac quand il a essayé de nous aspirer, répondit Penny.

_ Je suis si bête. J'aurais dû vérifier immédiatement le contenu du sac quand j'ai senti qu'il commençait à peser plus lourd, maugréa Annabeth en baissant la tête.

_ On s'est tous fait manipulé, Miss Stratège. Il s'est servi de nous comme ses larbins et on s'est rendu compte de rien, dit Penny en serrant les dents.

_ On sait qui est le commanditaire, qui a repris les objets et nous a manipulés pour apporter l'éclair au Tartare…, mais il reste à savoir où se trouve le casque et qui a volé les deux objets à la base…. Clarisse ? Vous pensez que cela pourrait être elle ? Elle était présente à l'Olympe durant le solstice d'hiver et c'est sa fille, remarqua Annabeth.

Mais Penny secoua la tête. Pâle comme un linge, elle venait de percer le mystère et savait que sa réponse poignarderait Annabeth et Grover en plein cœur.

_ Non, ce n'est pas Clarisse. Son père a découvert le voleur après, quand Zeus lui a ordonné de chercher l'éclair avec Apollon, Athéna et Artémis. Je suis sûre qu'Arès a débusqué le voleur et comptait le traîner à l'Olympe, mais pépé est intervenu, il a réussi à manipuler Arès pour qu'il laisse partir le voleur. Je pense que le vieux pépé a fait miroiter la plus terrible des guerres à ce fou de carnage qu'est Arès, et cet imbécile a décidé de l'aider en se servant de nous. Arès détient encore le casque, c'est certain. Quant au voleur…, maugréa Penny.

_ Tu sais qui est le voleur ?, s'exclama Grover.

Penny regarda ses deux amis avec sympathie avant de répondre :

_ Luke.

Le silence se fit à cette réponse.

_ Non ! Non ! Non !, s'exclama Annabeth désespérée.

Grover semblait tout aussi sidéré par la réponse, mais il jetait aussi des regards en direction de ses sabots. Il semblait se rappeler le sort qu'il avait failli subir à cause des chaussures de Luke.

_ Écoutez-moi. Luke était présent à l'Olympe le jour du solstice. Il est le fils d'Hermès et un excellent voleur comme son père. Il était le plus apte à dérober deux symboles de pouvoir aux yeux et à la barbe des dieux. C'est lui qui m'a donné les chaussures volantes, qui ont trainé Grover de force jusqu'au Tartare. Et, lorsque je lui ai parlé par Iris-Mail, il a tenté de me convaincre que le Seigneur Hadès était forcément le voleur pour nous forcer à poursuivre notre quête jusqu'aux Enfers. Et dans cet Iris-Mail, il a aussi essayé de me faire douter de toi, Annabeth. Il a dit que c'était forcément quelqu'un d'invisible qui avait volé l'éclair. Si un dieu ne pouvait pas voler directement l'éclair, même le Seigneur Hadès qui possède un casque capable de le rendre invisible… le voleur était forcément un demi-dieu, un capable de se rendre aussi invisible, comme toi, Annabeth. Luke a essayé de revenir sur ses mots, en disant que tu étais pratiquement sa petite sœur et que cela ne pouvait pas être toi, mais le mal était déjà fait. Il n'est pas vraiment revenu sur ses accusations, il a laissé planer ses suspicions. Il pensait avoir réussi à semer le doute dans mon esprit, pour que je me méfie de vous deux. Je pense qu'il voulait que je continue seule pour les Enfers, avoua Penny.

Annabeth semblait au bord des larmes à cette idée et Grover paraissait furieux, mais Penny n'en avait pas encore terminé.

_ Je pense que Luke a pris ta casquette pour commettre le vol, Annabeth. Avec ta casquette d'invisibilité et son habileté naturel de voleur héritée d'Hermès, c'était simple comme bon jour de dérober le casque et l'éclair. Mais, le vol a sûrement été découvert plus vite qu'il ne l'avait prévu, et Arès l'a attrapé la main dans le sac, conclut Penny.

Cela expliquait parfaitement toutes les incohérences de la quête, ainsi que la façon dont les deux objets avaient été volés. Mais surtout, cela permettait de comprendre pourquoi les chaussures volantes avaient mal fonctionné et les avaient conduits jusqu'au Tartare. Luke les avait offertes à Penny, et Arès avait lui aussi tendu le sac à dos à la brune. Mais Penny avait remis les chaussures à Grover et Annabeth avait pris le sac. C'était ce qui les avait sauvés de la catastrophe !

Méfie-toi des cadeaux...

Penny aurait dû s'en rendre compte bien plus tôt. Les cadeaux, c'était les chaussures, puis après ça le sac à dos.

Penny se tourna vers Hadès qui avait suivi l'échange et semblait avoir à son tour réalisé que la situation était bien plus complexe qu'il ne l'avait envisagé. Il avait pris note de l'évocation de son géniteur, du Tartare et d'Arès dans tout le fiasco.

_ Seigneur Hadès, je vous prie d'entendre ma défense. Nous ignorions que l'éclair se trouvait dans le sac avant d'obtenir audience. Ce sac à dos nous a été remis par le dieu Arès, comme récompense pour lui avoir rendu un service à Denver. Nous avons récupéré son bouclier et un foulard appartenant à Aphrodite dans une attraction d'un parc désaffecté, il y a plusieurs jours. Nous pouvons même le prouver, car cette quête secondaire a été filmée et diffusée à l'Olympe par les caméras du dieu Héphaïstos, et nous avons encore le fouloir en notre position. Mais même si Arès s'est servi de nous pour apporter l'éclair aux Enfers, ce n'est pas lui qui a eu l'idée du vol et qui l'a exécuté. Le voleur est probablement Luke Castellan, le fils d'Hermès, et le commanditaire est… le Titan qui réside dans le Tartare, votre père. Il a convaincu Luke de voler les deux symboles afin de faire deux pierres deux coups. Déjà, le Titan mettait la main sur deux objets induits de la puissance de deux des Trois Grands, mais en plus, il pouvait monter les Olympiens et vous les uns contre les autres. Et pour s'assurer qu'on apporte l'éclair au Tartare, Luke m'a remis une paire de chaussures volantes ensorcelées. Mon ami, Grover, les portait et il a failli tomber dans le gouffre, parce que les chaussures l'y ont traîné de force. Par chance, ses sabots lui ont permis de retirer les chaussures avant de tomber dans la fosse, mais cela s'est joué d'un cheveu, déclara Penny.

Hadès semblait soucieux aux mots de Penny. Il avait dû percevoir l'agitation au Tartare un peu plus tôt et était prêt à accorder le bénéfice du doute au trio. Leur réaction de surprise et de choc à l'apparition de l'éclair primitif n'était pas feinte après tout.

_ Quelle preuve as-tu, jeune fille, pour justifier tes accusations contre mon neveu et la culpabilité de mon… géniteur ?, demanda tout de même Hadès.

_ Malheureusement, nous n'avons pas de vrais témoins à vous présenter, vous ne pouvez compter que sur ma parole. Mais, j'aimerai tout de même que soit pris en compte un petit détail. Annabeth, ici présente, est la fille de la déesse Athéna, la rivale de mon père. Annabeth n'est pas une alliée de Poséidon et il serait folie de l'accuser de l'être. Si elle m'accompagne, c'est pour s'assurer de la réussite de ma quête. Elle pense que les enfants de Poséidon sont de sombres idiots qui n'ont rien dans le crane, et qui si on les laisse seuls, échoueraient à sauver le monde. Je vous prie de croire, Seigneur Hadès, en son impartialité en tant que témoin oculaire, répondit Penny.

_ Il est vrai que ma nièce a une aversion millénaire envers mon frère, qui se transmet généralement à leurs enfants…. Mais vous semblez toutes deux passez autre, commenta Hadès en haussant un sourcil.

_ Oh, vous pouvez me croire, Annabeth pense que je suis stupide. Elle m'appelle même Cervelle de Corail. Et en retour, je pense qu'elle est trop fière, joue les Miss-je-sais-tout et beaucoup trop têtue. Mais sinon, il faut l'avouer, son cerveau m'a été plutôt utile dans cette quête, répondit Penny avec nonchalance.

Annabeth la fusilla du regard en réponse et Penny haussa simplement les épaules. Ce n'était pas comme si elle avait menti. Annabeth avait des défauts, mais Penny l'appréciait malgré tout.

_ Mon oncle, l'oracle m'a dit que je retrouverai ce qui a été volé et que je les rendrai à ses propriétaires. Je viens de retrouver l'éclair primitif grâce à vous, il me reste donc à retrouver votre casque et vous le ramener. Toutefois, il ne me reste plus qu'un jour comme délai pour retourner l'éclair, donc quitter, puis revenir aux Enfers pour vous rendre votre casque, puis repartir et foncer pour New York afin de rendre l'éclair à Zeus, me serait impossible dans un délai aussi court. Serait-il possible que vous laissiez quelques uns de vos serviteurs nous suivre à la surface, pour que nous leur confions votre casque, lorsqu'on l'aura récupéré ?, demanda Penny.

_ Tu sembles bien confiante, Penny Jackson. N'as-tu pas dit qu'Arès est très certainement en possession de mon casque ?, remarqua Hadès.

Penny sourit d'un sourire glacial et sanguinaire qui impressionna le Seigneur des Morts.

_ J'ai compris le plan d'Arès, mon oncle. Il s'attend à ce que vous nous tuez et gardiez l'éclair. Si je meurs aux Enfers, mon père sera furieux contre vous. Et Athéna aussi probablement, si vous tuez Annabeth. Zeus sera aussi furieux contre vous, car vous détiendrez son éclair. Et vous serez furieux contre vos deux frères, parce que vous ne saurez pas qui possède votre casque. On aura une guerre tripartite si dévastatrice, que je doute que le monde y survive. Encore moins, si votre père en profite pour amasser ses propres forces, pour défier l'Olympe une fois que vous serez tous affaiblis. Le plan repose sur ma mort bien sûr. Si mes amis et moi survivions, on irait tout raconter à Zeus et aux autres Olympiens, et ça…, expliqua Penny.

_ Arès ne le permettra pas, continua Annabeth qui avait compris là où son amie voulait en venir. Arès doit nous éliminer coûte que coûte avant que nous retournions à New York avec l'éclair. Si vous nous laissez partir, il se montrera forcément devant nous pour achever le travail.

_ Et il aura très certainement votre casque à ce moment-là, poursuivit Penny en souriant à Annabeth. Arès est fier et ne refusera pas un défi. Laissez-moi lui lancer un challenge pour récupérer votre casque ! Je vous promets sur le Styx de lui reprendre votre casque et de retourner le casque d'Obscurité à vos serviteurs pour qu'ils vous le rapportent !

Le serment était donné. Penny ne pourrait plus revenir en arrière maintenant. Le Styx lui-même la punirait, si elle échouait à tenir parole.

_ Un Serment sur le Styx n'est pas une chose à faire à la légère, nièce. Toutefois, si tu parviens effectivement à reprendre mon casque et à me le ramener, dit Hadès avant de s'arrêter.

Il fit rouler une boule de feu doré du creux de sa main. La boule explosa sur les marches devant le trio, et là, figée dans une pluie d'or, exactement comme lorsqu'elle avait été frappée par la foudre, se tenait la mère de Penny.

La jeune fille tendit la main pour toucher sa mère, mais la lumière brûlait comme des flammes vives. Penny abaissa sa main, des larmes coulaient maintenant sur ses joues.

_ Si tu me rends mon casque, je retournerai ta mère. Elle est en vie, je peux te l'assurer. Je l'avais prise comme monnaie d'échange, mais il semblerait que je me sois trompée de coupable, termina Hadès.

Penny inclina respectueusement la tête devant le dieu, puis répondit :

_ Merci, Seigneur et oncle. Même si ce n'était pas vraiment votre intention, en prenant ma mère, vous lui avez sûrement sauvé la vie. Zeus s'apprêtait à la tuer, quand vous êtes intervenu. Je vous en suis sincèrement reconnaissante, le remercia Penny.

Les actions d'Hadès étaient peut-être motivées par ses désirs personnels, mais Penny avait tout de même une dette envers son oncle pour son intervention. Lui ramener son casque était la moindre des choses en retour.

Hadès la regarda l'air surpris. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que sa nièce le remercie pour avoir enlevé sa mère. Ça devait bien être la première fois que cela lui arrivait. Mais il se ressaisit assez vite.

_ Pour quitter les Enfers, tu peux te servir des perles de mon frère. Une perle par personne, et elles vous ramèneront à la surface. Maintenant, partez. Mes Furies vous suivront et s'assureront que vous respectiez votre promesse, conclut Hadès.

Penny le remercia une nouvelle fois, puis sortit les perles de sa poche. Elle donna une perle à chacun de ses amis, puis jeta un dernier coup d'œil à sa mère. Elle la récupérerait, elle en était certaine. Et s'il fallait qu'elle harcèle un dieu pour sauver sa mère, et bien Arès ne savait pas ce qui l'attendait.

Le trio écrasa les perles à leurs pieds et pendant quelques angoissantes secondes, il ne se passa rien.

Puis, lorsque la terreur commença à les envahir tous les trois, les perles explosèrent à leurs pieds dans une gerbe de lumière verte accompagnée d'une brise marine fraîche. Des sphères d'un blanc laiteux les enveloppèrent avant de décoller doucement du sol. Les bulles nacrées les emportaient tous les trois dans l'air.

_ Regardez !, s'écria Grover. Nous allons nous écraser !

Effectivement, les bulles fonçaient vers les stalactites, mais Penny était certaine que tout irait bien. Son père ne lui aurait pas fait délivrer ces perles, si elles les laissaient se faire embrocher sur les stalactites du toit des Enfers.

Les bulles se jetèrent contre la voûte, et puis… le noir.

Les trois adolescents grimpaient à toute vitesse en traversant l'écorce rocheuse aussi facilement qu'une bulle d'air dans de l'eau. Leurs bulles percèrent ensuite les fonds de l'océan, puis elles fendaient l'eau pour ramener le trio à la surface.

Pfoutt !

Les trois adolescents jaillirent à la surface, leurs bulles avaient disparu, et ils venaient de renverser un surfeur en sortant de l'eau.

_ M'enfin les mecs !, s'indigna le surfeur.

Penny attrapa Annabeth et Grover en ignorant le surfeur, puis elle les amena jusqu'à une bouée. Penny ignorait comment, mais elle savait quel jour on était et le moment précis de la journée : à l'aube du 21 juin, solstice d'été.

Il ne lui restait même pas un jour entier pour rapporter l'éclair de Zeus à l'Olympe, et surtout, avoir une sérieuse conversation avec le dieu qui l'avait roulée dans la farine.


NOTES :

Okay, l'audience avec Hadès est très différente que celle de canon, je l'admets. Mais, je vous rappelle que le trio doute depuis presque le tout début de leur quête de la culpabilité d'Hadès, ils soupçonnent déjà Hadès d'être une seconde victime du voleur.

Penny est plus intelligente que canon Percy, mais ce n'est pas uniquement pour ça qu'elle comprend plus vite l'identité du voleur. Contrairement à Percy, Penny a davantage d'amis à la colonie et elle n'est pas aussi proche de Luke que Percy. C'est pour ça qu'elle envisage la première la possibilité que Luke soit le voleur. Elle n'a pas un lien aussi ancien avec lui qu'Annabeth et Grover ont eux, c'est d'ailleurs pour ça qu'aucun des deux ne pense que Luke est coupable malgré tous les éléments contre lui. (Présent durant le solstice d'hiver, fils du dieu des voleurs et expert voleur lui-même, et surtout l'accident des chaussures.)

Penny est plus impartiale d'une certaine façon, sa vision n'est pas influencée par une longue amitié avec Luke. Elle a une perspective plus neutre que ses compagnons, qui eux ont déjà une vieille rancune contre Hadès à cause du sort de Thalia.