Je vous mets ici, comme l'autre fois, mon résumé complet de l'histoire car les miens sont généralement très longs et ne peuvent pas rentrer entier dans les quarante mots imposés de la plateforme.

L'horloge biologique, l'horloge de la vie, celle de temps qui passe, de l'amour qui dure, du deuil. Il y a tellement de périodes temporelles différentes que nous devons affronter tous les jours que certains ne savent plus comment s'y prendre. Certains abandonnent. Certains se laissent couler. Mais même dans la plus grande détresse et le plus grand malheur, il y a cette pause. Une pause dans le temps, une pause de l'âme. Draco est le temps et Harry est la pause. Quoi qu'il arrive, Harry sera toujours là pour lui tenir la main. Sauf qu'avant cela, il faudra la bêtise, le malentendu, l'obligation et le malheur.


Petit avant-propos

Je vous présente avec plaisir un nouveau Drarry omegaverse ! Comme celui d'avant, l'écriture est entièrement terminée (puisque celui-ci aussi avait été publié sur Wattpad l'année dernière (je l'ai depuis retiré pour diverses raisons), si certains passages sont légèrement différents c'est normal, en me relisant ici j'en profite pour réécrire certaines choses !). Je publierais donc régulièrement, peut-être plusieurs chapitres à la fois et comme la dernière fois, je conseille vivement à tous ceux qui ne connaissent pas l'univers de l'omegaverse d'aller jeter un oeil sur internet avant de commencer, ça vous aidera à comprendre !

L'univers n'étant pas figé, il se peut (ça l'est c'est même sûr) que certains détails ici seront différents de ce que j'ai pu écrire dans "Le septième jour du septième mois", c'est normal.

Cette fois-ci, pas de violences sexuelles mais ça va être un petit peu (beaucoup) triste ! Alors non, pas de Draco dépressif qui se fait sauver par Harry le super-héros avec sa cape qui vole derrière lui tel superman. J'ai horreur des clichés et il existe bon nombre de clichés dans les fanfictions drarry. J'essaye toujours de les éviter pour ne pas faire du vu et du revu mais comme je n'aime pas certains personnages, comme Ginny, je vous invite à la détester autant que moi dans l'un des seuls clichés que j'utilise !

Il n'y aura pas non plus de niaiseries à en vomir, j'ai horreur de ça quand je lis des Drarry où d'un chapitre à l'autre je suis transportée dans le monde des bisounours. Au secours !

Dernière chose, parce qu'on m'a fait la remarque, il y aura des petites fautes ici et là, généralement d'accords ou de conjugaison entre l'infinitif et le passé composé. Ce sont des fautes que je fais assez régulièrement et j'ai beau me relire xfois, j'en laisse toujours passé alors je m'excuse d'avance pour ça et à ceux qui voudront me le proposer je ne cherche pas de bêta lecteur, je préfère arranger ça moi-même et progresser.

L'histoire va être très longue ! Elle faisait 70 chapitres avec mille mots par chapitre. J'ai décidé de les rallonger afin de diminuer le nombre de chapitres mais comptez-en une bonne trentaine quand même.

J'arrête de vous saouler et je vous mets juste en dessous le premier chapitre car pas de prologue, désolée.


Lucius Malfoy, une mimique dégoûtée ridant son visage, était immobile devant le 4 Privet Drive depuis une bonne dizaine de minutes déjà. Il entendait les cris venant de la maison, semblant être poussés par une femme croisée à une harpie, ce qui ne l'encourageait pas à entrer. Prenant son courage à deux mains, il passa le seuil de la maison sans prendre la peine de frapper. Pas besoin de civilité lorsqu'il s'agissait de moldu, non ?

Dobby suivait son maître à la trace, se faisant tout petit. À peine avait-il franchi la porte de la maison que le Lord Malfoy se retrouva nez à nez avec ce qui ressemblait à un cochon humanoïde. Un très gros cochon. Son air dégoûté se renforça mais il eut envie de rire lorsque la chose lâcha un cri digne d'une fillette, son visage pâlissant, et qu'il lâcha le pot de glace qu'il comptait visiblement s'engouffrer seul. Après son cri de stupeur, Dudley cria à nouveau, appelant son père, et fit demi-tour comme un lapin effrayé. Lucius baissa les yeux vers Dobby qui l'observa du même regard qu'il avait toujours eu. Le Lord décida de suivre le gros cochon dans la pièce principale. Il allait franchir la porte lorsqu'un homme gras et dégoulinant de sueur, rouge carmin, se posta devant lui.

-Qui vous a permis d'entrer ?! Hurla-t-il, positionnant sur le Lord qui aurait pu en vomir de dégoût.

-Monsieur Malfoy ? Appela une voix, au comble de la stupeur.

Lucius vit alors Harry Potter, derrière son oncle, qui le regardait avec de grands yeux surpris.

-Potter, si tu pouvais avoir l'amabilité de dire à ce gros tas de graisse puant de dégager hors de ma vue, je t'en serais reconnaissant.

Harry ne put dire quoi que ce soit que le cochon-père se remit à hurler, la veine de son cou palpitant. Lucius se crispa lorsqu'il se fit à nouveau positionner dessus. Cette fois-ci, le petit elfe, jusqu'ici silencieux, claqua des doigts pour faire reculer le moldu jusqu'à ce que ses fesses soient clouées sur une chaise. Le patriarche Dursley allait se remettre à hurler lorsqu'un morceau de ruban adhésif apparut et le fit taire.

-Dobby, réclama Lucius en tendant la main vers lui sans le regarder.

L'elfe sorti un mouchoir propre qu'il donna à son maître. Le Lord s'essuya le visage et rendit le mouchoir à l'elfe avant de finalement entrer et d'observer la pièce. Une bien piètre maison, de ce qu'il pouvait en voir. Dans le salon, Dudley était tremblant et caché derrière ce qui devait être sa mère.

Sûrement la femme-harpie, pensa Lucius.

-Quelle minable demeure, j'en attendais plus d'un Lord, Potter, déclara Lucius en se tournant vers lui, les deux mains sur sa canne, dans une habituelle posture froide et digne.

-Qu'est-ce que vous faites ici ?

Par prudence, Harry s'empara de sa baguette, soigneusement cachée dans sa poche. Lucius laissa alors échapper un ricanement qui surprit autant le jeune sorcier que le petit elfe.

-Que comptes-tu faire avec cela ? Tu n'as que quinze ans Potter, tu n'as pas le droit de t'en servir en dehors de l'école.

-Dites-moi ce que vous voulez et peut-être que je la rangerais !

Même s'il ne pouvait pas bouger ou parler, Harry voyait les yeux de son oncle sur le point de sortir de leurs orbites. Il allait prendre très cher, c'était certain.

-Dis à ton pote le monstre de dégager Potter ! Cracha Dudley, toujours caché derrière sa mère.

Harry n'eut pas le temps de répliquer que Lucius se tourna vers eux, surpris.

-Le quoi ? Demanda-t-il en s'approchant très lentement, faisant pâlir les visages du cochon et de la femme-harpie. Il semblerait que mon audition m'ait joué un tour.

-Vous êtes un monstre ! Répondit Pétunia. Une abomination !

Lucius sembla lui sonder l'âme avec ses yeux argent et, après quelques secondes, se tourna vers Harry.

-Dis-moi, Potter, est-ce, habituel ?

Pour toute réponse Harry détourna le regard et serra sa baguette, la mâchoire serrée. C'était donc un oui. Lucius se tourna à nouveau vers la femme-harpie et sortie sa baguette, la tournant légèrement juste sous son nez en de petits cercles, la figeant sur place, terrorisée.

-Vous autres moldus, êtes des aberrations mais il semblerait également que vous vous pensiez supérieurs. J'en viendrais presque à plaindre le garçon, Lily m'avait déjà parlé de vous. Vous êtes encore pire que tout ce qu'elle a pu me décrire.

Harry releva de grands yeux à la mention de sa mère. Depuis quand Lucius Malfoy et elle avait « parlé ». Ça semblait tellement irréelle. Lorsque la femme-harpie sembla sur le point de s'évanouir, Lucius se détourna et s'avança vers Harry.

-Je suis venu pour toi, Potter.

-Mais encore ?

-Je t'emmène avec moi au manoir Malfoy.

-Quoi ?! S'exclama Harry. Hors de question !

-Si tu préfères rester ici, grand bien te fasse, déclara solennellement Lucius avant de faire demi-tour, appelant Dobby pour rentrer.

-Attendez ! Appela Harry alors qu'il s'apprêtait à sortir par la porte d'entrée.

Lucius se tourna et attendit de voir ce que le garçon avait à dire.

-Pourquoi je devrais vous suivre ?

-Tu ne le sauras qu'en le faisant. Mais sache que si tu me suis, il vaudrait mieux pour toi que tu emportes l'intégralité de tes affaires. Tu ne reviendras sans doute jamais ici.

Harry resta bouche-bée, incapable de trouver quelque chose d'intelligent à dire.

-Dobby, accompagne le faire sa valise veux-tu.

-Oui maître, s'empressa de répondre l'elfe.

Harry préféra ne plus penser et monta les marches, laissant Lucius avec les Dursley. Lorsque que le Lord fut sûr que le garçon était occupé à l'étage, il retourna dans la grande pièce. La femme-harpie venait de retirer le bout de ruban qui collait les lèvres de son mari et ils se retournèrent tous les trois vers le sorcier. D'un mouvement de la baguette, Lucius ferma et verrouilla la porte derrière lui. Il pointa sa baguette sur le cochon, puis, tour à tour, sur ses parents.

-Beta, beta, beta, souffla-t-il sûr de lui. Et vous pensez pouvoir maltraiter impunément le dernier héritier alpha d'une famille sorcière telle que les Potter ? Je savais les vermines de votre espèce pathétique mais for est de constater que vous dépassez de loin mes attentes.

En guise de punition, il leur lança de petits sorts, digne des jumeaux Weasley. Un nez et des oreilles de cochon pour Dudley. Des plumes sur le visage et un bec pour Pétunia, et des oreilles sifflantes, imitant une bouilloire, pour Vernon.

-Ne m'obligez pas à revenir corriger vos lamentables comportements. Parce que, la prochaine fois, souffla-t-il en s'avançant très lentement, menaçant, ce sera la mort qui vous attendra.

Il laissa la fin de sa phrase en suspens et ressorti juste avant qu'Harry ne descende les marches, Dobby sur ses talons. Lucius ne dit rien et se contenta de sortir de la maison. Il marcha le long de la rue et s'arrêta, au milieu de la voie, sur la part d'ombre entre deux réverbères. Harry arriva à sa hauteur et il ne pouvait s'empêcher de le trouver bizarre, plus bizarre encore qu'à l'ordinaire. Il ne se passait jamais rien de bon lorsque Lucius Malfoy s'en mêlait. Le Lord lui tendit dignement le dos de sa main.

-Si tu es prêt, allons-y.

Un gros doute planant au-dessus de lui, quant à savoir si c'était une bonne ou une mauvaise idée. Harry attrapa la main de Lucius et ils transplanèrent. Lorsqu'ils arrivèrent devant le manoir Malfoy, Harry vacilla et régurgita son repas un peu plus loin.

-Très élégant Potter, vraiment.

Sa tête arrêta enfin de tourner après quelques minutes et Harry pu suivre Lucius sur le chemin qui montait jusqu'au manoir.

À l'intérieur, Sirius Black venait d'apparaître dans les flammes de la cheminée. Il en sortit et épousseta ses vêtements, soigneusement choisi pour l'occasion. Sa cousine se posta devant lui et tendit son bras.

-Sirius.

-Narcissa, répondit-il d'une voix tout aussi neutre en empoignant son bras pour la saluer.

-Maman, saurais-tu où est…

Entrant dans la pièce, Draco s'arrêta net en voyant Sirius. Il leva les yeux vers sa mère, attendant une explication. Déjà que son père était introuvable.

-Draco, salua Sirius en se penchant doucement.

-Que fait-il ici ? Demanda-t-il à sa mère.

-Assieds-toi Draco, nous avons à vous parler.

Draco allait, bien évidemment vu l'étrangeté de la situation, se mettre à poser des questions mais son père entra dans le grand salon suivit de près par, Potter. Que diable lui et son parrain faisaient-ils ici ?

-Harry ! S'enthousiasma Sirius en le voyant.

Il s'avança vers lui et lui fit une chaleureuse accolade. Étreinte qu'Harry lui rendit, ravi de voir un visage amical.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda Harry en se décollant.

-Honnêtement, je n'en ai pas la moindre idée.

Sirius se tourna vers la famille Malfoy et attendit plus d'explication. Lucius l'invita à s'asseoir dans un fauteuil, en face des deux que lui et Narcissa occupaient déjà.

-Asseyez-vous, demanda Narcissa aux deux garçons qui n'avaient plus qu'un canapé à se partager.

-Je crois qu'il est grand temps de tout vous expliquez, commença Lucius.

Il appela Dobby et attendit que tout le monde ait une tasse de thé en main avant de commencer.

-À la rentrée, pour votre sixième année, Draco se verra attribuer des appartements personnels.

-Oui et alors ? J'attends cela depuis mon arrivée dans cette école de fou.

-Quoi ? Pourquoi des appartements personnels ? S'indigna Harry.

-Draco est un oméga, expliqua Narcissa en ignorant le regard noir de son fils.

Harry sembla comprendre. Depuis les débordements qui avaient suivi l'autorisation et l'obligation d'enseignements aux omégas non-liés, Poudlard fournissait des appartements privés à tous les omégas une fois que ceux-ci avaient eues leurs premières chaleurs, évitant ainsi les incidents jusqu'à les éradiquer.

-D'accord, mais je ne vois toujours pas ce que je fais ici.

Lucius but un peu de thé avant de répondre.

-Il n'y logera pas seul.

Avant que l'un des garçons, ou Sirius, ne dise quoi que ce soit. Il fit apparaître un parchemin ainsi qu'une boite contenant deux bagues en argents. Il but une nouvelle gorgée avant de répondre à leurs interrogations silencieuses.

-Vous êtes fiancés.

Draco manqua de s'étouffer et ses paupières disparurent derrière ses yeux tellement ils étaient ouverts. Sirius s'empara aussitôt du parchemin pour le lire attentivement, n'en revenant pas. Harry, lui, ne semblait pas perturbé outre mesure. Il était habitué à ce que toutes sortes d'événements étranges, compliqués et plutôt agaçant lui tombent dessus sans prévenir. Il était donc en train d'observer les deux bagues d'argent qui brillaient sous les rayons du soleil. Quelque chose semblait être gravé dessus, un P s'il ne se trompait pas. Draco allait ouvrir la bouche, pour se plaindre sûrement, mais Sirius le devança en commençant à lire quelques lignes inscrites sur le parchemin.

-Nous jurons, sur l'honneur et la magie, que nous James Potter et Lily Potter, née Evans, fiançons notre premier-né au premier-né de la famille Malfoy. Nous jurons, sur l'honneur et la magie, que nous Lucius Malfoy et Narcissa Malfoy, née Black, fiançons notre premier-né au premier-né de la famille Potter.

Harry releva les yeux vers lui, sourcils froncés. Ses parents l'avaient fiancé à Draco ?!

-Ce contrat est valable quel que soit le sexe ou le rang de chaque enfant. Il a été signé par tous les partis qui ont aussi apposé leurs sangs. Narcissa qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il enfin en agitant le parchemin.

-C'est très simple, James a perdu un pari et voilà, fit Lucius.

-Vous m'avez fiancé pour un pari ?! S'écria Draco.

Narcissa posa une main sur son genou pour le calmer et lui souffla de laisser son père terminer.

-En effet. Je trouvais que ce n'était pas si mauvaise opportunité pour l'un de mes enfants de faire partie de la famille Potter. Lily était peut-être une, il s'interrompit en se raclant la gorge lorsqu'il allait poursuivre avec les mots « sang-de-bourbe », une née moldue, mais elle était brillante.

-Le problème, reprit Narcissa, c'est que la clause d'annulation du contrat exige l'accord, la signature et le sang de tous les partis. Il en va de même pour toutes modifications, même minimes.

-Mais puisque James et Lily sont morts, souffla Sirius pour lui-même.

-Draco et Harry n'ont pas d'autres choix.

-Je vais devoir épouser Potter, gémit Draco, la tête entre ses mains.

-C'est pour cela que nous vous avons fait venir, reprit Lucius en posant sa tasse. À la rentrée, Draco intégrera ses appartements mais puisqu'ils sont fiancés, Harry devra les intégrer lui aussi, c'est stipulé dans le règlement de l'école.

Hormis Narcissa et Lucius, le reste des personnes présentes digéraient les informations et se passaient les mains sur le visage. Sirius essayait de comprendre, et surtout se demandait pourquoi James ne lui en avait jamais parlé. Puis il se tourna vers Harry.

-Qu'est-ce que tu en penses ? Lui demanda-t-il.

-Eh bah, d'après ce que j'ai compris je n'ai pas le choix. Et, puisque je ne préfère aucun genre et que j'aurais pu être fiancé à largement pire que Malfoy, je crois que je ferais mieux de m'habituer et de faire avec, répondit Harry en haussant les épaules, se laissant tomber sur le dossier du canapé.

Draco le regarda, éberlué. Comment pouvait-il dire une chose pareille ?!

-Tu ferais bien de prendre exemple sur Harry, Draco. Tu n'as pas le choix. Tu aurais peut-être préféré être fiancé à Miss Parkinson ? Demanda son père.

-Plutôt mourir que d'épouser Pansy ! Potter au moins connait les mots silence, propreté et discrétion, râla Draco, enfin je crois.

-Parfait. Ta mère et moi avons décidé de vous épargner une grande fête de fiançailles, vous allez juste échanger les deux anneaux ici. Et il est bien évidemment hors de question que tu t'en passes Draco, est-ce clair ?

-Et en plus je vais devoir porter ça ? Répéta-t-il.

Sirius prit la boite et les inspecta.

-Ce sont les anneaux des Potter, comment les avez-vous eus ?

-James et Lily nous les ont légués, expliqua Narcissa. Ça et tous les objets de la famille Potter traditionnellement utilisés pour un mariage. Nous les rendrons bien-sûr à Harry une fois tout cela terminé.

Harry se pencha un peu plus sur les anneaux et en attrapa un. C'était donc bien un P gravé dessus. Le P des Potter.

-Ils ont quelque chose de spécial ? Demanda-t-il, curieux.

Tous les objets sorciers qu'il avait vus jusqu'à maintenant avaient quelque chose de magique. Il observa l'anneau en attendant sa réponse.

-Non, pas que je sache, répondit Lucius.

-En fait si, enchaîna Sirius, bien plus au courant des traditions Potter que le patriarche Malfoy. Ce n'est pas grand-chose mais, lorsqu'un oméga promis à un alpha porte cette bague, ça agit un peu comme un collier. Ça empêche les autres alphas de s'approcher lorsqu'ils ont en tête de se lier à cet oméga.

-Ça fait au moins une bonne nouvelle, souffla Draco. Donne-moi ça !

Il s'empara de l'anneau qu'Harry avait en main et l'enfila sur son doigt. Il eut un léger frisson en sentant le froid du matériau contre sa peau mais rien de plus. L'anneau s'adapta ensuite à la taille de son doigt comme quasiment tous les objets de ce genre le faisaient. Comme les bagues qui se transmettaient de génération en génération, cela évitait de fatiguer le composant à force de le retoucher. Harry passa le sien à son doigt et observa sa main. La sensation était quand même très étrange, il n'avait jamais porté de bague jusque-là.

-Encore une chose, voulu préciser Lucius. Puisque vous allez devoir partager la même chambre à l'école, nous avons décidé que pour la semaine qu'il restait avant votre retour là-bas, Harry logerait ici. Ça vous laissera le temps de vous habituer à la présence de l'autre. D'ailleurs, puisque tu es fiancé à mon fils, j'ai l'autorisation de devenir ton tuteur légal.

-Manquait plus que ça ! Cracha Draco.

-Je n'ai pas fini ! S'agaça-t-il. J'ai bien assez à faire avec ce que j'ai déjà, je me disais donc qu'il serait plus simple que Sirius finisse cette fichue demande de garde, et que toi tu viennes habiter ici. Après tout, c'est ce que font les gens fiancés en général.

Draco allait à nouveau s'indigner mais il se tut en voyant le regard de son père. Sirius interrogea Harry du regard, attendant sa réponse.

-Puisqu'il le faut. En plus vivre dans un manoir ça me changera !

-Sirius, je ferais en sorte d'appuyer ta demande au ministère, que cette histoire soit réglée au plus vite, dit Lucius avant de se lever. Et si nous passions à table ?

Personne n'y trouva à redire et tout le monde se leva, suivant le patriarche Malfoy. Harry en profita pour laisser ses yeux parcourir la moindre tapisserie. C'était bizarre de se retrouver fiancé à Draco mais il pourrait vite se faire à l'idée de vivre dans une maison pareille. Et puis, il n'aurait pas à retourner chez son oncle et sa tante d'après ce qu'il avait compris. La table était déjà dressée et Dobby apporta une carafe remplie d'eau. La famille Malfoy s'installa comme à son habitude. Encouragé par Narcissa, Harry s'installa face à Draco et Sirius face à sa cousine.

-Je ne m'attendais pas à ce que mon filleul soit fiancé à ton fils, Narcissa.

-Eh bien, j'avoue que l'idée ne me déplaît pas tant qu'on pourrait le penser. Harry est un bon sorcier et d'après ce que je sais, ce n'est pas un mauvais garçon. Sans oublier qu'il faudra au moins sa patience pour supporter mon Draco, dit-elle en se servant un peu de salade.

Ils continuèrent de discuter, incluant Lucius dans la discussion, laissant Harry et Draco se faire à leur nouvelle situation.

-Tu sais, commença Harry en jouant avec sa purée de pomme de terre, ne sachant trop comment dire ce qu'il avait en tête. Ce n'est pas parce que maintenant on est fiancé qu'on doit se comporter différemment. Enfin, ce serait plus simple si on pouvait essayer de s'entendre mais on n'est pas obligé de s'aimer.

Draco reposa son verre et s'essuya la bouche avant de regarder Harry.

-Potter, as-tu la moindre idée de ce que toute cette histoire aura pour conséquence ou es-tu définitivement, totalement stupide ?

-Je ne suis pas stupide ! S'indigna Harry.

-Autant pour moi. Écoute, puisque nous sommes, fiancé, le mot voulant enfin sortir de la bouche de Draco, que tu es le dernier héritier Potter et que nous faisons tous les deux partie de grandes familles, la bienséance veut, puisque je suis un oméga et toi un alpha, que je te donne un hériter. Est-ce que ton petit cerveau arrive à faire la connexion entre toutes ces informations ou je dois te mâcher le travail une fois de plus ?

Harry ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, à l'image d'un poisson rouge nageant dans son bocal. Soudain, une lueur de compréhension passa dans son regard. Il avait enfin compris, Dieu soit loué. Draco et lui allaient devoir... consommer leur mariage. Un long frisson parcourut Harry à la seule pensée de devoir coucher avec Malfoy. En face, Draco leva les yeux au ciel en voyant sa réaction.

-Voilà. On est d'accord.

Pendant tout le reste du repas, bien meilleur que ce qu'il avait dû manger depuis le début des vacances, Harry essaya d'oublier l'image de lui et Draco en train de… Nouveau frisson d'horreur. Sirius resta jusqu'à tard dans la soirée avant de retourner chez lui, promettant à Harry de revenir le voir avant son départ. Initiative vivement encouragé et approuvé par Narcissa et Lucius qui crurent bon de préciser que Sirius était le bienvenu chez eux, n'importe quand, pour des visites annoncées ou improvisées, compte tenu de leurs nouvelles situations. Lucius se retira dans son bureau juste après. Draco s'éclipsa lui aussi, probablement pour retourner dans sa chambre. Narcissa se retrouva donc seule à faire visiter les pièces principales du manoir à Harry et le conduisit à l'étage, l'amenant à sa chambre.

-Elle a déjà été préparée et tes affaires t'y attendent. Nous avons pensé que ce serait mieux de t'attribuer ta propre chambre pour l'instant. Tu as tout le nécessaire, dit-elle en lui montrant le lit, les tables de chevet, la bibliothèque ridiculement vide et le grand bureau de chêne.

-Et les portes ? Demanda Harry.

-Les deux ici sont celles de ta salle de bain et de ton dressing, la dernière lie ta chambre à celle de Draco, expliqua-t-elle.

Harry la remercia chaudement et elle sortit en lui accordant un sourire, refermant la porte derrière elle. Finalement, les Malfoy étaient peut-être froids à l'extérieur mais les parents n'étaient pas méchants. Harry fit un tour dans la salle de bain, rien de plus qu'une grande douche, un lavabo et un coin toilette. Bien suffisant pour lui seul. Dans son dressing, une multitude de cintres attendaient sagement sur les barres qui faisaient le tour de la pièce. Sa valise était au milieu sur un petit banc. Il décida de l'ouvrir et de sortir un sous-vêtement ainsi qu'un pyjama propre. Il quitta ensuite le dressing et investi la salle de bain pour prendre une douche.

Toutes sortes de produits attendaient dans les tiroirs du meuble sous vasque ainsi que dans la douche. Harry n'y jeta qu'un bref regard et se déshabilla. L'eau chaude lui fit du bien. Il ne connaissait la sensation de l'eau brûlante qu'à Poudlard d'habitude. C'était le risque lorsqu'on devait se doucher en dernier. Toutes les douches froides qu'il avait dû se forcer à subir parce que sa tante avait pris un bain... Harry se lava rapidement et ressorti avec une serviette autour de la taille. Il remit ses lunettes sur son nez, se brossa les dents avec ce qu'il trouva dans les tiroirs et s'habilla une fois sec.

En sortant de la salle de bain, vêtu de son pyjama aux couleurs de Gryffondor, à défaut d'avoir autre chose qui lui appartenait, il tomba sur Draco qui attendait. La porte derrière lui était ouverte et Harry pu apercevoir un bout de sa chambre, des tons neutres, majoritairement gris.

-Tu veux quelque chose Malfoy ? Demanda Harry, déjà fatigué.

-En effet, j'aimerais instaurer une sorte de, règlement ?

Harry lui lança un regard intrigué. Qu'est-ce qui lui passait encore par la tête ? Draco soupira, et tira la chaise du bureau pour s'y asseoir, face à Harry qui s'était assis sur le lit.

-Pour commencer, il est hors de question que qui que ce soit sache que nous sommes fiancés, t'as compris ?

-Tu crois vraiment que je vais m'amuser à crier sur tous les toits que je suis fiancé à un type dans ton genre ? Je sors avec Ginny je te rappel !

-Oh pitié, moi qui pensais que ce n'était qu'une sombre plaisanterie. Tu me déçois.

-Je t'emmerde Malfoy.

-Quoi qu'il en soit, je ne veux pas que cette histoire s'ébruite. En revanche, je veux bien admettre que toi, mes parents et ton parrain, vous avez raison sur un point. Puisqu'on ne peut pas changer ce fichu contrat et que d'ici deux à trois ans je deviendrais un Potter, ce serait peut-être plus simple que je me fasse à cette idée stupide et qu'on fasse une trêve.

Un rire s'échappa des lèvres d'Harry et il le regarda avec amusement, même si Malfoy le foudroyait du regard.

-Vas-y continue, souffla-t-il en reprenant son calme.

-Je veux bien prendre sur moi et faire des efforts pour faire preuve d'amabilité envers toi mais j'impose une condition.

-Laisse-moi deviner, seulement quand on est seul ?

-On dirait que tu deviens perspicace. Tu as effectivement raison, je ne compte pas changer mon comportement envers toi devant les autres.

-Dis-moi Malfoy.

-Quoi ? Répondit-il, déjà agacé.

-Pourquoi est-ce que tu me détestes au juste ? Jusqu'à maintenant j'étais persuadé que l'éducation de tes parents y était pour quelque chose mais visiblement ils ne semblent pas être aussi hargneux à propos de mes parents, alors, pourquoi ?

-Parce que ta manie de fourrer ton nez partout et ton côté « regardez-moi je suis génial » me sortent par les yeux. Je n'aime pas les types dans ton genre, qui se donne sans arrêt en spectacle.

-Tu penses vraiment que je suis comme ça ? Demanda Harry.

-Je m'en fiche, maintenant excuse-moi mais je vais me coucher.

Draco se leva et disparut derrière la porte. Harry ne dit rien. Il était fatigué lui aussi et il avait hâte de tester ce lit. Il se leva donc et en fit le tour pour se glisser sous la couverture. Dieu que c'était bon de ne pas sentir de ressort dans son dos. Harry passa néanmoins un temps considérable à se tourner dans tous les sens avant de trouver la bonne position et de pouvoir s'endormir.