LE REFUGE
Résumé : UA. Début cinquième année. Harry se sent seul et comprend que personne ne tient à lui. Après une retenue douloureuse avec Ombrage, il se transforme en Animagus et se retrouve dans la Salle Commune des Serpentard. Y trouvera-t-il la famille qu'il cherche désespérément ? HP/DM
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Chapitre 25 – Union
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Rosalie se leva sur la pointe des pieds, dans l'espoir d'apercevoir deux chevelures blondes et des cheveux noirs de jais en bataille dans la foule, sans succès.
– Ils vont nous trouver, indiqua Caleb avec un sourire en coin en la voyant aussi impatiente.
– Peut-être pas, opposa Narcissa à leurs côtés. La foule est dense, cette année.
– C'est surtout que tout le monde nous observe, soupira Rosalie qui sentait bien les regards se poser sur eux.
Ce n'était pas étonnant car, même si la Bataille avait eu lieu il y a déjà deux mois, des articles de presse n'avaient cessés d'être écrits à leur sujet. Rosalie avait tout gardé dans un petit carnet pour pouvoir s'en souvenir, même si elle trouvait que cette attention était injustifiée et qu'elle aurait préféré passer inaperçue aujourd'hui.
Leur Manoir avait été perquisitionné, parce qu'ils avaient recueilli Harry, et à présent, tout le monde voulait les voir, les féliciter et leur dire qu'ils avaient toujours été de leur côté. Elle ne comptait plus le nombre de lettres d'invitations qu'elle recevait par jour de la part du Ministère ou de familles qu'elle n'avait jamais côtoyées et qui les avaient toujours critiqués... Tous des hypocrites.
Heureusement pour eux, Rita Skeeter était restée de leur côté et elle se plaisait à écrire des articles anti-Ministère absolument hilarants, que Regulus et Sirius s'amusaient à lire toute la journée jusqu'à les connaître par cœur.
Le dernier, sur la démission "surprise" de Fudge avait été le meilleur que la journaliste ait écrit, profitant de cette occasion pour rappeler tout ce que le Ministre n'avait pas fait, sur la campagne de décrédibilisation sur la personnage de Harry, sur ce qu'avait fait Ombrage et sur le rôle du Ministère dans son assassinat à Azkaban...
La moitié était remplie de fausses informations, bien entendu, mais l'autre partie qui était vraie faisait encore bondir de rage Rosalie. Elle ne comprenait pas comment on avait pu faire subir ça à son fils adoptif, comment le Ministère, qui était censé les protéger, avait pu être aussi corrompu, aussi incisif avec eux... Jusqu'à tenter de leur faire peur en leur mettant sur le dos une procédure avec les Aurors.
Les Greengrass avaient reçu une compensation pour la perquisition injustifiée. Rosalie savait que l'un des Aurors, à la tête de l'opération, avait été congédié, mais ce n'était pas assez selon elle. Cela ne réparerait pas ce qu'ils avaient subi. Les dégâts que cela avait provoqué, la sensation d'injustice, la peur, aussi, que Sirius et les autres soient découverts...
Rosalie en faisait encore des cauchemars et elle n'était pas prête de pardonner les membres du Ministère pour ce qu'ils avaient fait. Elle se retenait juste assez pour ne pas aller au Ministère et tout brûler.
– Maman ! Papa ! s'écria la voix enjouée d'Astoria qui fonça dans les bras de son père en souriant.
Rosalie expira de soulagement quand Astoria se tourna vers elle, ses yeux bleus pétillants comme d'ordinaire. Elle avait parlé régulièrement avec Daphné et Harry de l'état d'Astoria, qui avait été au plus bas il y a quelques semaines. Mais ses enfants lui avaient assuré qu'elle allait beaucoup mieux et Rosalie était rassurée de le voir d'elle-même.
Astoria avait encore les épaules plus tendues que d'habitude, mais son visage s'était étiré en un sourire sincère, alors que Harry et Draco s'avançaient vers eux, main dans la main, ainsi que Daphné qui venait de dire au revoir à Theo qui partait pour les vacances chez les Zabini.
Draco ne résista pas en voyant sa propre mère qui le prit dans ses bras.
– Vous nous avez manqué les enfants, murmura Rosalie après avoir salué ses enfants et Draco.
– Comment vont Tracey, Ron et Sirius ? demanda immédiatement Harry.
– Tout le monde va bien, promit Rosalie avec un sourire tendre. Les enfants sont prêts à repartir chez eux, mais ils voulaient vous voir avant de prendre la cheminette.
– Fantastique ! s'écria Harry qui semblait ravi de pouvoir dire au revoir à Ron avant qu'il ne reparte au Terrier, alors que Daphné masquait difficilement sa propre joie de revoir sa meilleure amie assez en forme pour se lever. La dernière fois qu'elle l'avait vue, bien que réveillée, Tracey était encore alitée, blanche et incapable de faire de la magie.
– Sirius aurait voulu venir, ajouta Caleb, mais il ne voulait pas provoquer un mouvement de foule.
– Il vaut mieux attendre qu'il soit innocenté, en effet, confirma Narcissa d'un air tendu.
Le procès se déroulerait dans les prochains jours et toute la famille n'avait qu'une hâte : que cette histoire soit derrière Sirius. Ce dernier était clairement angoissé par la perspective de devoir expliquer ce qu'il s'était passé, la peur de ne pas être cru, mais tout le monde était certain qu'il serait innocenté.
– On ferait mieux d'y aller avant qu'il y ait réellement un mouvement de foule, ajouta Rosalie qui sentait que les regards étaient de plus en plus insistants depuis que Harry était arrivé avec eux.
S'ils avaient tout fait pour minimiser la présence des enfants lors de la Bataille du Ministère, la Gazette du Sorcier avait consacré sa une à Harry depuis deux mois. Il était vu comme le Sauveur, celui qui avait unit les adultes et les adolescents sous l'égide de l'Ordre de l'Éclair, les entraînant, créant un plan qui avait conduit à l'anéantissement de Voldemort. Harry Potter était vu comme le Garçon-qui-a-Vaincu-encore-une-fois, bien que ce surnom soit absolument ridicule, selon Rosalie.
– Vous avez dit au revoir à tout le monde ? s'enquit Caleb.
– On a fait ça dans le train, répondit Harry qui fit un signe de la main à Neville qui rentrait avec sa grand-mère.
– On savait que ça serait trop compliqué ici, ajouta Daphné qui tenait Astoria près d'elle par peur que la foule ne les emporte. Quand est-ce que cette agitation va s'arrêter ? demanda-t-elle d'un ton clairement agacé.
– Ma pauvre chérie, je crains que cela ne soit votre futur pour au moins quelques années, ironisa Rosalie.
– Et le nôtre aussi, renchérit Narcissa en plissant les lèvres. Nous partons, Draco. J'ose espérer que nous nous reverrons tous très rapidement.
Harry sourit largement en hochant la tête alors que tout le monde regardait ailleurs pour laisser à Draco et Harry le temps de se dire au revoir comme il le fallait.
Puis, Harry fit un dernier signe de la main à Draco, qui s'évanouit dans la foule avec Narcissa, en cachant difficilemenet que cette séparation le rendait triste.
Draco rentrait au Manoir Malefoy, alors que Harry venait avec eux, au Manoir Greengrass mais Rosalie savait que les deux garçons se verraient régulièrement et que la séparation ne serait que de quelques heures.
Il fallait simplement que Draco puisse rentrer pour retrouver ses marques chez lui. Après tout, cela faisait plus d'un an qu'il n'était pas rentré au Manoir Malefoy et il restait encore des aménagements à faire pour effacer définitivement la trace du passage des Mangemorts.
Rosalie tenait à ce que les garçons se voient régulièrement. Déjà pour maintenir leur lien magique, mais aussi car elle s'était habituée à avoir les Malefoy au Manoir Greengrass et que cela allait lui manquer de ne plus pouvoir discuter avec Narcissa avec laquelle elle s'était rapprochée depuis ces derniers mois.
Depuis la fin de la première guerre et le décès de Lily, Rosalie avait été assez isolée et retrouver une amie avec qui discuter de sa vie lui avait procuré un bien fou. Sans doute parce que les deux femmes pouvaient parler de leurs inquiétudes et de leurs enfants, leur permettant de passer le temps avant leurs retours.
– Rentrons, dit Caleb qui venait de voir qu'une personne bravait la foule pour les atteindre. C'est un ancien membre de l'Ordre du Phénix.
– Partons le plus vite possible, approuva Daphné en suivant ses parents jusqu'au bord du quai, là où ils pourraient tous activer leurs Portoloins et rentrer au Manoir Potter.
– Tu vas devoir annuler tous les Portoloins des membres de l'Ordre de l'Éclair, Harry, indiqua Rosalie qui venait de songer à cela au moment où Daphné disparut avec Astoria et Caleb dans un bruissement. Maintenant que la Bataille est finie et que tout le monde rentre chez soi, il ne faudrait pas que des gens puissent venir quand ils le veulent chez toi.
– Je n'avais pas pensé à ça, reconnut Harry en soupirant. On pourra passer à Gringotts pendant les vacances ?
– Bien sûr, approuva Rosalie.
– Et je pourrais toujours laisser l'accès à certaines personnes, ça sera plus simple pour se retrouver, proposa Harry.
– Oui, mais hors de question que tu utilises ton Portoloin pour t'enfuir de Poudlard, indiqua Rosalie en plissant les yeux, alors que Harry hochait la tête en riant.
– Ne t'inquiète pas, je serai très assidu l'année prochaine, promit Harry avec un air angélique qui ne trompa pas Rosalie.
– Tu as intérêt, Harry, car nous sommes tes parents maintenant et tu dois respecter les règles, fit Rosalie d'une voix faussement sévère alors que son fils adoptif souriait et activait son portoloin en direction du Manoir Potter.
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Ils atterrirent dans le salon des Potter, mais ils n'eurent pas le temps de se poser qu'une tornade rousse se précipita sur Harry.
– Salut mon pote, dit Ron en tapotant dans le dos de Harry et en l'attirant vers sa chambre, sans doute pour obtenir un résumé, le plus détaillé possible, des dernières semaines de cours et des BUSE.
Rosalie pénétra dans la salle de réception et sourit quand elle vit Daphné et Tracey, penchée l'une sur l'autre, en pleine conversation remplie de rires et de sourires apaisés.
– Bonjour Tracey, contente de voir que tu vas bien, dit Rosalie en s'approchant d'elles.
– Merci Mrs Greengrass, ravie de revoir Daphné surtout, renchérit Tracey.
– Je sais, je sais, s'amusa Daphné. Je suis irremplaçable.
Tracey semblait aller beaucoup mieux, ce qui ravi Rosalie. Bien qu'un peu pâle, elle pouvait marcher et la cicatrice sur son ventre commençait à cicatriser. Elle ne pouvait toujours pas utiliser sa Magie, mais Narcissa avait promis de passer la voir régulièrement chez elle pour faire son suivi, ne faisant confiance à aucun autre Médicomage.
Tracey allait s'en sortir, sans aucune autre séquelle qu'esthétique, mais Rosalie savait qu'elle le prenait plutôt bien. La cicatrice sur son ventre démontrait simplement son courage et sa participation à la Bataille. Une cicatrice de guerre.
– Regulus n'est pas là ? demanda Astoria son sourire se fanant légèrement.
– Il travaille, expliqua Rosalie en sachant que sa fille allait être triste de ne pas pouvoir voir son parrain. Et il rejoindra Severus directement chez eux ce soir. Ils voulaient passer un peu de temps tous les deux, avant de nous rejoindre pour les vacances.
– Je comprends.
Astoria tenta de lui faire un sourire neutre, mais Rosalie sentait qu'elle était vraiment déçue. Ce qui n'était pas étonnant, quand on y réfléchissait. Astoria était partie du Manoir Potter il y a moins de deux mois, tout le monde étant toujours en colère contre elle. Regulus avait eu à peine le temps de lui parler qu'elle était déjà repartie et ils n'avaient sans doute pas communiqué par lettres. Astoria voulait sans doute s'assurer que Regulus ne lui en veuille plus pour ce qu'elle avait fait pendant la Bataille.
– Il nous a dit qu'il avait hâte de te voir, indiqua Caleb qui s'était approché d'eux. Il va sans doute t'emmener quelques jours à Paris pour la journée de la mode, dont le nom m'échappe.
– La fashion week ? demanda Astoria en posant les mains devant sa bouche pour contenir un cri de joie.
Rosalie sourit largement en voyant sa fille aussi enjouée. Elle voulait que sa fille soit heureuse.
Bien sûr, elle était toujours en colère contre Astoria pour la frayeur qu'elle lui avait faite, mais elle savait aussi que sa fille était un peu trop impulsive et qu'elle avait voulu montrer qu'elle aussi était une adulte.
Cela ne s'était pas trop mal terminé et elle estimait que la culpabilité qu'Astoria ressentait aujourd'hui valait toutes les punitions du monde. Mais Rosalie devait aussi admettre qu'elle était incapable de lui en vouloir trop longtemps... Surtout quand Daphné leur avait avoué qu'Astoria n'allait pas bien du tout et qu'elle se sentait coupable par rapport à ce qu'il s'était passé avec Tracey.
– Tu penses que ça va te plaire ? demanda Rosalie en souriant malicieusement.
– Me plaire ? Mais tu rigoles, maman ! C'est l'évènement de l'année pour les fans de mode. Tu te rends compte de la chance que j'ai ! s'écria Astoria les larmes aux yeux. Mais... et ma punition ?
– On ne va pas te priver de ton week-end avec Regulus, surtout que c'est la première fois qu'il ne risquera pas d'être repéré, dit Caleb.
Severus et Regulus avaient mis en place une tradition, dès que les filles avaient été assez grandes pour marcher. La première semaine de juillet, ils organisaient un week-end, chacun de leur côté, pour leurs filleules.
Les deux hommes, passés maître dans l'art de la dissimulation, prenaient toutes les mesures possibles pour ne jamais être repérés, malgré les risques. Ils n'avaient jamais failli à cette tradition, même quand Voldemort était revenu, Severus ayant insisté pour maintenir le week-end.
Ils avaient parcouru plusieurs pays du monde, côté moldu, partant sur plusieurs jours, chacun de leur côté, avant que les quatre ne se retrouvent pour une journée dans une capitale, pour déguster une glace. Astoria avait même établi un classement des pays en fonction du goût de la glace à la fraise qu'elle dégustait à chaque fois.
– Merci, vous êtes géniaux ! s'écria Astoria en les prenant dans ses bras. Vous êtes les meilleurs parents du monde !
– Mais ta punition reste valable le reste du temps, indiqua Rosalie en plissant les yeux. Ce que tu as fait était mal, mais tu sais que c'est pour ton bien qu'on le fait.
– Oui, bien sûr que je le sais, murmura Astoria en baissant la tête. Je suis désolée, encore.
– On le sait, assura Caleb en posant une main sur son épaule. Mais on veut que tu profites de ton week-end avec ton parrain.
– Mais Harry il va être tout seul, remarqua Astoria en écarquillant les yeux quand elle en prit conscience. On devrait annuler ! Ou alors... Je vais demander à Regulus s'il veut que Harry vienne avec nous ! C'est une bonne idée, non ?
Rosalie sentit son cœur se serrer de tendresse en comprenant qu'Astoria était prête à annuler son week-end de rêve avec son parrain pour rester avec Harry. Cela démontrait de la maturité qu'elle pouvait avoir à ce sujet et cela la touchait. Harry faisait partie intégrante de la famille, elle n'en avait aucun doute à présent.
– Ne t'inquiète pas pour Harry, il sera avec Sirius, expliqua Rosalie. Ils vont rester au Manoir Greengrass puisque Sirius est toujours en convalescence, mais je crois que ça lui convient plutôt bien.
– Daphné nous a dit que Harry voulait profiter un peu du Manoir Greengrass, ajouta Caleb.
Ils n'osaient pas dire à Astoria que Harry leur avait envoyé une lettre quelques jours après les BUSE, s'assurant qu'il venait toujours au Manoir Greengrass pour les vacances. Rosalie avait dû débarquer à Poudlard, pour rassurer Harry et lui promettre qu'il faisait partie de la famille à présent, qu'ils étaient ses parents adoptifs et que rien, ni personne, ne pouvait changer cela.
Ils avaient tendance à oublier, avec la Bataille et la résistance montée par Harry, que ce dernier était toujours fragile. Il prenait toujours des potions pour ses blessures suite à son séjour chez les Dursley, et, surtout, Harry avait toujours une peur incompréhensible d'être abandonné.
Rosalie et Caleb avaient donc décidé que, pour cette année, le mieux était que Harry reste auprès d'eux et profite d'avoir une famille, rien qu'à lui, avant d'être intégré dans la tradition du week-end avec son parrain, que Sirius se ferait sans doute un plaisir de remplir l'année prochaine, une fois innocenté.
– Super, alors, souffla Astoria qui sembla soulagée.
– On va rentrer au Manoir Greengrass, proposa Rosalie.
Mais Astoria ne les suivit pas, Tracey venait de s'approcher d'eux et fit un signe de tête à la plus jeune pour qu'elles s'éloignent quelques instants.
Rosalie sourit en voyant Tracey et Astoria se prendre dans les bras, oubliant ainsi la Bataille, ses conséquences, et tout ce qui avait pu se passer pour elles. Rosalie était soulagée que Tracey face cette démarche pour pardonner Astoria et lui permettre de comprendre que rien n'était de sa faute, mais de celle du Mangemort qui avait jeté le sort de découpe.
– Les enfants nous rejoindront plus tard, dit Rosalie en voyant que Daphné allait discuter avec Harry et Ron qui attendait ses parents.
– Je vais rester ici, indiqua Caleb. Je vais m'assurer que Tracey et Ron retrouvent leurs parents.
– Et que nos enfants rentrent à la maison, compléta Rosalie en souriant, avant de partir par la cheminette direction le Manoir Greengrass.
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Le soir, quand ils furent tous réunis au Manoir Greengrass, Rosalie soupira de bonheur, enchantée que ses enfants soient enfin rentrés à la maison.
Astoria et Sirius se battaient en duel dans un jeu de carte endiablé, sous l'œil attendri de Caleb qui avait un petit carnet pour noter les améliorations qu'il pourrait apporter au jeu, bien aidé par les commentaires des deux joueurs qui n'avaient aucune pitié pour leur adversaire.
Harry observait le jeu, tout en lisant distraitement un magazine de Quidditch.
Daphné écrivait une lettre, sans doute codée et très probablement destinée à être adressée à Theo. Elle semblait très concentrée sur ce qu'elle écrivait.
Rosalie devait admettre qu'elle n'avait pas été enchantée à l'idée que son aînée sorte avec le fils Nott, surtout après leur passif amoureux compliqué ces dernières années, bien que Severus lui ait assuré qu'il était un garçon bien.
Elle avait été surprise quand Theo avait pris le temps de discuter avec elle, quand il avait séjourné au Manoir Potter pendant quelques jours. C'était, en effet, un garçon très passionné, très intelligent et qui tenait beaucoup à Daphné.
Ce dernier point avait conquis Caleb et Rosalie, qui étaient impatients de pouvoir accueillir Theo quelques jours pendant les vacances pour apprendre à le connaître un peu plus.
Il allait, de toute évidence, faire partie de leur famille pendant un long moment et il était essentiel qu'ils sachent qui était le petit-ami de leur fille.
Rosalie trouvait que ce petit tableau familial était charmant et elle aurait aimé avoir un appareil photo pour l'immortaliser.
– Harry, j'ai besoin de t'emprunter le Manoir Potter pour préparer une surprise à Regulus, indiqua soudain Sirius en abattant une carte sous le regard agacé d'Astoria.
– Quel genre de surprise ? demanda Harry avec excitation, sentant que quelque chose de gros se préparait.
Rosalie, elle-même, arrêta de lire son ouvrage pour fixer Sirius, sentant qu'il allait annoncer ce qu'ils cachaient à tout le monde, depuis des mois...
– Quelque chose d'incroyable, auquel il n'a pas eu droit à cause de Voldemort, compléta Sirius avec un sourire malicieux.
Astoria tapota dans ses mains avec joie, car elle savait parfaitement de quoi parlait Sirius, puisqu'elle avait été la seule enfant informée de la situation et avait même participé à l'élaboration de la surprise.
Rosalie, elle, était à cent pourcent favorable à cette idée, surtout parce que c'était elle qui avait eu l'idée. Regulus allait adorer, depuis le temps qu'il le voulait et qu'il ne plaignait de ne pas y avoir eu droit, à cause de la guerre, à cause de sa prétendue mort, à cause de tout ce qui avait empêché le couple Rogue-Black d'exister.
– Vous pensez que ça va lui plaire ? demanda Astoria les yeux brillants.
– Bien sûr, surtout quand il verra la cape que tu lui as préparé, affirma Sirius.
– Donc ça a un rapport avec ce projet secret dont tu me parles depuis des mois, comprit Daphné en regardant sa sœur qui rougit.
– On a demandé à Astoria de garder la surprise, s'amusa Rosalie.
– Quelqu'un peut nous expliquer ? demanda Harry en fronçant les sourcils.
– On organise le mariage sorcier de Regulus et Severus, bien sûr ! s'écria Sirius sur le ton de l'évidence, alors que les enfants se mettaient à crier de joie et que Caleb frappait dans la main tendue de Sirius.
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– Tu n'es pas obligé de le faire, si tu n'en as pas envie, indiqua Rosalie qui sentait que Harry était très tendu à ses côtés.
– Je crois que j'ai besoin de le faire, murmura Harry en fermant les yeux un court moment. Tu les as déjà vu, toi ?
– Seulement le message qui m'était destiné. Ils avaient numéroté les fioles, expliqua Rosalie.
Le lendemain de leur visite au Ministère de la Magie, avec Regulus, ils avaient en effet eu la surprise de recevoir une boîte remplie de plusieurs fioles de souvenirs, chacune adressées à une personne en particulier.
Rosalie se souvenait avoir pleuré pendant des heures quand Lily était apparue dans son souvenir en lui disant de ne surtout pas la pleurer et de prendre soin de Harry. Lily n'avait eu aucune idée, au moment où elle avait fait ce souvenir, que Rosalie n'aurait pas pu respecter sa promesse de marraine.
Elle savait que Sirius avait aussi eu du mal à se remettre du message de James, parce que, lui aussi, savait qu'ils n'avaient pas respecté les dernières volontés de leurs défunts amis.
Harry avait souffert, il avait été placé chez les Dursley, il n'avait pas eu l'enfance heureuse que les Potter avaient souhaité à leur fils. Rosalie savait que ce n'était pas de leur faute, mais ce goût d'inachevé avait quelque chose de difficile à entendre.
Elle en avait longuement discuté avec Sirius, se soutenant dans cette culpabilité et se promettant de tout faire pour que Harry soit, enfin, heureux et entouré et que la promesse qu'ils avaient faite aux Potter soit respectée.
– Daphné a vu son message ? demanda Harry.
– Avant de partir avec Severus, confirma Rosalie.
Rosalie avait souri en récupérant une fiole "à Daphné, ma filleule", touchée que Lily ait pris le temps de faire un message à sa fille. Daphné l'avait regardé avant de partir pour Rome avec Severus et avait réussi à ne pas pleurer toutes les larmes de son corps, sans doute parce qu'elle n'avait jamais connu Lily.
Cette dernière avait été parfaite. Le message était court, mais Lily avait souhaité une merveilleuse vie à Daphné, se rappelant de tous les moments où elle l'avait gardé, lui faisant promettre de tout faire pour réussir sa vie et de faire un métier qui lui plairait, d'être une femme indépendante et forte, ce que Daphné était assurément.
La seule chose qui avait montré l'émotion de Daphné avait été le moment où elle avait attrapé sa bague et l'avait posé sur son cœur en fermant les yeux. La bague côtoyait celle de fiançailles de Theo et avait été donnée par Harry, comme Portoloin. Cette bague représentait à la fois l'engagement de Daphné pour l'Ordre de l'Éclair, mais aussi son lien avec Lily, puisque cette bague lui avait appartenu. Et Rosalie était touchée à chaque fois qu'elle la voyait sur le doigt de sa fille.
– Allons-y, dit courageusement Harry tout en versant la fiole dans la Pensine des Greengrass.
– Tu veux que je te laisse seul ?
– Je préfère que tu restes avec moi, murmura Harry un peu gêné.
– Je suis toujours avec toi quand tu en as besoin, Harry, promit Rosalie d'un ton presque trop solenel.
Rosalie tapota sur la Pensine et la silhouette blanchâtre de Lily fit de nouveau son apparition avec, à ses côtés, celle de James. Elle n'avait reçu un message que de Lily, et revoir James lui porta un coup au cœur. Même si elle l'avait vu dans le bureau d'Amelia Bones, c'était différent.
Il était tel qu'elle s'en souvenait. Toujours un sourire malicieux aux lèvres, ses lunettes rondes, son éternel air enjoué... Alors même qu'il se savait condamné, à ce moment, sous le coup des menaces de Voldemort, il n'avait jamais perdu espoir.
James Potter respirait la joie et cela se confirma quand il sourit à Lily, comme s'il n'y avait qu'elle dans la pièce. Car James et Lily avaient toujours eu cette manière de se regarder comme si le monde autour d'eux avait disparu.
Harry lui attrapa la main pour la serrer et Rosalie s'efforça de retenir ses larmes pour soutenir du mieux qu'elle le pouvait son fils adoptif.
– Cher Harry... Par quoi commencer, murmura Lily en fermant les yeux un court instant comme si le poids d'un dragon se posait sur ses épaules.
– Par te dire que tu seras un joueur de Quidditch fantastique, proposa James avec un sourire en coin alors que Lily soupirait, hésitant vraisemblablement à dire à James qu'il était stupide. Quoi ? Je cherche à détendre l'atmosphère. Ce qu'on fait est ridicule, qu'est-ce que tu veux qu'on dise à Harry. Il est juste là !
Rosalie et Harry ne le voyait pas, mais le bébé Harry devait être dans son petit lit, juste derrière eux.
– James, commença Lily d'un faux air sévère, en masquant difficilement son sourire. Si on ne s'en sort pas, Harry sera content d'avoir un message de notre part.
– Je ne sais juste pas quoi lui dire, murmura James en se crispant, comme s'il venait de prendre conscience de ce que son message signifiait.
– Parle avec ton cœur, c'est tout ! fit Lily en levant les yeux au ciel.
– Commence alors, si tu es si forte, répondit James en boudant.
– Très bien.
Lily prit une grande inspiration et posa son regard dans celui de Harry, face au souvenir, comme si elle pouvait le voir.
Rosalie sentit son cœur se serrer, craignant que Harry ne supporte pas cette vision et ne retombe dans un état de dépression. Et si ce souvenir lui faisait plus de mal que de bien ?
– Harry, mon chéri. Je ne sais pas vraiment pas où commencer, quoi te dire... Je ne sais pas quel âge tu as, au moment où tu regardes ce souvenir. Si tout s'est bien déroulé, Voldemort est mort et...
– Enfin ! On espère surtout que ce sale serpent n'est qu'un lointain souvenir !
– Merci pour cette intervention, ironisa Lily. Donc, oui... Je ne sais pas où tu es, avec qui... Je ne sais pas quel âge tu as, ni... Je ne sais sans doute rien de toi, Harry, mais tout ce que je sais et que, toi, tu dois savoir, c'est que nous t'aimons plus que tout au monde.
– C'est bien vrai, renchérit James avec un sourire tendre. Le cœur de nos baguettes ou la prunelle de nos yeux comme dit cette expression moldue.
– Tu es tellement aimé Harry, continua Lily les yeux brillants, alors que James passait son bras autour de ses épaules pour la soutenir. Peu importe qui tu es, ce que tu fais, tu dois savoir que nous serons toujours fiers de toi. Et nous serons toujours à tes côtés.
– Juste ici, dit James la voix se cassant alors qu'il portait la main à son cœur. Et tu sais, que tu sois joueur de Quidditch ou non, je m'en fiche bien. Je veux juste que tu sois heureux.
– Tu vois que tu sais quoi lui dire, s'amusa Lily en riant.
– Harry, tu es notre fils, et rien ni personne ne pourra le changer, continua James l'air grave. J'espère, du plus profond de mon cœur, que tu n'auras jamais à regarder ce souvenir, mais si c'est le cas...
– Si c'est le cas nous faisons confiance à Rosalie et à Sirius pour bien s'occuper de toi, conclut Lily avec émotion. Sois heureux, Harry. Ne reste pas dans le passé parce que nous ne sommes plus là.
– On veut que tu sois heureux, répéta James. Choisis un métier qui te plaît, marie-toi si tu as envie, fais des enfants, et, surtout, vis ta meilleure vie.
– Arrête, c'est trop solennel ! dit Lily en échappant un gloussement. Il n'a peut-être que cinq ans au moment où il regarde ça !
– Cinq ans ? Par Godric j'espère que Voldemort sera mort bien avant ça ! s'écria James les yeux écarquillés. On devrait lui faire plusieurs souvenirs en fonction de son âge, non ?
– Un est bien assez dur, remarqua Lily.
– Bon c'est le moment pour lui dire qu'il suive l'héritage des Maraudeurs, deviens un Animagus illégalement et...
– Enfin, James ! s'écria Lily en éclatant de rire. Tu ne peux pas conseiller ça à Harry, tu sais bien qu'il pourrait aller à Azkaban pour ça. Harry, mon chéri, si tu veux suivre les mauvaises traces de ton père, par pitié utilise la voie légale.
Rosalie toussota légèrement alors que Harry se dandinait sur place. Le vœu de Lily n'avait pas été exaucé, puisque Harry était devenu un Animagus à quinze ans, illégalement comme James Potter avant lui...
Avant que Rosalie et Caleb ne réussissent à le faire enregistrer en France pour qu'il ne puisse pas être poursuivi.
– Sois heureux, pense à nous, mais pas trop non plus. Si nous ne sommes plus là, Rosie et Sirius seront parfaitement capables de s'occuper de toi et prendre notre place, conclut Lily.
– On t'aime Bambi, murmura James avec émotion.
– Je déteste ce surnom, grommela Lily en levant les yeux au ciel.
– Pourquoi donc, ma biche ? s'amusa James. C'est pourtant le nom du petit cerf dans le film moldu que tu m'as montré.
– Arrête ça Potter, fit Lily sans pouvoir s'empêcher de rire alors que James se penchait pour embrasser sa femme.
– Et voilà, on a réussi à te faire pleurer, te faire rire et même à te gêner en s'embrassant devant toi, conclut James avec un sourire en coin. Avec ça, tu ne pouvais pas avoir mieux comme souvenir.
– Prends soin de toi, Harry, ajouta Lily avec un large sourire. On t'aime très fort mon chaton.
Les silhouettes de James et Lily s'effacèrent, alors que le souvenir se terminait. Harry se tourna vers Rosalie. Il ne pleurait pas, mais ses grands yeux verts étaient remplis d'une émotion presque trop difficile à accepter et à regarder.
– Comment tu te sens ? demanda Rosalie qui craignait vraiment la réaction de Harry.
– Je crois que... Je suis heureux de les avoir vus, indiqua Harry avec un faible sourire. Je pense que c'était ce qu'il me fallait pour conclure une partie de ma vie.
– Alors tout est parfait ?
– Bien sûr que oui. Vous êtes ma famille, maintenant, dit Harry en rougissant. Et c'est ce que j'ai toujours voulu.
– On sera toujours là pour toi, comme tes parents l'auraient été s'ils avaient été vivants, ajouta Rosalie le cœur serré.
– Merci, d'avoir pris soin de moi, de m'avoir accueilli ici, de m'avoir adopté et... Juste merci Rosalie.
– C'était normal Harry, répondit Rosalie la voix serrée par l'émotion. J'espère qu'un jour tu pourras nous pardonner de ne pas t'avoir accueilli plus tôt.
– Ce n'était pas de ta faute, alors arrête, fit Harry en levant les yeux au ciel. Et je suis là, maintenant, c'est tout ce qui compte.
– Je veux juste que tu trouves ta place.
– Elle est ici, assura Harry.
Harry observa le souvenir une nouvelle fois, avant de poser la fiole sur la table à côté de lui et de se tourner vers Rosalie pour la prendre dans ses bras. Rosalie sourit en sentant Harry s'accrocher à elle. Il avait sans doute raison, ce souvenir allait aider Harry à avancer, à prendre conscience qu'il avait une vraie famille, qui tenait à lui et qui serait toujours là pour l'aider et le soutenir.
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Sirius poussa le ballon de foot avec sa canne et il se logea aisément dans le but, matérialisé par deux sacs à dos noirs.
– Tu triches ! s'écria Harry en le fusillant du regard.
– Absolument pas ! fit Sirius en portant une main à son cœur, comme faisant semblant d'être outré. J'utilise ma troisième jambe, plaida-t-il.
– Je sais que la canne est enchantée, insista Harry en plissant les yeux. Rosalie me l'a dit hier. Tu triches et c'est nul de fair ça.
Sirius éclata de rire en s'approchant de Harry pour lui ébouriffer les cheveux comme un enfant. À sa plus grande joie, Harry ne se déroba pas et il lui sourit timidement, comme s'il était encore étonné que Sirius soit là, face à lui.
Ils s'installèrent sans avoir besoin de se concerter sur le petit salon dans le jardin des Greengrass. Sirius soupira presque de soulagement. Sa hanche le faisait encore souffrir et il savait qu'il lui faudrait quelques mois pour se remettre totalement, pour marcher avec la canne et vivre une autre vie.
Mais il savait qu'il était chanceux. Il était triste de ne plus pouvoir se transformer en Animagus, mais en même temps, il était heureux d'être en vie, que Harry soit en vie et que son frère puisse enfin vivre sa vie au grand jour.
– C'est tellement calme ici, murmura Harry les yeux fermés en souriant comme un enfant devant un bocal de Chocogrenouilles.
Sirius sourit à son tour. Il est vrai que, sans Daphné, Astoria et les Rogue-Black (ou encore les Malefoy) le Manoir Greengrass était plutôt calme.
Sirius avait d'abord été déçu de ne pas pouvoir emmener Harry en vacances et de pouvoir profiter d'un moment rien que tous les deux, mais à présent il se disait que ça avait été la meilleure chose de rester ici.
Ils avaient le temps d'organiser le mariage de Regulus et de Severus, ils pouvaient discuter et jouer ensemble de longs moments sans être dérangé, apprendre à se connaître vraiment, profiter des Greengrass, des anecdotes de Rosalie et des jeux de Caleb.
L'atmosphère était calme, apaisée et Sirius en avait bien profité pour se ressourcer, auprès de son filleul.
– Tu as même pris des couleurs, remarqua Sirius en désignant la peau caramel de Harry.
Harry allait beaucoup mieux. Les Aurors avaient enfin clôturé l'enquête sur les Dursley, qui étaient passés devant un juge moldu. Si aucun d'eux n'était allés en prison (à la plus grande rage de Rosalie), le fait que Pétunia et Vernon soient condamnés à de la prison avec sursis, que Harry soit reconnut comme une victime et que le procès soit terminé avait permis au garçon d'aller de l'avant.
Il était beaucoup plus souriant, apaisé, comme si une partie de son passé était enfin derrière lui. Et cela faisait vraiment plaisir à voir. Sirius était sûr que le message de ses parents, aussi difficile à regarder soit-il, avait permis à Harry de tourner la dernière page du grimoire et d'ôter enfin le dragon de ses épaules.
Harry prenait toujours des potions de soins, lui aussi, mais Sirius savait qu'il irait beaucoup mieux. Au fur et à mesure que les jours, les semaines et les mois passeraient, Harry avancerait et vivrait enfin pleinement la vie qu'il méritait.
– L'année prochaine, si je suis innocenté on pourra partir comme les filles. Tous les deux, proposa Sirius d'un ton peu gêné.
– Quand tu seras innocenté, rétorqua Harry en levant les yeux au ciel. Et oui, j'adorerai faire ça.
– Je m'étais réfugié sur l'Île Maurice quand je suis parti entre ta troisième et ta quatrième année. C'est une Île merveilleuse, conclut Sirius les yeux dans le vague. J'aimerai que tu la voies.
– Ça serait super, confirma Harry en hochant la tête, les yeux brillants.
Sirius sourit plus largement, presque soulagé. Il n'en revenait pas à quel point leurs liens s'étaient rapprochés, depuis qu'il était au Manoir Greengrass. Lui qui avait été un peu inquiet au départ, que Harry préfère les Greengrass ou ne veuille plus lui parler, il s'était bien trompé. Ils n'avaient jamais été aussi proches et Sirius remerciait Merlin tous les jours de lui avoir permis de nouer des liens avec son filleul.
– Tu es anxieux, pour demain ? demanda Harry en se tournant vers lui.
Il n'était pas si inquiet à l'idée d'être jugé demain, plutôt impatient. Il avait attendu tant d'années... Tant de souffrances... Il voulait que son innocence soit reconnue officiellement et cela passait par un procès.
– Pas spécialement, et toi ?
– Non plus, répondit Harry en souriant doucement. Tu vas être innocenté, je le sais.
– Bien sûr, dit Sirius en hochant la tête.
– Tu resteras ici quand tu seras innocenté ?
Sirius s'était énormément lié d'amitié avec les Greengrass pendant les six mois qu'il y avait passé et il savait que leurs liens seraient à jamais unis par Harry. Mais même s'il les adorait, il avait hâte de pouvoir avoir son chez lui, de pouvoir revivre enfin une vie normale et ne plus être cloîtré dans cette maison.
– Au début, sans doute. Le temps que ma hanche guérisse vraiment, expliqua Sirius. Ensuite, j'aimerai bien m'installer ailleurs.
– Vous allez faire quoi du Square Grimmaurd ? demanda Harry en fronçant les sourcils.
– Je pense que Regulus veut la récupérer, dit Sirius en grimaçant. Quel idiot.
– Je suppose qu'il lui trouve des qualités, rit Harry.
– Le tableau de ma mère devrait suffire pour qu'on démolisse cette maison de malheur, ironisa Sirius en levant les yeux au ciel. Enfin, je la laisse à mon frère, il saura bien se débrouiller avec ça.
– Tu voudrais partir à l'étranger ? Tu m'avais dit que tu aimerais voyager, lui rappela Harry l'air presque déçu de se souvenir de ce détail.
– Ne t'en fais pas petit, je ne te lâche pas, promit Sirius en lui ébouriffant de nouveau les cheveux.
Et Sirius ne mentait pas. S'il avait, en effet, envie de partir d'Angleterre pour y oublier ses souvenirs si désagréables, il attendrait que Harry soit sorti de Poudlard pour le faire.
– Tu vas t'installer avec Ornella peut-être, fit Harry d'un ton un peu trop innocent.
– Pour le moment nous n'en avons pas encore parlé, admit Sirius en haussant les épaules. Mais oui, peut-être. Je ne sais pas encore.
Ornella avait passé presque deux mois à venir le voir chaque jour et, s'ils n'avaient pas encore eu la possibilité d'aller au restaurant tous les deux pour un vrai rendez-vous, Sirius lui avait promis qu'ils le feraient pour fêter son innocence. Il préférait ne pas trop se projeter pour le moment et attendre de voir comment évoluait leur relation. Ils avaient été séparés pendant si longtemps qu'il était nécessaire qu'ils apprennent à se connaître de nouveau avant de prendre des décisions sur leur avenir.
– Elle viendra pour le mariage ? s'enquit Harry avec espoir.
– Bien sûr. D'ailleurs je crois qu'il faut qu'on aille aider Caleb avec la liste des invités, se rappela Sirius en se levant avec l'aide de sa canne.
– Et donc, c'est toi qui va te charger d'amener Regulus au Manoir Potter ? demanda Harry alors qu'ils revenaient vers le Manoir Greengrass en marchant.
– Pourquoi ? Tu n'as pas confiance en moi ? ironisa Sirius qui avait senti le ton surpris de Harry.
– J'ai confiance en toi, répliqua immédiatement Harry qui semblait avoir peur de l'avoir blessé. C'est juste que Regulus est trop intelligent pour toi.
– Il a bien raison, confirma Caleb qui venait de les voir arriver et qui souriait comme si cette situation était hilarante. Regulus saura ce qui se trame dès que tu vas lui proposer quelque chose.
– Bien sûr que non ! répliqua Sirius vexé par leur défiance. Vous allez voir, Regulus ne saura pas ce qui l'attendra avant qu'il ne marche jusqu'à l'autel.
Il leur tira la langue, alors que Caleb et Harry ricanait dans leur coin, peu convaincu. Mais Sirius avait un plan parfait et il était sûr que Regulus ne se douterait de rien, il était trop naïf et innocent pour ça.
– Tu as besoin d'aide pour les invitations ? proposa Harry en se tournant vers Caleb.
– Je viens de les terminer, mais vous pouvez m'aider pour autre chose. Severus m'a dit qu'il voudrait organiser leur lune de miel et je dois faire les réservations. On va faire ça dans la cuisine, Rosalie est en train de tester des recettes pour le mariage.
– Super ! s'écrièrent Sirius et Harry en salivant presque d'envie.
– Allons-y, dit joyeusement Caleb en se mettant à discuter avec Sirius d'une nouvelle invention.
Sirius sourit quand ils se retrouvèrent tous autour de la table de la cuisine des Greengrass, Rosalie déposant devant eux différents types de gâteaux à déguster, alors que Caleb et Sirius appelaient différents hôtels, Harry s'appliquant pour écrire les diverses invitations, sous l'œil attendri des adultes.
Sirius était heureux de voir qu'ils formaient une famille, hétéroclite oui, mais une famille quand même.
Jamais il n'aurait pensé se retrouver avec les Greengrass pour préparer le mariage de son frère avec Rogue. Et pourtant, il n'aurait voulu être nulle part ailleurs.
Il allait faire du mariage de son frère son plus beau moment et il en était fier. Fier de pouvoir se faire pardonner, heureux d'avoir trouvé une famille, soulagé de voir Harry apaisé, car c'était tout ce qui comptait. Son filleul était heureux, il était en sécurité et il n'avait plus qu'à profiter de sa vie, et Sirius aussi.
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Édition spéciale, Chicaneur.
LA VÉRITÉ ÉCLATE ENFIN : SIRIUS BLACK INNOCENTÉ
Dans ce numéro spécial du Chicaneur, dirigé par l'incroyable Rita Skeeter, découvrez les confidences exclusives de Sirius Black, innocenté après douze longues années passées dans la prison d'Azkaban, accusé d'avoir trahi ses amis, envoyé en prison sans procès, tel un troll des montagnes.
Sirius Black, victime d'une terrible injustice, revient sur cette nuit où tout a basculé, sur le soutien que son filleul (Harry Potter) lui a apporté dès le début et sur son combat pour faire éclater la vérité, entouré de sa famille et de ses proches.
Découvrez le récit du procès, les considérations politiques qui ont menées à l'arrestation de Sirius Black et à son absence de procès, le combat de Sirius Black pour retrouver sa liberté, malgré les difficultés, l'interview de son frère Regulus Black et bien d'autres choses. Scandales, pouvoir et amour, dans ce numéro spécial !
- L'interview de Sirius Black page 2
- Le récit du procès, page 5
- Le soutien de Harry Potter où comment le jeune homme a tenté de faire éclater la vérité sans être cru, page 7
- La responsabilité du Ministère de la Magie engagée, page 8
- L'interview de Regulus Black, page 9...
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– Dépêche-toi, on va être en retard, marmonna Sirius en regardant sa montre.
Regulus épousseta sa jolie cape pourpre en haussant un sourcil en direction de Sirius.
– On est en avance, remarqua Regulus. Enfin, on est en avance pour toi.
– Justement j'aimerai changer mes habitudes, expliqua Sirius en levant les yeux au ciel. Maintenant je suis un nouvel homme.
– Un nouvel homme ? répéta Regulus en se retenant d'éclater de rire.
– Oui, un homme qui arrive en avance.
– Tu ne peux pas être un homme qui est moins agaçant ? s'enquit Regulus avec un sourire en coin.
Sirius soupira, le fusilla du regard et regarda de nouveau sa montre.
– Je devrais peut-être me changer... souffla Regulus en se regardant dans le Miroir.
– Te changer ? s'horrifia Sirius en écarquillant les yeux.
Cette fois-ci, Regulus dut se mordre l'intérieur des joues pour ne pas éclater de rire. Parce que c'était absolument tordant de voir Sirius essayer de le faire partir de son appartement le plus vite possible, mais qu'il n'y arrivait pas et que la panique commençait à se faire sentir.
Et Regulus, en bon petit-frère, s'amusait à le faire patienter le plus possible, écroulé intérieurement en voyant son frère se mettre à paniquer.
– Oui me changer, insista Regulus en faisant une grimace. La cape qu'Astoria m'a faite est vraiment magnifique, mais elle est un peu trop... trop, non ?
– Tu es très bien comme ça ! s'écria presque Sirius qui sentait la panique à plein nez à l'idée que Regulus ne se change.
– Mais on va juste au restaurant tous les deux pour fêter ton innocence, remarqua innocemment Regulus en haussant les épaules.
– Donc, je ne mérite pas que tu t'habilles bien pour moi ? siffla Sirius qui tentait de prendre un air décontracté.
– Si. Mais je n'ai pas besoin de mettre une cape à des centaines de Galions pour ça.
– Astoria te l'a faite gratuitement, tu ne l'as même pas payée ! remarqua Sirius en le fusillant du regard.
– Les gens ne le savent pas, opposa Regulus.
– Regulus. Tu m'as déjà fait attendre une heure ici parce que tu ne savais pas quoi mettre comme chaussures puis pour que je te coiffe comme tu le voulais. Alors maintenant ça suffit. On y va ! s'écria Sirius d'une voix tranchante qui ne laissait pas place à la contradiction.
Regulus observa son frère qui avait commencé à rougir de frustration et qui semblait hésiter entre le frapper ou le secouer comme un prunellier.
Voir Sirius perdre ses moyens fit finalement éclater Regulus de rire. Il n'y tint plus et posa une main sur son ventre tant il riait, alors que Sirius le fixait, l'air perplexe.
– Tu es vraiment atteint, marmonna Sirius qui ne savait pas quoi faire.
– Arrête de paniquer, tu me fais peur quand tu es comme ça, ironisa Regulus en essuyant les larmes qui avaient coulé de ses yeux.
– Je ne panique pas, assura Sirius en levant les yeux au ciel. Pourquoi je paniquerai ?
– Parce que tu dois me conduire à mon mariage surprise et que tu as peur de ne pas y arriver.
Sirius en resta pantois et Regulus se félicita intérieurement d'avoir réussi à se taire assez longtemps pour surprendre son frère et le voir bouche-bée. C'était la meilleur des récompenses.
– De quoi tu parles ? demanda Sirius après une courte hésitation, comme s'il ne savait pas s'il devait continuer à jouer ou lui avouer la vérité.
– Tu crois vraiment que je mets une cape aussi somptueuse pour aller dîner ? demanda Regulus en ricanant. Et que je mets les armoiries des Black sur moi ?
– Tu aimes montrer qu'on était des Black, opposa Sirius qui comprenait qu'il venait de se faire voir au moment où Regulus avait insisté pour faire apparaître les armoiries de la famille sur sa cape.
– Mais bien sûr. Et me coiffer pendant une heure juste pour toi. Je t'aime Sirius, et je suis ravi que tu sois considéré comme innocent, mais on aurait aussi pu fêter ça au Manoir Potter avec tous nos proches.
Sirius avait été déclaré innocent, après un procès qui avait duré plusieurs jours, pendant lequel Peter Pettigrow s'était retrouvé sur le banc des accusés. Sirius était arrivé en homme libre et, bien que marchant avec sa canne, il avait tenu à assister à l'ensemble du procès.
Son absence de culpabilité avait immédiatement été retenue et Regulus, qui avait tenu à être présent avec son frère pendant tout le procès, avait soutenu Sirius quand Pettigrow avait été envoyé, à vie, à Azkaban.
Regulus savait que son frère avait été secoué par le procès et il lui avait proposé d'aller au restaurant, tous les deux, pour fêter ça.
Sirius avait sauté sur l'occasion et lui avait proposé ce jour-ci, semblant presque trop ravi pour que ça soit normal. Regulus n'avait pas vraiment compris quand il avait reçu une cape, envoyée par Astoria, absolument merveilleuse, sur laquelle elle avait dû passer des centaines d'heures.
Et, finalement, c'était au moment où Sirius avait insisté pour que Regulus se dépêche qu'il avait enfin compris ce qui allait se passer aujourd'hui et que le restaurant n'était qu'une excuse pour l'entraîner à son propre mariage.
Son rêve depuis tant d'années. Le mariage auquel il n'avait jamais eu droit.
– Donc tu me fais tourner en rond depuis ce matin alors que tu savais ce qui se préparait ? soupira Sirius.
– Et oui, dit Regulus avec un sourire malicieux, ravi d'avoir réussi à piéger son frère.
Sirius n'avait pas besoin de savoir que Regulus n'avait découvert ce qui se tramait que depuis une heure. Il préférait lui faire croire qu'il l'avait découvert depuis le début et qu'il s'était bien fait avoir.
Un Maraudeur pris à son propre piège, c'était plutôt amusant et inaugurait une bonne journée pour Regulus.
– Tu as toujours su quand on te préparait une surprise, déjà quand tu étais petit, impossible de t'organiser un anniversaire... Se croît plus malin que les autres... Serpentard jusqu'au bout de la baguette, grommela Sirius qui semblait pourtant soulagé que Regulus ait compris ce qui se tramait.
– Severus est au courant ? demanda Regulus.
Il s'était posé la question au moment où il avait compris ce qui allait se produire, craignant que Severus soit aussi amené par surpris à l'autel. Il ne savait pas si Severus, qui détestait les surprises, allait être ravi. Or, Regulus voulait que son mari veuille se marier avec lui.
– Bien sûr, dit Sirius avec un sourire en coin. On a voulu son avis pour la décoration. Tu le connais, s'il n'avait pas été informé, il aurait été capable de tout faire annuler pour tout refaire. En réalité, tout le monde est au courant, à part toi.
– Parfait.
Il savait que Severus avait su contrôler Rosalie et Sirius dans leurs choix pour créer quelque chose qui leur ressemblait. Du moins, il l'espérait. Et, au moins, cela signifiait que Severus voulait vraiment se marier avec lui, de nouveau.
– Et donc, la cape qu'a faite Astoria, c'est... Waouh... murmura Regulus en regardant de nouveau son habit qui l'avait ébloui la première fois qu'il l'avait vu.
Le tissu était tout simplement magique. Regulus suivait les créations d'Astoria avec attention, depuis toujours, mais cette cape était sans doute sa plus belle création. Le tissu semblait étinceler de Magie, il était brillant, il volait presque autour de lui et retombait impeccablement sur son corps.
La couleur pourpre, aux liserés argentés, couleurs des Black, rendait justice à son teint pâle et à ses yeux métalliques. Les manches étaient relevées de telle façon qu'on voyait son bras gauche, vierge de toute Marque des Ténèbres. La cape était refermée par une jolie broche en forme de lys, clin d'œil certain à Lily qui avait serré le cœur de Regulus de joie.
Regulus se trouvait absolument magnifique et il savait qu'il ne devait ça qu'au talent de sa filleule et à la coiffure réalisée par Sirius.
– Elle travaille dessus depuis des mois ! confirma Sirius les yeux pétillants. Depuis noël, en fait.
– La broche est tout simplement merveilleuse. Je n'ai pas les mots.
– C'est sûr. Elle nous a envoyé une lettre pour savoir quelle forme on voulait et Rosalie a dit que ça serait un joli clin d'œil à Lily, compléta Sirius en soupirant de tristesse. Dans tous les cas, Astoria a tout terminé depuis quelques jours, juste à temps.
– Noël ? répéta Regulus qui venait de comprendre les paroles de son frère, un peu sous le choc. Vous organisez ça depuis noël ?
– Eh oui ! Tu vois que tu n'es pas si omniscient que ça, s'amusa Sirius qui semblait soulagé en voyant que Regulus n'avait découvert le pot aux mandragores que récemment. C'est Rosalie qui a eu l'idée et qui m'a demandé si je voulais l'aider. On a attendu que Voldemort soit mort pour en parler à Severus, bien sûr, mais on avait plein de choses à prévoir. Et on a missionné Astoria en secret pour qu'elle s'occupe de la cape de Severus et de la tienne.
– Ma filleule, dit fièrement Regulus en regardant de nouveau la cape, impatient à l'idée de découvrir les habits de son mari.
– Tu es heureux ? Parce que si tu ne veux pas, je peux aussi te conduire dans un autre pays et te fournir une autre identité, assura Sirius avec sérieux.
– Comment tu ferais ça ? s'amusa Regulus.
– J'ai été un criminel en fuite et je m'étais organisé au cas-où le procès tournerait mal, admit Sirius en haussant les épaules.
– Je suis rassuré de savoir que j'aurai quelqu'un à appeler si j'ai un problème, ironisa Regulus. Mais oui, je suis heureux. Je veux l'épouser depuis toujours !
– Parfait, alors. Pas que j'approuve particulièrement ton choix de mari, évidemment, mais je suis heureux que tu sois heureux, affirma Sirius qui détourna le regard comme s'il ne voulait pas que Regulus puisse voir son émotion.
– Tu veux bien être mon témoin ? demanda Regulus un peu solennellement.
– Tu crois que je m'habille comme ça pour ne pas être témoin ? ironisa Sirius en montrant sa cape qui lui allait parfaitement bien. Mais oui, espèce de Veracrasse. J'en serai honoré.
Regulus sourit largement, soulagé de savoir que son grand-frère serait à ses côtés pour le soutenir. Le simple fait qu'il soit là était incroyable pour lui. Il n'oubliait pas qu'il s'était marié sans lui, la première fois et il n'avait pas voulu réitérer l'expérience. Il voulait son frère avec lui dans tous les moments heureux de sa vie.
– Je vais juste ajouter un petit quelque chose à ta robe, annonça Regulus.
Regulus agita sa baguette et, sur la cape de Sirius, apparurent les armoiries de la famille Black. Sirius leva les yeux au ciel, mais son sourire amusé démontrait qu'il était heureux de les porter. Après tout, même si leur mère l'avait rayé de la tapisserie, Sirius restait un Black.
– Prêt ? demanda Sirius.
Regulus hocha la tête, après s'être observé aux côtés de son frère dans le miroir une dernière fois.
Il y a un an, jamais il n'aurait pensé en être ici. Il n'aurait pas pensé que son frère lui aurait pardonné, aurait été libre et aurait accepté d'être son témoin pour son mariage avec Severus.
Il n'aurait pas pensé que Voldemort serait définitivement mort et que lui et Severus pourraient enfin se marier sans craindre d'être découverts et assassinés.
Cette liberté le paralysait parfois, parce qu'il craignait que ce ne soit qu'un leurre, mais c'était la vérité.
Il était libre d'épouser l'homme de sa vie, avec son frère comme témoin et toutes les personnes qu'il aimait. Jamais il n'avait été aussi heureux de sa vie.
– Éclair, murmura Sirius en entraînant Regulus avec lui.
.oOo.
Regulus écarquilla les yeux quand il passa la tête par l'embrasure de la porte du Manoir Potter. La cérémonie se déroulait dans le parc du Manoir des Potter et tout semblait, à la fois impressionnant et à la fois tout comme il l'avait toujours rêvé.
Il n'eut cependant pas le temps de regarder plus longtemps la décoration que Sirius le ramena à l'intérieur, mais Regulus eut le temps de capter une voix qu'il connaissait bien.
– Qu'il embrasse son sang-mêlé et vite ! cria une voix stridente dans la foule.
Regulus se retourna, stupéfait, vers son frère.
– Maman est là ? fit Regulus. Je croyais que son tableau était collé avec de la glue perpétuelle.
– J'ai cassé le mur, répondit simplement Sirius alors que Regulus éclatait de rire. On va y aller.
– Déjà ?
– Severus t'attend. On est retard et je pense qu'il croit que je t'ai enlevé pour que tu ne te mari pas avec lui.
– Je ne lui dirai jamais que tu as essayé de le faire, ironisa Regulus.
– Merci mon frère.
– Tu penses que je fais bien ? demanda Regulus qui sentait l'angoisse lui serrer le cœur.
Sirius haussa un sourcil et le regarda comme s'il était fou. Il lui attrapa la main gauche en désignant la bague qui se trouvait sur son annulaire.
– Tu es déjà marié. C'est comme un renouvellement de vœux, dit Sirius.
– On ne s'est pas mariés comme ça, insista Regulus. Il y avait juste les Greengrass et... Et Lily, ajouta-t-il avec émotion en se souvenant de la jolie rousse qui l'avait soutenu avant qu'il n'entre dans la mairie moldue. Et puis là... C'est un mariage magique.
– C'est comme un mariage moldu. C'est juste que ça fait plus mal.
– Mal !? s'écria Regulus les yeux écarquillés avant de voir Sirius se mettre à rigoler.
– Je suis rassuré. Tu es toujours aussi naïf.
– Je te fais confiance c'est tout, grommela Regulus vexé de s'être fait avoir.
– Allez, arrête de bouder, c'est à nous d'entrer en scène ! lança joyeusement Sirius en lui tendant son bras avec un large sourire. Compte jusqu'à cinq et on y va. Je ne te laisse pas le choix
Un. Son cœur battit un peu plus rapidement.
Deux. Ses mains étaient moites.
Trois. À quoi ressemblait Severus ?
Quatre. Voudrait-il toujours se marier avec lui ?
– Cinq, lâcha Regulus.
Dans le parc, la musique commença à retentir. Les notes étaient familières et Regulus reconnut immédiatement la chanson que James et Lily avaient utilisée pour leur propre mariage. Sa gorge se noua à l'idée qu'ils ne puissent pas être présents.
Regulus serra fermement le bras de Sirius, plus par impatience, que par peur, bien que son cœur se mit à battre la chamade.
Les deux frères avancèrent dans le parc du Manoir Potter, à pas lents, laissant à Regulus le temps d'observer les lieux avec une joie contenue. Tout était comme il l'avait rêvé.
L'espace d'un instant, il fut surpris de voir à quel point les lieux étaient blancs, pensant même que de la neige artificielle avait été déposée partout, avant de comprendre qu'il s'agissait de fleurs blanches. De lys.
Il y avait une profusion de fleurs blanches, accrochées sur tout ce qui n'était pas vivant dans le parc. Les arbres aux alentours étaient remplis de petites lumières blanches qui scintillaient, de longes rubans de gaze blanche, des centaines de papillons blancs qui volaient tout autour du lieu, lui donnant un air enchanteur...
Les rangées de chaises étaient drapées de satin d'une couleur plus grise qui faisait penser aux yeux de Regulus, alors qu'il prenait conscience des gens qui s'étaient déplacés ce jour-là. Ils n'étaient pas si nombreux, mais Regulus ne vit que des gens qu'il aimait.
Pourtant, il prit à peine conscience de la foule qui le fixait, puisque le regard de Regulus fut attiré presque immédiatement par le bout de l'allée.
En levant les yeux, il découvrit, enfin, Severus, debout devant une arche croulant sous le poids d'autres fleurs mêlées de tulle.
Regulus se rendit à peine compte que Rosalie était à côté de Severus et que l'enchanteur qui avait officié au mariage de Lily et James était derrière un pupitre. Il ne vit pas Harry, Astoria, Daphné et Caleb au premier rang, accompagnés des Malefoy. Il ne vit aucun invité.
Il n'avait d'yeux que pour Severus. Le voir face à lui le submergea et, sans Sirius à ses côtés, Regulus serait tombé par terre.
Sa cape était, bien évidemment, aussi merveilleuse que la sienne et jamais Regulus n'avait vu son mari aussi magnifique. La cape était d'un blanc aussi pur que les fleurs, et il vit avec émotion qu'était accrochée une fleur de lys sur l'une des poches de la cape.
Les prunelles sombres de Severus étaient incandescentes, alors que leurs Magies se rejoignaient enfin, se reconnaissant, s'aimant déjà et apaisant Regulus qui ne s'était pas rendu compte qu'il avait eu tant besoin de Severus.
L'émotion de Severus était palpable et il avait les traits tirés, comme grimaçant par peur. Pourtant, quand Severus posa ses yeux dans ceux de Regulus, le visage du premier s'étira en un sourire heureux qui coupa le souffle de Regulus. Tout à coup, seule la pression de la main de Sirius sur son bras l'empêcha de se ruer dans l'allée pour rejoindre son mari.
La musique était trop lente au goût de Regulus et il aurait voulu avancer plus vite, être déjà aux côtés de Severus, se marier avec lui, et...
– Calme-toi, tu es déjà marié et il ne va pas s'enfuir, chuchota Sirius à voix si basse que personne d'autre que Regulus ne l'entendit.
Regulus masqua son sourire, alors qu'ils continuaient d'avancer.
Et, enfin, Regulus arriva près de Severus.
Sirius attrapa la main de Regulus pour la placer sur la main de Severus et ce simple contact aurait pu le faire défaillir. Il manqua Sirius qui se déplaçait derrière lui, tout concentré qu'il était sur l'homme de sa vie.
– Surprise, chuchota Severus l'émotion présente dans la voix.
– Je t'aime, murmura Regulus à son tour, incapable de dire autre chose.
Regulus et Severus se tournèrent vers l'enchanteur qui leur sourit, alors que l'échange des vœux était prononcé. Tout était simple, des mots traditionnels, prononcés par l'enchanteur sur l'importance de l'amour et de leur couple.
– Aujourd'hui, vos liens vont changer, déclara l'enchanteur avec un léger sourire. Vous êtes déjà mariés, bien entendu. Mais vous allez aujourd'hui vous marier devant la Magie. Vous allez vous engager de nouveau pour la vie, par les liens de l'amour et du couple. Le voulez-vous ?
– Oui, répondirent Severus et Regulus d'une même voix, sans se lâcher sur regard.
– Je vais vous demander de vous tenir les mains.
Severus et Regulus s'attrapèrent les mains avec émotion, alors que l'enchanteur posait sa baguette sur leurs mains liées. Il agita sa baguette et des dizaines de rubans s'enroulèrent autour de leurs mains, en se mettant à scintiller.
Regulus croisa les yeux sombre de son mari et il y vit une telle émotion qu'il en chancela.
L'enchanteur fixa Severus qui prit une grande inspiration.
– Regulus. Dès l'instant où je t'ai rencontré, je t'ai trouvé très agaçant. Qu'aurais-tu pu être d'autre en étant le frère de Sirius Black après tout (Sirius se mit à ricaner derrière Regulus). Et pourtant, quand j'ai appris à te connaître, je suis tombé amoureux de toi sans comprendre comment. Nous avons vécu tellement de choses tous les deux. Nous nous sommes cachés, nous avons faillis mourir, aussi... Tout ce que je veux, à présent, c'est t'aimer jusqu'à la fin de ma vie. C'est vivre avec toi, sans que personne ne puisse rien nous dire. Que tu puisses enfin avoir la vie que tu mérites.
Les mots de Severus touchaient Regulus parce que son mari était assez avare en compliments et qu'il accepte de se livrer comme ça devant leur famille et leurs amis était une immense preuve d'amour.
Regulus, lui, n'avait rien préparé, mais les mots virent tout seul. Il n'avait pas besoin de préparer un discours pour dire à quel point il aimait Severus de tout son cœur.
– Je t'aime, depuis toujours, murmura Regulus en souriant avec tendresse. Dès le moment où je t'ai demandé de m'aider en Potions, je savais que je voulais être ton mari un jour. Même si on devait vivre caché, tu as toujours été là pour moi, à me soutenir et me supporter. Tu es un héros pour moi et je suis fier d'être ton mari aujourd'hui. Je t'aime comme au premier jour et pour encore très longtemps.
Les yeux noirs de Severus étaient à présent remplis de larmes et Regulus sourit doucement à son mari, pensant tous les mots qu'il venait de prononcer.
– Je vais demander aux témoins de s'approcher, demanda l'enchanteur.
Rosalie et Sirius, les deux témoins s'approchèrent de l'enchanteur et posèrent leurs baguettes, à l'instar de l'enchanteur, sur les mains serrées du couple et firent apparaître deux rubans blancs qui représentaient leur engagement de témoin. Leurs mains étaient à présent recouvertes de dizaines de rubans brillants.
– Mr Severus Rogue, souhaitez-vous prendre pour époux, devant la Magie, Mr Regulus Arcturus Black ici présent ?
– Oui, je le veux.
– Mr Regulus Arcturus Black, souhaitez-vous prendre pour époux, devant la Magie, Mr Severus Tobias Rogue ici présent ?
Regulus se rendit compte des larmes qui coulaient sur ses joues au moment où se fut à lui de parler.
– Oui, réussit-il à dire en souriant comme un enfant.
– Par les pouvoirs qui me sont conférés par la Magie, je vous déclare mariés, devant la Magie.
Les rubans s'illuminèrent immédiatement, diffusant une lumière si blanche, si pure que Regulus dut fermer les yeux alors qu'il sentait que sa Magie s'enveloppait avec celle de Severus lui provoquant une myriade de petites clochettes dans le corps.
Les rubans et la lumière disparurent en même temps et il y eut un instant de calme, alors que les deux époux se regardaient pour la première fois en tant qu'époux, mariés devant la Magie. Tout était différent d'un mariage moldu. C'était beaucoup plus puissant, enchanteur, magique.
Severus n'attendit pas l'aval de l'enchanteur. Il posa ses deux mains autour du visage de Regulus pour l'embrasser avec une douceur infinie. Regulus passa les bras autour de son cou, emporté par le moment, par l'odeur affolante de Severus, par leurs Magies qui semblaient s'unir de nouveau.
Le public applaudit et Severus et Regulus se tournèrent vers leur famille avec une émotion non feinte. Regulus était presque incapable de regarder la foule tant il était concentré sur Severus, comprenant que le mariage sorcier avait beaucoup plus d'impact que le moldu, car ils étaient enfin officiellement mariés. Devant la Magie elle-même.
Astoria fut la première à venir l'enlacer et son visage strié de larmes fut la première chose que vit Regulus quand il réussit à détacher son regard de Severus. Puis, il passa de bras en bras, de mains en mains, à peine conscient de qui le félicitait, son attention toute entière concentrée sur les doigts de Severus qui ne le lâchaient pas.
À jamais.
.oOo.
– Miss Greengrass, me feriez-vous l'honneur ? demanda Regulus en s'inclinant face à Astoria, la main tendue vers la jeune fille qui sourit de toutes ses dents.
– Avec plaisir, Mr Black-Rogue.
Regulus prit alors un malin plaisir à faire virevolter sa formidable filleule tout autour de la piste, Astoria souriant comme si c'était noël, visiblement ravie d'avoir cet honneur.
– Merci pour les capes, elles sont merveilleuses, murmura Regulus à son oreille. Je ne te parle même pas de la broche. Je crois que je vais la mettre sur ma robe de Langue-de-Plomb.
– C'était mon cadeau pour tout ce que tu as toujours fait pour moi, répondit Astoria avec émotion.
– Tu es la meilleure filleule que j'aurai pu espérer avoir, affirma Regulus. Tu es destinée à faire de grandes choses, Astoria, ne doute jamais de toi.
– Sans toi... Tu m'as aidé dans tout ce que j'ai fait et... Juste merci d'être là pour moi, déclara Astoria les larmes aux yeux. Je suis tellement heureuse que tu sois enfin marié avec Severus.
– Et moi donc, rit Regulus en soupirant de soulagement. Il nous en aura fallu du temps.
– L'important c'est que ça soit enfin arrivé, dit justement Astoria.
Ils tournoyèrent un long moment, Regulus oubliant le monde autour de lui pour s'occuper de sa filleule.
Il se souvenait de la joie qui s'était emparée de lui quand Rosalie et Caleb lui avaient demandé de devenir le parrain d'Astoria. Il s'était senti ému, très heureux de cette responsabilité et s'était assuré d'apporter à Astoria tout ce qu'il pouvait.
Aujourd'hui, c'était devenue une fille incroyable et c'était lui qui était fier d'être son parrain et qui avait appris d'Astoria, c'était elle qui lui avait beaucoup apporté. Il savait qu'elle était promise à de grandes choses, un grand avenir et il était fier d'y avoir contribué, un petit peu, par sa présence.
– Vous allez pouvoir avoir une famille, maintenant, dit Astoria d'un ton innocent.
Regulus sourit légèrement en regardant à la dérobée Severus qui discutait avec Narcissa et Lucius en souriant, souriant comme il n'avait jamais souri de sa vie, tout simplement heureux. Regulus en rêvait, d'une famille, surtout avec Severus, mais il avait longtemps cru que c'était impossible. Aujourd'hui, peut-être qu'il pourrait espérer avoir cette chance...
– Merci d'avoir organisé tout ça, dit Regulus avec émotion.
– Tu aurais dû voir la tête de Severus quand on lui a annoncé ! s'amusa Astoria les yeux pétillants. Il était tellement content. Vous êtes trop mignons tous les deux.
– Bien sûr qu'on l'est, dit Regulus en riant. Je suis parfait, après tout.
Astoria pouffa, sans le contredire, alors qu'ils continuaient à tournoyer sur la piste, avant que la musique ne s'arrête.
Regulus prit Astoria dans ses bras pour la remercier de tout ce qu'elle lui avait apporté, avant de lever son index et de faire un signe à Rosalie pour qu'elle le rejoigne.
– C'est une formidable soirée, affirma Rosalie qui semblait vraiment heureuse et rayonnante et qui venait danser avec Regulus.
La dernière fois que Regulus l'avait vu comme ça, c'était au mariage de Lily et James. Regulus et Rosalie avaient dansé ensemble à cette soirée-là, bien que Regulus ait été forcé de boire régulièrement du Polynectar pour passer inaperçu. Ils avaient tellement ri et dansé. Il s'était tellement amusé qu'il était certain de ne jamais oublier ce mariage. Lily si heureuse, Rosalie si émue...
Tout avait été parfait, avant que les évènements ne s'enchaînent et qu'ils ne perdent tour à tour leurs sourires.
Avant de retrouver espoir quand Harry avait fait son retour dans leurs vies.
Depuis, tout avait été plus tranquille, presque parfait. Jusqu'à ce point ultime où Regulus était enfin heureux. Heureux parce qu'il pouvait faire tout ce qu'il voulait. Harry les avait tous sauvé, même s'il s'efforçait de dire le contraire.
– À qui le dis-tu, sourit Regulus. C'était merveilleux, merci pour tout ce que vous avez fait pour nous. C'est fantastique.
– Lily aurait été fière de toi, tu sais, affirma Rosalie avec un sourire en coin.
Regulus sourit avec émotion, alors qu'ils regardaient tous les deux Harry et Draco qui dansaient comme s'ils étaient seuls au monde, pendant que Severus faisait danser Daphné et qu'Ornella et Sirius étaient en plein flirt. Ginny riait avec Blaise et Theo. Les Malefoy discutaient poliment avec les Weasley.
Il y avait presque tout l'Ordre de l'Éclair et voir tous ces jeunes, remplis d'espoir, avait donné du baume au cœur à Regulus. Parce qu'il savait que c'était ce qu'aurait voulu Lily, que la nouvelle génération soit heureuse, sans craindre la menace du mage noir, vivre, tout simplement.
Rosalie et Sirius avaient invité toutes les personnes que Regulus appréciait. En plus des membres de l'Ordre, qui étaient des élèves que Severus adorait et que Regulus avait appris à connaître pendant qu'ils séjournaient au Manoir Potter, ils avaient également invité quelques professeurs que Regulus avait pris plaisir à retrouver.
Il avait longuement discuté avec Minerva et Filius qui avaient été impressionnés par sa disparition et très intéressés par son travail au sein des Langue-de-Plomb. Il y avait des collègues à lui, toujours tristes d'avoir perdu Andrew, l'un des leurs, tué par l'un des Mangemorts lors de la Bataille.
Regulus avait même eu la surprise de voir Goldberg, son chef, faire une apparition en le tapotant dans le dos comme pour le féliciter.
Malheureusement, il manquait Andromeda, qui pleurait toujours la mort de sa fille, mais qui avait promis à Sirius de les inviter à dîner très rapidement pour qu'ils puissent reprendre contact.
C'était un petit mariage, mais cela suffisait à Regulus. Il avait voulu quelque chose d'intime, de tendre, à l'image de son couple avec Severus.
– Tout va être différent, maintenant, sourit Rosalie. Vous allez pouvoir être heureux.
– Je suis déjà heureux.
Regulus embrassa la joue de Rosalie au moment où Severus traversait la piste pour le prendre dans ses bras.
Regulus pensait qu'il voulait le faire danser, mais Severus avait une autre idée en tête puisqu'il lui lança un sourire amusé, comme s'il savait parfaitement ce qu'avait pensé Regulus, ce qui était sans doute le cas.
Le mélange de magies, qu'ils avaient fait tous les deux, il y a très longtemps, leur avait donné une quasiment omniscience l'un de l'autre.
En réalité, malgré la distance, tous les deux arrivaient parfaitement à savoir dans quel état était l'autre, s'il était heureux dans sa vie, à quels moments il était urgent qu'ils se retrouvent. Cela leur avait toujours donné une force supplémentaire, comme si l'autre était toujours présent, même quand il était absent.
– On y va, annonça Severus qui ne pouvait plus masquer son sourire fier.
– Euh, où ça ? demanda Regulus en fronçant les sourcils.
– Faire notre lune de miel, bien évidemment, répondit Severus en l'embrassant tendrement.
– On s'est arrangé avec Goldberg pour tes vacances, ajouta Rosalie qui avait dû sentir que Regulus allait opposer l'argument du travail.
– J'ai préparé ta valise, indiqua Astoria qui venait de se glisser près d'eux.
Cela rassura Regulus plus que de raison. Au moins, elle se serait assurée de lui mettre ses plus belles tenues, car il n'aurait personnellement pas su quoi choisir et quoi emporter dans sa malle, surtout sans savoir où il allait.
– Tu n'as plus qu'à profiter, renchérit Caleb.
– Et nous ramener des cadeaux, bien sûr, ajouta Daphné alors qu'elle venait prendre Regulus dans les bras en lui souhaitait un bon voyage.
– Félicitations, beau-frère, dit Sirius en se tournant vers Severus pour lui serrer la main.
Severus l'attrapa sans hésiter, alors que Regulus se détachait légèrement de Harry qui venait de le prendre ses bras, pour observer la scène.
Voir son frère et son mari faire la paix à ce point, à un point tel qu'ils se félicitaient et qu'aucune rancœur n'existait plus dans leurs yeux était quelque chose qu'il n'aurait jamais osé rêver et espérer... Cela lui paraissait impossible à croire !
Jamais il n'avait imaginé, même dans ses rêves les plus fous, que Sirius et Severus feraient la paix pour lui. Et pourtant, ils l'avaient fait. Ils avaient organisé ce mariage ensemble, sur la fin, ils avaient mis de côté tout pour pouvoir faire plaisir à Regulus et être, enfin, une vraie famille.
L'émotion lui tordit l'estomac, alors que Regulus avait à peine le temps de dire au revoir à tout le monde, leur faisant un signe de la main pour les saluer tous, sachant qu'il les reverrait rapidement et qu'il n'avait qu'une chose à faire à présent : profiter de son mari.
Il attrapa la main de Severus et le suivit vers l'extérieur du Manoir sans cesser de sourire comme un idiot. Tout était parfait. Sa famille était parfaite. Son mari devant la Magie était parfait.
Regulus s'arrêta en plein milieu de l'allée pour embrasser son mari comme si sa vie en dépendait, incapable d'attendre une seconde de plus, avant de le fixer avec émotion.
– Tu es merveilleux, déclara Regulus.
– Pas autant que toi, Regulus Rogue-Black, sourit Severus avant de l'embrasser un très long moment.
– Merci d'avoir fait la paix avec Sirius. Et ce mariage il était... C'était parfait, tout ce que j'ai toujours voulu.
– Alors je suis content, dit Severus qui semblait soulagé. Et ton frère n'est pas si désagréable que ça, quand il veut.
– Vous allez finir par devenir les meilleurs amis du monde.
– Ne pousse pas la baguette trop loin non plus, ironisa Severus. Mais je peux le supporter pour toi.
– Où est-ce qu'on va ? demanda Regulus en commençant à sauter d'impatience sur place.
Ils étaient déjà partis en vacances, mais uniquement avec Astoria et Daphné. Chacun partait de son côté avec sa filleule, avant qu'ils ne rejoignent pour une nuit dans une capitale.
Mais, malheureusement, ils n'avaient jamais eu l'occasion de partir tous les deux, pour plus d'un week-end, ils avaient toujours été trop angoissés pour le faire, craignant d'être repérés. Ce serait leurs premières vacances de couple marié et c'était presque tellement d'émotions que Regulus en chancela.
– Île Maurice. C'est Sirius qui me l'a conseillé, admit Severus en haussant les épaules. Apparemment, c'est là-bas qu'il s'était réfugié quand il s'est échappé d'Azkaban, après être venu à Poudlard.
– Ça s'annonce parfait, approuva Regulus qui en avait les yeux qui pétillaient.
– La plage, le sable chaud et tout ce que tu veux.
– C'est toi que je veux.
– Mais je suis tout à toi, mon cher mari, murmura Severus en le prenant dans ses bras.
– Et tu es tout à moi, compléta Regulus en souriant.
Ils se regardèrent dans le blanc des yeux, dansant une dernière fois, dans l'allée du Manoir Potter, la musique du mariage continuant et leur parvenant très faiblement.
Mais ils n'avaient pas vraiment besoin de musique, ils dansaient au rythme de leurs propres Magies, de leurs cœurs qui battaient à l'unisson.
Ils dansèrent assez longtemps pour que Rosalie, qui venait de les apercevoir, ne les chasse pour qu'ils ne ratent pas leurs Portoloins.
– C'est parti, dit Severus en attrapant la main de Regulus qui savait qu'il ne voulait plus jamais la lâcher de sa vie.
Il suivrait son mari jusqu'au bout du monde.
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– C'était une cérémonie merveilleuse, dit Pansy avec des étoiles dans les yeux.
Draco hocha la tête. Il avait adoré assister à ce magnifique mariage. C'était un peu trop restreint pour ses standards, mais il comprenait que Severus et Regulus aient voulu faire ça dans l'intimité de leur famille et de leurs plus proches amis.
– Je suis contente pour Rogue, enchaîna Pansy.
– Il le mérite, approuva Blaise en hochant la tête, son regard fixé sur Ginny qui dansait avec Harry en riant.
Draco lui-même avait du mal à regarder ailleurs que son petit-ami qui dansait avec assez peu de talent, il devait l'admettre, mais il ressentait tant de tendresse pour lui qu'il oubliait les faux pas du brun.
Luna vint rejoindre Ginny et Harry et ils entamèrent une danse qui n'avait aucun sens, bougeant leurs mains dans les airs en courbant leurs corps, ce qui fit pouffer Pansy.
– Alors, quand est-ce que tu l'embrasses ? demanda malicieusement Blaise qui avait suivi le regard de Pansy.
– Bientôt, promit la brune en rougissant.
– Tu penses que tes parents l'accepteront ? Parce que sinon on peut toujours t'accueillir, assura Draco.
– Nous aussi, confirma Blaise. Ma mère serait ravie d'avoir enfin une fille à la maison.
– Vous êtes adorables les amis, dit Pansy en posant sur eux un regard rempli d'émotion et de gratitude. Mais je pense qu'ils vont accepter, mais il me faut du temps avant de le leur dire. Pour le moment, ils doivent accepter le fait que mon oncle va mourir.
Draco frissonna car l'oncle de Pansy, Mangemort, venait d'être condamné au Baiser du Détraqueur. Heureusement pour Pansy, ses parents avaient semblé comprendre qu'ils avaient fait un mauvais choix stratégique en voulant rejoindre le Seigneur des Ténèbres et avaient tout fait pour se mettre à l'abri de tout soupçon, un peu comme le père de Draco. Ils avaient la Marque sur eux, mais ils s'étaient assurés de ne pas participer à la Bataille et, ayant été innocentés pendant la première guerre, ils s'en étaient tous les deux sortis.
Mais Draco était du même avis que Pansy, il valait mieux qu'elle attende au maximum avant de leur annoncer la nouvelle de son homosexualité.
– Qui aurait cru qu'on serait là aujourd'hui, n'est-ce pas, sourit Pansy avec émotion.
– Et dire qu'au début de l'année, tu étais encore à baver sur Potter, marmonna Blaise, amusé, en fixant Draco. Tous les soirs où tu nous en parlais en long et en large. Et maintenant vous êtes presque mariés devant la Magie, c'est presque écœurant de voir ça.
– Tu es juste jaloux, s'amusa Draco. Et puis tu peux parler avec Weasley, vous êtes tout le temps collés l'un à l'autre.
– Draco a raison, dit Pansy en hochant la tête, c'est absolument indécent. Tu as de la chance que Severus ne t'ait pas puni pour exhibition dans la Salle Commune.
– Très drôle, dit Blaise en leur tirant la langue. Excusez-moi d'être passionné.
– Mais ce n'est pas pour ça qu'on est obligé de vous voir vous bécoter dans les canapés comme ça, opposa Pansy en plissant les yeux.
– Je suis irrésistible.
– Je dois admettre, d'un point de vue objectif, que Ginny est magnifique, assura Pansy. C'est elle qui est irrésistible, pas toi.
Blaise leva les yeux au ciel, mais il ne contredit pas Pansy puisqu'il n'avait pas à le faire. Ginny était vraiment jolie et Blaise avait de la chance de l'avoir.
– Personne ne comprend pourquoi elle sort avec un rustre comme toi, en fait, ricanant Draco en évitant de justesse la serviette que Blaise avait roulé en boule pour lui envoyer en pleine tête.
– La mère de Blaise lui a forcément donné des astuces pour qu'il y arrive. Peut-être un philtre d'amour, proposa Pansy avec un sourire en coin.
– Pouah. Nous, les Zabini, nous n'avons pas besoin d'une telle chose pour séduire. Regardez ce pauvre Sirius, complètement envoûté.
Draco et Pansy ricanèrent en voyant que Sirius regardait Ornella avec une adoration sans nom.
– Tu vas te retrouver avec un nouveau beau-père, constata Pansy.
– Oui, mais lui il va le rester longtemps, remarqua Blaise en haussant les épaules d'un air indifférent, semblant attendre la suite des évènements pour se faire une opinion sur Sirius.
– En tout cas on peut dire merci à Leo pour avoir débarqué dans notre Salle Commune, conclut Pansy en tapant dans les mains. Il nous a vraiment sauvé. Tous.
– Ça c'est certain, confirma Blaise. Sans lui vous seriez des Mangemorts tatoués maintenant.
– Plutôt mourir que d'abimer ma peau, grimaça Pansy avec dégoût. Tu m'invites à danser ?
– Je croyais que j'étais un rustre, opposa Blaise avant de ricaner de l'air offusqué de Pansy et de lui tendre sa main pour l'entraîner sur la piste.
Draco observa ses deux meilleurs amis tournoyer ensemble, tout autour de la piste, avec joie, riant comme les adolescents qu'ils étaient. Pansy avait un sourire détendu et heureux, ce qui démontrait qu'elle allait parfaitement bien.
Draco était si heureux pour sa meilleure amie. Elle était enfin libre et cela lui faisait plaisir car, au début de l'année, elle était passée par des phases compliquées, craignant de devoir prendre la Marque.
Au final, tout s'était bien passé et tout était pour le mieux. Pansy pouvait être heureuse et vivre la vie qu'elle avait toujours voulu avant le retour du Seigneur des Ténèbres.
– Au secours, murmura Neville en s'affalant sur le siège à côté de Draco.
– Tu essaies d'échapper à une harpie ? s'amusa Draco.
– Pas vraiment. Susan Bones n'arrête pas de me coller depuis le début de la soirée, soupira Neville en rougissant. Elle est gentille, mais bon...
Draco chercha la brune du regard, la voyant discuter avec animation avec sa tante Amelia Bones, qui avait été invitée après s'être démenée pour organiser un procès à Sirius Black le plus rapidement possible et s'assurant que tout le monde sache qu'il était innocent.
– Ce n'est pas ton style ? demanda Draco en ricanant. Tu es plutôt blonde, non ?
Neville écarquilla les yeux en rougissant.
– Je... Que... De quoi tu... je ne vois pas...
– Mais oui, ironisa Draco en levant les yeux au ciel. Prends-moi pour un troll des montagnes. Attends quelques années encore, conseilla-t-il d'un ton conspirateur.
Neville soupira en secouant la tête, son regard se posant sur une jolie blonde qui dansait avec son père.
– Elle est trop parfaite.
– On parle bien d'Astoria ? s'étonna Draco en fronçant les sourcils. C'est une harpie, pire que Weaslette. Elle est agaçante, sûre d'elle et elle parvient toujours à ses fins, tu as du boulot pour arriver à l'attraper.
– Arrête, je sais que tu l'adores, s'amusa Neville en se détendant légèrement quand il comprit que Draco n'allait pas lui en vouloir.
Draco avait mis du temps à comprendre que Neville aimait bien Astoria, et inversement. Mais à présent il ne voyait plus que ça. Les petits regards en coin d'Astoria à l'égard de Neville et ceux, plus discrets, de Neville sur la jeune fille.
Draco s'était découvert une amitié un peu spéciale avec Neville et, loin de vouloir l'éloigner d'Astoria, il savait qu'ils formeraient un couple parfait tous les deux, même si elle était encore un peu jeune pour sortir avec un garçon de l'âge de Neville.
– Je l'adore et c'est pour ça que je sais qu'elle n'est pas un cadeau, s'amusa Draco. Mais tu sais, tu es quelqu'un de bien, toi aussi. Et tu mérites quelqu'un de bien.
– Oulà, Draco Malefoy qui fait des compliments, je crois que tu n'as pas bu que du jus de citrouille ce soir, ironisa Neville en attrapant son verre et en le sentant pour vérifier ce qu'il buvait.
Draco le fusilla du regard, avant d'être incapable de masquer son sourire en coin.
– Je fais des compliments quand ils sont mérités. Et tu nous as bien aidé pour la Bataille, donc je voulais juste te rappeler que tu es courageux et qu'inviter une fille à sortir ne devrait pas être trop compliqué.
– Sauf qu'elle s'appelle Astoria Greengrass, qu'elle est fantastique et très entourée, elle a un père, Harry qui est son frère, toi qui est son beau-frère, sans parler de Nott qui est terrifiant, rappela Neville.
– Attends quelques années, mais promets-moi de ne pas lui faire de mal, murmura Draco un peu incertain à l'idée que ce soit son rôle de lui dire une telle chose.
– Un jour, peut-être, dit Neville en haussant les épaules. Et non je ne lui ferais jamais de mal. Merci, Draco ajouta-t-il après un temps d'hésitation.
– Oh tu sais, j'essaie de faire une bonne action par an pour me donner bonne conscience.
– Tu es un mec bien, Draco, ne l'oublie pas, déclara Neville en lui tapotant le dos avec force.
– Je crois que cette conversation est beaucoup trop sentimentale. Je vais partir avant de me transformer en Poufsouffle dégoulinant, s'horrifia Draco en sautant sur ses pieds.
– Tout le monde sait que tu es un fondant du chaudron Draco, s'amusa Neville. Et arrête d'insulter les Pouffsouffle !
– Désolé de te décevoir, mais j'insulte la plupart des élèves de Poudlard et ce, très régulièrement, indiqua Draco à Neville en lui tirant puérilement la langue.
Draco s'avança sur la piste de danse, jusqu'à se retrouver aux côtés de Harry, Ginny et Luna qui continuaient à danser comme si le monde n'existait plus autour d'eux.
– Pardonnez-moi, chères sorcières, mais j'aimerai récupérer mon homme, dit Draco en toussotant légèrement pour attirer leur attention.
Les yeux émeraude de Harry se mirent à luire de plaisir alors que le brun s'avançait et se collait à lui pour commencer à danser.
– Tu as mis du temps à venir me chercher, remarqua Harry alors qu'ils se mettaient à danser presque sur place, Harry ne maîtrisant pas la plupart des pas élémentaires pour danser sans écraser les pieds de Draco qui s'était promis de lui donner des cours, le plus rapidement possible.
– Tu sais qu'on a dansé ensemble il y a dix minutes ? releva Draco en haussant un sourcil.
– Oui, mais tu m'as abandonné pour tes amis, bouda Harry alors que son sourire montrait qu'il n'était pas déçu, mais simplement amusé.
– Mes amis sont importants. Et tu m'as abandonné pour danser avec Rosalie, les Greengrass et même ma mère !
– Je cherche à me faire bien voir de ma belle-mère, admit Harry en rosissant.
Draco ricana en voyant que sa mère dansait à présent avec son père, avec une grâce et une élégance qui n'appartenaient qu'à eux.
En tournant légèrement le regard il vit, triomphalement, que Neville avait invité une Astoria rouge Souaffle à danser, sans doute dans l'espoir d'éloigner une Susan Bones qui semblait déçue.
– Ma mère t'adore déjà, je te rappelle que tu m'as sauvé la vie, s'amusa Draco. Le mélange de Magies, ça te rappelle quelque chose ?
– Ce petit truc banal ? releva Harry en riant. C'est vrai. Comment aurais-je pu l'oublier alors que tout le monde m'en parle... Tout le temps.
Draco sourit en attirant Harry plus près contre lui. Il avait l'impression qu'il n'y avait plus qu'eux sur la piste, alors qu'il fixait son petit-ami dans les yeux.
Les yeux verts dans les yeux gris.
– Merci de m'avoir fait confiance, dit Harry en fermant les yeux un bref instant. Vous m'avez recueilli à Serpentard et... Juste merci.
– Je sais, nous sommes incroyables, ironisa Draco en lui lançant un clin d'œil amusé.
– Qui aurait cru, cinq ans plus tard, que je danserai avec le petit prétentieux rencontré chez Madame Guipure, dit Harry d'un air malicieux.
– Et moi avec le binoclard qui a refusé de me serrer la main, répliqua Draco qui était toujours vexé par cette défiance.
– Arrête, tu avais insulté Ron et maintenant vous êtes amis.
– Presque amis, corrigea Draco en serrant les mâchoires.
Il devait reconnaître qu'il s'était rapproché de Weasley et Granger depuis leurs séjours au Manoir Potter. Ils avaient été les seuls enfants pendant quelques jours et il avait trouvé en Granger une comparse de révisions et en Ron un redoutable adversaire aux échecs, avec lequel il avait pris plaisir à jouer au Quidditch quand il avait monté son équipe pour battre celle de Harry.
– Je suis content d'avoir trouvé refuge dans ta Salle Commune, affirma Harry.
– Moi aussi. Je suis tellement heureux, Harry.
Leurs Magies semblèrent scintiller ensemble de nouveau, presque plus que d'ordinaire, sans doute en raison du lieu où ils se trouvaient.
Le Manoir Potter.
Draco y ressentait plus d'énergie que dans les autres lieux où ils étaient allés avec Harry. Il savait que les Potter avaient de bonnes protections, mais aussi que Lily Potter y avait fait beaucoup d'expérience. En réalité, Draco avait presque l'impression que l'âme des Potter les entourait quand ils étaient ici.
C'était d'ailleurs au Manoir Potter où ils avaient uni leurs Magies, c'était un lieu qui comptait pour eux, à jamais.
– On pourra vivre ici un jour, proposa Harry qui l'avait regardé et qui semblait lire dans ses pensées.
– Tu sais quoi, je pense que ça serait une formidable idée, confirma Draco qui se sentait aussi bien ici qu'au Manoir Malefoy, ce qui était rare tant les Magies des lieux pouvaient le coucher si elles n'étaient pas compatibles avec la sienne.
Une musique plus douce retentit et Draco eut l'impression que sa Magie et celle de Harry venaient encore de se mélanger, à un point tel qu'il en avait les larmes aux yeux, les émotions se succédant en lui, lui donnant presque envie de crier son amour pour Harry jusqu'à ce que la mort ne le terrasse.
C'était des émotions puissantes, pleines d'amour et de tendresse, qui lui retournaient le ventre, lui donnant envie de chanter et de hurler son bonheur. Il aimait tellement Harry qu'il ne voyait que lui, dans son présent, dans son futur. Il ne pouvait pas imaginer la suite sans lui.
– Un jour on dansera comme ça le jour de notre mariage, murmura Draco avec espoir.
– Uniquement si tu acceptes ma demande, Malefoy.
– Tu accepteras la mienne, puisque je la ferai en premier, opposa Draco en étirant ses lèvres en un sourire ironique.
– Ne t'inquiète pas, murmura Harry en relevant la tête pour chuchoter à son oreille. Je te dirais oui sans hésiter.
Draco sentit son cœur battre à toute vitesse et il prit le visage de Harry entre ses mains pour l'embrasser avec urgence, comme si ce simple mot avait provoqué une explosion en lui, comme si Harry venait déjà de lui dire oui alors qu'il n'avait pas fait sa demande et qu'ils étaient encore si jeunes.
Draco savait qu'il avait le temps de peaufiner sa demande pour qu'elle soit incroyable et, qu'un jour, il pourrait lui prononcer le discours qu'il avait toujours rêver de lui dire...
"Harry James Potter, malgré le fait que tu aies toujours été un idiot avec moi, et ce dès notre première rencontre, je suis tombé amoureux de toi, dès notre premier regard chez Madame Guipure. Tu es incroyable et je pense que tu le sais. Je t'aime depuis toujours et je veux passer le reste de ma vie avec toi.
Nous nous sommes détestés pendant très longtemps, avant de se mettre ensemble. Mais, en réalité, tu me provoquais uniquement car tu voulais être proche de moi, sans te l'avouer.
Tu ne m'as battu que quelques fois, assez pour me faire comprendre que tu étais un adversaire redoutable, avec lequel je voulais continuer à discuter et à vivre pour le reste de ma vie.
Malheureusement il t'a fallu cinq ans pour comprendre que Serpentard était la meilleure Maison de Poudlard et que j'en étais le meilleur représentant.
Alors, maintenant que tu as admis que j'étais l'homme parfait, intelligent, beau et prêt à tout pour toi et que, moi-même, je sais que tu es l'homme de ma vie et que nos Magies sont liées pour l'éternité, est-ce que tu accepterais de m'épouser ?"
Et Harry n'aurait plus qu'à dire oui.
Pour toujours et à jamais, la Magie de Harry était sa Magie et ils seraient liés, enfin, par les liens magiques du mariage.
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N/A :
Coucou tout le monde,
Je suis un peu en retard, mais je croule sous le travail en ce moment et je suis désolée pour mon retard pour répondre à vos adorables reviews.
De plus, ce chapitre est plus long qu'annoncé, puisque j'ai rajouté une petite scène non prévue dans le chapitre et qu'il fait environ 15.000 mots !
Merci à tous de continuer à me suivre. Plus qu'un chapitre et un épilogue et c'est la fin ! :'(
Merci énormément, j'espère que ce chapitre vous a plu.
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Review : Merci à Aussidagility et Shadow pour vos reviews qui m'ont fait super plaisir !
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