Bonjour tout le monde ! Nous voici dimanche et un nouveau chapitre pour vous est prêt. Je me suis dit que j'allais continuer comme au bon vieux temps. J'espère que vous allez bien. Ici on tombe sur un chapitre plein de discussion, vous verrez ça.

Hmp: Elle est là ! Bisous !

Emelyne: Ah c'est sûr que ça risque d'être mouvementé à un moment ou à un autre. Et je pense que ce sera le clou du spectacle. Bisous !

Lyly: merci c'est gentil ! La suite est là. Bisous !

Allez bonne lecture tout le monde !


Le lendemain matin, quand Bella se réveilla, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas rallumé son téléphone. Au fond d'elle même, elle devait admettre que c'était peut être un oubli stratégique. Pas envie de faire face à Edward, pas non plus envie de voir que Jasper lui faisait la tête. Mais contre toute attente, elle tomba sur le message d'excuse du blond qui lui redonna le sourire aussitôt. Alors qu'elle en profitait, un appel d'Edward s'afficha sur son écran, de quoi la faire enrager dès le matin.

- Quoi ? répondit-elle avec froideur.

- Bella ! Tu vas bien ?

- Bien sûr que oui je vais bien, pas besoin d'envoyer l'armée, se fâcha-t-elle enfin.

- Je m'inquiétais, tu ne répondais pas alors que tu devais passer récupérer tes peintures...

- Je t'ai dit que ces putains de peinture je viendrai les chercher quand bon me semblerait et j'aimerai sincèrement que tu arrêtes de m'appeler comme un gros psychopathe !

- Quelle mouche t'a piqué ce matin ? s'inquiéta-t-il aussitôt.

- On est plus ensemble Edward, j'ai le droit de vivre ma vie comme je l'entend sans avoir besoin de te rendre des comptes. Alors tu veux la vérité, je passais un super bon week-end, j'ai éteint mon portable parce que j'étais en bonne compagnie et que je n'avais pas envie d'être dérangée. Je rentre le sourire aux lèvres comme ça ne m'est pas arrivé depuis longtemps et voilà que tu me gâches ma journée avec tes messages et tes appels. Donc, pitié, cesse ce petit manège. Tu m'as trompé, tu m'as quitté et tu as une nouvelle vie. Si tu pouvais avoir l'amabilité de me laisser vivre la mienne, ce serait cool de ta part.

- C'est que...je...enfin, tenta-t-il d'expliquer maladroitement.

- Ne m'oblige pas à bloquer ton numéro pour avoir la paix. Maintenant tu m'excuseras, mais j'ai autre chose de prévu, alors si tu n'as rien de mieux à faire que de me pourrir une deuxième journée, je te laisse.

- Euh...OK... bonne journée dans ce cas, marmonna Edward douché.

- C'est ça, répondit-elle en raccrochant.

Réussir à la mettre en pétard avant même son café, c'était franchement un exploit. Prenant sa douche, elle pria fort que Jasper soit de meilleur humeur que la veille. Elle n'avait pas besoin d'une autre dispute au petit matin. La brune prit donc le chemin de l'appartement de son nouvel ami en espérant qu'il y avait un café au menu du petit déj, parce qu'elle n'avait pas les yeux en face des trous. Elle sonna une fois à l'interphone, puis une deuxième sans que personne ne réponde. Était-il parti chercher des viennoiseries ou refusait-il de lui ouvrir ? Un voisin ne tarda pas à sortir et la laissa gentiment passer. Bella monta donc les escaliers et se retrouva face à la porte de l'appartement. Elle dut frapper et sonner plus d'une fois avant que celle ci s'ouvre.

- Bella ? grogna Jasper en se frottant les yeux.

- Tu as oublié que nous devions petit déjeuner ensemble ? demanda-t-elle en se frottant la nuque de gêne.

- Petit déjeuner ? Quoi ? Non ? Je... désolé je suis un peu patraque.

La brune fronça les sourcils en voyant qu'en effet il n'avait pas une bonne tête. Ne lui laissant pas le temps de protester elle s'invita chez lui. Il était emmitouflé dans sa couette et ses yeux brillaient un peu trop pour que ça n'échappe à Bella. Elle posa sa main sur son front et siffla de mécontentement.

- Tu es brûlant ! se fâcha-t-elle à moitié en le faisant asseoir dans le canapé. As-tu été malade cette nuit ?

- J'ai vomi mon dîner d'hier, je tousse et j'éternue sans arrêt. Je vais juste aller me recoucher et tout ira mieux dans quelques heures.

- J'en doute, trancha Bella en allant dans la salle de bain.

Elle chercha un thermomètre partout et s'énerva à moitié quand elle vit qu'il n'en avait pas. A part des antidouleurs et des pansements la pharmacie de Jasper était un carnage.

- Il faut que tu ailles voir un médecin...

- Oh non ! grogna le blond en se relevant et en retournant se coucher dans son lit. Je ne suis pas malade, je suis juste fatigué...

La brune le regarda se traîner jusqu'à sa chambre en grommelant et leva les yeux au ciel. Il était malade et ça ne faisait aucun doute. Sauf que s'il refusait d'aller chez le médecin, le médecin devrait venir à lui et Bella en connaissait un bon. Un qui ne refuserait jamais de se déplacer. Malheureusement, il faudrait qu'elle donne quelque explication. Mais après tout, elle n'avait rien fait de mal et Jasper avait besoin de médicament. Quand elle retourna dans la chambre, le blond avait déjà disparu dans son lit. Triturant son téléphone en se demandant ce qu'elle devait faire, Bella n'attendit pas plus longtemps. Elle composa le numéro et pria pour qu'il réponde.

- Bonjour Bella, que me vaux le plaisir ?

- Bonjour Carlisle, sourit la brune heureuse de l'entendre. Si je te dis que j'ai besoin de toi, parce que ton fils est malade et qu'il refuse de voir un médecin, est-ce que tu accepterais de m'aider ?

- J'ai vu Emmett hier soir, il allait parfaitement bien, s'inquiéta aussitôt le médecin.

Bella se mordit la lèvre et haussa les épaules. Après tout, elle ne faisait rien de mal.

- Je parlais plutôt de Jasper, avoua-t-elle en se rongeant les ongles. Nous avons fait une randonnée hier avec des amis et je pense qu'il a dû attraper froid pendant la nuit. Il est brûlant de fièvre, il dit qu'il a vomi et quand je suis arrivée ce matin, il ressemblait plus à un zombie qu'autre chose.

Un silence se fit avant que Carlisle ne se remette de l'annonce.

- Je me prépare et j'arrive d'ici vingt minutes.

Bella n'en demanda pas plus. Carlisle était un homme formidable qu'elle considérait comme son deuxième père, elle n'avait pas envie de le décevoir. Mais au fond, le fait d'être ami avec Jasper ne représentait pas une mauvaise chose. Bien au contraire. Le patriarche de la famille Cullen s'était souvent désolé de voir son aîné dénigrer Bella. Il allait donc pouvoir être enfin satisfait. Même s'il avait de quoi se poser des questions. La brune ne demanda pas à Jasper si elle pouvait rester, de toute manière il dormait déjà. Elle prépara le café dans l'attente de son ancien beau père. Enfin, elle en prenait un, même si Bella avait imaginé le boire autrement. Elle scruta l'appartement et se fit la réflexion qu'il était bien rangé pour une antre de célibataire. Alors qu'elle regardait l'étagère pleine à craquer de DVD, l'interphone se fit entendre. Jasper grommela dans son lit mais ne se leva pas pour autant, voilà donc pourquoi il avait mit autant de temps à lui répondre. Carlisle l'embrassa en arrivant, heureux de la revoir.

- Alors où est notre grand malade ?

- Dans sa chambre, il se meurt, se moqua gentiment Bella en lui proposant un café.

Le médecin accepta mais parti ausculter son fils avant. Il dut d'abord le retrouver sous sa couette et se marra quand Jasper comprit que son père était là.

- Oh non, elle t'a appelé, grogna le malade en grimaçant.

- Au moins une personne avec un peu de bon sens, se moqua gentiment Carlisle en sortant tout ce dont il avait besoin. Ce n'est pas sérieux Jasper, tu as presque 40°C de fièvre. Tu attendais quoi pour me prévenir ?

- Que ça passe, répondit-t-il en fermant les yeux.

- Sans médicament ça risque juste de durer plus longtemps imbécile. Je pensais pourtant que tu étais plus malin que ça. Tu n'es pas en bonne état, sérieusement Jaz ! Qu'est-ce que tu as foutu ?

- Quoi ? grommela-t-il en se mettant à tousser comme un dératé. Je suis juste allé en randonnée.

- Tu as une bonne grippe, prépare toi à être malade pour plusieurs jours, voir jusqu'à la fin de semaine. Il va te falloir des médicaments rapidement.

- Fais moi l'ordonnance, il y a une pharmacie en bas, je vais y aller, proposa Bella qui était restée en retrait à la porte.

- Tu n'es pas ma bonne Bella, s'énerva à moitié Jasper en la fusillant du regard.

- Ta bonne non, mais ton infirmière je suis sûre que ça te plairait plus, se moqua-t-elle ouvertement en souriant.

Malgré sa toux et son mal de crâne, Jasper se mit à rire. Pour sûr que ça avait de quoi lui donner de jolis rêves. Carlisle les regarda l'un après l'autre en se posant des questions.

- Ne t'en fais pas Bella, je vais appeler Esmée, je suis sûre qu'elle va pouvoir se libérer pendant quelques jours pour prendre soin de son fils adoré, proposa Carlisle en sortant son portable.

- Pas besoin de la déranger bon sang, soupira Jasper en toussant à nouveau. Je peux prendre soin de moi.

- Ça saute aux yeux, se moqua Carlisle en soulevant un sourcil.

- Tu peux aussi nous laisser t'aider tête de mule, intervint Bella en posant une main sur celle du médecin. Laisse Esmée tranquille, je me charge de lui. Je n'ai qu'un contrat cette semaine.

- Es-tu sûre de toi, ce n'est pas un bon malade, prévint Carlisle inquiet.

- J'ai soigné Edward pendant dix ans et crois moi, ce n'était pas une partie de plaisir, à croire qu'il allait vivre les dernières heures de sa vie à chaque fois. Je peux bien m'occuper de Jasper, ça ne me fais pas peur.

- Tu n'as pas à faire ça, soupira Jasper en tremblant.

- C'est mon choix, fous moi dehors si tu en as la force, mais j'en doute, se marra-t-elle en tendant la main à Carlisle pour qu'il lui donne l'ordonnance.

Le médecin céda bien plus facilement que son fils. Il savait à quel point Bella était une bonne garde malade. Charlie, puis Edward, en effet Jasper ne faisait pas le poids. La brune parti en vitesse chercher les médicaments. Carlisle hésita un bon moment avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis que Bella l'avait appelé. Après tout, un Jasper malade était un Jasper qui répondait plus facilement aux questions.

- Peux tu m'expliquer ce que Bella fait ici et pourquoi vous étiez en randonnée ensemble ? demanda le médecin perdu.

Jasper soupira en se disant que son père serait peut être le moins retissant de la famille vis à vis de ce qui se passait avec Bella.

- Depuis les fiançailles d'Em, nous sommes devenus... amis.

- Amis ? questionna Carlisle en se frottant les yeux.

Il connaissait son fils, il connaissait par cœur chacun de ses fils. Emmett avait le cœur le plus grand mais aussi la main la plus leste, Edward était le plus sage mais aussi le plus colérique, quand à Jasper, c'était le plus pragmatique mais aussi le plus ambitieux.

- Oui nous nous sommes revu quelque fois après et j'ai enfin compris ce que vous me disiez depuis des années. On s'entend bien au final...

- A quoi tu joues Jasper ? s'inquiéta son père en fronçant les sourcils.

Au ton que son paternel employait, le blond commença à regretter son choix, il aurait peut être mieux fait de mentir.

- A rien, j'apprends juste à la connaître...

- Tu n'as jamais voulu la connaître, alors qu'est-ce qui a changé ? l'interrogea son père avec sérieux.

- Papa, j'ai mal au crâne donc si tu pouvais remettre cette discussion à plus tard...

- Quand tu esquives c'est que tu as fait une connerie, comprit Carlisle en fermant les yeux. Dis moi qu'il ne s'est rien passé entre vous ou alors si tu me le dis, tu as intérêt à avoir une bonne explication parce que Bella a déjà eu assez à faire avec ton frère.

- Tu crois qu'elle se proposerait à prendre soin de moi si j'avais fait quelque chose de mal, tenta de se défendre Jasper ne sachant plus trop sur quel pied danser.

Si son père réagissait comme ça, il n'osait même pas imaginer le reste de la famille. Le médecin serra les dents en scrutant son fils.

- La vérité Jaz, ordonna Carlisle avec froideur.

Bien, Bella était vraiment bien vu par son père pour qu'il la défende de cette façon. Jasper n'était pas un menteur et encore moins un lâche, néanmoins il n'aimait pas l'idée que tout le monde pense qu'il avait mal agis. Ils avaient fait ça à deux. Il n'était pas seul.

- On a passé la nuit ensemble le soir des fiançailles, on était dans un sale état tous les deux. Mais le lendemain, nous en avons parlé calmement et nous nous étions dit que ce n'était qu'une parenthèse que nous ne rouvririons jamais. Seulement Emmett m'a emmené chez elle un jour pour lui apporter sa machine à laver, j'ai apprécié ce moment, puis j'ai eu besoin d'elle pour ma soirée jeu et j'ai encore apprécié ce moment, alors la randonnée s'est juste ajouté à l'équation. J'ai rien pour ma défense si ce n'est que je n'ai rien fait de mal.

Carlisle resta immobile en essayant d'analyser la situation. Que Bella soit perdue et qu'elle couche avec le premier venu était compréhensible pour lui. Qu'elle le fasse avec Jasper l'était un peu moins. Ils n'avaient jamais montré un quelconque intérêt l'un pour l'autre. Seulement, le médecin connaissait assez la jeune femme pour savoir que la vengeance n'était pas inscrit dans ses veines et qu'elle n'aurait jamais fait ça pour faire enrager Edward. De toute manière si ça avait été le cas, cette histoire ce serait déjà ébruitée depuis longtemps. Quand à Jasper... c'était à rien y comprendre. Lui qui avait tellement eu de venin contre la brune, se jetait dessus à peine était elle célibataire.

- Tu sais Jaz, j'ai toujours espéré quelque part que tu trouves, comme tes frères, un équilibre dans une relation. Quelqu'un qui sache te comprendre, t'accepter et te faire prendre conscience que tu vaux plus que tu ne le laisses voir. Seulement tu as toujours crié à tort et à travers que tu étais un célibataire endurci qui cumulait les conquêtes parce que c'était bien plus facile. Excuse moi de craindre le pire quand j'apprends que tu as couché avec Bella un soir où vous étiez torché. Tu es un fêtard et tu finis rarement ces soirées seul, je ne crois pas me tromper en pensant que la Bella que je connais n'est pas vraiment de ce style là. Alors admettons que cette soirée ait été une... expérience, pour tous les deux, mon inquiétude se porte plus sur le futur. Où vas-tu comme ça ?

« Bonne question » eut envie de lui répondre son fils. Même lui ne savait plus trop. En plus, il avait vraiment la tête qui menaçait d'exploser. Son père ne lâcherait pas le morceau avant qu'il réponde.

- J'en sais rien, avoua Jasper en grimaçant. Je comprend rien à ce qui se passe. J'ai passé l'âge de ces conneries bordel !

- Quelles conneries ? le poussa un peu plus Carlisle sentant le noueux du problème.

- Les sentiments, les palpitations, les sourires niais, les messages à 3h du mat, les envies de se lever pour prendre le petit dej avec elle dans l'espoir de passer une bonne journée en sa compagnie. C'est pas moi tout ça !

- Et pourquoi pas, sourit enfin son père en sentant un poids quitter ses épaules. Tu l'as dit toi même, tu n'as rien fait de mal. J'admets que le choix de Bella vis à vis de ton frère n'est pas le meilleur, mais si c'est elle qui te fait te sentir bien, alors je suis désolé de te le dire, mais ne laisse personne se mettre en travers de ton chemin.

Jasper releva un regard surpris vers Carlisle. Il ne s'était pas attendu à du soutien après son discourt. Mais le sourire confiant de son paternel lui apporta une sérénité qu'il cherchait depuis un moment.

- Bella est une fille géniale, avec énormément de patience, cultivée et pleine d'humour. Si je pensais qu'elle était la bru idéale quand elle était avec Edward, je ne vois pas pourquoi je changerai d'avis si elle se mettait avec toi.

- Tu penses pas que je vais la faire souffrir ?

- Pourquoi est-ce que je penserai ça ?

- Parce que je ne sais pas m'y prendre avec une relation sérieuse, je vais forcément faire une connerie si je m'engage dans cette direction.

- Je pense que Bella ne demande rien de plus que de l'amour, de la confiance et surtout de la fidélité. Après le coup que ton frère lui a fait, je pense que ce point va être compliqué à gérer pour elle. Maintenant peux tu me dire la vraie raison qui fait que tu n'es pas encore passé à l'action ?

Son père le connaissait définitivement trop bien. Mieux qu'Esmée sans le moindre doute.

- Elle est trop bien pour moi. Je ne vais pas être à la hauteur, je vais encore échouer et faire pire qu'Edward...

Carlisle posa une main rassurante sur la tête de son fils. Peu importait l'âge qu'il pouvait avoir, si son aîné avait besoin de conseil, il lui en donnerait.

- Je sais que ta vie ressemble à une succession d'échec, mais, ce n'est pas le cas. Tu as toujours su rebondir. Tu es un handicapé des sentiments. Tu as eu une relation sérieuse dans ta vie, qui s'est mal fini, par ta faute et tu estimes que tu n'es pas doué pour ça et qu'il vaut mieux ne jamais retenter l'expérience. Mais ce n'est pas comme ça que cela fonctionne, surtout quand ton cœur te dit qu'il se passe quelque chose. Quand l'alchimie naît, tu peux toujours dire à ta tête de penser autrement, ton cœur sera toujours là pour la rappeler à l'ordre. Cesse un peu de t'amputer de tes sentiments. Si tu penses que Bella est la bonne personne pour retenter l'expérience, fait le. Ce n'est pas moi qui t'en empêcherai.

- Non juste mes deux petits frères, soupira Jasper en levant les yeux au ciel.

- Probable, mais pour l'instant, tant que toi même tu ne sais pas où tu en es, ils n'ont pas besoin de le savoir. Le moment venu, tu trouveras les mots pour te faire entendre, ça te ressemble assez.

- Il faudrait déjà que j'arrive à me faire entendre de Bella, je n'ai aucune idée de comment m'y prendre.

- Ça commence par de petites attentions, des invitations à dîner, au cinéma et puis plus si affinités, se moqua gentiment son père.

- Elle me connaît et ma vie sexuelle passée n'a aucun secret pour elle, puisque ma famille adore la déballer sur la table du repas du dimanche.

- Auquel tu n'es pas venu hier...

- Car j'étais en randonnée...

- A laquelle tu as attrapé cette grippe, ajouta Carlisle avec un grand sourire. Essaye Jasper, tu n'as rien à perdre.

- Si, elle, répondit-il honnêtement.

Le cœur du médecin se gonfla d'espoir. Cette histoire, si elle aboutissait, allait mettre sa famille à feu et à sang, mais au moins Jasper serait heureux. Il n'avait jamais eu l'air malheureux de sa situation, mais il avait toujours envié ses petits frères là dessus. Si c'était Bella qu'il lui fallait pour réussir à se ranger, alors Carlisle les soutiendrai à 200%.

- Je lui ai déjà proposé d'aller au mariage ensemble et Emmett est au courant. Il semblait s'en réjouir, admit le blond en toussant à nouveau.

- Sauf que si Em ne tombe pas sur vous entrain de vous embrasser, l'idée même ne lui viendrait pas de vous imaginer ensemble, je dois admettre que si je n'avais pas vu votre complicité de mes propres yeux, j'aurais eu du mal à y croire.

- Edward va me tuer ?

Carlisle grimaça mais se dut de dire la vérité.

- Il va te tuer oui, répondit son père honnêtement. Mais Edward ne peut pas toujours avoir tout ce qu'il veut. Il a mal agi, sa décision a engendré tout ce qui se passe actuellement. Sans lui, Bella et toi, vous ne vous seriez peut être jamais rapproché. Et puis, généralement tu n'en as pas grand chose à faire de ce qu'on pense. Tu n'en fais toujours qu'à ta tête, qu'importe combien on peut te conseiller. Pour une fois, suis ton instinct.

- Et si Bella ne veut pas de moi ? s'inquiéta Jasper fatigué.

- Ça, fils, je n'y peux rien, se marra à nouveau Carlisle en se relevant. Je ne vais pas faire tout le boulot à ta place. Tu n'as plus cinq ans. Prend ton courage à deux mains et sers toi de ce franc parler qui te caractérise. Si tu as su te faire bien voir d'elle après une nuit de débauche, tu ne risques rien à tenter de la séduire dans les règles.

Jasper se faisait l'effet d'être un adolescent demandant des conseils à son père. Après tout, Carlisle avait raison, il fallait qu'il se reprenne et qu'il agisse comme un adulte. Séduire Bella n'allait certainement pas être une mince affaire, mais c'était un sacré challenge. Et s'il réussissait, peut être qu'enfin il pourrait vivre une belle histoire comme ses frères... Il préférait ne pas y penser pour l'instant, rien n'était joué d'avance. Mais une chose était sûre, son père avait raison, peu importait les obstacles, il se devait de parcourir le chemin seul et la tête haute.

- Merci papa.

- Pour quoi ? Les médicaments ou la psychanalyse ?

- Les deux, répondit son fils en souriant.

Carlisle retourna dans la cuisine au moment même où Bella revenait de la pharmacie. Le médecin prit son café pour éviter de montrer son sourire en coin. Décidément cette jeune femme avait un petit quelque chose de plus pour charmer ses fils. Carlisle ne pouvait pas leur en vouloir, il comprenait très bien. Il était même le premier à reconnaître ses qualités.

- Est-ce qu'il va survivre ? demanda Bella en posant le sac sur le plan de travail.

- Je suis désolé de t'apprendre que pendant les prochains jours il sera amputé de sa bonne humeur, mais sinon il survivra oui, répondit le médecin amusé.

- Ah ! Un Jasper grincheux, cassant et insupportable. Ça m'avait manqué, lança-t-elle en haussant les épaules.

Ils se regardèrent un long moment. Sans rien dire. Juste en scrutant les expressions de l'autre. Bella ferma les yeux au bout d'un moment et soupira. Elle était loin d'être une imbécile et Carlisle ne la regardait jamais comme ça. S'adossant au plan de travail, elle préféra affronter la tempête maintenant.

- Il n'a pas su tenir sa langue, se désola-t-elle en rougissant.

- Jasper me connaît assez pour savoir qu'il vaut mieux que je sache la vérité. C'est un bon stratège, il sait qu'en cas de guerre il vaut mieux m'avoir de son côté.

- De guerre ! Carrément ! s'exclama la brune en grimaçant.

Carlisle s'approcha d'elle et posa une main réconfortante sur son épaule.

- Si l'un de ses frères apprend ce qu'il s'est passé le soir des fiançailles, crois moi sur parole que ça ne finira pas bien. Tu le sais au fond de toi et c'est pour ça que tu n'as rien dit, pas même à Rosalie. Je te connais tu sais et je suis certain que tu n'en as parlé à personne.

- Pour que ça finisse en pugilat, non en effet je n'en ai parlé à personne. Même Jacob ne sait rien. Je n'ai pas envie qu'ils viennent tous penser que j'ai agi par vengeance ou que Jasper s'est comporté comme le dernier des salopards, alors que ça n'a rien à voir. En fait, je n'ai pas envie de me justifier !

- Et tu n'auras pas à le faire avec moi, tenta de la convaincre Carlisle.

- Je sais à quel point ça à l'air idiot ce que l'on a fait. Complètement irresponsable et que ce n'est pas mon genre, mais... même plusieurs mois après, je ne regrette rien. J'ai passé une des meilleures soirées de ma vie et même si ce n'est pas le soutien que je cherchais, Jasper a été là pour moi, à sa manière. Alors la seule chose qui me retient d'en parler à Rosalie ou Jacob, c'est que je n'ai pas envie que cette histoire revienne aux oreilles d'Emmett et Edward. Emmett, après une bonne crise, je saurai lui faire entendre raison, mais Edward... tu sais aussi bien que moi comment il peut être. Il va prendre ça pour une attaque personnelle, alors que c'est bien la dernière personne qui aurait le droit de me reprocher quelque chose.

- Et si tu oubliais un peu mes deux autres fils pour te concentrer sur celui qui importe en ce moment, proposa gentiment le médecin. Tu es quelqu'un d'entier Bella. Si tu avais voulu fuir, tu serais déjà loin. Pourquoi gardes tu le contact avec Jasper alors qu'à la base vous ne pouviez pas vous voir ?

La brune garda la bouche close. Pourquoi en effet ? Elle baissa les yeux ne souhaitant pas forcément répondre à cette question.

- Vous vous entendez mieux, lança Carlisle comme une évidence.

- Beaucoup mieux, sourit-elle tendrement. J'ai l'impression qu'il a ...

- Changé, ajouta-t-il comme une évidence. C'est ça que tu cherches n'est-ce pas ? A le faire changer. Tu es d'une patience d'ange, mais tu es aussi intelligente. Tu n'es pas du genre à accepter un défi que tu ne peux pas relever. Es-tu sûre que celui ci soit réalisable ?

- Honnêtement je ne sais pas trop ce que je fais ou non. Dernièrement j'écoute juste les conseils de Jasper qui ne cesse de me répéter de me laisser aller et d'arrêter de réfléchir. J'apprécie sa compagnie, c'est une bouffée d'air frais qui me fait un bien fou. Je ne sais pas ce qu'il adviendra de tout ça, mais je sais que je n'ai pas envie de retourner comme avant quand il pensait que j'étais juste l'ombre d'Edward. Il me voit enfin pour qui je suis et ça fait plaisir. S'ajoute à ça ses amis qui sont adorables et qui m'ont accepté dans leur groupe sans même se poser de question. Je pense que je change aussi à leur contact et que ça ne peut pas me faire de mal.

- Heureusement que tu ne devais pas te justifier, se moqua à nouveau Carlisle en l'embrassant sur le front. Je sais que ça n'a pas été facile ta rupture avec Edward, mais prend tout ce qu'il y a de positif et profites en. Tout ce que je peux te conseiller c'est de vivre l'instant présent. Jasper est quelqu'un de très spontané, aventureux et actif.

- Ça j'avais remarqué, ajouta-t-elle soulagée que Carlisle ne trouve rien à y redire. Il ne tient pas en place.

- Prend soin de lui.

- Pourquoi crois tu que je t'ai appelé ? demanda Bella avec un sourire en coin.

- Je ne parlais pas uniquement des médicaments, répondit-il espièglement. Il y a bien plus à découvrir chez lui quand on sait où chercher.

- Je ne suis pas sûre d'être la bonne personne pour ça, tenta de lui faire comprendre la jeune femme.

- Au contraire, tu es encore là alors que vous avez déjà franchi cette ligne sur laquelle Jasper ne revient jamais. Tu as déjà réussi là où aucune autre femme n'a su le faire. A toi de voir si tu es prête à retenter l'expérience avec quelqu'un comme Jasper ou si tu préfères mettre définitivement des règles entre vous. Quoiqu'il arrive, tu pourras compter sur moi et sur ma discrétion.

Bella se jeta dans ses bras et profita d'une étreinte réconfortante. Carlisle lui caressa les cheveux affectueusement. Après tout, un couple Bella, Jasper était peut être improbable, mais ça avait quelque chose d'intéressant. Le médecin demandait à voir. Rien n'était encore fait, surtout que connaissant son fils et son besoin de se couper de tout sentiment, l'affaire était loin d'être conclue.

Le médecin parti au travail et la brune se retrouva à préparer les médicaments de son ami. Jasper ne rechigna même pas à les prendre. Il se rendormit aussitôt après. Bella en profita pour passer chez elle, récupérer de quoi travailler et faire à manger. Les placards de Jasper étaient désespérant de monotonie. Ce n'était pas avec une conserve et des pizzas qu'elle allait pouvoir le nourrir comme il fallait. Avec son estomac fragile en plus, un bouillon serait préférable à ce qui se trouvait dans son frigo. Le midi, elle ne le réveilla même pas. Il avait besoin de se reposer et elle doutait qu'il ait envie de manger. Elle passa le reste de l'après midi à travailler sur son PC. Elle n'avait pas beaucoup de travail, mais au moins il serait fait. Son téléphone se mit à sonner et elle répondit aussitôt.

- Salut Rose, lança-t-elle en enregistrant son travail.

- Coucou ma belle. Dis moi, j'en ai raz le bol du boulot, il est bientôt 19h, un verre ça te tente le temps qu'Emmett finisse ?

En règle générale, Bella ne refusait jamais une sortie avec Rosalie, mais là, d'une elle avait promis de s'occuper de Jasper et de deux, elle n'avait tout simplement pas envie de le laisser seul.

- J'ai déjà quelque chose de prévu, répondit la brune en se mordant la lèvre.

- Ah oui, s'étonna Rosalie suspicieuse. C'est moi où tu as beaucoup de chose de prévu en ce moment. Déjà ce week-end tu étais prise et tu n'as rien voulu me dire. Rassure moi, tu n'es pas en train de déprimer chez toi et de te morfondre dans ton canapé en pyjama devant un film de merde...

- Non Rose, calme toi, se marra la brune en levant les yeux au ciel. Je ne suis pas chez moi, tu peux vérifier si tu ne me crois pas.

- Comment ça tu n'es pas chez toi, tu es chez qui alors ?

Dire la vérité à Rosalie serait comme l'annoncer officiellement à Emmett et ça c'était hors de question.

- Je suis chez des amis, j'ai passé le week-end chez eux et c'était cool. Alors je suis restée avec eux, tenta la brune en sachant bien que c'était peine perdue.

- Bella... serais-tu en train de me mentir ? Parce que juste pour info, tu es incapable de mentir. Maintenant question plus intéressante et qui là me ferai te lâcher la grappe parce que ça me réjouirait un peu trop... es tu avec un homme ?

La brune soupira en se disant qu'elle aurait mieux fait de se taire. Rosalie n'allait pas la lâcher si elle ne lui donnait pas une réponse honnête.

- Oui, bon d'accord ! avoua enfin la brune en fermant rageusement son PC. Je suis chez un homme et je n'ai pas envie d'en parler pour l'instant alors est-ce qu'on peut mettre fin à cette discussion ?

- Absolument ! Passe une TRES bonne soirée et profite bien. J'aurai bien le temps de te cuisiner plus tard.

Elle ne laissa même pas le temps à la brune de répondre qu'elle raccrocha.

- Sale emmerdeuse, fouineuse en prime, grogna Bella en serrant les dents.

Rosalie n'allait pas en rester là et comme son amie ne savait pas mentir, elle allait devoir esquiver le sujet, encore et encore. Se rendant bien compte qu'elle n'arriverait pas à se concentrer à nouveau, la brune se mit au fourneau. Rien de bien élaborait, de toute façon Jasper serait incapable de manger quelque chose de trop lourd. De plus même si Bella savait se débrouiller dans une cuisine, elle n'était pas non plus un cordon bleu comme Esmée.

Quand elle rentra dans la chambre, Belle fut attendrie aussitôt. Jasper avait les joues un peu rouge et il dormait comme un bébé. S'approchant de lui, elle vérifia sa température. Il n'avait plus autant de fièvre, mais elle était toujours là.

- La marmotte, il est temps de venir remplir un peu cet estomac vide, chuchota-t-elle doucement pour le réveiller.

Difficilement, Jasper ouvrit les yeux. Il mit quelque seconde à se souvenir de pourquoi Bella était là. Il sortit sa main de sous la couette et lui caressa le visage. La brune en fronça les sourcils. Que lui prenait-il ? Il referma les yeux pour replonger dans le sommeil, mais son amie ne lui en laissa pas le temps.

- Jasper, l'appela-t-elle un peu plus fort en lui caressant les cheveux. Il faut que tu manges. En plus tu as encore des médicaments à prendre.

- Laisse moi dormir, grogna-t-il en grimaçant.

- Après, promis, je te laisserai en paix.

L'aidant à se lever, la brune retint son rire. Jasper n'était pas un malade aussi difficile que Charlie ou Edward. Mais, il était dans le coaltar. Il la suivit docilement dans la cuisine en prenant un pull au passage. Ses cheveux ne ressemblaient à rien et ses yeux étaient rouge de fatigue. Quand il vit la nourriture et les médicaments à côté, il tourna un regard étonné vers la brune.

- Tu n'avais pas à faire ça, lança-t-il en se réveillant un peu.

- Ça ne me dérange pas, répondit-elle avec un sourire aimable. Tu en ferais de même pour moi, sauf que tu demanderai à ta mère de faire la cuisine.

- Probablement, avoua Jasper en s'installant. C'est très gentil à toi de prendre soin de moi, mais je peux rester seul tu sais.

- Oui je sais.

Il la regarda en coin et fut touché par son amitié. Elle avait promis de prendre soin de lui et elle le faisait, malgré le nombre de fois où il pouvait lui dire qu'il était assez grand pour rester seul. Ils mangèrent en silence, ne sentant pas trop l'envie de déranger l'autre pour l'instant. Quand il eut rempli au mieux son estomac, Jasper repoussa son assiette.

- Si j'en prend plus je vais vomir à nouveau je pense, admit-il en s'essuyant la bouche. Mais c'était très bon, n'en doute pas. Merci.

- De rien.

- Mon père n'a pas été trop...est-ce qu'il...

Bella releva les yeux et sourit en coin. Jasper était gêné. C'était bien une première. Elle le laissa galérer un peu, avant de venir à son secourt.

- Est-ce qu'il m'a posé des questions parce que son fils ne sait pas tenir sa langue ? Bien sûr ! Pourquoi ne l'aurait-il pas fait ? Il s'inquiète. Dis moi, de qui d'autre dois-je m'attendre à recevoir des questions ? Parce que moi je n'ai rien dit à personne figure toi.

- Tu m'en veux ? s'inquiéta aussitôt Jasper en plongeant son regard dans le sien.

- Tout dépend de à qui tu en as parlé.

- Hormis mon père, Peter, c'est tout. J'avais besoin... je ne sais pas, de comprendre, d'analyser.

- Comprendre quoi Jasper ? demanda Bella curieuse. C'est toi même qui m'a dit que c'était aussi simple que ça, pas de prise de tête. Et voilà que c'est toi qui « analyse » la situation.

- Peut-être que quelque part tu me donnes à réfléchir.

- Je t'apprécie beaucoup et je pense que tu t'en doutes. Mais je ne suis pas un jouet Jasper. Ni un cobaye. Je t'ai donné mes conditions et je ne reviendrai pas dessus.

- Et je ne te le demande pas.

Il soupira, indécis. Cela faisait bien longtemps qu'il avait été dans cet état. Totalement perdu. Il avait envie d'essayer avec elle, mais en même temps, il avait peur. Peur de ne pas être à la hauteur et qu'ils souffrent tous les deux pour rien. Après le départ de son père, il avait eu envie d'aller tenter sa chance immédiatement, mais maintenant qu'il était en face d'elle, le courage lui manquait.

- Néanmoins j'avais raison, lança-t-elle en explosant de rire.

- A quel sujet ? demanda Jasper en sortant de ses pensées.

- Tu as bien attrapé la mort et 40°C de fièvre. Ça t'apprendra à jouer les jolis cœurs.

- Il en faut plus pour impressionner Bella Swan, rigola-t-il à son tour.

- Je ne demande pas à être impressionnée et j'ai largement préféré discuter avec toi toute la nuit que profiter d'un moment de débauche aussi agréable que fugace. J'aime apprendre à te connaître.

- Moi aussi, avoua-t-il tendrement en la fixant.

Le rouge monta aussitôt aux joues de la brune. Ce regard la déstabilisa bien plus qu'elle ne voulu l'admettre. Le yeux bleu gris de Jasper la transpercèrent et il s'en rendit compte, parce son sourire s'agrandit un peu plus.

- Bien ! Maintenant tu devrais essayer de prendre une douche si le courage t'en dit et moi je devrai rentrer chez moi...

- Un film ça te tente ? Je ne me sens pas au top de ma forme, c'est vrai, mais si je reste dans le canapé avec toi, on pourrait tout de même essayer de passer un peu de temps ensemble comme c'était prévu à la base, proposa-t-il aussitôt ne souhaitant pas la voir partir tout de suite.

Bella hésita. Elle non plus n'avait pas envie de partir et le fait qu'il cherche à la retenir lui fit plaisir. C'était un jeu dangereux dans lequel elle se lançait, malheureusement, la brune était incapable d'y résister.

- Tu veux regarder quoi ? demanda-t-elle en débarrassant la table.

- On peut voir ce qu'il y a au salon et se mettre d'accord.

C'est ce qu'ils firent. La douche d'abord, le film ensuite. Jasper eut beaucoup de mal à se réchauffer et Bella s'en inquiéta un peu. Elle le couvrit et s'installa avec lui. Le film avait l'air intéressant, mais la brune avait du mal à se concentrer dessus. Jasper était juste à côté d'elle et son magnétisme l'hypnotisait. Il était beau, cela faisait dix ans qu'elle le côtoyait et elle ne trouvait pas qu'il avait pris une seule ride. Il avait un sourire à couper le souffle et Bella tenta de se focaliser sur le film pour arrêter de se dire ce genre de chose. Elle le vit plus d'une fois piquer du nez, mais apparemment il tentait de résister pour rester en sa compagnie. Au bout d'un moment, elle prit un coussin qu'elle mit sur ses genoux et tapota la place de sa main.

- Quoi ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

- Allonge toi, ordonna-t-elle gentiment.

- Pourquoi faire ?

- Tu verras bien, répondit Bella en haussant les épaules.

Jasper obéit malgré sa réticence et laissa échapper un soupir de bonheur lorsque la main de la brune se mit à lui caresser les cheveux. Bella continua comme ça pendant le reste du film, ce qui semblait être naturel chez elle. Seulement Jasper n'avait jamais eu le droit à ce genre de geste avec ses conquêtes. La tendresse avec laquelle elle prenait soin de lui avait tendance à attendrir son cœur. Est-ce qu'Edward avait le droit à ça lorsqu'il était malade ? Au diable son frère, ce n'était pas le moment de penser à lui. Jasper posa sa main sur la jambe de la brune pour maintenir le coussin et faillit la retirer aussitôt, seulement Bella ne trouva rien à y redire, donc il abandonna cette idée. Il finit par s'endormir à nouveau, comme la jeune femme l'avait probablement prévu. Jasper se réveilla lorsqu'il senti quelqu'un soulever sa tête. Bella tentait tant bien que mal de se lever sans le sortir de son sommeil réparateur. Instinctivement il attrapa son poignet et la stoppa.

- Ne t'en vas pas, supplia-t-il encore un peu groggy.

- Jasper, il est tard, il faut que je rentre chez moi, demain matin je reviendrai c'est promis.

- Non, lança-t-il en la retenant à nouveau. Reste avec moi cette nuit s'il-te-plaît.

- Tu n'es plus un enfant, tu peux dormir sans moi, se moqua Bella gentiment en lui caressant à nouveau les cheveux.

- Je peux oui, mais je n'en ai pas envie.

Elle se laissa attendrir par son regard de chien battu. Jasper se releva, prit sa main avec douceur et l'entraîna à sa suite dans sa chambre. Bella commença à hésiter. Ce n'était pas une bonne idée. Vraiment pas bonne. Pourtant... elle non plus n'avait pas envie de rentrer chez elle.

- Tu as changé mes draps ? s'étonna Jasper en regardant sa chambre.

- Quand tu étais sous la douche, d'ailleurs si je reste est-ce que je peux en prendre une ?

- Bien sûr et tu peux à nouveau te servir dans mon armoire, proposa-t-il.

Bella ne se fit pas prier. Jasper se mit sous la couette en l'attendant. Il faillit tourner de l'œil quand elle le rejoignit vêtue de son vieux tee shirt de basket.

- Quoi ? demanda-t-elle en grimaçant. Je n'aurais pas dû toucher à celui ci ?

- Non, c'est juste que...

- J'ai pris le plus grand excuse moi.

La voir avec ses jambes dénudées, son nom à lui collait dans son dos à elle. Heureusement qu'il était malade parce qu'il aurait fait tout ce qui était en son pouvoir pour la faire céder cette fois ci. Il ouvrit la couette et lui fit signe de le rejoindre.

- Je peux dormir dans le canapé, tu sais, lança Bella mal à l'aise.

- Nous avons dormi ensemble ce week-end et rien ne s'est passé. Ce lit est bien assez grand pour nous deux. Viens, allez !

Ne se faisant pas prier plus, Bella s'installa à ses côtés, lui tourna le dos et tenta à son tour de se réchauffer. Jasper se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras.

- Tu m'as promis d'être sage...

- Chut ! ordonna-t-il en se collant contre elle. Dors maintenant.

Il n'y avait rien de prémédité dans tout ça, il en avait juste envie. La sentir contre lui avait à la fois quelque chose de réconfortant et à la fois quelque chose de sensuelle. D'abord tendu, Bella finit par se détendre en constatant que Jasper ne tentait rien. Elle avait peur. Peur d'en avoir envie, peur d'être à nouveau abandonnée sur le trottoir alors qu'ils étaient entrain de se rapprocher. Pourtant, elle se laissa bercer par cette étreinte et finit par s'endormir.


Après Peter, Carlisle. Que pensez vous de tout ça ? De leur rapprochement ? Bisous !