Bonjour tout le monde ! Bon voici l'avant dernier chapitre... honnêtement, je viens à peine de commencer le dernier, mais une promesse est une promesse je le finirai avant dimanche prochain. Ceci est la suite direct du chapitre précédent. Donc sans transition.
Guest: Je ne connaissais pas ce proverbe, mais il m'a fait bien rire. Ce chapitre va beaucoup être centré sur Edward, donc ne t'en fais pas tu en sauras plus sur le sujet. Bisous !
Guest: Et oui j'ai encore fait un Edward gratiné, mais peut être que je vais faire en sorte qu'il se rattrape à ce chapitre ci. Bisous !
Guest: Merci ! J'espère que la fin te plaira autant. Bisous !
sochic88: La tempête n'est pas encore terminée. On va en apprendre un peu plus sur les sentiments d'Edward dans ce chapitre ci. Il va falloir qu'il prenne sur lui à un moment où à un autre. Bisous !
Hmp: Peut-être que ça viendra, laisse lui le temps. Je suis d'accord sur le fait que Jasper est plus cool que son frère et je pense que Bella est du même avis. Bisous !
Allez bonne lecture !
- Tu imagines un peu ce que ça aurait pu donner s'il vous avez trouvé au mariage ? demanda Carlisle en secouant la tête. Bon, vu qu'il est parti, je prend la douche du haut, Em', celle du bas. Toi puisque tu es assez enragé pour casser la gueule de ton petit frère tu attendras que l'un de nous finisse. En plus vu l'état de la route, vous ne risquez pas de repartir.
Bella attrapa la main de Jasper et l'entraîna à sa suite à l'intérieur. S'ils restaient dehors, ils allaient attrapé la mort. Le vent soufflait de plus en plus fort et la pluie ne cessait pas. Esmée attendait déjà son fils avec une serviette et un regard désolé. Derrière, Alice était entrain de pleurer dans les bras de Rosalie. Bella demanda discrètement à Esmée où était Edward et elle lui montra la porte d'entrée d'un geste énervé de la main. Il était donc bien parti. Mais quel emmerdeur ! La brune soupira et récupéra de quoi soigner un peu Jasper avant sa douche.
- Désolé Esmée, ce n'est pas vraiment le dimanche que tu espérais, s'excusa Bella en secouant la tête.
- Il y en aura d'autre, ne t'en fais pas, sourit-elle en haussant les épaules. Il va se calmer.
- Avant de se prendre un arbre sur la gueule se serait mieux, grogna Jasper en regardant la tempête qui faisait rage dehors.
Bella lui mit une petite claque sur l'épaule en levant les yeux au ciel. Sa mère était déjà bien assez inquiète comme ça sans qu'il en rajoute.
- Bah quoi ?! C'est la vérité !
- Ne t'en fais pas Bella, il ne doit pas être loin, il sait que la forêt est dangereuse en temps de tempête, lança Esmée en espérant se rassurer elle même en disant ça.
La brune fit un petit sourire, mais au fond, elle savait très bien où il était parti et donc, il était dans la forêt cet abruti. Elle espérait qu'il arriverait à se calmer seul, mais elle en doutait fortement. Esmée rejoignit les filles un peu plus loin pour soutenir Alice.
- J'aurai dû demander à Rose de prendre une vidéo pour ton père, ça m'aurait fait des points, s'exclama Jasper en se regardant dans la vitre du four pour voir l'ampleur des dégâts.
- Mon père est du genre « pas de violence », répondit Bella avant de sourire franchement. Mais là je t'accorde qu'il aurait été encore plus enthousiaste que devant un match de foot.
- Tu vois, on y sera enfin parvenu à le dire à tout le monde.
- A quel prix ?
- Celui qu'il faut pour être heureux.
- Je ne voulais pas que tu te brouilles avec tes frères, j'ai échoué en partie, se désola-t-elle en boudant.
- Arrêtes de t'en faire autant. Je me suis déjà prit la tête avec Ed', je me suis déjà battu avec Ed', on s'en remettra.
Elle l'espérait, sincèrement. La salle de bain finit enfin par se libérer et Jasper parti donc sous la douche, laissant sa mère embarquer ses habits sales. Bella s'approcha d'Alice et lui frotta le dos.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle en regardant Rosalie.
- Bof ! répondit la blonde en grimaçant. Quand il a décidé d'être con, il peut être vraiment plus con que Jasper et je pensais pas ça possible. J'ai prit le seul de la famille qui ne soit pas une diva.
- C'est sûr qu'Emmett en diva, c'est difficile à imaginer, ajouta Bella en faisant enfin sourire Alice. Allez, sèches tes larmes, ça ne le fera pas revenir plus vite et en plus ça va te couper l'appétit.
- Parce que tu crois que je vais réussir à manger ? demanda Alice en fronçant les sourcils.
- Bah si tu le fais pas, moi je mange ta part, ça fait trop longtemps que j'attends après le repas d'Esmée, balança la brune avec sérieux.
- Tu vois Alice, soupira Rose dépitée, c'est pour ça que tout le monde pense que Bella et Emmett sont frères et sœurs.
L'avocate leur serra la main, les remerciant de leur soutien. Rosalie parti aider Esmée avec le repas et Bella regarda Alice en sachant bien ce qui se passait dans sa tête.
- Tu vas le quitter, comprit Bella en fermant les yeux.
- Oui, je n'avais pas besoin de sortir et d'entendre ce qu'il disait pour comprendre seule qu'il t'aime toujours, lança Alice en effaçant la larme qui coulait sur son visage. Sa réaction est juste la confirmation de ce que je craignais depuis un moment. On est bien ensemble et j'ai fait beaucoup d'effort pour accepter la situation et son point de vue, mais je ne suis pas toi et je ne le serrais jamais. Ma façon de voir les choses compte autant que la sienne. Quoiqu'il en pense. Je ne m'écraserai pas pour permettre à son ego de se sentir supérieur.
Bella sentit son cœur se serrer. Quand elle commença à penser que tout été de sa faute, la voix de Jasper s'imposa dans sa tête et l'engueula presque aussitôt. Non, ce n'était pas de sa faute et il fallait qu'elle se fasse à cette idée.
- Si j'étais une garce Alice, je me réjouirai de la situation. Je serais heureuse de voir que l'homme que j'aimais et qui m'a quitté est entrain de tout perdre parce qu'il a toujours des sentiments pour moi. Franchement c'est ce que toute personne normale espère un peu au fond, une preuve du karma.
Alice releva un regard désespéré vers elle, les lèvres tremblantes et les yeux embués de larmes.
- Je ne dois pas être normale, ajouta Bella en soupirant. Je n'ai pas envie de vous voir malheureux. Peu importe ce qui s'est passé, moi j'ai avancé et je n'ai pas l'intention de faire demi-tour. Parce que je suis bien plus heureuse maintenant qu'il y a un an. Est-ce qu'Edward a encore des sentiments pour moi ? Oui et nous sommes quatre dans cette histoire à le savoir. Jasper, Edward, toi et moi. Jasper fait de son mieux pour ne pas le montrer, mais je le sens qu'il sait. Ce qu'il ne sait pas en revanche et toi non plus, c'est qu'Edward t'aime plus que moi. Même s'il se comporte comme un abruti fini, il me l'a avoué. C'est tout ce que je te dirais là dessus, parce que j'estime en avoir déjà bien assez fait. Maintenant je suppose que l'on a ce qui se rapproche le plus d'un début d'amitié. Donc en tant que tel je vais te conseiller de venir manger, de prendre du recul, d'en parler avec lui et là, tu prendras ta décision. Peut-être qu'elle restera inchangée, ce que je comprendrai très bien et en tant qu'amie je te dirais de prendre tes affaires et de venir te poser dans mon appartement le temps de voir venir. Et si tu trouves que tout ça est franchement bizarre, permets moi de te dire que je trouve aussi que ça l'est mais que je m'en fous totalement. Effet Jasper ! Faire ce qu'on veut quand on le veut et ne rien en à avoir à cirer du regard des autres. Tant que nous sommes en accord avec ce que l'on fait, alors les autres peuvent bien aller se faire mettre.
Les deux jeunes femmes se regardèrent et se sourirent. Bella essuya les larmes d'Alice et l'entraîna à sa suite dans la salle à manger. Ils attendirent que tout le monde se mette autour de la table, Emmett essayant une dernière fois d'appeler Edward sur son téléphone, en vain.
- Laisse tomber, s'exclama Jasper en lui mettant une main sur l'épaule. Quand il aura fini de faire du boudin et qu'il en aura raz le bol d'avoir froid, il reviendra.
- Oui et s'il se prend une branche dans la face d'ici là, on fait comment pour le retrouver ? s'inquiéta Emmett en se rongeant les ongles.
- Edward n'est pas du genre à se mettre en danger, il a déjà trouvé un endroit où se mettre à l'abri. Si demain matin il n'est toujours pas rentré, on ira faire un tour pour le trouver. Mais là, de toute façon, avec la tempête, on ne verra rien de ce que l'on fait.
Bella les regardait de loin, Jasper avait beau s'être battu avec Edward, ça restait son frère. Même s'il ne le montrait pas vraiment, il était inquiet également. A part Emmett, personne ne montrait vraiment son angoisse, même si au fond, chacun commençait à se faire du soucis au fur et à mesure que la soirée passée. Le repas d'Esmée était toujours une merveille et Bella ne se priva pas de manger, bien au contraire. C'était peut être celle autour de cette table à s'en faire le moins pour Edward. Pourquoi ? Parce qu'intérieurement, elle savait très bien où il se trouvait et il pouvait attendre.
- Bon arrêtons de nous en faire, il va revenir ! lança Esmée en sortant la suite du repas.
- Oh pire je le réparerai, s'amusa Carlisle en piochant dans le plat.
- Ou je l'achèverai, trancha Jasper en retrouvant le sourire.
A la fin du repas, après avoir longuement discuté de comment Bella et Jasper avait pu finir ensemble, tout le monde se décida à aller préparer les lits, il était évident que personne ne pourrait repartir sous un temps pareil. Bella avait déjà dormi ici, plus d'une fois et c'était donc naturellement qu'elle se dirigea vers la chambre d'Edward avant de se stopper net dans le couloir.
- Et non Amour, s'amusa Jasper en l'entraînant de l'autre côté, ma chambre à moi n'est pas par ici.
- Je ne suis jamais allé dans ta chambre, constata la brune soudainement.
- Et bien nous allons remédier à ça !
Esmée aurait pu redécorer totalement les chambres de ses fils, après tout ils n'habitaient plus ici, mais elle ne l'avait jamais fait. Voilà comment Bella débarqua dans une pièce rempli de poster de basket et de jeux vidéos. Un lit noir, des meubles noirs, une peinture grise et bleue métallisée.
- Je m'attendais à des femmes à poil comme dans celle d'Emmett, ironisa Bella en soupirant. Je suis déçue.
- La seule femme à poil que cette chambre va voir, ce sera toi, alors profites de ta chance.
Bella lui fit un sourire en coin et Jasper lui tendit les draps pour qu'elle l'aide. Plus vite le lit serait fait, plus vite ils se chargeraient de le défaire. Fermant sa porte à clef, Jasper ne résista pas à lui sauter dessus lorsqu'ils eurent fini. Cherchant à rester le plus silencieux possible, ils ne réussirent pas à se tenir tranquille malgré la présence du reste de la famille dans la maison.
Vers trois heures du matin, Bella regardait inlassablement le réveil. Elle n'arrivait pas à dormir. Jasper, lui était étendu et profitait de sa nuit. Edward n'était pas rentré, la brune l'aurait su, elle l'aurait entendu. Que ce soit la porte d'entrée ou l'escalier. Elle avait remarqué plus d'une fois qu'Esmée faisait des allers retours entre sa chambre et la cuisine. Elle était inquiète et elle ne fermerait probablement pas l'œil tant que son fils serait dans la nature.
- Quel emmerdeur, grogna silencieusement la brune en se levant.
Se faisant discrète, elle reprit ses affaires et s'habilla. Elle descendit l'escalier le plus discrètement possible et jeta un coup d'œil à l'extérieur. La pluie tombait toujours, mais la tempête semblait s'être calmée. Il n'y avait plus aucune lumière nulle part. Tout le monde était couché, mais Bella était prête à parier qu'en dehors de Rosalie, toutes les femmes de la maison étaient éveillées. Bella soupira à nouveau puis ouvrit la porte du garage, elle connaissait cet endroit comme sa poche. Les sacs de randonnée étaient toujours au même endroit, ainsi que les bottes et les imperméables. Elle ouvrit un sac et mit à l'intérieur un autre manteau, des vêtements propre, un nécessaire de soin, de l'eau, de la nourriture et une serviette. Se couvrant, elle attrapa une lampe torche et sortit du garage. Il allait lui payer cher celle là. Affrontant la pluie, la boue et le noir, la jeune femme se fraya un chemin dans les bois. Après tant d'années, ce parcourt était toujours gravé en elle. Ils y avaient passé assez de temps pour qu'elle ne l'oublie jamais. Après avoir marché pendant une vingtaine de minutes, Bella finit par mettre un pied dans la clairière où Edward et elle s'étaient embrassé la première fois. Ils étaient revenu ici souvent par la suite, car c'était le refuge du plus jeune des Cullen. Continuant à avancer, Bella se dirigea vers la grotte et pria pour qu'elle n'ait pas fait tout ce chemin pour rien. Elle fut à la fois soulagée et en colère quand elle le trouva grelottant, assis par terre, la tête entre les genoux.
- Crois tu que ton ego vaille une pneumonie ! se fâcha-t-elle en le faisant sursauter.
- Bella ! lança-t-il surpris. Mais qu'est-ce que tu fais là par un temps pareil ?!
- Ah on se pose bien la question ! siffla-t-elle en enlevant sa capuche et son sac à dos. Qu'est-ce qui a bien pu me pousser à sortir à trois heure et demi, sous la pluie, dans la forêt après une tempête ? Vraiment ? T'es con ou tu en fais exprès ? Ta mère fait des allers retours entre le haut et le bas depuis qu'on est couché, Alice pleure dans ta chambre et moi tu m'empêches de dormir parce que je suis la seule dans cette maison à savoir où tu te caches ! Alors j'ai une question pour toi maintenant, tu es calmé ?
Edward la regarda du mieux qu'il put avec la luminosité de la torche et il fit oui de la tête.
- Bien, alors tu es sobre, tu es sage donc on va enfin pouvoir parler. Sérieusement.
Elle ouvrit le sac à dos prit en premier la serviette qu'elle balança sur la tête de son ancien fiancé. Elle lui frotta gentiment le crâne en voyant qu'il ne réagissait pas.
- Sèches toi imbécile, on sait tous les deux à quel point tu es insupportable quand tu es malade.
A voir comment les gouttes ruisselaient encore dans ses cheveux, il n'avait été se réfugier dans la grotte que depuis peu. Elle sortit ensuite les habits qu'elle avait emprunté à Carlisle, des bottes et le nécessaire de soin. Et heureusement ! Parce que Jasper ne l'avait pas loupé.
- Changes toi avant d'attraper la mort, conseilla-t-elle en préparant du désinfectant.
- Je ne t'ai jamais vu m'ordonner autant de chose à la suite, constata Edward amorphe. De plus, ce n'est peut être pas une bonne idée que je me change devant toi.
- Au risque de te remettre en rogne, je sais déjà à quoi ressemble ton corps, je serai capable de le dessiner et surtout, sur ce point, ton frère n'a vraiment rien à t'envier.
Bella l'entendit grogner aussitôt et se renfrogner. Elle le fixa et souleva un sourcil en riant.
- Je ne voulais pas ré-ouvrir les hostilités, mais tu m'as tendu une de ces perches, se moqua-t-elle en lui désignant à nouveau les habits. Changes toi et oui c'est un ordre.
Edward obéit sans plus faire d'histoire. Ce n'était que pure vérité, entre le corps d'Edward et celui de Jasper, Bella votait immédiatement pour celui du plus âgé. Et sur bien d'autres points elle voterait pour lui. Le sexe en faisait parti, même si ça, elle ne lui dirait jamais au risque qu'il ne s'en vante partout. De toute façon, Jasper connaissait assez son pouvoir de séduction et ses performances au lit, pour ne pas à avoir à poser cette question. Une fois qu'Edward eut fini de se sécher et de se changer, Bella se rapprocha avec la trousse de soin. Elle le fit asseoir, réorienta la lumière et commença à le soigner du mieux qu'elle put.
- Tu es toujours en colère ? demanda-t-elle enfin en tapotant son arcade avec un coton.
- Oui, répondit-il en fuyant son regard. Sauf que c'est à moi que j'en veux maintenant.
Un sourire en coin apparut aussitôt sur les lèvres de la brune. Comme quoi, elle le connaissait encore par cœur.
- Tu t'en veux d'avoir frappé ton frère ? De m'avoir insulté ? D'avoir fait du mal à Alice au passage ? Ou tout simplement parce que tu penses que tout est de ta faute ?
Edward releva les yeux pour la regarder. Des larmes difficilement contenues apparurent. Il n'était pas aussi solide qu'il aimait à le faire croire.
- Vide ton sac une bonne fois pour toute Edward mais sans hurler cette fois ci, conseilla la brune calmement.
- J'ai toujours été ton ami, toujours, commença-t-il la voix tremblante. Tu as été ma confidente bien avant qu'on se mette ensemble, même si j'étais déjà amoureux de toi à l'époque. On s'est mit en couple et ce point là n'a jamais changé. Je pouvais tout te dire, tu sais tout de moi Bella. Mes bons comme mes mauvais côtés. La plupart des conneries que j'ai faite, mes doutes, mes rêves, tout. Puis Alice est arrivée et... c'était différent. Elle est différente. Je ne savais plus comment faire pour te le dire. Parce que je ne voulais pas te perdre. Je ne veux toujours pas te perdre. Mais c'est trop tard. Aujourd'hui, j'aime Alice et tu le sais. Seulement elle n'est pas ma confidente. Elle est la femme que j'aime plus que tout, elle est pleine de vie et elle me tient tête, mais elle n'écoute pas comme toi. Elle n'arrive pas à me calmer comme toi. J'en suis là Bella, je sors des horreurs à tout le monde, je fais que des conneries, je frappe mon frère et je réagis comme un adolescent attardé parce que je n'ai plus personne à qui parler. Emmett prend constamment ta défense, mes parents aussi, il ne me restait que Jasper et là encore... je suis seul.
La brune avait arrêté tout mouvement pour le laisser parler. Elle soupira en le voyant aussi minable. Ce n'était pas le genre d'Edward. Mais elle le connaissait assez pour savoir que sous cette arrogance se cachait quelqu'un ampli de doute.
- Tu n'es pas seul Edward, tenta-t-elle de le rassurer en lui posant un pansement sur l'arcade. Tu t'isoles comme un grand. Tu serais resté à la maison, tout le monde aurait cherché à te parler. Ton père en priorité. Peut-être pas Rosalie, je l'admets.
Le sourire en coin de la jeune femme ramena un peu de couleur sur le visage du plus jeune des Cullen.
- Jasper serait venu et je serai venu aussi. Il est impensable de laisser la situation telle qu'elle est. Nous avons besoin d'en parler et tout ce que nous avons fait jusque là, c'est hurler. Tu es seul parce que tu cherches à éloigner tout le monde de toi. Alice ne t'avait rien fait et pourtant, tu l'as crucifié sur place par orgueil. Je ne vais pas te mentir et ce n'est pas pour t'achever que je te dis ça. Mais elle n'est pas aveugle et comme elle l'a justement fait remarquer, elle n'est pas moi. Tu l'as perdu ce soir et tu as plutôt intérêt à te bouger le cul pour la récupérer. Tu sais pourquoi ? Je suis une fille adorable et tout le monde s'accorde à le dire.
Edward se mit à sourire à cette pâle imitation d'Emmett quand il se vantait en bombant le torse.
- Mais je refuse d'avoir était évincée par une fille que tu ne seras même pas capable de garder alors que tu l'aimes, finit-elle sérieusement en le fusillant du regard. Tu as mit dix ans de ta vie derrière toi en une soirée pour elle. J'ai assez de fierté pour me sentir vexée si jamais tu trouvais quelqu'un d'autre qu'elle.
L'avocat se frotta la nuque, tendu, puis il fit signe qu'il avait comprit où elle voulait en venir. Elle avait raison de plus. Pour ne pas changer. Bella finit de le soigner, du mieux qu'elle pouvait, lui tendit la bouteille d'eau et la nourriture. Edward secoua la tête en souriant, au fond Bella resterait toujours Bella.
- Ils n'ont jamais compris, ajouta-t-il en la regardant droit dans les yeux.
- Quoi donc ? demanda-t-elle en s'asseyant en tailleur en face de lui.
- Que tu étais la plus forte de nous deux, répondit-il honnêtement. Ils ont toujours pensé que tu étais celle qui se faisait manger par l'autre, toi même tu le penses à présent, parce qu'ils t'en ont convaincu. Tu as une patience que je n'aurais jamais, la preuve tu m'as supporté pendant dix ans.
Bella sourit doucement à ça, en effet il fallait un sacré courage pour réussir cet exploit.
- Tu as sacrifié beaucoup de chose pour que je sois avocat, je ne suis pas sûr que j'aurai eu la force d'être ce que je suis aujourd'hui sans toi. Tu m'as poussé, aidé et soutenu quoiqu'il arrive. Je refuse que qui que ce soit te fasse croire que c'est une faiblesse. Il faut beaucoup de courage et d'amour pour faire passer l'autre avant soit. Il en faut encore plus pour savoir pardonner à un hystérique comme moi. Tu l'as toujours fait, tu es l'unique personne à me connaître par cœur. Tu es mon âme sœur Bella.
- Oui, admit-elle en haussant une épaule de gêne. Mais tu n'es pas la mienne.
- Non en effet. Voilà pourquoi j'en ai toujours voulu à Jacob, ajouta Edward avec honnêteté. Il est ton âme sœur, depuis toujours. Et Alice... est la femme de ma vie.
- Oui je sais, tout comme tu apprendras au fur et à mesure que Jasper est l'homme qu'il me fallait. Celui qui me comble en tout point.
- Jasper et toi, grimaça doucement Edward. Après tout, ce n'est pas si surprenant. Vous avez beaucoup de chose en commun, dont l'amour des jeux vidéos.
- Entre autre, sourit à nouveau Bella apaisée à l'idée qu'il commence à s'y faire. Tu es bien le premier à dire ça. Emmett n'en reviens toujours pas.
- Jasper avait raison tu sais, ça m'allait très bien que vous ne vous entendiez pas. Parce que justement vous avez beaucoup trop de passions communes et j'avais peur. J'avais déjà du mal à te partager avec Jacob, alors imagine si mon frère aîné t'avait emmené avec lui en convention ou découvrir des lieux insolites que tu aurais pu dessiner. D'une, je ne t'aurais plus vu et de deux, tu serais tombée amoureuse de lui bien avant. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Prêt à tout pour te défendre. J'ai remarqué ce feu dans son regard tout à l'heure. Jasper ne s'engage jamais avec personne, sauf quand il est sûr de lui. Et je te connais assez pour savoir que tu n'es pas du genre à faire semblant d'aimer quelqu'un. J'en conclue donc que c'est du sérieux. Et que tout est de ma faute.
Bella n'allait certainement pas le contredire sur ce point, c'était la vérité. Son ex lui tapota le pied du bout de sa botte en posant sa tête sur ses genoux.
- Tu le pensais vraiment ce que tu as dit ? Que tu m'aurais quitté avant si tu avais su.
La brune soupira et prit le parti de dire la vérité. Si elle voulait crever l'abcès, il fallait impérativement qu'elle soit honnête. Après tout, c'était ça dont il avait besoin.
- Je ne sais pas comment tu te sens avec Alice, mais je suppose que si tu n'es pas revenu vers moi dans les premières semaines, c'est que tu es heureux avec elle. Pour ma part je ne me suis jamais senti comme ça. Je n'ai pas à marcher sur des œufs pour parler avec Jaz, je n'ai pas à maîtriser ses colères. Il est peut-être moins romantique que toi, mais personnellement j'en ai rien à faire. Alors oui, je le pensais. Ne doute jamais de mon amour pour toi durant toutes ses années, tu aurais tort. Ce n'est pas parce que nous ressemblions au couple parfait à l'époque que nous l'étions. Et ce n'est pas non plus parce que l'on pensait être fait pour être ensemble, que c'était le cas. Peut-être que notre séparation a été la meilleure chose qui nous soit arrivé.
- Ça fait mal d'entendre ça, avoua Edward en grimaçant.
- Oui je sais, la vérité, ça fait mal, se moqua-t-elle en lui tapotant l'épaule.
- Je suis désolé pour tout ce que je t'ai dit tout à l'heure, je n'en pensais pas un mot, je voulais juste... Je suis un connard, qui s'est comporté comme un connard.
- Donc tu ne penses pas que je couchais avec ton frère quand on était ensemble ?
- Non, bien sûr que non ! Je suis juste...
- Un connard, ajouta la brune amusée. Je vais prendre ses excuses et les prochaines que tu me feras, parce que je les mérite.
- Jasper t'a perverti de son arrogance, grogna Edward en constatant le sourire en coin de la brune.
- Ne lui en veut pas, le supplia-t-elle en lui ébouriffant les cheveux. Ton frère n'a vraiment rien fait de mal. J'ai déjà dû convaincre Emmett de ça pendant un bon bout de temps, ne m'oblige pas à faire de même avec toi.
- Comment tu aurais réagi si j'étais parti avec...Jacob ! lança Edward en commençant à avoir envie de vomir.
Bella explosa de rire en voyant son expression. L'imagination d'Edward venait clairement de lui montrer une image de lui qu'il n'avait pas envie de voir.
- Ok ! Inconcevable ! Mauvais exemple, mais tu as compris où je voulais en venir.
- Je n'en sais rien. Mais je sais que je n'aurais pas réagi aussi violemment. Puis vu les muscles de Jacob, je ne me serais certainement pas battu avec.
- Oui, j'aurais dû y réfléchir à deux fois avant de sortir les poings face à Jasper, il est plus vicieux qu'Emmett quand il colle une droite à quelqu'un. Je suis pratiquement sûr qu'il m'a pété une côte.
- J'aimerai te consoler et tout ça mais... cette raclée tu l'as mérité, balança la brune en haussant les épaules. Tu as été loin, très loin. Je ne devrais même plus t'adresser la parole.
- Alors pourquoi tu le fais ?
- Parce qu'à mes yeux, une bonne discussion est toujours plus productive. Puis au fond, j'espère bien te faire entendre raison. Tu as besoin d'en parler avec ton frère. Pour comprendre qu'il n'a jamais cherché à te blesser. Lui il voulait t'en parler depuis longtemps, c'est moi qui avait peur. Je devrais m'estimer heureuse qu'il n'y ai pas eu de mort.
- J'ai toujours un peu de mal à digérer les fiançailles, grimaça-t-il en fronçant les sourcils. S'il m'avait laissé te ramener... rien de tout ceci ne serait arrivé.
- Jamais je n'aurais accepté que tu me ramènes. Bourrée ou non. N'importe qui, mais pas toi. De toute façon ce qui est fait, est fait, soit tu l'acceptes, soit tu restes campé sur tes positions. Mais tu ne gagneras rien à le faire. Tu es assez intelligent pour imaginer la suite.
- Jasper ne me pardonnera jamais ce que j'ai dit et fait, il n'est pas aussi clément que toi.
- Non en effet, mais tu es son frère. Ce qui te donne un avantage sur pas mal de monde. Tu as le pass famille, c'est celui qui t'offre une seconde chance quand tu merdes fortement. Ce serait bien pour toi de l'utiliser à bon escient.
- Tu as raison, il faut qu'on en parle.
Il soupira un bon coup et redressa la tête, reprenant courage. Bella se leva, fière d'elle, rangea le sac à dos et se prépara à repartir. Edward se mit debout et la prit avec force dans ses bras. D'abord surprise et déroutée, elle accepta cette étreinte en lui frottant le dos.
- Merci, pour tout. Pour ta gentillesse, ta compréhension et ta franchise. J'en avais besoin. J'avais besoin d'une amie à qui parler. Merci aussi pour toutes ses années où je ne t'ai pas rendu la vie facile mais où tu as toujours été là. Tu es une personne exceptionnelle et j'espère vraiment que mon frère se rend compte de la chance qu'il a, je vais lui parler on va régler tout ça, ne t'en fais pas. Je te dois bien ça.
Edward se recula et déposa un tendre baiser sur son front. Bella sentit les larmes lui monter aux yeux. Il acceptait, probablement à contre cœur, mais il le faisait pour elle. Il acceptait enfin son choix par amour pour elle, comme Bella avait pu le faire pendant des années pour lui.
- Soit heureuse, je n'en demande pas plus, lança-t-il avec un magnifique sourire.
Bella lui attrapa les deux mains et les serra avec force. Elle avait cru que jamais il n'accepterait de faire un effort. Sa possessivité et sa jalousie étaient bien trop tenaces en lui. Seulement. Il allait essayer ! Pour elle ! Il acceptait de la laisser partir, enfin !
- Allez, maintenant que je suis redevenu quelqu'un d'intelligent grâce à toi, rentrons. Il faut que je parle avec mon frère, avec Alice aussi.
- Et moi que j'aille enfin dormir, répondit Bella en remettant sa capuche. Avec tes conneries je vais avoir une mine affreuse.
Il lui mit un coup d'épaule et serra sa capuche. Edward lui prit le sac à dos des mains et lui fit signe d'avancer. Il était temps qu'il règle toute cette histoire. Parler avec Bella venait de le soulager d'un poids immense et si seulement il avait réussi à mettre des mots sur ce qu'il ressentait avant, alors tout aurait été différent. Il avait toujours été colérique, seul Bella arrivait à lui faire entendre raison dans ces moments là. Perdre sa sagesse ne lui avait pas fait du bien. Mais tout était de sa faute, alors il devait accepter d'être responsable. Plus ils avançaient, plus la pluie reprenait de force.
- Bordel ! Mais quel temps de chiotte ! s'énerva Edward en se protégeant le visage.
- Ferme la ! C'est à cause de toi que nous sommes sous ce torrent ! hurla Bella en l'aveuglant de la torche. Alors avance et tais toi !
Edward explosa à nouveau de rire et la bouscula pour qu'elle continue. Le chemin du retour se fit sous beaucoup de boue. Ils glissèrent plus d'une fois mais réussirent à revenir sain et sauf à la maison. Ils enlevèrent leurs bottes et manteau dans le garage et retournèrent à l'intérieur. Ils tombèrent aussitôt sur un Jasper accoudé au comptoir de la cuisine, le regard tueur, apparemment de très mauvaise humeur.
- Il a fallut que tu ailles le chercher, siffla-t-il en serrant les dents.
Un silence pesant s'installa aussitôt, Edward se frotta la nuque de gène et Bella leva les yeux au ciel.
- Tu ne pouvais pas attendre qu'il rentre de lui même, il fallait forcément que tu braves une tempête pour soulager ta conscience..., s'énerva le blond rageusement.
- Est-ce le moment où l'on se hurle dessus ou celui où je peux encore discuter avec toi ? demanda gentiment Bella en s'avançant.
Elle tendit sa main pour la passer dans ses cheveux mais Jasper se recula, ne desserrant pas la mâchoire.
- Tu pars au milieu de la nuit, pour lui courir après, par un temps pareil, tu reviens avec lui, alors qu'il ne porte plus les mêmes vêtements. Excuses moi de mal le prendre, s'énerva Jasper en fusillant son frère du regard.
- Tu as le droit d'être en colère et de te poser des questions, admit Bella en comprenant son point de vue. Mais tu me connais. Tu sais comment je suis. Tout comme moi je vous connais assez tous les deux pour savoir que vous êtes aussi fier l'un que l'autre. Edward n'aurait jamais fait le premier pas si je ne l'avais pas convaincu de le faire et toi tu n'aurais jamais été le voir parce que tu estimes que tu n'es pas en tort. Vous avez besoin de parler. Cette famille a besoin que vous régliez cette affaire. Si pour ça je dois traverser une tempête je le ferai.
Bella déposa un tendre baiser sur ses lèvres, sous la grimace d'Edward et se dirigea vers les escaliers.
- Parlez maintenant et avec des mots, pas avec des poings, ordonna-t-elle sans même se retourner. Moi je me débarbouille et je vais enfin me coucher. Qu'aucun de vous deux ne hausse la voix, parce que si vous me réveillez, je jure de vous étouffer avec votre oreiller.
Le silence tomba dans la cuisine, les deux frères se jetaient des coups d'œil en n'osant pas ouvrir la bouche. Edward finit par prendre son courage à deux mains et s'installa à côté de Jasper.
- Tu n'as pas à lui en vouloir, il n'y a pas deux femmes au monde qui aurait réagit comme elle, lança Edward en essayant de défendre Bella.
- D'une, ne me dit pas ce que je dois faire et de deux, c'est bien mon problème, cette réaction me fait un peu trop penser à l'ancienne Bella.
Jasper était furieux même si sa colère était plus intériorisée que celle qu'il avait poussé contre son frère. Edward finit par soupirer et se frotta le visage.
- Sincèrement, il y a beaucoup de chose que je regrette. La façon dont je me suis comporté avec elle, parfois même j'ai regretté notre séparation parce qu'elle me manquait. Ce qui me fait te dire de ne pas lui en vouloir, c'est que Bella, elle, n'a aucun regret. Elle s'épanouit sans moi. Tu n'as pas à être jaloux, parce qu'elle m'a bien fait comprendre ce que tu représentais à ses yeux. Ça me met hors de moi honnêtement, parce que les fiançailles restent un morceau un peu trop gros à avaler, mais j'essaye de prendre sur moi. Pour elle. Bella t'aime et crois moi, il n'y a rien de plus important. Je m'y connais en jalousie, mieux que personne et ça ne t'amènera pas la tranquillité bien au contraire. Il n'y a pas plus fidèle que Bella, même en amitié.
Le blond finit par se tourner vers son frère les sourcils fronçaient.
- Quel revirement de situation ! s'étonna Jasper n'y comprenant plus rien. Il t'est arrivé quoi depuis tout à l'heure ? Parce qu'entre le « je vais te casser la gueule pour avoir couché avec Bella » au « pardonne lui parce qu'elle t'aime », je n'ai pas saisi la transition.
- Il m'est arrivé une tempête, des heures d'apitoiement sur moi et une bonne discussion avec Bella. Si un jour vous ne savez plus comment me parler, comptait sur elle pour savoir. Elle a toujours su et tu as finit par la convaincre que c'était une mauvaise chose, sans comprendre que si elle m'avait parlé avant, petit à petit, peut être que j'aurais mieux réagit.
- Tu vas réellement me recoller ça sur le dos ? siffla Jasper avec un sourire en coin.
- Je ne m'y risquerai pas à nouveau, répondit son frère en souriant pour de bon. Je suis en tord je le sais et je suis désolé de tout ce que j'ai dit. Mais je me suis prit une sacrée baffe tout à l'heure. En plus, Bella, à juste titre, ne s'est pas laissé faire. Sauf que je n'ai pas l'habitude de faire face à une tigresse pareille. Avant, elle encaissait, me laissait culpabiliser et je m'excusais après. Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais remarqué que ça la blessait plus qu'elle ne le laissait paraître. Elle a toujours été si... stoïque.
- Et tu as compris ça avec une simple discussion ? s'étonna son frère.
- Non avec son « si j'avais su qu'être en couple avec quelqu'un comme Jasper pouvait être aussi cool, je t'aurais quitté bien avant ! ».
- Elle a fait mal celle là, s'amusa le blond avec sadisme. Bien plus mal que tous les coups que j'ai pu te mettre.
- Ouais, grogna Edward en grimaçant. Elle a tapé droit dans mon orgueil. Et crois moi bien qu'elle ne s'est pas excusée une seule seconde pour cette phrase, bien au contraire.
- Tant mieux, ça veut dire que j'ai bien travaillé, sourit enfin Jasper de bon cœur. Bella a besoin de s'exprimer et moi je ne peux pas vivre avec quelqu'un qui me cache ce qu'il pense. Je préfère largement qu'elle me hurle dessus une bonne fois pour toute plutôt qu'elle intériorise et que notre relation devienne...
- Comme celle que nous avions, comprit Edward en soupirant.
- Exactement ! répondit son frère avec honnêteté.
Edward grinça des dents. A ses yeux le couple qu'il formait avec Bella était beau. Mais pas aux yeux de tout le monde apparemment.
- Nous avions notre façon de fonctionner et ce n'est pas parce que ce n'est pas celle qui te convient, que ce n'était pas celle qu'il nous fallait, tenta de lui expliquer Edward en fronçant les sourcils.
- Si tout était parfait Ed', pourquoi l'as tu quitté ? demanda Jasper sérieusement en le dévisageant. Je sais à quel point elle est parfaite. Douce, patiente, cultivée, pleine d'humour, même ses défauts je les aime. Alors répond moi, une bonne fois pour toute, pourquoi tu l'as quitté si tu y tiens tellement ?
Son frère garda le silence un bon moment, cherchant à mettre des mots sur ce qu'il ressentait.
- Ce n'était pas parfait, c'est vrai et je pense sincèrement qu'une relation ne peut pas être au beau fixe tout le temps. J'aime Alice, à un point tel que je n'ai pas de mot pour qualifier ça. Mais Bella est et restera éternellement ma confidente, ma meilleure amie. Celle a qui je peux tout dire. La seule fois où je ne lui ai pas dit la vérité, nous nous sommes séparés. J'ai beaucoup trop de mal à vous imaginer ensemble, mais quelque part je devrais essayer d'y voir un côté positif. Grâce à toi, je vais pouvoir continuer à la voir en ami. Parce que nous ne serons jamais plus rien d'autre et c'est ça que j'avais besoin de comprendre. D'analyser, mais je ne pouvais pas le faire sans Bella.
- Tu t'es reposé sur elle toutes ces années, comprit Jasper en levant les yeux au ciel. Ça a été ton éponge émotionnelle pendant dix ans. Puis une fois que tu t'es mis avec Alice, tu t'es rendu compte que tu n'avais plus personne sur qui épancher tes sentiments. Parce qu'Alice parle déjà pour deux, donc c'est difficile d'en placer une. Attend je suis en train de capter un truc de plus là. Tu es jaloux du fait que Bella arrive à parler avec Alice, parce que toi tu en es incapable.
Edward se mit à fuir son regard en se refermant aussitôt. Oui ! C'était vrai et c'était bien ça le pire.
- T'es vraiment très con des fois, on te l'a déjà dit ? l'insulta le blond en secouant la tête. En dehors du fait qu'Alice est tout à fait capable de t'écouter, que tes frères sont là aussi, tu as une mère et un père qui sont toujours d'excellent conseil. A qui crois tu que j'ai parlé de Bella en premier ?
- Peter, répondit Edward aussitôt.
- Euh... oui bon d'accord, Peter en premier, mais en deuxième c'était papa. Je croyais sincèrement que j'étais en train de faire n'importe quoi, m'attacher à quelqu'un c'était quelque chose d'inconcevable pour moi. Sauf qu'il m'a fait prendre conscience du fait que c'était déjà trop tard. Par je ne sais quel miracle, Bella s'est infiltrée dans toutes mes failles et elle a tout comblé.
- Tu es heureux, constata son petit frère.
- Oui et moi je n'ai jamais eu honte de l'être avec elle.
- Bella n'a pas honte, elle fait juste ce qu'elle a toujours fait de mieux, elle te protège, la défendit Edward en souriant doucement. Habitue toi, parce qu'elle va surveiller tes arrières, elle va apprendre tes petites manies pour t'aider si tu perds quelque chose, elle va te rappeler des rendez vous dont tu auras oublié l'existence, elle va faire en sorte de te trouver les meilleurs cadeaux pour ton anniversaire et elle se mettra même entre tes frères et toi pour te protéger les fesses. Durant toute la dispute de ce soir, elle n'a cherché qu'une chose, retourner ma colère contre elle. La détourner d'Alice, la détourner de toi, pour que je pense que tout était de sa faute et que je l'accuse elle. Certainement qu'elle pense qu'elle peut l'encaisser. Bella est venue me chercher dans les bois, non pas parce qu'elle s'inquiétait pour moi, mais parce que maman ne dormait pas, qu'Alice était en pleurs dans la chambre et qu'elle me savait fâché avec toi. Elle vous protège, tous autant que vous êtes.
- Et qui la protège elle ?
- Toi, de toute évidence, vu mon visage et mes côtes, répondit Edward avec un sourire mauvais. Emmett aussi, Alice, nos parents, Jacob. Et je pense qu'à partir de maintenant je vais venir me rajouter à l'équation. Tu sais cette phrase que tout le monde dit « si jamais tu la fais souffrir... »...
- Tu peux me la dire s'il te plaît, s'amusa Jasper en retrouvant sa bonne humeur. Ça voudrait dire que tu tournes la page à mes yeux et je n'attends que ça.
- C'est ce que je fais Jaz', rassure toi, Bella et toi vous vous aimez, moi j'aime Alice et rien ne me fera renoncer à elle. Donc tout va bien entre nous ?
- Si tu es prêt à me voir rouler des galoches à Bella et à soupçonner que je lui fais l'amour dans une chambre non loin de la tienne, oui tout va bien entre nous.
Jasper vit aussitôt la grimace de son frère et se réjouit à l'idée qu'il aurait bien du mal à dormir à côté d'eux maintenant.
- Je me serai bien passé de cette image, grogna le plus jeune en se levant. Tu crois qu'Alice est encore debout.
- Je crois sincèrement qu'Alice écoute aux portes, répondit Jasper en haussant les épaules.
Edward tourna aussitôt la tête vers l'escalier et entendit en effet une marche grincer. Il finit par sourire en tapotant l'épaule de son frère.
- Je vais aller lui parler. Tu ferais bien d'en faire de même. Bella ne dors pas, c'est certain. Elle est incapable de fermer l'œil quand elle sait qu'il y a du conflit dans l'air. Rassure là, aucun de nous deux n'a étranglé l'autre. Ah ! Et si jamais tu la fais souffrir, je te tue.
Jasper sourit et se leva à son tour. Il éteignit la lumière de la cuisine et monta jusqu'à sa chambre. Bella était allongée dans le lit et en effet elle ne dormait pas. Elle le regardait en se mordillant la lèvre.
- A quel point tu m'en veux ? demanda la brune incertaine.
- C'est ça qui t'inquiètes ? s'amusa Jasper en s'avançant. Ce n'est pas de savoir comment s'est passé la discussion.
- Je ne vous ai pas entendu hurler, donc je pense que ça s'est bien passé, avoua Bella en se redressant. Mais si j'ai fait ça...
- Je sais, la coupa-t-il en la rejoignant dans le lit. Même si tes réactions ne sont pas celles que j'aurais moi même, il faut que j'apprenne à vivre avec. Néanmoins, tu n'as pas à prendre le poids du monde sur tes épaules. Je suis assez costaux pour supporter tu sais. Je préfère que tu me dises « je vais chercher Edward » et comme ça je viens avec toi, plutôt que tu y ailles seule en pleine nuit au risque qu'il t'arrive quelque chose.
Il posa ses mains délicatement sur ses épaules et les caressa. Jasper plongea son regard dans le sien et fut à nouveau éblouit par sa beauté.
- J'ai besoin de toi et il faut que tu apprennes à avoir besoin de moi. C'est plus facile si on affronte les choses à deux non ? C'est toi qui me l'a appris. Applique les règles que tu prêches.
- D'accord, répondit-elle attendrie en déposant un tendre baiser sur ses lèvres. Jasper ?
- Mmhhh..., dit-il en fermant les yeux sous ses caresses.
- Je t'aime.
Il se plongea à nouveau dans son regard et profita de ces mots dont il ne se lassait pas. Surtout quand la sincérité de Bella le frappait de plein fouet. La brune commença à déposer des baisers dans son cou, à passer ses mains dans son dos et Jasper sut qu'il ne résisterait pas longtemps à ses avances. Tout le monde était enfin au courant et Edward acceptait la situation du mieux qu'il pouvait. Il n'y avait plus de raison de se prendre la tête. Alors Jasper se laissa entraîner dans le lit, choisissant de laisser le contrôle à Bella. Profitant de son bonheur, il pria pour que celui ci dure le plus longtemps possible.
Bon voilà un peu de la vision d'Edward, puis depuis le temps vous me connaissez. L'épilogue se passera cinq ans plus tard, on fera le point. Bisous !
