Coucou mes petits chaaaats ! Ça faisait longtemps ! On reprend nos rendez-vous du dimanche avec la publication du tome 3 de la saga de la Cérémonie de Recherche ! Merci à Néliia de m'avoir corrigé, bonne lecture à vous !
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La fête pour la remise de diplôme qu'organisent les Hales est l'une des plus impressionnantes que Stiles ait fréquenté de sa vie. Bien sûr que c'est la plus impressionnante. Talia ne fait pas les choses à moitié et le fait qu'ils aient tous survécu assez longtemps pour obtenir leur diplôme est énorme. Cora s'est chargé de la décoration et a apporté sa touche personnelle partout. Il y a un DJ avec des vieux disques. Talia a même embauché un traiteur car selon elle, si Stiles devait se charger de la cuisine, il n'aurait rien pu faire d'autre pendant une semaine, même pas réviser pour ses examens.
Stiles est d'accord. Il y a presque une centaine d'invités. Dans la meute Hale, Stiles, Scott, Cora et Isaac ont eu leur diplôme. Ils ont aussi invité les meutes Reyes et Boyd, puisque Erica et Boyd sont tous deux amis avec Stiles et Cora. La remise de diplômes du lycée public de Beacon Hills est la même semaine, alors Stiles a invité Danny. De l'autre lycée classique viennent Allison et l'amie de Stiles, Heather. En comptant leurs familles, ça fait beaucoup de monde. Stiles n'a que vingt-quatre heures dans une journée.
Alors il est content de ne pas avoir à se charger de la cuisine pour une fois. Il peut s'empiffrer, rire et danser, même s'il est un horrible danseur. Tout va bien parce qu'il sait que Derek pense que ses mouvements de danse sont à la fois adorables et sexy, même s'il ne sait pas trop pourquoi. Il a vu des vidéos de lui-même et il sait à quoi il ressemble dans ces moments-là.
Ça va être agréable de pouvoir passer l'été ensemble sans qu'il n'y ait beaucoup à faire puisqu'ils vont tous se séparer, même temporairement, à la rentrée. Ce n'est pas qu'ils vont loin, pas dans une époque avec des téléphones et skype. Mais Scott va à l'université de Californie à Davis et c'est la première fois que Stiles et lui seront à plus de vingt minutes de trajet l'un de l'autre. Allison va à Berkeley et son père est si fier qu'il sourit, alors même qu'il y a des loups-garous autour de lui.
Cora va à l'Institut des Arts de Californie, parce qu'ils ont un programme de théâtre très intéressant et elle veut se lancer dans la conception de costumes. Isaac ne veut pas se séparer d'elle, bien sûr, alors il va au campus de LA de l'université de Californie. Pendant un moment, il a essayé de faire croire qu'il ne voulait pas aller à l'université du tout. Ses notes sont remontées après que la meute l'ait intégré mais sa moyenne n'est pas impressionnante et il déteste l'idée que la meute dépense de l'argent pour lui. Cora l'a finalement convaincu parce que « Quelqu'un va devoir gérer la compagnie théâtrale que je vais ouvrir à Beacon Hills, non ? »
Stiles, lui, a décidé de s'inscrire à l'université de Beacon Hills. Tout le monde l'a encouragé à aller « où il veut » mais il a encore des problèmes de langage et de mémoire s'il est trop stressé et il préfère y aller doucement. Et il ne veut pas quitter Beacon Hills, pas simplement à cause de Derek et de la meute, mais aussi à cause de son père. Il est heureux, ici.
Et puis, il est presque certain que son choix d'université n'aura pas vraiment d'importance sur le long terme. L'année précédente, il a assisté à l'inauguration du mémorial pour les bébés tués par l'OLL. Il est encore sceptique sur le crédit qu'il mérite pour avoir résolu cette affaire, mais personne n'a l'air de s'en soucier. Trois personnes sont venues le voir pendant la cérémonie pour lui offrir du travail.
« Je suis au lycée ! », a-t-il répondu. « Je ne suis même pas spécialement bon. »
La femme à laquelle il a dit ça s'est contentée de lui sourire avant de répondre : « Pour être honnête, Stiles, le talent que tu as – la capacité à regarder les pièce d'un puzzle et les assembler – Je ne pense pas que ce soit quelque chose qui puisse être appris. »
Il a dit à tout le monde qu'il voulait aller à l'université, prendre des cours de criminologie et de psychologie, et apprendre tout ce qu'il a besoin de savoir. Il ne sait pas combien de temps ça va lui prendre, mais il veut vraiment le faire. L'un des emplois qui l'intéressent vraiment – l'ouverture d'une branche des forces de l'ordre consacrée aux affaires classées sans suite – ne va pas s'envoler.
« Cela va prendre deux ans pour que ce soit approuvé et financé, de toute manière. », lui a dit l'homme à la cérémonie. « Dès que tu es prêt, le job est pour toi. »
Alors Stiles va à l'université parce qu'il le veut, pas parce qu'il en a besoin. Il reste à Beacon Hills pour pouvoir suivre ses cours et parfois être frustré et revenir dans sa zone de sécurité pour faire des cookies et câliner son compagnon. Sa vie est plutôt bonne et il ne s'en plaint pas. Six mois de thérapie lui ont appris à ne pas toujours s'attendre au pire.
La fête se calme après le coucher du soleil et beaucoup de monde part pour aller allumer des feux d'artifice. Naturellement, ce n'est pas quelque chose qui intéresse les Hale. Une heure après, il ne reste plus qu'eux, étendus sur une couverture sous les étoiles. Stiles regarde sa meute, sa famille, et une vague de chaleur monte en lui. Cora est étendue sur les cuisses d'Isaac, qui lui natte les cheveux. Scott et Allison flirtent pendant que Mélissa secoue la tête en affirmant que Scott a encore grandi, il ne devrait pas avoir fini maintenant ? Talia est assise, adossée contre la poitrine d'Aaron, ses bras autour de sa taille. Laura et Jonathan s'occupent du nouveau bébé pendant que Tyler montre à Sylvia comment souffler sur un pissenlit. Peter est assis épaule contre épaule avec Tom et se penche occasionnellement pour toucher sa tempe ou son menton avec sa joue. Stiles les observe pendant une minute et essaye de savoir, comme toujours, ce qu'il se passe entre eux.
Et puis il y a Derek bien sûr, une présence chaleureuse et solide contre son dos. Derek a été son plus gros soutien concernant son choix d'université – et le premier à accepter sa volonté de rester à Beacon Hills. Il l'a aussi soutenu dans sa décision de prendre des cours l'été entre ses deux dernières années de lycée pour pouvoir recevoir son diplôme en même temps que les autres, même si ça implique qu'il n'a pas eu de vacances. Et Stiles a soutenu Derek quand il a ouvert sa propre compagnie de paysagisme pour pouvoir faire davantage ce qu'il aime – le design et le côté artistique – plutôt qu'être toujours désigné pour porter les lourds sacs de terre.
« Alors. », dit Talia. « Puisque tout le monde est ici et encore réveillé – je crois – j'ai une annonce à faire. »
Stiles se crispe, il ne peut pas s'en empêcher. Derek lui frotte le dos doucement, et il laisse échapper une respiration.
« Aaron et moi avons discuté de commencer à designer et construire une nouvelle maison. »
Ce n'est pas si effrayant que ça et Stiles se détend alors que les autres commencent à poser des questions. Ils viennent juste de finir de construire une maison trois mois plus tôt, un nouvel endroit pour Laura, Jonathan et leurs enfants. Quand Laura est tombée enceinte pour la troisième fois, ils ont décidé qu'ils avaient besoin de plus de place.
« Eh bien... », continue Talia. « On a pensé que vous pourriez apprécier avoir un endroit à vous, les enfants, pendant vos vacances à l'université. »
« Ouah, pour nous ? », s'étonne Scott, excité.
« En priorité pour Derek et Stiles. », explique Aaron. « Vu qu'ils restent à Beacon Hills. Mais avec de la place pour le reste d'entre vous, aussi. »
Cora est rayonnante. Isaac fait cette tête qu'il a quand il a peur de dire merci, mais Stiles fronce un peu les sourcils. « Je ne peux pas vraiment... Je veux dire, j'apprécie l'offre, mais je vais finir par passer la plupart de mon temps dans la maison principale, de toute manière, pour cuisiner. »
« Pas forcément. », rétorque Talia. « Dans les meutes avec plusieurs maisons, les repas sont généralement pris chez le Cordon Bleu, pas chez l'alpha. C'est logique, non ? Tout ce que tu prépares, tu pourrais l'amener chez les autres, ou alors on viendrait chez toi. » Elle lui sourit chaleureusement. « J'ai pensé que tu aimerais designer ta propre cuisine. »
« Eh bien, oui, je – attendez, quoi ? » Stiles s'assoit sous l'excitation. « Je peux la designer moi-même ? Oh mon Dieu ! Je peux – Je peux avoir une armoire à provisions où l'on peut rentrer dedans ? Un de ces, ces fours super plats et faciles à nettoyer ? Et ces paniers que l'on peut pendre sur - »
« Doucement, doucement. », rit Aaron. « Tu peux avoir tout ce que tu veux. On a parlé à quelques entrepreneurs qui se sont occupés de la maison de Laura et Jonathan. Tu peux t'entretenir avec ceux qui ont fait la cuisine. »
« Et pour le reste de la maison ? » Stiles est énergique maintenant. « Est-ce que Derek aura une serre ? Il a toujours voulu une serre. Et un jacuzzi ? Ou au moins une baignoire assez grande pour deux personnes ? J'en ai besoin pour, euh, certaines raisons. », finit-il avec hâte en jetant un regard à son père, qui se contente de soupirer.
« On en parlera plus tard. », s'amuse Talia.
Cora quitte les cuisses d'Isaac pour se frotter contre l'épaule de sa mère. « Papa et toi n'allez pas vous sentir seuls, dans cette grande maison ? »
« Bien sûr que non. », intervient Peter. « Je serai là. »
Talia renifle malgré elle. Aaron rit doucement et dit : « Ça va faire du bien d'avoir un peu de silence et de tranquillité. »
« Pas de chance. », intervient Tom en levant les yeux au ciel. « Il n'y a jamais vraiment de ça par ici. »
« Vrai. », sourit Talia. « Allons, rentrons avant de se faire dévorer par les moustiques. Qui est partant pour un film ? »
Laura et Jonathan décident de rentrer chez eux pour coucher les enfants, mais tous les autres se dirigent vers la maison principale. Il reste plein de nourriture et Stiles s'empare d'un pichet de limonade et d'un autre d'ice tea pour que tout le monde ait quelque chose à boire, pendant que les autres sélectionnent le film. Tout le monde a des goûts différents, alors chacun a son tour pour choisir. Avec le temps, ils se sont regroupés pour rendre les choses plus faciles. Scott, Stiles, Isaac et Cora aiment les films d'action, de superhéros, de science-fiction. Talia et Derek aiment les films d'auteur ; les drames, les films historiques ou dans des langues différentes. Allison et Laura sont pour la romance. Tom et Aaron aiment tous les deux les classiques. Peter aussi, mais dans une certaine mesure. Peter est un peu l'imprévisible ; ses goûts sont vraiment éclectiques et il choisit souvent selon son humeur, qui est encore très changeante.
Aujourd'hui, c'est au tour de Peter de choisir et, après plusieurs minutes à naviguer sur Netflix, il choisit Fight Club. Stiles et Scott ont tout installé pour regarder sur la grande télévision, alors ils s'installent tous confortablement sur les canapés et les fauteuils.
Stiles observe Peter quand le film commence. Il s'installe près de Tom, se penche et frotte sa joue contre sa clavicule. Tom passe sa main le long de sa colonne vertébrale d'un air absent, de la même manière que fait Derek avec lui. Stiles décide mentalement d'en discuter avec Derek plus tard. Pour l'instant, il n'a pas besoin de s'en préoccuper. Quoi qu'il se passe, c'est une bonne chose. Il va s'en assurer.
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Stiles se réveille le matin suivant, le bras de Derek enroulé autour de sa taille. Ils ne sont pas collés l'un à l'autre, ou Derek perdrait toute sensation dans son bras, mais le loup-garou le touche toujours d'une manière ou d'une autre dans son sommeil. Stiles bâille, roule sur le côté pour se rapprocher de son compagnon. Derek sourit. S'il n'est pas encore réveillé, il le sera bientôt.
Stiles se perd dans ses pensées, comme toujours, et il réfléchit à ce qu'il va faire. Il peut cuisiner, bien sûr ; il y a toujours quelque chose à préparer. Ou il peut lire, ou surfer sur internet. Ça l'occupera... une heure. Mais l'été s'étend devant lui. Un été entier, énorme, vide.
« Qu'est-ce qui te fait aussi peur dès le matin ? », murmure Derek. Ses doigts viennent caresser le sternum du plus jeune.
« Je vais tellement m'ennuyer. Je veux dire, j'ai la meute à m'occuper, et je peux aider à concevoir une nouvelle maison, et peut-être que je peux convaincre mon père de me confier une ou deux affaires. Et puis bien sûr, je dois passer beaucoup de temps à coucher avec toi de toutes les manières possibles, mais qu'est-ce que je vais faire de tout mon été ? »
Derek renifle d'amusement en entendant le programme. « Tu n'arrives pas à être heureux si tu n'as pas au moins dix choses à faire en même temps, n'est-ce pas ? »
« Bien sûr que non ! J'ai besoin d'une affaire. » Il roule sur Derek et prend un accent un peu gangster. « C'est un métier difficile, mais je suis un homme difficile. »
« C'était la pire imitation que j'ai entendue. », remarque Derek.
« Alors tu n'as jamais joué à Cranium avec Scott. », rétorque Stiles. Ses yeux s'illuminent. « Je sais ! Essayons de comprendre ce qu'il se passe entre mon père et Peter. »
« Comprendre... Quoi ? » Derek le juge avec ses sourcils.
« Allez ! Ne me dis pas que tu n'as rien remarqué entre eux. Je vais trouver ce que c'est ! »
Derek a encore l'air dubitatif. « J'avais l'impression qu'ils étaient amis. »
« Ils se comportent pas comme des amis. » Stiles se met à mordiller l'oreille de son compagnon. Celui-ci l'enlace, ses doigts tracent le contour de ses omoplates et suivent sa colonne vertébrale. « Ils se câlinent trop. Et ne me dit pas que c'est un truc de loup-garou. Peter n'est comme ça avec personne d'autre. » Quand Derek se contente de grogner légèrement, Stiles continue. « Allez, tu sais que j'ai raison. Oncle P est la personne la plus dangereuse que je connaisse mais, mets-le dans la même pièce que mon père et il se transforme en gros chat ronronnant qui se frotte contre ses jambes. »
« Okay, peut-être qu'il est un peu – attends, littéralement ? »
« Oui, littéralement. Je l'ai littéralement vu allongé sur le canapé à frotter sa tête contre les jambes de mon père. Seulement sous sa forme de loup, mais bon. C'est chelou, même pour Oncle P. »
« Peter a toujours été un peu étrange. », remarque Derek.
« C'est un euphémisme. » Stiles se redresse légèrement et Derek proteste. « Okay, on va jouer à un jeu. Je te dis ce qu'ils font et tu me dis si c'est bizarre pour un loup-garou. »
« Ah oui ? » Derek les fait rouler à nouveau et l'embrasse langoureusement. « Qu'est-ce que j'ai si je gagne ? »
« Ça ne va pas être un problème. » Derek grogne de protestation avant de l'embrasser à nouveau. « Okay, okay. », dit Stiles en essayant de reprendre son souffle. « Peter marque beaucoup mon père avec son odeur. Bizarre ou pas ? »
« Non, surtout si ton père n'est pas beaucoup là. Quand Peter le voit, il va vouloir ajouter l'odeur de la meute sur lui. »
« Il aime aussi s'allonger avec la tête sur les cuisses de mon père. »
« Bizarre. », admet Derek. « Mais ce n'est peut-être qu'une étrangeté d'Oncle Peter. Je veux dire, les loups-garous adorent le contact physique, non ? »
« Oui. » Stiles gémit alors que Derek fait une marque sur le côté de sa gorge. « C'est une dépendance à l'ocytocine. »
Derek s'écarte. « Comment ? »
Stiles cligne des yeux. « Quoi, quoi ? Les loups-garous ont besoin d'un niveau plus élevé d'ocytocine que les humains. C'est un neuro-modulateur. Ça a à voir avec... zut, euh... être ensemble ? Genre, physiquement ? »
« L'intimité ? L'attachement ? »
« Oui, un de ces deux-là. Enfin, va trouver un bouquin de chimie si ça t'intéresse vraiment. Le truc c'est que les loups-garous ont besoin de plus d'ocytocine que les humains et sont plus susceptibles d'en produire après une connexion physique ou de l'intimité avec une personne dont ils sont proches. C'est en partie pour ça que les loups omégas sont si instables, et pourquoi la séparation d'avec la meute t'affecte à la fois mentalement et physiquement. Le truc c'est que... Peter a besoin d'ocytocine autant que tous les loups-garous, mais il a toujours été un peu distant à cause de, tu sais, zinzin. Alors peut-être qu'avec mon père, il rattrape le temps perdu. »
« Un peu comme s'il avait une addiction physique maintenant. », se questionne Derek. « Intéressant. Okay. Quoi d'autre ? » Il se penche et prend le lobe de l'oreille de Stiles dans sa bouche, une main descend le long de son estomac et ses côtes.
Stiles se tortille de contentement. « Il vole les... les affaires que porte mon père. Les vêtements, c'est le mot. »
À ça, Derek se rassoit. « Vraiment ? »
« Ouais. »
« C'est un truc de compagnons. »
Stiles lève les yeux au ciel. « Mec, je sais. »
Derek réfléchit une minute. « Je veux dire, qu'il veuille que ton père porte son odeur, c'est logique, c'est la meute. Mais vouloir avoir l'odeur de ton père disponible ? C'est un peu étrange. Peut-être que si c'est ton père qui lui fournit toute l'ocytocine dont il a besoin, avoir son odeur aide Peter à rester calme ? »
« Quand tu en parles comme ça, mon père ressemble à un dealer de drogue dans une ruelle sombre. »
« Hey, c'était ta métaphore. »
« Ce n'était pas une métaphore. C'était une affirmation d'un fait neurochimique. », répond Stiles en secouant la tête. « Maintenant, remets ta main là où elle était. »
Derek renifle et obéit. « Okay. Continue ? »
« Il est très sensible aux humeurs de mon père. Genre, il sait toujours ce qu'il ressent. »
« Pas étrange. C'est juste l'odeur. On sait faire ça pour à peu près tous ceux avec qui on passe beaucoup de temps. Je sais plutôt bien lire les émotions de ton père, aussi. Autre chose ? »
« Il apporte de la nourriture à mon père. », dit Stiles.
Derek hausse les épaules. « Pas si étrange que ça. »
« Et le regarde la manger. »
Là, Derek fait une nouvelle pause.
« De manière intensive. »
Derek baisse la tête et pose son front contre la clavicule de Stiles. « D'accord, tu gagnes, c'est étrange. C'est un autre comportement entre compagnons. Tu le sais. Je sais que tu le sais, parce que je le fais alors même que tu es le Cordon Bleu. Tout le monde le fait. Papa ramène toutes ces friandises à chaque fois qu'il voyage, Isaac fait à Cora ses cookies préférés... »
« Ouaip, c'est chelou. », s'exclame Stiles. « Quelque chose se trame. » Il s'avance et commence à mordiller la gorge de Derek, là où elle rejoint son épaule. « Je vais découvrir ce que c'est. »
« Écoute, tu sais que c'est impossible pour un loup-garou d'avoir un second compagnon. », le prévient Derek. « Ça n'est jamais arrivé. »
« Je sais. » Stiles passe sa main dans les cheveux du plus vieux, le long de son dos. « En fait, j'y pensais, l'autre jour. Tu sais, tout le monde dit que les loups-garous ne se remettent jamais de la perte d'un compagnon. Et Dieu sait que j'ai eu peur de te perdre, c'est la chose la plus terrifiante sur terre. Papa m'a dit que la plupart des loups qui perdent leur compagnon se suicident. »
« C'est vrai. », répond Derek en choisissant de ne pas devenir émotionnel à ce propos, parce que ça ne va jamais lui arriver.
« Eh bien, Peter ne l'a pas fait. C'est peut-être honnêtement le loup-garou qui a survécu le plus longtemps après ça. Beaucoup restent juste assez longtemps pour se venger, mais Peter a été... distrait. En un sens, le fait que ta mère l'a convaincu qu'il était fou a peut-être joué en sa faveur. À cause de ça, il lui a fallu six ans pour se venger et, d'ici là... Peut-être que, juste un tout petit peu, il a commencé à guérir. Et il va de mieux en mieux depuis. Alors peut-être que les loups-garous peuvent se remettre de la perte d'un compagnon, peut-être pas entièrement, mais au moins un peu. Et on ne l'a jamais su parce qu'aucun n'a vécu assez longtemps. »
Derek y réfléchit. « Je suppose que ce n'est pas une théorie si terrible que ça. »
Stiles le tapote dans les côtes. « C'est une théorie géniale, parce que toutes mes théories sont géniales. », dit-il. Puis il soupire. « Écoute, je sais que mon père n'est pas le compagnon de Peter, je sais qu'il ne va pas être un remède magique à tous ses problèmes. Mais, juste parce qu'il ne va jamais avoir un autre compagnon, cela veut-il dire qu'il ne va plus jamais tomber amoureux ? »
« Je ne sais pas. », admet Derek.
« Moi non plus. Personne ne sait. Alors, découvrons-le. »
« Qu'est-ce que tu suggères, exactement ? », demande Derek, puis il baisse la tête quand les mains de Stiles voyagent plus bas. « C'est – C'est distrayant. »
« Uh huh. » Stiles continue à faire courir ses mains sur les fesses de Derek, sur l'arrière de ses cuisses. « Je pensais qu'on pourrait juste, tu sais, observer. Pour l'instant. Sans qu'ils le sachent. Ils vont se comporter bizarrement s'ils savent qu'on regarde. »
Derek grogne. « Tu veux espionner ton père. Le flic. Et Peter, la Main Gauche. » Il fait un léger bruit alors que Stiles tâte. « C'est une excellente idée. »
« Ça fera un bon entraînement. Peter est toujours en train de me dire que je devrais travailler ce genre de choses. Je lui dirai que j'affine mes qualités de Main Gauche, et qu'il doit me dire quand il me surprend, mais pas m'arrêter. Il mange ce genre de choses dans la paume de ma main. »
« Si quelqu'un dans le monde peut se montrer plus rusé que Peter, c'est toi, mais je ne pense vraiment pas qu'il va se faire avoir. On peut faire l'amour, maintenant ? »
« Dans une minute. Ça vaut au moins le coup d'essayer. Allez, je sais que tu veux faire ça avec moi. On va être partenaires. Tu peux être le flic guindé qui obéit à toutes les règles et je peux être le flic dangereux qui a ses propres méthodes. »
« Uh huh. Est-ce que le flic guindé ferait ça ? », demande Derek en mettant sa main dans le boxer de Stiles pour masser ce qu'il y trouve.
« Oh bon sang, j'espère que oui ! » Stiles ferme les yeux. « Beaucoup de fois, de préférence. Tout le temps. »
« On pourrait faire quelque chose de révolutionnaire, comme leur demander. » Derek ferme les yeux à son tour et frotte ses hanches contre celles de Stiles, faisant des mouvements de va-et-vient contre lui.
« Tu plaisantes ? Je te garantis que mon père n'a aucune idée de tout ça. Même s'il suspecte que Peter a des sentiments pour lui, il ne dira jamais rien, parce qu'il sait que Peter a perdu Olivia et c'est une certitude qu'il péterait un câble s'il se rendait compte qu'il commence à tomber amoureux de quelqu'un d'autre. Et si Peter s'en rendait compte, il péterait un câble, alors il ne sait de toute évidence pas ce qu'il se passe non plus. »
« Tu sais, », fait remarquer Derek. « On dirait que ce n'est pas que tu veux savoir ce qu'il se passe, mais que tu veux leur dire ce qu'il se passe. »
Stiles y pense une seconde. « Eh bien, oui, c'est une bonne remarque. Mais délicatement, pour qu'Oncle P ne perde pas ses moyens. »
« Ça... va certainement être un défi. »
« Uh huh. Bon, on va faire l'amour, ou pas, du coup ? »
« Seigneur, j'ai cru que tu n'allais jamais demander. »
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Étonnamment, Stiles tient une semaine de ses vacances d'été avant d'enfin chercher quelque chose à faire. Il passe beaucoup de temps à faire de la pâtisserie, cuisiner, jouer aux jeux vidéo avec Scott et Isaac, il va au cinéma, il se détend. C'est assez nouveau pour lui. Stiles est dans un état de stress continu depuis bien avant que Derek l'ait choisi comme compagnon.
Tom Stilinski n'est tout de même pas surpris de voir son fils s'aventurer dans la station de police la seconde semaine des vacances. « Tu n'as pas des bêtises à faire ailleurs ? », demande-t-il en lui donnant un petit coup de coude dans les côtes.
« Pas pour le moment. », plaisante Stiles en dansant sur ses talons. « Alors, quoi de neuf ? Qu'est-ce que j'ai loupé d'excitant ? Des affaires intéressantes ? Il y a - »
Tom le laisse parler jusqu'à ce qu'il ait terminé, passant le temps à faire de la paperasse pour l'affaire qu'ils viennent juste de résoudre, un simple cas de conduite en état d'ivresse. Quand Stiles s'arrête de parler et lui envoie un regard implorant, il croise les mains sur son bureau. « Je voudrais te parler de ta pré-rentrée. »
« Oh. », dit Stiles. Il cille, pris au dépourvu par le changement de sujet brusque. « Okay, bien sûr. Quoi donc en particulier ? »
« Tu vas choisir tes cours, non ? », demande Tom.
« Ouais. Enfin, je ne pourrai pas choisir tous ceux que je veux, beaucoup ne sont pas à destination des première années et bien sûr, tout ceux que je veux suivre ont des pré-requis qui vont me prendre du temps, mais - »
« À ce propos. Je pense que tu ne devrais en choisir que trois. »
« Trois classes ? Papa, ça ne fait que neuf crédits. Je ne peux pas prendre que neuf crédits. »
« Si, tu peux. » Il voit que Stiles est sur le point de protester. « Je ne dis pas que tu dois faire la même chose pour tous tes semestres jusqu'à ton diplôme. Je dis juste que c'est ton premier semestre. Ça va être une période d'adaptation. Tu vas devoir t'habituer à la nouvelle charge de travail et je pense que ce serait mieux d'y aller doucement. Surtout parce que je ne veux pas que tu t'enterres sous le travail pour t'en vouloir si tu ne peux pas gérer. »
Stiles fronce les sourcils. « Au lycée je suivais les cours à temps complet, et j'allais bien. »
« Oui, mais ce n'est pas le lycée, Stiles. Ce sera peut-être plus difficile, ce sera peut-être plus simple. Je ne sais pas. Je dis juste que, tant qu'on ne sait pas, tu devrais te lâcher un peu de lest. Mais ! », continue-t-il. « Puisque je savais que tu détesterais l'idée, je suis prêt à passer un marché. »
« Quel genre de marché ? », demande Stiles, suspicieux.
« Si tu acceptes de ne choisir que trois classes, alors je suis prêt à te laisser travailler sur quelques affaires non résolues. »
Stiles saute presque de sa chaise. « Oh mon Dieu, vraiment ? Des affaires de Beacon Hills ? Des vraies affaires non résolues ? Avec le soutien de la police ? Légalement ? »
« Contre tout bon sens, oui, avec le soutien légal de la police. » C'est ça qui va être différent des autres cas sur lesquels Stiles a pu travailler. Quand il a fait des recherches sur des cas pouvant impliquer l'OLL, ce n'étaient pas des enquêtes en cours. Parfois, il n'y avait pas du tout de crime déclaré, alors il devait être discret pour trouver l'information dont il avait besoin. Tom pense que ça sera une bonne expérience pour lui de travailler vraiment avec un département de police.
« Est-ce que Beacon Hills a beaucoup d'affaires non résolues ? », demande Stiles.
« Ça dépend de ce que tu cherches. Oui, il y en a plein si tu parles de vol à l'étalage, de vandalisme, ce genre de choses. Non, il n'y a pas beaucoup d'affaires majeures qui ne sont pas résolues, mais il y en a certaines. Peut-être même qui datent de cette décennie. »
« Eh bieeeeeeen. », dit Stiles. « Je pense que ce n'est pas une si mauvaise idée que ça de faire un semestre plus léger. Tu sais, juste pour voir. »
« C'est ce que j'aime entendre. Je te donnerai un résumé des affaires, et tu pourras en choisir une. »
« Une seule ? Papa, s'il te plaît ! Tu sais que je travaille mieux si je peux passer d'une chose à l'autre. Donne m'en plusieurs ! »
Tom soupire. Il le contredirait bien, mais il sait que Stiles a raison. Il travaille effectivement mieux quand il peut aller et venir entre différentes affaires, changer s'il est coincé ou commence à être frustré. « Bien. Mais pas plus de trois. En fait, j'en ai une en tête qui pourrait t'intéresser. »
« Ah oui ? Je t'écoute. »
Tom prend une boîte remplie de dossiers et d'enregistrements vidéo derrière son bureau. « Ça date de 2003. Le meurtre de Paige Krasikeva. »
