Bonjour tout le monde !

Déjà pardon pour ce nouveau revirement, mais ne tenez pas compte de ce que j'avais mis dans la dernière mise à jour. Je vais rester sur la relation Armin-Historia que j'étaierais plus tard.

Ensuite, merci pour vos appréciations en commentaires, ça fait plaisir.

Je continue cette histoire avec un rythme calme comme annoncé dans le dernier chapitre. J'espère que ça vous plaira.

Bonne lecture !


Eren était tranquillement assis sur le canapé d'un petit salon au QG militaire de Stohess. La pièce était magnifiquement décorée avec des meubles et des tapis luxueux. Les coussins eux-mêmes étaient brodés avec des filins d'or. Les rideaux étaient faits du meilleur tissu que le mur Sina avait à offrir. L'armoire à vin présentait les plus grands crus connus, véritable nectar pour les papilles.

Tout ce environnements illustrait à la perfection la corruption des Brigades spéciales, en particulier chez les officiers qui utilisaient une grande partie de leur budget pour de la décoration hors de prix.. Alors que ce salon et d'autres salles assez luxueuses leur étaient réservés, la Garnison disposait de quartiers assez moyens. Comme quoi, même au sein du mur Sina, les inégalités entre soldats persistaient.

Eren prenait un petit moment seul pour réfléchir.

L'élimination de Rod Reiss avait été aussi facile que brève. Les moyens employés avaient plongés la plupart des soldats dans une terreur absolue. L'idée qu'Eren puisse désormais détruire entièrement le mur jetait un tel sentiment d'effroi que tout le monde le regardait désormais avec crainte.

Bien que cela ne lui plaise pas, Eren avait été dans l'obligation d'user du pouvoir de l'Axe. Maintenant qu'il y avait accès, il comptait bien s'en servir autant que nécessaire pour protéger ses amis. Et il avait dû commencer par traiter avec les hauts gradés.

Seuls Zackley, Pixis, Dork et Smith étaient alors présents à Stohess et représentaient tous une menace pour Ymir et lui. Et si Pixis semblait plus rationnel, Zackley ne lâcherait jamais l'affaire. C'est pourquoi Eren avait été radicale.

À l'aide de l'Axe, il avait influencé les esprits de tous les soldats, exceptés ses amis, Frieda, Hanji et Livai. Sans faire comme Karl Fritz, il s'était assuré d'éliminer tout sentiment hostile chez eux et de les faire obéir à des ordres simples. Il ne comptait bien sûr pas continuer ainsi sur le long terme. Mais les évènements récents avaient rendu la situation tendue et instable au sein des murs. Il s'agissait d'agir vite pour éviter une guerre civile sans avoir à abuser de l'Axe.

Les nouvelles sur une bataille en plein coeur de Stohess allait se répandre au sein des murs rapidement. Il ne faudrait pas longtemps au gouvernement pour réagir. Même privé du leadership de Rod Reiss, la monarchie fantoche demeurait un menace sérieuse, sans compter le reste des brigades centrales et la noblesse de province.

La prochaine étape serait de renverser le gouvernement central. Ils étaient faibles et avec le pouvoir de l'Axe, leur victoire était assurée. Mais après...

Il ne savait pas exactement ce qu'il se passé après. Pour la première fois en quatre ans, Eren n'avait pas de perspectives précises pour l'avenir.

Un coup à la porte le sortit de ses pensées. La silhouette d'Ymir entrant dans le salon lui fit tout oublier.

Elle était entièrement rétablie. Ses brûlures avaient totalement disparus. Elle portait désormais un long manteau militaire. Son visage donnait un air fatigué, dû à une privation de repos depuis plusieurs jours. Il était triste qu'elle ait dû subir des blessures aussi graves pour pouvoir récupérer quelque peu d'énergie.

Sans demander, il se précipita vers elle et la prit fermement dans ses bras.

Si elle avait été surprise par le geste, elle n'en dit rien. Au contraire, elle rendit l'étreinte affectueuse avec la même force.

Même s'il y avait encore des obstacles devant eux, le frère et la soeur s'avouèrent ce moment pendant lequel ils pouvaient se retrouver en paix. Un simple instant accompagné d'un silence signifiant plus que tous les mots du monde.

Eren recula finalement. "Tu m'as fait un belle frayeur, tu le sais ?"

Ymir renifla. "C'est gros venant de toi. Tu as engagé l'ennemi seul en sachant pertinemment que tu étais dépassé en nombre. Seul toi peux porter le surnom d'"idiot suicidaire"."

Le commentaire fit rire Eren. Pourtant, il se sentait encore mal à l'aise dans cette situation. Il comprenait désormais ce qu'Ymir représentait pour lui. Elle était une soeur en tout sauf le sang. Pas que cela importe. Elle était sa partenaire dans le crime, sa famille choisie.

Le mensonge qu'ils avaient mis en place i ans n'en était plus un. Ils étaient désormais un frère et une soeur portant le même nom. Pour rien au monde, Eren ne reviendrait au patronyme de son père. Le nom de Kruger représentait son lien avec Ymir. Il le garderait jusqu'au bout pour rappeler à tous ce qu'ils étaient.

Mais malgré tout, il ne parvenait pas à lui dire. Jamais l'un des deux avait osé mettre au clair leur lien. Certes, il y a eu des sous-entendus, comme lors de leur conversation à Marco. Pourtant, aucune confession à coeur ouvert n'avait eu lieu.

Pour le moment, il se contenterait de ça. Ymir était saine et sauve. Ils continueraient à avancer ensemble pour stabiliser la situation sur l'île. Et le moment venu, il lui dirait clairement ce qu'elle était pour lui.

Eren s'enquit. "Comment te sens tu ? Peut-être que tu devrais encore resté au lit."

Ymir refusa. "Non merci. Sans être paré au combat, je suis capable de marcher. Et ce n'est pas encore le moment de prendre congé. On a toujours une tâche essentiel à faire qui ne peut pas traîner et je tiens à être là pour ça."

Eren hocha la tête en accord avec sa soeur. "Tu as raison. Inutile de le retarder. Ce sera plus sûr pour nous."

Ymir l'informa. "J'ai dit aux autres de nous retrouver à l'entrée des cachots. Je me suis que puisqu'ils savent à présent..."

Eren termina. "... ce serait injuste de les tenir à l'écart. C'est vrai qu'ils se sont battus à nos côtés en dépit de nos mensonges. Désormais, on n'a plus le droit de les tenir dans le noir."

Sur ce, Eren et Ymir descendirent au rez-de-chaussée. Au sein du QG, plusieurs soldats de la garnison se tenait au garde à vous avec des fusils. Eren avait préféré en placé plutôt que les guignols des Brigades spéciales. Même si la garnison du mur Sina était un repère de fainéants, ils n'affichaient pas le niveau de corruption des Brigades spéciales.

Aucun soldat ne réagit à leurs présences. Dans le cas présent, Eren leur avait simplement donné l'ordre via l'Axe de ne pas faire attention à eux à moins qu'il ne leur interpelle. C'était une instruction plutôt passive qui restait dans la limite du raisonnable.

Au bout d'un couloir, leurs amis, ainsi que Frieda, Hansi et Livai, les attendaient. Jean était là également, ayant certainement été mis au courant de ce qui s'était passé. En arrivant, ils attirèrent leurs regards.

Cela faisait bizarre d'être à nouveau tous réunis. Bizarre, mais rassurant de savoir qu'ils avaient traversé la tempête ensemble et qu'ils s'en étaient tous sortis.

Eren les regarda intensément. "Je suppose que vous avez tous beaucoup de questions." Il n'attendit pas d'avoir de réponses. "C'est bien normal après tout ça que vous ayez le droit à des réponses. Néanmoins, je pense qu'il serait préférable que d'autres personnes vous répondent déjà."

Aucun n'eut besoin de lui demander de quoi il parlait. Par une porte ouverte, Eren s'engouffra dans un escalier descendant, suivi de tout le groupe. Au fur et à mesure qu'il descendait, la lumière du jour disparut progressivement et fut remplacé par celles des torches au mur.

Finalement, il arriva dans un long couloir. Une vingtaine de gardes étaient postés, répartis de chaque côté. Il alla s'en crainte à l'autre bout pour arriver devant une porte fermée à clé. Il tendit la main à un garde qui lui remit un trousseau de clé sans poser de questions.

Eren lui indiqua. "Assurez vous que nous ne sommes pas dérangés."

Il ouvrit la porte avec une clé et pénétra dans la salle suivante.

Les autres lui emboitèrent le pas et purent voir qui se tenaient devant eux.

Répartis dans des cellules individuelles, Bertolt, Annie et Marcel étaient là.

Leurs vêtements étaient usés et découpés au niveau des membres. C'était dû aux coupes effectuées avec des lames pour les sortir de leurs titans.

Chacun affichait un air particulier.

Annie était, comme toujours, distante. Elle se tenait recroquevillé contre un mur, assise sur le sol, les bras autour des jambes et la tête baissée. Néanmoins, on distinguait encore son visage froid et sombre.

Bertolt était assis simplement sur le lit de fortune de sa cellule. Il avait l'air de trembler légèrement. Son visage paraissait anxieux et désespéré. Il n'osait pas lever la tête, sûrement par peur des expressions qu'il recevrait.

Marcel était le seul à se tenir debout. Sans doute ou culpabilité, il faisait face à Eren qui le regardait avec mépris. Il était difficile de dire ce que le Mâchoire cherchait à faire ainsi.

L'ambiance était tendue.

Livai fixait tour à tour chacun des guerriers mahrs avec une envie meurtrière. Il en était de même pour Hansi, qui était étrange à voir avec un air tellement peu commun pour elle.

Cependant, les visages étaient très variés parmi les cadets.

Mikasa renvoyait un sentiment similaire à celui de Livai, juste un cran en-dessous. Armin, Historia et Sasha arrivaient à conserver une expression neutre, bien que les questions aient été nombreuses derrière. Marco avait l'air peiné, de même que Jean. Mais le plus déchiré d'entre tous était Connie.

Avec les larmes aux yeux, des larmes aux yeux, le garçon s'approcha des barreaux et demanda à Marcel. "Pourquoi ?" Quand il n'y eut pas de réponses, il insista. "Pourquoi avoir fait ça ? Après tout ce temps passé ensemble, trois années à rigoler, pleurer et encore rigoler. Après tout ce qu'on a traversé. Pourquoi avez vous fait ça ? On était amis et..."

Marcel l'interrompit d'une voix froide. "Nous n'avons jamais été amis, Connie."

Le ton employé surpris tout le monde, même les Kruger.

Marcel expliqua. "Vous avez cru que nous étions amis. C'était simplement une illusion dans laquelle toi et les autres êtes tombés. Mais contrairement à vous, nous n'avons jamais oublié qui nous sommes, nous avons..."

Connie craqua et hurla. "Arrêtes de raconter des salades ! On était vraiment amis." Il regarda Annie. "Pas vrai Annie ? Tu as beau être froide avec tout le monde, je sais que tu te soucis des autres, de nous."

La blonde de répondit et se contenta d'enfouir son visage dans ses jambes

Désespéré, Connie se tourna vers Bertolt. "Bertolt, chaque matin au camp d'entraînement, on se précipitait au réveil pour voir ta nouvelle position. Tu innovait chaque matin, si bien qu'on s'en servait pour prédire la météo. Et tu te souviens de ce jour où on parlait du temps où on serait vieux. On s'était promis qu'on irait boire ensemble après avoir survécu à tout ça. Tu te souviens de cette promesse ?"

La seule réponse qu'il obtient fut simple. "Cela n'arrivera pas Connie. Je suis désolé."

À bout, Connie s'effondra à terre sur ses genoux

Il murmura d'une petite voix. "Ce n'est pas possible... Pourquoi ?"

Eren s'avança alors en regardant Marcel. "Leurs raisons sont les leurs, Connie. Ce sont les mêmes qui les ont poussés à percer le mur Maria, condamnant à mort des milliers de personnes innocentes qu'ils ne connaissaient même pas. Les mêmes raisons pour lesquels ils ont menti à leurs camarades, leurs amis, pendant 3 ans avant de les envoyer tous dans la tombe à Trost. Et les mêmes raisons pour lesquels ils sont ici enfermés et pas de retour chez eux, contrairement à Reiner."

La mention de Reiner attira l'attention de Bertolt qui leva la tête pour la première fois.

Sans le regarder, Eren répondit à la question silencieuse. "Oui, Reiner s'est échappé en emmenant Sieg avec lui. À l'heure qu'il est, ils doivent déjà avoir atteint Shiganshina. D'ici la fin de la journée, ils seront au quai au sud de l'île."

Marcel sourit. "Alors tout n'est pas perdu. Ils reviendront pour nous. Et à ce moment-là, s'en sera fini de vous tous."

Eren plissa les yeux. "Tu ne devrais pas trop compter dessus. Sieg se fiche bien de ce qui peut vous arriver. Quant à Reiner, il a enfin admis ce qu'il vraiment, un lâche. Alors pour la tentative de secours, vous devriez faire une croix dessus. D'autant qu'ils risquent d'être très occupé avec Mahr privé de cinq pouvoirs de titans."

Marcel parut dubitatif une seconde avant d'écarquiller les yeux. "Le Charrette ! Qu'avez vous fait de Pieck ?"

"Elle est morte." La voix venait d'Annie qui restait apathique. "Tu étais trop loin du mur pour le voir et tu t'es fait avoir ensuite, mais j'ai bien vu que ce n'était pas Pieck. La couleur des cheveux ne correspondait pas. Elle a donc dû être capturé par Eren ou Ymir, puis donné en pâture à quelqu'un. Et j'imagine qu'ils comptent faire de même avec nous."

Bertolt haleta d'effroi.

En revanche, Marcel parvint à demeurer stoïque. "Je me moque de ce qui peut m'arriver. Porco est dans son cocon. Vous ne pourrez jamais l'atteindre dedans. Par conséquent, il est hors de danger."

Eren renifla. "Tu te trompes encore. Vous n'avez certainement jamais fait l'expérience vous deux, mais le Mâchoire peut briser le cristal titanique. Et comme Ymir a la même capacité que toi, ce n'est qu'une question de temps avant que Porco ne soit également entre nos mains."

Marcel pâlit quelque peu. "Vous ne pouvez pas..."

Eren prit un air sombre. "Quoi ? Vous livrez en pâture à d'autres soldats pour qu'ils héritent de vos pouvoirs ? Ce serait pourtant mérité au vue de vos raisons à chacun.

Marcel le contredit. "Tu ne sais rien de nous."

Eren rétorqua. "À vraiment ? Alors dis moi si je me trompe : ta véritable raison pour avoir détruit le mur Maria était que tu voulais absolument te différencier de nous autres, les démons insulaires. À Mahr, on t'a tant crié que tu était l'engeance du diable que tu voulais prouver le contraire. Et même une fois au sein des murs, tu as toujours décidé que nous étions des démons. Ainsi tu pouvais te convaincre que l'endroit où tu avais grandi était un refuge pour les justes. J'ai correct jusqu'ici ?"

Marcel ne répondit pas.

"Et toi Bertolt, ta raison n'était pas moins minable. Tu as toujours su voir derrière les mensonges des mahrs. Tu comprenais déjà jeune le fonctionnement du monde. On ne fait pas toujours ce qu'on veut, parfois le monde nous y oblige. Malheureusement, tu t'es convaincu que la soi-disante cruauté du monde t'ôtait toute responsabilité de tes choix et de tes actes. À la fin, et malgré les doutes, tu continus à balayer les doutes en te disant que le monde a voulu les choses ainsi et que tu n'es que son instrument. Et donc, rien ne serait de ta faute."

"Néanmoins, je pense que le plus minable reste Reiner. Sa seule raison de devenir un guerrier et de prendre part à cette guerre était devenir un héros et rendre ses parents fiers. Pourtant, même après avoir été rejeté par son père, il a gardé ce voeu. Il s'en est fait une volonté personnelle et s'en est servi pour se pardonner ses actes, quel que soit les morts engendrés. On ne s'aurait faire plus égoïste. Il s'imaginait déjà rentré chez lui en héros, acclamé comme un sauveur. Au lieu de ça, je ne serais pas étonner si le Cuirassé passait directement à un autre guerrier vu la débâcle que vous avez subi."

Bertolt bégaya. "Mais... il a sauvé Sieg."

Eren lui lança un regard vide. "Qui se donnera sûrement le bon rôle dans l'histoire. Et comme il a dénoncé ses parents aux autorités, sa parole comptera bien plus que celle de Reiner. Sieg s'assurera d'amoindrir le rôle jouer par Reiner, voir de laisser échapper quelques soupçons à son encontre. Dans le meilleur des cas, Reiner sera considéré comme un incompétent, dans le pire des cas, comme un traître. Quoi qu'il en soit, son compte est bon. C'est juste dommage pour lui qu'il ne l'ait pas compris. Sinon, il se serait tendu compte que se rendre aurait été sa meilleure option. Mais son insistance à vouloir devenir un héros aura sceller son sort."

Bertolt fondit en larmes, mais personne ne put éprouver de compassion pour lui, pas après les explications d'Eren. Marcel baissa finalement la tête vaincu.

Mais à la surprise de tous, Eren ouvrit la porte de sa cellule et s'approcha de lui. "Nous n'allons pas vous tuer, autant que vous le mériteriez. Mais hors de question que vous restiez avec vos pouvoirs de titan."

Sans crier gare, il posa ses mains sur le visage de Marcel. Des éclairs jaunes surgirent de ses mains. Marcel hurla de douleur. Cela ne dura qu'un instant avant qu'il ne tombe sur le sol, recroquevillé et gémissant de douleur.

Eren sortit sans ménagement de la cellule. "Vous pouvez le mettre sur son lit si vous voulez." Ce que s'empressèrent de faire Marco et Jean.

Ensuite, Eren entra dans la cellule de Bertolt qui le regardait terrifié. "Tu as vu ce que ça fait Bertolt. Alors épargnes nous des malheurs inutiles et laisses toi faire."

Bertolt ne bougea pas tellement qu'il était apeuré. Puis, Eren répéta le processus avec lui et le garçon se retrouva dans le même état que Bertolt. Heureusement, Jean et Marco le mirent également sur son lit.

Enfin, Eren se dirigea vers la dernière cellule.

À part ses quelques mots précédemment, Annie était resté complètement passive. Sa position n'avait pas du tout bougé.

Eren vint se placer et s'accroupir devant elle.

Pendant un moment, aucun des deux ne dit un mot.

Annie cassa finalement le silence. "Qu'est ce que tu attend ? Fais moi la même chose qu'à ces deux-là. Ce n'est pas comme si je pouvais me débattre."

Eren la fixa et son visage s'adoucit presque. "Tu n'es pas indifférente Annie."

Les mots laissèrent les autres perplexes. En revanche, la blonde fut bousculée.

Dans une tentative de se maitriser, Annie répondit. "Je me moque bien..."

Eren la coupa. "La transformation de Mikasa a Trost a occulté un fait sans importance, mais qui révèle en réalité beaucoup. Le temps qu'on mit les titans pour arriver à la porte extérieur lors de l'attaque était beaucoup plus long qu'à Shiganshina. Et c'est grâce à ça que Mikasa a pu boucher le trou avant que le moindre titan n'ait le temps d'entrer. Cette différence de timing a été crucial. On dirait presque que quelqu'un a attiré les titans à Shiganshina, mais pas à Trost. Serait-il arrivé quelque chose à cette personne en 3 ans ?"

Annie écarquilla les yeux de choc.

"Non, tu as beau avoir commis des crimes, tu n'es pas comme les autres guerriers. Tu ne te caches pas derrière de fausses raisons. Tu as conscience du poids de tes actes. Tu ne te fais pas d'illusion de grandeur en croyant valoir mieux que nous. Tu te sais être un démon." Il continua d'une voix douce. "Mais ça te rend au contraire plus humaine."

Annie haleta et son expression froide se cassa progressivement.

"Toute ta vie, les autres se sont servis de toi, que ce soit les mahrs ou ton père. Ils t'ont forcé à commettre des actes ignobles. Et quand tu t'es finalement retrouvé entouré de personnes compatissantes, tu t'es attaché à eux. Mais tu l'as nié, même envers toi-même, car tu étais trop convaincu d'être un démon. La culpabilité de tes actes t'a empêché de penser que tu méritais une nouvelle vie."

"Tu as toujours fais semblant d'être distante et froide. Mais en réalité, tu te soucis de nous. Tu l'as démontré durant la bataille. Tu es meilleur que Reiner, Marcel ou Porco. Tu aurais pu écraser tous ceux voltigeant autour de toi. Malgré tout, tu as fait attention à ne blesser aucun de nous. Car tu n'es pas indifférente à notre sort. Et tu le sais au fond de toi. Tu as seulement essayer de nous fuir car tu as peur d'admettre qu'au fond tu es une bonne personne."

Annie respira difficilement, les larmes commençant à couler. "J'ai tenté d'enlever Ymir. Et quand tu m'as plaqué au sol, j'ai senti ta colère et ta haine. Tu voulais tuer quelqu'un."

Eren hocha la tête. "C'est vrai. Mais cette colère n'était pas dirigé contre toi, mais contre ceux qui t'ont inconsciemment poussé à faire tout ça, y compris à tenter d'enlever Ymir. À l'inverse, je ne ressens pas de rancune envers toi Annie, seulement de la compassion pour ce que tu as subis aux mains de ton père, le conditionnement qu'il t'a fait subir pour que tu serves ses intérêts."

"Pour moi Annie, tu restes une victime qui a simplement du mal à accepter qu'elle n'est pas coupable."

Lentement, il vint poser ses mains à l'arrière de sa tête. Annie ferma les yeux, attendant une douleur soudaine. Mais au lieu de ça, elle sentit une légère étreinte l'amener vers lui.

Eren lui faisait un câlin pour la réconforter. Jamais personne ne lui avait fait ça avant.

Annie fut trop boulversé pour réagir. Elle voulait rendre l'étreinte, mais...

Je ne mérite pas ça. Pourquoi tu fais ça ?

Eren lui murmura comme s'il avait deviné ses pensées. "Parce que tu es ma famille aussi Annie. Tu ne le sais peut-être pas, mais il te suffit regarder autour de toi pour le savoir."

Timidement, Annie vit ses amis, tous lui envoyant des regards compatissant voire affectueux.

Peut-être qu'Eren a raison, peut-être... Non ! Je ne mérite pas ça ! Ça ne serre à rien de prétendre le contraire.

Vivement, elle se releva et s'éloigna de l'étreinte d'Eren. "Tu te trompes Eren. Je suis à ma place derrière ses barreaux. J'ai essayé de vous faire du mal, que tu l'acceptes ou pas. Alors c'est mieux pour vous que je demeure ici."

Eren soupira. "Comme tu veux Annie. Je ne vais pas te forcer à sortir d'ici."

Finalement, il sortit de la cellule, laissant là une Annie déchirée intérieurement.

Pensant que c'était fini, Annie se tourna vers le mur pour se laisser perdre dans ses pensées.

Mais Eren l'appela après avoir fermé la porte. "Hey Annie !"

Se tournant vers lui, elle le vit détacher la clé de sa cellule du troussa et lui lancer à travers les barreaux. Elle l'attrapa instinctivement et le regarda comme s'il avait perdu la tête. Qui donnerait à un détenu la clé de sa propre cellule ?!

Eren lui dit. "Si tu sens que ta place est avec nous plutôt que derrière ces barreaux, tu pourras venir nous trouver."

Sur ce, Eren repartit par le couloir d'où il était venu.

Ymir s'approcha d'elle à son tour. "Pour ma part, je ne suis pas sûr de savoir vers où va ton coeur Annie. Nous n'avons jamais vraiment parlé toutes les deux. Mais d'après ce que m'a raconté Eren sur toi, je pense que nous avons des choses en commun. Alors si tu veux parler un jour, ce sera avec plaisir."


Pas forcément le chapitre le plus intéressant à ce jour. Néanmoins, je trouvais nécessaire d'avoir une discussion au calme entre Eren et les guerriers afin de vider son sac.

Je donne ici mon point de vue sur chaque guerrier mahr présent dans le manga, à vous de voir si vous êtes d'accord. Évidement, pour Marcel, on ne sait pas exactement comment il aurait tourné, alors c'est de la pure invention dans son cas. La seule que je trouve rédemptrice est Annie. Elle ne s'est pas inventée une personnalité comme Reiner ou murée dans le silence comme Bertolt. Elle n'est pas honnête, mais toujours sincère et franche.

Le prochain chapitre arrivera sûrement avant les vacances de Noël. Et je vous en donne le titre : Réponses et vérités. (Je pense que c'est assez clair)

N'hésitez pas à laisser un commentaire.

À la prochaine !