Bonjour et bienvenu
Dans cette seconde partie du chapitre trente-deux du Souffle Du Dragon !
Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !
/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :
1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté, nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !
2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, samedi après-midi, je l'ai reposter, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !
3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.
À l'attention de Dramionymus, Keep Hope, Aventure, Croquine, SutaAO, Mia Fullbuster et Lena-Malefoy, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout court 😉 !
Réponse aux review
Hope0625 : Bonjour Hope ! Comment vas-tu ? Heureuse de te retrouver dans le fil des commentaires ! Ne t'en fais pas si tu ne postes pas un message à chaque chapitre, je le comprends parfaitement ! néanmoins, je suis toujours heureuse de pouvoir lire ce que tu penses de cette histoire ! 😉
En effet ! Ça y est ! Ils se sont lancés dans le grand bain ! Bon, après, reste à savoir s'ils vont continuer sur cette lignée-là ou retourner à leur mode de communication habituelle lol
concernant un possible retour de Severus à l'état palpable de manière continue, ça reste encore à définir pour moi, malheureusement… On va dire que c'est le point sur lequel je suis toujours en désaccord avec moi-même, mais ça se concrétise doucement dans ma tête pour savoir si, oui ou non, il retrouvera son enveloppe corporelle !
Je suis heureuse que Fred et Harry te plaisent tant ! Pour moi, quand j'ai commencer SDD, c'était un énorme challenge d'écrire sur ce couple ( qui n'était pas vraiment censé exister au début) et puis, au final, ça m'a paru évident… Donc, tout ça pour dire merci et je suis heureuse que tu les apprécies tant !
Sur ces quelques mots, je vais te souhaiter une bonne lecture en espérant avoir bientôt de tes nouvelles,
Bisou,
Mya.
Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !
*** Bonne lecture ! ***
Précédemment dans le Souffle Du Dragon :
Chapitre 31 (Part 1):
— Je crois qu'ils n'auront pas besoin de te voir sortir de cette chambre pour savoir ce qu'il s'y est passé, chérie, murmuré-je en remontant furtivement mes lèvres jusqu'à son oreille. Tu étais merveilleusement bruyante, cette nuit. Divinement bruyante même, devrais-je dire.
Mes dents mordillent vicieusement ce point si sensible à la base de son cou et son gémissement d'envie fait à nouveau croître mon érection. À croire qu'elle n'est jamais repu d'elle ou de sa chaleur…
Lentement, je laisse mes doigts courir sur sa peau encore chaude des quelques heures de sommeil qu'elle est parvenue à s'octroyer, ma langue dansant subrepticement sur sa colonne, dévoilant petit à petit une chute de reins incroyable qui me met l'eau à la bouche.
Définitivement, elle est une petite chose incroyablement exquise, diablement tentante et foutrement bandante, mais Merlin me pardonne, je ne compte pas déroger à la règle tacite préétablie entre nous, visant à une petite partie de jambes en l'air pour bien commencer la journée !
Lentement, je la fais se retourner sur le matelas, l'une de ses jambes repliées, promesse de délices si je m'y laisse plonger, mes lèvres butinant doucereusement la peau veloutée de son ventre, remontant sensuellement entre ses seins puis sur sa gorge pour enfin pouvoir l'embrasser.
Si, auparavant, nos échanges matinaux étaient brutaux, parfois même sauvages, je me laisse gagner par la douceur et la délicatesse qu'elle imprime dans ce baiser, sa jambe faisant tout le travail pour venir me caler entre ses cuisses. Rarement, elle est adepte du sexe doux et câlin le matin, préférant me laisser avoir libre court à toute cette énergie retrouvée durant le sommeil.
Pourtant, ce matin, sa main est douce sur mon dos, ses doigts caressent lentement mes cheveux et pas un seul instant elle ne cherche à pousser les choses plus rapidement. Ce matin, elle prend son temps, alors j'en fais tout autant.
Le drap ne lui faisant plus office que de pagne visiblement, je caresse lentement sa cuisse, la ramenant contre mon corps pour qu'elle puisse l'enserrer autour de ma taille, mes doigts jouent distraitement sur le grain de sa peau, mes lèvres ne quittant pas un seul instant les siennes.
Alors je me laisse emporter dans ce monde de douceur qu'elle semble vouloir rejoindre, ne me concentrant plus que sur ses soupirs de plaisir lorsque mon érection brûlante bute contre le drap recouvrant son intimité, ses gémissements lorsque mes doigts frôlent ses côtes sensibles et ses grondements bas lorsque je nous fais basculer sur le matelas, son corps chevauchant le mien avec un plaisir non dissimulé.
Même dans la douceur, même lorsque je crois lui avoir fait comprendre lequel de nous deux sera celui à diriger à ce moment-là, la partie féministe en elle se rebelle, m'offrant une des plus belles vues de la création pour bien commencer la journée.
Hermione Granger n'est pas une gravure de mode, c'est un fait, elle ne fait pas se retourner une foule d'hommes sur son passage comme Katya, mais elle a cette douceur sur le visage, cette candeur dans le sourire, cette force dans le regard qui remue quelque chose en moi.
La guerre et ses assaillants lui ont laissé des cicatrices, les mois de cavale dans la nature lui ont laissé des stigmates de malnutrition, les peines, les douleurs et les tortures ont fini d'achever une bonne partie des rêves de cette sorcière, mais quand je la vois sourire ainsi, simplement heureuse, j'ai l'impression de faire un bond de quatre ans en arrière, la première fois que je l'ai vue.
La même flamme brûlante dans son regard, la même passion, le même émerveillement que lorsque je lui parlais de mon métier, ce jour-là, celui de la première épreuve du Tournoi des Trois Sorciers.
— Qu'y a-t-il ? chuchote-t-elle, les sourcils légèrement froncés de concentration.
C'est à cet instant que je comprends. Toute cette muraille d'épine, toute cette haine, cette rage et cette colère refoulée que j'ai laissées s'exprimer au grand jour dès mon retour en Roumanie, après la première épreuve, c'était à cause d'elle.
Pas parce que j'avais pu apercevoir Tonks sur le chemin de Traverse, pas parce que Bill avait essayé de me faire parler afin d'obtenir les véritables raisons derrière mon départ précipité, pas parce que maman m'avait, encore une fois, servi son sermon pour que je ramène une fille et que je coupe mes cheveux, mais bien à cause d'elle.
Parce que l'émerveillement dont elle a fait preuve lorsque je lui parlais de mes dragons, son sourire lumineux et cette chaleur enivrante dans son regard avait commencé douloureusement son travail de faire s'effondrer un à un les remparts que j'avais consolidés autour de moi pour que personne ne m'approche.
Le même besoin de savoir, comprendre et apprendre, son émerveillement et son amour pour les créatures magiques et son air offusqué lorsque je lui ai dit que les dragonnes étaient retenues par des chaînes et que leur couvée était compromise dans une telle épreuve.
La même vivacité d'esprit, le même sourire et la même volonté de faire bouger les choses dans le monde magique que Tonks, à ceci près qu'elle devait, déjà à l'époque, connaître ce pavé infernal, même pour Drago, qu'est le Droit Pénal Sorcier D'Angleterre…
Alors les mots s'échappent de ma bouche sans que je ne puisse les retenir, ma main venant se poser entre ses seins, interceptant le rythme effréné de son cœur. Je n'ai pas besoin d'un partage de magies pour savoir que mon attitude la perturbe, ou, au moins, la met mal à l'aise…
— Tu es belle, murmuré-je, ancrant mon regard au sien.
Le rouge sur ses joues progresse rapidement, s'étendant à son cou avant de parvenir au haut de sa poitrine, définitivement gênée. Elle détourne le regard, m'exposant involontairement la cicatrice que lui a laissée Bellatrix dans le cou, au manoir Malefoy, et qu'elle ne cache plus depuis un moment.
Mes mots sont, certes, sortis sans mon accord, mais je ne doute pas qu'elle mesure la véracité de mes propos, et la petite rougeur sur ses joues en plus de l'étincelle reconnaissante dans son regard me fait me sentir d'autant plus con.
Pourquoi exprime-t-il autant de gratitude ? Pourquoi tant de reconnaissance ? Merde ! Elle devrait le savoir qu'elle est belle à force ! Je bande comme un dragon à chaque fois que je la vois, ça devrait lui donner un certain indice sur son sex-appeal non ?
Lui ai-je fait tant de mal que ça, par le passé, en la traitant de rat de bibliothèque et en cherchant systématiquement à lui faire comprendre que Ron ne la verrait jamais comme une femme ? Oui, assurément… Merde… Jusqu'où s'étendra la liste de mes exactions auprès de cette femme ?
— Merci, souffle-t-elle, souriant doucement pour masquer sa gêne. Je ne suis pas vraiment…
— Quand vous aurez fini de virer Poufsouffle de première année, peut-être consentirez-vous à accorder quelques secondes de votre temps ô combien précieux, je n'en doute pas, au reste du monde, susurre froidement Sev en débarquant dans la chambre.
CW / HG
Chapitre 28 (Part 1):
— Hermione Granger ?
La voix hésitante et bourrue dans mon dos me fait pivoter immédiatement alors que nous arrivons au bout du couloir. La main prudemment sur ma baguette, en posture de défense, je m'apprête à la dégainer quand j'aperçois un visage qui m'est familier. Un visage que je ne m'attendais pas à revoir de sitôt…
— C'est moi, en effet, fais-je prudemment.
— Qui la demande ? gronde Charlie.
— Gregory. Enfin, Goyle, bafouille-t-il. Gregory Goyle, de Poudlard.
Ça me fait si bizarre de ne pas le voir avec son ami à ses côtés, traînant avec lui comme son ombre… Nous avons beau avoir été dans deux camps opposés, et avoir failli mourir à cause de son meilleur ami, le voir à ce point mal à l'aise et refusant de croiser mon regard tout en se dandinant d'un pied sur l'autre me fait mal.
Bordel… Nous avons le même âge, nous sommes allés à l'école ensemble, nous avons des amis en commun !
— Comment vas-tu Gregory ? demandé-je doucement en le rejoignant. Tu te plais ici ?
— Il y a des jours avec et des jours sans, hausse-t-il les épaules. Des fois ça va, des fois…
— Des fois beaucoup moins, c'est ça ? souris-je amèrement.
— Ouais…, soupire-t-il. Mais la bouffe est plutôt bonne, alors je crois que je n'ai pas trop à me plaindre.
Je ris doucement en entendant cette phrase qui semble tellement normale dans sa bouche. Ou peut-être est-ce parce qu'elle me fait penser à une époque bien plus douce où nous ne devions pas gérer des choses aussi compliquées que les séquelles d'après-guerre ? À l'une de ces choses que le Ron que j'ai rencontré dans le train pourrait dire ? Ou simplement parce qu'il n'est pas aussi agressif que durant nos études ? Je ne sais pas, mais en quelques secondes, je me retrouve projetée en première année, alors que je venais de découvrir réellement le monde des sorciers.
— En tout cas, tu as l'air d'aller un peu mieux, souris-je, contente.
Et c'est la vérité ! Certes, auparavant, il avait déjà perdu un peu de poids, mais là, il a vraiment l'air mieux, comme si son centre de gravité avait changé de place. Même son visage paraît moins joufflu, et ce n'est pas plus mal, je dois bien avouer. Il a l'air moins effrayant. Plus accessible.
— Miranda est cool avec moi, fait-il de la même manière. Enfin, le guérisseur Hawks. Elle me laisse rester une heure dans son bureau sans parler, le soir, pour que je puisse dessiner tranquillement sans avoir besoin de faire la conversation avec personne. Ça me plaît. Elle est gentille.
Une main que je reconnais bien vient se placer dans le bas de mon dos alors que mon mari me dépasse. C'est fou ça… Même après tout ce temps, le simple fait d'avoir sa main à cet endroit, par-dessus mes vêtements, me fait toujours frissonner…
— Severus m'a demandé de te remettre ça, fait Charlie en sortant une liasse de parchemins de sa veste qu'il agrandit. Il m'a dit que tu apprécierais.
— Vous êtes le nouveau professeur de soins aux créatures magiques ? fronce-t-il les sourcils. Vous êtes Charlie Weasley ?
— Oui, c'est moi, pourquoi ? fait-il de la même manière.
Il a beau avoir bien moins de préjugés sur les Serpentard que nombre de ses frères et sœurs, il n'en reste pas moins que Gregory a la marque tatouée sur son bras, et que les vieux réflexes de la guerre ont la vie dure je suppose…
— Il m'a dit que vous auriez sûrement des livres sur les dragons que vous pourriez me prêter ou me conseiller, fait Gregory, extrêmement gêner. Je sais qu'ils ont une bonne collection ici, mais elle est trop vague, et je n'arrive pas à trouver les informations sur les Noirs des Hébrides et les Opaloeil que je recherche…
— Tu t'intéresses aux dragons ?
Oh merde ! Pas encore une fois ! Bon sang je la connais par cœur cette intonation de voix ! C'est celle qu'il prend à chaque fois qu'il aborde le sujet de ses bébés, et en dépit de tout le respect que j'éprouve pour sa passion, je crois qu'une seule personne dans mon entourage à parler d'eux avec dévotion est bien assez !
— Oh non… Pas encore un…, grimacé-je. Je croyais qu'avec Zilkonys j'avais atteint mon quota annuel…
— Le charme du Boursouflet, bébé, le charme du Boursouflet ! ricane Charlie.
Les yeux de Gregory s'ouvrent comme des soucoupes en entendant le « bébé » et son regard navigue entre nous durant quelques secondes avant de se fixer sur la bague que j'ai totalement arrêté de cacher par un charme de Glamour après Yule.
— Je vais te l'enfoncer tellement profondément dans un endroit qui ne prend jamais le soleil, ton charme du Boursouflet, qu'il faudra que tu ouvres la bouche pour lui faire des caresses ! grogné-je.
— Sois gentille avec moi, et je t'offrirai même une tarte au citron ce soir, sourit-il, charmeur.
Notre spectateur involontaire émet un ricanement qui lui offre, en retour, mon regard le plus noir jusqu'à ce qu'il ne s'étouffe avec sa propre salive.
— Je comptais m'enivrer jusqu'à plus soif et peut-être même te vomir sur les pieds, mais c'est maintenant que j'aimerais que tu aies cette bouteille…, soupiré-je de dépit.
— Si tu es ivre, on finira bien plus vite dans notre lit, ça me va moi !
Mon rythme cardiaque accélère consciencieusement à la simple idée qu'il puisse envisager de me toucher encore une fois. Sa manière d'appuyer sur le « notre »… Merde ! J'en frissonne d'anticipation !
— Bordel, Drago ! Sors de ce corps ! grimacé-je.
C'est dingue ça ! Plus il vit dans les quartiers des professeurs et plus il le fréquente, plus le fils du directeur est en train de déteindre sur lui, et ce n'est pas forcément ses meilleures caractéristiques qu'il lui transmet…
— Tu t'entends bien avec Drago ? me rappelle à l'ordre Gregory.
— Plutôt, oui, haussé-je les épaules. Nous sommes collègues et nous avons vécu dans le même dortoir pendant deux mois et demi. Je suppose que ça rapproche les gens. Pourquoi ? Tu veux que je lui transmette un message ?
— Non je… Enfin… Est-ce que…
Bordel… Il a l'air à la fois gêner et triste… Pas besoin d'être Trelawney avec son supposé don de troisième œil, ou encore Lavande et Parvati, pour savoir qu'il pense à ses anciens camarades de dortoirs qui ne savent même pas où il se trouve en ce moment…
— Est-ce qu'ils pensent à toi quelques fois, c'est ça ? supposé-je.
— Ouais…, soupire-t-il. Je sais que j'ai fait beaucoup de conneries, mais j'aurais bien voulu avoir de leurs nouvelles et savoir s'ils me pardonnaient pour… Enfin, tu sais, quoi…
S'ils le pardonnaient pour avoir détruit la plus grande œuvre de Rowena Serdaigle en laissant son copain lancer un Feudeymon incontrôlable prendre possession de la Salle Sur Demande ?
— Si ça peut te rassurer, souris-je doucement en posant ma main sur son bras, Pansy a ta photo dans sa chambre et j'aimerais vraiment savoir comment tu as bien pu accepter de te retrouver affublé de cette robe rose ! Elle était vraiment laide…
— C'était pour son anniversaire, il y a trois ans, rit-il. Elle a dit qu'elle voulait une nouvelle amie parce que Daphnée était trop chiante, et avec Vin…
Il a beau avoir passé près de neuf mois enfermé dans cette chambre à partager son temps entre thérapies et très probablement des phases d'auto-apitoiement, il n'en reste pas moins qu'il n'arrive toujours pas à oublier la mort de son ami, et ça, je peux parfaitement le comprendre.
Si j'avais dû perdre un ami comme Harry ou Ron, cette nuit-là, je sais parfaitement que je n'aurais pas su me relever. Pas même avec un très bon levier. Alors voir que, lui, y parvient, dans le fond, je crois que ça me donne du courage pour affronter la vie, d'une certaine manière…
— C'était une bonne idée, et je crois que ça lui a bien plu, souris-je encore, compatissante. Blaise et Théo ont la même dans leur chambre, et Drago a la photo de votre premier jour à Poudlard dans la sienne. Il a l'air tout aussi snobinard qu'il ne l'est maintenant !
— Il n'est pas comme ça tout le temps, tu sais…, le défend-il.
— Je sais, ne t'en fais pas, lui fais-je en pressant doucement son avant-bras. Je suis désolée, Gregory, mais nous allons devoir retourner à Poudlard pour les cours, et je ne veux pas être en retard…
— Toujours première de la promo ? hausse-t-il un sourcil narquois.
— On ne se refait pas ! ris-je malicieusement.
— Drago doit en faire une dragoncelle !
Si j'avais su, un an plus tôt, que j'aurais ce genre de discussion posée avec l'un des deux gorilles de Drago Malefoy, j'en serais sûrement tombée dans les pommes. Et pourtant, je dois bien avouer que je m'amuse plus que je ne l'aurais pensé ! Comme quoi, chacun voit Merlin à sa porte !
— Il a trouvé de quoi se distraire assez longtemps pour oublier sa troisième place au classement, ricane Charlie.
— Qui est la malheureuse qui l'appelle « papa » cette fois-ci ? soupire-t-il de défaite.
— Papa ? froncé-je les sourcils.
Les éclats de rire simultanés de Charlie et Gregory me rendent perplexe mais le son de la porte de la guérisseuse Hawks ramène ce dernier à plus de sérieux, tandis que mon mari continue inlassablement à glousser comme une dinde… Bon sang… Quand je lui dis qu'il est bipolaire…
— Il t'expliquera, hausse les sourcils Gregory. Je vais devoir y aller, Miranda m'attend pour notre séance.
— Si tu veux, mercredi, j'ai deux heures de libre pendant que Charlie est chez la guérisseuse Hawks, proposé-je spontanément. Je peux venir te voir et on pourrait discuter. Je te raconterais les nouvelles de l'école et tu me montreras tes dessins, ça marche ?
Sur le pas de sa porte, un sourire bienveillant aux lèvres et le regard heureux, Miranda Hawks regarde l'échange entre nous, semblant fière de voir les progrès de son petit protégé.
— J'aimerais beaucoup, hoche-t-il la tête, un sourire sincère aux lèvres. Merci.
— Bonne séance !
Mon sourire content ne quitte pas une seule seconde mes lèvres alors que j'enroule inconsciemment mon bras autour de celui de Charlie, ne me rendant compte de notre proximité que lorsqu'il finit par se détendre, à notre arrivée à la cheminée.
— À force de trop fréquenter les Serpentard, tu vas devenir leur mascotte tu sais ? hausse un sourcil amusé Charlie.
— Peut-être que j'arriverais enfin à comprendre ton ami le fantôme de l'opéra ? souris-je en coin.
— Je ne suis pas sûr qu'il apprécie le surnom, mais je lui soumettrais, je te le promets ! ricane-t-il alors que l'homme devant nous fini par disparaître dans les flammes.
— Fais ça et tu seras veuf avant même d'être divorcé, ce serait dommage ! ris-je en lançant la poudre dans la cheminée. Bureau de la directrice McGonagall, Poudlard !
Le monde tourne autour de moi, rendant tout flou. La dernière image que j'emporte de cette heure de thérapie, est celle du sourire en coin d'un Charlie moqueur. À n'en pas douter, avant même que le repas de midi ne soit lancé, le directeur saura avec précision ce petit surnom affectueux…
Une chance qu'il ne puisse plus nous placer en retenue en tant qu'étudiant-professeur ! J'aurais été bonne pour être collée jusqu'à la fin de mes études, et je suis presque sûre qu'il aurait fait tout son possible pour me faire redoubler ma huitième année !
Et maintenant :
Chapitre 32: Une lueur dans les ténèbres
Hermione
Exaltée comme je l'étais au sortir de cette conversation avec le directeur et Charlie, j'en ai totalement oublié de me préparer à l'atterrissage dans la cheminée de l'unité psychiatrique de Ste Mangouste, ce qui fait que, présentement, je me retrouve couverte de suie et le genou écorché, mais qu'importe !
Je suis parvenue à décrocher le jackpot puisque Severus Rogue a accepté de venir tester ma théorie sur la magie sans baguette dès la semaine prochaine, et ça, pas même Harry, tout statut de Sauveur que le monde sorcier pourrait lui donner, ne peut s'en vanter ! Quoique, je doute qu'il soit réellement partant pour ce genre d'expérience…
C'est pourquoi, souriant grandement, je lance un sort de cicatrisation bénin sur mon genou, referme la déchirure sur mon pantalon et entreprends ma procession jusqu'à la chambre de Gregory Goyle, saluant doucement l'Auror en poste à la sortie de la cheminée.
— Vu le raffut que ça a fait, j'étais certain que c'était toi, ricane Gregory en ouvrant sa porte. Il y a tellement de Weasley en toi, parfois, que c'en est déroutant !
— J'étais excitée, grommelé-je.
— Tu as un mari pour faire passer ce genre de choses là, sourit-il en coin. C'est un peu le but du mariage, non ?
— Sauf que je me suis tapé le directeur ce matin, sifflé-je en le dépassant pour déposer mon sac sur sa table basse. Crois-moi, j'ai connu meilleur réveil !
— Taper ? souffle-t-il, les yeux écarquillés. Taper comme taper ? Ou plutôt, tu sais, taper…
Son expression choquée et la teneur de ses paroles me font froncer les sourcils. Mais à quoi peut-il encore penser pour débiter ce genre de choses ? Et par Merlin ! Ne peut-il pas arrêter de dire le mot taper ?
— Taper comme « s'est pointé dans notre chambre au petit matin pour avoir une conversation avec Charlie alors qu'en effet, j'étais sur le point de satisfaire mon excitation, merci bien ! », grondé-je en m'asseyant sur le fauteuil. Pourquoi ?
— Tu ne vis pas assez avec des Serpentard, c'est officiel, Granger, ricane-t-il en venant s'asseoir de l'autre côté de la table basse. Tu aurais entendu le sous-entendu de ta propre phrase sinon.
Un sous-entendu ? Quel sous-entendu ? Je repasse rapidement la teneur de notre échange en vitesse accélérée, et le choc me cloue sur place, me faisant rougir profondément. Il faut vraiment que j'apprenne à maîtriser mes paroles…
Cependant, mon regard accroche quelques taches de couleurs sur la table basse et toute mon attention se focalise dessus, me coupant totalement du monde extérieur, uniquement accaparé par les quelques dizaines de portraits ou scènes de vie qui s'étalent devant mes yeux.
— Ce ne sont que des croquis encore, fait précipitamment Gregory. Il y a encore beaucoup de travail et les contours doivent être affinés, et peut-être que je devrais choisir d'autres couleurs, ou alors faire…
— Stop, Gregory ! l'arrêté-je dans sa logorrhée tout en levant une main, un franc sourire sur les lèvres. C'est magnifique !
Et c'est bien peu de le dire ! Comment quelqu'un qui n'a été que l'ombre de Drago pendant des années peut-il avoir autant de talent ? Il a su rendre à la perfection les détails, les émotions que Susan a fait ressentir, durant ce cours un peu particulier, fin septembre, où j'ai expliqué à mes élèves la réelle raison derrière la « discorde des Fondateurs ».
— Tu as même réussi à les faire bouger ? expiré-je, soufflée. On dirait une photographie !
— C'est le professeur Rogue qui m'a appris à tracer certaines runes, hausse-t-il les épaules. Il m'a dit qu'il allait demander à la mère de Drago de me faire parvenir un livre à propos de ça…
— Oh oui ! sursauté-je.
Fouillant frénétiquement dans mon sac, je parviens à en extirper un grimoire de style ancien, et dont je n'aurais jamais cru voir Gregory le regarder avec des yeux débordant de plaisir ! Bon sang, je suis presque sûre que je dois avoir la même expression lorsque je reçois certains livres que m'envoient Viktor et Fleur…
— Est-ce que je risque la prison en te donnant ce genre d'ouvrage ? grimacé-je en retenant le grimoire quelques secondes contre moi. Je te pose la question parce que j'ai fait pas mal de propositions qui me vaudraient Azkaban au minimum, aujourd'hui, et je pense que je suis trop « fraîche » pour finir zombie…
— Tu passes définitivement trop de temps avec Drago et Pansy, s'esclaffe-t-il. Ils déteignent sur toi ! J'ai l'impression de les entendre parler, quand tu dis ça.
— Je vis avec eux, haussé je les épaule. Je suppose que ça doit jouer…
Un silence étonnement agréable suit cette déclaration de ma part, ce qui me permet de m'immerger totalement dans l'étude des coups de plume et pinceaux de Gregory, souriant doucement en les inspectant un par un. Jusqu'à ce que je tombe sur un dessin bien particulier. Le tout dernier.
Si je pensais avoir déjà eu un bon aperçu du talent de Gregory, c'est en examinant la reproduction quasi exacte de la photo du groupe qu'ils formaient, Pansy, Vincent, Drago, Blaise, Théo et lui, à Poudlard, qui finit de me convaincre.
— Merde ! gronde-t-il en tentant de m'enlever le dessin des mains. Tu ne devais pas le voir.
Il y a tant de douceur dans les coups de plumes, l'espièglerie de Blaise, l'air de vipère de Pansy, la hauteur de Drago, en milieu de dessin, celui plus renfermé de Théo, et celui, patibulaire au premier abord de Vincent et lui, qui est démenti par leur sourire en coin.
— Tu sais, ils ne t'en veulent pas, soupiré-je en tentant de trouver son regard. Ils sont même inquiets de ne pas avoir eu de tes nouvelles depuis la bataille finale.
— Ils ne peuvent pas me pardonner ! s'écrie-t-il tout en balançant son bras en l'air, le regard brûlant de frustration. J'ai laissé Vincent mourir ! J'ai failli tuer Drago ! J'ai failli vous tuer, Potter, Weasley et toi ! Comment pourrait-on me pardonner ça ?
— Ils n'ont pas besoin de le faire, Gregory, soupiré-je encore. Il n'y a que toi qui puisses te pardonner ça. Ce qu'il s'est passé cette nuit-là, c'est…
— Elle est arrivée ?
Le cri plein de précipitation de la personne qui ouvre la porte de Gregory violemment nous sort de ce combat que nous menons à chaque fois que je viens, un combat qui s'achève toujours de la même manière, en temps normal, à savoir avoir des statuettes ou des bibelots lancés contre le mur…
Pourtant, cette fois-ci, c'est une coiffure châtain que je n'ai pas vue depuis ma cinquième année qui nous sort de notre conversation. Ça, et une tenue de Quidditch rose et jaune — des couleurs qui plairaient assurément à Luna — rehaussée par un balai sur son épaule.
Olivier Dubois entre dans la pièce comme s'il entrait dans un stade, un large sourire sur le visage, les yeux pétillants de malice. Mais que fait-il ici par Merlin ? Ses joutes avec Marcus Flint sont presque aussi légendaires que celles entre Charlie, Sermirov et moi en début d'année !
— Tu étais censé t'occuper de Sélina ! gronde Gregory. Où est-elle ?
— Où nous sommes censés être depuis dix minutes, en train d'attendre avec les treize autres, lève-t-il les yeux au ciel avant de sourire en coin dans ma direction. Et voici donc celle qui a fait sauter les plombs de mon capitaine ! Ravi de te revoir, Hermione !
Il me faut bien une minute pour parvenir à cesser de le regarder les yeux écarquillés. Merde alors ! Comment parvient-il a débité un nombre aussi impressionnant de mots en aussi peu de temps sans même reprendre sa respiration ?
— Pareillement, Olivier, soufflé-je, me remettant enfin de mon choc. Tu as l'air… bien. Enfin je crois…
— C'est grâce à Miranda, sourit-il en coin. Enfin, la guérisseuse Hawks.
— Oh, ça y est alors, ricane Gregory en retournant s'asseoir sur le fauteuil. Vous êtes passés de guérisseuse Hawks et monsieur Dubois à Miranda et Olivier ?
— Que veux-tu ! Personne ne résiste à l'uniforme ! sourit-il en nous envoyant un clin d'œil.
— Attends, je ne comprends plus rien, là…, soupiré-je en me frottant les tempes. Quand je suis « sortie » avec Fred, il m'a fait comprendre que vous « jouiez dans le même camp » ?
À son air interrogatif, les sourcils froncés, je comprends que je vais être obligée de m'expliquer plus clairement, et je ne suis pas certaine d'y parvenir sans rougir ou mettre Gregory sur la trace d'un secret qu'il est possible qu'Olivier ou Fred préfèrent garder pour eux…
— Tu entends quoi par « jouer dans le même camp » ?
— Tirer dans les mêmes buts ? Chasser les mêmes proies ? Chatouiller les mêmes dragons ? débité-je rapidement, sentant mes joues rougir furieusement à mesure que les mots s'échappent de ma bouche.
Si, durant quelques secondes, son regard se voile de tristesse sans que je n'en comprenne la raison, à ma dernière proposition, je le vois partir d'un grand rire au point de manquer de tomber de son fauteuil.
— Bordel, Hermione ! parvient-il à dire entre deux rires. Ta manière de le dire était juste parfaite ! J'ai eu l'impression de voir Charlie devant mes yeux pendant quelques secondes !
— Heureuse de t'avoir fait rire, mais ça ne répond pas à ma question…
— Disons que je tirais dans les mêmes buts que Fred en dernière année, hausse-t-il les épaules, reprenant son sérieux. Homme ou femme, ça ne change rien, c'est juste un genre donné par la société, c'est tout. Hétéro, bi, métrosexuel ou gay, nous sommes tous des humains, tous des sorciers, ça n'y change rien.
Peut-être est-ce la plus belle définition de ce qu'il pouvait dire pour que Fred et même Harry finissent par accepter leur relation et se dévoilent au grand jour… Je ne saurais le dire…
— Et maintenant que nous avons mis les choses au clair, reprend-il son sourire en coin, explique-moi tout ! Tu t'es vraiment mariée avec le capitaine en étant saoule, à Vegas ? Toi ? Hermione Granger, l'héritière spirituelle de Percy Weasley, qui dormait avec le règlement intérieur de Poudlard sous l'oreiller !
— Pourquoi tout le monde a l'air de croire que je suis incapable de m'amuser ? grogné-je en renversant ma tête contre le dossier, un bras sur les yeux.
— Parce que tu m'as enlevé cinquante points en cinquième année parce que je revenais des cuisines avec Vince alors que le couvre-feu n'était pas encore dépassé ? hausse un sourcil amusé Gregory.
— Les élèves n'ont pas le droit d'aller dans les cuisines ! sifflé-je. Pas même pour un petit frichti d'après dîner !
— Tu m'as tenu un sermon quand j'étais en dernière année parce que le Quidditch n'était pas le centre du monde, lève les yeux au ciel Olivier.
— Tu empêchais les autres de réviser pour leurs examens !
— Tu as mis les jumeaux en retenue alors qu'ils ne faisaient que la promotion de leurs boîtes à Flemme ! ricane-t-il encore.
— Et tu as réussi à faire perdre son calme à Théo en cinquième année en lui listant les soixante-quatre alinéas du règlement intérieur qui démontraient que tu étais une bien meilleure préfète que Drago et Pansy réunis !
Je sens mes joues rougir un peu plus à chacune de leurs accusations, bien consciente qu'ils ont parfaitement raison, mais rien n'empêche de savoir s'amuser tout en sachant respecter le règlement, nom de Merlin !
— Oui, c'est vrai ! m'écrié-je en me relevant de mon fauteuil, plus qu'agacée. J'étais une meilleure préfète que Drago et Pansy réunis. Oui, ce que faisaient Fred et George, même si je les ai beaucoup aidés à créer leurs inventions, était contraire au règlement intérieur, et oui, gueuler des insanités en période d'examens dans la salle commune était l'idée la moins lumineuse que tu aies eue, surtout en période de troisième tâche du Tournoi des Trois Sorciers, alors que Harry paniquait comme jamais !
Certes, je m'emballe dans mon discours, mais je dois avouer que les voir rester bouche béante face à moi est réellement un vrai plaisir ! Peut-être est-ce pour ça que ma bouche débite une nouvelle salve de paroles que je n'aurais jamais dites sans être à ce point en colère…
— Mais tu veux que je te dise, Olivier ? susurré-je, le vrillant d'un regard incendiaire. Ce n'est pas avec Katie qu'il a couchée comme dernière fille, mais bien moi, quelques semaines avant de quitter Poudlard.
— Mais on était en cinquième année ! s'exclame Gregory en retrouvant la parole.
— Ta perspicacité me fascinera toujours, Goyle ! grondé-je en me rasseyant, la tête entre les mains, sentant toute ma colère retomber. Excuse-moi, Gregory… La nuit a été courte et se faire réveiller par Rogue n'est pas ce que je préfère…
— Est-ce que c'est vrai ce que m'a raconté George, il y a deux semaines ? fronce les sourcils Olivier, cachant bien mal un sourire espiègle. Vous avez vraiment couché dans le bureau de McGo avec le capitaine ?
— Bon sang… Pourquoi était-il obligé de le gueuler dans la Grande Salle…, gémis-je en remontant mes genoux contre moi. Je ne vais plus jamais pouvoir sortir dans la rue sans avoir honte…
— Tu ne devrais pas ! rit-il en me mettant une bourde. Tu as réalisé le fantasme de presque tous les hommes ayant étudié à Poudlard !
Un faible rire m'échappe. Évidemment, vue ainsi, cette petite « incartade » paraît bien plus attrayante que celle de me terrer jusqu'à ce que mort s'ensuive… Pourtant, il faut dire que La Gazette s'en est donné à cœur joie, le lendemain de la seconde tâche… Rita Skeeter n'a même pas eu besoin de broder pour faire l'un de ses articles dans sa rubrique « scandale à Poudlard »…
— Tant que nous sommes à parler de mariage et tout ça, soupire Gregory, j'aimerais te demander quelque chose…
Bon sang… J'étais venue uniquement pour pouvoir discuter un peu avec lui et peut-être avoir les premières épreuves finies pour la nouvelle édition de l'Histoire de Poudlard… Que s'est-il passé pour que ça tourne au désastre ? Ah oui… Olivier Dubois…
— Que se passe-t-il ? soupiré-je à mon tour en me frottant l'arête nasale.
— Tu es bien devenue ma tutrice dans le monde de la magie, n'est-ce pas ? fronce-t-il les sourcils. Tant que je suis dans l'aile psychiatrique, c'est bien par toi que toutes les décisions importantes doivent passer, non ?
— En effet, hoché-je la tête, ne comprenant pas vraiment où il souhaite en venir.
— Dans ce cas, pourquoi les gobelins m'ont envoyé un double d'une annulation d'un contrat de mariage entre Pansy et moi ?
Je retiens un gémissement à sa question. Près de trois mois se sont écoulés depuis que Blaise a débarqué dans notre appartement, à Charlie et moi, pour me demander de trouver une solution pour son amie, et je n'ai jamais réussi à lui dire que j'étais parvenu à le faire annuler… Je fais vraiment une très mauvaise amie…
— Constantin Parkinson a remis au goût du jour une promesse de mariage entre Pansy et toi, le soir avant sa mort, expliqué-je calmement. Je l'ai fait invalider au mois de janvier et le temps que l'annulation soit prise en compte par le Magenmagot et Gringotts, tu viens seulement d'en être au courant.
— Pourquoi avoir fait ça ? siffle-t-il me dardant méchamment du regard. J'aurais pu la rendre heureuse !
— Avec tout le respect que je vous dois à tous les deux, vous méritez bien mieux que de vous enfermer dans un mariage qui ne vous rendrait pas heureux que ce soit l'un ou l'autre. Regarde-toi, tu n'arrives même pas à accepter ce qu'il s'est passé en mai, comment pourrais-tu rendre le sourire à Pansy si elle devait abandonner tout espoir d'un jour surpasser ses traumatismes et se marier avec Blaise ?
Ce n'était certainement pas la manière la plus douce de le dire et j'aurais sûrement pu être un peu moins abrupte, mais il faut qu'il comprenne qu'on ne se marie pas juste pour le plaisir, que se lier à vie, promettre sur sa magie d'être là pour l'autre, ce ne sont pas que des paroles en l'air.
C'est un engagement profond, un lien particulier qui se crée entre deux sorciers et qui est éternel — ou du moins éternel jusqu'à ce qu'un juge vous accorde la dissolution des liens d'union… — et qu'on ne peut prendre à la légère. Même devenir Mangemort représente un engagement moins lourd, à mon avis…
— C'est vrai ce que m'a raconté George ? hausse un sourcil Olivier, allégeant la conversation. Zabini a vraiment failli péter un chaudron parce que sa fille voulait aller à la tour d'astronomie avec son fils ?
Il me faut quelques instants pour parvenir à comprendre de quoi il est question, mais lorsque le souvenir effleure ma mémoire, je sens mon sourire s'épanouir sur mon visage. Oh oui ! Ce jour restera gravé dans ma mémoire où Zabini a surpassé Drago dans la catégorie Drama Queen, et de loin !
— Oui, ris-je de bon cœur. Tu l'aurais vu, ce jour-là ! Il a débarqué dans la Grande Salle en hurlant à George qu'il avait intérêt à tenir son fils en laisse s'il ne voulait pas qu'il lui arrache les couilles à mains nues pour les lui faire bouffer après ! Je crois que ma menace du jour de la Répartition l'a bien plus marqué qu'il ne veut bien le dire !
— Là, je reconnais bien Blaise, s'esclaffe Gregory. Une fois, il a menacé Flint de révéler sa relation avec la serveuse satyre de la Licorne Ensanglantée à La Gazette du Sorcier s'il n'arrêtait pas de faire des propositions « dégradantes » à Pansy en deuxième année…
— Si Luna n'était pas intervenue, ce jour-là, reprends-je en me retenant de rire à son anecdote, je suis sûre que George aurait fini accroché au mur et que chaque élève aurait eu des potions à lui envoyer au visage…
— Je n'aurais jamais cru qu'il finirait par comprendre que la petite Lovegood était plus qu'une amie d'entraînement, ricane Olivier en secouant la tête. Si tu savais le nombre de lettres qu'il m'a envoyé durant sa dernière année pour m'en parler, tu en tomberais de ton fauteuil !
Je veux bien le croire… D'après ce que nous en a dit Fred, les professeurs eux-mêmes en sont venus à tenir des paris pour savoir quand George aurait assez de courage pour se lancer… Il n'est pas forcément nécessaire de dire que, toute professeur de divination qu'elle soit, Trelawney était bien loin du compte…
Pourtant, une fois qu'on les a vus l'un à côté de l'autre ou au moins dans la même pièce, le fait que George ne sorte qu'avec des blondes a pris bien plus de sens !
— Si ça peut te rassurer, je crois que ça a choqué même son propre jumeau lorsqu'il l'a appris, ris-je de plus belle. Charlie m'a dit que Bill, lui et Fred en sont tombés des nues lorsqu'il leur a avoué pourquoi il a broyé du noir après leur échappée sauvage de Poudlard !
— Sans déconner, Hermione, comment es-tu parvenue à mettre à genoux le capitaine ? ricane narquoisement Olivier.
J'ai beau faire tout mon possible aux vues de leurs sourires en coin aussi moqueurs que malicieux, je suis restée tout sauf impassible… Mais pour ma défense, il est bien plus souvent « à genoux » qu'ils pourraient le penser ! Et pas dans un sens uniquement métaphorique…
— Merde ! Il était une sorte de légende chez les Gryffondor ! Pas une seule copine en sept ans, pas un seul coup d'un soir, pas même une petite amie ! Il était aussi bon pour éloigner les filles que pour trouver le Vif ! Tous les capitaines rêveraient d'avoir des joueurs aussi concentrés sur le match que lui l'était pour le Quidditch !
— Alors imagine ton grand capitaine réduit à néant par un gamin de deux ans ! souris-je en coin.
— Le coup de la fellation ! s'esclaffe-t-il. Oui, George a été obligé de m'appeler par miroirs à double sens une bonne dizaine de fois pour réussir à me raconter cette histoire sans s'étrangler de rire à chaque fois… Un grand moment, crois-moi…
Je crois ne jamais avoir vu Charlie être aussi mal à l'aise devant quelqu'un que devant son « neveu » de deux ans ! Pourtant, il avait réellement quelque chose de mignon avec ses joues rouges de gêne et sa facilité à refiler le bébé à George…
Néanmoins, je sais que l'expérience de cet hiver a permis de commencer à faire fondre les murailles gelées qui entouraient son cœur. Petit à petit, au fil du mois, il s'est ouvert aux enfants, s'est attaché à eux et a même appris à les aimer.
Je sais qu'il s'entendait réellement bien avec Lucifer et même la petite Queen Parkinson-Zabini parce qu'ils avaient le même grain de folie que les jumeaux dans leur enfance ou leurs débuts à Poudlard.
Il a été touché par la douceur et l'intelligence toute Luna que dégageait Arwen de même que sa sagesse et le calme qu'elle utilisait avec les créatures qu'il leur présentait. Plus d'une fois, le soir, il est rentré à la nuit tombée parce qu'il voulait prendre soin des Sombrals avec elle ou simplement discuter créatures mythiques avec la jeune fille.
Souvent, je l'ai trouvé, en rentrant de mes cours, dans la cuisine, avec Perséphone Bones-Nott, une spatule à la main, en train de lui apprendre à faire la cuisine ou simplement discuter pâtisserie avec elle.
Même Lyssandra, la fille de Daphnée et Neville, avait son petit moment privilégié avec lui, le mardi soir, lorsqu'ils lisaient des histoires aux petits, tous les deux, dans la salle commune des professeurs.
— Quand je vois à quel point les directeurs ont pété un chaudron cette année, je suis bien content que tu m'aies fait interner ici…, soupire Gregory. Vous mettre en couples pour un mois et s'attendre à ce que vous ne vous entre-tuiez pas, je trouve qu'il faut vraiment beaucoup d'optimisme ou alors être totalement frappé pour tenter le coup !
— Pourtant, c'était vraiment une très belle expérience, soufflé-je, un doux sourire m'échappant. Grâce à ça, on a tous appris des choses sur nous-mêmes et sur les autres.
C'est un fait. Le jour où la directrice nous a remis Diana, jamais je n'aurais cru possible de trouver une forme, un début de rédemption dans cette épreuve, et pourtant, ce fut le cas.
Ce fut le cas parce que je n'étais pas seule, parce que certaines blessures que je pensais ne pas avoir se sont révélées à moi, mais que Charlie m'a aidé à les panser. Avec ses paroles bourrues et ses gestes brusques, mais il m'a aidé bien plus que je ne le pensais.
C'est grâce à cette expérience que Harry est parvenu à mettre de côté toute sa peur et ses doutes, ses peines et ses blessures pour tenter de se créer un futur, d'accepter enfin ce qu'il est vraiment : un enfant perdu qui ne cherche que le pays imaginaire pour pouvoir s'évader d'une image qui lui colle à la peau depuis ses un an.
— Tu sais, je pense que ce genre d'expérience a permis que beaucoup d'entre nous retrouvent le sourire ou arrête tout simplement de se laisser emporter par les ténèbres… La guerre a laissé beaucoup de séquelles que les autres ne veulent pas voir ou comprendre, mais dans le fond, ceux qui étaient sur le champ de bataille, cette nuit maudite, se comprennent.
Il y a cette même résonance dans le regard de tous ceux qui habitent la salle commune professorale, comme si, après toutes les horreurs que nous avons vécues, nous recherchions tous une part de beauté dans le monde, quelque chose qui nous raccroche à une part de notre passé qu'on pourrait appeler innocence.
Mais je sais aussi que cette douleur dépasse le portrait de notre lieu de vie, qu'il touche tous ceux qui ont vu la mort cette nuit-là et l'année qui vient de s'écouler.
Tous, que nous ayons été adultes ou simples adolescents à ce moment-là, cette guerre nous a marqués bien plus profondément que nous le voudrions. Nous avons été sacrifiés sur l'autel du Plus Grand Bien, tout comme les Serpentard ont été sacrifiés sur celui de la pureté du sang.
— C'est pour ça que de voir l'innocence et l'insouciance des enfants était si important, si apaisant. Certes, la méthode a été brutale pour beaucoup d'entre nous, elle a réveillé certains démons que, pour la plupart, nous pensions enterrés, mais ça nous a permis de retrouver l'espoir, de croire que l'avenir sera meilleur et c'est en ça que cette expérience des directeurs a été diaboliquement intelligente.
— Est-ce que… est-ce que tu aurais, tu sais, des photos ? souffle Gregory en détournant le regard. J'aimerais bien voir à quoi peuvent bien ressembler les descendantes de Drago, Blaise, Pansy et Théo…
C'est à ce moment-là que je comprends réellement qu'en lui offrant la possibilité de se reposer et d'accepter les conséquences de ce qu'il s'est passé cette nuit-là, je l'ai peut-être coupé de ce qui aurait réellement pu être une bonne expérience pour lui, un bon moyen de renouer avec ses amis.
— Bien sûr, souris-je en lui sortant le cliché de ma poche. C'est le soir de Noël, nous étions dans la Chambre des Secrets, mais gardez ça pour vous, d'accord ? Je ne veux pas que cette information fuite sans l'accord de Harry…
Trop de secrets ont déjà quitté l'enceinte de Poudlard ces derniers temps pour qu'un autre en fasse de même… Rarement je n'ai vu Susan aussi en colère contre quelqu'un que contre Théo, le jour où l'histoire d'Amélia Bones a paru dans le journal…
Il a fallu au Serpentard plus de trois heures pour que la nièce de la directrice du Département de la justice magique accepte d'entendre raison ou cesse de lui jeter des sorts à tour de bras…
— Je rêve ou c'est…, balbutie Olivier, me détournant de mes souvenirs.
— Le professeur Rogue ? ricané-je en le voyant dégoûter. Oui, c'est bien lui, avec Narcissa. Il est un peu le tonton joyeux de notre bande !
Rien que l'idée de dire à cet homme — ou cet ectoplasme — que je le décris comme « le tonton joyeux de cette bande de bras cassés » que nous sommes me fait frissonner de peur… Merde ! Il serait bien capable de mettre à exécution ses menaces du début d'année…
— Rogue et joyeux n'iront jamais ensemble pour moi, grimace l'ancien gardien. C'est comme si tu me disais que Fudge était un bon ministre !
En effet, je suppose qu'on peut difficilement faire pire qu'un ministre qui envoie une horrible tortionnaire pour torturer des enfants, qui accepte des pots-de-vin de la part de Mangemorts ou qui cache le retour à la vie de Voldemort au public parce qu'il veut garder son poste…
— Ils ont l'air heureux sur cette photo, chuchote Gregory en s'abîmant les yeux sur le cliché. Même Drago sourit pour de vrai…
Voir la tristesse dans son regard est un déchirement. Mais il a raison. Cette nuit-là, nous étions vraiment heureux. En dépit de l'imminence du départ des enfants, des révélations parfois difficiles que nous avons eu et malgré les absences significatives autour de cette table, cette nuit-là, nous étions heureux comme rarement depuis un moment.
Cette nuit-là, il y avait des rires et des cris, de l'amour et de la tendresse, de la joie et de la nostalgie. Ce soir-là, nous avons compris que nous pouvions trouver notre planche de salut en la présence d'une autre âme égarée sur le bord de la route, et qui ne demandait pas mieux qu'on lui tende la main.
Cette nuit-là, il n'y avait plus de Serpentard, Gryffondor, Poufsouffle ou Serdaigle, résistants ou Mangemorts, professeurs ou étudiants… Nous étions simplement une famille tout aussi dysfonctionnelle que celles qui peuplent l'Angleterre, tout aussi étrange que celles dans les livres de Padma et tout aussi simple que ne l'était la mienne avant que je n'aille à Poudlard. Cette nuit-là, nous étions en communion.
Alors certes, il est vrai que Severus Rogue ne sera jamais le joyeux luron de la bande, que Pansy ne mâchera jamais ses mots, que Drago a un sérieux problème existentiel, que Harry en a un avec son image ou que Dennis continuera toujours de penser à son frère même dans un lieu aussi mythique et mystique que la Chambre des Secrets. Mais pendant une soirée, Daphnée nous a tous fait entrer en osmose avec son peu de délicatesse et ses paroles avinées.
Peut-être est-ce ça qu'il faut à Gregory pour retrouver foi en l'avenir, en le monde, tout simplement : que quelqu'un lui montre le chemin jusqu'à sa planche de salut, pour que lui aussi trouve la personne qui pourrait lui tendre la main et l'aider à remonter à la surface. Simplement respirer un peu avant de se noyer encore une fois, mais ne jamais baisser les bras, c'est ce que cette guerre nous aura appris…
— Tu sais, tous les samedis depuis l'expérience, Charlie, Bill, Dennis et les jumeaux vont faire un match de Quidditch contre Drago, Blaise, Théo, Padma et Susan donc si tu le souhaites, après votre entraînement avec les jeunes du programme, tu pourrais aller les retrouver à Poudlard, proposé-je avec douceur. Toi aussi, Olivier.
Je ne saurais dire s'il s'agit d'une bonne ou d'une très mauvaise idée, mais aux vues des étoiles qui brillent dans les yeux de l'ancien Gryffondor, je suppose qu'il s'agissait de la bonne chose à faire… Reste à savoir de quelle manière ils vont réagir, tous les deux, en voyant les changements survenus depuis la fin de la guerre…
— Il faudrait que vous procédiez à un Serment Sorcier de ne rien raconter de ce que vous découvrirez, mais je pense que ça leur ferait plaisir à tous de vous voir.
Que ce soit la grossesse de Harry, le couple qu'il forme avec Fred et qu'ils n'acceptent de montrer qu'en présence de ceux qui étaient présents dans la Chambre des Secrets à Noël, ou encore le rapprochement significatif des maisons, ou les natures de Luna et Susan, mieux vaut que tout soit soumis au secret lorsqu'une journaliste en quête de ragot passe son temps à cracher son venin dans La Gazette…
— Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, soupire Goyle, me ramenant sur terre. Tu sais, revenir à Poudlard, tout ça, c'est compliqué…
— Ce ne serait pas Poudlard, mais le terrain de Quidditch, Greg, déclare Olivier en posant une main compatissante sur son avant-bras. Souviens-toi de ce que nous a dit Miranda à nos premières séances, et je suis certain qu'elle t'a dit la même chose qu'à moi : pour accepter et avancer, il faut y aller un pas après l'autre avec quelqu'un qui vous soutient. Je peux être ton soutien si tu le souhaites, mais je ne te pousserai pas à y aller si tu n'en as pas envie. Tu dois vouloir le faire pour toi et non parce que tu t'y sens obligé.
Peut-être est-ce à cet instant que je prends réellement conscience du fait qu'une fois Poudlard terminé, nous ne devenons plus que de simple sorcier, sans maison pour nous diviser.
Il y a de la compassion, de la compréhension et le besoin évident d'aider Gregory dans le regard d'Olivier. Au-delà de sa maison, de leur passé sur un stade de Quidditch ou de leurs camps opposés durant la guerre, je peux voir qu'ils ont réellement tissé un lien profond grâce au programme mis en place par Ste Mangouste.
— Si ça peut te rassurer, j'ai beau y vivre depuis près de six mois, il y a certains endroits où je ne peux pas entrer sans avoir envie de pleurer, soufflé-je sans m'en rendre réellement compte, battant furieusement des cils. Padma ne regarde jamais où elle va quand elle est dans le Grand Hall et fixe toujours la porte de la Grande Salle ou le premier étage. Dennis évite de se promener dans le parc alors qu'avant il y était toujours fourré, Drago n'est jamais retourné dans la tour d'astronomie alors que Théo m'a dit qu'il adorait ça, même le directeur refuse d'aller dans la Cabane hurlante, même si je suppose que ça a tout à voir avec ce que les maraudeurs lui ont fait subir que parce que Voldemort lui a joué un coup de pute…
Je sais que Drago se bat chaque jour pour que Padma parvienne à avancer dignement dans le Grand Hall, malgré ses yeux bordés de larmes, qu'elle-même lui prend souvent la main lorsqu'il laisse son regard dévier vers la tour d'astronomie, lorsque nous sommes dans le parc.
Astoria fait un travail de titan, toutes les semaines, pour pousser Dennis à s'aérer, prendre le temps d'aller sur le terrain de Quidditch ou simplement aller s'asseoir sur le ponton du lac noir.
Narcissa, malgré mes griefs envers sa salope de sœur, fait un travail formidable pour aider le directeur à retrouver la dignité que les maraudeurs, Voldemort, Lucius et même Dumbledore lui ont spoliée, l'aidant à retrouver un peu de joie de vivre et, visiblement, une famille, tâche à laquelle elle semble mettre beaucoup d'entrain si l'on en juge ce qu'il a annoncé à Charlie ce matin !
— On a tous nos démons, Gregory, on a tous nos peurs et nos faiblesses, même ceux qui nous paraîtraient inébranlables. Avoir peur de quelque chose ou de retourner dans un lieu, c'est quelque chose de sain, ça prouve que tu t'en veux de ce qu'il s'est passé, c'est pour ça que tes amis ne te forcent pas à venir les rejoindre le samedi. Parce qu'ils comprennent que tu as besoin de temps pour accepter que tout homme n'est pas infaillible et que c'est parce que tu t'en veux de ce qu'il s'est passé que tu arriveras à faire les bons choix dans le futur.
— Merde ! siffle Olivier en secouant la tête. J'ai beau l'avoir vu dans l'un des souvenirs que m'a transmis ma sœur, c'est toujours une expérience de te voir prendre la parole pour défendre ton opinion !
Je ne prends conscience qu'à ce moment-là que mes larmes ont coulé sur mes joues et que mes yeux dans le vague ont dû me donner un air fou. Mais je comprends aussi que j'ai eu raison.
Au-delà de la peur et des pertes, de la douleur et des regrets, chacun de nous est devenu meilleur, une version améliorée de ce que nous étions avant. Parce que nous avons pu voir le revers de la médaille, comprendre que les vainqueurs ne sont pas tous des héros et que même les « dieux » peuvent se fourvoyer.
Dans cette guerre, ce sont majoritairement les enfants qui ont tout perdu, mais les enfants sont en passe de devenir de véritables adultes, doués de pensées critiques, prêts à tout pour défendre leurs libertés, alors pourquoi ne pas chercher du bon dans l'un des plus noirs moments de la magie ?
— C'est mon pouvoir de Je-Sais-Tout, souris-je en coin.
Les deux heures qui suivent cette conversation, j'ai le plaisir de rencontrer les quatorze jeunes du programme « Espoir » créé par Ste Mangouste, et si, au départ, je doutais qu'une telle chose soit probable, je me suis rendu compte, au bout d'une dizaine de minutes de jeu, que la jeunesse n'est pas synonyme de douceur…
Si je pensais que les Serpentard, durant les matchs les opposant aux Gryffondor, étaient de véritables brutes, voir des enfants de sept ans envoyer des Cognards dignes d'une fusée moldue sur des armoires à glace aussi développées que Crabbe et Goyle réunis fait très peur… Comment la guérisseuse Hawks peut-elle croire que ces enfants ne termineront pas tous à Azkaban, enfermés pour coups et blessures ?
La pire, dans toute cette bande de sauvageons, est très certainement Selena, la petite dont s'occupent Gregory et Olivier… Merlin ! Elle a beau avoir un sourire d'ange et des fossettes à croquer, elle est plus vicieuse que Rogue dans ses mauvais jours !
C'est pourquoi, après tant de violence, je prends comme une délivrance la proposition d'Olivier de rejoindre Poudlard, laissant derrière nous les onze futures terreurs de Poudlard… Bordel… Ça ne devrait pas être permis de laisser une batte entre les mains de gamins aussi vicieux…
La main d'Olivier ne quitte pas un seul instant l'épaule de Gregory tout le long de notre descente de l'appartement jusqu'au terrain de Quidditch, et si j'ai préféré ne pas le faire passer par les passages secrets toujours intacts avec la reconstruction du château, il ne semble pas m'en tenir rigueur.
— Ah ! Enfin ! Notre batteur est arrivé ! s'écrie Drago, un sourire au coin des lèvres. Théo va pouvoir reprendre sa place devant les buts !
Je ne peux m'en empêcher, mon regard dévie légèrement vers la droite où Charlie descend de son Éclair de Feu, sa main passant dans ses cheveux détachés, et je ne dois qu'au ricanement de Padma — très peu discret, soit dit en passant — de ne pas plus encore me ridiculiser… Visiblement, nous sommes arrivés à la mi-temps !
— Dis tout de suite que je suis une passoire, Malefoy ! gronde Blaise.
— Sans dire que tu es une passoire, Zabini, on est tout de même menés 70 à 190 ! lève les yeux au ciel le blond avant de regarder Gregory, une étincelle de fierté dans le regard. Va chercher ta batte, on aura du lion pour le dîner, Goyle !
— Pas si on arrache ta tête de son socle avant la fin de ce match, blondinet, ricane Bill. Tu seras tellement misérable que tu devras même vendre ton scalp pour redorer ton image après la défaite cuisante que je te promets !
— D'accord, susurre Drago en le dardant d'un regard réfrigérant, mortellement sérieux. Ça va être un bain de sang. Même ta Vélane ne te reconnaîtra plus après les Cognards que t'enverra Goyle !
Bon sang… Pourquoi faut-il que le Quidditch soit un sport aussi violent ? Ne peuvent-ils pas jouer au football comme les Moldus ? Certes, il y a bien moins de sensations, je suppose, mais au moins, on ne risque pas de se retrouver avec une commotion cérébrale à la fin d'un match !
— Dubois, enfile ton tutu, on va leur apprendre une petite danse qu'ils ne sont pas près d'oublier, sourit en coin Charlie, un sourcil arqué, son amusement brillant dans ses prunelles.
Son sourire narquois s'agrandit lorsque après m'avoir envoyé un clin d'œil malicieux, je sens mes joues s'enflammer comme un feu de forêt. Décidément, il est réellement très fort pour m'allumer, ce rouquin… Mais il faut dire que dans son uniforme de Quidditch, il n'est vraiment pas dégueu, loin de là, même !
— LA COUPE POUR LES LIONS ! rugit Olivier en brandissant son poing en l'air, me faisant sursauter, vite repris par les autres Gryffondor.
Je crois que, dans ce sport de barbare, c'est ce que j'apprécie le plus, ce moment où, malgré les rivalités et les désaccords, on peut voir les sourires en coin ou entendre les promesses douteuses que peuvent se faire les joueurs avant de filer dans le ciel. Une sorte de calme avant la tempête, je suppose…
— C'est toujours comme ça ? souffle Greg dans ma direction.
— Le terrain de Quidditch est le seul sur lequel ils acceptent de reprendre les rivalités qui nous ont opposés les années passées, haussé-je les épaules, un doux sourire sur le visage. Ils trouvent ça plus sain.
— Et est-ce que ça l'est ? hausse-t-il un sourcil intrigué.
Sain, je ne sais pas, en revanche, ils sont bien plus détendus en revenant d'une séance de Quidditch intensive comme le samedi qu'après un entraînement particulièrement ardu le matin…
La première fois que j'ai pu voir ce changement, ce fut le matin où nous avons réintégré, lui et moi, l'appartement, après notre première séance de thérapie chez la Psychomage.
Charlie était si tendu, si mal à l'aise de s'être mis à nu, qu'il était à fleur de peau et même un duel contre les jumeaux ne l'a pas aidé à évacuer le trop-plein. Jusqu'à ce que Bill arrive et propose à tout leur groupe d'aller taquiner Cognard, Vif et Souafle.
Ce jour-là, il est rentré beaucoup plus calme, serein et apaisé. Même ses relations avec les autres élèves dans notre salle commune étaient plus saines.
Alors est-ce que ce sport est barbare ? Oui, sans conteste ! Mais il est salutaire pour eux, tout comme les recherches et le besoin de me cultiver pour moi. À chacun son sport, je suppose…
— Disons que madame Pomfresh réfléchit activement à l'idée de prendre sa retraite, ris-je en regardant les joueurs continuer de s'invectiver dans les airs.
— Goyle ! s'écrit Drago. Ce n'est pas parce que mon père est un fantôme que je veux en devenir un avant d'avoir gagné ce putain de match !
Lui aussi, le Quidditch lui a permis d'éclaircir ses pensées et d'« adoucir » ses réflexions envers ses propres parents. Certes, il ne pardonnera certainement pas tout de suite à sa mère de lui avoir menti, mais Drago est maintenant un peu plus ouvert à l'idée d'entretenir une relation père-fils un tant soit peu conventionnelle avec Rogue…
Père qui se trouve, lui aussi, en compagnie de la directrice et d'une partie des professeurs, dans les gradins, comme chaque samedi, à observer « la jeunesse » faire des prouesses dans les airs…
— Greg ? l'appelle doucement Théo en lui montrant la batte.
C'est très certainement la raison pour laquelle, depuis ce jour maudit du 2 mai, je le vois hésitant, paraissant même effrayé à cet instant précis. Pourtant, ce n'est qu'une batte ! Alors pourquoi ?
Pour la simple et bonne raison que, s'il la prend, ça signifiera qu'il aura fait un pas sur le chemin de l'acceptation et de la rédemption, et de ça, je ne suis pas sûre qu'il en soit capable sans un bon coup de pied au cul… Ou peut-être n'a-t-il juste besoin que de douceur ?
— Qu'est-ce que je dois faire ? souffle-t-il en ne parvenant pas à décrocher son regard de la batte.
— Profite plus et laisse couler, déclaré-je en le poussant dans le dos pour qu'il accepte. Comme te l'a dit Olivier, un pas après l'autre.
Il finit tout de même par accepter la batte tendue par son ancien condisciple de la maison Serpentard, récoltant au passage un sourire rapide de la part du brun avant de prendre son balai et s'envoler, chacun des autres joueurs lui mettant une tape dans le dos en signe de félicitations ou d'encouragement.
Finalement, peut-être est-ce ça, la beauté de ce sport que me vantent Charlie, Drago, Harry, et même Ron, à l'époque où nous étions tous les trois le fameux « Trio d'Or »… La communion, le partage et l'abaissement des barrières pour ne plus devenir qu'une seule et même entité.
Cependant, une fois parvenue dans les gradins et assise aux côtés de mon premier ami dans le monde magique, je ne suis toujours pas certain que ce soit vrai. Comment un sport aussi brutal pourrait-il réunir des personnes si différentes ?
— Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu Fred aussi heureux, Mione, sourit doucement Harry. Merci d'avoir amené Dubois.
Lui-même a l'air réellement heureux. Du haut de ses dix-huit ans, arborant fièrement son ventre gonflé par ses huit mois de grossesse, il semble nager dans le bonheur en dépit de la légère déception qui brille dans son regard.
— Tu es triste de ne pas pouvoir te joindre à eux pour ce match ? chuchoté-je, peu sûre d'avoir fait la bonne chance en lui montrant ce qu'il rate.
— Vu la violence dont ils font preuve ? arque-t-il un sourcil moqueur.
— Tu comprends maintenant pourquoi je fermais les yeux à chacun de tes matchs ? ris-je en passant mon bras autour de sa taille.
Merlin… Parois, je me demande comment les étudiants de ce château font pour ne pas voir que les petits gâteaux qu'il mange en cachette des elfes de maison ne sont pas la raison principale pour laquelle son ventre est si enflé…
Même sa cape de sorcier ne parviendra, bientôt, plus à masquer ses formes ! Et pourtant, il dégage un calme et une sérénité qui semblent presque anormaux après l'année écoulée. Pas une seule fois depuis un mois, je ne l'ai vu reprendre son air sombre ou s'enfermer sur lui-même pour des heures.
Certes, il n'a jamais été le plus expansif de nous tous, pourtant, depuis quelque temps, il fait beaucoup d'efforts pour sortir de sa zone de confort, prenant le temps de discuter avec d'autres élèves ou même les professeurs. Merlin, je l'ai même vu avoir une conversation plus ou moins calme avec Drago et le directeur dans la semaine !
— Granger ! siffle Pansy en fondant sur nous. Puis-je savoir quelle idée tordue t'est passée par la tête pour avoir amené Goyle ici ? Blaise va tenter de le tuer, c'est certain !
Sur ce point, je ne peux malheureusement pas lui donner tort. Certes, Blaise, tout comme le reste des joueurs, s'est montré bienveillant face à son retour à Poudlard et dans ce match. Néanmoins, on ne peut pas dire que sa manière de le regarder est des plus amicale en cet instant…
Puis je me souviens de la raison pour laquelle Blaise a débarqué un soir, tard, à l'appartement, pour nous parler de la mort de Parkinson Senior et de ce contrat qu'il avait réactivé. Alors la lumière se fait et ma main part activement à la recherche du parchemin de révocation envoyé par les gobelins à Gregory.
— Il pourrait même faire passer ça pour un banal accident de Qui…
— Lis ça, soupiré-je, la coupant en lui fourrant le parchemin entre les mains. Ça devrait vous apaiser tous les deux.
Les deux minutes que dure sa première lecture de la missive, l'équipe des Gryffondor a pris la main sur celle des trois autres maisons, creusant un peu plus l'écart si j'en juge les cris de Harry pour que Fred file plus rapidement su l'Éclair de Feu que lui a offert Sirius en troisième année.
Sa seconde lecture voit l'équipe de Drago revenir difficilement au score, marquant deux buts d'affilée grâce à un Cognard envoyé par Gregory sur Olivier, mais toujours aucune réaction de la part de Pansy. Jusqu'à ce qu'elle n'émette un sanglot bien vite refoulé.
— Tu as trouvé la faille ? souffle-t-elle, les yeux baignés d'espoir. Tu es parvenue à contrer les volontés de mon dégénéré de paternel ?
— Percy a trouvé parce que Blaise est venu nous parler de ton problème le soir où tu as reçu la lettre des gobelins. Sans ça, il y a de fortes chances qu'à l'heure d'aujourd'hui, tu sois mariée à Gregory.
Je ne saurais dire s'il s'agit du fait que Blaise soit venu nous parler de ses problèmes ou bien du fait que ce soit grâce à des Weasley qu'elle puisse retrouver sa liberté qui la fasse grimacer si fortement, mais elle finit par se secouer, claquant du plat de la main sur le rebord de la balustrade.
— Zabini ! crie-t-elle, nous faisant sursauter. Ce n'est pas le moment de montrer à Weasley comment se servir d'une batte ! Et laisse mon ex-fiancé tranquille !
— D'accord, mais lequel ? s'écrit-il en retour, l'amusement clairement inscrit sur son visage. Tu as plus de prétendants que ma mère a de maris !
— Contente-toi de marquer des buts, ça te changera, soupire-t-elle en se rasseyant.
— Ce jeu est tellement violent, soupiré-je à mon tour.
— J'adore ça ! s'écrient en chœur Pansy et Harry.
Sur ce point-là, ils se sont bien trouvés, tous les deux… Je n'aurais pas même parié un galion sur une amitié entre eux, en début d'année, et pourtant, il est devenu bien plus naturel de les voir comploter dans le château que Ron, Harry et moi, durant nos premières années…
D'une certaine manière, je suppose qu'ils se comprennent, tous les deux. Aussi bien Harry qu'elle a vécu une enfance de torture mentale et de maltraitance, utilisée comme elfe de maison ou image à présenter pour un mariage Sang-Pur…
— Barbares, grimacé-je.
— Dis-toi qu'au moins tu auras une raison valable de faire un massage à Charlie dans les vestiaires tout à l'heure, ricane Harry. Je suis sûr que ça doit être le dernier lieu sacré de ce château où vous n'ayez pas commis de blasphème !
Surtout ne pas rougir ! Tout faire pour tenter de rester le plus stoïque possible ! Néanmoins, les quelques images de notre petit intermède dans le bureau de la directrice me reviennent en tête, et je sais que j'ai lamentablement échoué…
— Un blasphème ? Carrément ? ricané-je en m'amusant de son air enfiévré.
— Un terrain de Quidditch est aussi sacré qu'une église moldue, Mione ! déclare Harry avec un sérieux incroyable. Il n'y a pas de Dieu, pas de religion, pas de fidèles. Juste le Quidditch. Ici, les dieux sont les joueurs, la religion est le Quidditch et les supporters sont les fidèles. Quand l'attrapeur attrape le Vif d'or, c'est ça, un Je vous salue, Marie ! C'est plus profond que la guerre, les révoltes, la haine ou les rivalités. C'est une communion sacrée entre les éléments, les joueurs et les spectateurs.
— Mais ce n'est que du Quidditch ! Murmuré-je, soufflé par la dévotion dans sa voix. Ce n'est qu'un sport !
— Alors, comment expliques-tu que, même toi qui n'aimes pas ce sport, ma religion donc, tu te sois laissé emporter par la liesse à chaque fois que j'attrapais le Vif ou quand Gryffondor a décroché la Coupe de Quidditch en troisième année ? hausse-t-il un sourcil, visiblement très amusé par mon besoin de le détromper. Même toi, Hermione Granger, tu ne peux pas réfuter qu'il y ait une dimension mystique dans le Quidditch.
Il n'a pas tort. Certes, ce sport est barbare, brutal et j'en passe, mais lorsque Gryffondor a gagné la Coupe, cette année-là, je me souviens avoir fondu en larmes dans les bras de George et l'avoir félicité, de même que Fred, durant des heures pour leurs prouesses.
Je me souviens de la clameur, de la bonne humeur, de cet effet de foule incroyable, à la coupe du monde, des cris des rires, de la joie et du bonheur qui régnait dans le camping avant que les Mangemorts ne débarquent.
Je me souviens encore de cette chanson stupide des jumeaux pour se moquer d'un Ron presque amoureux de la manière de voler de Viktor durant ce match et des rires de Ginny qui se moquait doucement de lui.
Je me souviens du sourire heureux de Harry et de la joie dans les yeux de monsieur Weasley. Comme si nous venions de vivre un moment historique, mais que je ne parvenais pas réellement à en comprendre le sens.
Et pourtant, ce soir-là, j'aurais dit très certainement la même chose que Harry. Cette nuit-là, dans ce stade, entourée par cette foule et les vivats des supporters, je me suis moi-même laissé emporter par la liesse et ce sentiment d'appartenance, celui de faire partit d'un tout.
Alors oui, c'est vrai, ce sport est bien plus dangereux que le football ou le soccer, il fait d'ailleurs bien plus de morts, mais il est certainement le seul qui parvienne à réunir tous les sorciers sous un même étendard. Celui de la magie. Celui du Quidditch. La religion sorcière par excellence, visiblement.
C'est entourés de Neville et Astoria, eux-mêmes en grand débat avec Harry et Pansy concernant la dernière action du match, que nous parvenons sur la pelouse du stade, Daphnée semblant plongée jusqu'au cou dans la lecture d'un ouvrage sur des lois ancestrales au point où son petit ami soit obligé de la maintenir par le bras pour ne pas qu'elle manque de s'effondrer dans les escaliers.
— On t'aura la semaine prochaine, Weasley, grimace Drago en posant le pied au sol, s'ébrouant.
— Même si tu te réincarnais, tu ne parviendrais jamais à devenir aussi doué qu'un Weasley sur un balai, Malefoy, ricane Charlie. Nous sommes sept enfants, un pour chaque poste, tu devrais le savoir, à force !
Pendant quelques secondes, je me demande réellement pourquoi ce n'est que maintenant que je comprends réellement tout l'attrait que peut représenter un homme dans son uniforme de Quidditch…
Merlin ! Il dégage tellement de sex-appeal dans son tee-shirt à son nom et son pantalon de cuir, que je sens ma température interne frôler la stratosphère ! Merde alors ! Est-ce ça qu'il ressent, tous les jours, en me voyant débarquer dans ce qui me sert de pyjama ? Parce que si c'est réellement le cas, je dois rendre hommage à son self-contrôle !
C'est à la lueur incroyablement possessive que je vois flamboyer dans son regard, au courant d'air frais sur les jambes et au mouvement de poignet de Pansy pour ranger sa baguette que je me rends compte que quelque chose cloche. Par pitié… Dites-moi que c'est un cauchemar…
Pourtant, lorsque je baisse les yeux, je me dis qu'il aurait été préférable, sûrement, que je me retrouve nue… Parce qu'en toute honnêteté, je doute réellement que le costume de cheerleader de Gryffondor m'aille aussi bien au teint qu'à Lavande ou Parvati le jour de la réunion de rentrée.
— Ne lui en veux pas, c'est nous qui lui avons demandé, me souffle George avec un clin d'œil. C'est l'un des nouveaux fantasmes de Charlie…
Si j'en crois sa manière de me déshabiller du regard — pas qu'il reste beaucoup de tissus à enlever à cette minijupe ou ce débardeur… — les jumeaux ont réellement tapé dans le mille… Reste maintenant à savoir si mon mari se laissera tenter après que nous nous sommes fait interrompre si brutalement par son meilleur ami ce matin…
— Je suppose que je dois vous remercier pour ce qu'il se passera sûrement tout à l'heure ? souris-je en coin, laissant le plaisir que me procure son regard enflammer tous mes sens.
— Souviens-toi simplement qu'il existe de magnifiques sorts de silence et que certaines oreilles sont encore chastes, ricane Fred.
J'ai beau savoir que Charlie se laisse très souvent diriger par ses hormones — le simple fait que Vegas ait laissé une marque sur nos poignets en est la preuve — le voir s'occulter totalement du monde pour venir me rejoindre, passant ses bras autour de ma taille pour coller mon dos à son torse, me faisant sentir fortement l'évidence de son envie, me fait sourire.
Un clin d'œil simultané des jumeaux alors qu'ils rejoignent Padma, elle-même essayant de faire comprendre à Drago qu'il est temps pour eux d'aller à la douche, et Olivier, et le nez de Charlie se retrouve appuyé dans mon cou, ses lèvres caressant allègrement ma peau tendue.
— Il faut que je trouve un moyen pour que Severus fasse encore six enfants à ma mère du coup, souffle Drago, les yeux dans le vague. Six autres qui sont aussi beaux, intelligents et doués pour le Quidditch que moi…
— Il est vraiment en train d'envisager de repeupler le monde avec d'autres blonds imbus d'eux-mêmes, là ? hausse un sourcil intrigué Padma.
Sa réaction n'est pas, à mes yeux, disproportionnée et si j'en juge le ricanement moqueur de mon Weasley, il est tout autant d'accord que moi sur la question. Celle du blond en question, en revanche, dépasse de loin le niveau habituel de son narcissisme aigu…
— Sois honnête, Patil ! susurre-t-il doucereusement. Physiquement, je suis le fils illégitime d'un dieu grec et d'une sirène ! Mon corps complet est un appel à la luxure ! Je suis même sûr qu'à chaque fois que je pose un pied quelque part, les femmes s'évanouissent de plaisir, et peut-être même que quelques érections pointent le bout de leur gland !
— Tu as bien conscience qu'à la base, nous étions censés nous remettre de la défaite cuisante que viennent de nous offrir les Gryffondor, n'est-ce pas ? ouvre-t-elle de grands yeux, semblant enfin comprendre l'ampleur du nombrilisme de son petit ami. 180 à 290, je suis presque sûre que même dans un match de la coupe de la ligue, jamais il n'y a eu un score aussi dégradant pour une équipe… Je vais aller prendre une douche, je dois laver cet affront…
— … Pour répondre à ta question, oui, je serais très heureux d'aller prendre une douche…
— Dois-je envoyer un communiqué de presse pour que tout humain du territoire britannique reste bien enfermé à double tour dans sa chambre, ou parviendras-tu à refréner ton charme assez longtemps pour que nous puissions parvenir jusqu'aux grandes portes du château ?
Leur couple ne fait, certes, pas l'unanimité, et ce n'est un secret pour personne que Padma continue souvent de penser à Kevin, mais pour quelqu'un d'aussi narcissique que l'est Drago, accepter cet état de fait en tentant de l'aider à reprendre pied dans le monde est quelque chose qui me fait dire que leur couple tiendra la route.
C'est un fait, ils sont extrêmement différents, ont une vision du monde et certainement de l'amour différent, mais à deux, je trouve qu'ils s'en sortent réellement bien. D'une certaine manière, leur façon d'avancer en tandem est réellement belle à voir.
Là où Drago est certainement la personne la plus imbue d'elle-même qui existe, Padma sait lui faire garder les pieds sur terre. Là où elle ne parvient plus à respirer, comme dans le Grand Hall, Drago lui prend la main et lui parle de tout et n'importe quoi, pour qu'elle parvienne à avancer sans s'écrouler.
Il n'y a pas de paroles mièvres ou de sentiments dégoulinants entre eux, et peut-être est-ce ça qui les caractérise et les rend si fort. Ils ne veulent pas se faire de promesse, préfèrent vivre au jour le jour et voir ce que la vie peut encore leur apporter de bon. Peut-être devrions-nous tous prendre exemple sur eux finalement…
Cette guerre nous a vraiment profondément changés… Avant tout ça, avant d'avoir connu le champ de bataille et les séquelles qu'elle a laissées, je sais pertinemment que je serais resté Hermione, l'éternelle fille plongée dans ses livres, celle qui ne jurait que par ses deux amis et prenait à témoin Merlin de son amour pour Ron.
Mais la vérité, c'est que cet état de fait a changé le jour de la dernière bataille. Il a changé quand c'est dans les yeux de Charlie que j'ai cherché du réconfort et la certitude que Harry était toujours vivant, et non dans ceux de Ron.
Il a changé quand Ron n'a plus donné signe de vie durant des jours et que je n'ai pas moi-même cherché à en prendre après ce presque baiser dans la Chambre des Secrets ou ma convalescence.
Les choses ont continué de bouger ce soir de juin, dans cette chambre de La Licorne Ensanglantée, lorsque j'ai préféré passer la soirée à m'enivrer dans ce pub miteux de l'Allée des Embrumes avec celui qui deviendrait, quelques semaines plus tard, mon mari.
Mais dans le fond, le moment charnière où tout a réellement basculé, c'est cette nuit particulière, au square, lorsque je suis venu lui donner la lettre de Sirius. Cette nuit-là, Weasley est devenu Charlie et tout le gouffre auprès duquel nous dansions s'est approché d'un pas, nous menaçant de nous engloutir.
Peut-être ai-je fait le pas de trop cette nuit-là, peut-être l'ai-je poussé trop fortement dans ses retranchements et peut-être que lui faire cette demande toute particulière, le lendemain, a été la goutte d'eau qui nous a fait passer de mer à océan finalement.
Pourtant, je ne regrette rien et ce n'est que maintenant que j'en prends réellement conscience. Ni le bracelet d'union ni les combats contre lui, toutes ces fois où nous avons couché ensemble, ce bébé que nous avons perdu ou cette descente lente dans une facette de moi-même que je ne connaissais pas ou ne souhaitais pas montrer au monde.
Parce qu'à chaque fois, il a été là pour me tenir la main. À chaque fois que je manquais de tomber, il était là pour me relever.
Il n'est pas adepte de la douceur ni même du romantisme, et pourtant, je sais que pour moi, pour me « retaper », il l'a fait, il m'a poussé à devenir une version plus humaine, plus vivante de moi-même, et à l'instant présent, je me demande ce qui pourrait me faire changer d'avis sur la question…
Même si, pour la guérisseuse Hawks, nous sommes un couple, je sais que pour lui ce n'est pas le cas, que je ne suis qu'un substitut à Tonks, et le plus triste dans tout ça, c'est que je m'en contenterais pour le moment.
Parce que j'apprécie que quelqu'un soit assez fou pour avoir envie de me dire avec la même douceur que lui ce matin, qu'il me trouve belle. Parce que je veux encore avoir quelqu'un qui prenne soin de moi comme cet hiver, lorsque je suis tombé malade. Parce que j'aime sa manière de me rapprocher de lui, la nuit, parce que je grelotte sous le simple drap du lit.
Parce que j'aime ce substitut d'amour qu'il m'offre depuis des mois et qu'après de trop longues semaines d'attente, des mois de doute et de douleur à le savoir si près et pourtant si loin de moi, j'en suis venu à comprendre que Ron ne m'aimerait jamais pour ce que je suis, pour toutes les parts de moi que Charlie connaît si bien.
Ce n'est pas de l'amour, peut-être n'est-ce que du besoin ou de la possessivité, mais j'ai besoin, pour me reconstruire et découvrir qui je suis, d'avoir quelqu'un qui veuille de moi pour ce que je suis et représente. Quelqu'un comme Charlie.
— Je crois que je me suis froissé un muscle, bébé, susurre Charlie en embrassant mon épaule.
Je ne cache pas mon frisson de plaisir à sa voix velouté, ni même mon sursaut à m'avoir si brusquement ramené sur terre. C'est un don chez lui, je crois, de toujours savoir quand m'extraire de mes pensées pour ne pas que j'analyse trop en profondeur ces sentiments ambigus que je ressens pour lui ou pour Ron.
Pourtant, en général, il utilise une manière bien plus efficace pour le faire, l'une de celles qui ne nécessitent qu'un nombre très limité de vêtements — de préférence aucun — et n'importe quelle surface plane. Étonnamment, il est extrêmement doué pour en trouver !
Mais je ne le laisserais pas gagner la partie aussi facilement que d'habitude, foi d'Hermione Granger ! Je me laisse avoir à chaque fois par ses lèvres, ses doigts ou même sa langue — Merlin… Plus jamais je ne pourrais regarder le bar de l'appartement sans rougir… — mais pas cette fois-ci !
— Dans ce cas, je pense que tu devrais aller voir madame Pomfresh, souris-je en coin en me retournant entre ses bras.
En dépit de l'envie dévorante qui anime ses prunelles, je peux voir, tapie dans l'ombre, une parcelle d'inquiétude grandissante qui me fait frissonner.
Parce que, depuis quelque temps, à dire vrai depuis le soir de la seconde tâche et cet instant où il a rendu les armes, je le vois de plus en plus souvent inquiet, sur ses gardes, prêt à fuir et cet état de fait me fait peur.
Ça me fait peur parce que je sais que je vivrais ce moment où il se rendra compte que faire passer ce qui nous relie à un plan supérieur était une très mauvaise idée, comme un coup de poignard en plein cœur…
— Je pense que je vais réussir à supporter la douleur, grimace-t-il. Elle a bien moins doigté que toi, chérie !
Alors je fais la seule chose que nous sachions si bien faire, lui et moi : nous voiler la face et utiliser le sexe comme moyen de désamorcer une bombe qui risque de nous éclater au visage bien plus vite que prévu. Parce que c'est ce qui arrivera, j'en suis persuadée…
— Je suppose que je peux faire un petit effort, dans ce cas, soufflé-je en embrassant sa mâchoire. Je pourrai t'aider à enlever tes vêtements si tu as trop mal pour le faire tout seul…
— Oui très mal, en effet, gémit-il.
— Je pourrais m'occuper de ton dos, proposé-je en remontant jusqu'à son oreille.
— Je pense que tu peux te concentrer sur le bas du corps, chérie, souffle-t-il en laissant sa tête retomber vers l'arrière. Je peux même me mettre sur le dos pour te faciliter la tâche.
Nos échanges ont commencé au bout d'une baguette et se sont finis bien plus souvent que prévu dans un lit ou contre un mur, mais malgré les mois et les épreuves, il reste toujours aussi sensible à mon toucher et je crois que c'est ce que j'aime le plus chez lui.
Sa manière de contracter les muscles de son ventre lorsque mes ongles passent dessus, son grondement bas lorsque je presse mon bassin contre le sien, l'abandon total sur son visage lorsque je laisse mes lèvres s'égarer dans son cou… Je connais tout de sa manière de réagir à mon contact, et j'en redemande à chaque fois.
Parce qu'il est le seul homme à m'avoir montré que je pouvais être belle, tentatrice, séduisante, que je pouvais le mettre à genoux littéralement ou métaphoriquement juste en enlevant mes vêtements, qui est presque aussi intéressé par mon cerveau que par mon corps.
D'une certaine manière, je crois que c'est ce dernier point que j'aime le plus chez lui. Sa manière toute particulière de me montrer qu'une femme n'a pas besoin d'être un simple objet de décoration, mais qu'on peut prendre tout autant de plaisir dans un débat sur un point épineux de la magie que durant une séance de préliminaires intensifs.
Alors oui, c'est vrai, je ne suis qu'un substitut à Tonks et je vais chuter de très haut lorsqu'il s'en ira — parce que je suis intimement convaincue que ceci se passera, que je le veuille ou non — mais je dois me rendre à l'évidence… Je suis tombée amoureuse de lui quelque part entre la bataille finale et le rituel des gobelins…
— Tu vois, Olivier, c'est de ça dont je te parlais par lettre la semaine dernière, ricane narquoisement George me faisant durement sursauter. Les regards langoureux, les caresses tout sauf subtiles, les cris d'Hermione qui rivalisent presque avec ceux de Sermirov… Ils ont presque l'air aussi niais et malades d'amour que Neville et Daphné ou encore Dennis et Astoria…
Je pourrais en pleurer, je crois… Me rendre compte de ça et l'entendre de la bouche même d'un des jumeaux pourrait littéralement me mettre à genoux. Parce que je peux voir l'inquiétude dans le regard de Charlie prendre plus d'ampleur et que je sais ce qu'elle signifie : le compte à rebours vient de se lancer et nous sommes dans le sprint final…
— Ils sont sur une pente savonneuse donc, sourit malicieusement l'ancien gardien.
— Tout à fait !
Je vois parfaitement Fred et Bill faire signe à George de s'arrêter de parler tant qu'il est encore temps, mais il est bien trop heureux de retrouver son ami en chair et en os, de trouver quelqu'un de plus réceptif que Luna, ces derniers jours…
Pourtant, Charlie parvient à me surprendre. Alors que je m'attendais à ce qu'il fasse un mouvement de recul ou parte, toute crinière au vent, pour réparer son honneur, il ne fait que redresser les épaules et le menton, hausser un sourcil sarcastique et me resserre contre lui. Pourquoi ?
— Excuse-moi ? grimace Neville. Qui est niais ?
— Et souviens-toi bien, Weasley, que notre famille compte un très grand nombre d'empoisonneurs ! siffle dangereusement Astoria. Ce serait tellement bête que tu meurs en buvant ton thé, un matin…
C'est en voyant la réaction d'abord surprise puis son sourire léger, empreint de tendresse pour son petit frère, que je comprends. Charlie n'a pas peur de ce qu'il se passe entre nous comme je le pensais, c'est de ma réaction face à tout ça dont il a peur.
Et s'il en a peur, c'est parce que je me suis bornée, ces dix dernières séances de thérapie de couple, à lui faire comprendre que je ne forcerais aucun rapprochement, que je ne le forcerai jamais à rien dans notre relation compliquée.
Qu'il serait celui à décider parce qu'il n'est pas prêt à tout ça. Pas prêt à se voir en couple ni même avoir ce tatouage sur son poignet à vie. Pas prêt à ce que l'expérience de cet hiver devienne une réalité.
— Allez, chéri, va sauver le monde, je t'attendrais avec le dîner, souris-je en coin, décidant de me laisser porter par l'espoir que m'insuffle sans le savoir Bill.
— Pas la peine, rit-il, s'amusant visiblement de la vive réaction des quatre autres. Ils le font très bien tout seuls !
Mais il s'accroche, il tient bon, il continue à jouer le match même s'il sait qu'il a les deux mains liées dans le dos. La seule chose que j'aimerais savoir, c'est la raison pour laquelle il se bat si farouchement contre ses propres peurs…
— Charlie, soufflé-je en me mettant sur la pointe des pieds, tu crois qu'on pourrait s'éclipser d'ici discrètement ?
— Tu n'as qu'un mot à dire et je t'enlève pour les quatre prochaines heures, bébé, gronde-t-il en me dardant d'un regard brûlant.
— Vestiaire ? souris-je en coin.
Peut-être est-ce là notre langage personnel, mais je n'en changerais pour rien au monde. Pas quand je peux le voir s'enflammer à ce simple mot, ni même lorsqu'il m'attrape par les cuisses pour me faire enserrer mes jambes autour de son corps.
Sermirov avait peut-être raison, en début d'année, finalement — ce qui, soyons clair, serait une première ! — peut-être que, pour garder un homme, il faut savoir se débrouiller dans un lit…
Pourtant, si j'en juge la pression qu'il exerce sur mes cuisses, nous n'aurons certainement pas le temps d'atteindre notre chambre, ni même les escaliers menant aux gradins ! Merlin… Harry avait raison… Nous allons commettre un blasphème…
— Je suis un putain de petit chanceux, gémit-il en me serrant vivement contre lui. Magia t'a créé pour moi. Ça ne devrait pas être permis d'être aussi intelligente et dévergondée que toi !
Je peux entendre les ricanements autour de nous et les sifflements de ses frères, mais peu m'importe. La seule chose qui soit importante, c'est l'ardeur qu'il met à se retourner et nous conduire jusqu'à la première porte menant à des vestiaires sur son chemin, poussant un gémissement de bonheur lorsqu'elle cède avec facilité.
— Je ne suis que le résultat de ta création, Charlie, susurré-je en mordillant la peau de son cou.
Et c'est vrai ! Il est celui à m'avoir ouvert les portes de mes fantasmes les plus inavouables, a été le premier à m'avoir offert un orgasme ou m'avoir dévoilé des penchants exhibitionnistes que je ne pensais pas avoir.
Ses lèvres se font brûlantes contre les miennes, passionnées et quémandeuses, et lorsque mon dos touche la paroi dallée de la première douche à disposition, il me remet sur pied, me collant vivement à celle-ci.
Il y a du besoin et de l'urgence dans ses gestes, de la passion et une volonté farouche de me voir me laisser faire, au moins sur la partie préliminaire, comme pour retrouver pied. Mais ce qu'il n'a pas l'air de comprendre, c'est que j'en ai tout autant besoin que lui.
J'ai besoin de sentir qu'il prend soin de moi et qu'il s'abandonne, qu'il soit brusque et caressant en même temps, qu'il me chérisse et me montre que je lui appartienne, en quelque sorte. Parce que c'est ainsi que nous sommes, c'est la base même de notre relation.
Il n'y a pas de dominant ni de dominé, il n'y a que les non-dits et le sexe pour nous permettre de nous exprimer, que ce moyen de lui faire comprendre que, pour deux semaines encore, si le juge nous accorde le divorce, je suis sa femme… Et j'ai besoin qu'il le comprenne.
Alors, lorsqu'il enlève son tee-shirt de Quidditch pour l'envoyer au loin et ne me laisse pas en faire de même avec le mien, je le laisse faire. Lorsqu'il enlève son pantalon et ses bottes en cuir de dragon, je ne tente pas de me rebeller pour l'y aider.
Je reste simplement là, face à lui, me mordant la lèvre fortement pour ne pas gémir toute la luxure qu'il dégage en ne portant plus que son boxer et me dévorant du regard, cette flamme ardente dévastant tout sur son passage.
— Tu te souviens de ce que tu m'as dit, sur la falaise, le jour où tu t'es transformée en Dame Dragon pour la première fois ? susurre-t-il d'une voix enrouée. Tu m'as dit que tu allais être un peu violente, mais que tu voulais que ça me fasse du bien.
— Oui, chuchoté-je.
Merde… Dans quoi me suis-je encore embarquée ? Je suis d'accord pour le sexe sauvage et un peu de brusquerie, mais je crois qu'il y a des limites que je ne suis pas prête à franchir…
— Je ne vais pas te faire de mal, si c'est ça qui t'inquiète, continue-t-il de la même manière tout en se serrant contre moi. Je veux juste que tu comprennes à quel point j'ai besoin de toi, à quel point j'ai besoin de me perdre en toi et oublier tout le reste. Maintenant.
Je m'entends déglutir douloureusement, ne parvenant à détourner mon regard de ses lèvres tentatrices ou de ses yeux qui me dévorent. Merde ! Je pourrais me liquéfier sur place, je le ferais en cet instant !
Je sens la chaleur dans mon bas-ventre se transformer en feu de forêt violent et destructeur, mon envie de lui monter en flèche à cette simple phrase… Bordel, il me fait réellement un effet du tonnerre lorsqu'il dit ce genre de choses…
Je hoche docilement quoique difficilement la tête, lui montrant mon accord pour la suite des opérations, qu'importe ce qu'elles peuvent être, me retenant de gémir lorsque ses doigts pincent mon téton au travers de mon débardeur.
— Bonne fille ! me souffle-t-il à l'oreille, flattant de son autre main ma fesse. Et maintenant, retourne-toi.
Je connais ce ton, je l'ai bien assez souvent entendue pour savoir que la suite des réjouissances va très certainement me faire hurler, et pas de douleur ! Finalement, peut-être que Fred avait raison : les sortilèges de silence peuvent être une bonne idée…
— Sortilège, soufflé-je difficilement alors que ses dents attaquent la peau de mon cou. Silence. S'il te plaît…
— Déjà fait, susurre-t-il, ne masquant pas son sourire. Je compte te faire crier de plaisir, chérie, pas commettre un meurtre.
Cette fois-ci, mon gémissement sort béatement de mes lèvres et seul son léger rire me répond, mais à quoi bon lui en vouloir, je sais parfaitement que c'est ce qu'il espérait de ma part. Une parfaite et totale reddition.
Alors je fais ce qu'il m'a demandé, me défaisant difficilement de son étreinte pour me retourner, face contre la paroi carrelée, mes mains bien à plat contre celle-ci alors que les siennes alternent entre me pincer les tétons ou venir se perdre entre mes cuisses, et toute la bonne volonté du monde ne pourrait m'empêcher de gémir mon plaisir lorsqu'il pince vivement mon clitoris. Merde ! Il est vraiment bon à ce jeu-là !
— Une dernière parole peut-être ? s'amuse-t-il en mordillant mon oreille.
L'une de ses mains vient flatter ma fesse, la fessant quelque peu, pas assez pour laisser des marques, mais assurément pour me donner du plaisir, puis elle s'égare un peu plus loin, suivant le bas de ma colonne pour déplacer mon string, son doigt s'agitant contre mon intimité détrempée.
Définitivement, il n'aura pas grand-chose à faire pour faciliter son passage… Pauvre de moi… Je suis faible face à ses doigts…
— Tais-toi et prends-moi, gémis-je, la frustration de la journée atteignant son comble. Je t'en prie, Charlie !
La dernière syllabe de son prénom se perd dans un cri mêlant surprise et plaisir à l'état brut. Je ne saurais dire par quel prodige il est parvenu à enlever son caleçon ou s'il n'est simplement que baissé, mais en cet instant, cela ne m'importe que peu !
La seule chose sur laquelle je parvienne à me concentrer, c'est sur le déchaînement de sensations, la déferlante de luxure qui m'emprisonne et les doigts qui pincent la pointe de mes seins bien plus durement que d'habitude, décuplant encore mon envie de lui.
Ses râles se multiplient, ses coups de boutoirs se font plus puissants, mon corps est secoué dans tous les sens et je peine à garder pieds dans la réalité, tentant vainement de me retenir à quoi que ce soit pour ne pas jouir en si peu de temps, mais il est rusé et il connaît mon corps par cœur et je sais que la tâche de ne pas devoir rendre les armes si vite sera ardue.
Ma main accroche le bouton en métal avant qu'une nouvelle bourrade me fasse appuyer dessus. Un torrent d'eau gelée nous tombe sur la tête avant que je ne comprenne qu'il s'agisse de la douche, et que cette douce Écossaise est très certainement le moyen ultime qu'ont trouvé les directeurs pour ne pas que les joueurs passent leur vie dans les vestiaires.
— Retourne-toi, halète-t-il en prenant mon visage en coupe pour m'embrasser. Je veux te voir jouir, bébé.
Parvenir à tenir sur mes jambes après ce qu'il est en train de me faire subir relève du parcours du combattant, mais vaillamment, je parviens à me retourner, prenant appui contre la paroi pour ne pas m'écrouler.
Néanmoins, il semblerait qu'il ait d'autres projets pour moi puisque, fléchissant le genou, il passe ses bras derrière les miens, agrippe mes fesses et ne s'offusque pas de mon cri de détresse due à mon vertige avant de me replacer contre le carrelage.
— Prête pour le final ? hausse-t-il un sourcil amusé.
— Ai-je réellement mon mot à dire ? fais-je de la même manière, essuyant l'eau gelée qui me tombe sur le visage.
Son amusement laisse place très rapidement à quelque chose que je ne parviens pas à définir, une dualité dans son regard qui me fait frissonner. Ou peut-être est-ce l'eau ?
— J'en ai envie, souffle-t-il en cessant son mouvement de pénétration. J'ai envie de te prendre sauvagement et de te faire l'amour en même temps, mais je ne sais pas faire ces choses-là, Hermione. Être tendre et toutes ces choses que tu attends de moi… Je ne sais pas le faire…
— Tu te trompes, chuchoté-je en enserrant son bras, me retenant au dernier moment de placer ma main sur sa joue. Je n'attends pas de toi que tu sois tendre ou amoureux de moi, je veux juste…
Moi-même je ne sais pas ce que j'attends de lui. Qu'il soit un bon mari ? Je ne sais même pas si je suis une bonne femme pour lui… Qu'il soit un bon amant ? Il l'est, assurément ! Qu'il m'aime ? Je sais que c'est trop lui demander.
— Que veux-tu ? murmure-t-il en passant sa main sous mon tee-shirt, caressant doucement mon ventre. Qu'attends-tu de moi ? Qu'attends-tu de ce que nous sommes en train de faire depuis deux semaines ?
Il a l'air tout aussi perdu que moi par cette nouvelle dynamique, tout aussi effrayé des conséquences qu'elle pourrait avoir, et pourtant, encore une fois, il tient bon, il se bat, et merde ! J'aimerais avoir la même force que lui ! Mais peut-être est-ce ça le plus important, que je devienne son oasis de la même manière qu'il est devenu le mien, ces derniers mois…
— Je veux juste que tu lâches prise, Charlie, soupiré-je en posant ma main sur sa joue cette fois-ci. Arrête de réfléchir, arrête de t'inquiéter pour l'avenir ou le passé, arrête de t'en vouloir et concentre-toi uniquement sur le présent. Je suis là et tu es là et c'est tout ce qui compte. Le reste, nous aviserons en temps et en heure.
— Et si ça ne marche pas ?
— Alors nous aurons au moins essayé, tenté-je de paraître détachée en lui souriant, mais je doute d'y être parvenue.
Il reprend son ascension en moi, s'insérant doucement, avec une certaine part de tendresse qui n'est pas sans me rappeler cette fois-là, le soir où Cassie est née, et je sais que je suis plus touchée encore que je ne le pensais lorsque mes larmes se mettent à perler au coin de mes yeux.
— Est-ce que tu veux que je te dise quelque chose, là, maintenant ? souffle-t-il en se mordant la lèvre de concentration, je suppose.
Je secoue difficilement la tête et je sens mes larmes se mêler à l'eau qui continue de pleuvoir sur nous. Mais je ne peux pas lui demander ça, je ne peux pas lui demander de me dire qu'il m'aime juste parce que j'ai viscéralement besoin de l'entendre.
Pas dans l'extase comme dans le bureau des directeurs ou même écrit, de manière détournée sur un bout de papier comme à Vegas, mais parce qu'il le voudrait, parce qu'il le ressentirait, et mon sanglot se bloque douloureusement dans ma gorge alors que le sang perle sous mes dents serrées autour de ma lèvre.
Il détourne le regard, déglutit lourdement et son corps se presse plus fortement contre le mien, les trombes d'eau se déversant sur sa tête alors que ses lèvres rejoignent les miennes, dansant le même ballet tendre, doux et sensuel que ses coups de reins.
— Tu n'as jamais su me mentir, chérie, souffle-t-il en posant son front contre le mien.
— Je sais, ris-je faiblement. On a tous nos faiblesses, Charlie.
— Pas toi ma belle, secoue-t-il la tête. Tu es forte et tu l'as toujours été. Il est juste triste que j'aie attendu si longtemps avant de m'en rendre compte…
Ses lèvres se scellent une dernière fois aux miennes avant de se lancer dans une dernière cavalcade moins mouvementée qu'au début de cet intermède, mais tout de même savoureuse pour mes sens.
Sa main quitte le carrelage pour serpenter entre nos corps, trouvant facilement son chemin entre mes cuisses, ma tête se renversant en arrière lorsqu'il commence ses cercles sur mon clitoris.
Mes cris partent rapidement dans les aigus, emplissant l'atmosphère de ma voix mêlée à ses râles rauques jusqu'à ce qu'en un dernier coup de reins, il me fasse atteindre les portes de l'extase, son nom s'échappant de mes lèvres en même temps que lui.
Parvenir à retrouver mon souffle après un tel moment en dents de scie est ardu, mais ce qui me console, c'est de voir que lui-même peine à en faire de même, se laissant tomber sur le sol en m'emportant dans sa chute.
Pourtant, maintenant que cet interlude est terminé, je peux voir que la dualité dans son regard est revenue, qu'il recommence à fuir mon regard même s'il ne fuit pas mon toucher. Qu'ai-je fait de mal ?
— On en a fait du chemin depuis la cuisine du square…, chuchoté-je en m'installant le plus confortablement possible contre son corps.
— Parfois, ça me manque, avoue-t-il en regardant le plafond. Certes, c'est différent et tout aussi bien, voire même plus de pouvoir faire… ça avec toi, mais j'aimais nos duels, j'aimais que tu parviennes à me faire occulter le reste du monde pendant un combat. Même les Mangemorts ne m'ont jamais autant perturbé que toi…
— Et c'est une bonne ou une mauvaise chose ? Foncé-je les sourcils.
— C'est quelque chose, en tout cas, soupire-t-il en éludant la question.
— Qu'est-ce qui t'embête vraiment, Charlie ? Soufflé-je m'asseyant à califourchon sur ses hanches. Qu'est-ce qui fait que tu sois si souvent sur tes gardes ou que tu refuses de me regarder en ce moment même ?
Je m'en veux réellement de le prendre dans un moment de vulnérabilité, mais je sais aussi que je ne pourrais avoir mes réponses autrement que par ce biais. Charlie est plus secret encore qu'un gobelin, et si je croyais ce fait impossible, depuis que je le connais, je révise sérieusement ma position sur ce point…
Est-ce parce que nos duels lui manquent qu'il met tant de distance entre nous ? Parce qu'il me sent devenir plus insistante à son égard ? Parce qu'il « trahit » son engagement qu'il aurait pu faire envers Tonks ? Est-ce parce que je le mets toujours dans une position où il risque sa vie, sa liberté ou sa place de Patriarche des Prewett ?
Merde ! J'ai besoin de réponses et lui reste là, assis, fixant désespérément son putain de plafond comme s'il était la réincarnation de Merlin, me serrant compulsivement contre lui durant de très longues minutes. Jusqu'à ce qu'enfin il ouvre la bouche.
— Je dois te dire quelque chose, je crois, mais je ne suis pas sûre d'être prêt à le faire sans mettre tout le reste en péril, chuchote-t-il, le teint blême et les yeux fermés.
— C'est grave ? froncé-je les sourcils.
Bordel ! Pourquoi, pour une fois, les choses ne pourraient-elles pas être simples entre nous ou simplement dans ma vie ? Pourquoi faut-il toujours que nous voyagions sur un fleuve de non-dits ? Une fois, une seule fois, pourrait-il être clair ?
— Assez pour tout changer entre nous et je crois que je ne suis pas encore prêt à ça, grimace-t-il en me dardant d'un regard bien trop sérieux. J'aime ce que nous sommes en ce moment et si je te disais ce que j'ai à t'avouer, les répercussions pourraient être trop grandes à gérer…
Visiblement, c'était un non… Néanmoins, je sais que cet aveu de sa part est déjà bien plus que tout ce que j'aurais pu espérer, alors je suppose que je dois me monter patiente et accepter ce qu'il m'offre…
— Alors j'attendrais, affirmé-je en souriant doucement. Promets-moi juste que tu me le diras.
— Tu veux un Serment Sorcier peut-être ? hausse-t-il un sourcil amusé.
Des fois, je me dis qu'il est encore plus compliqué à suivre que Harry depuis qu'il est enceint… Il peut passer de la colère à la tendresse en moins de cinq secondes et de la détresse à l'amusement en moins de temps encore…
— Juste ta promesse devrait suffire, ris-je doucement.
— Je te le promets, chérie, fait-il, mortellement sérieux. Un jour, je serais prêt.
Je ne sais pas pourquoi, je ne saurais dire ce qui me fait le penser si fortement, mais je serais prête à parier que ce moment arrivera plus rapidement que prévu, et je ne suis pas certaine que ce que je découvrirais me plaira…
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Je vous dis donc au dimanche 6 juin pour la troisième partie du chapitre 32 intitulé : « Une lueur dans les Ténèbres » !
Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.
