Bonjour et bienvenu
Dans cette troisième partie du chapitre trente-deux du Souffle Du Dragon !
Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !
/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :
1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté, nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !
2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposter, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !
3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.
À l'attention de Dramionymus, GenesisYD et Lena-Malefoy, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout court 😉 !
Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !
*** Bonne lecture ! ***
Précédemment dans le Souffle Du Dragon :
Chapitre 16 (part 2):
— Alors qui es-tu, Luna ? murmuré-je.
— Un être à part, sourit-elle.
Elle n'aurait pas dû faire ça. Elle n'aurait pas dû dire ça. Pas de cette façon-là. Pas avec un soupçon de gourmandise et d'envie dans les yeux. Je ne l'imagine pas. Je ne pourrais pas le faire. Pas avec ses pupilles dilatées et son souffle saccadé s'échouant sur mes lèvres.
Elles sont à peine à quelques centimètres des miennes, à une poignée de centimètres. La tentation faite femme. Je ne résiste pas.
Ma main vient s'accrocher à l'arrière de sa nuque, glissant sous cette texture soyeuse qu'ont ses cheveux. Mes lèvres viennent s'échouer sur les siennes, comme celles d'Hermione cette soirée-là. Mais c'est son petit gémissement de bien-être qui me fait totalement perdre la raison.
Impatiemment, réalisant un rêve qui me tient depuis des années, je mordille doucement la peau charnue de sa lèvre, goûtant au délice de ses soupirs de contentement avant d'insinuer doucement ma langue entre celles-ci, pour venir jouer un ballet antique avec la sienne.
Hermione parlait d'embrasser un ange et voir le paradis ? C'est plus ou moins le cas. Mais pas de la manière à laquelle je m'y attendais.
Dans un premier temps, c'est une avalanche de sons et d'images, comme si je prenais de la poudre de cheminette. Puis les images se stabilisent, et je peux enfin voir durant quelques secondes une scène qui m'interpelle.
Elles sont plusieurs centaines, montées sur des Sombrals, une lance à la main, un casque sur la tête, de grandes ailes déployées dans leur dos. Et toutes ont des traits similaires à ceux de Luna. Toutes lui ressemblent de façon réellement dérangeante.
L'image s'évanouit quasi immédiatement, ne me laissant qu'un souvenir presque diffus de l'incroyable beauté de ces femmes. Et pourtant, aucunes n'arrivent à la cheville de Luna. Moi qui la prenais pour un ange, je crois que j'en ai eu la preuve formelle à l'instant.
Mais je n'aurais pas dû l'embrasser. Malgré le désir qui brillait dans ses yeux, malgré les gémissements qu'elle a émis, je n'aurais pas dû. Ce n'était pas le moment.
Pas alors que je pensais à ma famille juste avant. Pas alors que je venais de me rendre compte que je suis un cœur de pierre. Je ne ferais que la blesser, la repousser et lui faire de plus en plus mal à mesure que les jours s'écouleront.
Parce que c'est ainsi que j'ai toujours agi avec les femmes. Je les éloigne avant qu'elles ne me blessent.
Fred dit que c'est parce que maman nous a blessés toute notre vie avec ses remontrances et ses humiliations. Moi je crois que c'est parce que, même amoureux, je ne sais pas vraiment ce qu'est l'amour, ni même comment le prouver à une femme. À cette femme en particulier.
— Pardon, je n'aurais pas dû ! me relevé-je vivement.
— Je sais, sourit-elle douloureusement. Mais c'était très gentil de ta part tout de même.
Je m'attendais à beaucoup de choses, beaucoup de réactions de sa part, après tout, je suis plutôt bon dans l'art du baiser si j'en crois mes très nombreuses conquêtes. Mais en aucun cas je ne m'attendais à ce qu'elle s'enfuie comme une voleuse.
Il me faut bien deux minutes pour reprendre parfaitement mes esprits, et une autre encore pour la rejoindre dans le couloir des chambres féminines. Rien qu'à l'odeur de parfum agressif dont s'asperge Sermirov, on peut savoir où l'on se trouve…
— Non, attend, Luna ! m'écrié-je alors qu'elle est devant sa porte.
— Je n'ai jamais été si souvent embrassée que ce mois-ci ! rit-elle amèrement. Il semblerait que vous vous soyez tous donner le mot.
Elle est triste. Elle est malheureuse parce que j'ai été assez con pour la repousser alors que, comme le dit si bien ma belle-sœur, je venais de toucher le paradis du bout de la langue. Il faut que je répare cela !
— Je ne t'ai pas embrassée par dépit ou parce que tu me faisais de la peine, jolie fée, susurré-je en la collant au mur, mon corps pressé doucement contre le sien. Je l'ai fait parce que j'en avais vraiment envie.
C'est une sensation vraiment divine que d'avoir son corps s'emboîtant parfaitement contre le mien. Une jambe entre les siennes, la preuve de mon désir clairement exposé contre sa cuisse, je doute très fortement qu'elle puisse mal interpréter l'état dans lequel elle me met…
— Ne dis pas des choses comme ça, George, s'il te plaît, souffle-t-elle en détournant la tête. Il y a des choses qui font plus mal qu'un coup de poing.
Putain, si, elle a mal interprété… Comment peut-elle être aussi pure qu'une licorne et dégager le sex-appeal d'un succube en chaleur ? Cette fille est une véritable antithèse, et c'est vraiment déroutant pour moi de voir cela…
Je n'ai jamais vraiment dû ramer pour avoir une fille à mon bras, parfois même deux, si je le souhaite. Mais avec elle, j'ai l'impression de ne faire que ça, ramer, et ramer encore, dans l'attente d'un signe de sa part…
— Tu me rends dingue, Luna, soupiré-je, ma tête tombant contre son épaule. J'ai ton image à chaque instant dans la tête, ton rire qui tourne en boucle et une furieuse envie de t'embrasser, de te toucher, de te caresser et de te faire l'amour à chaque fois que je te vois.
Bon, je n'avais pas prévu de déballer tout ce que j'avais sur le cœur ce soir, et encore moins dans un couloir où je ne doute pas qu'il y a Chourave et Sinistra qui nous épient comme de vieilles commères en manque de ragots…
Mais sa réaction n'est, encore une fois, pas celle que j'attendais. Je m'attendais à ce qu'elle comprenne, qu'elle accepte ce que je venais de lui dire. Pas forcément qu'elle réponde à mon épanchement, mais au moins qu'elle l'accepte. Grave erreur…
— Je t'ai dit d'arrêter de faire ça, George ! gronde-t-elle fortement, les traits déformés par la colère.
— Pourquoi ? grogné-je à mon tour. Parce que tu n'en as pas envie ?
Je ne devrais pas être en colère, pas avoir envie de tout détruire sur mon chemin parce qu'elle m'a repoussé. Mais c'est le cas ! J'ai envie qu'elle comprenne qu'elle m'a retourné les sens, rendu dingue depuis trois ans, m'a fait bêtement tomber amoureux et tétaniser de peur quand je l'ai vu sur le champ de bataille.
Pourtant, cette nuit-là, elle était magnifique. Vraiment magnifique. Toute la guerrière qui se cache en elle est ressortie, éclipsant sur son passage tous les autres. Je pense même que Macmillan et Finnigan en ont mouillé leurs caleçons…
Et même ainsi, même naviguant entre les cadavres de Mangemorts, entre les cendres encore fumantes des béliers carbonisés et les flammes léchant les murs de Poudlard, elle avait l'air à sa place.
— Là n'est pas la question ! soupire-t-elle encore, en déviant le regard. Il y a seulement des choses qu'on n'en peut pas faire.
— Pourquoi ? murmuré-je, pendu à ses lèvres.
— Mais parce que tu ne sais pas qui je suis ! s'énerve-t-elle en se dégageant. Tu ne sais pas ce que je suis, ce que je représente, ce que j'incarne !
Est-ce une manière détournée de me demander de me pencher un peu plus sur les images que j'ai vues dans sa tête, pendant que je l'embrassais ? Parce que, s'il y a une chose dont je sois sûr, c'est que c'était bien dans sa tête que j'étais, à ce moment-là. Comme si, durant quelques secondes, juste pour moi, elle avait abaissé ses boucliers d'occlumancie.
— Tu n'acceptes pas encore mes différences, mais tu veux m'avoir quand même ! Alors pourquoi, George ? Pourquoi tu veux me faire du mal comme en ce moment ? Ça t'amuse de blesser les gens ? C'est la nouvelle blague que ton frère et toi vous avez mise au point ?
Mais putain que vient faire Fred là-dedans ? Je doute même qu'il ait vu, qu'il ait compris à quel point je suis mordu de cette fille-là ! Il est trop obnubilé par son Harry et sa langue fourchue pour même descendre de son propre nuage fait de bruns à lunettes !
— Non, je…, tenté-je de parler.
— Ne dis plus rien, ça vaut mieux, soupire-t-elle.
Elle ne me laisse pas le temps d'en placer une. Elle se dégage vivement de mon étreinte, me repoussant légèrement pour se retourner et me claquer bien consciencieusement la porte de sa chambre au visage.
— Bien jouer, Weasley, grogné-je. Dans le genre débile incapable de se défendre, tu te places là !
Je retiens à grand-peine un mouvement d'humeur impliquant mon poing et le mur sur lequel, quelques minutes plus tôt elle était appuyée, de peur de me faire mal. Quoique je n'en aie jamais eu vraiment peur…
De guerre lasse et parce qu'il est plus d'une heure du matin et que demain j'ai des petits élèves à tourmenter pour faire passer mes humeurs massacrantes, je quitte le couloir des filles pour ma chambre, bien décidé à tenter de trouver le sommeil. En vain.
CW / HG
Chapitre 23 (part 2):
Je l'avoue sans hésiter, mes neurones se barrent au moment même où la robe quitte ses épaules. Bon sang… Je me l'étais imaginée de beaucoup de manières, la petite Luna, mais jamais comme ça…
Elle est belle en général, gracieuse et élégante malgré l'extravagance de sa garde-robe. Mais une fois les robes étranges passées… Bordel, il me manque même les mots pour la qualifier…
Des seins généreux et fermes, enfermés dans une délicate étoffe de dentelle tout aussi jaune que sa robe. Un ventre plat mais marqué par de très nombreuses cicatrices qui zèbrent sa peau. Des hanches étroites et de longues jambes. Elle est parfaite à mes yeux.
— Tu dois te concentrer, George, soupire-t-elle en avançant d'un pas dans ma direction. Je peux remettre mes vêtements, si c'est plus simple pour toi.
Mon instinct me dit qu'elle a vraiment raison de me proposer cette solution, mais mon cerveau, lui, me dit qu'il est foutrement hors de question que je ne passe pas autant de temps à la regarder que possible ! Pas alors que ça pourrait être la dernière fois !
— Reste… comme ça, soufflé-je, tentant de récupérer le maximum de concentration. Mais juste, s'il te plaît, ne t'approche pas trop.
— Pourquoi ? penche-t-elle la tête sur le côté.
Mais merde ! Elle veut me tuer ou quoi ? Elle a conscience qu'elle représente la quintessence de tout ce que je désire depuis des années, de tout ce que je veux toucher pour le reste de mes jours ? A-t-elle conscience du défi qu'elle représente pour moi, là, nue, alors que je la sais vierge et très certainement innocente de toutes pensées libidineuses ? Bordel ! Bien sûr que non !
— Parce que j'ai envie de toi comme rarement j'ai eu envie de qui que ce soit dans ma vie, grogné-je, les yeux clos. Alors, s'il te plaît, pour ton propre bien, recule d'un pas, d'accord ?
Lui demander une telle chose n'a jamais été aussi compliqué… Mais la voir reculer me permet d'inspirer un bref coup. Grave erreur. Son odeur s'est baladée jusqu'à mes narines, embrumant toutes mes pensées, encore une fois.
— Reste concentré et dis-moi ton avant-dernière proposition, George, souffle-t-elle, mal à l'aise.
Bien sûr qu'elle ne s'en rendait pas compte… Tout, de ses yeux fuyant à la rougeur qui augmente progressivement dans son cou, en est la preuve. Et pourtant, elle reste droite, devant moi, ne portant plus qu'un ensemble de sous-vêtements qui me met l'eau à la bouche. Définitivement, elle aurait eu sa place à Gryffondor aussi…
— Ta mission, chuchoté-je, tentant de reprendre la maîtrise de moi-même. Ta mission est de veiller sur ma famille ou bien sur Harry et Hermione. Quoique les deux soient indissociables, je pense.
— Tu ne dois me donner qu'une seule réponse, George, je suis désolée, fait-elle, tremblante. Soit l'un, soit l'autre.
Je ne sais pas s'il s'agit d'un geste de sa part pour me remercier de l'avoir fait reculer, mais je vais prendre toutes les aides qu'elle me donne. Reste maintenant à définir auprès de qui elle s'est le plus investie…
Le plus compliqué, si je prends le problème dans ce sens-là, c'est que, comme je l'ai dit, pour moi, Fred est indissociable de Harry, et Charlie l'est tout autant d'Hermione. Reste maintenant à réfléchir, encore une fois, autrement.
Et ça me frappe. Elle n'aide pas Fleur, ni Bill. Elle suit leurs vies de loin, prend de leurs nouvelles et s'inquiète pour eux, mais elle ne fait pas tout ce qui est en son pouvoir pour les aider eux. Ne me reste donc plus qu'une seule option.
— Harry et Hermione ! affirmé-je, sûr de moi.
— L'intitulé de ma mission n'est pas la bonne, mais je suppose que je peux t'accorder ce point, hoche-t-elle la tête.
Cette fois-ci, ses tremblements sont encore plus voyants et sa rougeur atteint pleinement ses pommettes. Malgré son regard fuyant le mien, elle passe courageusement ses mains dans son dos, commençant à dégrafer son soutien-gorge. Mais je ne peux pas la laisser faire une telle chose.
Mettant mon désir et ma frustration au rebut, je comble la distance entre nous, la faisant sursauter. Ma main rejoint sa joue, lui faisant détourner la tête vers moi tandis que je cherche désespérément à croiser son regard.
Elle a l'air si fragile quand ses yeux se fondent dans les miens… Bon sang… Je ne peux pas commencer quoi que ce soit avec elle si elle possède tant de peur dans le regard. Je la veux fière, guerrière et forte, mais surtout, je la veux consentante. Ce qu'elle n'est assurément pas en cet instant !
Lui embrassant lentement le front, je passe mes mains de chaque côté de son corps, frissonnant tout autant qu'elle lorsque je touche sa peau. À tâtons, je trouve ses doigts qui se débattent courageusement avec les agrafes dans son dos. Et pas un seul instant mon regard ne quitte le sien.
— Je n'ai pas besoin de t'avoir nue devant mes yeux pour savoir que tu es parfaite, Luna Lovegood, chuchoté-je, la voix basse.
— Mais je t'ai promis…, souffle-t-elle, les yeux débordant de larmes de honte.
Les promesses… Faut-il vraiment que je lui fasse comprendre que ce n'est pas son corps que je veux, mais bien son cœur ? Peut-être que ma dernière question devrait être celle-là, d'ailleurs… Mais elle n'a pas encore besoin de ça pour le moment.
Le plus drôle, avec Luna, c'est que, comme Hermione, elle prend tout le temps soin des autres, se défonce autant qu'elle le peut pour eux, mais personne ne l'aide, elle, à passer au-dessus de ses propres cicatrices…
Mes mains rejoignent lentement ses épaules, passent tout aussi doucement sus ses bras, puis enfin je l'enserre entre les miens, la plaquant contre mon torse. Son soupir de contentement – ou bien est-ce du soulagement ? – est le reflet exact du mien. Pour l'instant, elle est dans mes bras, et c'est la seule chose qui importe.
— Je te dois une dernière proposition, souffle-t-elle encore, le nez enfouit contre ma chemise.
Peut-être est-il temps. Peut-être est-ce le moment de laisser l'homme sérieux, avec une situation stable prendre le pas sur le jumeau farceur… Ou bien peut-être devrais-je juste apprendre à faire coexister ces deux entités en moi…
— D'accord, chuchoté-je contre ses cheveux. Dis-moi si j'ai tort mais, si je te demandais de m'épouser, là, tout de suite, maintenant, tu perdrais tout, n'est-ce pas ? Ton titre, ta mission et peut-être même ta vie ?
— Est-ce que je dois enlever ma petite culotte ? demande-t-elle d'une voix si innocente qu'elle me fait mal.
Bon sang… Si je ne me souvenais pas à quel point elle a pu se méprendre, la dernière fois où je l'ai tenu si proche, j'aurais honte d'avoir une érection rien qu'à entendre cette naïveté dans sa voix…
Mais la perspective de l'avoir nue tout contre moi est une situation encore plus à risque que de la laisser jouer à ce jeu-là…
— Je crois que tu peux la garder pour le moment, murmuré-je, la voix rendue rauque par le désir. Crois-moi, c'est mieux pour toi, pour le moment, que tu la gardes.
— Pourquoi cette question, George ? soupire-t-elle après de longues minutes. Je croyais que tu me voulais simplement dans ton lit !
— Tu fais erreur, ma belle, souris-je en coin.
Me défaire de la chaleur qu'émet son corps est une torture. Mais être si près d'elle alors qu'elle est si peu vêtue en est une autre… C'est un cruel dilemme… Cependant, je recule d'un pas, fermant brièvement les yeux avant de lui envoyer un regard brûlant une fois que je suis à la porte, sous ses yeux pleins d'incompréhension.
— Je veux que tu le saches, ma grande, susurré-je en vrillant mes yeux aux siens. J'ai mis des années à comprendre que je t'aimais et deux mois à savoir ce que tu étais. Mais là, cette nuit, je te fais la promesse solennelle qu'un jour très prochain, je t'épouserais. Ça pourra prendre des mois, des années ou peut-être même une vie entière, je n'en ai rien à faire. Tu peux déjà commencer à organiser le mariage, mo chridhe, parce que sous peu, tu seras Luna Lovegood Weasley.
— Mais tu ne sais même pas ce que je suis ! chuchote-t-elle, abasourdie.
— Chérie, souris-je plus fort, tu ne peux être qu'une reine. Tu l'as toujours été.
CW / HG
Chapitre 31 (part 1) :
— Des nouvelles de monsieur Potter ? soupiré-je en me pinçant l'arête nasale.
J'aurais pu tuer Granger et Delacour à mains nues lorsque j'ai vu l'état dans lequel s'est mis Potter pour elle… Ce pauvre gosse, le fils de ma meilleure amie, obligé d'être placé sous un dérivé de l'Imperium pour qu'il cesse de déchaîner sa magie à l'assaut de la barrière de protection pour pouvoir atteindre son amie chevelue et la sauver…
— Sa vie et celle de son enfant ne sont plus en danger, soupire-t-elle en renversant sa tête contre le dossier, les yeux fermés. Monsieur Nott a eu une réaction très vive et éclairée en le plaçant sous cette rune de contrainte. Sans ça…
— Sans ça, il serait mort, terminé-je sombrement.
À dire vrai, cette réaction n'est pas la seule, aujourd'hui, démontrant son instinct de protection pour ses amis. Je doute sincèrement qu'il ait totalement compris ce qu'il se passait lorsque, en rentrant de l'infirmerie, une Susan Bones, en tenus d'Amazone, lui a pratiquement volé dans les bras…
Cependant, s'il s'est montré plus que réceptif à la demande plus qu'explicite, c'est lorsqu'il a vu une Miss Lovegood, en tenu d'apparat Valkyrie, maintenue fermement dans les bras d'un Bill Weasley visiblement dépassé par la force démontrée par ce petit bout de femme.
Il a délaissé les lèvres de Miss Bones assez longtemps pour enfermer Pansy Parkinson et Blaise Zabini dans leurs chambres respectives, priant Bethesda de bien vouloir installer des runes les maintenant prisonniers de leurs douze mètres carrés, avant de céder à la tentation d'une Susan Bones bien moins calme et réservée qu'en temps normal !
S'il s'est contenté des remerciements voilés de Miss Parkinson, la lutte acharnée pour renvoyer monsieur Zabini dans sa chambre a été bien plus ardue !
Néanmoins, il semblerait qu'au travers de la brume insipide qu'est devenu son cerveau, il soit parvenu à comprendre qu'il pourrait regretter ses actions s'il se laissait diriger par les vagues de magies de Charlie et sa femme, quitte à ce qu'il brise toutes ses chances d'un avenir avec Pansy…
— Et concernant ton fils et Miss Patil ? hausse-t-elle un sourcil, ses lèvres pincées s'érigeant en un sourire.
— Grand bien m'en fasse, ils ont préféré l'ancienne chambre de Drago à mon bureau, cette fois-ci ! grimacé-je.
Si on m'avait dit qu'avoir un fils tel que Drago était compliqué, je doute que ces personnes sachent réellement ce que sont les petites piques sournoises de Minerva depuis qu'elle l'a appris ! Bordel ! Pas un seul putain de petit jour ne passe sans qu'elle ne remette le sujet sur le tapis !
— Et Miss Lovegood ? chuchote-t-elle en redressant la tête.
Je ne fais que secouer la mienne en retour, pour lui répondre. À quoi bon faire plus de toute façon…
Oui, Miss Lovegood a cédé à la tentation lors que George Weasley est entré dans la salle commune, revenant à peine de l'infirmerie où il a veillé son frère et monsieur Potter.
Non, il n'a pas compris ce qu'il se passait lorsque la blonde a volé de ses ailes blanches pour venir se cramponner à lui, ses jambes s'enroulant furieusement autour de sa taille, les faisant lamentablement s'échouer sur le canapé.
Oui, il a compris que son heure était enfin arrivée lorsqu'elle a commencé à déboutonner sa chemise bien plus adroitement que ce que son statut n'aurait dû le laisser présager, l'embrassant sur le torse et nous embarrassant au passage.
Non, ils n'ont pas eu le temps de retourner à l'appartement que nous leur avons octroyé pour l'épreuve de cet hiver, mais il semblerait que la chambre du rouquin leur soit suffisante pour ce soir…
Et enfin, oui, Miss Lovegood a brisé la règle voulant que les reines restent vierges jusqu'à leur ascension sur le trône, le jour de leurs vingt ans…
Et maintenant :
George
J'en ai croisé beaucoup des fantômes depuis mon arrivée à Poudlard, d'ailleurs certains tels que le Baron Sanglant a un humour désopilant — si on aime l'humour noir et macabre s'entend — mais la plupart du temps, j'aime beaucoup les ectoplasmes.
En règle générale, j'apprécie les fantômes, leur facilité et leur « joie de vivre » tels que celles du Moine Gras ou de Nick-Quasi-Sans-Tête ou encore le plaisir que l'on peut voir dans leurs yeux à l'idée de voir les nouvelles générations marquer, à leur façon, l'Histoire. Oui, de manière générale, je suis vraiment fan de fantômes.
Pourtant, depuis deux semaines à présent, j'ai très fortement revu ma position et mon amour pour ces ectoplasmes… Parce que la douleur et la détresse dans le regard de Luna me filent la chair de poule, me donnent l'impression d'avoir une morte devant moi.
Depuis deux semaines, elle n'a pas dit un seul mot, se terrant dans sa chambre ou sur le rebord de la fenêtre du salon commun, n'a pas même fait un seul mouvement de baguette lorsque Sermirov, à bout de patience, lui a lancé le Significat Laesae — sort qui semble être sa marque de fabrique, à force — après avoir menacé de le lui jeter si elle ne « se bougeait pas son cul de reine des Valkyries dans la seconde ».
Luna a encaissé le sort sans broncher une seule seconde, versant tout au plus une larme solitaire avant de pousser un cri, déployant ses ailes incroyables en même temps que le tonnerre se mettait à gronder sourdement dehors.
Merlin ! Ce sourire qu'elle lui a lancé à ce moment-là m'a fait réellement froid dans le dos tant il était promesse de tortures et douleurs à venir pour la Russe, tant de froideur que, l'espace d'un instant, j'ai eu de la peine pour Sermirov.
Les histoires de Banshee que nous racontait Charlie lorsque nous étions enfants me paraissent bien plus plausibles maintenant que je l'ai vu comme une sorte de déesse de la destruction et du chaos que dans ma jeunesse…
Et pourtant, dans sa détresse et sa colère, jamais je ne l'ai trouvé aussi belle et puissante, respirant la magie et la force que lorsque ses yeux sont devenus blancs, que les éclairs ont déchiré le ciel et que le vent violent, mêlé à la pluie, a détruit les fenêtres du salon commun, s'infiltrant violemment et faisant voler éclats de verre et morceaux de bois pour venir empaler la Russe sur le mur.
Ce déferlement de puissance s'est arrêté aussi vite qu'il avait commencé lorsque excéder, Susan a levé la main, prononçant je ne sais quelle formule, Luna retrouvant une apparence humaine presque immédiatement.
Depuis ce jour, plus un seul mot ni même un seul acte de magie n'a été produit par ma petite blonde et après une semaine, j'ai besoin de voir la vie renaître dans ses yeux.
Parce que si elle, la fille la plus joyeuse de ma connaissance, se laisse happer par les ténèbres, quelle chance reste-t-il pour le commun des mortels de trouver la lumière dans l'obscurité ? Bordel… Voilà que je me mets à parler comme Dumbledore…
À pas de loup, faisant de mon mieux pour ne pas l'effrayer — même si je sais parfaitement que rien ne peut plus l'effrayer ces derniers temps — je viens la rejoindre sur le rebord de la fenêtre, m'asseyant face à elle en tentant vainement de capter son regard.
Après une dizaine de minutes d'un silence réellement angoissant pour moi, n'y tenant plus, je prends la parole, attrapant ses doigts gelés dans les miens.
— Luna ? chuchoté-je en passant une main sur sa joue. Luna, j'ai besoin de te parler. S'il te plaît, regarde-moi.
Merde… Comment quelqu'un peut-il avoir la peau aussi gelée, les yeux aussi vides ? Elle qui m'a toujours paru si vive, vivante et entière, est désormais froide comme un cadavre, les yeux aussi vides que ceux d'un Inferi, le visage lisse de toute émotion.
Pourtant, au fond de son regard, je peux encore apercevoir des émotions tapies profondément dans les vides absolus de ses yeux bleus, se cachant dans l'ombre et n'attendant qu'un mot, un geste pour l'envahir totalement. La tristesse et la détresse ne sont jamais bien loin de la surface, depuis la fin de la guerre, menaçant de nous engloutir en moins d'une seconde et nous faire sombrer totalement…
— Mo Chridhe, s'il te plaît, soufflé-je en baissant la tête, vaincu par tant de peine en elle. Reviens-moi. S'il te plaît. Tu me manques…
Pas même une seule crispation labiale ni même ses sourcils qui se froncent ou ses yeux qui se plissent. Simplement une neutralité si effroyablement opposée à son attitude « normale » qui me répond… Bordel ! Où est ma Luna dans toute cette carapace de froideur qu'elle est devenue ?
— Chérie, j'ai besoin que tu me reviennes, que tu m'expliques la distance que tu mets avec le reste du monde depuis deux semaines. Que tu me dises simplement comment faire pour t'aider… Que se passe-t-il ?
— J'ai tout perdu…
Mon sursaut lui fait quitter du regard le lac noir dans lequel elle semble abîmer ses yeux depuis des jours, mais pour ma défense, sa voix rauque de ne pas avoir émis un seul son depuis la seconde tâche me perturbe. Un peu comme notre oncle Tiberius, grand amateur de pipes et herbes à fumer en tout genre…
— Tu n'as pas…, commencé-je, mais elle me coupe en levant la main.
— Je ne vois plus l'avenir, déclare-t-elle d'une voix froide.
Je cille quelques instants, laissant le temps à mon cerveau d'analyser l'information qu'elle vient de me donner, et lorsque c'est le cas, une multitude de nouvelles questions m'assaillent, me faisant perdre pied quelques secondes. Merde ! Mais de quoi parle-t-elle ?
— Voir le futur ? soufflé-je, le visage pâle, j'en suis sûr.
Parce que si c'est vrai, alors j'avais tout faux. Si elle peut voir l'avenir, ça signifie qu'elle n'est pas la Terre comme je le pensais depuis ce soir de la Saint Valentin où je l'ai vu, pour la première fois, arborer les emblèmes de son clan.
Si elle peut voir l'avenir, alors c'est qu'elle est la passerelle, et une telle information serait un cataclysme. Pas seulement pour moi, mais aussi pour ma famille et peut-être même pour le monde sorcier dans sa globalité ! Mais surtout, il ne faut pas paniquer, non…
Mais il y a de quoi paniquer, pourtant ! Parce qu'en m'offrant sa première fois, elle n'a pas uniquement trahi les lois des Valkyries, mais bien celles de la Magie, ces lois qui font d'elle une reine légitime pour son peuple, une Gardienne pour deux de mes frères.
En la laissant me conduire dans notre chambre, je viens peut-être de condamner à mort ma meilleure amie et mon grand frère — car elle est la dernière barrière entre ce sort que leur ont jeté les Amazones et eux, et qui m'a fait littéralement péter un chaudron lorsque je l'ai appris — mais aussi Harry, qui serait prêt à déchaîner toute sa magie pour venger Hermione. Ce qui entraînerait fatalement sa mort et celle de son bébé, mais pire encore à mes yeux, celle de Fred.
— Il va falloir être plus précise, là, Mo Bhanrigh, soupiré-je.
— Arrête de m'appeler ainsi ! demande-t-elle en détournant le regard, le souffle court. Je ne serais jamais ta reine ni même celle de personne, tu comprends ? Je ne vois plus ni les Joncheruines, ni les Nargoles ! J'ai tout perdu !
Si elle avait l'air presque apathique au début de sa phrase, ce n'est plus le cas à la fin de son discours, bien au contraire ! Il y a tellement de hargne et de rancœur dans son timbre, de détresse et de froideur dans son regard que je ne sais plus à quel Fondateur me vouer pour parvenir à la comprendre.
Tantôt d'une force incroyable, tantôt prête à se rompre sous le moindre souffle de vent, elle devient presque plus difficile à suivre qu'un Vif d'or pour un Attrapeur de première année…
Mais déjà, toute sa hargne s'est envolée, ses yeux se sont remplis de larmes et elle resserre ses doigts entre les miens dans une veine tentative de se procurer un peu de chaleur humaine. Juste de quoi ne pas sombrer dans un précipice sans fin…
Pour la première fois de ma vie, je regrette d'être un sorcier. Je regrette de l'avoir connu et de m'être laissé toucher par sa grâce, sa beauté et ce que je pensais être sa folie naturelle. Parce que je sais que si nous n'étions que de simples Moldus, cette situation n'existerait pas. La femme que j'aime ne serait pas en train de s'effondrer.
Il m'a fallu des années pour comprendre que je l'aimais bien plus que comme une simple partenaire durant un entraînement ou sur le champ de bataille, des années à me perdre entre des cuisses d'hommes ou de femmes d'une blondeur immaculée pour comprendre que cette fille s'était littéralement creusé une place de choix dans mon cœur.
Alors oui, certes, je ne sais pas réellement ce qu'est l'amour, je ne sais pas non plus comment exprimer ce sentiment ni même s'il est normal d'avoir envie de s'effondrer et soulever des montagnes en voyant son regard perdu, mais je sais que pour elle, je pourrais le faire. Parce qu'elle est ma reine. Peu importe ce qu'elle peut bien en dire.
— Tu n'as pas tout perdu, ma belle, chuchoté-je en la rapprochant de moi, mettant ma main sur sa joue. Il y a toujours d'autres créatures que tu peux voir.
J'ai l'impression de retrouver la femme qui a accepté que je dorme avec elle, la nuit de Noël, parce que le départ des enfants lui avait littéralement brisé le cœur. Sa manière d'enfoncer sa joue dans ma main, sa manière de se mordre la joue pour ne pas pleurer ou de froncer le nez pour ne pas qu'une larme s'échappe de ses yeux… Merlin… Moi qui pensais que les douleurs cesseraient avec la fin de la guerre…
Luna, je l'ai toujours vu comme un être libre penseur, une battante, une guerrière et une femme animée d'une folie douce et naturelle depuis la première rencontre de l'A.D. Puis, petit à petit, j'ai découvert une facette bien plus attachante, et dans le fond, je crois que c'est de cette facette que je suis tombé amoureux.
C'est sa manière de sourire doucement dans le vide lorsqu'elle réfléchit, sa façon de sautiller lorsque quelque chose lui plaît ou lui fait plaisir, sa façon de pencher la tête lorsqu'elle ne comprend pas quelque chose ou ses yeux qui prennent une teinte bleu nuit lorsqu'elle est triste.
C'est sa façon de pouvoir rester des heures les yeux dans le vide à contempler un monde qu'aucun de nous ne pourra jamais voir, sa manière d'interpréter l'univers qui nous dépasse et qui impose le respect.
C'est l'amour et la compassion, la gentillesse et l'abandon pour le peuple sorcier qui s'est fait une joie — en Angleterre en tout cas — de détruire son peuple, ses croyances, ses traditions et jusqu'à la naissance de ses origines qui m'ont conquis. Parce que ce n'est pas uniquement une sorcière, c'est aussi une Valkyrie. C'est aussi une reine. Jusque dans sa manière d'être.
— Tu ne comprends pas, secoue-t-elle la tête. Les Joncheruines et les Nargoles ne sont pas que de simples petites créatures que j'aurais pu inventer pour me divertir lorsque je n'avais pas d'ami. Ils existent réellement, ils sont la raison même pour laquelle je suis la princesse héritière, celle qui aurait dû monter sur le trône.
Je le sais, j'en ai parfaitement conscience — et plus encore depuis que je leur enseigne — que les adolescents peuvent être relativement cons, surtout lorsqu'ils ne comprennent pas. Mais je ressens toujours ce pincement au cœur lorsqu'elle me rappelle cette période de sa vie où elle était seule dans ce château qui a vu naître une partie de sa famille…
— Que représentent-ils dans ce cas ? froncé-je les sourcils. Rien, avec toi, n'est jamais laissé au hasard, alors je suppose qu'eux aussi ont une mission, non ?
Un sourire tendre et nostalgique me répond et pendant quelques secondes, j'ai l'impression de revoir ma Luna, celle de la tour d'astronomie durant ma septième année, celle qui me tenait en joue avec une facilité déconcertante et celle qui s'est créé une place primordiale en moi au fil des jours.
— Les Nargoles sont les guides du temps présent, ceux qui nous permettent de voyager dans l'inconscient de nos protégés pour que nous puissions les guider, être la voie de leur réconfort. C'est pour ça qu'en général, les Nargoles se cachent dans le gui en période de Yule. Dans notre peuple, cette herbe est l'un des composants principaux pour les potions de quête de vision.
Comme tout Sang-Pur, j'ai déjà entendu parler de ce genre de quêtes. Néanmoins, si tout sorcier s'accorde à dire qu'il s'agit de la plus belle invention de Magia, nous nous accordons aussi pour dire qu'il s'agit de l'une des plus dangereuses.
Parce qu'une quête de vision nous plonge au cœur même de notre magie, c'est plus profond encore que ces fous qui déplacent leur Cœur magique ou même une séance intensive d'Occlumancie. Une quête de vision nous met face à nos plus grands rêves et nos plus grandes peurs. On ne peut l'arrêter par peur ou par volonté, non.
Une quête de vision se doit d'être terminée lorsqu'on l'a commencée sous peine de mourir dans d'atroces souffrances. C'est d'ailleurs l'un des quatre rites de passage pour pouvoir monter sur le trône des Amazones ou des Valkyries. Faire face à ses rêves ou ses plus grandes peurs pour être une bonne reine.
Mais est-ce que ça en vaut la peine ? Un trône mérite-t-il que des femmes, depuis la création du monde, mettent leur vie en jeu durant cette quête ?
Parce que oui, durant une quête de vision, le fou ou la folle qui s'est lancé dans cette expérience peut mourir puisque tout ce qui arrive à la personne durant cette transe arrive aussi à son corps dans le monde physique…
— Et les Joncheruines ? grimacé-je, tentant d'effacer mes dernières pensées. Que montrent-elles ?
— Le futur, sourit-elle doucement. Par brides, bien évidemment, et ce ne sont bien souvent que des flashs, mais ce qu'elles me montraient c'était de bonnes choses, des choses que je voulais voir se réaliser. Mais maintenant, je ne peux plus les voir et ça m'angoisse…
— Pourquoi ? chuchoté-je en resserrant mon étreinte.
— Parce que depuis le soir de la seconde tâche, j'ai un mauvais pressentiment et j'ai bien peur qu'il se précise dans les jours ou les mois à venir…
L'angoisse revient, plus forte et dévastatrice que jamais. Parce que s'il est une chose que j'ai apprise avec les mois, c'est de toujours me fier aux pressentiments de ma sorcière. Ils sont toujours justes. Pour le meilleur, et pour le pire…
— Pour qui ? soufflé-je. Pour Harry ? Pour Hermione ? Pour…
— Pour moi, me coupe-t-elle en vrillant son regard au mien. J'ai trahi mon peuple et Magia en laissant mon sang couler.
— Je ne comprends pas…
C'est un fait récurrent avec elle, malheureusement… Je ne comprends jamais rien parce que, dans le fond, je suis juste un petit chanceux qui a eu le privilège qu'une déesse pose ses yeux sur lui et lui enseigne une magie méconnue pour certains et oubliée pour d'autres…
— Le sang de l'héritière du trône des Valkyries ne doit couler qu'une seule fois, déclare-t-elle mystérieusement. Le jour de son ascension.
— Attends, Luna, secoué-je la tête, tentant de trouver une logique à tout ça. Je t'ai vu saigner sur le champ de bataille au mois de mai et je sais qu'à ton retour du ministère, il y a trois ans, tu as gardé tes pansements un bon moment ! Souviens-toi que je t'ai vu sur le quai de la voie 9 ¾ cette année-là !
— Luna a saigné cette fois-là, mais pas la princesse, réfute-t-elle en souriant douloureusement.
Allons bon ! Voilà qu'elle se met à parler d'elle à la troisième personne, maintenant ! Je la savais souvent déphasée de notre monde et facétieuse, mais ce trait de sa personnalité est une nouveauté !
Et puis, insidieusement, une image datant d'il y a deux semaines me revient. Elle-même, ses ailes formant un cocon autour de nous, ses jambes crochetées autour de mon corps et le diamant de sa couronne se teintant de rouge alors que je m'insère en elle pour la toute première fois de sa vie.
— Tu as compris, chuchote-t-elle de la même manière, les joues rouges tout en détournant le regard.
— C'est la princesse que j'avais devant moi, soufflé-je. C'est pour ça que, jusqu'à présent, tu pouvais continuer à voir les Nargoles et les Joncheruines. Parce que c'était le sang de Luna et non de la princesse qui était versé…
Pour la toute première fois de ma vie, je me sens humble face au discours qu'a bien pu nous déballer papa, le jour où il a appris que Fred et moi avions une vie sexuelle.
Étonnamment, les mots « la première fois, pour une fille, ça a un sens particulier. C'est très important pour elle » qu'a bien pu nous seriner notre mère me percute de plein fouet. Au-delà de toute la dimension physique, il y a la dimension magique que je n'avais pas prise en compte.
— C'est exact, soupire Luna en laissant sa tête retomber contre le rebord de pierre. Et maintenant, j'ai perdu toutes mes chances d'accéder au trône…
— Et c'est mal ? froncé-je les sourcils.
— Tu ne comprends pas, fait-elle en reconnectant son regard au mien. Être reine, ce n'est pas seulement mon devoir, c'est aussi un héritage, la seule chose qui me relie réellement à ma mère. Mais maintenant, à moins de parvenir à ne verser aucune goutte de sang durant le rituel, jamais je n'aurais la chance de la rendre fière de moi…
— C'est peut-être ta chance d'être une sorcière normale, d'avoir une vie normale, non ?
C'est stupide et je le sais parfaitement, mais pendant quelques secondes, je me laisse bercer par cet espoir délirant qu'elle soit prête à abdiquer, ne plus être une présumée reine, mais simplement la future madame George Weasley. Parce que, Valkyrie ou sorcière, Mage ou bien Moldue, tout ce que je souhaite, c'est pouvoir passer ma vie à ses côtés…
— J'avais un plan, tu sais ? soupire-t-elle en regardant le lac noir. J'avais tout prévu. Je devais rester vierge jusqu'à mon intronisation, et quelques mois plus tard au maximum, venir te retrouver, utiliser les deux ans où la reine se doit de quitter la Terre sainte pour trouver l'homme qu'elle a vu dans son ultime vision et procréer avant de te demander de venir là-bas avec moi. Parce que l'homme de la dernière vision est celui qui saura donner un enfant fort et vaillant, un dirigeant pour mon peuple.
C'est un fait, je ne suis pas un grand romantique, mais là, j'avoue qu'on peut difficilement faire pire ! Merde ! Même Cha a l'air d'un poète moldu fleur bleue à côté de sa manière de présenter la chose ! Ne peut-on pas mettre un peu de formes lorsque l'on évoque une possible future descendance ?
— Je sais que ça a l'air horrible, dit ainsi, rit-elle quelque peu, mais la reine des Valkyries ne peut se permettre de faire dans le sentimental…
— Il y a tout de même un monde entre faire l'amour avec l'homme dont tu es amoureuse et balancer ça comme ça en vantant simplement le fait que je sois un distributeur de sperme premier choix ! grimacé-je. Je me sens utilisé, là !
Le son de son rire est une bénédiction à mon oreille de même que l'étincelle de vie qui revient dans son regard. D'une douceur infinie, elle pose sa main sur ma joue, mes yeux se fermant sous la chaleur de son toucher alors qu'elle vient se serrer contre mon corps.
— C'était peut-être la première et la dernière fois que je faisais l'amour avec quelqu'un, j'ai peut-être insulté Magia en le faisant et je mourrais certainement pour ça, souffle-t-elle, ses joues rougies de gêne, ses dents meurtrissant ses lèvres, mais je suis certaine d'une chose, Mo Ghaol, c'est que ce n'était pas une erreur. Ou alors, c'était la meilleure que je n'ai jamais commise !
L'entendre prédire sa mort prochaine m'angoisse à un point à peine probable. Merde ! Un peu plus et je me mettrais à faire tourbillonner ma magie comme Cha, le jour de son anniversaire, lorsqu'il a compris qu'il aimait Hermione un peu plus que comme une partenaire de crime…
— Arrête de dire ça…, la supplié-je en resserrant douloureusement mes bras autour d'elle. Arrête de dire que tu vas mourir…
— À une seule condition, tente-t-elle de sourire. Je veux que, si pour une raison ou une autre, je suis obligée de quitter l'Angleterre, tu t'occupes de ma mission à ma place.
— Pourquoi ? murmuré-je, sentant mon souffle se coincer dans ma gorge. Pourquoi ça a l'air si important ?
— Parce que les trois dernières images que j'ai vues me font craindre pour le futur et que j'ai besoin de m'assurer que ce futur-là ne se réalise jamais…
— Sois plus précise !
Comment les choses pourraient-elles tourner mal alors que Fred et Harry sont sur le point d'avoir leur bébé et sont enfin ensemble, qu'Hermione et Charlie ont l'air plus ou moins dans une sorte de lune de miel et qu'aucune catastrophe planétaire n'est à déplorer depuis des semaines ?
— Les images étaient certainement dans le désordre, mais j'ai eu le temps de voir deux adultes accompagnés de deux enfants en bas âge devant une tombe et je suis presque persuadé que l'un de ces deux adultes était ton frère Bill, chuchote-t-elle, les yeux dans le vague.
Ma respiration augmente considérablement. Merde… Rien que pour l'emmener au cimetière pour l'enterrement de la grand-tante Muriel, ce fut une épreuve, alors à moins que Cha ne soit la personne dans la tombe ou alors papa, ou pire encore, Fleur, pas de doute, c'est bien un sombre présage !
— Le second ? soufflé-je, tentant de ne pas me laisser envahir par la détresse.
— George, s'il te plaît, ne me force pas à répondre, me supplie-t-elle.
Mais j'ai besoin de savoir. J'ai besoin de savoir dans quelle merde nous allons encore nous fourrer, quelles pertes et quelles douleurs nous allons encore devoir subir parce que ces putains d'Amazones jouent avec le destin des sorciers comme nous, nous jouons à la Bataille Explosive.
Merde ! N'est-ce pas assez que Cha et Hermione, de même que Fred et Harry se soient déchirés à tel point que, pendant un temps, j'ai réellement cru que j'allais les perdre tous les quatre, parce qu'ils sont tous trop passionnés, trop entiers dans leur volonté d'aimer et haïr l'être qu'ils aiment le plus au monde ?
J'ai vu Fred se faire du mal tous les jours en jouant avec le feu, à la Chaumière aux Coquillages, lorsqu'il allait passer la nuit avec Harry et lui faire « des massages » ou encore à tenter de garder une façade les premiers mois de l'année jusqu'à ce que son petit brun ne le brise totalement au point qu'il souhaite se jeter de la tour d'astronomie.
J'ai vu Harry repousser Fred de toutes ses forces, le haïr, s'enfoncer dans la colère et une certaine part de noirceur qui ne lui ressemble réellement pas parce qu'il avait besoin que Fred reconnaisse son existence et son importance, qu'il comprenne qu'il avait fait une erreur en le laissant seul ce matin-là dans la chambre d'hôtel.
J'ai pu assister au déclin des relations entre Charlie et Hermione, la passion et la violence dans leurs échanges, que ce soit de sorts ou de mots, la tendresse et l'amour pur qui brillait entre eux, durant cette première danse le soir de Yule et l'acharnement qu'elle a mis dans cette croisade pour oublier le mal qu'elle a ressenti en se retrouvant seule lorsqu'ils ont perdu leur bébé.
J'ai tout vu, tout pu observer dans ma qualité douteuse d'observateur extérieur, de Psychomage comme l'a dit Harry, et maintenant, je redoute le jour où je devrais m'avouer que cette période n'étaye que des préliminaires sordides à quelque chose de bien plus grave…
— Réponds-moi Luna, s'il te plaît, plaidé-je en carrant les mâchoires. J'ai besoin de savoir à quoi je vais devoir faire face si tu venais à quitter Poudlard.
Ce n'est que maintenant que je comprends l'importance qu'a eue Luna dans leurs vies à tous les quatre, dans nos vies même, si je peux me compter dedans.
C'est elle qui m'a permis de mieux comprendre le petit brun, de voir plus loin que la façade qu'il présente au monde sorcier depuis la fin de la guerre.
C'est elle qui veillait à ce qu'Hermione ne se retrouve jamais seule lorsque Charlie n'était pas dans les parages ou avec Sermirov, pour qu'elle ait quelqu'un qui puisse s'assurer que sa façade resterait en place pour le reste de l'école.
C'est elle encore qui a permis à Fred de garder la tête hors de l'eau, babillant durant des heures, assises sur ses genoux pour lui faire oublier un tant soit peu sa peine et sa douleur.
C'est elle qui a permis à Charlie d'exprimer un peu de sa douceur qu'il a si profondément enfouie en lui lorsqu'il s'est barré en Roumanie, en lui permettant de rester avec elle, dans la chambre d'Hermione, tous les soirs, pour simplement la veiller.
C'est elle qui a permis de créer une passerelle entre le paraître et l'être en chacun de nous, s'efforçant de nous montrer la voie à tous pour que le passé ne vienne entacher nos avenirs. C'est elle, tout simplement, qui s'est évertuée, depuis la fin de la guerre, à nous offrir un futur…
Alors c'est vrai, c'est vache et j'en ai parfaitement conscience, mais au point où j'en suis, je serais même prêt à brandir la carte « j'ai réussi à trouver son secret sans aucune aide extérieure » et l'agiter devant son nez pour qu'elle me réponde…
— J'ai vu Charlie se faire embrocher par une épée et Hermione mourir, souffle-t-elle en laissant une larme couler. Je suis désolé, George…
Alors c'était ça… J'avais raison. C'était bien Cha dans la tombe et c'est pour ça que Bill était dans ce cimetière. Parce que celui qu'il aime comme un jumeau s'est fait embrocher comme une putain de vulgaires saucisses et qu'Hermione, ma meilleure amie, ma sœur et belle-sœur est morte.
— Comment ? parviens-je, par un prodige incroyable, à laisser s'échapper. Comment sont-ils morts ?
— Je crois que seule Hermione meurt, murmure-t-elle, les yeux emplis de larmes. Dans ma dernière vision, je crois que j'ai vu Charlie en costume qui regardait l'horizon. Je crois qu'elle a fait l'ultime sacrifice pour lui.
— Luna, soufflé-je désespérément. Dis-moi ce qu'il s'est passé dans ta seconde vision ! Comment sont-ils morts ou bien ont-ils fini grièvement blessés ?
— Peut-être n'était-ce qu'une image, soupire-t-elle, mais une femme, blonde, tenant une épée, à transpercer l'aine de Charlie et Hermione était derrière lui. Je n'ai pas eu le temps de me concentrer sur la blonde en question, mais j'ai eu le temps de voir Hermione s'effondrer, du sang coulant de sa bouche.
— Ce n'est pas possible, Luna, murmuré-je, sentant mes propres larmes couler. Hermione ne peut pas mourir !
Sermirov ! Je mettrais ma baguette au feu que la blonde en question est Sermirov ! Tout en moi me le crie ! Elle ne supporte pas l'idée qu'Hermione ait pu le récupérer et l'envoyer, elle, dans les cordes !
Depuis le premier soir dans cette salle commune, je n'ai fait que le répéter : cette femme est un danger pour Hermione, mais aussi pour Cha ! Je ne saurais dire ce qu'il a bien pu voir en elle, la première fois, mais il aurait mieux fait de se faire bouffer par l'un de ses dragons qu'il affectionne tant, ce jour-là ! Ça nous éviterait des problèmes aujourd'hui !
— C'est un des futurs envisageables, en effet, hoche-t-elle la tête. Mais tout est encore faisable, on peut encore modifier l'avenir avant que cela n'arrive.
— Luna, je ne peux pas perdre…, chuchoté-je, désemparé.
Un vent violent, un froid polaire balaie tout l'intérieur de mon corps, me laissant grelotter contre la fenêtre, et même ses petits bras venant m'enserrer fortement ne m'aident pas à cesser d'avoir peur encore ce soir.
Parce que nous avons trop perdu, nous avons trop donné jusqu'à présent, et je ne suis pas sûr d'être encore taillé pour me battre avec la peur au ventre, me réveiller tous les matins avec une boule de tristesse savamment maquillée comme à chaque fois que les images de certains de mes camarades morts au mois de mai reviennent me hanter. J'ai trop peur d'avoir à affronter cela encore une fois.
Alors oui, c'est mal et je le sais parfaitement, mais lorsque ses lèvres se posent doucement contre ma joue, je détourne la tête, pressant douloureusement les miennes contre les siennes, tentant de m'immerger profondément dans la chaleur de sa bouche, la douceur de sa langue et ses petites mains encore timides qui passent sous mon tee-shirt.
Elle aussi, elle a peur de mourir. Elle aussi, elle a besoin de retrouver un espoir, une flamme de vie et d'avenir pour que demain n'arrive pas trop tôt, que le futur qu'elle m'a décrit n'arrive jamais. Mais je sais que c'est peine perdue. Parce que le soleil se lèvera toujours, c'est un fait avéré.
Alors, avec le plus de douceur et de délicatesse que je le peux en cet instant, je la récupère dans mes bras, ses petites jambes se serrant autour de ma taille, je nous conduis en aveugle jusqu'à ma chambre, ne rompant notre étreinte que pour l'aider à m'enlever mon tee-shirt une fois qu'elle est allongée sur le matelas.
Je suis terrifié. Terrifié à l'idée de la perdre, de perdre mes frères ou même Hermione et Harry, mais aussi terrifié à l'idée de la blesser en lui faisant l'amour alors que c'est à cause de cette même chose qu'elle a tout perdue, il y a deux semaines.
Son titre, sa place, son statut, sa mission et peut-être même la possibilité de changer le monde. Ou peut-être simplement le mien, comme elle le fait depuis des années sans que je n'en aie réellement conscience.
C'est pourquoi, bien plus tendrement encore que la dernière fois, prenant un temps indéfini pour le faire, j'ôte un à un chacun des vêtements qu'elle porte, adressant une prière muette à n'importe quelle puissance supérieure pour que cette fois-ci ne soit pas la dernière, que je puisse encore me réveiller auprès d'elle demain et tous les jours à venir.
Mais je sais que c'est stupide. Peut-être aussi stupide que de rabattre les couvertures sur nous une fois que je suis moi-même nu. Aussi stupide que de fermer douloureusement les yeux en tentant vainement de retenir une larme parce que je sais que le Valhalla qu'elle promet aux autres ne m'ouvrira les bras que jusqu'à ce qu'elle s'en aille.
Aussi stupide que faire mon possible pour qu'elle comprenne par mes gestes, par la douceur et la tendresse que j'imprime à mes mouvements de va-et-vient ou les mots doux que je n'ai pas réellement conscience de débiter, qu'avec elle, c'est différent.
Avec elle, je n'ai pas besoin d'être farceur ou malicieux. Avec elle, je n'ai pas besoin de porter un masque en permanence. Avec elle, je peux être moi, tout simplement, avoir des failles et montrer mes faiblesses, ne pas toujours avoir envie de rire ou de faire des blagues.
Être simplement le petit George Weasley, terrifié à l'idée de perdre la femme qui, en quelques mois, lui a fait comprendre toute la différence entre coucher avec quelqu'un et lui faire l'amour, entre apprécier quelqu'un et l'aimer.
— Ta magie s'emballe, Mo Ghaol, halète-t-elle.
Ses mots me ramènent sur terre, mais je crois que j'aurais préféré rester là où j'étais… Parce que la voir, toutes ailes sorties, la lune offrant à son corps un éclat miroitant qui rend sa peau presque opalescente, ses cheveux blond pâle et son diadème sur la tête, j'ai envie de pleurer.
Elle a tout d'un ange déchu. Un ange déchu, descendu sur Terre pour me faire commettre le pire des affronts à la magie. Mon amour et mes pulsions pour son corps de déesse ont très certainement conduit à la mort prochaine d'Hermione et possiblement celle de Harry, et pourtant, elle continue de me regarder avec amour et passion…
Merde ! Comment fait-elle ? Comment parvient-elle à occulter tout le reste alors que moi, rien qu'en voyant la pierre rouge briller sur son front, je voudrais que Magia elle-même me foudroie sur place ?
— Je ne vais pas partir ce soir, George, souffle-t-elle en posant sa main sur ma joue. Je ne vais pas te quitter ce soir alors oublie tout le reste et concentre-toi uniquement sur le moment présent.
— Je n'y arrive pas…, murmuré-je, posant mon front sur son épaule pour qu'elle ne voie pas à quel point je suis désemparé.
C'est un comble, tout de même ! J'ai passé ma vie à vivre dans l'instant présent, faisant tout mon possible pour ne jamais penser à demain — la seule fois où je me sois permis ce genre d'excentricité, c'est lorsque nous parlions, avec Fred, d'ouvrir la boutique — mais depuis l'expérience de cet hiver, je ne fais que ça…
— Je veux que tu sois ma femme, Luna, chuchoté-je en embrassant la peau de son cou. Je veux que tu portes mes enfants et non celui d'un autre que tu aurais pu voir dans une vision stupide.
— Tu serais plus rassuré si je te disais que c'est toi celui que j'ai vu dans ma toute dernière vision ? hausse-t-elle un sourcil tout en souriant doucement.
— Je serais plus rassuré si tu me disais que tu voulais abdiquer, mais je suppose que je pourrais me contenter de ça, soupiré-je en passant ma main dans mes cheveux.
— Dans ce cas, sois heureux, parce que c'est bien toi que j'ai vu.
C'est à mon tour de jouer des sourcils pour tenter de comprendre ce qu'elle vient de me dire. De quoi peut-elle bien parler ? Une dernière vision en plus des trois autres apocalyptiques à mon humble avis ?
— Luna ? penché-je la tête. Je croyais que ta dernière vision, c'était Charlie sur la plage, pas moi.
— Le chiffre quatre est important dans ma culture, mon amour, tu devrais le savoir à force de dévorer des livres sur mon peuple, susurre-t-elle mystérieusement. Le trois porte malheur chez nous. Voir trois visions est signe de mort à venir, cinq est un très mauvais présage.
J'ai beau tenter de suivre son cours rapide, je ne parviens pas à endiguer le fleuve qu'est l'immensité de mon inculture en ce qui concerne les Valkyries et leurs traditions… Et ce n'est pas le fait que leur future reine, tout aussi nue que le jour de sa naissance, soit celle à me faire ce cours qui m'aidera à mieux l'assimiler…
— J'ai vu cinq images, George, murmure-t-elle en me renversant sur le matelas avec une force incroyable pour son gabarit. C'est un mauvais présage pour moi. Mais si cette dernière vision est le futur, alors fais-moi confiance, toi et moi, nous nous retrouverons, et je compte bien faire tout mon possible pour qu'elle se réalise !
— Qu'as-tu vu ? ris-je en la voyant si détendue.
Elle ressemble tellement à la Luna que j'ai toujours connue, avec son grain de folie qui pourrait rendre joyeux même Voldemort dans ses pires jours ou tirer un sourire au grand Severus Rogue, que je ne peux pas laisser ma peur et mes angoisses ternir le peu de temps qu'il nous reste ensemble.
Parce que c'est un fait, elle devra partir et je me dois de l'accepter si je ne veux pas sombrer comme Charlie. Je peux me battre contre ça, je peux lutter de toutes mes forces, un jour, son rôle et sa place se rappelleront à elle et je n'aurais pas le droit de la retenir, uniquement de lui offrir mon soutien et ma dévotion…
— Je nous ai vus, toi et moi, dans une clairière, avec deux autres personnes, sourit-elle mystérieusement.
— J'ai peur de le demander, mais portait-on nos vêtements, ce jour-là ? haussé-je un sourcil amusé.
— Je préfère être décente pour le jour du baptême de nos jumeaux, George, fait-elle, mine de rien, en regardant ses ongles d'une manière qui me rappelle fortement Parkinson.
Cerveau totalement gelé ? Check. Cœur qui loupe un battement ? Check. Les yeux qui cillent furieusement en tentant une reconnection rapide entre le cerveau, le corps et la bouche ? Ah non, pas check…
— Par jumeaux tu entends…, tenté-je de faire réagir ce qui me permet, en général, de penser.
— Deux humains partageant le même code génétique et ayant le même patrimoine magique, oui, rit-elle encore.
La lumière se fait, l'impression qu'un Bombarda Maxima vient de me percuter violemment le plexus solaire et enfin je réagis comme un homme. Un sauvage, certes, mais un homme tout de même !
Inversant une nouvelle fois nos positions, je me fais un plaisir de l'embrasser sauvagement, mettant toute la fougue et la passion qu'elle me fait ressentir, devenant bien plus vigoureux dans ma manière de lui faire l'amour.
— Je t'aime, m'entends-je lui souffler dans le creux de l'oreille avant que l'orgasme ne l'emporte.
Ses cris se répercutent dans la chambre — pour une fois que ce sera une autre blonde qui fera entendre ses vocalises dans ce dortoir, je dois avouer que j'en suis plutôt fier ! — son corps se contracte autour de moi et enfin je me laisse aller en elle marquant sa peau veloutée juste au-dessus de son sein.
— Ça va laisser des marques, rit-elle malgré son halètement et sa fatigue.
— Tu m'auras toujours avec toi comme ça, souris-je en coin.
Alors oui, c'est vrai, je suis terrifié à l'idée de la perdre, angoissé de devoir réinventer un monde sans elle, mais elle vient de m'offrir le plus bel espoir dont je pouvais rêver, une raison de me battre coûte que coûte pour que demain ne soit pas la fin.
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Je vous dis donc au dimanche 13 juin pour la première partie du chapitre 33 intitulé : « Futur et aventures » !
Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.
