Bonjour et bienvenu

Dans cette première partie du chapitre trente-deux du Souffle Du Dragon !

Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :

1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté ( ou un qui serait découpé en trois partie) , nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !

2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposter, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !

3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.

À l'attention de Dramionymus, Adalind.S et Aventure, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout court ? !

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !

*** Bonne lecture ! ***


Chapitre 33 : Futur et aventures

Bill

Revenir à Poudlard est toujours une épreuve quoiqu'en pensent Fleur ou les jumeaux. Ce n'est pas tant par les souvenirs de la bataille finale qui, même s'ils sont encore vifs dans ma mémoire au bout de près d'un an, me laissent plus ou moins en paix si j'évite la Grande Salle, que ceux de mes années d'études entre ces murs.

Combien de fois, les deux premières années, me suis-je perdu dans les couloirs, refusant tout de même de demander mon chemin à un professeur, préférant partir en exploration ? Peut-être même est-ce ces deux premières années à Poudlard qui ont forgé ma volonté de partir à l'aventure une fois mes A.S.P.I.C. en poche pour aller dénicher des trésors…

Ce château possède une aura enchanteresse, et même Voldemort n'est pas parvenu à la contrer. Toute personne ayant un jour appris ici reviendra entre ces murs, c'est une sorte de règle tacite. Parce que Poudlard est un peu notre foyer à chacun de nous…

Pour certains comme Harry, Poudlard est certainement leur maison à part entière, le lieu par excellence qu'ils peuvent appeler maison, et pour d'autres comme Charlie, ce château renferme autant de souvenirs doux qu'amères qui les poussent à venir y faire un pèlerinage lorsqu'ils se sentent prêts à affronter leurs démons…

Mais pour moi, l'endroit qui renferme le plus de souvenirs, le plus de « magie », c'est la salle devant laquelle je me tiens actuellement, regardant pensivement les étudiants de quatrième année passer la porte, épuisés par leur journée de cours et frustrés à l'idée de s'avoir qu'il leur en reste encore deux avant de pouvoir se dire en week-end. Ah, la jeunesse… Ils ne savent pas la chance qu'ils ont !

Je dois me retenir de sourire lorsque je vois le dernier élève quitter la salle, des cheveux roux brillant tombant en cascades bouclées sur ses épaules, le nez plongé dans un livre presque aussi gros que celui que je porte sous le bras, le front plissé par la réflexion. Merde alors ! Quand je parlais de souvenirs, je n'étais pas loin !

Ce gosse me ressemble vraiment beaucoup ! Il a la même manière de se couper du monde que moi lorsque je me laisse emporter dans celui des Runes anciennes, et il ne doit qu'à ma générosité — et les nombreux bleus que j'ai arborés durant des années — de ne pas foncer dans une armure tête baissée… Les gosses…

Rangeant distraitement ma baguette dans mon holster, je prends le temps de me composer un visage de façade qui, je le sais, tombera à l'instant même où je verrais la femme dans sa salle de cours, mais je me dois de faire une entrée un peu plus adulte que la manière tout enfantine que j'ai eue de claquer la porte la dernière fois que j'en suis sorti… Ah la jeunesse…

En tout et pour tout, mon masque d'adulte tient une dizaine de secondes à mon entrée dans la pièce. Parce que tout, ici, me rappelle mes meilleurs moments dans ce château, tout comme les cours de Gobe-Planche ou le stade de Quidditch rappellent à Charlie les meilleurs à ses yeux. Jusqu'à ce que je croise le regard marron du professeur.

En moins d'une demi-seconde, avant même que je n'aie pu ouvrir la bouche, ses yeux se mettent à pétiller de plaisir et de fierté, ses lèvres s'étirent dans un sourire tout aussi fier alors qu'elle en lâche le livre qu'elle tenait entre ses mains sur son bureau.

— William Weasley ! s'écrie Babbling. Ça alors ! Si je m'y attendais ! Que me vaut le retour de l'élève prodigue ?

J'ai beau savoir qu'elle m'apprécie et qu'elle a très certainement été la seule à le faire durant mes années à Poudlard, l'entendre dire que je suis l'élève prodigue me réchauffe de l'intérieur tout autant qu'il me gêne. Je ne suis pas habitué à recevoir tant d'éloges…

— Vous m'avez prêté le Traité des Runes Occidentales il y a douze ans, je me suis dit qu'il était grand temps de vous le rendre, souris-je malicieusement. J'espère que vous ne me compterez pas de pénalités de retard, sinon je doute que le coffre-fort des Weasley ne puisse souffrir pareil affront !

— Vous me connaissez, je n'ai jamais rien pu refuser à mon étudiant préféré, se fend-elle d'un autre sourire.

— Je suis sûr que vous devez avoir des centaines d'exemplaires de cet ouvrage pour pouvoir en donner un à vos meilleurs étudiants, tous les ans ! Ceux que vous voudriez voir poursuivre leurs études dans le monde des runes, ricané-je, mal à l'aise devant tant de compliments.

Babbling, au même titre que Rogue ou McGonagall, est le genre de femme ou de professeur à ne jamais se perdre en compliments ou déverser d'éloges sur ses élèves, alors avoir droit au titre d'« élève préféré » relève plus de l'honneur que de la boutade, surtout la concernant !

Mais il faut dire que nous sommes peu nombreux à avoir eu droit à ses cours ou encore à sa patience. Certes, elle est le genre de professeur à être stricte en ce qui concerne la discipline et sa matière, mais les runes sont un art, et ne pas être entièrement versé dans son étude peut devenir dangereux.

C'est durant mon tout premier incident dans cette salle, en quatrième année, après en avoir mal dessiné une de flammèche et avoir déclenché un véritable incendie, que je me suis passionné pour ce domaine, comprenant instinctivement où s'était trouvée mon erreur et quoi faire pour la modifier.

— À dire vrai, mon cher, ces dix dernières années, je n'ai eu que cinq élèves à qui j'aurais souhaité donner ce livre, tout comme à vous, mais il semblerait que le destin cherche constamment à me contrarier, soupire-t-elle en s'asseyant à son bureau. Du thé ?

— Volontiers, hoché-je la tête en prenant place. Qui étaient les autres ?

Peu d'étudiants de son cours peuvent se targuer d'avoir eu droit à cet honneur, et bien peu encore, en Angleterre en tout cas, ont eu assez de volonté et de persévérance pour continuer dans ce domaine, alors savoir que cinq autres ont attiré le regard de cette femme d'exception est prodigieux !

— Monsieur Diggory, paix à son âme, murmure-t-elle en prenant un scone. Il avait la même manière de percevoir la magie ambiante dans les sorts créés à partir de runes que vous.

— Gripsec prévoyait de lui proposer un emploi, à sa sortie de Poudlard, hoché-je la tête. Il avait beaucoup de potentiel, d'après lui. Cependant, d'après moi, Cédric aurait préféré une vie moins « dissolue » que celle de briseur de sorts…

C'est le moins que l'on puisse dire… Être briseur de sorts ne nécessite pas simplement d'être bon à la baguette, il faut aussi être sûr de n'avoir aucune accroche ou alors quelqu'un qui soit en mesure de comprendre la passion que représente ce métier, parce qu'être briseur de sorts n'est pas qu'un métier, c'est une vocation, une nécessité inscrite en nous.

Au premier entretien que j'ai passé avec Eldoras, le gobelin de Gringotts Égypte, j'ai eu l'impression de me retrouver devant Voldemort en personne. Rarement je n'avais rencontré de gobelins tels que lui, avec une froideur et un professionnalisme à toute épreuve, mais ensuite j'ai compris.

Il ne me posait pas toutes ces questions, ne me demandait pas si je n'avais aucune accroche ailleurs tel que femme ou enfant pour pouvoir se moquer de mon statut de sorcier — comme Binns nous a bourrés le crâne durant sept ans — mais bien pour être sûr que rien ne pourrait nous mettre en fâcheuse posture durant une mission.

Parce qu'être distrait par une femme sur le point d'accoucher ou par un parent ayant des soucis de santé, par exemple, pourrait faire jouer la balance dans le mauvais sens. Il ne faisait que s'assurer que je reste en vie le plus longtemps possible, assez en tout cas pour pouvoir rentrer en Angleterre si un jour j'en ressentais le besoin.

Alors lorsque Gripsec m'a fait appeler en Angleterre, il y a quatre ans, pour avoir des informations sur Diggory et s'assurer qu'il ne ferait pas une erreur en l'engageant, c'est auprès de papa que je me suis renseigné, et la réponse a été édifiante…

— Amos est un ami de papa et d'après notre père, il avait déjà réussi à lui dégoter un emploi au ministère avant même la fin de sa cinquième année ici…

— Je sais, soupire Babbling en soufflant sur son thé. J'ai envoyé ma requête au Seigneur Gobelin en personne en croyant que, peut-être, un tel geste, tout comme je l'ai fait pour vous, permettrait de contrer une volonté parentale… Malheureusement, nous ne saurons jamais ce qu'il aurait choisi…

Connaissant un peu Cédric, je ne doute pas qu'une fois qu'il aurait compris que le ministère ne lui offrirait pas le taux de challenge hebdomadaire qu'il avait besoin de ressentir, il se serait redirigé vers Gringotts. Tout du moins, jusqu'à ce qu'il se trouve une gentille petite sorcière avec qui faire sa vie, évidemment !

— C'est pour ça que vous aviez aussi recommandé Cho Chang ? arqué-je un sourcil amusé. Une technique bien Serpentard pour la Poufsouffle que vous étiez, professeur Babbling, je dois le reconnaître !

— Je me suis dit que s'il n'était pas seul dans cette aventure, peut-être qu'il s'y lancerait bien plus volontiers, sourit-elle en coin. Miss Chang a toujours retenu l'attention de monsieur Diggory depuis leur tout premier match de Quidditch, en troisième année, ce n'était pas bien compliqué de faire le rapprochement !

Leur petite amourette n'était un secret pour personne, et savoir que Harry a eu le béguin pour elle durant sa quatrième année est risible. Mais il faut dire qu'ils formaient un joli petit couple, Cho et Cédric…

C'est pour cette raison aussi que je n'ai pas compris pourquoi, lorsque Ron m'en a parlé par lettre, elle est sortie avec Harry. Elle venait tout juste de perdre l'amour de sa vie, alors pourquoi se jeter tête baissée dans une relation avec Harry ?

Puis j'ai dû aller faire une mission au Chine, dans la famille des Chang, et j'ai compris. Ce n'était pas une volonté de Cho, mais bien de son père, de vouloir la fiancée et qui sait, peut-être la marier avec le héros national, même si, à cette époque, Harry n'était pas en odeur de sainteté en Angleterre. Mais l'argent fait oublier bien des défauts, visiblement…

— Vous avez bien plus de conscience professionnelle que cela, professeur, soupiré-je. Il devait bien y avoir une autre raison derrière cette proposition, je me trompe ?

— Miss Chang avait un talent inné pour conjuguer différents jeux de runes entre elles et les allier en parfaite harmonie, hausse-t-elle les épaules. D'une certaine manière, elle me fait un peu penser à Severus ou bien sa mère, lorsqu'ils créaient des sorts ou des enchantements. La même fluidité, la même beauté…

Pour avoir dû démêler deux des enchantements qu'elle avait créés, durant cette fameuse mission au Japon, je peux affirmer que Babbling a raison ! La petite a vraiment un don ! Dommage qu'elle préfère se cantonner à un simple poste d'employée au Ministère de Pékin…

— Et les trois autres ? penché-je la tête.

— Miss Granger, bien sûr, sourit-elle doucement, mais elle semble trouver son bonheur dans l'Histoire de la magie, ce qui est une bonne chose. Les nouvelles générations ont besoin d'apprendre les préceptes de Magia ainsi que les bonnes ou mauvaises périodes de l'Histoire du monde de la sorcellerie sans qu'elles ne soient faussées par un regard Sang-Pur ou par le ministère, et elle semble exceller dans le domaine.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Hermione y met vraiment toute sa passion dans ses cours à ses jeunes élèves ! Rarement je n'ai été aussi déçu que lorsque j'ai appris par Minerva, au sortir de la guerre, que la brune deviendrait professeur, lorsqu'elle a repris la régence de l'école. Je suis ravi pour elle mais qu'est-ce que j'aurais aimé assister à ses cours lors de ma propre scolarité !

Certes, elle n'a pas encore la maîtrise que McGonagall, Rogue ou même Chourave peuvent avoir en tant que professeur, mais elle en a définitivement beaucoup si l'on prend en compte les quelques souvenirs que Charlie ou les jumeaux se sont fait une joie de nous envoyer.

Elle n'impose pas le respect par la peur ou par une ruse. Elle l'obtient parce que ses cours sont réellement passionnants, parce que ceux qui ont déjà eu à faire à Binns savent la chance qu'ils ont d'avoir un professeur vivant, mais surtout parce que ses cours traitent de l'actualité et qu'elle refuse de faire une politique de langue de bois.

— Gripsec attend qu'elle ait ses A.S.P.I.C. et sa maîtrise en Histoire de la magie pour lui proposer un poste d'Archéomage, souris-je en coin. Je ne suis pas sûr que savoir sa femme dans tous les dangers que le monde magique peut renfermer rassure ou plaise à Charlie, mais je crois qu'elle aimera ce travail. Elle a besoin d'action, apprécie bien trop les recherches, le danger, la magie et l'histoire pour passer à côté de ce genre de postes !

En toute modestie, je crois que je connais assez Hermione pour dire pareille chose. Alors lorsque Gripsec nous a demandés, à Fleur et moi, quelle était notre opinion sur la jeune femme, je n'ai pas hésité un seul instant à valoriser sa candidature parce que je sais qu'il n'y aurait pas meilleur qu'elle pour un tel poste.

Certes, Charlie risque réellement d'être un problème s'ils restent mariés et qu'il voit sa femme se mettre en danger volontairement pour « ramener la gloire » à Gringotts, mais ma femme sait avoir des arguments plus que percutants lorsqu'il est question du bonheur de mes frères, leurs compagnes, compagnons et moi…

— Les Archéomages ne travaillent jamais seuls, vous le savez pertinemment, William, fait-elle de la même manière. Il s'agit toujours d'une équipe composée de l'Archéomage, un Maître de Combat, deux briseurs de sorts, un diplomate et un Maître en runes anciennes au minimum. Êtes-vous venu ici dans un but précis, monsieur Weasley ?

— Un ancien étudiant ne peut-il pas venir prendre le thé avec son professeur préféré du temps de sa scolarité sans arrière-pensée ? susurré-je malicieusement.

— Croyez-le ou non, William, j'ai enseigné à bien trop de Weasley ou de Maraudeurs dans ma vie pour ne pas repérer l'entourloupe à des kilomètres à la ronde, rit-elle. Que voulez-vous réellement ?

Avant la victoire du mois de mai et avant que Fleur ne m'annonce qu'elle était enceinte, jamais je ne me serais permis d'espérer aussi fort pour une chose aussi banale qu'un travail plus dangereux même si un peu mieux payer.

Mais elle a su me faire voir les côtés positifs de ce travail, m'a montré à quel point un tel changement de carrière serait bon pour moi, mais pas uniquement. À sa manière et en jouant de ses charmes, elle m'a fait comprendre que je pouvais espérer encore mieux que ce que j'avais jusqu'à présent. Et si le professeur Babbling venait à tuer dans l'œuf cet espoir, je doute de ne pas mal le vivre…

Parvenir à convaincre Gripsec du bien-fondé d'une telle entreprise, faire ce pari risqué de jouer mon avenir et celui de cinq autres personnes à pile ou face, en misant majoritairement sur des connaissances qu'Hermione ou un autre des étudiants de ce château pourrait avoir, était risqué. Mais maintenant, je veux y croire de toutes mes forces parce que je veux croire en ce que cherche à transmettre la jeune femme à ses élèves. Moi aussi je veux de l'espoir…

— Votre dernier choix, chuchoté-je en m'avançant sur mon siège. Vous savez aussi bien que moi qu'il est fait pour ce job ! Je l'ai vu briser des malédictions dans la Chambre des Secrets, à Noël, instinctivement, des malédictions que moi-même je n'avais pas vu, et pourtant je suis réellement bon dans mon domaine, sans aucune fausse modestie ! Il connaît une trentaine de jeux de runes dont certaines me sont même inconnues et je travaille dans ce milieu depuis dix ans, professeur Babbling !

Ce Noël a été, pour moi ainsi que tous ceux présents dans la salle de Serpentard, une expérience incroyable. Que ce soit le lieu, la magie ambiante, l'impression de famille que chacun a ressentie sans forcément l'exprimer ou les cadeaux que certains ont reçus, chacun de nous a vécu un Noël inoubliable.

Jamais non plus je n'ai été aussi triste que ma femme ne soit pas une Valkyrie ou une Amazone que lorsque j'ai vu le bracelet que Luna et Susan ont offert à George et Théodore… Je ne sais pas si l'un ou l'autre sait la valeur inestimable qu'ils portent à leur poignet, mais une chose est sûre, elle pourrait leur ouvrir bien des portes…

— Ce que j'aimerais comprendre, c'est pourquoi vous ne l'avez pas recommandé à la Guilde, pourquoi vous n'avez pas envoyé de lettre de recommandation pour lui à Gripsec alors que vous savez pertinemment qu'il est fait pour ça !

— Savez-vous pourquoi je vous ai recommandé alors que je ne l'avais pas fait depuis Severus lui-même ? soupire-t-elle.

Finalement, je crois que je comprends Charlie et Hermione lorsqu'ils se plaignent de leurs séances chez la Psychomage… Pourquoi aucun « professionnel » ne peut répondre à une question sans se sentir obligé d'en poser une autre en retour ? C'est agaçant !

— Mon charme ? Ma grandeur d'âme ? Mes beaux yeux bleus ? souris-je en coin.

— Aucune de ces trois propositions, mais ça a assurément dû y contribuer ! rit-elle avant de reprendre son sérieux. Si je vous ai recommandé, c'est parce que vous aviez un don, le même que monsieur Nott, j'en conviens, mais vous, vous aviez cette volonté de quitter l'Angleterre, de quitter votre famille et, plus que tout, vous étiez un « Traître à votre Sang » et je voulais pouvoir vous mettre en sécurité, au moins un temps.

Bien, au moins je vois que nous sommes sur la même longueur d'onde et que nous parlons bien de la même personne ! Pourtant, je reste persuadé qu'elle aurait dû envoyer une lettre de candidature pour lui lorsqu'elle a vu les prouesses qu'il sait faire avec les runes ! Merde ! Même moi je reconnais qu'il a un don ! J'ai même fait sa promotion auprès de Gripsec, ce n'est pas rien !

— Quel est le rapport avec Nott ? froncé-je les sourcils. Il n'est pas un Traître à son Sang, la guerre est terminée et du peu qu'il m'en a dits, il aurait sauté sur n'importe quelle occasion pour se barrer loin de son dégénéré de paternel !

— Mais je ne le savais pas, secoue-t-elle la tête, une moue gênée sur son visage ridé. Je doute même que Severus l'ait su avant cette édition de La Gazette en début de semaine…

Oh ! Je ne doute pas que voir étaler en Une de La Gazette l'histoire tragique de la mort de sa mère et de sa petite sœur sans qu'elle n'ait pu voir le jour n'a pas dû être un moment de plaisir ! Mais il semblerait aussi que Rita et sa fameuse source anonyme se donnent un mal fou pour déterrer les histoires de famille que nous préférerions tous oublier… Combien de temps nous reste-t-il avant qu'elles ne s'amusent à mettre au grand jour ceux de la famille Weasley ?

À dire vrai, elle a déjà commencé sa quête pour « faire sortir les Weasley des ténèbres » hier matin même, lorsqu'en plein déjeuner, Fleur s'est écriée en voyant la première page du quotidien…

— Alors, pourquoi ne pas avoir envoyé le dossier dès que vous l'avez su ? grondé-je face à cette injustice. S'il est bien quelqu'un dans ce château que je pensais incapable de se cantonner aux maisons, c'est bien vous ! Vous rendez-vous compte que vous pourriez ruiner l'avenir d'un gosse parce qu'il s'est trouvé involontairement du mauvais côté de la barrière lors de la dernière guerre ?

— C'est plus compliqué qu'il n'y paraît, William, chuchote-t-elle, impressionné par mon éclat de voix.

En toute honnêteté et en dépit du respect que je porte à Minerva et Severus, si j'avais dû désigner deux professeurs dont la partialité entrera dans la légende, c'est bien eux ! Alors imaginer cette femme si impartiale, qui donnerait sa chance à n'importe qui malgré sa maison, refuser de donner la sienne à Nott fait bouillir mon sang !

— Alors, expliquez-moi ! m'agacé-je. Si ce n'est pas son affiliation durant la guerre, son nom de famille ou son ambition, qu'est-ce qui peut bien vous retenir ? Le gosse est presque aussi passionné de runes que je ne l'étais à l'époque et vous savez à quel point il est compliqué de trouver des gens comme ça, comme nous, de nos jours !

— C'est un Lord, tout simplement, soupire-t-elle encore en se frottant les tempes.

— Et alors ? haussé-je un sourcil. Je ne vois pas le rapport !

— Prenons monsieur Malefoy comme exemple, voulez-vous ? Si le ministère ne l'avait pas forcé à prendre le chemin de l'Académie de Magie de Londres, que pensez-vous qu'il serait en train de faire, maintenant ?

Sa question m'agace tout autant qu'elle m'interpelle. Certes, jamais avant cette année je ne me serais permis d'être « proche » d'un Malefoy, mais Hermione a commencé un travail colossal en lui donnant sa chance au mois de mai et papa l'a terminé, le jour de leur jugement à Cha et elle, en donnant son approbation au petit blond, ou lorsqu'ils se sont associés à notre conseil de guerre le jour de la rentrée.

Mais c'est surtout de le voir aussi paumé, le jour de Yule, lorsqu'il s'est agenouillé devant elle pour lui promettre une dette éternelle pour avoir rendu Severus à sa mère pour vingt-quatre heures, qui m'a convaincu que Drago, tout autant que les Serpentard, méritait sa chance.

À leur manière, chacun des Serpentard que nous côtoyons de plus près depuis le début de l'année mérite d'être connu. Certes, certains chercheront toujours plus de lumière que d'autres, mais cette guerre leur a enseignée des choses bien plus importantes qu'il n'y paraît.

Jamais, avant, je ne me serais attendu à trouver les jumeaux et Pansy Parkinson, sagement assis autour d'une table, dans leur salle commune, pour simplement discuter d'une possibilité d'emploi pour elle et d'un parrainage pour eux.

Jamais je ne me serais non plus attendu à trouver Daphnée Greengrass et Percy s'échangeant des coups de miroirs à double sens pour discuter des derniers décrets ministériels ou Blaise discuter sagement avec ma femme et Harry de la possibilité de créer une école pour jeunes sorciers, afin de sensibiliser les nés-Moldus ainsi que les Sang-Pur à l'idée de faire cohabiter leurs deux mondes.

Mais c'est surtout le fait de trouver Charlie, Théo et Drago, assis autour d'une table pour améliorer une potion qui m'a fait comprendre que la guerre avait profondément changé cette génération. De mon temps à Poudlard, il aurait été impensable de trouver un Gryffondor et deux Serpentard discuter calmement afin de trouver la meilleure manière de modifier une préparation pour que des ingrédients pris sur des créatures se fasse sans violence, mais soient plutôt un don desdites créatures.

— Je n'en sais rien, sûrement des études de potionniste ? proposé-je. Ou encore en train d'apprendre à faire fructifier les avoirs de sa famille ?

— Tout juste, sourit-elle tristement. Vous savez William, j'enseigne ici depuis trente-huit ans. En trente-huit ans de carrière, j'ai fait dix-huit propositions à la Guilde des Maîtres de Runes ou à Gringotts. Sur ces dix-huit propositions, il y en a eu onze de Sang-Pur.

— Onze ? sursauté-je.

Onze Sang-Pur représentent presque la moitié des vingt-huit Grandes Familles ! Est-ce un trait commun à tous les Sang-Pur d'avoir des facilités avec cette matière, quelque chose d'inné donc, ou bien quelque chose d'acquis ? Je me demande si Hermione aurait la réponse à cette question…

— Vous-même et votre frère George qui ne pourra y prétendre tant qu'il n'aura pas obtenu son A.S.P.I.C. dans ce domaine. Sirius Black, Eileen Prince, Lucius Malefoy, Ignotus Rowle, James Potter, Marianne Kourawly devenue Patil, Aurelius Selwyn, Kingsley Shaklebolt et Narcissa Black. Tous avaient un don certain pour les runes, mais vous êtes le seul à avoir poursuivi dans cette voie. Tous ont arrêté. Que ce soit pour gérer les affaires familiales ou pour travailler pour le ministère ou, dans le pire des cas, parce que son fiancé le lui a imposé. Comprenez-vous ce que je tente de vous expliquer ?

Je dois me retenir de sourire en ayant enfin la confirmation de ce que j'ai crû depuis le mois de juin. J'étais persuadé que George avait le potentiel d'un briseur de sorts ou même celui d'un Maître de Guilde !

Pourtant, en dépit de ses précisions, je ne parviens pas à comprendre ce qu'elle tente vainement de m'expliquer. Certes, pour la plupart, ils sont tous retournés à leur devoir de famille ou se sont simplement tournés vers les forces du mal. Mais Nott ? Vraiment ?

— Je suis navré, mais non, professeur Babbling, secoué-je la tête. Vous croyez réellement que Nott serait capable de se laisser imposer d'arrêter les runes ou encore d'aller bosser pour le ministère ? À moins que ce ne soit Amélia en personne qui vienne le lui proposer, je doute qu'il se laisse convaincre si facilement ! C'est sa passion ! Même s'il ne pouvait plus enseigner comme il le fait là, il trouverait un moyen de se faire engager par une société privée ou par n'importe quel autre système, quitte à partir à l'étranger, alors pourquoi le lui refuser ?

— Savez-vous le nombre de nés-Moldus que j'ai recommandé en trente-huit ans de carrière dans le professorat à Poudlard ?

— Aucune idée, secoué-je la tête. Cinq ?

Bon sang… Cette conversation tourne en rond en plus de me rendre chèvre… Ne peut-elle pas simplement me donner une réponse plutôt que de tourner autour du pot comme elle le fait ? À croire qu'elle cache un secret inavouable !

— Deux, sourit-elle doucement. Lily Evans devenue Potter et Maximilien Thorens qui travaille, lui aussi, pour Gringotts. Savez-vous pourquoi ?

— Encore une fois, je n'en sais rien, soupiré-je. Parce qu'ils étaient doués ?

— Pas uniquement, rit-elle avant de devenir plus sombre. Les nés-Moldus quittent généralement le monde de la magie dès leurs A.S.P.I.C. en poche. Pas parce qu'ils n'ont pas l'étoffe des Sang-Pur ou même la volonté de continuer à vivre dans le monde de la magie, mais bien parce que le coût d'une formation par une Guilde est extrêmement élevé, peu importe le domaine de maîtrise.

Elle n'a pas tort, malheureusement… Le coût d'une formation par la Guilde est plus que fortement élevé et un né-Moldu, à moins qu'il n'ait des parents plus que fortunés dans leur monde, ne pourrait se payer de telles études.

Pourtant, lors de ma formation en Égypte, j'ai plus d'une fois pu travailler avec des étudiants nés-Moldus ou Sang-Mêlés ayant nécessité une bourse, tout comme moi ! Alors, pourquoi ne pas en faire bénéficier plus de gosses ? Certes, le coût s'élève à plusieurs milliers de Gallions, mais chacun des étudiants est certain de se faire embaucher par les meilleurs à leur sortie !

Je n'ai que peu de respect pour Sermirov depuis que je l'ai vu en action face à Hermione en début d'année, mais je sais reconnaître son talent et je ne doute pas que d'être Maître de la Guilde de Duel ne lui est pas tombé dans le bec. Elle sait être redoutable au combat, je n'en doute pas un seul instant après en avoir eu certains aperçus dans la tête de Charlie…

C'est une garce, à n'en pas douter, mais elle est douée, très douée même dans son domaine. Alors oui, c'est vrai, je rêve peut-être un peu trop, et peut-être aussi ai-je trop d'espoir, mais je voudrais que Charlie et George réalisent leur plein potentiel et qu'ils soient élevés au rang qui leur revient. Parce que je les connais et que je sais ce qu'ils valent.

Dès notre plus tendre enfance, lorsque la grand-tante Muriel nous apprenait les runes ou l'art du combat, eux deux étaient de véritables Maîtres en la matière, alors le monde mérite de voir ce que Fleur, Harry, Hermione ou même moi avons pu voir sur la falaise de la Chaumière, cet été !

— C'est pour cette raison que je vous ai proposé à Gringotts Égypte. Parce que je savais que, même si votre maîtrise mettait huit ou dix ans à être remboursée, vous ne renonceriez pas. Certes, vous aviez moins d'argent qu'un Sirius Black ou un James Potter, mais j'ai avancé la moitié des frais de mon propre compte parce que j'ai eu foi en vous, parce que je savais que vous sauriez vous rendre indispensable pour eux.

Sa confession me fait quitter vivement mes pensées. Merde alors ! Serait-ce possible qu'une telle chose soit la vérité ?

— Alors c'était vous ? soufflé-je, les yeux exorbités. La « Bourse Fondateur », c'était vous ?

— Je n'ai fait bénéficier qu'à deux élèves de la bourse puisque Lily Evans a emprunté de l'argent à Gringotts pour se payer la formation lorsque je lui en ai parlé. Ensuite, lorsqu'elle s'est mariée à James Potter, elle a décidé de rendre la Bourse Fondateur officielle. Cependant, entre-temps, son mari, leur fils et elle-même ont été obligés de se cacher, faisant de cette transaction un contrat en dormance tant que Harry n'aura pas entériné la décision de sa mère.

Merde alors… C'était bien vrai… Je n'ai pas voulu y croire lorsque Fleur m'a fait part de sa supposition, cet hiver, et pourtant, il semblerait qu'encore une fois, ma chère femme ait tapé dans le mille !

Pourtant, je comprends aussi ce qu'implique une telle somme déboursée, même à moitié, par un professeur. En toute honnêteté, être professeur à Poudlard ne rapporte pas autant que je le pensais lorsque j'étais étudiant ici…

— Je ne vous dis pas ça pour que vous vous sentiez redevable, William, mais pour que vous compreniez le contexte dans lequel j'ai dû prendre ma décision, soupire-t-elle, un léger sourire au coin des lèvres. Moins de huit pourcents des nés-Moldus faisant leurs études à Poudlard retournent dans le monde moldu après l'obtention de leur diplôme, alors qu'un pourcent seulement des Sang-Pur préfèrent travailler et non s'occuper des affaires familiales. Concernant les Sang-Mêlés, à peine trente pourcents restent dans le monde sorcier ou, au mieux, quittent l'Angleterre pour d'autres pays où leur sang n'est pas un critère d'éviction à un travail.

Putain… Je savais notre monde fermé à la nouveauté ou même à l'idée de donner sa chance à quelqu'un d'autre qu'un Sang-Pur, mais simplement huit pourcents ? C'est si faible que je sens tout mon sang quitter mon visage.

Que se passerait-il si des personnes comme Hermione ou comme Dennis quittaient notre monde après l'obtention de leurs A.S.P.I.C. ? Ils permettent, sans s'en rendre compte, de laisser s'abaisser doucement les barrières entre nos deux mondes, permettent d'adoucir des millénaires de conflits entre sorciers et Moldus.

Alors que deviendraient les nouvelles générations si tout le travail qu'ils fournissent se retrouvait réduit à néant parce que de vieux croûtons du ministère, pas même foutu de bouger leur cul pour sauver leur vie, venaient à voter des lois renforçant la scission entre nos deux mondes ?

— Il est vrai que dans le cas de monsieur Nott, j'ai péché par arrogance en pensant qu'il serait comme tous les Sang-Pur que j'ai recommandés, mais qui me dit qu'il prendrait la proposition au sérieux ?

— Moi, affirmé-je en me redressant dans mon siège. Je me porte garant de Nott. Il me rappelle moi lorsque j'étais jeune, la même volonté d'évasion et de challenge. Je suis même prêt à prendre en charge votre partie de la Bourse Fondateur.

C'est encore un pari plus que risqué, mais je ne doute pas qu'Apolline, ma belle-mère tout autant Vélane que Lady de la cour de France, se fera un plaisir de m'appuyer si le professeur Babbling venait à m'accorder cette faveur !

— Pourquoi feriez-vous ça ? fronce-t-elle les sourcils. Je comprends vos arguments, croyez-moi, mais je vous connais assez pour savoir que vous avez un autre motif, alors s'il vous plaît, veuillez vous exprimer clairement !

J'aurais dû me souvenir qu'elle est bien plus perspicace qu'elle n'en donne l'air dans sa robe de sorcière noire… Mais s'il est bien un professeur en qui je puisse avoir confiance les yeux fermés dans ce château, c'est bien elle !

— Durant notre dernière mission en Égypte, à Fleur et moi, nous avons trouvé, sur un sarcophage, un texte runique, mais même Niel, un ami Egyptomage avec qui je travaille souvent, n'est parvenu à en déchiffrer qu'une infime quantité, soupiré-je en secouant la tête.

Cacher à Gripsec l'état de santé de ma femme n'a certainement pas été ma meilleure idée, mais ce n'est que grâce à sa grossesse que nous avons pu entrer dans ce tombeau, dans les ruines de cette pyramide, à Abydos…

Qui aurait pu croire que les prêtresses de l'ancienne Égypte seraient assez retorses pour poser un enchantement interdisant à quiconque ne portant pas la vie d'entrer dans la chambre funéraire ? Pas moi en tout cas ! Mais il semblerait que les civilisations anciennes de notre monde aient encore beaucoup de choses à nous apprendre !

— D'après lui, si une faible part est en runes hiératiques, tout le reste ne l'est pas. Je suis un expert en runes occidentales et Fleur est experte en langues étrangères, pourtant, aucun de nous n'a pu lire la seconde moitié du message…

D'un geste évasif de la main, elle me fait signe de lui montrer le parchemin en question, s'immergeant dans son étude durant de longues secondes, mais au soupir profond qu'elle émet, je ne doute pas qu'elle aussi vienne de faire chou blanc… Bon sang ! Quelle civilisation encore inconnue peut bien avoir pondu un tel casse-tête ?

— Vous en savez autant que moi si ce n'est plus, William, alors pourquoi être venu me voir ? hausse-t-elle un sourcil intrigué avant de boire une gorgée.

Elle a l'air aussi frustrée et énervée que nous l'avons été, Fleur, Niel et moi, lorsqu'il n'est pas parvenu à déchiffrer ce parchemin, mais je ne doute pas qu'elle sache faire preuve de plus de discernement que ma femme lorsqu'il nous l'a appris… Bordel… Il m'a bien fallu deux heures et un nombre indécent de pots de crème glacée menthe chocolat pour la calmer… Les hommes ne sont vraiment pas faits pour subir une grossesse…

— Je me suis dit que vous connaîtriez peut-être quelqu'un susceptible de m'aider à comprendre, soupiré-je en me laissant retomber contre le dossier. Les gobelins savent que c'est très certainement une chasse au Ronflak, mais ils ont accepté un marché avec moi, et j'ai voulu prendre un risque…

— Vous voulez faire de cette quête une intronisation légale pour Miss Granger et Monsieur Nott au service de Gringotts, je me trompe ? sursaute-t-elle à son tour.

J'aurais dû me douter qu'elle comprendrait d'elle-même la raison derrière une telle entreprise de ma part, mais il est toujours appréciable de voir qu'on parvient à susciter de l'étonnement chez les autres, je suppose…

— Pas vraiment, grimacé-je. J'ai quitté Gringotts Égypte juste avant le début de la seconde guerre parce que je voulais me rapprocher de Fleur et de ma famille. Néanmoins, même si le travail que je fais ici, en Angleterre, est réellement passionnant, j'y prends beaucoup moins de plaisir qu'avant…

— Il vous manque le frisson du danger et de l'aventure ? rit-elle doucement.

— Oui, souris-je, gêné. Je sais que constituer une équipe d'Archéomage est extrêmement dangereux, d'autant plus s'ils sont très jeunes, mais Fleur m'a convaincu qu'il s'agissait d'une bonne chose. Elle dit qu'elle serait rassurée si elle savait que le papa de notre enfant partait avec une escorte solide qui pourrait le protéger…

Elle a au moins le mérite de paraître bien moins surprise que maman lorsque nous lui avons appris la grossesse de Fleur, et bien plus enthousiaste que Severus, mais je suppose que pour ce dernier, le simple fait qu'il m'ait dardé de son regard réfrigérant était sa manière de me congratuler…

— Il est vrai qu'en général, il est recommandé d'avoir deux ou trois membres extrêmement puissants, magiquement parlant, dans vos rangs, quitte à prendre un second Maître de Combat avec vous, hoche-t-elle la tête, redevenant le professeur que j'ai côtoyé durant quatre ans. À froid, je vous aurais dit Miss Sermirov ou monsieur Potter, bien sûr, mais…

— Il est hors de question que je force Hermione à cohabiter avec cette blondasse adepte de sorts tout sauf légaux ! grondé-je fortement. Je peine déjà à comprendre comment vous avez bien pu croire qu'elle était capable d'être un bon professeur, ne me demandez pas de mettre cette psychopathe dans mon équipe !

Putain ! Je sens encore mon sang bouillir dans mes veines au simple souvenir de ce jour de la rentrée où Parkinson nous a expliqué que cette tarée lui avait envoyé un Significat Laesae en plein cœur !

— Et monsieur Potter ? hausse-t-elle les sourcils. Si votre quête débute en septembre, par exemple, il aurait parfaitement le temps de réfléchir à la situation, qu'en pensez-vous ?

— Un seul père ou futur père dans une expédition de cette ampleur est déjà bien assez et Fred me tuerait si je faisais une proposition de ce genre à Harry…, grimacé-je encore.

C'est même certain… J'ai beau être, tout comme Charlie, une sorte de rock star dans ma fratrie pour être parti aussi loin et faire un métier hautement dangereux, Fred serait capable de trouver le moyen de me tuer dans mon sommeil pour une telle proposition et je tiens un peu trop à la vie pour tenter ce coup de poker malheureusement…

— De plus, je pense que Harry a plus que gagné le droit de quitter définitivement le champ de bataille depuis un bon moment déjà…, souris-je gêné.

Si bien sûr la presse ne faisait pas tout son possible pour mettre des bâtons dans les roues à sa recherche de paix et de bonheur… À croire que sauver le monde l'a immédiatement fait entrer dans cette catégorie peu enviable des People du monde de la magie…

— J'avais peur que vous me disiez autre chose, rit-elle doucement. Alors qui avez-vous choisi ?

— Une personne qui plaît tout particulièrement à Gripsec et qui a assez de puissance pour affronter une dragonne en furie, voire deux si j'ai bien compris ce que les directeurs m'ont dit en fin d'année, ricané-je.

— Charlie ? s'amuse-t-elle. Minerva va en faire une dragoncelle lorsqu'elle verra que vous lui prenez quatre de ses meilleurs éléments !

Encore faudrait-il que je parvienne à me décider parmi les dizaines de dossiers que m'a donnés mon employeur pour trouver le bon diplomate, et c'est sur ce dernier point que repose tout mon cruel dilemme…

Parce que, si je venais à choisir l'un des candidats que Gripsec me propose, je sais qu'il ne parviendrait jamais à s'entendre avec ceux que j'ai déjà choisis pour les autres postes clés, or, j'ai réellement besoin que mon entreprise aboutisse et pas seulement pour garder mon travail !

Je veux trouver quelqu'un qui ait assez de poigne pour savoir contenir Nott s'il venait à partir dans de grands délires Sang-Pur qui pourraient heurter les officiels que nous rencontrerions, mais qui comprendrait aussi à quel point la relation entre Charlie et Hermione est compliquée, mais vitale pour chacun d'eux, et trouver quelqu'un qui sache faire tout cela sans chercher à s'envoyer un Avada n'est pas chose aisée malheureusement…

Pourtant, chacun des petits jeunes qu'il m'a proposés pourrait faire l'affaire, j'en conviens, mais ils n'ont pas ce truc qui ferait fonctionner toute la dynamique que je voudrais insuffler à notre groupe…

— Mais il est le seul sur qui je miserais pour la ramener saine et sauve à la maison. Il l'a déjà fait et je ne doute pas qu'il serait prêt à le refaire sans hésiter une seule seconde si la situation se présentait à nouveau, affirmé-je avec aplomb. Il est déjà « mort » pour elle sans se poser la moindre question, alors recommencer…

— Pardon ? s'étouffe-t-elle dans son thé. Il est « mort » pour Miss Granger ?

Je ne compte plus le nombre de cauchemars que j'ai pu faire après le rituel de Yule ni même les nuits ou j'ai dû rassurer Fleur lorsqu'elle se réveillait en pleurs, certaine d'avoir provoqué la mort de Cha et Hermione en nous remariant cet été…

— Longue histoire, balayé-je la remarque d'un mouvement de poignet tout en soupirant de fatigue. Nous comptions faire de cette quête une sorte de cadeau de divorce ou de remariage à Cha et Hermione, en fonction du verdict qui sera rendu la semaine prochaine, je suppose…

— N'est-ce pas une étrange idée de féliciter des personnes pour leur divorce ? arque-t-elle les sourcils.

— Vous ne connaissez pas Hermione ou Charlie, vous, soupiré-je en me frottant les yeux. Même si la décision de divorcer se fait d'un commun accord, aussi bien l'un que l'autre sera gêné, distant, agressif et j'en passe… Ils ne savent pas communiquer sauf si leur vie est en danger. Je suppose que c'est pour ça qu'ils sont si facilement parvenus à s'entendre en décembre… Pourtant, dans leur situation, le dialogue est essentiel, mais ils ne le comprennent pas…

Combien de fois me suis-je inquiété pour eux, même du temps où Tonks était en vie et où elle m'assurait qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, de ne les voir s'entendre qu'au bout d'une baguette ou en repoussant l'autre dans ses derniers retranchements ? Bien trop souvent pour que ce soit acceptable…

Pourtant, samedi, j'ai vraiment vu une nette progression entre eux lorsqu'il n'a même pas grimacé ni même sursauté lorsque George les a qualifiés de couple à Olivier. Pour la petite Granger, je ne doute pas qu'elle ait enfin compris l'intensité de ses sentiments pour lui, mais Cha aura toujours un train de retard sur elle en ce qui concerne les émotions tant qu'il continuera de vouer sa vie à notre amie métamorphomage…

Cependant, à sa manière, il avance. Je n'aurais jamais cru voir un tel prodige que celui qui s'est produit, le soir où Fleur m'a annoncé sa grossesse à coups de tee-shirt beaucoup trop petit pour mon corps d'albâtre…

Merde alors ! Pour la première fois, je me suis dit que Tonks n'avait pas forcément tort lorsqu'il m'a avoué lui avoir dit l'aimer en pleine jouissance ! Néanmoins, quiconque connaît Charlie sait qu'il n'est jamais aussi sérieux que pendant le sexe…

— De quoi avez-vous besoin pour votre mission suicide, William ? propose-t-elle en se rasseyant convenablement dans son siège, me faisant quitter mes pensées.

— Même si je ne doute absolument pas de votre jugement ou de vos compétences, je préférerais toujours miser sur un Weasley que sur n'importe qui d'autre, souris-je en coin. Je ne doute pas que Chang soit bonne dans son domaine, mais je sais George être encore meilleur pour la simple et bonne raison que j'ai déjà pu voir son travail sur les bagues que portent Harry, Hermione, Charlie et les jumeaux en permanence.

— La bague Portoloin dont se servent Charlie et Miss Granger bien trop souvent d'après Severus ? hausse-t-elle un sourcil.

— Si Hermione est celle qui a fait les calculs et définit avec précisions quelles langues seraient les plus puissantes et protectrices pour les anneaux, je sais que George en est le traceur et vous en comprenez les implications tout autant que moi, assuré-je. Parvenir à faire cohabiter en parfaite harmonie du Draconnique, Driadique et du Gobelbabil tout en ne perdant aucun membre et n'ayant qu'un très faible épuisement magique fait montre d'un don. Si vous ne me croyez pas, demandez-lui de vous faire tester son Portoloin !

Rarement, je n'ai été aussi fier de mon petit frère que le jour où il m'a permis de tester les enchantements qu'il avait tracés sur leurs bagues. Il y avait tellement de puissance et d'ingéniosité réunies en un si petit objet que je me suis senti foutrement humble devant tant de génie !

Ce n'était pas simplement puissant, c'était aussi beau, harmonieux et d'une incomparable précision. Pour avoir déjà dû désenchanter nombre de malédictions, je peux affirmer sans trop me tromper qu'il y a peu de Maîtres de Guilde capable d'une telle prouesse !

— La Guilde aurait beaucoup à gagner avec un membre de son talent, à mon avis, soupire-t-elle en hochant la tête. Fillius, Severus, Minerva et moi-même avons testé leurs Marécages Portables après leur départ en trombe de Poudlard, il y a trois ans. Il nous a fallu trois semaines pour parvenir à contrer les sorts, potions ou runes placées dessus, et encore, je suis presque persuadée qu'ils ont donné à Lee Jordan la solution pour qu'ils disparaissent. Severus a envoyé une lettre à la Guilde des Potionnistes pour leur obtenir une place dans leur formation en fournissant un échantillon de la potion qu'ils ont utilisé pour les créer et jusqu'à présent, il n'a toujours pas reçu de réponses.

Merde alors ! La Guilde des Potionnistes est presque plus fermée que celle des Maîtres de Runes, et Merlin sait qu'il faut être un génie incroyable pour pouvoir intégrer les bancs de cette formation !

Le dernier anglais à être parvenu à un tel prodige est l'actuel codirecteur de Poudlard, et en toute honnêteté, je me demande pourquoi il est resté si longtemps à un poste si peu payé alors qu'il aurait pu devenir milliardaire avec ses créations !

— Peut-être parce qu'il faut fournir des résultats d'A.S.P.I.C. ? proposé-je en haussant les épaules. Ou alors parce que Rogue est mort en cours de route…

C'est mal, j'en conviens, mais j'aurais adoré voir la tête de maman si une réponse positive de la Guilde des Potionnistes était arrivée dans la cuisine du Terrier ! Ils ont énormément de génie, c'est si désagréable de voir qu'elle n'est pas capable de s'en rendre compte !

— La Guilde a une politique stricte en ce qui concerne les dossiers d'admission, secoue-t-elle la tête. Tout dossier envoyé se doit d'être traité et la composition de la potion renvoyée par hibou au demandeur.

— Fred et George pensent différemment du commun des mortels, haussé je les épaule, ne masquant pas mon sourire. Je pense que seul un Weasley ou quelqu'un les côtoyant vraiment intimement peut comprendre ce que nous pensons ou ce dont nous parlons. Même notre mère ne parvient à saisir la moitié de ce qu'ils inventent, et l'autre moitié l'agace…

C'est le moins que l'on puisse dire… Combien de fois ai-je pu l'entendre hurler, au square, parce que les garçons testaient une de leur nouvelle invention ? Pourtant, leurs pastilles de Gerbe sont vraiment un petit concentré de magie qu'il faut porter à leur crédit !

— Les runes, tout comme les potions, sont un art dans lequel très peu peuvent se vanter de tirer leur épingle du jeu, professe-t-elle. Je me souviens de Fabian et Gideon. Eux aussi avaient la même particularité que les jumeaux. Ce n'est pas tant le fait qu'ils partagent un cœur de magie qui les rend si puissants, mais plutôt le fait qu'ils cherchent toujours à obtenir le meilleur à chaque fois qui les rend différents.

— C'est ce qui rend les jumeaux si doués et célèbres, souris-je, ne cachant pas ma fierté. Pour eux, faire rire et apporter de la joie n'est pas qu'une simple passion, c'est aussi une vocation que peu peuvent comprendre dans sa largeur.

— J'en déduis donc que vous voulez une lettre de recommandation pour votre frère, Miss Granger et monsieur Nott, n'est-ce pas ? croise-t-elle les doigts sous le menton.

— En effet, hoché-je la tête. Et si, au passage, vous pouviez me donner quelques conseils pour approcher la directrice pour lui faire part de tout ça et l'informer que je lui emprunte quatre ou cinq de ses étudiants ou professeurs, ce serait formidable…

La fin de ma requête est noyée sous les coups de bec répétés d'un hibou Grand-Duc qui frappe sèchement contre la fenêtre de la salle de classe. M'offrant un signe évasif de la main, elle se lève pour la réceptionner, se plongeant dans les quelques mots qu'elle contient avant de m'adresser une grimace désolée.

— Il semblerait qu'elle soit déjà au courant et qu'elle et Severus souhaitent vous voir, soupire-t-elle en reposant la missive.

Bordel, mais comment une telle chose est possible ? Même du temps de Dumbledore, ce genre de choses se passait, et je suis certain que Gripsec n'aurait pas vendu la mèche même s'il a l'air d'apprécier le côté morbide de Severus !

— Les tableaux ? soupiré-je à nouveau en me souvenant d'une conversation entre l'actuelle directrice et feu l'ancien directeur.

— Les tableaux, approuve-t-elle.

Putain… Rien n'est donc sacré dans cette école pour que tous les petits secrets de chacun se retrouvent en première page de La Gazette ou que les perspectives d'évolution arrivent aux oreilles de ces deux personnes avant même les principaux concernés ?

— Si vous ne me voyez pas revenir vivant de cet entretien, souvenez-vous de moi comme du gars aux yeux bleus et au charme ravageur qui a enchanté son parchemin pour qu'il tente de mordre Rogue en septième année, ricané-je néanmoins peu sûr de l'issue de cette entrevue.

— Ils ne sont pas des monstres, vous savez ? rit-elle.

Ça se voit qu'elle n'a pas eu Rogue comme professeur de potion celle-là ! Elle ne rirait pas tant si c'était le cas ! Merde ! Il fait froid dans le dos en tant que professeur, alors si je dois me retrouver face à lui et Minerva pour leur apprendre que je leur subtilise trois voire quatre ou même cinq de leurs enseignants ou étudiants ? Pour sûr, je risque de repartir avec un ou deux sorts cuisants…

— Vous êtes mariée tout comme moi, professeur Babbling, levé-je les yeux au ciel, amusé tout de même. Vous savez donc que la monstruosité peut prendre de nombreux visages !

— Du mal à vous remettre de vos sachets de thé ? sourit-elle en coin, retenant durement un fou rire.

Ce n'est pas elle qui a dû subir les foudres d'une Vélane en chaleur durant deux mois, se faire séquestrer dans les toilettes de Gringotts pour qu'elle puisse assouvir ses pulsions et tenter de la calmer lorsqu'elle a compris l'état de Harry et Hermione !

— Je vais tuer Rogue et détruire sa putain d'invention, maugréé-je en refermant la porte.

Si seulement je savais que cette conversation ne serait pas la plus difficile que j'aurais aujourd'hui, mais bien celle de cet après-midi, j'aurais peut-être mis un peu plus d'entrain pour me rendre à cet entretien que si je me dirigeais vers l'échafaud…


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Je vous dis donc au dimanche 26 juin pour la seconde partie du chapitre 33 intitulé : « Futur et aventures » !

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.