Bonjour et bienvenu

Dans cette première partie du chapitre trente-deux du Souffle Du Dragon !

Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :

1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté (ou un qui serait découpé en trois partie) , nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !

2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposté, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !

3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.

À l'attention de Dramionymus et Adalind.S, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout courts ? !

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !


*** Bonne lecture ! ***


Ce chapitre est dédié à Adalind.S ! Joyeux anniversaire !


Arthur

Il y a des choses auxquelles je n'aurais jamais pensé devoir faire face en épousant Molly ou en devenant père, et pourtant, à quarante-neuf ans, j'en viens à regretter l'époque bénie ou mon seul problème dans la vie était de parvenir à faire le mur sans que mes parents, Septimus et Cedrella, ne s'en aperçoivent…

Le plus drôle dans toute cette année qui vient de s'écouler, c'est qu'en dehors de toutes les tuiles qui nous tombent continuellement sur le coin du nez, j'ai retrouvé en mes cinq fils les plus âgés, beaucoup de l'Arthur que j'étais dans ma jeunesse.

Le désir profond de fonder une famille et trouver son épanouissement personnel dans celle-ci que Bill et Fleur semblent avoir découvert.

La même volonté féroce de faire des choix, s'y tenir et aller au-devant du danger que Charlie, mais aussi dans ses instants de vulnérabilité tel que ce jour funeste où il a compris qu'Hermione avait perdu le bébé.

Je me retrouve dans le besoin de Percy d'être un bon mari et un bon père pour tenter de racheter un crime commis ou dans sa manière très manichéenne de voir le monde ou ses rôles dans sa famille.

Mais ce sont les jumeaux qui me rappellent le plus celui que j'étais lorsque j'avais quinze ans. Que ce soit la sensibilité de Fred ou la capacité d'émerveillement incroyable de George, je retrouve un peu de celui que j'étais, plus jeune, en chacun d'eux.

À vrai dire, je me retrouve aussi un peu en Ron et Ginny, mais, Merlin me pardonne, je n'ai pas pu être aussi présent pour eux deux que je ne l'ai été pour les cinq premiers-nés de ma famille…

Pourtant, la fougue de Ginny n'est pas sans me rappeler celle que j'avais à mes dix-sept ans, de même que la fêlure que j'ai pu voir en Ron, le jour de Noël, lorsqu'il a pu voir que, même loin de Poudlard, ses liens avec ses amis étaient distendus.

Néanmoins, lorsque je me plonge dans cette foule compacte réunie sur le parvis du château de mon enfance, je me dis qu'il est plus que temps de transmettre le flambeau du royaume magique de Grande-Bretagne rapidement…

Comment et pourquoi tant de journalistes ont pu se réunir aussi vite et aussi nombreux me dépasse totalement… N'ont-ils pas de choses plus importantes sur lesquelles se concentrer ?

Mais plus que tout, ne peuvent-ils pas le laisser enfin tranquille ? Bon sang ! Ce petit a déjà fait bien plus que sa part pour notre communauté, ne peuvent-ils pas lui offrir la paix qu'il recherche tant ?

Néanmoins, c'est peut-être lorsque je ne croise que trois têtes rousses que je comprends à quel point la discorde entre mes fils est profonde et ancrée.

Peut-être ne l'avais-je pas encore vu ou peut-être n'ai-je pas eu envie de la voir, mais elle est bien là, présente et profonde, créant une scission au sein même de leur fratrie, et malgré moi, je ne peux empêcher une certaine forme de respect de se joindre à mes émotions déjà bien fluctuantes depuis hier matin.

Rarement je jure et plus encore je demande une faveur à Kingsley ou encore ne quitte mon poste, mais en recevant La Gazette en arrivant au ministère, j'ai compris qu'il fallait que j'agisse avant que Molly ne fasse une regrettable erreur…

Je ne suis pourtant pas arrivé à temps pour enrayer le processus, et dans le fond, je pense que, pour Harry tout comme pour Fred, ce qu'il s'est passé dans la Grande Salle leur sera salutaire par le futur.

Jamais je n'ai eu autant honte du comportement de ma femme, ne me suis senti aussi déstabilisé par celle que j'avais sous les yeux que lorsqu'elle a traité notre propre fils de monstruosité sous les yeux médusés de plusieurs centaines d'enfants.

J'ai beau lui chercher toutes les excuses du monde, rien ne sera assez sincère, assez excusable à mes yeux face à un tel geste de sa part. Alors oui, peut-être que la décision de Fred de la renier en tant que mère devant la magie était un acte que certains peuvent qualifier d'horrible, mais moi je l'ai compris.

J'ai compris que, pour la première fois, le petit garçon que j'ai vu naître que j'ai aimé dès son premier cri et qui m'a rendu fier bien des fois venait de s'élever face à celle qui lui a donné la vie, pour que celle qui grandit en Harry n'ait jamais honte de ses origines comme Molly s'est fait un devoir de l'inculquer à nos enfants.

J'ai été fier de son geste, fier de sa prise de position et incroyablement humble face au courage qu'il lui a fallu pour le faire. J'ai toujours su qu'une telle chose se produirait un jour, qu'à un moment donné, il saurait qu'il est temps pour lui d'accepter ce qui lui a toujours fait peur, mais il a fait montre de beaucoup de noblesse en prenant le parti de son cœur et non de son sang. C'était risqué, certes, mais à mes yeux, il a réellement tout gagné en le faisant.

— Bonjour les Weasley ! salué-je mes fils en arrivant près d'eux.

J'ai cru, au mois de mai, que c'était la guerre qui les avait marqués et poussés dans leurs retranchements, ce jour-là, durant le repas dominical à la maison. Mais en les regardant de plus près, je me rends compte que ce n'est pas le cas.

Si les traits de George sont plus tendus, qu'il semble plus sur le qui-vive que durant ses études, il garde toujours, au fond de ses yeux, cette lueur enfantine mâtinée de beaucoup d'inquiétude que je ne doute pas être tourné vers son jumeau et l'autre père de son enfant.

Dans le cas de Charlie, c'est un peu plus profond, un peu plus marqué que sur ses autres frères, parce qu'il a moins fait les frais des émotions que vivent les hommes lorsqu'ils se confrontent au reste du monde.

Charlie, malgré ses vingt-sept ans, reste un grand rêveur, un génie qui refuse de s'assumer, mais surtout, il est terrifié par les interactions sociales, la foule et les masses compactes, alors le voir ici, entouré par tous ces journalistes démontre bien tout l'amour et le respect qu'il porte à Fred et Harry dans l'épreuve qu'ils vont devoir subir dans quelques minutes.

— Salut papa, sourit Bill. Tu es venu seul aujourd'hui ?

Pour lui, ce sont d'autres stigmates qui sont visibles sur ses traits. Je l'ai vu tenter de se détruire à la manière de Charlie lorsque Greyback lui a griffé le visage, d'éloigner toute personne susceptible de l'aider et se renfermer sur lui-même.

Mais là où Molly n'y a vu qu'un moyen de récupérer le fils qu'elle pensait avoir perdu, Fleur s'est fait un devoir de le recadrer, de lui faire entendre raison et lui montrer qu'avec un peu d'amour et beaucoup de volonté, il pouvait faire de ses cicatrices sa force.

— C'est vrai qu'il y a si peu d'actions ces derniers temps à Poudlard que voir débarquer maman aurait sûrement ravi les journalistes ! grimace George en levant les yeux au ciel.

Lui ne montre que rarement ses émotions, mais hier, lorsque sa mère a déchaîné un enfer de colère et de trahison sur son jumeau, je l'ai vu être celui qui a réconforté Harry pendant que Fred menait le combat, peut-être même la bataille de sa vie. Celle pour sa liberté et celle de l'homme qu'il aime, peu importe ce qu'en dirait sa mère.

Cependant, dans le fond, je sais pourquoi Molly agit ainsi et même si je le regrette et le réprouve totalement, je sais que je ne peux pas rejeter la faute uniquement sur sa personne.

Dans cette guerre contre Voldemort, que ce soit la première ou la seconde, ma femme a perdu trop de personnes auxquelles elle tenait, a vu ses frères mourir et a failli assister à la mort de notre fille, l'enfant qu'elle a désespérément attendue durant des années.

Alors même si sa manière de se protéger depuis que Harry nous a obtenu la paix est fortement répréhensible, je comprends sa manière d'agir.

Molly a toujours été ainsi, quelqu'un de franc et d'entier, la quintessence même de ce que ce doit d'être un Gryffondor, disant tout haut ce qu'elle pense tout bas, menant ses batailles comme elle l'entend et ne faisant pas grand cas de ce que quiconque pourrait lui imposer…

— Elle est au Terrier, soupiré-je en me frottant les yeux de lassitude. J'ai levé des barrières afin d'empêcher qu'elle ne débarque ici et fasse un scandale comme ce fut le cas hier…

— Sérieusement ? sursaute George en me regardant, les yeux ébahis. Tu es allé jusqu'à l'enfermer à la maison ?

J'ai honte de le dire, mais le comportement déviant de Molly ces derniers temps me met plus mal à l'aise qu'autre chose, et savoir qu'elle pourrait en faire de même pour mon fils et celui que je considère comme tel à titre honoraire depuis sept ans me fait frissonner…

— Si ça peut te rassurer, tu n'es pas le seul à avoir pris des décisions extrêmes cette semaine, papa ! sourit Bill en me mettant la main sur l'épaule.

Bordel… Je connais ce regard… C'est celui qu'ont tous mes fils lorsqu'ils viennent de faire quelque chose de hautement répréhensible, mais qui me rendra quand même fier, comme lorsque Charlie m'a expliqué la raison derrière son départ pour la Roumanie, Bill sa volonté de partir pour l'Égypte et devenir briseur de sorts, Percy pourquoi il avait été si véhément envers notre famille ou les jumeaux lorsqu'ils nous ont annoncé la création de leur magasin de farces et attrapes…

— Qu'as-tu fait, cette fois-ci ? haussé-je un sourcil, intrigué. Je te connais assez pour être sûr que tu n'as pas mis une autre femme que Fleur enceinte et que tu ne risques pas de quitter ton travail à Gringotts de sitôt, alors qu'est-ce qui peut être assez dangereux pour toi pour que tu aies cette lueur dans le regard, mon grand ?

Il a au moins la décence de paraître gêner pendant quelques secondes, mais bien vite il retrouve tout son aplomb, campant fermement sur ses pieds pour m'annoncer un nouveau cataclysme dans ma vie.

Mais après tout, après avoir appris le mariage de mon second fils avec Hermione au détour d'une conversation avec Amélia, savoir que l'un des jumeaux s'était plus ou moins fiancé à une Valkyrie et que l'autre avait mis enceint le héros du monde sorcier, qu'est-ce qui pourrait me tomber de pire sur le coin du nez ?

— Que penserais-tu si deux de tes fils devenaient respectivement maîtres de la Guilde de combat et de runes anciennes ? sourit-il innocemment.

Finalement, je n'aurais peut-être pas dû trop taquiner n'importe quelle divinité parce qu'en le faisant, voilà avec quoi je me retrouve ! Pourtant, en un sens, ça me paraîtrait logique…

— Je savais qu'une telle chose finirait par arriver, soupiré-je en retirant mes lunettes une nouvelle fois pour me frotter les yeux. Vous avez toujours eu besoin de plus de challenges que n'importe quel enfant de ma connaissance et être maître de Guilde est le genre de défi qui vous correspond bien…

— Pardon ? fronce les sourcils Charlie. De qui parles-tu quand tu fais ce genre de proposition ?

— J'avais décidé d'attendre ton enterrement de vie d'homme marié pour vous l'apprendre, mais j'ai fait une demande pour créer une équipe d'Archéomage, et je vous veux tous les deux dedans, sourit plus grandement Bill. Un truc familial, tu vois !

— Le camping, les voyages en balais, les repas du dimanche, ça, c'est familial, oui, mais une équipe d'Archéomage, Bill ? Sérieusement ? gronde Charlie. Et qui comptes-tu prendre dans cette Suicide Squad ? Percy comme diplomate ? Ron comme briseur de sorts intérimaire et Ginny comme mage-historien ? Tu crois sérieusement que Harry laissera partir Fred aussi facilement que ça ?

J'aime tous mes enfants, bien évidemment, mais je dois reconnaître que sur ce point, Charlie n'a pas tort.

Percy est trop fermé pour être diplomate et préférera toujours s'enfermer dans des livres plutôt que parlementer. Ron n'a jamais vraiment fait montre de beaucoup d'intérêt pour le métier de son frère si ce n'est les « blessures de guerre » de son frère — que je mettrais plus sur le compte de bagarres de bar que de réels combats — et Ginny préférera toujours jouer au Quidditch que de s'enfermer dans une bibliothèque.

Déjà tous petits, Charlie et Percy étaient les deux seuls à savoir rester calmes assez longtemps, des heures pour être exact, pour potasser, alors que les cinq autres préféraient être au grand air et jouer sur un balai ou dans l'herbe.

— Tu ne te verrais pas arborer la robe rouge et noire des Maîtres de la Guilde de combat ? hausse un sourcil son frère en masquant bien mal un sourire.

— Moi ? sursaute-t-il. Pourquoi voudrais-tu que je devienne Maître de combats ?

— Parce que tu en as l'étoffe et que tu maîtrises bien plus de magie que tu ne veux bien l'avouer, haussé-je les épaules avant de me tourner vers son jeune frère. Et toi, la robe dorée des Maîtres de runes anciennes, ça te tente ?

— Papa ? s'étrangle presque George.

En toute honnêteté, je dois reconnaître qu'il m'a fallu bien plus de temps pour faire la distinction entre Fred et George qu'il n'en a fallu à Molly, et encore aujourd'hui, à mon plus grand désarroi, il m'arrive encore de les confondre.

Néanmoins, il est une chose sur laquelle j'ai toujours pu m'appuyer pour ne pas me fourvoyer. Leurs yeux. Là où ceux de Fred ont toujours eu cette lueur craintive au fond de ses prunelles vertes, pour George, c'est cette maturité incroyable pour un garçon qui ne rêvait que de créer et vendre des farces et attrapes.

C'est pourquoi, lorsque Fred sort de Poudlard pour venir rejoindre son jumeau, je me sens quelques instants désappointé par ce que je peux voir dans son regard. Il n'y a plus cette crainte qui le caractérisait tant dans sa jeunesse. Il n'y a plus qu'une détermination sans faille et la même maturité qui marquait celui de son frère, plus jeune.

— Cha, qu'est-ce qu'il se passe ? fronce-t-il les sourcils en fonçant sur lui. Pourquoi Hermione vient de tomber au sol, et pourquoi ton pote le fantôme est en train de lui tenir une conférence sur le rapport entre une membrane et tes émotions ?

Un frisson d'effroi me coule dans le dos lorsque je vois le visage de mon second fils tourner au blanc maladif. Bordel… Que m'ont-ils encore fait, ces deux-là ?

Il est des choses auxquelles les pères s'attendent fatalement en mettant au monde des garçons. Le fait qu'ils transmettront notre nom, qu'ils feront des enfants ou qu'ils se marieront. Pourtant, dans le cas de Charlie, je dois bien avouer qu'il m'aura tout fait avant ses trente ans, et je suis presque persuadé que la grande majorité de mes cheveux blancs ou dégarnis lui sont entièrement dévolus…

La première chose que je leur aie apprise à tous, c'est l'importance des charmes contraceptifs ou ceux de silence — dans mon cas, ils m'ont sûrement permis d'éviter des millions de Gallions dans des séances de thérapie pour nos enfants… — alors savoir qu'il a mis Hermione enceinte et ne s'en est pas une seule seconde rendu compte m'a totalement dépassé.

La seconde, c'est de toujours lire un contrat, et plus encore s'il s'agit d'un contrat de mariage, et dans le cas de Charlie, je pensais que ce genre de chose serait primordiale… Même s'il ne pensait pas signer un contrat de mariage…

Et enfin, je leur ai tous, que ce soient mes fils ou Ginny, appris à respecter Magia et la craindre aussi. Tous, à leur façon, le font, mais il semblerait qu'encore une fois, mon second n'a pas pris au sérieux la menace que je lui ai faite à cinq ans…

Mais savoir qu'il a pu faire ce genre de chose, qu'il a pu être assez fou pour mettre sa vie et celle de sa femme en danger m'emplit d'effroi.

— Que s'est-il passé ? souffle-t-il en agrippant le bras de son cadet. Elle va bien ?

— Oui, Cha, elle va bien, soupire Fred en se frottant les tempes. Fleur s'occupe d'elle en ce moment et Rogue s'occupe de Harry. Il semblerait que leurs joutes verbales soient le meilleur antistress pour Harry…

— Ton mec a toujours été un peu maso sur les bords, ricane Bill.

— Il n'est pas maso ! gronde Fred.

— Et papa n'est pas chauve, ses cheveux peinent juste à cacher son crâne, c'est ça ? hausse un sourcil Charlie.

Il est réellement étonnant de voir ce dernier agir. Moins de quelques secondes plus tôt, il était prêt à dégommer tous les journalistes sur sa route pour aller rejoindre sa dulcinée — un peu à l'image de sa manière de dégnomer le jardin — mais une fois que Fred lui a assuré qu'elle allait mieux et que Fleur prenait soin d'elle, il s'est rapidement tranquillisé.

Pourtant, à intervalle régulier alors qu'il continue de débattre sur la possibilité ou non que je sois chauve, que Harry soit masochiste ou que Charlie soit un cas désespéré, il continue de jeter de brefs coups d'œil en direction du château, massant inconsciemment son poignet.

— Papa ? m'apostrophe George en posant sa main sur mon épaule. Tout va bien ? Tu avais l'air perdu dans tes pensées.

— Je réfléchissais juste à la vie, haussé-je les épaules.

— Et toi aussi tu trouves que Harry a un grain, c'est ça ? ricane Bill, se prenant un coup de coude de la part de Fred.

J'ai eu la peur de ma vie, ce soir-là, il y a près d'un an, lorsque Percy m'a raconté ce qu'il s'était passé dans ce couloir et le geste héroïque d'Hermione pour sauver mon fils, mais il a dit vrai.

Tout homme craint quelque chose, c'est ce qui nous rend humains, je suppose. Mais lorsque l'homme devient père, alors ses craintes deviennent tout autres, bien moins personnelles, bien moins égoïstes.

Plus jeune, j'avais peur de ne pas avoir un travail qui me plaise ou me rapporte quelque chose, peur de ne pas me trouver une femme qui pourrait redorer le blason ancestral des Weasley ou ne pas pouvoir transmettre mon nom.

Cependant, il y a plusieurs décennies maintenant, je suis devenu un père et mes préoccupations sont devenues bien plus importantes et je pense qu'il est désormais temps que je fasse mon mea culpa auprès de mes enfants.

— Je suis fier de vous, commencé-je, mal à l'aise d'exprimer mes émotions de cette manière. De chacun d'entre vous. Vous êtes tous de fiers garçons accomplis dans leur travail, vous avez une vie familiale plus ou moins stable et vous prenez des décisions rationnelles et importantes qui prouvent votre valeur.

— Papa, commence doucement Charlie, mais je le coupe.

— Je pense que tu devrais accepter cette proposition que t'a faite Bill. Tu le mérites amplement, crois-moi, souris-je doucement. Tu es maintenant un dragonnier accompli, un dresseur de dragon plus que reconnu sur tous les territoires et je suis certain que tu continueras toujours à te passionner pour les créatures magiques, mais je crois que tu as besoin de nouveaux challenges. Je suis même prêt à parier que tu ne prends plus autant de plaisir qu'avant dans ton métier, je me trompe ?

Charlie s'est toujours caractérisé comme étant un grand rêveur, un passionné et un intellectuel. Depuis sa plus tendre enfance, il a toujours cherché à tout comprendre, analyser ou déduire. Combien de fois, avec Muriel ou même Molly, nous sommes-nous inquiétés de sa perte d'attention dès qu'il avait compris quelque chose ? Bien trop souvent si je devais être honnête.

Mais ce n'est que lorsque la tante de ma femme nous a plus ou moins forcés à aller consulter une Psychomage pour être sûr de ses suppositions que nous avons pu mettre des mots sur ce que Molly prenait pour une sorte de maladie. Un QI plus développé que la normale, tout simplement.

— J'aime toujours ça, déclare-t-il en se raclant la gorge et se passant une main sur la nuque, mais être professeur ici m'a rappelé qu'il y avait encore beaucoup de matière à explorer et en Angleterre… Enfin, la Grande-Bretagne n'est pas encore prête à s'ouvrir sur le reste du monde ou sur les autres cultures, tu comprends ?

Je ne retiens pas mon sourire en voyant l'étincelle passionnée qui s'allume dans son regard lorsqu'il parle de ses protégés. Plus jeune, je lui ai demandé pourquoi il aimait tant les créatures, et sa réponse tout enfantine m'a rassuré et inquiété en même temps sur le futur de ses relations : ils ne s'encombrent pas de manières ou de mensonges. Ils sont simplement vrais.

— Je comprends, mon grand, hoché-je la tête. C'est pour ça que tu devrais accepter. Tu n'es pas obligé de faire toutes les missions que l'on te proposerait, mais je pense que ça pourrait te faire du bien de voir du pays.

— Et toi qui aimes mettre ta vie en danger, Maître de la Guilde de combat, c'est pile-poil dans tes cordes ! ricane Fred.

— Je n'aime pas mettre ma vie en danger ! grogne Charlie. Je suis juste dragonnier !

— Je parlais plutôt sur un plan personnel que professionnel, là, mon vieux !

Je ne peux qu'être d'accord avec lui ! Qui pourrait être assez fou pour vouloir continuer de vivre dans la même salle commune que sa femme et sa maîtresse tout en étant toujours amoureux de son amour de jeunesse qui était elle-même mariée à un autre ?

— Tu crois vraiment que McGo dirait oui pour que je parte à l'aventure une fois par mois, sans être sûre que je revienne ? lève-t-il les yeux au ciel ironiquement.

— À dire vrai, monsieur Weasley, j'ai déjà donné mon accord à votre frère, ce matin, lorsqu'il a fait part de sa volonté de créer cette équipe au professeur Babbling.

Parfois, je m'étonne vraiment de cette faculté incroyable qu'a cette femme de savoir se déplacer si silencieusement jusqu'à ce que je me souvienne qu'elle peut se transformer en chat, et donc se faufiler entre les jambes des journalistes avec une facilité déconcertante.

— Que ce soit vous ou votre frère, j'ai approuvé la demande de William ce matin, et j'ai envoyé une lettre de recommandation au seigneur Gobelin d'Angleterre, soupire-t-elle. Peu importe votre réponse, je l'accepterais parce que je vous connais et je suis d'accord avec les arguments de votre frère. Si quelqu'un peut veiller sur Miss Granger et s'assurer qu'elle revient en vie, ce serait à vous que je penserais en priorité.

— Hermione ? souffle-t-il, passant à nouveau au blanc.

— Elle est la meilleure pour démêler les énigmes et tous les deux, vous adorez vous lancer dans ce genre de choses, hausse les épaules Bill. Elle est tout aussi douée dans son domaine que toi dans le tien, Cha, reconnais-le !

— Mais je le reconnais parfaitement ! gronde-t-il en le vrillant d'un regard incendiaire. Ce que je refuse c'est qu'elle mette encore sa vie en danger ! Tu peux comprendre ça, n'est-ce pas ?

— Elle ne serait pas en première ligne, réfute-t-il. Tu serais là pour la protéger, avec George s'il veut se joindre à nous et Nott s'il accepte ma proposition.

Je suis du genre à toujours accepter de donner une seconde chance à tout le monde, mais je dois avouer que Théodore Nott, je n'aurais pas pensé à ça ! Pourtant, d'après Bill, ce petit a vraiment beaucoup de potentiel !

— George ? arque un sourcil Fred, amusé. Tu vas enfin avoir droit à ton instant de gloire ?

— Que veux-tu, Gred ! ricane-t-il. Ils ont enfin reconnu mon génie !

— Tu vas dire oui alors ? penche-t-il la tête, curieux.

— Il faut être réaliste, hausse-t-il les épaules, cachant mal sa gêne. J'aime les runes autant que tu aimes les potions ou que nous aimons les farces et attrapes, mais avec le développement de Weasley & Weasley, je crois qu'il est temps que nous pensions aussi à l'avenir…

— Luna ?

— Oui…

Je ne sais pas ce qui est le plus triste dans tout ça… Entendre la reddition dans le ton de George ou voir le sourire triste de Fred. Peut-être est-ce la manière de Bill de prendre les choses en main qui permet que l'image qu'ils ont toujours formée et formeront toujours pour moi ne s'effrite pas. Celle de deux trublions prêts à tout pour faire la plus grande farce.

— Imaginez ! sourit-il, extatique. Vous allez pouvoir vendre vos créations dans le monde entier !

— Et découvrir des nouveautés en potion ou en sorts et runes pour que les professeurs ne puissent jamais défaire nos inventions ! fait narquoisement Fred en mettant un coup de coude à son jumeau.

— Avoir de nouvelles idées…

— Dénicher de nouveaux secteurs…

— Obtenir des ingrédients inconnus en Angleterre !

— Je ne sais pas si je dois leur rappeler qu'ils sont professeurs maintenant et non plus mes élèves, soupire Minerva en reprenant la direction de Poudlard et le pupitre devant l'entrée.

De tous mes enfants, ils sont très certainement ceux pour qui elle nous a fait parvenir le plus de hiboux et à cause de qui elle s'est probablement fait le plus de cheveux blancs, et pourtant, Bill et Charlie se sont vraiment bien démarqués dans cette catégorie, je pense…

Chacun leur tour, je les vois se donner des idées toutes plus absurdes les unes que les autres dans une cohésion parfaite, retrouvant petit à petit le sourire que trois d'entre eux avaient perdu.

Certes, les vies de chacun d'eux sont sur le point de changer drastiquement, mais ils prennent les choses avec une certaine forme de philosophie qui me fascine, me rappelant une certaine jeune femme de ma jeunesse. Mon premier amour…

— Tu les aurais adorés, Keyla, chuchoté-je, ému.

— Keyla ? demande Charlie, le plus proche physiquement de moi. Qui est Keyla ?

Je me sens fermer les yeux et soupirer alors que le silence se fait autour de moi. Bien sûr… J'aurais dû savoir que je ne pourrais pas garder ce secret toute ma vie, mais je pensais tout de même avoir plus de temps pour leur faire part de la raison pour laquelle j'aime tant le monde des Moldus…

La lassitude me tombant sur les épaules lorsque je redresse la tête et croise leurs regards pleins d'interrogation, je m'entends commencer mon récit, ressentant une certaine forme d'expiation à révéler une part de ma vie qu'uniquement deux personnes ont sues un jour.

— Tu n'as pas été mon premier enfant, Bill, soufflé-je en le regardant droit dans les yeux, refusant de baisser le regard. Tu aurais dû avoir une grande sœur.

— Maman est tombée enceinte avant moi ? sursaute-t-il, effaré. Vous m'avez déjà fait croire pendant des années que vous m'aviez créé pendant votre nuit de noces, et qu'elle était « pure » le jour de votre mariage !

— C'est un peu plus compliqué que ça…, soupiré-je en me frottant la nuque. Cette enfant n'est jamais née et sa mère est morte en couche…

J'entends la déglutition de Charlie tout autant que je vois le regard de mes fils dériver vers lui quelques secondes avant de lui offrir l'espace dont il a besoin pour se recomposer un visage de façade.

— Alors tu as eu quelqu'un avant maman ? hausse un sourcil George.

— Oui, hoché-je la tête. Elle était Cracmolle et habitait dans le village à côté de celui dans lequel j'ai grandi. Elle était une sorte de mélange entre la folie et le génie et surtout, elle riait tout le temps. C'était une véritable bouffée de fraîcheur.

— D'où ton amour pour les Moldus, fait Fred de la même manière. Quelqu'un était au courant ?

Jamais je n'aurais cru devoir leur expliquer ce genre de choses et encore moins aujourd'hui alors que Harry est sur le point de se mettre à nu devant tant de journalistes, mais il semblerait que tout finisse par arriver un jour, qu'on le souhaite ou non…

Petit à petit, des souvenirs auxquels je me suis refusé de penser depuis des années refont surface, menaçant de me submerger jusqu'à ce que je sente la main de Charlie sur mon poignet et lentement, comme si mes barrières d'Occlumancie se reformaient d'elles-mêmes.

Mais je sais que ce n'est pas de mon fait. Je sais qu'il s'agit de son action. Décidément, Severus avait raison, Charlie est vraiment très doué dans son domaine…

— Merci mon grand, chuchoté-je avant de reprendre mon sérieux lorsqu'il hoche la tête dans mon sens. Votre grand-père, Septimus, était au courant, bien sûr, puisqu'il a été celui à avoir proposé un contrat d'Union entre Molly et moi, lorsque Keyla est décédée. Votre grand-tante Muriel a été la seconde.

— Et maman ? fronce les sourcils Bill. Elle ne l'a jamais su ?

Je suppose qu'il est légitime qu'il pose ce genre de question, mais je sens bien qu'il sait déjà ce que je vais lui dire. Molly ne comprendrait pas que j'ai pu avoir quelqu'un d'autre qu'elle-même si je sais pertinemment qu'elle-même n'était plus aussi « intacte » que nous l'avait vendu son père…

Cependant, comment prendraient-ils le fait que le mariage d'amour que nous leur avons romancé toute leur adolescence ne soit que du vent ? Mal, très certainement… Parce qu'en faisant ça, ils ne comprendraient pas pourquoi j'ai accepté tant de choses de la part de leur mère et pourquoi je l'ai laissée faire tant de choses avec eux…

— J'ai aimé chacun de vous depuis que j'ai su que votre mère vous portait, n'en doutez jamais, soupiré-je en me frottant les yeux. J'ai fait de mon mieux pour que vous ayez un toit sur la tête, de quoi manger, des vêtements et de quoi faire les études qui vous correspondaient. Je n'ai pas pu être aussi présent que je le voulais dans vos vies, mais j'ai fait de mon mieux pour que vous soyez heureux.

— On le sait ça, papa, hoche la tête Charlie en me pressant le poignet. Tu n'as pas besoin de nous le dire.

— Pourtant, vous avez besoin d'entendre que j'ai confiance en vos qualités et vos compétences tout autant que Muriel a eu confiance en ma capacité à être un bon mari pour votre mère et un bon père pour vous, grimacé-je.

— Quand est-ce que Muriel l'a su ? fronce les sourcils Fred.

De tous mes enfants, il est celui à avoir dû subir le plus de la part de ma femme. Même Muriel, en étant simplement sa tante, a bien souvent préféré garder les jumeaux chez elle, le soir, pour qu'il puisse souffler.

Parce que, ce qui caractérise le plus Fred, c'est cette empathie qu'il exprime si facilement depuis quelque temps, majoritairement avec Hermione ou même Harry, comme j'ai pu le voir le jour de Noël.

Mais est-ce que, si je leur disais la vérité, il comprendrait ? Rien n'est moins sûr, malheureusement… Pourtant, pour lui, je me dois d'essayer, parce qu'il a besoin de savoir qu'au moins un de ses parents est fier de ce qu'il est et de ce qu'il est devenu.

— Je ne sais pas si Bill et Charlie s'en souviennent, mais après votre naissance, les jumeaux, il y a eu une période où je n'étais pas au Terrier, soupiré-je encore.

— Tu rentrais tard le soir, se souvient Bill, les yeux dans le vague. Je me souviens que tu venais toujours avec un livre pour Percy et Charlie, une peluche pour les jumeaux et tu me racontais une histoire avant que j'aille au lit. Tu nous disais que tu travaillais tard…

— Ça a duré trois mois, si je me souviens bien, hoche la tête Charlie.

— C'est exact, affirmé-je. Pendant ces trois mois, j'ai habité chez Muriel. Un soir, j'étais tellement perdu dans mes pensées qu'elle est parvenue à me faire parler et expliquer pourquoi je laissais tant de latitude à votre mère dans votre éducation ou même pourquoi je ne m'imposais pas.

— C'est pour ça que même en tant que Sang-Pur, jamais elle ne s'est permis de critiquer les Moldus devant toi ! s'exclame George en sursautant, les yeux pétillants.

— En effet, hoché-je la tête à mon tour. Muriel savait mon secret et elle a promis de l'emporter dans la tombe, ce qu'elle a fait…

— SILENCE, JE VOUS PRIE ! s'exclame Minerva sur le parvis du château. La conférence de presse va bientôt débuter.

L'apparition de Harry, encadré par Fleur et Hermione, chacune d'un côté, dans son dos, en soutient, nous détourne de notre conversation et le plus rapidement possible au vu des journalistes qui se massent devant le pupitre, nous parvenons sur le côté de l'estrade où vont se poster les filles ainsi que certains étudiants tels que le petit Malefoy ou Luna.

— Tu vas bien ? chuchote Charlie en réceptionnant Hermione lorsqu'il arrive face à elle, scannant son visage pour trouver le moindre signe indiquant le contraire.

— Ne t'en fais pas, tout va très bien ! sourit-elle fortement. Le directeur et moi venons d'éclaircir un point important.

— Vous en parlerez plus tard, d'accord ? grimace Fred, tout aussi stressé que Harry. La conférence va commencer.

— Tout va bien se passer, Fred, sourit doucement Fleur. Severus lui a remis la tête sur les épaules après ton départ. Tout ira bien, et dans le doute, j'ai missionné quelqu'un pour prendre la parole à sa place s'il commence à se laisser envahir par le stress.

Cette fille est une réelle perle. Lorsque Bill nous l'a présentée, je ne savais pas trop qu'en penser, mais je dois admettre, avec le recul, qu'elle a été un pilier important pour toute cette famille brinquebalante que nous sommes.

— Merci à tous d'être venus, même si je n'en comprends pas vraiment la raison, attaque Harry, les épaules carrées, la mâchoire serrée.

— Ça commence mal, grimace Drago. Dire que je lui avais écrit un discours parfait… Il faut vraiment qu'il suive quelques cours de diplomatie…

— C'est peut-être une manière de faire dégager Skeeter au plus vite, hausse les épaules Pansy.

— Je crois surtout qu'il est sur le point d'évacuer pas mal de colère…, soupire Padma Patil.

— J'ai hâte de voir ça en tout cas ! se réjouit George.

C'est toujours une expérience en soi de voir mes enfants interagir avec des Serpentard. À leur manière, je sais que chacun de mes enfants aurait pu se retrouver dans la maison du serpent, mais George et Charlie sont les deux qui y auraient eu le plus leur place, assurément !

— Je trouve épatant que tant d'entre vous aient fait le déplacement pour vous permettre de juger mes choix de vie alors que l'an passé, à la même date, vous étiez, pour la plupart, trop effrayés pour ne serait-ce que vous bouger pour défendre les enfants qui étudiaient sous la direction d'un Mangemort et à qui l'on apprenait des sortilèges de magie noire, susurre-t-il en souriant froidement. Il semblerait que certains trouvent toujours le chemin des potins, comme le dirait si bien Pansy !

Le ricanement de certains journalistes dans l'assistance en regardant en direction de Rita ou de la sorcière arborant fièrement le badge de Sorcière-Hebdo est un réel délice. Combien de fois, ces dernières années, a-t-il dû subir les articles de certains scribouillards tels que la blonde ?

— Est-ce parce que tu es enceint que tu as pris tant d'assurance, Harry ? demande, d'ailleurs, Skeeter.

— Est-ce parce que vous êtes une si piètre journaliste que vous vous sentez obligée d'utiliser une Plume à Papote, Skeeter ? susurre-t-il froidement. Ou peut-être est-ce parce que vous n'avez aucune conscience professionnelle et cherchez impérativement à vous imposer face à de vrais journalistes que vous cherchez à tout prix à créer des ennuis à tout le monde ? Et pour votre gouverne, sachez que mes yeux sont verts, si vous devez encore une fois vous permettre de dire qu'ils sont baignés de larmes au souvenir de la mort de mes parents.

— Peut-être que le laisser entre les mains de Severus n'était pas la meilleure idée que tu aies eu, Fred, ricane Charlie.

— Tu rigoles ? s'écrie-t-il. C'était la meilleure de mes idées, tu veux dire !

Je dois le reconnaître, il n'a pas tort ! Rarement je n'ai vu Harry aussi sûr de lui devant une foule, mais d'un autre côté, pour quiconque sait y regarder de près, on peut voir qu'il serre ses poings et semble prêt à déguerpir en moins d'une seconde…

— Je ne répondrai qu'à quatre questions, et uniquement si ces questions ont un réel intérêt, grimace-t-il en dardant un regard furieux sur Rita.

La cacophonie se fait entendre immédiatement après cette annonce et cette fois-ci, sa frayeur est clairement visible. C'est pourquoi, après un soupir et s'être assuré que sa coiffure et sa tenue sont impeccables, la petite Greengrass fend l'estrade et ses collègues Serpentard pour aller le rejoindre.

— Laisse-moi faire. Je sais reconnaître un vrai journaliste d'un abruti analphabète, assure-t-elle en lui décrochant un sourire en coin.

— Je te laisse la place avec plaisir ! fait-il de la même manière en reculant d'un pas.

— Monsieur Moterelle ? hausse-t-elle un sourcil en regardant l'homme imposant au premier rang. Posez votre question.

Je suis épaté. Elle a beau n'avoir que dix-neuf ans, elle semble vraiment se débrouiller dans le domaine de la communication ! Avec fluidité, elle répond aux quelque dix premières questions, s'assurant de bien faire comprendre qu'elle suivra la politique de Harry, à savoir que seules les questions importantes et ne se rapportant pas à sa vie privée seront abordées.

— C'est elle que je veux, souffle Bill, les yeux pétillants fixés sur Daphnée. Elle est parfaite !

— Dois-je te rappeler que nous sommes mariés ? grimace Fleur en le dardant d'un regard sévère.

— Professionnellement parlant, Amour, sourit-il en coin tout en la rapprochant de lui. C'est elle que je veux comme diplomate ! Elle sera parfaite pour le poste !

Ma belle-fille penche la tête, examinant la jeune femme d'un œil critique tout en ne pouvant écarter la fluidité avec laquelle Daphnée semble naviguer durant cette conférence de presse, renvoyant dans les cordes tous les journalistes qu'elle juge, visiblement, peu sérieux.

— C'est vrai qu'elle a l'air bien, approuve-t-elle. Mais pour le moment, elle n'a pas dû vraiment aborder de question vraiment difficile, et je connais assez Arielle Laurin pour savoir qu'elle se fera un plaisir de tenter de la mettre en difficulté. Ma mère peine souvent à répondre à ses questions…

— Aie confiance en elle, sourit en coin Théo. Elle a bien plus de ressources que tu ne sembles le croire.

— Il n'a pas tort, hoche la tête Neville. Elle est parvenue à gagner une affaire en mon nom face au ministère anglais avec le soutien du ministère français de la Magie.

— Tes parents vont être soignés à l'hôpital St Sacre, du coup ? arque un sourcil Fleur.

— Oui, approuve-t-il. Elle est même parvenue à obtenir de Yonas Vasovitch qu'il vienne tester leur esprit pour savoir s'il est possible de les guérir.

— Le plus jeune Maître des arts de l'esprit des pays de l'Est ? sursaute Hermione. C'est une légende cet homme !

— Ce qu'il ne faut pas entendre…, soupire Severus en levant les yeux au ciel.

— Reconnais au moins qu'il est une sommité dans le domaine, Sev, ricane Charlie.

— Tu te laisses berner par un titre ronflant, Weasley, grimace le directeur.

— Excusez-moi, s'agace Daphnée en les crucifiant sous son regard. Ça vous gêne si je suis en train de bosser, là ?

Cette petite a vraiment une sacrée poigne ! Même Severus semble accepter la remarque alors qu'il n'est pas le genre à se laisser marcher sur les pieds !

— Reprenons, monsieur, hoche-t-elle la tête en direction d'un journaliste en fond de foule. Quelle était votre question ?

— Marius Malevitch, pour L'Oracle Écarlate, se présente-t-il en se redressant. Quel est l'impact d'une grossesse masculine sur les lignes telluriques britanniques qui sont, depuis plusieurs décennies, bien faibles comparées à celles de nombreux autres pays ?

Comment quelqu'un pourrait-il savoir répondre à ce genre de question ? Mais plus que tout, comment ce journaliste peut-il s'attendre à ce qu'une étudiante sache répondre ?

— En toute honnête, je préfère vous répondre que je ne sais pas quel est l'impact d'une grossesse masculine, néanmoins, je vous propose de vous diriger auprès de ma collègue, Hermione Prewett, sourit-elle doucement. Elle sera certainement la plus à même de vous renseigner sur ce point.

Évidemment… S'il est une personne dans tout ce foutu royaume magique capable de répondre à ce genre de questions, c'est bien elle ! Et si j'en juge ses joues se teintant doucement de rouge, elle ne s'attendait pas à devenir le centre d'intérêt de la foule.

— Miss Greengrass, l'appelle une jeune femme presque aussi rousse qu'un Weasley, chaussée d'escarpins extravagants. Arielle Laurin pour Le Monde de Demain.

— Aïe…, grimace Fleur. C'est maintenant que les choses se corsent…

— Peut-on dire que la naissance de cet enfant liant les sangs des quatre Fondateurs de Poudlard est un premier signe vers une réhabilitation du Parlement des Peuples, et donc de l'abolition de votre Magenmagot ? Et en corollaire à ma question, peut-on espérer qu'une telle naissance soit un nouveau pas, comme celui de Yule, vers le réapprentissage des préceptes de Magia que les Anglais semblent avoir oublié ?

Finalement, je crois que je comprends un peu mieux ce que voulait dire Fleur, tout à l'heure, lorsqu'elle la disait fortement retorse. Bon sang ! À moins d'un prodige, je ne vois pas comment cette jeune fille, qui s'est admirablement bien défendue jusqu'à présent, pourrait s'en sortir…

Cependant, alors que Minerva s'apprête à faire signe à n'importe qui pour venir en aide à la jeune Greengrass, je sens mon poignet s'échauffer, signe que les ennuis ne font que commencer. Merde alors !

Comment a-t-elle bien pu faire pour se libérer aussi facilement et rapidement ! J'ai pourtant usé de magie patriarcale pour l'enfermer au Terrier ! Comment a-t-elle pu passer au-dessus de ce lien ?

En temps normal, je rechigne fortement à user de ce type de magie que je trouve fortement avilissant pour les femmes, d'autant plus que j'ai vu ma propre mère subir ce genre de choses bien trop souvent pour vouloir fermer les yeux en étant moi-même devenu adulte.

Néanmoins, depuis la fin de la guerre et le jour où j'ai vu Molly perdre totalement les pédales en insultant nos enfants, j'ai bien compris que je serais obligé, à un moment donné, de faire montre de bien plus d'autorité, comme Muriel me serinait de le faire de son vivant.

Elle, plus que quiconque, a connu ce qu'est de vivre sous le joug d'un homme dur et impitoyable, que ce soit dans la chambre à coucher ou dans son bureau au Ministère.

Pourtant, elle a été la première à me dire que, de temps en temps, il fallait que j'impose des limites à ma femme, sous peine de la voir spolier totalement mon autorité sous mon propre toit. Et elle n'avait malheureusement pas tort.

Il n'a fallu à Molly que sept ans pour que tout l'amour et le respect que mes premiers enfants avaient pour moi ne se dissipent, et je ne parviens toujours pas à comprendre comment, en dépit de tout ce temps passé au travail, ils ont pu accepter si facilement mes explications, plus tôt…

Je suis navrée, mademoiselle Laurin, reprend Daphné dans un Français parfait, mais comme je l'ai dit à votre collègue, en ce qui concerne les lignes telluriques et les implications futures pour la magie, de la naissance de l'enfant de Harry et Fred, je préfère laisser la parole à Hermione Prewett qui est, elle, bien plus à même de vous répondre. Hermione ?

Je ne saurais dire qui de mes fils, leurs compagnons, collègues, étudiants ou moi, est le plus déstabilisé en entendant le nom de Lord de Charlie accolé au prénom d'Hermione. Néanmoins, elle relève la tête, les joues rouges de gêne et s'en va rejoindre le pupitre tout en accordant un sourire crispé à la jeune fille.

— Tu n'as pas pu t'en empêcher, n'est-ce pas ? soupire-t-elle.

— Tu me connais, j'adore mettre les gens dans l'embarras ! ricane la petite Serpentard. Et maintenant, à toi de faire ta part du boulot, Granger !

— C'est si aimable de ta part ! grimace-t-elle en se plaçant face à la foule. Tout d'abord, mademoiselle Laurin, permettez-moi de vous féliciter pour votre troisième Globe d'or en une décennie de carrière. Certains travaillent toute leur vie pour parvenir à un tel niveau d'excellence. Vous, vous nous prouvez que certains ont un don inné pour le journalisme réel et non de bas étage. C'est tout à fait revigorant pour une anglaise qui n'a eu que les « papiers » de Skeeter durant des années, croyez-moi !

Il semblerait que, dans le cas d'Hermione tout comme pour Harry, chacun d'eux ait des comptes à régler avec la scribouillarde de La Gazette ! Néanmoins, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour eux après cette attaque de front contre la journaliste. Au vu de son sourire carnassier, je suis certain qu'elle prépare un sale coup, et je ne doute pas qu'elle s'en prenne à Hermione en réparation…

Le froncement de plus en plus prononcé des sourcils de Minerva met en avant l'accentuation de son pincement de lèvres, et durant quelques secondes, je me prends à frissonner d'angoisse à l'idée que ce puisse être parce que Molly tente de percer les défenses de Poudlard et non parce qu'Hermione et Harry se mettent en position de faiblesse face aux bassesses de Rita.

— Le Magenmagot, tout comme la Confédération Internationale des Sorciers, est important parce qu'il permet une certaine cohésion des sorciers et leur permet assez souvent, en temps de guerre, d'organiser des défenses rapides et conséquentes pour éviter des cataclysmes, débute ma belle-fille avec emphase.

En toute honnêteté, je doute qu'elle soit dans le vrai… Si une telle cohésion avait réellement existé, peut-être que la débandade dont a fait preuve l'Angleterre n'aurait pas pris tant d'ampleur, et peut-être que Voldemort n'aurait pas pris le pouvoir aussi rapidement qu'il l'a fait ces dernières années.

Néanmoins, il faut reconnaître que, sans la présence d'esprit de la CIS, grâce à certains regroupements d'Aurors partis en aide à de nombreux pays l'an passé, le nombre de décès à recenser aurait été largement plus conséquent.

Sans la présence d'esprit de Kingsley et Tonks, il ne fait même aucun doute que la famille de Viktor Krum n'aurait pas survécu, ou alors que celle des Delacour n'aurait pas pu tenir face à la cinquantaine de Mangemorts les ayant attaqués, quelques jours avant la bataille finale, le soir même où les enfants ont cambriolé Gringotts.

Merlin… Combien de crises cardiaques ai-je frôlées à cause de ces trois petits, l'an passé ? Bordel… Entre leur brusque départ le jour du mariage de Bill et Fleur, leur incursion dans le ministère et celle dans la banque des sorciers, je crois qu'ils m'auront fait toutes les conneries inimaginables en moins d'un an…

Mais il faut dire que c'est ça qui les rend si incroyables, tous les trois. À leur manière, malgré la distance que je peux clairement voir qu'ils ont mis entre eux et les chemins différents qu'ils semblent prendre petit à petit, Ron, Harry et Hermione représentent un symbole pour tous les sorciers anglais.

Celui de la cohésion, de l'amour et de l'entraide. Peu importe la froideur de leur relation, la distance ou la grimace renfrognée qu'affiche en ce moment même mon fils, je sais qu'ils restent toujours unis, et c'est pour ça que je me prends encore à espérer au rétablissement de leurs relations.

— Je ne pense pas que la dissolution du Magenmagot soit nécessaire pour le renouveau du Parlement des Peuples, secoue la tête Hermione. Je pense que, pour la pérennité et l'avenir du monde sorcier anglais, il est plus que nécessaire que ces deux unités cohabitent, pour prouver que les créatures et les sorciers peuvent cohabiter entre eux et prendre des décisions communes pour les bienfaits et le renouveau de la magie.

— Est-ce la raison pour laquelle vous avez organisé cette bénédiction de Magia, le soir de Yule, ici même ? fronce les sourcils Marius Malevitch après avoir levé la main.

Un sourire tendre et ému surtout se peint sur mon visage. Il y a de très belles formes de magie dans le monde, mais celle qu'elle a déployée, cette nuit-là, était vraiment magique.

Voir les âmes des combattants pouvoir rejoindre les Cieux pour un repos bien mérité, le retour sur nos terres de dragons millénaires et la présence de créatures que le peuple sorcier anglais avait fini par oublier était vraiment l'une des plus belles choses qu'il m'ait été donné de voir.

Ou bien peut-être est-ce le regard pétillant de Bill, celui plein d'amusement de George, apaisé de Fred ou encore celui brillant de la plus pure forme de sentiments, proche de l'amour de Charlie, qui m'a convaincu qu'elle avait fait plus qu'un miracle, cette nuit-là. Elle a rendu l'espoir à nombre de sorciers dans ce parc…

— Je l'ai fait parce que tout sorcier devrait se souvenir et procéder à ce genre de rituels, sourit-elle doucement. Tout sorcier, toute créature possède en lui un flux de magie plus ou moins important en fonction de son ascendance, et rendre hommage à celle grâce à qui nous pouvons nous décrire comme être magique est plus qu'important. Pour elle, certes, mais aussi pour les autres. Le monde magique est un organisme. Nous ne pouvons vivre sans les autres, et en faisant ce genre de rituels, nous aidons les autres sorciers à augmenter leur propre magie.

— Est-ce la raison pour laquelle tu as rendu son corps au directeur de Poudlard, cette nuit-là ? arque un sourcil amusé Lee Jordan, l'ami des jumeaux.

En ma qualité de directeur de Département de détournement de l'artisanat moldu, je me suis fait un plaisir de laisser Molly à sa préparation du réveillon de Noël pour pouvoir assister à cette cérémonie, et le moins que je puisse dire, c'est qu'elle a été surprenante.

Il y avait, cette nuit-là, dans le regard de Charlie, une flamme que je ne lui avais jamais vue, un embrasement que je ne pensais plus jamais voir dans ses yeux si semblables aux miens. Il était heureux et, oserais-je le dire, amoureux, j'en mettrais ma baguette au feu.

Il y avait tant de grâce et d'élégance dans leur première danse, tant de dévotion à l'autre et de respect, que je me suis senti extrêmement humble devant eux, une larme me coulant sur la joue et acceptant le mouchoir que m'a élégamment tendu Narcissa après en avoir fait de même avec Minerva.

Ils étaient beaux dans leur détresse et leur douleur que m'ont expliquées Fleur et Bill, le lendemain, lorsqu'ils sont venus me rejoindre au Chaudron Baveur. Magnifiques dans leur timidité et adorables dans leur passion ardente.

Juste un jeune couple ne sachant réellement comment avancer sans entrer en collision, mais qui, durant quelques heures, prenaient le temps d'apprécier une danse, un moment de grâce entre deux combats, pour apprécier d'avoir un pilier sur lequel se maintenir en équilibre, une âme tout aussi écorchée que la leur sur laquelle se reposer. Tout simplement amoureux, mais refusant de se l'avouer.

— Je ne pensais pas que vous l'aviez vu, souffle-t-elle, mal à l'aise.

— Tu rigoles ? ricane Lee en s'avançant pour serrer la main des jumeaux. Tu rends son enveloppe corporelle à un fantôme et tu crois que ça va passer inaperçu ? Alors ?

— Je ne suis pas sûr que la RITM accepte si facilement cette familiarité ! rit George.

— Tu plaisantes ? s'amuse Fred. Ils n'auraient pu envoyer personne d'autre que Rivière pour ce genre de conférence de presse !

— Taisez-vous ! siffle Daphnée. Granger est en train de marquer des points pour ton mec, Weasley, alors soit un gentil petit griffon bien soumit et ferme-la !

— Greengrass ! fait mon fils de la même manière avant d'être interrompu par Malefoy.

— Laisse couler, numéro quatre, elle est simplement stressée, comme à chaque fois qu'elle bosse… C'est sa marque de fabrique…

— Ça passe pour cette fois, rechigne Fred. Mais elle a intérêt à être très persévérante sinon elle comprendra pourquoi elle doit me craindre.

— Rentre tes griffes, elle sait ce qu'elle fait.

C'est vraiment étonnant de les voir tous agir entre eux. J'ai si souvent entendu mes jumeaux et Percy, et plus encore Ron et Ginny être persifleurs à propos des Serpentard, que je ne pensais pas voir ce genre de scène un de ces jours…

— La guerre a décimé beaucoup de familles, beaucoup de peuples, débute Hermione, le souffle retenu. Le moins que je puisse faire, c'est offrir à l'une d'elles la possibilité d'être réunie, même pour une seule soirée.

— Penses-tu que ton acte ait joué sur la puissance du rituel qui a suivi ? demande Lee, la tête penchée, ses dreadlocks frôlant sa chute de reins désormais.

Mes jumeaux ont toujours eu beaucoup de mal à se lier d'amitié avec quiconque, alors, lorsqu'ils nous ont présenté ce garçon, si diffèrent de Harry ou Hermione pour ne citer qu'eux, cela nous a profondément ébranlés, Molly et moi.

Mais tout comme Muriel, nous nous sommes réjouis de les voir s'ouvrir au monde, de les voir accepter de laisser un autre jeune de leur âge dans le cercle très fermé de leurs amis.

— À dire vrai, je n'y avais pas du tout pensé, fronce les sourcils Hermione. Peut-être, oui, je n'en sais rien je dois dire.

— J'aurais une question pour Harry et Fred, tu crois que c'est possible ? lui demande-t-il, une grimace désolée sur le visage.

— Tout dépend de la question, je suppose ? plisse-t-elle les yeux.

— Je voudrais simplement savoir s'ils ont quelque chose à dire aux sorciers qui prennent pour argent comptant les conneries que déblatèrent Skeeter et sa mystérieuse source inconnue qui m'a tout l'air d'être une invention de sa part, sourit-il, rusé.

— Oh ! fait-elle de la même manière, les yeux flamboyants. Je suppose que je peux laisser la parole, dans ce cas ! Harry ? Fred ?

D'un simple coup d'œil entre eux, je les vois prendre leur décision en quelques infimes secondes, la colère grondant dans leurs veines. À n'en pas douter, ils vont encore une fois partir en guerre et je ne doute pas que Skeeter se fera un plaisir de le leur faire payer au centuple…

Le visage vide de toute émotion, les poings crispés sous la fureur grandissante, leurs doigts fermement enserrés entre eux, Harry et Fred prennent la direction du pupitre, le brun prenant le parti de laisser mon fils faire le discours.

— La vie privée de chacun devrait rester, comme son nom l'indique, privée, attaque-t-il d'un ton mordant. Certains s'octroient le droit de révéler des choses qui ne devraient pas être divulguées dans le domaine public.

— En sauvant le monde sorcier, Potter est devenu une personnalité publique, de ce fait, tout ce qu'il dit ou fait est du domaine public, réfute Rita.

— Une chance pour nous que vous ne sachiez pas bouger le moindre de vos petits doigts de peur d'écailler votre vernis, Skeeter, n'est-ce pas ? susurre froidement Harry. Le monde n'a pas forcément besoin de savoir à quel point vous êtes une menteuse tarée, n'est-ce pas ?

— Tu dis donc que tes Moldus ne t'ont jamais traité de monstre ? sourit-elle narquoisement en continuant de tailler ses ongles en pointe. Tu ne perds pas le contrôle de ta magie assez souvent au point d'en avoir peur toi-même ? Tu n'as pas peur que votre enfant verse dans les Ténèbres puisque tu as souvent été possédé par Tu-Sais-Qui et que tu te dis toi-même être quelqu'un de mauvais ?

Bon sang ! Elle est en train de citer toutes les choses qui m'ont fait faire des bonds sur ma chaise lorsque j'ai lu l'article hier ! Toutes les raisons pour lesquelles j'ai préféré rentrer à la maison et interdire à Molly de venir demander des comptes ! En vain, visiblement…

— Intéressant ! vient à sa rescousse Lee. Vous ne démentez pas le fait d'être tarée, mais qu'on puisse vous prendre pour une menteuse vous hérisse le poil ?

— Laissons donc Harry répondre à mes questions et nous verrons ensuite, susurre-t-elle.

— Mais il n'a pas à répondre à ce genre de questions ! s'agace Lee en tirant sur ses dreads. Le fait que vous vous sentiez investie d'une mission divine en pourrissant la vie de tout le monde ne le force pas à…

— Soit ! sourit-elle doucereusement en levant sa main aux ongles pointus devant le visage de Lee. Dans ce cas, laisse-moi poser une question à ton ami Weasley.

Je la sens mal cette question, et visiblement, je ne suis pas le seul dans ce cas si j'en juge les traits tirés de mes fils à mes côtés. Eux aussi, tout comme moi, pressentent que cette question pourrait faire s'effondrer les bases encore branlantes de leur relation.

— Frederick, susurre-t-elle, les yeux brillant de convoitise. Mon petit doigt m'a dit que vous aviez demandé Harry en mariage, est-ce exact ?

— Oui, affirment-ils d'un commun accord en serrant leurs doigts ensemble, le même air froid sur leurs deux visages.

Plusieurs choses simultanées se passent. La surprise, tout d'abord, de voir que Fred a suivi mon conseil, puis l'incompréhension que nous ressentons en nous rendant compte d'à quel point Rita a l'œil partout et enfin l'affolement en voyant Molly émerger du Saule cogneur toute crinière au vent, son tablier toujours sur elle.

— NON ! s'écrit-elle en débarquant au milieu des journalistes. Tu n'avais pas le droit !

— Bordel ! grondé-je en fendant la foule pour aller la rejoindre. Tu étais censée m'attendre à la maison pour que nous parlions !

— Tu m'as enfermé comme un animal pestiféré dans ma propre maison ! crie-t-elle en me frappant de ses poings sur le torse. Tout ça pour que je ne puisse pas défendre Ginny !

Il me faut toute la force de ma persévérance pour ne pas la ramener manu militari au Terrier et avoir la fameuse conversation qui, j'en suis sûr, risque de créer une nouvelle scission dans notre famille, mais il est temps que je reprenne les rênes de cette famille !

— Molly Weasley, assené-je calmement. Je t'ordonne de rentrer à la maison et d'y rester tant que tu n'auras pas revu ta manière de penser ! Et quelle est cette histoire de défendre Ginny ?

— Je crois que je peux vous aider sur ce point, sourit doucereusement Skeeter. Je crois que votre femme vous parle de ceci !

D'un geste hautement théâtral, Rita sort de son sac un rouleau de parchemin à l'aspect banal, mais lorsque je le déroule, je sens toutes mes couleurs quitter mon visage. Par Merlin ! Comment a-t-elle pu faire une telle chose ?!

— Tu as signé un contrat de fiançailles entre Harry et Ginny sans mon accord ? sifflé-je, peinant grandement à garder mon calme. Es-tu inconsciente ?!

— Je voulais assurer l'avenir de notre fille puisque tu ne sembles pas t'en inquiéter, toi ! crie-t-elle. Est-ce que tu te rends compte que…

— Que rien du tout ! hurlé-je en la prenant par le bras avant de la secouer, la fureur se déversant en moi. Ginny s'en sortira très bien sans que tu ne viennes te mêler de leurs affaires ! Mais plus que tout, Molly, je ne comprends pas pourquoi tu as fait ça ? Fred aussi est notre enfant, même si tu sembles l'oublier ces derniers temps !

— Ce n'est pas…

— Tais-toi ! Ça suffit maintenant ! grondé-je. Rentre à la maison ! Tout de suite ! C'est un ordre !

— On s'en occupe papa, fait Bill en la prenant par un bras tandis que Charlie en fait de même avec le second.

Je hoche la tête sèchement, incapable de faire quoi que ce soit d'autre sans perdre le peu de sang-froid qu'il me reste. La main d'Hermione et celle de Fred sur mon épaule me ramènent à l'instant présent.

— Peut-on voir ce document, monsieur Weasley ? demande doucement la jeune fille, un sourire triste sur le visage. Drago peut s'occuper de le rendre caduc si vous le souhaitez.

— Je ne tiens pas une putain de clinique juridique gratuite, Granger ! siffle-t-il en nous rejoignant tout de même. Montrez-moi ça !

À contrecœur, je laisse au jeune Malefoy le parchemin, comprenant que l'avenir de ma famille, le bonheur futur de Harry et Fred passera par le talent de ce petit blondinet qui ressemble furieusement à mon ennemi.

Consciencieusement, il se lance dans la lecture du manuscrit, ses sourcils se fronçant à intervalles réguliers avant que ses yeux ne s'écarquillent à la fin, attrapant vivement le bras d'Hermione pour lui mettre le document sous les yeux.

— Ça ne te rappelle rien, ça ? susurre-t-il en lui montrant l'endroit de la signature.

— Rémus J. Lupin, souffle-t-elle en écarquillant les yeux à son tour. Le voleur de bague !

— Ça m'en a tout l'air, hoche-t-il la tête.

— Quelqu'un peut-il m'expliquer ? grondé-je en me frottant les tempes.

Je les vois, Hermione, Harry, Fred et Drago, se concerter du regard avant que le blond hoche la tête, sifflant quelque chose. Ce n'est que lorsqu'ils me font traverser le hall puis le second étage avant de nous arrêter devant les toilettes de Mimi Geignarde qu'ils se tournent enfin vers moi.

— Tu vas découvrir quelque chose de génial, papa ! sourit grandement Fred en me faisant un clin d'œil.

— Évitez simplement d'en parler à quiconque, d'accord ? soupire Harry en ouvrant la porte. C'est un secret que nous aimerions encore garder quelque temps pour nous.

C'est lorsque j'entends Harry siffler quelque chose en regardant fixement le robinet d'un des lavabos que je comprends enfin ce qu'il se passe et mes frissons d'angoisse reprennent encore une fois. Bordel de merde…

Nous nous sommes donné tellement de mal, avec Molly, pour que la mésaventure de Ginny ne soit pas connue et que personne ne lui en reparle pour éviter que le traumatisme grandisse en dépit des séances avec un Psychomage, que jamais je ne m'attendais à devoir descendre dans la fameuse Chambre des Secrets.


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Je vous dis donc au samedi 3 juillet pour la troisième partie du chapitre 33 intitulé : « Futur et aventures » !

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.