Bonjour et bienvenu

Dans cette première partie du chapitre trente-deux du Souffle Du Dragon !

Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :

1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté (ou un qui serait découpé en trois partie) , nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !

2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposté, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !

3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.

À l'attention de Dramionymus, Lena-Malefoy et Adalind.S, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout courts ? !

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !


*** Bonne lecture ! ***


Charlie

Dire que ces derniers jours ont été une partie de plaisir serait la plus grosse farce de l'année… Peut-être même de la décennie, je ne saurais vraiment me décider sur ce point en particulier, malheureusement… Peut-être un peu des deux, je suppose…

Entre le battage médiatique dans La Gazette qui a suivi la conférence de presse de Harry et Fred et l'interview exclusive que les jumeaux et Pansy ont donnée à Lee Jordan pour la création d'une ligne de vêtement sorcier créée par la jeune femme et parrainée par mes frères, la vie à Poudlard — et très certainement en dehors du château — est devenue encore plus pesante.

Mais ce sont les répercussions que la conférence a eues sur notre famille et les nombreuses réflexions auxquelles j'ai été soumis à propos de l'idée de Bill de créer une équipe d'Archéomage, qui ont bouleversé ma semaine, mon quotidien et peut-être même un peu ma manière de voir le monde.

Néanmoins, au travers de tout ce battage, qu'il soit médiatique, politique ou personnel, j'ai pu trouver en Hermione une véritable bouée de sauvetage, une ancre à laquelle m'arrimer et bordel ce qu'elle m'a été secourable sans même s'en rendre compte…

Son besoin intarissable de toujours tout savoir ? Elle a réussi à le mettre en sourdine depuis ce jour-là pour simplement m'apporter une présence douce et attentive, réconfortante et silencieuse, prenant sur elle de simplement me laisser poser ma tête sur ses cuisses et la laisser faire courir ses doigts dans mes cheveux.

Sa compréhension instinctive de mon besoin de décompresser, peu importe la manière, en commençant des duels sur le terrain de Quidditch — lieu bien plus indiqué que notre salon pour une telle activité — ou en m'entourant avec délices en me laissant lui faire l'amour ou coucher sauvagement avec elle.

Sa gentillesse lorsqu'elle a demandé à Ivan et Chloé de m'accueillir pour quelques jours après notre passage devant le juge Marvel afin que je puisse totalement décompresser de toute cette affaire, mettant en avant mon besoin d'être auprès de Veyser.

À mes yeux, elle avait toujours été plus intellectuelle qu'instinctive, mais il semblerait qu'en situation de nécessité, comme dans un combat, elle sache laisser libre cours à ses instincts plus qu'à son cerveau.

C'est en ça que j'ai réellement compris ce qu'ont vainement essayé de me faire comprendre Bill et Fleur, peut-être même les jumeaux et Percy aussi, mais je ne m'en rendais pas compte. Il est des gens qui, toute leur vie, trouvent normal de se laisser porter par celle-ci. Mais pas Hermione.

J'ai connu ma femme sous de bien nombreux aspects au fil des ans, l'observant, de loin, évoluer et grandir, quittant doucement le monde de l'enfance où elle voyait encore le monde beau et féerique pour celui de l'adolescence, troquant son éternel sourire enjoué pour un air plus sombre, une langue plus vicieuse et un apprentissage de la vie en accéléré.

Mais c'est en devenant une adulte à proprement parler, au sortir de la guerre, qu'à mes yeux, elle a libéré son plein potentiel, abandonnant ses rêveries d'enfant et d'adolescente pour des buts bien plus matures et en adéquation avec son potentiel et ses espérances.

Pourtant, il faudrait être le plus parfait des crétins — et aussi aveugle ! — pour ne pas comprendre qu'Hermione Granger n'est pas comme toutes les femmes de ma connaissance. Là où certains ont réussi avec brio à lécher leurs plaies, ou d'autres sont encore en train de guérir, elle, elle n'a jamais quitté les sentiers de la guerre.

À bien des égards, elle-même, plus que Harry encore, s'est vu perdre tout ce qui comptait pour elle : sa famille, ses croyances, ses certitudes si souvent débitées de ses livres, ses rêves et peut-être même un ami. Et pourtant, tout un chacun peut s'accorder à dire qu'il n'y a pas plus puissante lueur dans les ténèbres que ma femme.

Je ne doute pas un seul instant qu'elle continue d'aimer son Ron ni même qu'elle poursuivra cette quête chimérique pour encore trois ans, je suppose, de réunir Gryffondor ou Serpentard, mais elle a évolué, s'est affirmée, et la femme qu'elle devient est aussi plaisante qu'elle est déboussolante.

Ce n'était pas gagner, cet été, c'est vrai, mais petit à petit, je l'ai vu retrouver ce sourire éblouissant qu'elle avait au début où je l'ai rencontré. Arrêter tout simplement de faire semblant d'aller bien pour un air un peu plus calme, serein et apaisé qu'elle arbore depuis que nous nous sommes assis sur le canapé.

— Tu as l'air moins tourmenté ce soir, déclare-t-elle en refermant son livre.

Il est fou de voir à quel point, même dans ses instants de détente, je ne parviens à la voir autrement qu'avec un livre à la main, la baguette plantée dans son chignon et — très douloureux pour mes hormones — ses lunettes posées sur le bout de son nez.

Le jour de la naissance de Cassie, j'aurais pu tuer Perce pour avoir envoyé ce Patronus qui nous a interrompus alors que les choses commençaient vraiment à devenir très intéressantes. Pourtant, après coup, j'en aurais béni Merlin juste pour la possibilité qui m'est eu donné de la voir apparaître avec lesdites lunettes.

Elle n'était pas simplement diablement attirante cette nuit-là, elle était foutrement sexy, irradiante de colère refoulée, de peur et d'une certaine dose de courage incroyable. Mais elle était surtout belle dans sa détresse, incroyablement fragile et foutrement courageuse. Une vraie lionne !

Plus d'une fois, ce soir-là, j'ai cru que j'allais céder à la tentation, céder à mes instincts qui me disaient qu'elle était ma femme et qu'il était absolument hors de question que quiconque se rende compte à quel point elle était parfaite pour moi.

Ce n'est même pas une question de physique ou même de puissance, c'est tout autre chose, quelque chose de bien plus profond, flippant, et en même temps diablement attirant.

Elle a toujours su sur quels boutons appuyer pour me faire totalement vriller, me donner l'impression d'être le plus parfait connard ou le sorcier le plus incroyable de la création sans même s'en rendre compte. Et c'est là tout le problème. Parce qu'avec elle, j'ai parfois la sensation d'être indestructible, incroyablement intelligent et le dragonnier le plus foutrement chanceux.

Une semaine de ce silence réconfortant m'aura permis de faire le point sur ce que je ressens face à elle et à ses côtés. En elle, j'ai trouvé la plus parfaite des adversaires, une démone de la pire espèce, redoutable de précision et d'efficacité à la baguette, et un putain d'ange sous la couette.

Rarement, je n'ai rencontré de femme à ce point apte à prendre la situation en main ou, au contraire, se laisser totalement embarquer dans un univers de sensation, mettant le monde sur pause pour ne plus faire que ressentir.

Ses petites mains s'enroulant autour de mon cou pour venir jouer dans mes cheveux détachés me rappellent à l'instant présent alors qu'elle s'assoit à califourchon sur mes cuisses. Quand je disais qu'elle savait toujours instinctivement ce que je voulais…

— Tu t'es encore perdu dans tes pensées, chéri, susurre-t-elle.

— Et tu t'es fait un devoir de me rappeler à la raison, c'est ça ? souris-je en coin, ma tête de renversant contre le montant du dossier. Quelle délicate attention !

Et délicate, elle l'est réellement lorsque ses lèvres se mettent à butiner dans mon cou, ses doigts tirant un à un les premiers boutons de ma chemise pour qu'elle ait plus de peau à embrasser.

Parvenir à comprendre pourquoi et comment elle arrive à donner tant de douceur et de sensualité à ses caresses ou à sa manière de m'embrasser sera, je le pense, le défi le plus ardu de ma vie, mais je compte bien le réussir haut la main !

Mes mains remontent ce chemin si souvent parcouru, retrouvant avec plaisir les frissons d'anticipation qu'elle me laisse sentir sur ses cuisses nues, retenant un grognement de plaisir en la sentant presque nue sous mes doigts si ce n'est ce bout de tissu ridiculement petit que je me ferais un plaisir de simplement écarter avant de m'enfoncer langoureusement dans ses chairs.

Elle a ce don particulier, celui d'enflammer mes sens autant que la lave qui brûle dans mes veines. Aussi certainement que le ferait une sirène, elle m'attire à elle, son bassin bougeant lascivement contre le mien alors que je la rapproche plus encore de mon entrejambe.

— Surtout ne vous arrêtez pas pour nous, ça nous rappelle de bons souvenirs !

Putain… Il y a quelqu'un, là-haut, qui ne doit vraiment pas m'aimer et qui s'est donné pour mission de nous interrompre à chaque fois que les choses deviennent sérieuses ! Merde à la fin ! Est-ce trop demander de pouvoir accomplir mon devoir conjugal après une semaine foutrement pourrie ?

Comment, sinon, Percy et Pénélope pourraient-ils être dans notre salon, arborant des airs de crétins finis qui me donnent envie de leur péter toutes leurs dents blanches, bouffer leurs sourires narquois et crever leurs yeux ?

Respire Charlie, peut-être que quelque chose de grave s'est passé ! Peut-être qu'un nouveau Seigneur des Ténèbres est sorti de l'ombre ! Je n'accepterais rien de moins que cette excuse pour ne pas leur envoyer de Doloris ! Ou alors, moins radical, je pourrais demander à McGo de bloquer notre accès à l'extérieur par notre cheminée…

— Tu as intérêt d'avoir une putain de bonne raison pour être là, Perceval, sinon je peux t'assurer que tu viens de vivre ton dernier jour sur Terre et ta femme sera veuve avant que je ne l'envoie à Vlad le fou ! grondé-je en l'assassinat du regard. Tu m'arrêtes une fois, passe encore, mais deux fois, je te promets la mort !

C'est vrai, à la fin ! Je suis venu le déranger, moi, quand ils concevaient Cassie ou même toutes les autres fois où ils faisaient Merlin seul sait quoi pour être en retard pour nos appels par miroirs ? Non ! Parce que je suis bien élevé et que je sais qu'une partie de jambes en l'air peut toujours régler tous les problèmes !

Néanmoins, toute colère se dissipe lorsqu'Hermione pose son front sur mon épaule, le corps secoué par son rire, ses mains caressant distraitement la peau de mon ventre sous ma chemise tandis que ses lèvres papillonnent sur mon torse. Décidément, le Choixpeau s'est vraiment trompé de maison avec elle !

J'ai toujours su être assez honnête avec moi-même pour reconnaître qu'elle était un mélange étrange entre Serpentard et Poufsouffle, une touche de détermination et de courage à la Gryffondor dans le regard et l'intelligence d'une Serdaigle. Pourtant, ce fait ne m'avait jamais paru aussi clair qu'en cet instant !

— Tu deviens poétique quand tu es frustré, Charlie, susurre-t-elle, moqueuse en continuant de balader ses lèvres sur ma peau.

— Et toi, un petit peu trop exhibitionniste, grogné-je, parvenant difficilement à me dépêtrer de cet état étrange dans lequel elle me met à chaque fois qu'elle prend les rênes.

Aussi étrange que ça puisse me paraître, je sais pertinemment que je n'aurais jamais laissé quiconque, si ce n'est elle, prendre le pouvoir sous la couette. Ce n'est pas une question de dévalorisation de son sexe ou quoique ce soit, mais plutôt une forme de respect et d'abandon, je suppose…

— Franchement, si ça peut m'éviter de devenir veuve, je suis d'accord pour laisser Hermione se dénuder un peu plus ! ricane Penny.

Bien, il semblerait donc que personne ne comprenne à quel point leur venue me fait chier alors il ne me reste que deux options. Soit je les renvoie chez eux à coups de Doloris — je trouverais certainement un moyen de faire comprendre à Kingsley qu'il s'agit de légitime défense — soit j'écoute ce qu'ils ont à me dire et ensuite seulement j'aviserais entre le sort de mort et celui de douleur ! Cruel dilemme…

Semblant parvenir aux mêmes conclusions que moi, Hermione redresse la tête, cessant par là même ses attouchements, avant de m'envoyer un sourire contrit, une lueur amusée surpassant son envie de moi lorsqu'elle sent la preuve évidente de mon besoin de sa petite personne.

Mais comment pourrait-il en être autrement alors qu'elle porte la même foutue robe que le jour de mon anniversaire, ses joues rouges rehaussant le noisette envoûtant de ses yeux ? Merde ! Elle est bandante comme ça et elle le sait parfaitement !

— J'avais dit vingt heures, soupire-t-elle en se retournant dans mes bras, fusillant proprement du regard nos invités.

— Parce que tu savais qu'ils devaient venir ? sifflé-je, ahuri.

— C'est Fleur qui a organisé cette soirée et elle m'a demandé de m'assurer que tu serais disponible et non en train de soigner je ne sais lequel de tes petits protégés, hausse-t-elle les épaules, un sourire amusé dans la voix.

Ce qui explique pourquoi, à mon retour de ma douche, à la fin de mes cours, j'ai trouvé les mêmes vêtements que je portais le jour du mariage de mon frère et ma Vélane de belle-sœur… Maintenant, tout s'explique !

En revanche, ce qui ne s'explique pas, c'est la raison pour laquelle elle a voulu que je m'habille ainsi et surtout, pourquoi Fleur nous aurait organisés une soirée ! Bordel, Bill doit être dans le même état que moi en ce moment et je peine à comprendre comment Perce, le plus droit de nous tous, parvient à garder la tête froide et sourire comme un crétin avec ce que nous avons appris la semaine dernière !

— Relaxe, Cha, soupire-t-il d'ailleurs en posant sur moi un regard beaucoup moins rieur. Ce soir, on oublie. La réalité reviendra bien assez tôt pour nous rappeler à quel point la vie est une petite salope parfois…

Diablerie ! Qui est donc cet homme et qu'a-t-il fait de mon frère ? Pas une seule fois dans ma putain de vie je ne l'ai entendu jurer ni même être à ce point dédaigneux, et pourtant, il s'est donné un mal fou pour le faire à chaque fois qu'il devait relater les pitreries de Fred, George, Ronald et Ginny au Terrier… D'ailleurs, en parlant de Terrier…

— Où est Cassie ? froncé-je les sourcils, tentant de paraître le plus détaché possible malgré la rancœur qui m'assaille.

— Avec Arthur, sourit douloureusement Penny, la tristesse irradiant de ses traits. Il a emménagé chez Bill et Fleur pour la semaine, il rentre chez vous demain, mais il avait besoin de prendre du recul face à tout ça…

Je ricane froidement en examinant sa manière d'exposer les faits. Sérieusement, comment peut-elle dire que papa peut se remettre en une semaine d'avoir appris que les vingt dernières années de sa vie n'ont été qu'un mensonge ?

Flash-back

Si on m'avait dit un jour que je la trouverais coriace, jamais je ne l'aurais cru et pourtant, depuis près d'une demi-heure, elle nous donne du fil à retordre, la bougresse ! Mais merde à la fin ! Ne peut-elle pas se calmer trente secondes pour nous permettre de lui jeter un sort de saucissonnage en bonne et due forme ?!

Il nous a déjà fallu une bonne dizaine de minutes avant de parvenir à lui lancer un sort de mutisme assez conséquent pour passer au-dessus de la haine et la colère dont elle irradie, et même ainsi, elle continue de vociférer en silence, lançant des coups de griffes à qui mieux mieux, nous marquant, Bill et moi, bien plus que mes dragons ou Greyback !

— Bordel, mais elle va se calmer à un moment donné celle-là ?! sifflé-je en évitant de justesse qu'elle ne m'arrache un œil.

Huit ans ! J'ai dressé, soigné et élevé des dragons durant huit ans, je me suis pris des coups de griffes et parfois même des coups de crocs de la part de mes dragonneaux, mais jamais aucun d'eux ne m'a paru aussi dangereux que ma propre mère !

Et pourtant, inlassablement, elle continue de nous fusiller du regard, alternant entre rage froide et fureur extrême, ses coups prenant de l'ampleur à mesure que nous essayons de la ramener à la raison.

J'ai bien conscience qu'il s'agit de notre mère, qu'elle se soit donné du mal pour élever sept enfants aux caractères tout aussi différents que leurs ambitions, mais je n'avais pas signé pour ça, moi, quand Bill m'a demandé de l'aider à l'évacuer de Poudlard pour éviter un nouveau scandale !

Le sort de mutisme de mon frère finit par lâcher lorsqu'elle lui met très certainement la gifle de sa vie, lui faisant lâcher sa concentration et reculer d'un pas.

Incrédule, ses doigts frôlant sa joue, les yeux brûlant de haine, il est bien plus dangereux que quiconque à mes yeux. Bien plus que les Mangemorts, Voldemort ou même Greyback. Parce que ce n'est plus mon frère, mais le loup qui vient de faire son entrée en scène et je redoute l'issue de ce combat pour elle. Mais je ne compte pas intervenir.

Depuis des années, elle nous rabaisse, nous humilie ou cherche à contrôler nos vies en catimini, nous faisant bien ressentir, depuis la naissance de ses deux derniers, à quel point elle se fout pas mal de nous, du moment que nous devenions de bons petits gratte-papier au ministère, mariés et soumit au possible, que ce soit à elle ou à la femme qu'elle nous aura trouvée. Alors aujourd'hui, je dis non !

Non à la pression qu'elle nous a inconsciemment inculquée, aux sévices mentaux qu'elle a imposés à Fred pour lui faire comprendre que son orientation sexuelle était monstrueuse ou à tout son délire de vouloir faire de Ginny la nouvelle Lady Potter.

Mais plus que tout, je dis non à cette peur latente que j'aie, depuis quelque temps, que Ron parvienne à ses fins, qu'il se découvre enfin le courage d'aller voir ma femme pour lui dire qu'il est amoureux d'elle comme notre mère le pense.

Parce que, qu'est-ce que je ferais, si, tout à coup, je perdais la seule base solide qui ne m'ait jamais lâchée, que ce soit dans la colère ou ce sentiment étrange qui me prend, parfois, lorsqu'elle est encore endormie dans mes bras ? Il n'en est pas question !

— Lâchez-moi, bande de petits vauriens ! hurle-t-elle en se dégageant de ma poigne.

Trop surpris par ce changement en Bill, je n'avais pas fait attention à ses tentatives pour fuir mon contact ni même à mes doigts qui se sont lentement desserrés de son bras. Pourtant, elle se fait une joie de me rappeler à son bon souvenir en me fusillant à nouveau du regard, faisant un pas dans la direction de mon frère. Mauvais plan pour elle, d'après moi…

— Vaurien ? chuchote-t-il d'une voix douloureusement basse.

Merde… Même moi je transpire du cul pour elle, là… Il semblerait qu'elle ait fait sa toute dernière erreur si j'en juge sa manière soyeuse de dire ce simple mot.

— En tant qu'héritier Weasley, je te conseille de retirer ces mots, susurre-t-il en la dardant d'un regard où l'humain peine à reprendre le pas sur le loup.

— Et en tant que Lord Prewett, je te conseille vivement de retirer tes paroles !

— Tu n'es pas le Lord de ma maison ! fait-elle, hors d'elle, en trouvant sa baguette dans son tablier. Ron est le nouveau Lord Prewett ! Pas toi !

Dois-je réellement lui montrer à nouveau ma bague ou se souviendra-t-elle d'elle-même du scandale qu'elle nous a tapé, au mois de mai, lorsque nous avons tous mangé dans le jardin ? Dois-je lui rappeler que c'est un peu à cause dudit scandale que le jeu entre Hermione et moi a commencé et qu'elle ne peut donc s'en prendre qu'à elle-même si son pauvre Ronninouchet n'est pas avec la fille qu'elle veut ?

— Vas-tu donc enfin cesser avec cette stupidité, Molly ? gronde papa en claquant la porte d'entrée. Tous nos enfants sont égaux !

Alors sur ce point, je ne suis pas sûr d'être parfaitement d'accord avec lui, malheureusement ! Si nous étions aussi égaux qu'il le prétend, nul doute que nous n'aurions pas reçu ce nombre impressionnant de Beuglantes à chaque fois que nous avions une note inférieure à Acceptable ou de corvées incroyablement pénibles si nos notes aux B.U.S.E. ou A.S.P.I.C. n'étaient pas assez élevées !

Finalement, dans le lot, c'est Perce le plus intelligent ! Lui, jamais il n'a ramené de fille à la maison, et il est même parvenu à se marier pendant la guerre sans avoir à subir les « conseils avisés » de maman comme Bill et Fleur…

— Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire lorsqu'il s'agit de mes enfants, Arthur ! siffle-t-elle. Je prends les décisions qui les concernent !

— Pas quand tu mets la vie et l'avenir de l'un de nos autres enfants en jeu ! crie-t-il. Te rends-tu compte à quel point ce que tu as fait aujourd'hui et le jour où tu as signé ce contrat est grave ? Tu pourrais tuer le bébé de Fred et Harry avec tes conneries ! Tu pourrais tuer Fred avec tes conneries !

Jamais je n'ai vu papa devenir aussi furieux qu'en cet instant, et pourtant, je pensais vraiment qu'il avait atteint sa limite tout à l'heure !

— Je prends simplement les décisions qui incombent au mieux pour ma fille, Arthur ! fait-elle de la même manière. C'est elle qui mérite de porter cet enfant !

— C'est aussi ma fille ! hurle papa en jetant un verre dans la cheminée.

— Non ! Ce ne sont pas tes enfants !

Le temps se suspend dans le salon après qu'elle a crié ces quelques mots. Bill et moi fixons maman avec incrédulité tandis que papa la regarde, le choc clairement écrit dans ses yeux. Néanmoins, c'est de la voir mettre les mains à ses lèvres comme pour ravaler ce qu'elle vient de dire, le regard fuyant, qui me fait comprendre qu'aucun de nous ne l'a jamais vraiment connu.

— Pardon ? souffle papa. Qui n'est pas mon enfant ?

Elle secoue la tête, les yeux imbibés de larmes, le teint plus blanc que je ne lui ai jamais vu, la terreur inondant son regard. Elle est terrifiée par ce qu'elle vient de dire, et elle sait, en dépit de tout ce qu'elle a toujours cru, que papa a les moyens de la faire parler. Ce qui ne manque pas.

— Molly Weasley ! siffle-t-il, la haine inondant son regard. Je t'ordonne de me répondre sur-le-champ !

Elle lutte quelques instants encore, mais elle finit par s'avouer vaincue lorsque papa la cloue au sol par la simple force de ses prunelles. D'une certaine manière, il me ferait presque penser à moi, parfois…

— Ron et Ginny, chuchote-t-elle en baissant la tête. Ils ne sont pas tes enfants…

Ébranlés, Bill et moi reculons d'un pas, tombant ironiquement dans un geste synchronisé sur le banc. Comment une telle chose est possible ?

— Qui ? gronde papa. Avec qui m'as-tu trompée ?

— Ce n'est arrivé que…

— Je me fous de savoir le nombre de fois où c'est arrivé ! Je te demande qui !

Souvent, dans notre enfance, lorsque nous allions chez la grand-tante Muriel, je le voyais arborer son masque de Sang-Pur qu'il ne revêtait jamais en temps normal à la maison parce qu'il faisait grincer des dents à maman.

Mais aujourd'hui, dans notre salle à manger, il irradie d'une puissance et d'une magie que pourrait lui envier Lucius Malefoy. Ce n'est pas tant une question de colère que de trahison dont il est question ici, et pour un homme comme papa qui a tout donné pour ses sept enfants, apprendre que deux d'entre eux ne sont pas les siens est la pire trahison qui puisse exister.

Mais au-delà de tout cela, au-delà de cette trahison dans notre famille, c'est aussi un coup de canif au contrat, et même s'il s'en est éloigné depuis des années, papa reste un Sang-Pur. Or, aucun Sang-Pur ne supporte l'idée que sa femme puisse le tromper.

J'ai mis du temps à le comprendre, le voir et l'accepter, mais finalement, peut-être est-ce ça que le juge Marvel a tenté vainement de nous faire comprendre en nous enchaînant avec son lien de fidélité.

J'ai cru un long moment qu'il ne s'agissait que de chaînes pour me maintenir au sol, mais peut-être était-ce uniquement une manière de m'inculquer la dernière règle dont Muriel me parlait et dont je n'ai jamais voulu prendre en compte : en amour, en politique ou dans la famille, chaque contrat signé impose fidélité s'il veut perdurer…

— Lorkas, souffle-t-elle, vaincue.

— Lorkas ? fronce-t-il les sourcils, réfléchissant activement. Drayer ? Celui de Poudlard avec qui tu sortais en dernière année ? Celui de l'Ordre ?

Oh bordel de putain de merde ! Je le connais ce ton-là, sauf qu'en général, c'est moi qui l'utilise et que la personne en face de moi ferait bien de ne surtout pas rester dans ma ligne de mire… Bordel, elle va se faire dézinguer et elle ne semble même pas s'en rendre compte, continuant à lisser son tablier tout en jouant avec sa baguette.

Je sais que c'est très certainement très mal de ressentir ce genre de sentiment lorsqu'il est question de sa propre mère, mais en un sens, j'ai l'impression que ce qu'est en train de faire papa est juste la finalité de ce qu'a entrepris Hermione dans l'unité néonatale de Ste Mangouste.

Je me sens vengé, en quelque sorte, pour toutes les remarques qu'elle ait pu nous faire, les sacrifices que j'ai dû faire pour lui faire plaisir tel que me conformer à cette norme qu'elle semble bien plus chérir que ses propres enfants ou ses humiliations pas toujours aussi subtiles qu'elle semble le croire.

Mais plus que tout, je me sens vengé pour toutes ces punitions, ces sermons sur l'honneur et la famille ou même pour toutes les fois où j'ai dû la fermer alors qu'elle descendait en flèche mon métier, ma passion, les filles que je choisissais de mettre dans mon lit et non d'épouser ou mes dragons.

— Oui, soupire-t-elle en redressant la tête quelques instants pour mieux se faire fusiller du regard. Ce Lorkas-là.

— Depuis quand ? susurre-t-il. Depuis quand as-tu une relation avec Drayer ?

Severus serait vraiment très fier de papa en cet instant pour parvenir à rendre sa voix aussi froide et tranchante que le couperet d'un bourreau ! En cet instant précis, il est prêt à la mettre à mort, et une partie de moi, celle qui possède plus de noirceur que je ne le pensais, est en train de se réjouir de cette possibilité à venir.

— Dix-huit ans, soupire-t-elle encore, dansant d'un pied sur l'autre.

Même si je veux bien croire que Ron soit l'enfant du Saint-Esprit — même si j'en doute fortement vu l'état du sien pour ne pas se rendre compte à quel point ma femme est sexy — il semblerait qu'elle nous prenne, Bill, papa et moi, pour des abrutis, et s'il est bien une chose que je déteste, c'est bien ça !

— Évite de nous prendre pour des cons, Molly, gronde papa, me prenant de vitesse. Tu as dit toi même que Ron n'était pas mon fils non plus !

— Tu m'as demandé depuis quand j'avais une relation avec Lorkas, pas quand est-ce que nous avons commencé à nous fréquenter, redresse-t-elle la tête en carrant les épaules.

— Vingt ans, souffle Bill, les yeux écarquillés perdus dans le vide.

— Tais-toi, Bill ! gronde-t-elle.

Je reconnais cette manière de jouer avec sa boucle d'oreille en dent de dragon, les yeux dans le vide, les coins de sa bouche pincés un peu comme la vieille McGo. Il est perdu si loin dans ses souvenirs et ses réflexions qu'il se coupe totalement du reste du monde. Jusqu'à ce qu'il ne revienne sur terre, l'assassinant du regard.

— C'était lui ! siffle-t-il en se redressant d'un bond, la voix vibrante de fureur. C'était lui le type que j'ai croisé dans le couloir, pendant que tu as foutu papa dehors, après la naissance des jumeaux !

— Je t'ai dit de te taire ! siffle maman.

— Ouais, ricane-t-il froidement. Tu m'as dit la même chose, à cette époque-là. « Ne dis rien à personne, Bill, c'est un ami de maman ». Un ami, mon cul oui !

— Le grand blond ? sursauté-je en comprenant de qui il est en train de parler. Celui à la peau tellement pâle que j'ai cru que c'était un Malefoy ? C'est ce gars-là le père des deux teignes ?

— Oui, hoche-t-il la tête. Celui avec la voix nasillarde et l'air de débile profond.

Oh bordel… Alors ce type est le père des deux derniers ? Finalement, peut-être que les jérémiades de Ron et l'attitude de petite princesse de Ginny viennent bien de quelque part…

— Mes fils sont tombés sur ton amant ? hausse un sourcil papa.

Oh, oh ! C'est vraiment très mauvais s'il prend un ton si calme et que son visage se ferme à ce point ! En revanche, savoir si ce sera ce Drayer ou elle qui en prendra pour son grade, ça reste encore à décider, visiblement…

Quoique, pas tant que ça, il semblerait, puisqu'il sourit froidement lorsqu'elle hoche doucement la tête, déglutissant péniblement. Il semblerait qu'elle soit la cible unique de sa fureur…

— D'accord, Molly, hoche-t-il sa tête lentement. Je comprends tout à fait.

Il a bien du courage parce que pour ma part et celle de Bill, nous sommes totalement dépassés par cette conversation dans son entièreté ! Merde alors ! Comment peut-il prendre la situation avec tant de calme et de détachement ? Mon sang bout dans mes veines depuis qu'elle a commencé !

Failamalle, déclare-t-il d'un ton serein en bougeant sa baguette.

— Arthur ! s'écrie-t-elle, son visage blanchissant tout à coup. Tu ne vas pas t'en aller, tout de même ! Nous devons continuer cette conversation !

Mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines lorsqu'elle crie ça. Ce n'est pas à lui de partir ! Lui a été honnête avec elle, c'est elle qui lui a menti ! Pourquoi serait-il celui à partir ? Cette maison est la propriété de la famille Weasley depuis cinq générations, preuve en est la nouvelle cheminée que chaque propriétaire ajoute à chaque emménagement à la demeure !

— Non, Molly, je ne pars pas, sourit-il froidement. TU t'en vas !

— Arthur ! crie-t-elle, semblant avoir retrouvé tout son entrain. Tu ne peux pas me chasser d'ici ! C'est chez moi ! Je tiens cette maison depuis trente ans !

— Regarde-moi bien faire, susurre-t-il en la dardant de son regard froid.

Il comble la distance jusqu'à la porte d'entrée, l'ouvre à la volée et fait un mouvement de baguette pour que les valises faites sommairement par la magie s'envolent dans l'allée devant la maison, manquant de s'ouvrir sous le choc.

— À compter de ce jour, moi, Arthur Weasley, je te chasse de cette maison et t'informe que tu recevras les papiers d'annulation de mariage et une convocation pour une rupture des liens d'Union Sorcière Traditionnelle Sang-Pur le plus rapidement possible ! sourit-il en coin. Tu as voulu te marier comme une Sang-Pur, Molly, nous divorcerons donc comme des Sang-Pur ! Félicitations !

Un courant d'air violent secoue le salon, semblant la pousser dans le dos pour la sortir de la maison. Elle s'accroche de toutes ses forces au mobilier, criant et hurlant, mais la magie familiale et maritale est bien plus forte qu'il n'y paraît, surtout sous le toit familial où plusieurs générations ont vécu.

Ses cris se poursuivent, même une fois dehors, et ce n'est que lorsque papa claque la porte que nous voyons ce masque de froideur, de Sang-Pur, se fissurer et tomber au sol. Son front s'appuie sur le bois, ses poings se serrent contre le panneau et le soupir long qu'il lâche est révélateur.

Une chose est sûre, la séance de lundi avec la Psychomage Hawks risque d'être une sacrée aventure avec tout ce qu'il s'est passé aujourd'hui… Une chance pour moi qu'elle ne soit pas de thérapie de couple parce que ce qu'il vient de se passer entache une nouvelle fois l'idée du mariage à mes yeux…

Fin du flash-back

Définitivement, Hawks a eu un travail de titan, lundi, pour me faire parler, et plus encore pour me faire admettre que même si celui de mes parents était finalement basé sur la tromperie, tous les mariages n'étaient pas voués à l'échec comme je l'ai ressenti samedi…

Dans le fond, je ne sais pas ce qui fut le plus dur, ce jour-là, entre le fait de voir Bill, Percy et les jumeaux qui m'attendaient devant la porte, convoqués par papa, ou alors devoir expliquer aux trois autres la raison de leur présence en ces lieux…

Voir le visage de George devenir le masque froid et implacable du Sang-Pur équivalait presque avec le regard ivre de rage de Fred et le silence buté de Percy jusqu'à ce qu'il se mette à jeter tous les bibelots de la Psychomage contre les murs, agrémentant de jurons les sortilèges qu'il lançait pour faire bonne figure, visiblement…

Pourtant, aujourd'hui, il semble réellement aller mieux. Pas forcément bien et pour quiconque le connaisse vraiment sait que ses yeux n'ont pas cette teinte si amère normalement, mais il semble avoir surmonté son choc. Reste maintenant à savoir comment il y est parvenu parce que je voudrais vraiment goûter à sa potion miracle…

— Comment va-t-il ? soupiré-je en me frottant les tempes, les mâchoires serrées.

Je ne saurais dire de quelle manière ni même pourquoi j'en suis sûr, mais je suis persuadé qu'Hermione est au courant de ce qu'il s'est passé, qu'elle sait pourquoi, depuis samedi, les jumeaux ne lui ont pas adressé la parole, ni même à quiconque dans ce château, cours à leurs élèves mis à part.

Elle n'aurait pas ce regard furibond sinon, ni même cette lueur farouche et guerrière qui brille dans ses yeux bruns. Elle n'aurait pas les lèvres pincées à s'en faire mal ni les mains si douces lorsqu'elle joint ses doigts aux miens sur son ventre, dessinant des cercles apaisants sur celles-ci.

— Il se remet doucement, soupire Percy en s'asseyant sur le fauteuil. Il dit que voir Cassie et se promener sur la plage avec elle et Fleur l'aide beaucoup.

— Sans oublier le champagne que lui fait ingurgiter Fleur à chaque apéritif, rit Pénélope le rejoignant, s'asseyant sur l'accoudoir de son siège.

— Et sa nouvelle lubie de vouloir faire apprendre à Arthur de nouvelles langues ! lève les yeux au ciel Hermione.

— C'est laquelle aujourd'hui ? ricane ma belle-sœur.

— Je crois qu'elle a définitivement arrêté de vouloir lui enseigner l'italien quand il a confondu chaussette et fromage, fronce-t-elle les sourcils, réfléchissant fortement à la question. Elle a décidé de revenir sur des bases saines en lui enseignant déjà le français avant de passer à plus compliquer, d'après elle.

Bien sûr ! Parce qu'il n'y a pas plus simple que le français, c'est bien connu ! Entre leur grammaire, orthographe et conjugaison — et ne parlons pas des accords de temps ! — tout homme sain d'esprit rêverait de se plonger à corps perdu dans cet apprentissage !

Néanmoins, je comprends maintenant pourquoi elle ne m'a rien demandé, pourquoi elle a su rester si passive toute la semaine, prenant mes silences avec calme alors qu'en temps normal, elle m'aurait certainement donné du Veritaserum pour me faire cracher le morceau !

— Il m'a dit qu'il ne pouvait pas trouver meilleure distraction que Fleur et ses hormones après le week-end dernier, rit doucement ma femme en resserrant ses doigts contre les miens.

— Il va finir par tourner barge à force, soupire Penny. Regarde l'état dans lequel était Bill juste avant qu'elle ne tombe enceinte…

— Oui, enfin elle s'en prenait à ses noix, à ce moment-là, tente de leur rappeler Percy en levant les yeux au ciel.

— Non, chéri, ricane Penny. Il faisait son devoir conjugal, c'est différent.

Hum… Enfin, à partir du moment où ce qui se trouve entre tes jambes ressemble plus à de la nourriture pour dragon en rut, je pense qu'on peut largement appeler ce qu'elle lui faisait subir de la torture… Mais soit ! Si elle préfère utiliser des termes ampoulés pour tenter d'amoindrir la situation…

— Ton père ira bien, Charlie, me souffle Hermione en posant sa chevelure sur mon épaule, tête tournée vers mon oreille. Ta famille aussi ira bien.

Si seulement elle pouvait avoir raison… Pourtant, je voudrais croire de toutes mes forces qu'elle dit vrai, que papa se relèvera de cette trahison ultime pour son statut de Sang-Pur tout autant que pour lui, en tant que mari, mais le processus sera long à mon humble avis…

— Nous devrions peut-être y aller, soupire Percy en regardant sa montre. Il sera bientôt vingt heures, et vous savez à quel point elle peut être tatillonne sur les bords avec le retard…

Un frisson violent me remonte l'échine lorsque le souvenir de son sort cuisant, cet été, qui m'a littéralement brûlé les vêtements parce que je ne descendais pas les escaliers assez vite pour venir petit-déjeuner avec le reste de la famille, d'après elle, me revient en tête…

Pourtant, Merlin sait que ce matin-là, j'aurais été prêt à endurer tous les Doloris ou Avada du monde pour continuer ce que je faisais à ma sorcière sur sa commode, dans sa chambre…

En toute honnêteté, je crois que nous avons dû baptiser tous les foutus meubles, douches ou baignoire de la Chaumière durant ce week-end de débauche, lors de sa transformation en Dame Dragon, mais cette nuit-là, la première que nous avons passée ensemble après la première Transe d'Occlumancie, a une saveur particulière.

Ce n'était pas tellement le fait de gagner un quelconque pari ou même de « marquer mon territoire » comme le dirait Bill, mais tout à voir avec l'impression incroyable qu'elle m'a donné, assise sur ses talons, dans le lit, attendant mes instructions.

Il n'était pas tellement question de domination ni même d'assouvir le moindre besoin pour moi, à ce moment-là, c'était surtout le besoin de la voir oublier pendant quelque temps que le monde est réellement pourri lorsqu'on le regarde sans nos jolies lunettes roses, en jouant sur son besoin incroyable d'apprendre.

Je savais qu'elle avait eu un homme, l'un de mes frères pour être exact, entre ses draps au moins une fois, mais je ne savais pas jusqu'où allaient ses connaissances, et ce soir-là, j'ai découvert ce plaisir incroyable de l'initier aux joies des préliminaires, prenant un plaisir incroyable à introduire ma langue ou mes doigts dans son intimité si serrée.

Dans le fond, je crois que le moment où j'ai compris à quel point elle était un tableau vierge, une toile à peindre à coups de leçons, mon membre enserré entre ses lèvres, sa langue chaude et incertaine sur le bout de mon gland, je crois que c'est réellement ce qui m'a fait jouir comme un dingue sur ses seins tendus, sa bouche ouverte en une expression de choc.

Je ne doute pas que Fred soit parvenu à lui donner du plaisir, même pour une première fois, mais il faut plus de poigne et de volonté pour dompter une Hermione Granger que pour mater un Harry Potter, d'après moi…

Dans un état second, je passe mon bras autour de sa taille lorsque je suis à mon tour debout, ma main agrippant la corde que nous tend Percy en même temps que les trois autres, la tête encore embrouillée de tous ces souvenirs de cette première nuit.

C'est lorsque les contours d'une clairière commencent à se dessiner que je finis par comprendre l'empressement de Fleur et Hermione pour que je porte du noir ce soir… Je suis enfin de retour chez moi.

Si les arbres sont décorés de fées vivantes dans des tubes à essai — des décorations similaires à celles dans le sapin de Noël du square, il y a trois ans — seules les tables sont recouvertes de nappes, même si les cadeaux qu'elles supportent empêchent pour beaucoup de les voir…

— Cha ! s'écrie Ivan en me mettant une claque magistrale pour sa taille et son poids, dans le dos. Content de te voir à la maison !

Mon sourire doit certainement faire le tour de mon visage, mais à l'instant précis, je n'en ai rien à faire. Tout ce que je vois, c'est que je suis dans la clairière de Veyser, entourée de ma femme, mes quatre frères et leurs conjoints ainsi que mes deux meilleurs amis en Roumanie. Il ne manque qu'une seule chose pour que le tableau soit parfait !

Mettant mes doigts à ma bouche, je siffle trois longs coups avant de me laisser emplir par le sentiment puissant de bien-être que je ressens. Pour la première fois depuis samedi, je me dis que les choses finiront peut-être par aller. L'effet Veyser, je suppose.

— J'aurais dû me douter que la première chose que tu ferais en débarquant ici, ce serait de siffler pour que ta femme débarque, ricane Fred en me souriant en coin.

De nous tous, il a certainement été le plus ébranlé par les événements de la semaine dernière et pourtant, il parvient à sourire, ce que je trouve prodigieux. Peut-être que le fait d'avoir renié notre mère quelques jours plus tôt l'a aidé à digérer la nouvelle un peu mieux que Bill, tout aussi maussade que George lorsqu'ils arrivent pour nous saluer.

Si les salutations de Fleur et Chloé tout comme celles de Harry sont plutôt calmes, celles de Luna sont… eh bien je dirais que le mot le plus approprié est Lunesque…

— Bonjour, Chevaucheur de Vents ! rit-elle en me sautant sur le dos.

Parvenir à la canaliser doit être un travail de tous les instants pour George, pourtant, il a l'air de parfaitement s'en sortir, voire d'apprécier cette touche de folie si j'en juge le sourire doux qu'il pose sur elle.

Mon attention, cependant, est détournée lorsque de violentes bourrasques font s'envoler les coins de nappe, sifflant dans les branchages et réchauffer l'air frais des soirées roumaines. Elle arrive !

Mon sourire s'agrandit lorsque Veyser se met à tournoyer au-dessus de la clairière, de longs jets de flammes sortant de sa gueule avant de piquer vers le sol, faisant hurler de terreur Pénélope lorsqu'elle se pose à quelques mètres d'elle, ses iris fendus me dévisageant.

— Bonsoir ma belle, chuchoté-je en réduisant la distance entre nous, la jeune fille blonde toujours sur mon dos. Tu m'as manqué.

J'ai un mal fou à détacher mes yeux de ses écailles noires qui prennent une teinte violette sous le soleil, ses grandes ailes déployées de chaque côté et les multiples cornes sur sa tête. Chaque dragonnier a une histoire avec son dragon, mais entre Veyser et moi, c'est une réelle histoire d'amour.

Être dragonnier n'est pas un métier facile et celui qui dit le contraire est un imbécile. Ce ne sont pas tant les cicatrices et les « blessures de guerre » qui rendent ce travail si difficile, mais bien l'aspect émotionnel qu'engendre la vie à leurs côtés.

C'est passé des heures aux côtés d'un dragonneau, lui apprendre à manger, à se servir de ses ailes et ne pas mordre un humain s'il a perdu sa mère, passer des heures à le veiller, assis sur un rocher, dans la couveuse qu'Ivan et Chloé ont fait installer, tout en haut d'un chêne millénaire qui nous sert de vigie.

Dragonnier, c'est aussi être là pour jouer avec eux, les soigner, leur apporter de l'amour et de l'attention à chaque fois qu'ils en ont besoin. C'est un peu comme avoir un enfant, à dire vrai, mais un enfant d'une bonne tonne et demie et mesurant plus de huit mètres de haut arrivé à l'adolescence…

Mais peu importent les heures passées à s'inquiéter pour eux, à avoir dû soigner des blessures qu'ils nous aient infligées en oubliant que nous n'avons pas leur force surhumaine, les brûlures dues à leurs jets de flammes qui passent bien trop souvent près de nous ou encore l'odeur de soufre que nous transportons toujours sur nous.

Être dragonnier, c'est donner un art de vivre, une part de nous-même si ce n'est l'entièreté de notre être. Ce n'est pas seulement un métier ou un passe-temps, c'est une vocation.

Tout ce pour quoi je me suis engagé dans la réserve me revient à l'instant même où elle ouvre son aile en une invitation silencieuse à la rejoindre. Peu importe qu'elle ne m'ait pas vu depuis un moment maintenant, qu'elle ait la sensation que je l'ai abandonnée, elle est simplement heureuse que je sois de retour.

En quelques pas à peine, je la rejoins, passant doucement ma main sur ses écailles chaudes, au niveau de son cou, mes doigts retraçant instinctivement l'endroit boursoufflé où la laisse la retenait lorsque nous avons dû conduire les quatre dragonnes à Poudlard. Combien de fois ai-je pu haïr Dumbledore pour l'avoir enchaînée de cette manière ?

J'ai beau être un homme et un sorcier, un dresseur de dragon et un dragonnier, je reste farouchement persuadé qu'aucun dragon ne devrait vivre enchaîné ou en cage. À mes yeux, ils devraient tous être libres de voler et faire leur vie jusqu'à leur dernier vol avant de rendre leur magie à Magia elle-même.

— Tu as l'air perdu, père, souffle-t-elle, sa tête se posant sur la mienne, en signe de bienvenue.

— Je suis simplement heureux de pouvoir revenir ici, fais-je de la même manière, mon bras encerclant son cou pour venir caresser le haut de son crâne, jouant quelques instants avec ses pics.

Aucun dragonnier ne se risquerait à faire ce genre de chose avec un dragon qui n'est pas le sien au risque d'y perdre la vie ou au moins une très forte proportion de leur anatomie. Pourtant, lorsque je lui fais, je l'entends faire ce son étrange, à deux doigts entre le gémissement et le rire contenu.

— Toujours aussi sensible ? souris-je en coin, continuant ma caresse.

— Tu n'as qu'à demander à ta femelle ce qu'elle ressent lorsque tu lui caresses certains points sensibles, je suis sûre qu'elle perdrait cet air stupide qui lui colle au visage depuis que je suis arrivé ! susurre-t-elle narquoisement.

Mes sourcils se froncent d'étonnement à sa dernière réplique, pourtant mon sourire ne quitte pas mes lèvres. Parce que je sais parfaitement comment ma femme réagit lorsque je lui caresse l'aine, et si Veyser est à moitié aussi sensible qu'Hermione, son mâle doit vraiment prendre un plaisir indicible à « jouer avec elle » !

Face à la vision d'une Hermione aux yeux écarquillés, mais baignant d'une douceur infinie, le regard rivé au tableau que nous formons, ma dragonne et moi, je lui tends une main en une invitation silencieuse à nous rejoindre, son sourire s'agrandissant doucement lorsqu'elle finit par poser ses doigts dans ma paume.

— J'ai beau avoir fait sortir une version plutôt ressemblante durant mon cours ou quelques fois dans le parc, souffle-t-elle en admirant Veyser, elle était bien loin du compte… Ta dragonne est magnifique, Charlie !

Peu importe ce qu'il se passera demain, le rendu final du jugement ou les jours tendus qui suivront immanquablement, à l'instant présent, j'ai l'impression de vivre un rêve éveillé et je refuse de m'en éloigner. Parce que, pour la première fois depuis des années, je me sens enfin en paix.

Ce n'est pas tant le fait qu'une femme semble apprécier la beauté et la magnificence de mon bébé, ni même qu'elle n'en ait pas peur qui me provoque ce coup stupide au cœur, c'est bien la douceur et la tendresse qui émanent de son regard lorsqu'elle parvient à le détacher de Veyser pour le poser sur moi.

Il n'a aucune trace de peur, de doute ou de jugement qu'elle aurait pu me balancer, comme le soir de la bataille finale, simplement une compréhension et une admiration sans faille qui fait se serrer mes entrailles. Merde ! Je pourrais presque lui jurer un amour éternel juste pour ce regard et son sourire !

Le ricanement moqueur de Veyser me ramène sur terre, coupant brusquement ce moment perdu entre deux mondes, cette bulle dans laquelle je parviens si facilement à me glisser lorsque je me plonge dans son regard.

— Chérie, je te présente Veyser, murmuré-je d'une voix rauque en me perdant à nouveau dans son regard. Veyser, je te présente Hermione, ma femelle.

— Même si ce n'est plus que pour quelques heures, tu peux toujours m'appeler ta femme, tu sais ? sourit-elle en coin. Je le vivrais bien !

— Et échapper à cette petite moue fugace réprobatrice qui te donne un air de McGonagall sexy ? fais-je de la même manière. Rêve, ma grande ! Elle me donne bien trop d'idées cochonnes pour ça !

Peut-être n'aurais-je pas dû dire ça puisque lorsque l'information atteint pleinement son cerveau, la réprobation laisse place à la concupiscence et là, toutes pensées cohérentes partent, embrasant mon sang aussi proprement que de la lave. Putain… Elle finira par me tuer…

— Je pourrais te faire chanter pour garder ce genre d'informations, Charlie, susurre-t-elle en avançant d'un pas dans ma direction, sa poitrine se collant à mon torse, ses yeux me brûlant par leur intensité. Je pourrais être très méchante pour garder ça secret !

Reste concentré, Charlie, c'est la clef du succès ! J'ai beau me répéter ce mantra, les images d'une Hermione Granger dominatrice, sur le bord de la falaise de la Chaumière aux Coquillages m'assaillent de plain-pied, me faisant déglutir fortement. Bordel ce qu'elle était bandante ce jour-là…

— N'oublie pas cette proposition, bébé, soufflé-je d'une voix profonde et sensuelle à son oreille. Je te la rappellerai ce soir, lorsque nous rentrerons et je peux t'assurer que tu risques de crier comme une banshee pendant des heures.

— J'attends de voir pour te croire, chéri, ricane-t-elle en s'appuyant plus franchement contre moi.

Ses lèvres reprennent le même ballet sur la peau de mon cou que lorsque nous étions à l'appartement, et le fait d'avoir totalement occulté Veyser pour la première fois depuis qu'elle est entrée dans ma vie ne me heurte que lorsqu'elle me repousse doucement. Ai-je dit à quel point ce genre de comportement est encore plus dangereux que de tourner le dos à un Mangemort ?

— Va donc rejoindre tes frères le temps que ton bébé et moi fassions connaissance, sourit-elle doucement, peinant tout de même à quitter cette brume dans laquelle notre moment l'a plongée.

En temps normal, je ne laisserais personne me dicter de m'éloigner de ma dragonne et encore moins de faire quoi que ce soit, mais, pour ma propre sécurité et la lingerie fine qu'elle doit porter, je pense qu'il est bien mieux que je fasse ce qu'elle me demande…

À contrecœur, je rejoins mes frères et Ivan, assis sur un tronc d'arbre, un verre à la main, débattant de la nécessité ou non d'apprendre les langues étrangères à un nourrisson. Ont-ils conscience de la futilité de ce genre de discussions alors que l'enfant de Bill et Fleur doit, pour le moment, ressembler à un flageolet baignant dans sa sauce ?

— Ah, Charlie ! s'exclame mon ami de l'Est lorsque je m'assois lourdement à ses côtés, un verre à la main. Toi qui as déjà eu une fille, deux si on compte Veyser, penses-tu qu'il soit nécessaire de leur apprendre plusieurs langues pour qu'ils aient le plus d'options possible au moment de choisir un lieu de vie ?

À mon humble avis, il a dû commencer la vodka Pur Glace bien avant notre arrivée pour parvenir à tenir ce genre de discours en ayant l'air aussi passionné que Percy lorsqu'il nous débite ses textes de loi aussi pompeux qu'ennuyeux !

À bien y réfléchir, peut-être devrais-je abandonner la vodka pour un Merlin-Tout-Puissant ce soir, ça me paraît bien plus salutaire parce qu'il a l'air de taper sévèrement, cette année, le Pur Glace !

— Je refuse de me joindre à ce débat, grogné-je en inspectant mon verre.

— Mais on parle de l'avenir de ton neveu ou de ta nièce, là ! s'exclame-t-il, visiblement scandalisé.

— D'autant plus, grommelé-je en lançant un Evanesco sur mon propre verre. Je ne suis pas son père. Bill, oui. C'est à eux de décider s'ils veulent ou non que leur enfant maîtrise plusieurs langues avant d'entrer à Poudlard.

D'un Accio informulé, je fais venir à moi la bouteille en forme de crâne humain dans lequel repose un liquide d'un vert profond et saisissant, des paillettes argentées dansant dans l'alcool pour donner à cette boisson un air bien plus Serpentard qu'autre chose. Mais, après tout, Merlin lui-même est passé par Serpentard, je suppose qu'il n'est que justice que l'alcool portant son nom ait les couleurs de sa maison, non ?

Déjà fortement éméché lui aussi, George continue son argumentaire en défaveur de l'idée d'Ivan, me laissant tout le temps nécessaire pour analyser profondément la scène qui se déroule devant mes yeux.

Là, face à moi, hissée sur la pointe des pieds, Hermione est en train de caresser la même boursoufflure dans le cou de Veyser que je ne l'ai fait plus tôt, souriant doucement alors que Luna, Fleur et Harry semblent en grande conversation avec Chloé sur la meilleure manière de distraire un dragon lorsqu'il vous course. Définitivement, à moins de s'appeler Harry Potter, je doute que le vol sur balai soit la meilleure solution !

Je me laisse totalement absorber par la vision de ma femme et ma dragonne dans une sorte de communication non verbale, sentant mes lèvres s'étendre doucement alors que la première gorgée de Merlin me coule dans la gorge.

Elle n'est pas seulement prudente avec Veyser dans ses gestes, elle est aussi douce, câline et apaisante, faisant assez ronronner ma fille pour que son souffle fasse voleter les coins de nappe et la terre battue autour d'elles. Décidément, que ce soit avec le dragon ou le dragonnier, elle sait réellement s'y prendre pour appâter son monde…

— Oh Merlin, mais oui !

L'exclamation brusque de Bill lorsqu'il finit par s'asseoir à mes côtés me fait sursauter, un peu de liquide coulant sur mes doigts. Merde à la fin ! Personne dans cette famille ne sait être prévenant ? Entre un frère qui débarque sans prévenir et m'empêche de mener à bien mes projets licencieux, et l'autre qui a la délicatesse d'un hippogriffe outré, je risque d'être frustré bien avant de rentrer en Angleterre !

— Quoi ? grommelé-je.

— Tu as les yeux qui pétillent comme ceux d'un gobelin devant un trésor ! susurre-t-il, faisant de son mieux pour que notre conversation ne parvienne jusqu'à Penny.

Bordel de merde… Il a vraiment fallu qu'il me prenne à ce moment-là précisément… Au moment où je la regardais sourire avec cette lueur incroyable dans le regard, celle qui me fait vriller le sang et me rend mal à l'aise parce qu'elle déclenche en moi une émotion que je peine à reconnaître.

La même que celle que j'ai expérimentée, le jour de la naissance de Cassie, dans la chambre de Penny. La même impression de pouvoir voler sans balai et de m'écraser en vol…

— La ferme…, soupiré-je en me pinçant l'arête du nez de lassitude.

— Alors ça y est, sourit-il en coin. Tu voles plus en Comète, là, tu passes à l'Éclair de Feu…

Putain… Déjà sobre, il est souvent difficile à suivre pour quiconque ne pratiquerait pas le William Weasley couramment, mais ivre, c'en devient bien plus dur ! À croire qu'il se soit donné pour mission de me rendre dingue avant la fin de la soirée…

Néanmoins, lorsqu'il finit par pointer du menton la petite brune qui continue son inspection de Veyser par ses grandes ailes dépliées, je me sens déglutir avec difficulté sous l'assaut d'une nouvelle vague puissante d'envie. Merde… Ce besoin d'elle ne s'arrêtera-t-il donc jamais ?

— Si c'est une manière de dire que…

— Oh non, crois-moi, c'est tout à fait ce que je voulais dire ! me coupe-t-il brutalement en ricanant, attirant à lui les regards des autres sur le tronc. Tu as les yeux du mec qui veut passer la bague au doigt de sa femme, frangin ! Crois-moi, je le vois dans les tiens et ceux des jumeaux depuis un petit moment !

— Déjà fait ! sourit en coin Fred en levant son verre dans ma direction. Tu seras heureux d'apprendre qu'il a dit oui, bien sûr ! On ne résiste pas à un jumeau Weasley bien longtemps !

— J'y travaille activement, en ce qui me concerne, mais elle est sur le point de craquer, j'en suis sûr ! hoche la tête narquoisement George.

L'affirmation de ce dernier me fait sourire doucement tout autant que celle de Bill me laisse pantois quelques secondes avant que ma respiration ne se bloque, ma magie prenant le pas sur mes boucliers d'Occlumancie. Merde ! Dans quoi me suis-je encore fourré ?

Pourtant, insidieusement, les images de notre vie, tous les deux, dans l'appartement, durant l'expérience, reviennent me hanter, se mêlant douloureusement à celles du rituel, lorsque je l'ai vue remonter l'allée sur la plage de la Chaumière. C'est à cet instant que je comprends.

Je pourrais me battre pendant des années contre ce fait, lorsque je l'ai vue face à Ron, dans cette robe blanche ridicule, tartinée de maquillage pour tenter de masquer une beauté non commune, j'ai eu l'impression qu'on me coupait toute possibilité de respirer.

Elle était belle, bien sûr, elle dégageait cette impression de grandeur et de douceur, évidemment, mais je n'aurais jamais pu lui en vouloir de n'être pas parvenu à me ramener Tonks, cette nuit-là.

Pas parce qu'elle n'était pas assez forte ou déterminée, mais parce que je ne me sentais pas prêt à abandonner la femme qui m'a remis sur pied en quelques mois alors qu'il a fallu à Bill des années pour y parvenir, la dernière fois.

— Et qu'est-ce que ça changerait si c'était le cas ? chuchoté-je, le souffle court. Si je lui demandais de m'épouser, qu'est-ce que ça ferait ?

Si on me le demande, je pense que j'accuserais l'alcool, bien évidemment. Pourtant, cette question, je me rends compte que je me la pose depuis des semaines. Depuis le soir de la seconde tâche, à dire vrai.

C'était stupide et risqué au possible de baisser les armes et lui proposer de tenter quelque chose de plus concret entre nous, c'est un fait. Cependant, force est de constater qu'elle est bien moins tendue maintenant qu'elle ne l'était avant ce jour-là, en ma présence…

— Rien, absolument rien, finit par me répondre Bill dans un souffle, sa main sur mon épaule. Vous êtes déjà mariés, vous vivez déjà ensemble, vous avez déjà élevé un enfant ensemble et même si aucun de vous ne semble vouloir le dire, vous êtes raide dingue l'un de l'autre depuis des années ! Je suis presque sûr que votre truc de vous lancer des sorts à tout bout de champ, c'était juste une manière détournée de vous faire une danse nuptiale digne de l'un de tes petits protégés !

J'ai l'impression fugace d'entendre les mêmes paroles, dites sur un ton plus chantant, il y a des années maintenant, dans une cuisine sordide de Londres… Ce jour-là aussi, Tonks m'a dit cette phrase, et encore aujourd'hui, je peine à comprendre pourquoi elle semblait si sûre d'elle en m'affirmant qu'un beau jour, c'est moi qui me tiendrais au bout de la fameuse allée…

— Mes petits protégés t'emmerdent et ne font pas de danse nuptiale ! grommelé-je en me dégageant de sa poigne. Les femelles tombent toutes sous leur charme, c'est différent !

— J'espère vraiment qu'en temps normal tu ne dragues pas comme ça parce que sinon je vais sérieusement devoir revoir la catégorie dans laquelle t'a rangée Fleur…, soupire-t-il en masquant difficilement un nouveau sourire en coin. Tu fais tout sauf partie de celle des tombeurs, là… À la limite celle des crétins, et encore… Le jury n'est pas unanime…

— Tu devrais peut-être arrêter de boire…, soupiré-je à mon tour, lui prenant son verre des mains pour le boire cul sec.

Bordel ! On n'a pas idée de dire le genre de phrases pleines de bons conseils qu'il m'a sorti et embrayé ensuite sur les dragons ! Qu'est-ce qui cloche avec lui ? Où donc papa s'est-il trompé pour en faire un garçon si bizarre ?

Le silence s'étire entre nous, mon regard se portant sur le groupe hétéroclite formé de quatre jeunes filles, un Potter enceint jusqu'aux yeux et une dragonne couchée sur le flanc, écoutant avec attention même si elle n'en montre rien, l'histoire que lui raconte Hermione.

— Que comptes-tu faire maintenant ? me rappelle doucement à l'ordre Bill en me mettant une main calme sur l'épaule.

— Boire un autre Merlin-Tout-Puissant et espérer que toute cette conversation disparaisse de ma mémoire…, marmonné-je en me frottant les tempes.

— Nan, Charlie, je parlais sérieusement, là, secoue-t-il la tête de dépit.

— Je sais, mais je ne sais pas quoi te répondre qui soit parfaitement honnête sans pour autant passer pour le roi des cons..., murmuré-je en redressant le regard sur lui.

J'en ai conscience, mes yeux doivent renfermer toute la peur face à mes propres découvertes, ma peine de me rendre compte que j'ai l'impression fugace d'abandonner peu à peu Tonks, ma douleur de comprendre que même avec un miracle, celle que j'aime depuis des années ne reviendra jamais.

— Dis toujours, je viens de t'entendre vanter les mérites de tes dragonneaux, sourit-il doucement, je ne suis plus à ça près…

Tout, il voit tout dans mon regard, comprend qu'il y a bien plus que ce que ne parvienne à dire malgré l'envie que j'en aie, parce qu'il sait parfaitement que je ne parviendrais pas à mettre de réels mots sur mes impressions sans avoir la sensation de chuter au fond des abîmes. Mais dans le fond, je crois que c'est ça qui me décide à me lancer.

— Tu sais que Muriel et moi avons passé un contrat, n'est-ce pas ? chuchoté-je, refermant les doigts sur mon verre.

— Oui, je ne me souviens plus des détails, mais oui, fronce-t-il les sourcils.

— Elle me laissait jusqu'à mes trente ans maximum pour me fixer.

— Ça, tu ne me l'avais pas dit ! s'écrie-t-il.

— J'ai préféré l'oublier surtout…, marmonné-je en détournant le regard.

Je crois que c'est en ça que Muriel était le pire cauchemar de maman. Parce que, où notre mère était une véritable Gryffondor avec tous les défauts qui viennent avec, de même que les qualités, la grand-tante Muriel était la pire Serpentard que je connaisse, ayant même des choses à apprendre à Sev…

— D'accord, et que dit le reste ? hausse-t-il un sourcil.

— J'ai le droit de rester officiellement fiancé durant un an jour pour jour avant de me marier, soupiré-je en grimaçant. Si l'un de nous deux rompt le contact, je ne dois plus jamais chercher à entrer en contact ou la laisser entrer de quelque manière que ce soit, en contact avec moi.

— Ça, je m'en souviens, hoche la tête Bill. Mais permet moi de te poser une question qui moi-même me dégoûte rien qu'à y penser…

— Pourquoi je n'ai pas demandé à Katya de m'épouser ?

— Tout juste.

Parvenir à trouver les bons mots pour décrire l'amie qu'elle est redevenue depuis que nous ne couchons plus ensemble est bien plus simple que je ne l'aurais cru. Les mots coulent de ma bouche, d'une sincérité désarmante.

— Kat est tout sauf le genre de femme avec qui je voudrais passer le reste de mes jours, souris-je doucement. Elle est intelligente, sexy, puissante, et dans un lit elle est volcanique ! Mais il lui manque un truc, je ne sais pas lequel, mais je sais qu'il lui manque quelque chose pour qu'elle soit parfaite pour moi, on va dire…

— Il faudrait qu'elle soit Hermione, c'est ça ? hasarde Bill.

— Hermione est différente…, soupiré-je en détournant le regard vers ma femme. Elle a toutes les qualités de Kat, mais elle a aussi la sensibilité de Tonks, la douceur et la gentillesse de Fleur, le calme et l'énergie de Penny, la culture incroyable de Luna et la force de Harry. Elle est tout ça réuni et c'est compliqué, pour moi, de ne pas le voir. De ne plus le voir…

Merlin tout puissant… J'ai passé des années à la provoquer, la faire sortir de ses gonds et prendre un plaisir incroyable à la voir s'embraser comme un Feudeymon dans une forêt que lorsque j'ai compris que je n'agis ainsi que pour la voir s'élever face à moi m'a fait chuter de mon piédestal.

Je me pensais imperméable à tout, la concernant, que ce soit sa force, sa beauté, son courage, sa loyauté ou encore son intelligence, et finalement, il n'aura fallu qu'une nuit à Vegas et un mois enfermé dans un appartement avec un bébé pour comprendre qu'Hermione Granger est bien plus qu'une simple adversaire…

— Tu es amoureux d'elle, sourit en coin George en se joignant à la conversation, pas gêné une seconde de s'immiscer dans une discussion qui ne le concerne pas.

— C'est plus compliqué que ça…, soupiré-je encore.

— Ah non ! s'agace Bill. Tu ne vas pas recommencer avec ça !

Je sens un sourire désabusé poindre sur mes lèvres. Combien de fois — et à juste titre — ai-je bien pu dire ce genre de choses, que ce soit en ce qui concerne la brune tout aussi bien que la blonde ? Très souvent, trop même peut-être…

— Attends, je m'exprime mieux, ris-je doucement. Je ne peux pas dire que je suis amoureux d'elle parce que, dans le fond, je ne sais pas vraiment ce que c'est d'aimer vraiment quelqu'un…

Rarement, je n'ai été aussi sincère… Les relations humaines ne sont pas ma tasse de thé, d'ailleurs toute personne m'ayant rencontré sait à quel point cette affirmation est encore en dessous de la vérité.

Pourtant, que ce soit avec Kat ou Hermione, je sais, je peux affirmer même, que je fais de mon mieux, tentant même de passer, avec cette dernière, au-dessus de plusieurs années de doute et de peur ancrée en moi-même, acceptant bien plus pour elle et avec elle que je ne l'ai fait avec quiconque.

— J'aime Tonks depuis plus de dix ans, et même dans sa mort, même si elle a eu un enfant et s'est mariée à un autre, je continue de l'aimer, continué-je, la gorge bloquée par un sanglot.

Je crois que je n'ai jamais pris de cuite aussi monumentale que le soir où elle m'a annoncé qu'elle attendait le petit de Lupin… Elle avait l'air si heureuse, si épanouie que je n'ai pas réussi à faire autre chose que hocher sèchement la tête et fuir proprement le Terrier pour transplaner à la Chaumière…

Ironiquement, c'est la vision de ma future femme, dans sa robe rouge, sur le cliché du mariage, un sourire serein sur le visage, pendu au bras de Fred, qui m'a permis de dessaouler brusquement. Avec cette image d'elle, je me suis rappelé qu'il y avait des problèmes un peu plus urgents à gérer que la femme que j'aimais enceinte d'un autre que moi.

— Mais Hermione, c'est différent, fais-je en secouant la tête, tentant de faire s'évanouir les souvenirs. Elle, je peux l'embrasser et faire l'amour avec elle quand elle le veut, plus ou moins partout, et elle n'a pas froid aux yeux, ce qui n'enlève vraiment rien à toutes ses qualités, crois-moi ! Mais autant je pouvais dire à Tonks que je l'aimais sans aucun souci, autant avec elle, il y a quelque chose qui me retient et je ne sais pas ce que c'est…

Le silence s'étend encore dans notre partie de la clairière, mais aucun de nous ne fait quoi que ce soit pour le briser, perdu dans nos pensées. Jusqu'à ce que Fred, songeur, ne pose les yeux sur moi, une lueur triste ou effrayée au fond de ses prunelles.

— Je confirme, vieux, tu es vraiment amoureux…, affirme-t-il, un sourire malicieux flottant sur son visage.

À quel moment une putain d'idée aussi stupide que celle-ci a bien pu germer dans son cerveau ? Merde alors ! Le sortilège de Rockwood le soir de la bataille finale a vraiment dû lui causer quelques lésions cérébrales irréversibles, ce n'est pas possible autrement !

— Qu'est-ce qui te fait dire ça ? soupiré-je en levant les yeux au ciel, retenant difficilement ma mauvaise humeur.

— Avant tu aurais dit « coucher avec elle quand je le veux », sourit-il comme un abruti, bougeant les sourcils de manière suggestive. Or, là, tu as dit « faire l'amour avec elle quand elle le veut ».

Fronçant les sourcils, je me repasse rapidement mon précédent discours dans la tête, me demandant à quel moment j'ai bien pu lancer ce genre de choses, néanmoins, lorsque je m'entends distinctement le dire, je sens mon sang quitter mon visage et ma gorge se bloquer d'angoisse. Bordel de merde… Qu'est-il en train de se passer ?

— Oh…, fais-je, tentant de paraître le plus dégagé possible. C'est juste une manière de parler…

— Pas toi, mon vieux ! ricane Ivan. Même ivre, tu dis toujours ce que tu penses, tu ne t'emmerdes pas de politiquement correct ou de toutes ces choses de bonnes femmes avec des ronds de jambe à tous les coins de phrases.

Difficile de croire que ce type soit marié depuis deux ans quand on voit sa manière de parler des femmes, mais il semblerait que Chloé soit du genre à aimer les hommes incapables de diplomatie… Finalement, j'aurais peut-être dû tenter ma chance et la mettre entre mes draps lorsque j'ai débarqué à la réserve…

— Qu'est-ce qui t'a fait comprendre que tu te plantais en beauté depuis le début sur ce que tu ressentais ? penche la tête Penny, le regard bien trop intelligent pour qu'il soit feint.

— Je ne…

— Tais-toi et réponds simplement à la question, gronde-t-elle en m'interrompant, les mâchoires crispées.

Après tout, qu'est-ce que je risque à lui faire part d'une partie de la vérité, n'est-ce pas ? Enfin, hormis me dévoiler, rouvrir des blessures pas forcément guéries et m'exposer à de possibles répercussions, s'entend…

— Hawks…, soupiré-je en me pinçant l'arête du nez.

— La guérisseuse ? fronce-t-elle les sourcils, la tête toujours penchée.

— Ouais…, affirmé-je en détournant le regard sur ma femme. Durant ma dernière séance, elle m'a fait revoir toute la journée de Yule, depuis Gringotts jusqu'au rituel de bénédiction de la magie. Elle voulait que je voie pourquoi, d'après elle, Circé a eu raison de faire… ce qu'elle a fait…

M'exposer à nouveau à ces souvenirs est bien plus douloureux que je le pensais… Ou bien peut-être est-ce d'y penser alors que je suis à l'endroit même où j'ai accepté ce fait, il y a maintenant trois mois ? Je ne saurais le dire… Peut-être un peu des deux…

— Et qu'a-t-elle fait ? hausse-t-elle un sourcil inquisiteur.

— Elle nous a pris le bébé…, soufflé-je la gorge nouée.

— Cha…

Je peux entendre la douleur dans sa voix presque aussi profonde que la mienne alors que sa main rejoint à nouveau mon épaule, en signe de soutien. Décidément, cette matinée de Noël est bien plus ancrée en nous, tout comme le rituel pour enfermer Circé dans la bague…

— Non, Bill, ça va, ne t'en fais pas. J'ai compris et tu as eu raison de me mettre un coup de poing, je suppose, haussé-je les épaules avec le plus de désinvolture possible. Mais n'oublie pas, quand tu y repenseras ou quand tu verras cet enfant tous les matins, que ma femme et moi avons dû donner le nôtre pour que le vôtre puisse exister.

J'ai un mal fou à retenir la vague de tristesse qui m'assaille lorsque les souvenirs de cette nuit précise où je l'ai emmené sur la tombe de ses parents me reviennent. Cette douleur profonde marquée sur ses traits et dans sa magie, la force de sa rage et ses larmes qui dévalaient son visage.

— Je n'ai pas…

— J'ai compris une fois revenu à terre pourquoi elle l'avait fait, secoué-je violemment la tête pour l'arrêter. Mais ça n'enlève en rien la douleur.

Sa détresse, reflet de la mienne, lorsqu'elle a creusé dans le marbre de la pierre tombale pour créer la cavité qui renferme, désormais, la photo prise par Dennis le soir du bal de Yule ainsi que doudou dragon, ne me quitte jamais.

— Je ne suis pas fait pour être père, tu l'as bien vu avec Diana, j'étais un vrai Souafle, et je ne suis heureux qu'avec mes dragons, parce que je sais qu'eux sont capables de se défendre face à une armée si je venais à mourir. Mais cet enfant-là, je sais qu'avec le temps, j'aurais vraiment pu l'aimer… Et je crois que dans le fond, c'est ça que je refusais d'affronter quand Hawks voulait me faire revivre ce jour-là. D'après la Psychomage, Hermione se remet doucement, elle en veut moins à Fleur et elle commence à arrêter de vouloir frapper ou détruire toute personne avec un léger embonpoint…

Là encore, je trouve que c'est un peu prématuré comme réflexion de sa part, mais je suppose qu'elle en sait plus sur la psychologie humaine que moi… Enfin, d'après moi, détourner les yeux lorsqu'elle les pose quelques secondes sur le ventre de Fleur n'est pas le meilleur révélateur de ce changement soudain…

— Tu dis ça pour prendre ta revanche sur toutes ces fois où j'ai voulu te faire entendre raison, c'est ça ? ricane Bill, tentant de dissiper l'ambiance lourde.

Il n'a pas tort en un sens, j'ai vraiment l'impression de prendre ma revanche. Mais c'est plus profond que ça, j'ai vraiment besoin qu'il comprenne la décision que nous avons pris tous les deux concernant ce mariage, même si cette décision ébranle une nouvelle fois la famille.


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Je vous dis donc au jeudi 15 juillet pour la première partie du chapitre 34 intitulé : « La fin des Cauchemars » !

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.