Bonjour et bienvenu
Dans cette seconde partie du chapitre trente-quatre du Souffle Du Dragon !
Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !
/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :
1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté (ou un qui serait découpé en trois partie) , nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !
2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposté, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !
3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.
4) il y aura une pause un peu plus longue que prévue, entre la fin de la publication du 34 et la première du 35, pour cause de vacances avec accès internet réduit…
À l'attention de Dramionymus, Lena-Malefoy et Adalind.S, je vous enverrais une réponse à vos messages dans la semaine, sans fautes, je suis un peu sur booker en ce moment... Excusez moi les filles... Je te remercie beaucoup, Guest, pour ta review, n'hésite pas à te créer un compte pour pouvoir échanger avec moi sur cette fiction 😉
Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !
*** Bonne lecture ! ***
Précédemment dans Le Souffle Du Dragon :
Dans les gradins, le public venu assister à l'audience commence à s'échauffer, prenant à bras-le-corps la défense de Saint Potter et Granger, chacun criant un peu plus pour se faire entendre au-dessus du brouhaha ambiant. Quand je disais qu'elle était stupide… Allez savoir, peut-être même partage-t-elle ses gènes avec Weasmoche pour frôler le néant abyssal de cette manière !
— Maître Malefoy-Prince ? intervient Amélia Bones, me coupant, elle aussi, dans mes pensées. C'est à vous pour le contre-interrogatoire.
Ne me reste plus, maintenant, qu'à trouver la réponse à cette question qui me taraude depuis que je l'ai vu entrer dans cette pièce… Rester le petit con de cinquième année qui a laissé des gosses, parfois même de première année, aller en détention avec elle comme l'aurait fait Lucius, ou bien prendre la défense, même silencieuse de tous les opprimés par le règne d'Ombrage au risque de passer pour quelqu'un retournant sa veste à la moindre contrariété comme Severus ?
Être quelqu'un de bien sachant parfaitement qu'il ne mérite pas d'accéder à la Lumière comme Severus, ou bien plonger dans les Ténèbres et ne rien faire, la laissant quitter ce tribunal avec la certitude qu'elle me sera redevable comme le ferait Lucius ?
Être un Malefoy ou bien un Prince ? Être le fils de Lucius, ou bien celui de Severus ? Être quelqu'un de bien ou quitter définitivement le chemin sur lequel, lentement mais sûrement, Padma fait de son mieux pour me conduire ?
Finalement, la réponse à toutes ces questions reste la même. Indépendamment de mon sang, mon rang ou même mon éducation, il n'est et il n'y aura toujours que deux personnes de qui je saurais me juger fier d'être l'enfant, de qui je veux obtenir l'approbation et la fierté.
— Miss Ombrage, durant votre témoignage, vous avez dit, lorsqu'il était question de votre opinion politique, que « tant que les choses allaient dans le sens du ministère, je ne voyais pas de raisons de faire de la rétention d'une quelconque manière ». Aviez-vous conscience, à ce moment-là, que Pius Thicknesse était la marionnette du Lord ? commencé-je ma plaidoirie une fois ma décision prise.
À sa manière de me regarder, je sais qu'elle aussi, tout comme une bonne partie de ce tribunal j'en suis sûr, avait parié sur le mauvais Sombral. Je ne peux pas leur en vouloir, cependant, puisque j'ai cultivé la lâcheté au rang de savoir-faire incontestable durant mes premières années à Poudlard…
Mais j'ai pris la protection des Serpentard le soir de la bataille finale pour Severus et pour ma mère, pour celui qui m'a permis de vivre et celle qui m'a mise au monde et à choisir, ce sera toujours vers la Lumière de celui que j'ai appelé parrain tant d'années que ma loyauté penchera.
— Oui, grimace-t-elle en me fusillant du regard. Avant le meurtre de Rufus Scrimgeour, Thicknesse était proche de tous les directeurs des différents départements du ministère, et plus encore d'Arthur Weasley ainsi que de son Ordre du Phénix.
Merlin sait que l'histoire du départ de Dumbledore de son bureau grâce à son phénix, ce jour-là a fait grand cas dans l'enceinte de l'école ! Des jours durant, le chevalier du Catogan s'est fait une joie de romancer cet « acte héroïque » dans tous les couloirs… Salazar soit béni, les cachots lui ont toujours été interdits !
— De plus, dès ce jour-là, monsieur Yaxley ainsi que d'autres Mangemorts notoires étaient trop souvent auprès de lui pour que cette situation ne semble pas louche.
Une chose étrange se produit alors et si j'avais dû miser le moindre Gallion, je ne l'aurais jamais fait en cette faveur, c'est une certitude ! Même le pari de la virginité intacte de Crivey me semblait moins hasardeux face à ça !
Pourtant, même si chaque personne ici sait qu'elle est une tortionnaire d'enfants et une véritable salope, certains chuchotements me parviennent lentement, me faisant me figer d'effroi et elle, sourire doucereusement.
Ils ont beau savoir qu'elle est responsable de bien plus de morts de nés-Moldus que ne pourrait en dénombrer la liste récapitulative de Bones, le témoignage d'Ombrage commence doucement à instaurer le doute quant au fait que les actes de Yaxley et les Rafleurs étaient les plus fautifs dans cette histoire.
Décidément, les vieux fous séniles d'Angleterre sont de plus en plus dingues d'année en année et la victoire de Potter ne leur a pas implanté une once de plomb dans la cervelle… Salazar me vienne en aide ! En cet instant, même Weasmoche me semble dépasser le stade de Veracrasse face à tant de conneries réunies en de si nombreux stupides sorciers…
Pourtant, je ne peux laisser une telle chose se produire, pas après avoir intercepté le regard de Neville Londubat dans les gradins, les yeux ivres de rage capables de déclencher un brasier sous les pieds de la sorcière.
Parce que lui aussi fait partie de ces victimes silencieuses qui ont subi le joug d'Ombrage. Lui aussi fait partie de ces étranges personnes que j'ai appris à tolérer en dépit de la maison à laquelle ils ont appartenu par le passé ou leur sentimentalisme accru.
Parce qu'il fait partie de ces gosses pour qui, l'an passé, j'ai fait de mon mieux pour protéger des Carrow et des tortures que nous devions leur envoyer pour perfectionner notre magie. Et soyons honnêtes, parce que Daphnée pourrait devenir le pire de mes cauchemars si Ombrage sort d'ici lavée de tout soupçon… Et Merlin sait que j'ai une arme redoutable dans ma poche qu'elle semble avoir oubliée !
— Simple curiosité de ma part, Miss Ombrage, en faveur de quel camp penchait votre allégeance, durant la dernière guerre ? souris-je en coin.
Elle a beau la combattre, sur un esprit affaibli par près d'un an de prison et la constante présence des Détraqueurs, le cercle de runes de vérité gravé à même le sol la force à révéler ce qu'elle est et avoir parfaitement conscience de ce qu'elle dit.
C'est une chose que Shacklebolt s'est fait un devoir d'instaurer lorsqu'il a promulgué la loi Sirius Black : aucun procès pour révision de sentence Mangemort ne se ferait par Veritaserum puisqu'il est possible de le contrer à quiconque est assez résistant pour le combattre.
— Le camp des Ténèbres, siffle-t-elle vicieusement. Vous le savez parfaitement, étant vous-même un Mangemort, tout comme vos parents et votre cher parrain !
— Vous avez dit, durant votre témoignage, encore une fois, que vous aviez toujours tout fait dans le sens des lois et du ministère, la coupé-je rapidement, refusant de la voir à nouveau insulter ma mère ou Severus. L'utilisation abusive et intensive de Plume de Sang sur des sorciers mineurs faisait-elle partie des choses allant dans le sens des lois et du ministère ou bien est-ce un simple excès de zèle de votre part ?
— Non ! grogne-t-elle, menaçante.
— Dans ce cas, pourquoi en avoir utilisé ?
— Il fallait faire taire Potter ! Il jetait le discrédit sur Cornélius et donc sur ma promotion ! Dans l'intérêt du ministère, je me devais de faire taire cet avorton de Potter !
Putain ce qu'il est bon de pouvoir la faire perdre son sang-froid sans avoir, par-derrière, la peur de me recevoir un coup de canne ou un Doloris pour avoir froissé la si grande amie de Cornélius Fudge, et donc, par extension, celle de Lucius ! Parce que, c'est un fait bien connu, quiconque peut permettre à Lucius de gravir des échelons est toujours son ami !
— Maître Malefoy ! Nous ne sommes pas là pour faire le procès de mon témoin ! s'insurge Berenson. Tenez-vous-en à des questions concernant mon client !
Enfin ! Enfin, il a explosé et me laisse donc tout droit et possibilité d'avancer ma dame pour faire un échec et mat cuisant à cet illustre crétin qui se fait une joie de me rabaisser à cause de mon nom depuis que je suis entré à l'Académie de Magie de Londres !
— Oh ! Veuillez m'excuser ! Un excès de zèle de ma part, souris-je en coin, vicieusement. Je croyais que nous étions là pour créer un précédent afin de faire libérer votre maîtresse d'Azkaban !
— Pardon ?! gronde Bones. Quelle est cette histoire, Maître Malefoy-Prince ?
Peut-être est-ce le moment le plus jouissif de toute ma vie – notre séance de jambe en l'air avec Padma dans l'ancien bureau de Severus mis à part – lorsque je vois cette si grande dame perdre tout son sang-froid !
Mais à quoi s'attendait-elle en m'envoyant, elle-même, une missive pour me demander de représenter la partie civile sous l'insistance de Susan Bones ? Je suis un Serpentard, nom de Merlin !
La ruse coule dans mon sang, la patience d'atteindre mon but représente une très large partie de mon éducation et la fourberie est ma marque de fabrique ! Elle devait bien savoir que je ne laisserais pas ce procès se dérouler sans y apporter ma petite touche personnelle !
— Voyez-vous, Lady Bones, comme l'a si bien fait remarquer Miss Ombrage, j'étais moi-même un Mangemort, souris-je doucereusement, pouvant même faire de l'ombre à Severus. Or, il faut comprendre qu'il y avait une distinction entre les Mangemorts à proprement parler, et les Sympathisants à la cause. Les Mangemorts ont la Marque des Ténèbres sur l'avant-bras gauche, certes, mais en ce qui concerne les Sympathisants, leur marque est bien plus passe-partout si vous ne savez ni où ni quoi chercher !
Si, jusqu'à présent, tous se demandaient qui donc pouvait être la fameuse maîtresse dont j'ai fait l'introduction, ma dernière parole déclenche une tempête dans la cour, chacun des membres du Magenmagot et des Aurors se regardant, incrédule.
Parfois, je me demande s'ils n'ont jamais eu l'idée de demander directement à quelqu'un ayant réellement vécu de l'intérieur toute cette situation, le mode de fonctionnement des Mangemorts ou, pour les plus téméraires, celui du Seigneur des Ténèbres…
— Et que devrions-nous chercher ? hausse-t-elle un sourcil, les lèvres pincées.
Elle, elle sait. J'en ai la certitude au moment où nos regards se croisent, juste après que le sien s'est arrêté une seconde de trop sur Théo ainsi que sur Susan. À n'en pas douter, elle a pris le temps, durant le repas de Noël, de régler ses comptes avec Nott et par là même, tirer quelques ficelles pour obtenir les réponses à ses questionnements.
— Le Lord marquait ce qu'il appelait lui-même la « vermine inutile » par un serpent sur la cuisse, leur injectant à intervalle régulier une faible dose de potion d'obéissance même si, pour la plupart, ce genre de substances n'était pas nécessaire, déclaré-je posément en la fixant résolument dans les yeux.
C'est une chose d'entendre ce genre de confessions, c'en est une autre d'être mis devant le fait accompli, et je ne doute pas un seul instant de quelle sera sa décision lorsque j'aurai terminé mon plaidoyer.
Parce que même si, pour Lucius, le Lord ou Nott Senior, elle a toujours été la cible à abattre, une épine dans le pied et la pire emmerdeuse de tous les temps, elle est aussi d'une droiture implacable et j'en viens même à comprendre la fascination de Théo à son encontre. Parce que dans ses yeux brillent la flamme de la vengeance et celle, plus terne, de la résolution.
Parce qu'elle sait que, même en paix, notre monde couve toujours une guerre. Parce qu'elle sait que les cicatrices ne guérissent jamais vraiment, mais qu'il faut du temps pour les panser, bien plus de temps que les citoyens ne daignent nous en donner.
Parce qu'elle a connu deux guerres sorcières et qu'elle a perdu bien plus d'amis, de famille, de collègues et de connaissances que personne ne pourra jamais le soupçonner, mais que même Nott ou le Maître n'ont pas su lui prendre sa dignité.
Parce qu'elle est une femme juste, droite et forte, qu'elle est une guerrière et une combattante, qu'elle est une femme, une mère bien plus qu'une tante qui se bat pour que Susan et tous les citoyens de ce pays puissent se sentir libres et en sécurité.
Oui, définitivement, je peux comprendre la fascination de Théo et j'en viens même à m'en vouloir de m'être foutu de lui pour ça… Un comble, n'est-ce pas ?
— Mon témoin n'est pas un Mangemort ni même un Sympathisant ! s'insurge à nouveau Berenson.
L'espace d'un bref instant, j'ai eu cette sensation fugace d'avoir vu un éclat de remerciement traverser le regard de cette grande dame, mais il disparaît en même temps que son sourire discret. À la fin de son bref hochement de tête à mon encontre. Décidément, cette femme est presque aussi mystérieuse que Lovegood…
— J'étais là lorsque le Lord la lui a apposée, je peux même vous en montrer le souvenir ! Encore l'un de ces glorieux jours où j'ai compris à quel point j'étais du mauvais côté de cette guerre…, grimacé-je. Parce qu'en toute honnêteté, personne ne devrait avoir à la voir en sous-vêtement sous peine de vouloir devenir aveugle !
— Je ne vous permets pas, petit insolent ! gronde Ombrage.
Insolent ? Je lui en donnerais, moi, de l'insolence ! Ce n'est pas parce qu'on se fait une petite crise de la cinquantaine en avance qu'on doit forcément s'habiller en rose comme une petite fille de trois ans née dans un couvent et encore moins tenter de réduire au silence tous ceux qui ne sont pas d'accord avec elle !
— Auror ! siffle Amélia. Veuillez dévoiler la cuisse du témoin !
Je la vois, aussi bien elle que Berenson ou Ombrage, retenir leur souffle le temps que l'un des Aurors dégaine sa baguette pour fendre en deux la robe informe – et immonde – que porte la détenue. Pourtant, bien vite, la lueur de triomphe qui brillait dans le regard de la juge s'éteint lorsque la cuisse vierge – et celluliteuse – de l'ancienne Grande Inquisitrice est dévoilée.
— Vous voyez bien ! fait triomphalement Berenson. Pas un seul tatouage !
— Pensez-vous le Maître assez débile pour laisser une telle marque au vu et au su de tous ? levé-je les yeux au ciel avant de tendre ma baguette en direction de la femme-crapaud. Revelio.
J'ai bien conscience que, si le Maître n'était pas mort depuis déjà un an et que les Détraqueurs n'avaient pas sévèrement endommagé la « saineté » d'esprit d'Ombrage, alors le serpent n'aurait jamais pu apparaître aussi facilement sur cette cuisse – encore une fois très laide et batracienne – de la femme.
Cette fois-ci, lorsque la salle part en éclats de voix, ils ne sont pas furieux ou haineux, ils sont au contraire victorieux. Parce que, dans cette salle, se trouvent nombre de ses anciens élèves, et je ne doute pas que les jumeaux Weasley ont d'ailleurs fait un pari concernant l'allégeance de cette femme durant notre cinquième année… Un simple regard de côté en direction de Mère et son trop léger sourire en coin m'apaise.
Ressentir de la fierté de sa part et pouvoir la voir inscrite sur son visage sont deux choses totalement différentes, mais l'un comme l'autre est un régal, car bien trop rare ou discret. Les conséquences d'une éducation de Sang-Pur prônant la suprématie des Doloris sur les enfants, je suppose… Mais c'est vrai, après tout ! Quel enfant ne préférerait pas se recevoir un Impardonnable plutôt qu'un câlin lorsqu'il a cinq ans…
— Quand êtes-vous devenue une Sympathisante de Voldemort, Miss Ombrage ? gronde Bones.
La question de la juge est noyée sous les exclamations du public et elle est finalement obligée de réitérer ses menaces – et ses coups de marteau – pour que le calme revienne, la forçant à poser à nouveau sa question.
— Je l'ai toujours plus ou moins été, hausse les épaules Ombrage, la voix vide. Il m'a approché lorsque j'étais encore stagiaire au ministère. Je voulais que le statut de mon père disparaisse et évite de me faire de l'ombre et il s'est chargé de cette tâche en me disant qu'il n'attendait rien de ma part, qu'il voulait simplement que nous devenions amis.
— Et vous l'avez cru ?! m'exclamé-je, incrédule face à tant de stupidité réunie en une seule phrase.
Sérieusement cette femme a vraiment un grain ! Prévenez immédiatement Ste Mangouste ! Nous devons la faire examiner de toute urgence ! Comment peut-on être crétine à ce point et être parvenue à embobiner Fudge ? Rectification… Lucius l'a fait, lui aussi…
— Pourquoi ne l'aurais-je pas fait ? Il m'avait mis en relation avec Steven, faisait jouer ses relations pour que mon stage débouche sur un poste plus prestigieux, m'a fait rencontrer Lucius Malefoy et m'a introduit auprès des plus grands noms de l'époque.
Décidément, il semblerait que Lucius me suive partout où j'aille… Parviendrais-je un jour à me défaire de cette emprise sournoise qu'il semble détenir sur moi ? À cette peur constante de le décevoir, ce qui entraînerait immanquablement un nouveau fiasco dont je sois obligé de réparer les pots cassés ?
— Est-ce par « amitié » que vous avez fermé les yeux sur tout ce qu'il se passait au ministère en 1997-1998 ? siffle Amélia.
Le teint de plus en plus pâle de Berenson pourrait être drôle si, lui aussi, ne semblait pas sur le point de rendre son déjeuner comme moi depuis que je sais que cette gargouille a réussi l'exploit incroyable de s'accoupler avec un être humain…
Pourtant, il aurait dû le savoir que sa maîtresse était une véritable folle à lier, qu'elle est même prête à torturer des enfants si tant est que ça lui apporte quoique ce soit ! Bon sang ! Il a côtoyé Abraxas et Lucius durant près de trente ans ! Pire ! Il a côtoyé Bellatrix ! Les signes de la folie, il doit bien les repérer à des millions de kilomètres, non ?
— Non, secoue-t-elle la tête. Je l'ai fait parce que Steven refusait de rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres et que pour l'épargner, j'ai demandé qu'il ne tue que Clélia Berenson, sa femme, en faisant passer ça pour l'attaque des membres de l'Ordre du Phénix après lui avoir apposé la Marque des Ténèbres, afin que Steven et moi puissions être ensemble.
Bordel ! Je suis soufflé et visiblement, je ne suis pas le seul si j'en juge le tremblement incessant des mains de Bones ou ceux de tout le corps de mon professeur. Même Severus n'aurait pas été aussi déterminé à tuer quelqu'un ! Il semblerait qu'Ombrage détienne réellement la palme de la psychotique la plus allumée de Grande-Bretagne de ces dix dernières années toutes catégories confondues !
— C'est à cause de toi que Clélia est morte ? souffle Berenson, la voix chevrotante.
Tu m'étonnes qu'il soit chevrotant, le vieux grisonnant ! Le simple fait d'avoir couché avec elle devrait déjà lui offrir une chambre simple dans l'unité des maladies mentales, mais apprendre, en plus, que sa maîtresse a commandité le meurtre de sa femme comme s'il s'agissait de faire sa liste de course, il y a de quoi chevroter !
— Elle se mettait en travers de notre couple ! explose Ombrage, les yeux furieux. Souviens-toi à quel point elle devenait paranoïaque à chaque fois que nous nous rencontrions, ou lorsqu'elle venait te voir « à l'improviste » dans ton bureau ! Elle aurait fini par comprendre que nous n'étions pas qu'amis !
Parano ou simplement étrangement clairvoyante la chère Madame Berenson ! Quoique, si l'on en juge la file phénoménale d'étudiantes de l'académie qui se masse devant la porte de son bureau chaque jour au point de nous empêcher d'atteindre notre salle de cours parfois, elle s'y est quand même prise assez tard…
— Il fallait qu'elle disparaisse avant qu'elle ne menace notre relation et ma position ! Tout ce que je regrette c'est qu'elle n'ait pas eu le temps d'être entièrement empoisonnée par la potion d'hémophilie…
Ah non, mais carrément quoi ! Pas une seule once de remords pour le fait de voler le titre de terreur du monde sorcier à Severus ou au Lord, pas une seule remise en question de sa propre insignifiante petite personne, rien ! Décidément…
— Tu es une grande malade…, chuchote Steven, les yeux exorbités.
Sans déconner ! Et c'est seulement maintenant qu'il se rend compte à quel point sa maîtresse est dingue ? Ou était-il donc depuis le début de ce procès, je me le demande bien, tiens !
— Auror, ramenez le témoin dans sa cellule, susurre Amélia en la fusillant du regard.
Et maintenant :
Chapitre 34 : La fin des cauchemars
— Auror, ramenez le témoin dans sa cellule, susurre Amélia en la fusillant du regard.
Je ne peux m'en empêcher – et en toute honnêteté, je crois que peu de choses auraient pu le faire – je me paye le luxe de lui adresser un sourire en coin accompagné d'un haussement de sourcil moqueur. Elle a voulu jouer contre un Serpentard ? Elle s'en est mordu les doigts !
Certes, grandir dans l'environnement de Lucius n'a pas été une sinécure et franchement, je ne l'aurais même jamais souhaité à Potter, mais il est une chose que l'on ne pourra jamais lui enlever : dans son genre, il est vraiment une star lorsqu'il s'agit de faire mordre la poussière à quelqu'un !
Alors lorsque l'on allie ce savoir-faire au don inégalé de Severus pour foutre la trouille à quelqu'un ou lui faire cracher ses plus sombres secrets, il ne fait aucun doute que l'on pourrait retourner le monde entier ! Qu'a dit Crivey, la dernière fois ? Ah oui ! « De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités, Malefoy ! Tous les enfants moldus savent ça grâce à Ben Parker ! ».
Je ne sais pas qui est ce Ben Parker, mais une chose est sûre, il ne savait pas à quel point ce genre de responsabilités pouvaient se révéler jouissives dans une salle d'audience ! Pourtant, je sais d'ores et déjà que la partie n'est pas terminée et que les cartes viennent simplement d'être redistribuées, dans l'attente d'une nouvelle manche.
— Tu t'es vraiment bien débrouillé, mon grand, sourit faiblement Mère, les lèvres pincées, lorsque je la rejoins à notre table.
Malgré son sourire, je sais pertinemment qu'elle a conscience que Dolores Ombrage n'était que du menu fretin, qu'elle n'était que l'entrée avant que le plat de résistance ne soit servi, et Merlin sait que la suite de ce procès va se jouer à quitte ou double…
Soit je suis meilleur que Berenson, le coiffant ainsi au poteau, soit je perds lamentablement contre lui, vaincu misérablement par des années de coups à répétition pour me faire durement entrer dans le crâne qu'un Malefoy se doit de protéger sa famille et non l'anéantir.
Mais où était-il, lui, lorsque notre famille partait à vau-l'eau ? Où était-il lorsque le Lord m'a confié cette mission de tuer Dumbledore après son échec pour récupérer cette maudite prophétie ? Où était-il lorsqu'il s'amusait avec Mère et moi pour nous punir d'avoir perdu ses entrées au Ministère ? Où était-il ? La réponse est simple : il n'était pas là. Parce que Lucius Malefoy est ainsi… Tant qu'il ne tirera aucun bénéfice, il préfère rester caché. Par lâcheté.
— Avec elle, c'était facile, soupiré-je en me frottant l'arête du nez. Le plus dur reste à venir, malheureusement… Berenson, même s'il vient de comprendre qu'il plaidait du mauvais côté de ce tribunal, ne reviendra pas sur sa ligne de conduite… Ce n'est pas pour rien qu'il est le meilleur, et ce n'est pas non plus pour rien que Lucius l'a choisi lui et non un autre pour le représenter…
— Tu trouveras la parade, j'en suis persuadée ! affirme-t-elle doucement en hochant la tête alors que le silence revient dans la salle.
L'émotion que je vois dans son regard m'est insupportable. Parce que je sais ce qu'il renferme. Je sais que dans le gris si identique au mien se tapit la terreur sourde de devoir, sous peu, faire à nouveau face à son bourreau.
Mais le pire, le plus douloureux aussi, est de me rendre compte, pour la première fois, que ce regard-là, je l'ai croisé de nombreuses fois dans ma jeunesse. À chaque fois qu'elle prenait les coups à ma place, à chaque fois qu'elle subissait pour moi les accès de colère ou de violence de Lucius.
Alors, pendant quelques secondes, je laisse tomber ma carapace, celle que j'ai forgée au fil des ans pour que jamais plus un seul coup de fouet, canne ou Doloris me force à garder le lit durant des jours.
Durant un court instant, je lui permets de voir le petit garçon un peu paumé que je suis, celui qui ne sait pas réellement qui il est, mais qui cherche activement son chemin dans la vie, celui qui était tellement terrifié à l'idée de devoir un jour retourner dans les cachots du manoir. Le Drago dont seule Padma a le privilège d'avoir accès lorsque les portes de notre appartement ou de ma chambre sont fermées.
Ma main attrape la sienne dans un geste d'infinie douceur qui me surprend moi-même, car si peu souvent exécuté avec elle, mes doigts se referment autour des siens en une étreinte protectrice et durant quelques brèves secondes, je la vois sourire pour de vrai, sans son propre masque, me rendant la mère que j'ai connue dans ma jeunesse.
— Maître Berenson, faites entrer votre second témoin, je vous prie, soupire Bones en claquant de son marteau sur le socle.
La soudaineté et la violence du geste nous font tous les deux sursauter – assez discrètement pour que personne ne le voit, mais ceci reste tout de même une offense à notre rang ! – quittant cet instant de grâce où le temps s'est arrêté pour nous porter quelque quinze années en arrière.
— J'appelle Lucius Abraxas Malefoy, hoche-t-il la tête, semblant avoir repris la maîtrise de ses émotions.
Il y a ces choses auxquelles on s'attend et celles qui nous surprennent, celles qui semblent couler de source et celles qui nous font l'effet d'une vague énorme qui nous rafle en pleine tempête, renversant notre navire. L'arrivée de Lucius est l'un de ces moments contradictoires où je comprends que toute ma vie n'a jamais été qu'une suite désabusée d'ironie.
De ma conception à ma naissance, la vérité sur la paternité de Severus a été un secret, un mystère savamment gardé par Mère et lui afin de nous garder tous les trois en vie et en relative sécurité.
Mon enfance s'est encore une fois résumée en une série de secrets, que ce soit ceux que gardait Mère envers Lucius, les nombreuses soirées où Severus venait au manoir pour passer du temps avec nous ou encore ceux qu'elle me cachait pour nous protéger, mon innocence et moi.
Mais à chaque fois, même s'il n'était pas souvent présent, Lucius était mon modèle, l'homme à qui je souhaitais ressembler parce qu'il inspirait le respect, la crainte et la fierté. Parce qu'il usait de son influence pour obtenir tout ce qu'il voulait et parce qu'il se savait assez futé pour savoir se sortir de toutes les situations.
Et quel enfant normalement constitué n'aurait pas voulu ressembler à cet homme qui dégageait tant de charisme, qui parvenait même à faire plier le ministre à son bon vouloir ? Aucun enfant, et moi-même je n'en étais encore qu'un.
Pourtant, il y avait cette figure paternelle de l'ombre, cet homme qui m'apprenait patiemment les potions ou métamorphosait des pierres pour qu'elles ressemblent à toutes sortes de créatures magiques parce qu'il savait que je les aimais en dépit de toutes les réprimandes de Père, car « un Malefoy n'aime personne et encore moins un être inférieur ».
Celui qui ne laissait que Mère et moi voir qu'il savait sourire ou être drôle lorsque personne n'était là pour le voir arborer ce sourire crispé et qui pourtant modifiait toute la physionomie de son visage.
Alors, lorsque Père fait son apparition dans la cage, ses cheveux blond platine cascadant dans son dos, une arrogance non feinte se peignant sur ses traits, son corps aminci par tout ce temps passé en présence des Détraqueurs et le regard brillant d'une folie qui m'est malheureusement bien coutumière, j'ai l'image fugace de lui-même, l'an passé, lorsque le Maître l'a libéré.
Déjà à l'époque, malgré ses vêtements tachés, sales et troués, sa barbe rasée à la serpe, son teint blanc maladif et sa perte de poids conséquente m'avaient marquée, mais c'est cette étincelle dans son regard qui m'avait fait comprendre une chose, une chose très importante : même sous l'influence des Détraqueurs, Lucius Malefoy restera toujours Lucius Malefoy.
Même Dumbledore et son Ordre du Phénix n'ont pas su lui enlever son « âme », même Potter, en libérant notre elfe, n'y est pas parvenu, même Azkaban n'y est pas parvenu et encore moins tante Bellatrix malgré ses remarques incessantes et ses coups fourrés à foison. Seul le Maître est parvenu à le faire plier le genou et ramper au sol pour venir lui baiser les pieds.
— Vous comparaissez ici même de votre propre chef pour amoindrir les charges reposant sur monsieur Yaxley. Comprenez-vous ce que je vous dis, monsieur Malefoy ? hausse un sourcil Amélia.
— Il ne va pas aimer, sourit narquoisement Mère.
Nous avons beau sourire en coin tous les deux, je sais en la regardant de profil qu'elle n'en mène pas large elle non plus. Elle aussi, elle redoute amèrement le moment où Lucius tournera le regard dans notre direction, et ce, pour la même raison.
Quelle n'a pas été ma surprise, la semaine dernière, lorsqu'elle m'a convoqué dans son appartement et d'y voir, déjà présent, Severus, la couvant d'un regard que n'importe qui jugerait de neutre, mais qui, pour quelqu'un le connaissant depuis toujours, sait qu'il s'agissait de tendresse.
Cependant, la plus grande des surprises a bien été lorsqu'ils m'ont annoncé la raison de cet entretien ! Un bébé ! Un putain de bébé ! À plus de quarante ans ! Et par tous les Fondateurs ! Pourquoi ont-ils trouvé acceptable de m'expliquer comment un fantôme revenu à la vie pour vingt-quatre heures pouvait concevoir un enfant ?!
Néanmoins, même si je sais que Granger et Weasley numéro deux sont au courant de cette grossesse, à Poudlard, elle n'en affiche aucun signe, et nous pouvons tous faire confiance à Severus pour savoir rester parfaitement impassible et n'alerter personne…
Alors quelle ne fut pas ma surprise, ce matin, lorsque je l'ai vue débarquer dans la Grande Salle, arborant une robe d'un bleu roi saisissant marquant ses quelques formes de femme enceinte ! En toute honnêteté, je crois que même la Patil de Gryffondor, qui passait au même moment devant moi, ne devait pas s'attendre à la giclée de porridge qui l'a percutée…
— C'est Lord Malefoy, grimace d'ailleurs Lucius. N'oubliez pas à qui vous parlez, Lady Bones ! Seule la mort peut priver un sorcier de son titre de Lord.
— Oh, mais je ne l'oublie pas, croyez-moi ! susurre-t-elle. « Seul peut porter le titre de Lord un sorcier libre », c'est ce que dit la loi, monsieur Malefoy. Vous devriez le savoir, vous qui avez si souvent détourné les lois à votre avantage, je suis étonné que vous ayez pu oublier ce genre de choses ! La mort n'est pas le seul moyen d'être libre. Si vous ne me croyez pas, demandez donc au père de votre fils, Lord Severus Prince, je suis persuadée qu'il se ferait un plaisir de vous expliquer à quel point il apprécie son statut à l'heure actuelle !
Si, jusqu'à présent, Lucius s'était tenu plus ou moins tranquille – enfin, autant qu'il soit capable de le faire, s'entend – avec cette pique acérée de la part de la juge, elle vient de nous faire tous les trois passer de « cible à abattre » à « ennemi mortel digne de Harry Potter pour Lord Voldemort »…
La rage froide qui envahit ses prunelles gris pâle lorsqu'il les place sur Mère me fait frissonner violemment. Bordel de merde ! Je lui avais pourtant dit de ne pas faire de vague ou d'afficher son petit ventre où doit barboter sereinement Flageolet Prince Junior…
Pourtant, la chose qui me fait le plus peur, c'est le sourire qu'il lui adresse avant de le porter brièvement sur moi puis sur la juge Bones. Il n'y a que froideur, promesse de haine, de torture, de violence et de mort, et Mère en a parfaitement conscience si j'en juge le son discret lorsqu'elle déglutit et sa main qui se resserre instinctivement sur la mienne.
— Si vous prenez la défense des Mangemorts avérés, je peux donc me permettre de vous transmettre les amitiés de Théodore Nott Senior, n'est-ce pas ? hausse-t-il un sourcil. Sachez qu'il regrette réellement de ne pas avoir pu poursuivre votre petit rendez-vous jusqu'à son…
— Ça suffit ! sifflé-je en le dardant furieusement. Tenter d'intimider le juge de cette cour ne vous aidera pas à fuir la justice, cette fois !
Même à moi, mon éclat de voix me paraît anormal, bien trop gryffondorien, bien trop Potter ou Granger ! Mais durant quelques innombrables secondes, j'ai pu voir la même lueur dans le regard de Bones que celle qui a toujours marqué les yeux de ma mère dans ma jeunesse. La peur et les démons intérieurs qui jamais vraiment ne s'en vont.
— Ah ! Drago, Drago, Drago…, soupire-t-il faussement en secouant la tête. Ne me dis pas que tu es tombé assez bas pour faire ami-ami avec Saint Potter et tous ces amoureux des nés-Moldus, tout de même !
— Voyez-vous, Père, je préfère largement devenir ami avec la bande à Potter et tous les amoureux des nés-Moldus de la planète plutôt que devenir quelqu'un capable de torturer et violer sa propre femme ou encore battre jusqu'à l'inconscience un enfant de cinq ans, souvent même avec des sortilèges Doloris ! haussé-je les épaules, gardant bien mal ma haine et ma rancœur pour ne pas l'exposer. Voyez-moi comme bon vous semble, de toute façon j'ai arrêté depuis bien longtemps d'attendre votre respect ou votre approbation pour mes actions.
Le plus drôle et le plus ironique en soi, c'est sûrement cette pointe de tristesse que je ressens en lui disant cette dernière phrase. Parce que, même encore maintenant, même l'an passé, tout ce que je voulais, c'est que cet homme que j'ai si longtemps admiré puisse me féliciter.
Pas pour jouer les bons pères devant un parterre de crétins de politiciens, mais pour mes actes ou simplement moi. Parce que même si je n'avais pas remporté le Vif d'or face à Potter, j'étais tout de même arrivé second dans le classement.
Parce que même si je n'égalais pas les notes de Granger ou Padma, j'étais tout de même troisième de notre promotion, taquinant de près les notes du petit génie de notre promo et l'une des Sang-Pur les plus intelligentes qu'il m'ait été donné de rencontrer.
Mais jamais je n'ai été à la hauteur. En dépit de tous mes efforts, des multiples heures que je pouvais passer dans la bibliothèque ou sur notre stade de Quidditch personnel pour m'entraîner, jamais je n'ai pu surpasser l'un de ces trois-là et déclencher cette fierté toute relative que je pouvais voir dans les yeux du père Weasley lorsqu'il regardait ses enfants.
Peut-être est-ce réellement pour ça que j'ai toujours haï les Weasley, et plus encore Weasmoche. Parce que lui, à mon contraire, recevait l'amour et les félicitations de son père, que ce soit sur le quai de la gare 9 ¾ ou sur le Chemin de Traverse.
Parce que lui, avait des frères et sœurs vers qui se tourner lorsqu'il avait un coup de blues et ne devait pas obligatoirement s'enfoncer dans le mutisme parce que bouder aurait été contraire à son éducation ou son rang.
Parce que, même si je recevais des colis de bonbons de la part de ma mère, les seules lettres de Père que je recevais contenaient des conseils pour savoir qui lui devait une faveur et pouvait donc m'éviter de me retrouver en retenue. Comme cette stupide garce d'Ombrage…
Pare que, même du fond de sa cellule à Azkaban, il parvenait à me faire savoir à quel point je le décevais et que j'avais tout intérêt à mener à bien ma mission pour le Lord sous peine d'avoir la mort de Mère sur la conscience.
— Que crois-tu qu'il se passera lorsque tous tes chers amis auront fini de se servir de toi pour faire emprisonner les Mangemorts, Drago ? sourit-il perfidement. N'oublie pas que tu es, toi aussi, un Mangemort. Tu portes, toi aussi, la marque du Maître sur ton bras !
Comment l'oublier, en effet ! Tous les jours, je dois voir cette chose qui brise la perfection de mon corps. Tous les jours, je dois payer pour les erreurs qu'il a commises. Tous les jours, je dois subir le regard, les remarques et les insultes de ceux qui ont eu à faire à Lucius dans leur vie !
Néanmoins, encore une fois, j'ai conscience de me donner en public pour tous ces scribouillards de La Gazette qui prennent furieusement en note chacun de nos mots, semblant suivre notre échange comme s'il s'agissait d'un roman-feuilleton palpitant qui commence légèrement à agacer Amélia Bones.
— Et je paye pour vos crimes à nouveau, soupiré-je de défaite en me rasseyant. Mais là n'est pas la question. Maître Berenson, commencez votre plaidoirie.
— Monsieur Malefoy, commence Berenson, vous avez demandé à témoigner aujourd'hui pour soustraire les charges concernant le meurtre de Charity Burbage, Pius Thicknesse et la mise sous Imperium de Sturgis Podmore le 31 août 1996. Expliquez à la cour pourquoi ?
Alors là, je dois dire que je suis vraiment impatient de savoir ce qu'il va invoquer parce qu'une chose est sûre, n'importe quel abruti avec un minimum de jugeote peut additionner deux et deux afin de savoir que Pius Thicknesse est mort parce qu'il a tout simplement utilisé toute sa concentration et son Noyau magique pour briser l'Imperium, et chaque Mangemort sait grâce à qui Nagini – cette chose répugnante à souhait – a pu avoir son buffet chaudement sanglant ce soir-là…
— Parce que Corban Yaxley n'était pas la personne chargée de ces missions, affirme Lucius avec un aplomb sans failles.
— Alors qui était responsable de ces missions, dans ce cas ? hausse un sourcil Berenson.
Même lui ne semble pas convaincu de la grosseur du mensonge proféré par Lucius en dépit du cercle de runes de vérité qui brille puisement sous sa chaise. A-t-il conscience d'à quel point son client est un véritable fou lorsqu'il s'agit de s'exempter des conséquences de ses actes ? Il serait même prêt à vendre son propre enfant pour se faire ! Rectification, il l'a déjà fait…
— Severus Rogue.
Ben voyons ! Ça ne lui a donc pas suffi de devoir forcer Severus à ne rester cantonné qu'au rôle de parrain, il souhaite maintenant détruire la confiance et la crédibilité toute relative, encore une fois, que le peuple sorcier anglais lui accorde ? Il en est hors de question !
Je ne suis peut-être pas quelqu'un de bien, et sincèrement, encore à l'heure d'aujourd'hui, je dois souvent me retenir de jeter des coups de poing ou des sorts sur certaines personnes, mais si je peux au moins faire quelque chose de bien, c'est protéger l'honneur de mon père, le vrai, celui grâce auquel Mère va pouvoir enfin avoir une grossesse presque normale !
Enfin, si l'on oublie qu'elle est enceinte d'un fantôme qui, lui-même, ne fait pas grand cas de son image ou de l'opinion politique et publique en ce qui le concerne… Et en oubliant le fait que Mère puisse devenir une vraie furie si les choses ne tournent pas comme elle l'entend depuis quelques mois…
— Objection ! grondé-je en me levant subitement. Severus Rogue a été exempté de toutes les charges de Mangemort retenues contre lui aux vues de ses actes de bravoure !
— Peur de découvrir que ton paternel est simplement ce qu'il a toujours semblé être, Drago ? ricane dédaigneusement Lucius. Un Mangemort ?
Un Mangemort ? Je sais parfaitement que Severus en était un, qu'il a dû tuer et effectuer des missions pour le Lord, mais je sais aussi l'envers de la médaille, grâce à Granger. Je sais qu'il tient plus du saint que du démon et que la plupart des morts à son actif n'ont été perpétrées que sur des sorciers âgés qui avaient eu le temps de mettre leurs affaires en ordre avant de rejoindre Merlin.
Certes, dans sa jeunesse, il a réellement embrassé les Ténèbres et s'est fait une joie de remplir toutes les missions que le Lord pouvait bien lui donner, mais il n'était qu'un gosse comme moi, à l'époque, qui cherchait sa voie dans un monde troublé.
— Pas besoin de faire de beaux discours, je sais parfaitement que vous êtes un véritable dégénéré, ne vous en faites pas, Père, grimacé-je amèrement. J'ai pas mal de cicatrices dans le dos qui me rappellent à quel point vous êtes un psychopathe.
— Votre honneur ! s'agace Berenson en s'appuyant sur ses poignets. La partie adverse s'en prend à mon témoin !
— Retenu, hoche la tête Amélia.
Une part de moi voudrait arrêter ici le combat qui se déroule entre lui et moi, mais il semblerait que le revoir après tant de temps, mais surtout l'entendre admonester l'homme le plus intègre que je connaisse, ait ouvert une porte dérobée à un courage que je ne me savais pas posséder !
— Je ne pensais pas t'avoir aussi mal éduqué, Drago, soupire-t-il faussement en secouant la tête.
Je doute que l'on puisse qualifier la torture sur un enfant impressionnable ou diverses formes de privations comme étant une méthode d'éducation paternelle frisant la perfection, mais je suppose que le fanatisme, la folie et l'art pour le mensonge sont trois de ces qualités douteuses dont Lucius soit le plus fier…
— D'abord tu t'acoquines à ces immondes Potter et autres traîtres à leur sang, puis tu t'élèves contre ton propre père, et maintenant tu oublies toutes les règles de notre famille ?
— Ayez assez de bon goût pour éviter d'insulter les personnes grâce à qui vous ne croupissez pas comme un légume dans votre cellule à Azkaban, grimacé-je en me levant pour m'approcher de la cage. Vous vous épargnerez beaucoup de déboires !
— Le bon goût, c'est pour ceux qui ne peuvent pas se payer un manoir, Drago ! lève-t-il à nouveau les yeux au ciel.
— Rassurez-vous, ni vous ni moi n'avons plus besoin de nous empêtrer dans le bon goût, dans ce cas, puisque vos actions nous ont conduits à perdre l'étendue de notre fortune ! souris-je amèrement.
Ce n'est pas lui qui doit traiter avec les gobelins une fois par mois pour savoir quelle somme il faut allouer à Mère ou Granger pour nous entretenir. Ce n'est pas lui qui doit apprendre à vivre sans ne plus rien avoir alors que toute sa vie on lui a toujours dit qu'il avait droit à tout.
Ce n'est pas lui qui a dû apprendre à se réinventer parce que les actes de son père et ses décisions ont tellement apporté l'opprobre sur son nom qu'il ne peut plus sortir sur le Chemin de Traverse ou dans Pré-au-Lard sans se faire insulter ou encore cracher dessus.
Non, ça, c'est à Mère et moi de devoir le gérer, parce que Lucius Malefoy a toujours été une sorte de grand gamin capricieux masqué dans le corps d'un adulte à la beauté d'une Vélane qui se servait de ses gènes pour obtenir tout ce qu'il souhaitait.
— Encore une fois, objection, votre honneur !
— Retenu ! siffle Bones en frappant fortement de son maillet. Faites attention, Maître Malefoy-Prince ! Cette cour n'est pas un ring sur lequel vous pouvez régler vos problèmes familiaux !
— Veuillez m'excuser, votre honneur, soupiré-je en me rasseyant tout en secouant la tête. Maître Berenson, je vous en prie, continuez.
Cette audience m'épuise plus que tout. Crivey a tout un intérêt à grassement me récompenser pour cette nouvelle épreuve que je suis en train de subir parce que, sinon, il ne fait aucun doute qu'un peu de poison va se retrouver subrepticement dans son verre de jus de citrouille demain matin ! Enfin, encore faudrait-il que, demain matin, je sois toujours en vie pour pouvoir exécuter une telle action…
— Très bien, monsieur Malefoy, reprenons. Simple curiosité de ma part, fronce les sourcils Berenson, chacun d'entre nous sait que vous êtes un Mangemort, l'un des fidèles de Vous-Savez-Qui. Ce que j'aimerais comprendre, c'est pourquoi êtes-vous devenu Mangemort ?
Parce que c'est un taré de dégénérer psychopathe et qu'entre sociopathes on se comprend ? Parce que si le Lord avait gagné cette guerre, il aurait pu enfin voir son grand rêve se réaliser, à savoir un monde où plus aucun Moldu ne vit ?
— Les Malefoy ont toujours eu à cœur de protéger la magie de toutes les manières possibles, commence Lucius. Mon père, Lord Abraxas Malefoy, n'a jamais dérogé à la règle. L'été précédant ma sixième année, le Lord est venu au manoir Malefoy pour un entretien avec mon père et suite à celui-ci, il n'était plus question de rester neutre, mais bien de prendre part à la guerre. Et pas du côté de Dumbledore.
Sérieusement ? Comment peut-il sortir ce genre de conneries alors que toute ma vie il m'a seriné en me disant qu'un Malefoy ne reste jamais neutre, qu'un Malefoy se devait d'avoir une voie pour être le Maître de tous ces stupides moutons qui nous entourent ? Parfois, je l'avoue, j'envie son sang-froid et sa capacité au mensonge…
— Et quelle était votre opinion sur ce point-là ? hausse un sourcil Berenson. Penchiez-vous plutôt pour suivre l'autorité parentale ou…
— Je voulais rester neutre dans cette guerre. Je me fichais pas mal de la guerre du moment que ma famille restait en sécurité et continuait de prospérer, le reste ne m'importait que peu !
Vraiment, sa capacité à mentir sans même tressaillir, le tout en fixant droit dans les yeux l'avocat de Yaxley me rend admiratif ! N'importe qui sachant qu'il est en train de commettre un parjure aurait au moins légèrement sourcillé, mais il semblerait que Lucius Malefoy fasse partie d'une autre catégorie de personne…
— Alors, pourquoi avoir pris la Marque des Ténèbres ?
— Mon père n'était pas un tendre, il était même tout le contraire, sourit amèrement Lucius. Lorsque je lui ai dit que je ne voulais pas prendre la marque, mon père m'a menacé, énormément menacé même. Et puis lorsque le Lord s'est montré plus insistant, mon père en a fait de même.
Mais bien sûr ! Je doute qu'Abraxas ait eu beaucoup à le menacer pour lui faire embrasser la voie des ténèbres ! Si Lucius a eu droit à un accord assez léger de ma part lorsqu'il m'a imposé de servir le Lord, je ne doute pas que, lui, en revanche, ait été plutôt pressant à l'idée de lui servir de larbin !
Se doutait-il, à l'époque, qu'il passerait son temps à genoux, à baiser les robes d'un Sang-Mêlé et faire ses quatre volontés, à finir en prison, jeter l'opprobre sur notre nom et devenir un paria de la société sorcière ? À mon humble avis, s'il avait su ce que son association au Maître lui apporterait, il se serait ravisé bien vite !
— J'ai résisté jusqu'au jour où il m'a lancé l'Imperium pour que je prenne la marque. Mais je suis un politicien et non un meurtrier, et ça, le Lord l'avait bien compris. Il m'a dit que je n'aurais jamais besoin d'aller sur le terrain, mais que je serais, en quelque sorte, son oreille au ministère, si je ne voulais pas que ma famille en pâtisse. Narcissa venait de tomber enceinte de Drago, je devais les protéger coûte que coûte.
C'est finement joué de sa part, je le reconnais. Mettre en avant l'état de faiblesse de Mère à cette époque-là, le fait qu'elle était enceinte et qu'il souhaitait nous « protéger » – même si personne ne semble se rendre compte que la protection de Lucius se traduit par des Impardonnables et des actes innommables – il s'attire, l'espace de quelques secondes, la sympathie du public. J'en conviens, c'est vraiment bien joué.
— Très bien, monsieur Malefoy, hoche la tête Berenson. Abordons maintenant le sujet de Charity Burbage. Comment pouvez-vous savoir que Severus Rogue était le chargé de mission pour la capture de cette femme ?
— Lors de la réunion visant à assigner cette mission à l'un de ses plus fidèles alliés, le Lord a convoqué tout le premier cercle des Mangemorts, dont Corban, Severus et moi-même.
— Et le directeur Rogue s'est porté volontaire ? Comme ça ? penche la tête Berenson, sceptique.
À moins que ce cher public soit aussi con qu'il les prenne – et franchement, pour certains, je me pose encore la question –, j'aimerais bien savoir de quelle manière il compte faire croire que Severus se soit senti subitement assez débile pour vendre Burbage !
— Oh non ! ricane Lucius. Severus n'a jamais eu le courage de ses propres opinions, la preuve en est, à l'heure actuelle, vous l'encensez alors qu'il a fait plus de morts encore que Corban ou moi-même ! Parce que Severus a toujours eu assez de ruse pour savoir quand retourner sa veste.
Ou alors plus d'intelligence pour comprendre que le Lord était un taré de sociopathe et agir en tant que personne sensée ! Mais il semblerait que sur ce point il ne soit pas encore prêt à l'envisager, visiblement…
— Donc Vous-Savez-Qui lui a imposé cette mission, c'est ça ?
— Tout à fait ! hoche-t-il la tête vigoureusement. Il a mis un zèle incroyable dans la réalisation de cette mission, je dois dire !
— Et concernant la mort de Pius Thicknesse ? Comment peut-il en être responsable alors que Harry Potter en personne a apporté le souvenir de la mort du directeur Rogue plus ou moins en même temps ?
— Les barrières protectrices anti-transplanage de l'école avaient sauté, il n'était donc pas compliqué pour lui de faire un détour par le couloir où se tenait le ministre et ensuite aller à son entretien avec le Lord…
Dois-je vraiment lui faire remarquer qu'il aurait été stupide de la part de Severus, voire parfaitement inconscient de se matérialiser ainsi, dans un couloir, en plein milieu d'un champ de bataille, d'autant plus s'il était attendu par le Maître ?
Mais surtout, s'il n'était pas en train de se perdre dans son mensonge, il se serait souvenu qu'à la mort du lanceur, si l'Imperium était assez puissant – et Severus est bien loin du niveau d'une Ginny Weasley par exemple, ou un Neville Londubat de première année – alors même dans la mort son sortilège aurait perduré.
Or, de ça, je ne doute pas que chacun ici, même s'il déteste Parrain, a bien conscience de sa puissance magique. Le simple fait qu'il soit le descendant de Merlin en est la preuve parfaite, par Salazar !
— Donc, si je comprends bien, mon client mérite le bénéfice du doute, c'est cela ?
— En effet, hoche-t-il la tête. Il mérite même l'abandon total des charges sur les trois cas puisqu'il n'est pas responsable de ces meurtres ou tortures.
— Et concernant Sturgis Podmore ?
— Le soir de la dernière épreuve du Tournoi des Trois Sorciers, le Maître a convoqué le premier cercle afin que nous soyons tous prévenus de son retour, sourit-il en coin. Severus était le seul des chevaliers de Walpurgis à ne pas s'être présenté et avoir été excusé en raison de la « mission » qu'il avait de surveiller Dumbledore de l'intérieur.
Le regard qu'il jette dans notre direction ne ment pas. Bordel ! Je comprends enfin ce qu'il est en train de faire ! Tout comme Ombrage, il se fout pas mal de réduire sa peine ! Tout ce qu'il veut par ce témoignage, c'est nous détruire encore un peu plus, Mère et moi, en mettant le doute sur la fiabilité de Severus en rappelant qu'il est le meurtrier de Dumbledore !
Mais il n'en est pas le réel responsable. Le vrai coupable dans cette affaire, c'est lui, et dans une moindre mesure, moi. Si Lucius ne s'était pas engagé dans les Mangemorts avec tant de ferveur, il n'aurait pas été au Département des mystères pour aller récupérer cette putain de prophétie.
S'il n'avait pas échoué à récupérer cette prophétie, alors il n'aurait pas fini à Azkaban, je n'aurais pas été forcé de prendre la marque et obtenir comme mission – à la gloire plus que douteuse – de devoir tuer le leadeur de la Lumière.
Si je n'avais pas reçu cette mission, Mère n'aurait pas été forcée, à cause de la peur, d'aller demander à Severus de l'accomplir à ma place si je n'en étais pas capable, mettant ainsi la vie de mon père en danger, et Dumbledore de le supplier de l'achever.
Et pourtant, il a beau être le responsable de tous nos malheurs, à l'heure actuelle et dans notre passé à tous les trois, je ne parviens pas à me détacher de cette petite voix, celle du Drago de quatre ans, qui voyait Lucius comme un modèle, de me supplier de l'épargner parce que c'est son papa et qu'il l'aime.
— Les chevaliers de Walpurgis ? fronce les sourcils Berenson.
— C'était le nom que portait le premier cercle, à son tout début.
— Très bien, hoche-t-il la tête. Severus Rogue s'est-il présenté à Vous-Savez-Qui plus tard dans la soirée ?
— En effet. Il a par ailleurs obtenu la mission de mettre Podmore sous Imperium ce soir-là, et l'a maintenu jusqu'à la fin des vacances scolaires. Le 31 août de cette année-là, il lui a imposé de forcer la porte de la Salle des Prophéties du Département des mystères. Il n'avait simplement pas pris en compte le fait que Podmore combattrait son Imperium ! sourit-il en coin encore une fois.
Parce qu'il croit vraiment que Severus se foirerait à lancer un putain de petit Imperium ? Bordel de merde ! Il a même eu du mal à contrer un Oubliette qu'il s'était lui-même jeté près de vingt ans plus tôt ! Alors qu'un vulgaire gratte-papier comme Podmore parvienne à contrer l'un de ses sorts touchant à l'esprit ? Aucune chance !
Bordel ! Severus est un maître dans les Arts de l'Esprit, le plus jeune depuis plusieurs siècles, un don qui se passe de génération en génération ! Il me suffirait de faire apparaître le certificat du Congrès des Mages et Sorciers pour que toute sa foutue plaidoirie tombe à l'eau !
— Merci, monsieur Malefoy. Plus de questions, votre honneur, se retire Berenson en hochant la tête.
— Maître Malefoy-Prince, c'est à vous pour le contre-interrogatoire, lance calmement Amélia Bones.
Il ne fait aucun doute, au vu de ses lèvres fortement pincées, de sa posture rigide et de ses yeux lançant des regards de haine furieuse à son encontre, qu'elle est, elle-même, sur le point de sortir ledit document et lui faire comprendre dans la douleur qu'on ne se fiche pas d'elle et de son Magenmagot de cette manière !
Une part de moi, celle du petit enfant qui admire encore Lucius en dépit des mauvais traitements et des mauvaises actions, est en train de se rebeller, souhaitant faire couler le sang de cette juge s'en prenant à son papa.
Mais il ne me faut qu'un simple regard en direction de Crivey pour comprendre, qu'encore une fois, je vais devoir museler cette partie d'innocence qu'il me reste.
Parce que, si moi je parviens à affronter mon cauchemar en le regardant dans les yeux, il ne fait aucun doute que, si le témoignage de Lucius est pris en compte, alors le Baiser du Détraqueur ne sera plus une option pour Yaxley, mais bien un lointain souvenir.
Parce que Shacklebolt s'est fait un devoir de réformer même les lois relatives à Azkaban et aux Mangemorts et pour que plus un seul d'entre eux ne puisse mourir en prison par la faute du ministère comme Sirius Black aurait dû le faire.
Parfois, je regrette vraiment ce ministère nouveau, ce ministère qui fait de son mieux pour que ses sentences soient plus humaines… Même si c'est grâce à celle-ci que je ne suis pas, moi-même, enchaîné à vie…
Or, si je veux pouvoir continuer à me regarder en face, il faut que je prenne la bonne décision, et cette bonne décision, c'est d'enterrer ce bébé Drago qui prenait son père pour la réincarnation de Merlin sur Terre… Putain… Ce que devenir adulte et affronter ses actes ainsi que son passé et ses cauchemars peut être douloureux…
Néanmoins, mon cœur s'apaise lorsque je pose le regard sur Mère. Elle non plus, elle ne pourrait pas vivre en sachant que quelqu'un pourrait faire libérer Lucius, qu'il pourrait s'en prendre à nous ou à l'enfant qui grandit présentement dans ma piscine olympique. Elle aussi, a besoin de clore le sujet. Tout comme Crivey, Severus et moi-même…
— Est-il vrai que les Malefoy possèdent, dans leurs gènes, de la magie Vélane ? commencé-je posément.
— En effet, hoche-t-il la tête, ne semblant pas comprendre la raison de ma question.
Allons père ! Ne soyez pas si bon acteur ! Ça ne vous servira à rien ! Aujourd'hui, tout comme le soir de la bataille finale, si je devais choisir entre Mère et vous, ce serait elle que je choisirais, vous devriez le savoir ! Ce que j'aimerais pouvoir lui dire cela… Mais je ne le peux pas, parce qu'une personne de mon rang n'étale pas son linge sale en public même s'il en meurt d'envie…
Néanmoins, je peux peut-être l'amener à se discréditer tout seul et, qui sait, obtenir justice pour tous sans pour autant passer pour n'importe quel Poufsouffle de première année qui passe ! Et quel meilleur moyen de le faire que de révéler l'une de ces choses dont il est si fier, mais dont il garde si jalousement le secret ?
— Savez-vous que, lorsqu'une Vélane est soumise à une potion ou des runes de vérités comme c'est le cas maintenant, elles peuvent mentir ?
— Oui, siffle-t-il en me dardant d'un regard de pure haine. Mais je ne…
— Et savez-vous aussi que lorsqu'une Vélane ment sous potion de vérité, ses yeux deviennent dorés ? le coupé-je rapidement. Voudriez-vous savoir de quelle couleur sont vos yeux depuis le début de cet interrogatoire ?
Il a compris. Il vient de comprendre ce que je tente de faire et le plus douloureux dans tout ça, c'est que pour la première fois de ma vie, sans que ce ne soit joué ou surjoué, ce que je vois apparaître dans ses yeux, c'est réellement de la fierté.
Un sourire désabusé fleurit quelques secondes sur mon visage en voyant ça. La seule et unique raison pour laquelle il est fier de moi, c'est parce que je viens de le mettre à terre, je viens de lui prouver que j'avais les couilles pour être un Malefoy.
Alors, me rendant enfin compte que je n'attendais finalement que ça pour pouvoir enfin avancer et me détacher d'un passé bien trop douloureux qui m'empêchait de relever la tête, je me lève de mon siège, me sentant bien plus léger lorsque j'avance de trois pas dans sa direction, les épaules dénouées.
— Que tentes-tu de faire avec ta minable petite plaidoirie, Fils ? ricane-t-il dédaigneusement. Tu comptes me faire passer pour le méchant de l'histoire ?
— Je n'en ai pas besoin, vous le faites parfaitement vous-même ! levé-je les yeux au ciel.
Et encore, je suis bien loin de la vérité ! Certes, le « méchant » de la société sorcière anglaise est bien le Lord, mais pour Mère, Severus et moi-même, le méchant de l'histoire, c'est bien celui qui nous a forcés à la peur et la douleur, la tristesse et le désespoir…
— N'oublie pas une chose, Drago, susurre-t-il froidement. Je suis peut-être un Mangemort, mais tu en es un, toi aussi, et lorsque tu quitteras ce tribunal, même si tu nous fais condamner au Baiser du Détraqueur, Yaxley et moi, les gens continueront toujours de te voir comme un Mangemort, comme quelqu'un qui a commis les pires crimes, torturés, tuer et y a pris du plaisir.
A-t-il conscience que j'ai vomi l'intégralité de trois jours de repas après la première fois où Bellatrix m'a forcé à la regarder torturer un Moldu sans défense dans les cachots du manoir en la voyant s'enhardir et prendre un peu plus de plaisir à chaque coup de fouet ou Doloris ?
Sait-il que je cherche encore à savoir comment j'ai bien pu atterrir dans ma chambre sans même m'évanouir le jour où ce fut à mon tour de lui montrer ma fidélité et ma confiance envers le Lord ? Que j'ai dû demander à Severus des potions de sommeil sans rêve pendant des mois pour oublier le son qu'a émis Nagini en gobant Burbage ?
Non, bien sûr que non ! Parce que Lucius Malefoy se fiche parfaitement de ses jouets tant que personne ne cherche à les convoiter, à moins que ce soit le Lord, bien sûr, auquel cas, ledit jouet devient le centre de son monde !
— Mais tu n'as pas pris tes responsabilités, assène-t-il froidement en m'assassinant du regard. Tu n'as pas assumé tes actes comme ton bâtard de père ! Ni toi ni lui ne payez pour vos actes.
Comment peut-il dire ça alors que, tous les jours pendant près de vingt ans, Severus a été regardé avec haine ou, au mieux, mépris parce qu'il a tenté de faire les choses bien pour Mère et moi en rejoignant ce foutu Ordre du Phénix qui, au final, aura causé sa mort ?
De quel droit se permet-il de dire ce genre de chose alors que, chaque jour, je reçois des insultes, des moqueries, des sorts dans le dos ou des lettres piégées au point que McGo a dû faire interdire tout courrier m'étant destiné avant qu'il n'ait été inspecté de fond en comble ?
N'est-ce pas payer pour ses actes – dans la logique tordue de Lucius, s'entend – que de ne pouvoir aimer la femme qu'il aime de son simple état de fantôme, de ne pouvoir élever ses enfants ou simplement pouvoir embrasser son futur nouveau-né ou la seule femme qu'il n'ait jamais aimée ? De ne jamais pouvoir les toucher ou simplement les serrer dans ses bras ?
Comment peut-il affirmer que nous ne payons pas pour nos actes alors qu'à sa première sortie sur le Chemin de Traverse, au sortir de la guerre, Mère s'est pris des fruits pourris sur le visage et sa toilette, mais a su rester digne et droite par amour et respect pour moi ?
Toutes ces choses, tous ces actes, je me demande si, lui, du haut du piédestal sur lequel il semble lui-même s'être installé, il en serait capable. Serait-il capable de garder la tête haute et continuer d'avancer ou même se remettre en question ? J'en doute fortement !
Mais est-ce réellement le moment de lui expliquer ces choses-là ? Assurément ! Après tout, Padma ne m'a-t-elle pas dit textuellement, ce matin avant que nous partions « Fais leur un show qu'ils ne sont pas près d'oublier ! Tu es Drago Prince, tu imposes ta loi dans ce tribunal et les autres n'auront qu'à suivre s'ils ne veulent pas périr ! ». Oui, décidément, je crois qu'elle doit prendre des cours avec Granger…
Je sais parfaitement ce qui pourrait faire le spectacle, de quelle manière m'exprimer et quels termes ou actes mettre en avant pour appuyer mes dires. Pourtant, au moment de passer à l'action, un doute me prend. Suis-je capable de faire face à mes actes aussi facilement que Severus ?
— Tu as raison, Père, j'ai bien la marque, je suis bien un Mangemort, dis-je le plus calmement du monde en remontant ma manche. Mais je paye chaque jour pour les choix que vous avez faits. Cette marque, c'est juste la représentation de toutes vos erreurs et le courage qu'il m'a fallu pour protéger la seule personne qui aurait dû compter, la personne la plus douce, aimante et pure que je connaisse. Ma mère.
Je n'ai pas besoin de regarder Mère pour savoir qu'elle a les larmes aux yeux, pas besoin d'écouter pour savoir que toute la salle retient sa respiration en attendant la fin de mon plaidoyer en faveur de ma propre libération.
Tout ce que je fais, c'est fixer inlassablement mes yeux dans les siens, me coupant profondément du monde extérieur pour qu'il comprenne qu'aujourd'hui, dans ce tribunal, je fais l'acte le plus brave, réfléchi et déterminant pour la suite de ma vie.
Je m'émancipe de la peur qu'il m'inspire, du respect et de la dévotion que je lui ai toujours alloués alors qu'il ne les méritait pas. Je me défais de l'emprise malsaine et morbide qu'il détenait toujours sur moi, faisant la paix avec le petit Drago en moi qui continue de pleurer la « mort » de son père.
Parce qu'en ce jour et en cette heure, dans cette pièce bien trop silencieuse pour ne pas comprendre ce qu'il se passe, je fais enfin le premier pas sur le chemin de la rédemption. Je fais le deuil de ce que, finalement, je n'ai jamais eu…
Je ne suis pas Drago Malefoy, le fils de Lord Lucius Malefoy, politicien, fou, Mangemort, demi-Vélane, adepte des meurtres et de la torture, qui n'a jamais réussi à trouver en son cœur la moindre étincelle de bienveillance et de fierté à mon encontre.
Je ne suis pas non plus Drago Prince, le fils de Severus Rogue, Lord Prince, professeur, directeur des Serpentard, directeur de Poudlard, codirecteur, Mangemort, espion et dernier rempart à ce que Potter puisse vaincre Lord Voldemort et instaurer la paix sur l'Angleterre.
Je suis simplement Drago Malefoy-Prince, fils du plus grand espion que cette nation n'ait jamais connu et de la Sang-Pur la plus droite que je connaisse, élevé par un homme qui m'a appris à craindre et respecter les figures d'autorités et modeler le monde de la manière qui l'arrangeait.
Je suis un Serpentard, je suis le descendant de Merlin, je suis un Lord, je suis un sorcier. Je suis simplement Drago Malefoy-Prince et quiconque osera se mettre en travers de mon chemin comprendra à quel point le sang ne fait pas tout. Parce que l'éducation joue aussi, et Lucius m'a, à mon corps défendant, enseigné comment toujours rester en vie.
— Que vous soyez un taré de psychopathe comme Bellatrix, c'est une chose, mais que vous la détruisiez elle, que vous fassiez tout pour faire libérer l'un des pires Mangemorts du premier cercle, l'un des plus fervents partisans du Lord, là, je ne suis pas d'accord ! affirmé-je avec froideur et implacabilité. Je ne suis pas un saint et Merlin sait que je ne suis pas un ange, mais j'ai au moins la clairvoyance de reconnaître mes fautes. Et ma plus grosse faute a été de voir en vous quelqu'un de bien.
Ça y est, je l'ai fait. J'ai coupé tout lien qui, un jour, pourrait me raccrocher à lui. Et pour la première fois depuis une éternité il me semble, dans les yeux de Mère, lorsque je me retourne pour lui faire face, ce que j'y vois dépasse la fierté et l'amour.
C'est de l'admiration et du respect à l'état brut. Ce sont des remerciements et des félicitations. Comme si elle avait compris l'importance de mon cheminement de pensées, la douleur de celles-ci et l'impact des révélations qui me sont arrivées.
Parce qu'elle sait parfaitement que, en cet instant, peu importe Padma, Severus, le bébé qui grandit en elle ou encore Crivey et son besoin de justice, à cet instant, il n'y a qu'elle qui compte.
Ma mère, cette femme forte et belle, fière, droite et intelligente, douce et maternelle. La seule femme qui compte à mes yeux et celle pour qui je me battrais toujours. Comme cette nuit-là, dans la tour d'astronomie. La seule à qui j'ai dit « je t'aime » et la seule avec qui je compte bien le faire aussi !
— Maître Malefoy-Prince, s'il vous plaît, je ne veux pas vous exclure de cette salle d'audience, mais si vous continuez cette plaidoirie de cette manière, je me verrai dans l'obligation de le faire, soupire Amélia.
— Pas la peine, Juge Bones, soufflé-je, les yeux rivés à ceux de Mère, un léger sourire sincère étirant mes lèvres. J'en ai fini avec ce témoin.
— Dans ce cas, le Magenmagot va se retirer pour délibérer maintenant.
Une minute, c'est le temps qu'il faut au sang pour faire un tour complet dans notre corps. Une minute, c'est aussi le temps qu'il faut pour que notre cerveau puisse lire neuf cents mots ou pour que trois cent mille litres de Bièraubeurre ne soient brassés dans le monde.
Cependant, une minute, dans cette salle, c'est le temps qu'il a fallu pour que tout n'explose. Le temps pour Berenson de s'approcher de Yaxley et que celui-ci lui vole sa baguette, lui envoyant un sortilège de découpe assez profond pour qu'il touche une artère principale.
Une minute, c'est le temps qu'il a fallu pour qu'une fois le corps de Berenson à terre, il ne défasse ses liens qui le retenaient prisonnier et libère aussi Lucius.
Trente secondes, c'est le temps qu'il nous a fallu pour comprendre qu'aucune guerre ne serait terminée avant qu'ils ne trépassent. C'est le temps qu'il a fallu pour que je dégaine ma baguette et que les étudiants de septième et huitième années venus assistés au procès en fassent de même, se lançant à corps perdu dans la mêlée.
Vingt secondes, c'est ce qu'il faut pour que déjà sept corps mutilés dans l'éternité ne jonchent le sol et que des cris de rage ou de désespoir, d'éclairs de lumière et de sortilèges hurlés ne déchirent le silence précèdent.
Dix secondes, c'est le temps qu'il me faut pour décrocher violemment le Portoloin d'urgence que je porte autour du cou depuis des années et le jeter à ma mère, lui criant de partir avant de l'activer en disant « Impasse du Tisseur ».
Cinq secondes, c'est le temps qu'il me faut pour repérer Théo se battant aux côtés de Crivey, Londubat et Astoria, ceux-ci me cherchant dans la foule pour me mettre en sécurité auprès d'eux pour continuer la lutte.
Trois secondes, c'est le temps qu'il me faut pour comprendre que la plupart du public ont lâchement fui, n'essayant même pas de lever sa baguette pour se défendre, nous défendre face à deux misérables Mangemorts du premier cercle.
Deux secondes. C'est le temps nécessaire pour que je parcoure quelques mètres, me rapprochant de mes quatre camarades de Poudlard et me faire stopper net dans mon élan par une main attrapant sauvagement mes cheveux.
Une seconde. C'est tout ce qu'il me faut pour comprendre que ce qui pousse contre mon cou est la pointe d'une baguette et que même avec tout l'optimisme de la terre, il y a toutes les chances du monde pour que j'y reste.
— Alors, Drago, que penses-tu de continuer cette conversation sur mes penchants psychotiques quelques instants ?
Cette menace susurrée au creux de mon oreille, je n'ai même pas besoin d'une seule putain de petite seconde pour comprendre de qui elle peut bien venir. Parce que, même si tante Bella et le Maître m'ont toujours fait flipper, cette voix-là, je sais qu'elle ne peut appartenir qu'à une seule personne. Mon cauchemar. Mon père. Lucius.
Et merde…
(la suite, au prochain épisode, les enfants ! 😉 )
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Je vous dis donc au jeudi 29 juillet pour la troisième partie du chapitre 34 intitulé : « La fin des cauchemars » !
Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.
