Bonjour et bienvenu

Dans cette première partie du chapitre trente-cinq du Souffle Du Dragon !

Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :

1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté (ou un qui serait découpé en trois partie) , nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !

2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposté, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !

3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.

4) il y aura une pause un peu plus longue que prévue, entre la fin de la publication du 34 et la première du 35, pour cause de vacances avec accès internet réduit…

À l'attention de Dramionymus, Lena-Malefoy et Adalind.S, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout courts ! Je vous remercie beaucoup, Guest & Hope0625, pour vos review, n'hésitez pas à te créer un compte pour pouvoir échanger avec moi sur cette fiction 😉

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !


Je m'excuse humblement pour ce retard dans la publication,

les vacances et un enfant en bas âge ont cette particularité inouïe de vous épuiser...

sur ce, je vous souhaite

*** Bonne lecture ! ***

et je vous retrouve en bas!


Chapitre 35 : Faire face

George

J'y ai cru. J'y ai tellement cru, bordel, que maintenant que je peux en voir les retombées, je comprends à quel point je me suis fourvoyé. « Ça ne fait pas grand bien de s'installer dans ses rêves et d'oublier de vivre » ? Oui, à n'en pas douter, la personne qui a dit cela a dû vivre le même genre de choses que moi en ce moment…

Bon sang… Nous y étions presque, pourtant ! Il ne manquait pas grand-chose, à peine quelques jours — semaines tout au plus ! — et moi aussi, nous aussi, nous aurions pu avoir droit à notre foutu happy end dont elle se targue d'être en recherche depuis des mois…

Elle… Hermione… La raison pour laquelle, depuis près d'une semaine, Charlie semble être à deux doigts de mettre tout Poudlard à feu et à sang, juste pour pouvoir retrouver sa femme…

Et bordel, j'ai beau l'aimer comme une sœur, vouloir son bonheur avec autant de force que celui de Fred, Harry ou n'importe lequel de mes frères, juste pour que leur situation à tous les deux, Cha et elle, se clarifie — et ainsi enlever la putain d'épée de Damoclès qui tourbillonne sans cesse au-dessus de la tête de Luna depuis ce jour-là — je serais prêt à vendre père et mère…

Pas besoin d'être un génie pour comprendre que les cauchemars de Luna se sont intensifiés depuis le jour de leur divorce avorté, ou encore le fait qu'elle soit bien trop terre à terre pour que ce soit normal !

Merde à la fin ! Elle a même su tenir une conversation tout ce qu'il y a de plus banale avec Harry il y a deux soirs de ça ! Ce n'est pas rien ! Pire encore ! Elle a même réussi à ne pas s'enfermer dans son petit monde depuis ce jour-là !

Alors oui, c'est vrai, j'aime énormément Hermione et je pourrais très certainement ériger une statue à sa gloire ou bien inventer un gadget en son nom — ce qui, soyons honnêtes, est bien plus dans mes cordes — mais à l'heure actuelle, si je savais précisément sa destination dont ce cher Malefoy semble faire un secret d'État, je la vendrais à Charlie sans demander la moindre compensation.

Parce que, pour la première fois de ma vie, je suis réellement terrifié par l'avenir. Plus encore que ce funeste jour d'il y a près d'un an où j'étais sûr que Fred ou moi allions y passer, plus encore que lorsque j'ai vu le mur du corridor s'effondrer sur mon jumeau, que le jour où il m'a clairement fait comprendre qu'il ne se jugeait pas digne de Harry ou encore celui où Luna m'a dit qu'elle partirait bientôt, je suis terrorisé.

Parce que, depuis que je sais qu'elle a pour mission d'offrir la paix à Harry et Hermione, et que cette paix passe par Fred et Charlie, depuis ce jour, je me suis préparé à son départ, et je pensais réellement être prêt !

Mais aujourd'hui, alors que le soleil se lève à peine dans notre chambre et que Luna bouge doucement contre mon corps tout aussi nu que le sien, je suis terrorisé à l'idée que ce soit la dernière fois, que de tels moments soient les derniers.

— Ton cœur s'emballe, Mo chridhe, susurre-t-elle contre mon torse.

Complètement paumé dans mes propres pensées — comme à chaque fois qu'il est question d'elle, je dois bien le reconnaître — je me laisse guider à l'instinct, resserrant mon bras autour de son corps, m'enivrant totalement de la chaleur qu'il dégage, en totale contradiction avec son bout de nez gelé et ne parlons même pas de ses pieds.

Mais Merlin m'en est témoin, je sais avec certitude que je ne pourrais jamais me passer de ce choc thermique et, disons-le, psychologique, que me procure la sensation de l'avoir contre moi. Ce n'est même pas une simple question de sexe ou d'endorphine.

Non, c'est juste cette sensation incroyable d'avoir enfin trouvé sa place dans ce monde, d'avoir une place au paradis et pouvoir côtoyer les anges à longueur de nuit. Ou plutôt, dans ce cas présent, un ange. Mon ange.

— C'est parce que tu me fais de l'effet, Mo ghaol, souris-je en coin tout en laissant mon nez partir à la découverte de ses cheveux dorés.

— On se sent d'humeur poétique au réveil, aujourd'hui ? rit-elle en relevant légèrement la tête.

— Poétique, je ne sais pas, susurré-je à mon tour en la renversant sur le matelas. Affamé de toi, ça, c'est une certitude !

Et bordel de merde, je pourrais bien tuer juste pour le sourire plein de concupiscence qu'elle m'offre en retour, son sourcil haussé en guise de provocation, sa jambe s'enroulant autour de mes hanches et ses petites mains aux doigts si délicieux parcourant mon torse et me faisant soupirer de plaisir. Par tous les Fondateurs… Cette femme va me tuer, et j'adore ça !

— Approche et montre-moi ce que tu vaux, sourit-elle en coin.

Oh oui, je compte bien me faire un plaisir de lui faire sentir à quel point je suis raide dingue d'elle, à quel point elle fout tous mes sens en ébullition et combien savoir qu'elle est sur le point de partir est en train de me faire perdre la raison… Parce que c'est bien là que se trouve le nœud du problème !

Depuis que je sais, depuis ce soir où elle a accepté de me dire ce qu'elle avait vu durant sa dernière vision, je sais, je sens que le temps nous est compté, que les grains de sable s'écoulent inexorablement dans le sablier et que, sous peu, le dernier sera tombé.

Alors, avec tout l'amour que j'ai pour elle, toute la peur et le besoin que j'aie de la savoir à mes côtés, vivante et en bonne santé, je laisse mes lèvres partir vers l'avant, allant doucement à la rencontre des siennes, prenant un plaisir indiscutable à la sentir onduler contre mon corps, mettant à profit des parties déjà bien réveillées de mon anatomie !

Lentement, prenant un plaisir malsain à faire durer le suspense, je m'insère en elle, retrouvant la chaleur incroyable de son corps gainé contre mon membre douloureux, j'entame des va-et-vient cruellement langoureux, prenant un plaisir sadique à l'entendre gémir pour plus, bien plus.

— JE VEUX SAVOIR OU EST MA FEMME !

Aussi bien l'un que l'autre somme surpris par ce brusque éclat de voix — somme toute plutôt banal ces derniers temps… — de Charlie, de si bon matin. Merde à la fin ! Ne pourrait-il pas, au moins, attendre que chacun ait pris son petit-déjeuner avant de se mettre à gueuler comme un dragon en manque de viande fraîche ? Pourtant, ce n'est pas ça qui retient mon attention.

Non, ce qui m'intrigue et m'interpelle, c'est cette voix pleine de fiel d'un petit Harry un peu trop soumis aux hormones s'il veut mon avis, qui, pour une fois, se range parfaitement du côté de Malefoy, crachant sa réponse à un Charlie que je ne doute pas être en train de bouillir de rage dans la salle commune.

— Elle est là où tu ne pourras jamais la retrouver, crache Harry froidement. Et si j'étais toi, j'arrêterais tout de suite de perdre mon temps à jouer le rôle de l'amoureux éploré par la perte de sa femme, ça n'a pas marché avec elle, et ça ne marchera avec personne.

— Je ne…

— Tu n'es pas amoureux d'elle, oui, on sait, merci, ricane-t-il méchamment en le coupant brutalement. Tu l'as bien assez répété pour que tout le monde soit parfaitement au courant ! Elle, la première d'ailleurs, soit dit en passant !

Bien… J'en déduis donc que, après avoir ravagé une bonne partie de la Forêt interdite et avoir laissé Minerva en plan durant près d'une semaine pour partir en recherche d'Hermione, Charlie a donc atteint son point culminant en ce qui concerne le pétage de plombs… Si Bill n'arrive pas dans quelques minutes pour le recadrer, nous aurons donc un autre corps tout aussi blond que ne l'était Malefoy Senior, étendu sur le tapis à poil long du salon…

Décidément, il ne fait vraiment pas bon d'être le frère d'une bombe à retardement tel que l'est en ce moment Charlie… Adieu sexe de réveil et bonjour prise de tête matinale… Bordel ce que je peux détester l'idée d'être revenu à Poudlard cette année, parfois…

— J'en déduis que nous remettons la bataille ? sourit maladroitement Luna en tentant de se cacher avec le drap.

Bon sang ! Ce que je peux haïr mes frères dans une situation pareille ! Ne peuvent-ils pas comprendre que, moi aussi, j'ai bien envie de prendre mon pied, une fois de temps en temps, sans avoir à subir les humeurs des uns ou des autres, sous prétexte que, d'après Percy, je suis le plus médiateur d'entre nous ?

— Tu as tout compris, ma belle, soupiré-je en embrassant une dernière fois sa clavicule.

Me passant une main lasse dans les cheveux, je me détache à regret de son corps, enfilant un caleçon à la va-vite avant de rejoindre promptement le salon de notre salle commune, tombant sur un tableau qui me fait stopper net ma progression.

J'ai déjà vu Charlie en colère, bien sûr, on ne peut pas devenir aussi puissant que lui sans une bonne dose de colère enfouie et il paraîtrait que, dans notre famille, ce sentiment coule de source. Mais là, il a dépassé le stade de la colère. Il est purement et simplement enragé, et je plains Malefoy tout en louant sa loyauté à Hermione.

Parce qu'il ne faut pas, non plus, avoir eu tous ses ASPIC avec mention honorable pour savoir que, s'il garde le silence depuis une semaine, ce n'est pas tant pour Zabini que pour elle, et qu'il place une forte estime en la dette d'honneur qu'il lui doit ! Si, lui qui a si souvent été d'une couardise frôlant l'improbable, parvient à regarder froidement et dignement Charlie dans les yeux sans même sourciller, n'ayant même pas sorti sa baguette pour se défendre.

Pourtant, à sa place, nombre de sorciers auraient au moins tenté de se faire bien voir auprès de Magia avant leur mort, face au visage enragé de Charlie et à sa magie de plus en plus sauvage à mesure que les jours s'écoulent.

Longtemps, j'ai cru qu'il ne connaissait ni ne comprenait ce qu'était l'amour, peut-être est-ce ça qui m'a fait me rapprocher de lui si rapidement, mais lorsque j'ai réellement pris le temps de connaître Cha, à Poudlard, j'ai compris qu'il en était tout autre.

Ce n'est pas qu'il ne comprend ou ne connaît pas l'amour, c'est plutôt qu'il n'arrive pas à définir de barrière à celui-ci, et que lorsqu'il aime quelqu'un, alors cette personne devient le centre de son univers. Et il pourra dire tout ce qu'il veut, je sais parfaitement, tout comme cette salle commune, cette école ou encore le monde sorcier britannique, qu'il est raide dingue de sa femme, qu'il crèverait pour elle et serait prêt à tuer pour elle.

Or, à cet instant précis, la personne qu'il a dans sa ligne de mire, c'est un Drago Malefoy déjà bien amoché depuis le procès Yaxley et dont les bleus peinent à disparaître depuis ce jour-là.

— Cha, lâche-le, s'il te plaît, tenté-je prudemment en m'avançant, mettant une main sur son épaule.

Dans un ralenti qui aurait, dans une autre situation, pu avoir tout de comique, il lâche des yeux Drago pour les planter dans les miens, m'asseyant par ce qui se reflète dedans. Rectification : Charlie n'est pas enragé, il a même dépassé ce stade depuis un bon moment !

— Ne te mêle pas de ça, gronde-t-il, les dents serrées. Il sait où elle se cache et il va finir par cracher le morceau !

— Je t'ai déjà dit qu'elle était protégée et en sécurité avec Blaise ! parvient à dire Drago alors que ses voies respiratoires sont obstruées par la main de Charlie. Il ne lui arrivera rien, Weasley !

— Je n'ai aucune confiance en Zabini, crache-t-il en se tournant à nouveau vers lui.

— C'est vrai qu'en toi on peut avoir tellement confiance ! ricane Harry en levant les yeux au ciel.

— Harry, ça suffit, s'il te plaît, soupire Fred en le faisant se rasseoir sur le canapé. N'envenime pas les choses.

— Bien sûr, tu prends encore sa défense, siffle le petit brun en le dardant d'un regard vengeur.

— Je ne… Oh, et puis j'en ai marre ! finit par baisser les bras mon jumeau tout autant en colère que Harry. Tu veux que Charlie détruise le château parce que tu es en colère ? Vas-y, ne te gêne pas ! Après tout, ce n'est pas du tout comme si cette école était un peu la maison de milliers d'enfants depuis des générations ! Je te rappelai aussi, au passage, que tu considères Poudlard comme ta maison, alors réfléchie bien aux conséquences de tes paroles avant de déclencher une guerre que tu n'es pas sûr de parvenir à maîtriser !

— J'ai bien réussi à vaincre Voldemort ! siffle à nouveau Harry furieusement. Ce n'est pas ton frère qui va me…

— POTTER !

Pour la toute première et très certainement unique fois de ma vie, l'apparition fantomatique de Rogue dans toute sa splendeur et sa colère quasi refoulée font pousser un soupir de soulagement à toute la salle.

— Dites un seul mot de plus et c'est l'expulsion pour vous, et par là, je n'entends pas l'expulsion de la prochaine apocalypse qui prend ses aises et vous fait ressembler à une marmite sur le point d'exploser, susurre-t-il froidement.

— Severus, voudrais-tu bien dire à ton attardé de copain que…, commence Malefoy.

— Tu es un abruti, Drago, le coupe, d'ailleurs, le fantôme.

— Pardon ?! s'étouffe-t-il en mettant une claque désinvolte sur la main de Charlie pour qu'il le lâche.

Ce qu'il fait, par ailleurs, étonnement facilement ! Mais il faut dire que, pour très certainement la toute première fois de la carrière démesurément longue de Rogue, il vient d'insulter sa propre maison, et j'ai l'impression que même blondinet comprend à quel point ce moment est crucial.

— Es-tu devenu totalement dingue, ces derniers temps ? hausse-t-il un sourcil coléreux. Depuis quand te laisses-tu faire aussi facilement, sans même dégainer ta baguette, alors que tu te trouves face à un Gryffondor ?

Oh putain la frayeur ! J'ai vraiment cru, l'espace d'un instant, que Rogue allait prendre la défense d'un Gryffondor face à un Serpentard ! Il faut vraiment qu'il arrête ce genre de plaisanteries de son cru, je ne suis pas sûr que mon pauvre petit cœur puisse en supporter autant !

— Excuse-moi d'avoir voulu être un peu plus diplomate que le Weasley moyen ! lève les yeux au ciel Drago.

— Tu sais ce qu'il te dit, le Weasley moyen ? siffle Charlie.

— À mon avis et connaissant le peu d'évolution verbal dont savent faire preuve tous les représentants de ta famille en situation de risque, je pencherais pour quelque chose de ce goût-là, sourit en coin le blond avant de se racler la gorge et se faire une voix fluette comme celle d'une petite fille. Je vais te faire ravaler tes paroles, Malefoy ! Crache-Limace !

J'ai beau avoir une loyauté sans borne pour mes frères, au moment où le souvenir de Ron lançant ces mêmes paroles à Drago, durant leur seconde année, il ne nous faut, à Fred, Harry et moi, que quelques secondes avant d'éclater de rire à en avoir les larmes aux yeux.

— Drago, sais-tu où se trouvent monsieur Zabini et Miss Granger ? soupire Rogue en se massant l'arête nasale une fois notre fou rire passé.

— Bien sûr, tout comme eux, hausse-t-il les épaules en nous englobant, mes deux frères et moi. Ils étaient là lorsque Blaise a dit le mot d'activation pour le Portoloin d'urgence.

— Je te rappelle qu'on se faisait canarder par des débiles profond et peureux qui avaient peur qu'Hermione déclenche la troisième guerre des sorciers en moins d'un demi-siècle, levé-je les yeux au ciel.

— Pardonne-nous de ne pas avoir vraiment pris le temps d'écouter vos petites messes basses de Serpentard à la langue fourchue, ricane, amusé cependant, Fred.

— Et pourtant, d'après les dires de Pansy, tu t'y connais bien en langue fourchue, sourit en coin Drago.

Les joues de Fred se colorent d'un rouge profond et Malefoy marque un point ! En même temps, seul un débile profond peut croire que Parkinson ne soit pas du genre à balancer tous les petits potins de notre groupe parfaitement disparate et qui, pourtant, évolue dans une symbiose rarement attente ces dernières générations !

— Écoute, Weasley, soupire enfin le blond après quelques instants de réflexions, je ne peux pas te dire grand-chose si ce n'est qu'elle est en sécurité avec Blaise, dans une demeure soumise au Fidelitas depuis près de cinq générations.

— Un Fidelitas peut être brisé facilement, secoue la tête Charlie.

— Pas lorsque le secret est gardé par une lignée d'elfes de maison ayant volontairement accepté d'être soumis au sortilège d'oubliette, lui répond-il de la même manière. Les elfes sont loyaux à leurs Maîtres et protégeront leur secret jusque dans la tombe, et tu sais aussi bien que moi qu'un Fidelitas, plus longtemps il est maintenu, plus il prendra en efficacité. Fais-moi confiance, il n'arrivera rien, ni à Blaise ni à Granger.

C'est un procédé assez ingénieux, je dois le reconnaître ! Rares sont les sorciers, de surcroît Sang-Pur, à avoir l'idée de faire d'un être qu'ils jugent eux-mêmes inférieur, le gardien d'un secret aussi précieux que leur lieu de vie, par exemple.

Charlie doit être du même avis que moi puisque, après de longues secondes à fouiller le regard d'un Drago grimaçant — que je ne doute pas être présentement en train de subir une legilimancie sauvage — il s'arrache difficilement des yeux mercure pour baisser la tête, ses épaules suivant le même chemin. Pourtant, je sais qu'il n'a pas dit son dernier mot.

À la crispation de ses poings et les muscles de ses bras bandés, je sais avec certitude qu'il est activement en train de chercher un moyen de retrouver sa femme et qu'il serait bien capable de mettre à feu et à sang toute la Grande-Bretagne pour mettre la main dessus.

— Une semaine, murmure-t-il durement en relevant le regard. Je lui laisse une semaine pour réapparaître, sinon, dangereux ou non, je ferais appel à ma dernière carte, quitte à ce qu'elle, Fred et Harry m'en veuillent jusqu'à leur mort.

— À quoi penses-tu ? froncé-je les sourcils, le sentant vraiment très mal, là.

— Quelque chose que seul Potter pourra me donner, assène-t-il froidement.

— Mon bébé ?

La voix et le visage blanc de Harry, de même que les mains qu'il passe précautionneusement sur son ventre, me font un mal de chien et fait monter d'un cran la colère que je ne pensais pas contenir envers Charlie. Merde à la fin ! Il n'est pas sérieux là ?!

— Je suis peut-être un connard, mais je ne suis pas un monstre ! soupire-t-il de manière lasse en se passant une main sur le visage. Mais toi seul peux la retrouver si elle est vraiment aussi bien cachée.

— Comment ? Fronce-t-il à son tour les sourcils, semblant réfléchir très rapidement.

— Tu n'as qu'à penser aux mots de ta mère et tu comprendras, hausse-t-il les épaules avant de se tourner vers le fond de la salle. Kat, on y va !

— Peut-on au moins déjeuner avant d'y aller ? Lève-t-elle les yeux au ciel, soupirant lourdement en lui emboîtant le pas.

— Pas plus de cinq minutes, hoche-t-il al tête, les épaules crispées. Le Portoloin pour l'Europe est dans une demi-heure.

— Si elle est sous Fidelitas, on pourra bien se faire tous les continents, on ne la retrouvera pas, grimace-t-elle en passant le tableau à ses côtés. Tu as bien entendu Malefoy !

— Rien à battre.

Je donnerais cher quelques fois pour savoir ce qui peut bien ne pas tourner rond dans la tête de mon frère pour avoir l'idée saugrenue de s'allier à Katya - la salope - Sermirov pour aller chercher Hermione, alors qu'il est de notoriété publique qu'elle la déteste peut-être même plus que Rita Skeeter, ce qui n'est pas peu dire.

Pourtant, au vu des cernes qui mangeaient ses yeux tout à l'heure, de la fatigue ambiante qu'il devait ressentir pour que même ses barrières d'occlumancie cèdent et le fassent succomber à la rage, je ne doute pas qu'elle lui serve réellement de garde-fou en ce moment, bien plus que nous-mêmes nous ne le faisons…

— Votre frère a vraiment un sacré grain, la paire plus si identique que ça…, soupire Drago en se laissant tomber dans le canapé auprès de Harry. Il a eu de la chance que je sois dans un bon jour !

— Dis plutôt que tu t'es envoyé en l'air toute la nuit et que c'est ça qui te met de bonne humeur, oui ! ricane Théo en apparaissant du couloir des dortoirs. Quelqu'un aurait vu Bones ?

— C'est pour ça que je suis venu, soupire à son tour Rogue. Miss Lovegood ? Vous êtes attendue dans la Grande Salle.

Mon regard, de même que celui de tous les autres, se porte vers la sortie des dortoirs des filles où ma Luna, un sourire triste aux lèvres, l'expression bien trop terre à terre et les bras serrés autour de son torse, est appuyée contre le mur, la tête penchée sur le côté.

Alors ce mauvais pressentiment qui me taraude depuis des semaines maintenant revient me hanter et se précise, obstruant ma gorge et humidifiant mes yeux.

C'est aujourd'hui que je la perds. La peur et l'adrénaline coulent à flots dans mes veines, je sens mon corps se mettre à trembler et mes mains devenir moites, mais le pire dans tout ça, c'est lorsque, une fois que mon cerveau a enregistré le fait qu'il n'y avait aucune chance pour que, ce soir, elle dorme à mes côtés, ma voix s'élève, digne d'une fillette de cinq ans.

— S'il vous plaît, professeur Rogue, je vous en prie, n'y a-t-il pas un moyen, peu importe lequel pour que… Pour qu'elle…

Merde ! Je n'arrive même pas à terminer cette phrase parce qu'elle va tout simplement mettre un point final à une histoire qui, j'en suis sûr, aurait pu être belle, épique et surtout merveilleuse ! Bordel ! Je n'ai jamais rien voulu d'autre que faire rire le monde entier ! Pour une fois, le monde ne pourrait-il pas se plier à mon bon vouloir ?

— Je suis navré, monsieur Weasley, secoue la tête Rogue. Nous avons cherché tous les moyens, Minerva, Amélia et moi, et même en invoquant la dette de vie qu'elle me doit, nous ne pouvons enrayer le processus…

Le pire dans tout ça, c'est qu'il a réellement l'air désolé, vraiment l'air triste de devoir la laisser partir. Mais sa tristesse est à mille lieues de la mienne, bien moindre comparée à ce que je ressens. Lui a accepté de se sacrifier pour Harry parce qu'il le faisait pour sa meilleure amie, mais Luna ? Pour qui se sacrifie-t-elle, si ce n'est pour respecter les souhaits de sa mère, qu'elle soit la reine d'un peuple oublié de nos terres ?

— Est-elle déjà arrivée ? demande Luna en me dépassant, la voix claire et douce.

— Elle est arrivée il y a déjà dix bonnes minutes, hoche-t-il la tête sombrement.

— Dans ce cas, ne la faisons pas plus attendre.

Je pourrais la haïr pour prendre la chose avec tant de pragmatisme, mais je n'y arrive pas. Je n'y arrive pas parce que je savais depuis le début que je n'aurais qu'un temps limité avec elle, qu'elle s'évanouirait dans la nature comme un rêve une fois le sommeil terminé.

Et j'ai peur de savoir ce que sera ma journée maintenant que j'ai ouvert les yeux. Tout ce que nous avons toujours entrepris, Fred et moi, si nous y mettions réellement du nôtre, tout a toujours été un succès, que ce soit notre poste de Batteur ou notre boutique.

Mais là, ce rêve que j'ai touché du bout des doigts, cette possibilité d'en faire ma femme et de la garder à mes côtés jusqu'à ce que mort s'ensuive, je ne sais pas du tout comment le garder au creux de ma main.

Que vais-je bien pouvoir faire lorsqu'elle sera partie ? Quels rêves vais-je bien pouvoir m'inventer pour qu'ils aient au moins un quart du tiers de ce qu'elle m'a fait ressentir ? Comment vais-je faire pour avoir l'impression de ressentir encore quelque chose ?

Prendre plaisir à inventer des gadgets ou créer de prodigieuses inventions pour notre boutique ? Où vais-je bien pouvoir retrouver cette part d'âme que je lui ai donnée sans même m'en rendre compte ?

— Peut-être devrions-nous laisser à monsieur Weasley le temps d'enfiler quelque chose d'un peu plus présentable que ce qu'il porte en ce moment ? ricane Rogue en montrant mon caleçon de son doigt fantomatique.

— En effet, rit-elle doucement. J'ai bien peur que la directrice nous fasse un arrêt cardiaque sinon.

Pourtant, je ne bouge pas d'un pouce, mes pieds refusant, tout autant que mon cerveau, d'envisager l'idée de faire un seul pas dans la direction de ma chambre ou même de la sienne pour me présenter plus ou moins convenablement face à McGonagall ou encore Amélia Bones.

C'est Fred qui prend les choses en main, semblant comprendre, une fois qu'il a croisé mon regard, toute l'apathie qui me submerge, de même que mon désespoir. Il sait, parce qu'il l'a déjà vécu, et que j'ai fait très exactement les mêmes gestes avec lui qu'il le fait en ce moment même avec moi.

Calmement, me parlant de la pluie et du beau temps, comme si de rien n'était, il passe un bras sur mon épaule, me tirant doucement jusqu'à ma chambre dans laquelle il me fait asseoir sur mon lit, n'arrêtant pas une seule seconde son flot de paroles. Je me sens imperméable à tout.

Que ce soit sa bonne humeur feinte ou encore ses blagues qui, en temps normal, m'aurait certainement fait mourir de rire, je me sens simplement comme une poupée désarticulée, coupée de ses fils, et pour l'une des premières fois de ma vie, douloureusement triste.

Merde… Si c'est ça être amoureux, je confirme ! J'aurais préféré ne jamais l'être ! Finalement, peut-être n'aurais-je pas dû me moquer aussi souvent de mes frères ou même de Dennis en début d'année parce que le destin a vraiment une sacrée conception de ce que doit être le bonheur, visiblement…

— Il va falloir que tu lèves les bras, Forge, sourit doucement mon jumeau.

Mon regard hagard quitte ce point du mur bien particulier sur lequel il s'est fixé lorsqu'il m'a assis sur mon lit, pour le relever dans le sien et le sourire doux qu'il arborait se transforme en une grimace douloureuse, qui me rappelle à l'ordre bien mieux qu'une gifle. Il a déjà eu sa part de souffrance, il n'a pas besoin de subir la mienne par association.

Alors, lentement, péniblement, comme si cette simple action me coûtait le peu de force qu'il me restait, j'accède à sa demande, levant les bras à demi pour qu'il me fasse enfiler mon tee-shirt puis ma robe de sorcier.

— Mon vieux, il va falloir que tu te reprennes au moins une petite heure, ensuite, nous irons voler sur le terrain de Quidditch et tu pourras détruire tous les mannequins d'entraînement que tu voudras, ça marche ?

Sa proposition m'arrache un sourire, certes très petit, mais un sourire quand même, et il sait que c'est déjà une sacrée victoire. Mais il faut dire que parvenir, près de huit mois après, à me sortir mots pour mots ce que je lui ai dit avant que nous passions les portes de la Grande Salle pour la Cérémonie de Répartition, ça a de quoi me faire sourire, je suppose…

— Voilà, là je te retrouve, ma chère moitié ! sourit-il en coin avant de reprendre une voix douce. Je te promets que ça ira. Ça prendra peut-être du temps et tu auras peut-être envie de mettre le monde à feu et à sang, mais je t'assure que ça finira par aller. Je ne te laisserais pas tomber.

— Je te rappelle que tu as une potion sur le feu qui est sur le point d'exploser, mon cher, tenté-je de sourire.

— Je sais être multitâche, hausse-t-il les épaules en me tendant la main.

Main que j'accepte à contrecœur, mais je sais qu'il a raison. Je ne veux pas que la dernière image qu'elle emporte de moi, peu importe où elle ira, soit celle d'un gars apathique pas même capable de lui donner un peu de courage pour aller affronter son Destin. Et quel destin, nom d'une citrouille…

Enfilant un masque bien souvent porté ces dernières années, j'affiche un sourire et des yeux pétillants de malice pour cacher l'impression de gouffre qui s'ouvre lentement et sûrement sous mes pieds, la bile qui me monte dans la gorge ou encore mes yeux qui s'humidifient dès que je cligne des paupières. Décidément, le corps humain n'est plus du tout ce qu'il était…

— Nous sommes prêts ! annonce fièrement Fred avec le même masque que le mien.

Le plus triste, c'est qu'en croisant le regard de Luna lorsque nous nous rejoignons devant le portrait, je vois de la reconnaissance dans ses yeux, des remerciements pour parvenir à ne pas m'effondrer alors que le monde le fait autour de nous.

Le chemin jusqu'à la Grande Salle se fait dans un silence tendu entre elle et moi, et seule la conversation que Fred entretient avec un Rogue bien plus concilient qu'en temps normal m'aide à ne pas la prendre par la main et l'enfermer dans ma chambre jusqu'à la fin de nos jours.

Néanmoins, parvenu aux portes, je sens tout mon courage et ma bonne volonté commencer à fondre comme neige au soleil et mes pas se faire bien moins vifs encore qu'ils ne l'étaient déjà. Je sais que je n'y parviendrais pas…

— Tout ira bien, George, souffle-t-elle d'ailleurs en serrant plus fort ma main dans la sienne. N'oublie pas que tout est déjà écrit et qu'il faut simplement savoir décoder les signes.

Son regard se plonge enfin pleinement dans le mien et c'est à cet instant que je comprends. Elle n'a pas peur de ne jamais revenir, elle a peur de me laisser seul et que je puisse l'oublier. Cette fille est barge, il n'y a pas d'autres mots ! Comment pourrais-je l'oublier alors qu'elle m'a trotté en tête pendant des années sans même que je ne le comprenne ?

— Je suis parvenu à traduire du gaélique ancien, Mo ghaol, alors de simples signes…, souris-je en coin tout en tentant de parvenir à maintenir ma voix sur un ton malicieux.

Elle me sourit doucement, se coulant vivement entre mes bras dans une étreinte qu'elle n'a jamais accepté de me donner en public jusqu'à ce jour, ce qui montre bien à quel point ce moment est crucial, aussi bien pour elle que pour moi.

— Tu m'attendras ? souffle-t-elle doucement, semblant s'en vouloir de me poser cette question.

— Tu me dois un mariage et trois enfants, Lovegood, n'oublies pas tes promesses, fais-je, dans un rire étranglé.

— Je n'oublie jamais rien, Weasley, déclare-t-elle en desserrant son étreinte, néanmoins elle garde la tête basse. Mais toi, ne m'oublie pas.

— Même si je le voulais de toutes mes forces je n'y parviendrais pas, souris-je difficilement. Tu fais partie de ce genre de femme qui se grave au fer rouge dans le cerveau et qui refuse de s'en aller.

— Je t'aime, souffle-t-elle en souriant faiblement.

Si elle voulait me mettre à terre et m'écraser sous la douleur, je pense qu'elle n'aurait jamais pu trouver mieux que ces quelques mots dans un tel moment… Mais ils me bloquent la gorge, obstruent mes voies respiratoires, et cette fois-ci, je suis presque certain d'être en passe de perdre le combat face à l'humidité de mes larmes. Parce que je l'aime ma petite sorcière.

Elle a beau être un peu trop évanescente, dans la lune, dingue et j'en passe, elle est aussi l'une des femmes les plus douces, belles, craintives, intelligentes et attachantes que je n'ai jamais rencontrée. Et savoir que je vais devoir la laisser s'en aller pour une durée indéterminée est en train de me crever le cœur comme rarement dans ma vie…

Si c'est ce que Fred a ressenti en voyant Harry le fuir, ou ce que Cha ressent en ce moment, alors je sens que les jours, mois ou années à venir vont être une véritable torture…

— Luna ?

Jamais je n'ai détesté une voix autant que celle d'Amélia en cet instant alors que les yeux de ma belle Valkyrie sont en train de se remplir de larmes face à moi et qu'elle s'accroche désespérément à mes doigts. Elle aussi elle la sent cette douleur qui poignarde le cœur et fait vaciller le corps.

Pourtant, elle ferme les yeux et inspire brièvement, son corps se redressant de toute sa hauteur lorsqu'ils se rouvrent, m'assaillant sous ce bleu hypnotisant qu'elle utilise si souvent dans notre lit.

— Pardon de t'avoir fait attendre si longtemps, Amélia, sourit-elle doucement en se détournant de moi.

— Je comprends, ne t'en fais pas, hoche-t-elle solennellement la tête. Tu as encore le temps de dire au revoir, nous ne partons pas avant une quinzaine de minutes. Minerva et moi avons quelques bons souvenirs à échanger de mes années d'études ici.

Le regard de la juge dévie quelques secondes des yeux de Luna pour se porter dans les miens, un microsourire triste lui échappant. Oui, en effet, elle comprend. Elle, elle n'a pas eu le temps de dire au revoir à son mari, son frère ou sa belle-sœur.

Elle a dû subir l'absence et le silence tout en s'occupant de Susan et en jonglant avec son travail au ministère. Elle, plus que n'importe qui, peut comprendre la peur de perdre l'une des personnes que l'on aime le plus au monde en quelques secondes et elle n'est pas cruelle au point de nous empêcher de nous dire au revoir.

— Severus, vous vous joignez à nous ? hausse-t-elle un sourcil dans sa direction.

— À choisir, je préférerais me pendre, mais il semble que, pour un fantôme, ce soit contre-productif…, soupire-t-il en se massant les tempes.

— Vous devriez vraiment songer à vous inscrire à l'une de ces scènes ouvertes pour la recherche de nouveaux talents humoristiques, vous feriez un carnage, hoche-t-elle la tête, souriant en coin.

— Ce n'était pas de l'humour, Bones ! gronde-t-il en lui emboîtant le pas. Je vous exposais mes perspectives peu réjouissantes !

— Dites-vous que ça pourrait être pire, ricane-t-elle sobrement.

— Et comment, je vous prie ? hausse-t-il un sourcil narquois. Je dois déjà subir les foudres d'une femme enceinte qui rattrape des années de caprices en plus d'une folle de ses lionceaux-plus-si-puceaux, alors comment la situation pourrait-elle être pire ?

— Vous pourriez avoir un fan-club et des groupies qui vous suivent partout et vous demandent des autographes à tous les coins de couloirs !

Bon sang ! Cette femme est réellement diabolique ! Jamais je n'avais vu Rogue passer du transparent au blanc pâle avec une vitesse si vertigineuse ! Mais le plus drôle reste tout de même la raideur de son corps ectoplasmique et ses yeux qui furètent de tous côtés lorsqu'il passe entre les tables des Poufsouffle et des Gryffondor, semblant s'attendre à une attaque en règle de bisous et de câlins de leur part.

— Je n'ai jamais rencontré quiconque ayant autant en horreur les relations sociales, ricane Fred en revenant à notre hauteur.

— Ce gars a tenu tête à Voldemort comme un pro et il serait capable de se terrer dans un trou de souris pour éviter qu'une première année le prenne comme substitut émotionnel la première semaine de son entrée à Poudlard, rit Susan en nous rejoignant.

— Chacun connaît ses propres limites, et le professeur Rogue sait que les siennes sont l'excès de jovialité et l'exubérance de certains, c'est tout, hausse les épaules Théo en se plaçant à côté de sa copine.

Je me laisse porter par la conversation qu'ils ont, tous les trois, serrant étroitement Luna contre moi, tentant de m'imprégner le plus possible de sa chaleur et de son odeur avant de devoir lui dire au revoir pour une durée inconnue.

Pourtant, quelques minutes après, je sens une main puissante se poser sur mon épaule, me la pressant fortement et manquant de me faire verser quelques larmes. Merde… C'est vraiment dans ces moments-là qu'il me fait penser à papa…

— Merci d'être venu, chuchoté-je, refusant de sortir mon nez de la chevelure dorée entre mes bras.

— Tu l'as fait pour moi à l'époque, déclare calmement Bill, sa main partant frotter mes cheveux en un geste réconfortant.

— Luna ?

— Qu'y a-t-il, Susan ? soupire-t-elle en détournant légèrement la tête dans sa direction.

— Si tu as des dernières recommandations, c'est le moment, murmure-t-elle en baissant la tête.

Elles ont beau être de deux peuples différents, les deux filles ont réussi à tisser des liens qu'en temps normal, les Amazone et les Valkyries refusent de nouer, car bien trop souvent en conflit armé l'un face à l'autre.

— George, lève-t-elle la tête dans ma direction, ses lèvres à quelques millimètres des miennes. Tu sais ce que je vais te demander, n'est-ce pas ?

— Poursuivre ta mission le plus discrètement possible ? haussé-je un sourcil inquisiteur.

Cette conversation, nous l'avons eue un million de fois depuis que nous savons que notre temps est réellement compté, pourtant, jusqu'à présent, je n'avais pas compris à quel point cette demande lui importait.

— Exact, approuve-t-elle dans un léger sourire avant de poursuivre, mais pas seulement. Je voudrais aussi que, lorsque le perroquet survolera les chapeaux de sorciers, tu dises au descendant de Merlin qu'il doit croire en son instinct. C'est très important.

— Encore l'un de tes plans dont tu ne me révéleras l'entièreté qu'une fois terminé ? tenté-je de sourire.

— Lorsque l'on se reverra, je te promets de tout t'expliquer dans le détail, affirme-t-elle en se détachant légèrement.

— Luna…

Quelques brèves secondes après que Charlie l'a appelé, je vois le sourire plein de certitudes de Luna vaciller, preuve qu'elle a beau placer tous ses espoirs en la réussite de son fameux plan, lui, reste l'une de ses plus grandes inconnues…

Néanmoins, aussi fugace que soit ce moment, le regard de ma belle Valkyrie se fait indécis pour quelques instants lorsqu'elle place ses yeux dans les siens et je sens sa poigne se raffermir sur mes doigts, laissant une brève interrogation poindre sur son visage.

Merde ! Je le connais ce regard ! C'est celui qu'elle a, en général, lorsqu'elle voit quelque chose que nous autres, pauvres mortels, ne pouvons voir ! Je mettrais ma baguette au feu qu'elle vient de voir un très bref aperçu de l'avenir — ou d'un possible avenir — de Cha !

— Tu dois faire attention aux orchidées, Chevaucheur de Vent, souffle-t-elle le ne quittant pas un seul instant son regard. Tu dois garder la foi et avoir confiance en ton instinct. Tout finira bien.

— Elle va rentrer à la maison ? demande-t-il le souffle court.

— Je ne sais pas, secoue-t-elle la tête. Tout ne dépendra que de toi.

— Nous devons y aller, Luna, déclare Amélia en nous rejoignant.

— D'accord.

Contre ma propre volonté, je me sens perdre le combat contre les larmes qui menaçaient de déborder de mes yeux. Je pose mon front contre son épaule, la serre de toutes mes forces contre moi, mais bientôt, Susan lui chuchote que nous devons nous séparer pour qu'elles puissent, toutes les trois, partir.

Désespéré de la savoir si proche et pourtant sur le point de s'enfuir, mes lèvres partent, une dernière fois, à la conquête des siennes, tentant de lui transmettre tout ce que je ressens pour elle par ce simple baiser.

Étouffé par le goût salé de nos larmes mélangées, l'amour, la douleur, la tristesse, le besoin, la peur, toutes ces émotions, je sais que je parviens à les lui transmettre. Mais j'aurais voulu avoir le temps de toutes les lui dire, apprendre par cœur la cartographie de son corps, continuer de me baigner littéralement dans son regard et me laisser couler dans la chaleur de son corps.

Mais déjà, Bill et Susan nous séparent, ne laissant à Luna que le temps de me glisser une bague dans la main, le cœur au bord des lèvres et le corps sur le point de s'écrouler au sol par manque de la stabilité qu'elle m'offrait.

— Pour que tu saches la taille de mon tour de doigt, la prochaine fois que nous nous verrons, déclare-t-elle, au travers de ses larmes.

J'ai à peine le temps de m'imprégner de son sourire que, déjà, Amélia et Susan la conduisent au deuxième étage, dans le bureau de McGonagall, pour qu'elles puissent rejoindre leur destination inconnue et, cette fois-ci, en dépit de toute ma bonne volonté, je vacille complètement, à deux doigts de me laisser tomber.

Mais Bill me retient, calant mon front sur son épaule et passant sa main sur ma tête. Bordel ! Pourquoi ça fait si mal ? Comment ça peut faire si mal ? Merde ! Ça ne devrait pas être permis de faire souffrir à ce point !

— Ça va aller, frangin, souffle inlassablement Bill, continuant de m'apporter un soutien plus que bienvenu.

— Elle va revenir, je te le promets, affirme mon jumeau, approuvé vivement par Théodore.

— Vous pouvez prendre votre journée, monsieur Weasley, déclare Rogue, étrangement compatissant. Je suis sûr que les cornichons vous servant d'élèves seront ravis de retrouver leur ancien professeur pour quelque temps.

Je hoche vaguement la tête, refusant de bouger de la sécurité toute relative que m'apportent Bill et Fred, mais surtout, de peur de m'effondrer en plein hall d'entrée. Merde… Tant pis pour l'image que je dois renvoyer, au point où j'en suis, de toute façon…

— George…, souffle Charlie en me mettant une main sur l'épaule alors que je sens Bill lui faire signe de se taire. Je suis vraiment…

— Tais-toi !

Ça m'a pris par surprise, mais ça a tout dévasté sur son passage. En quelques mots, quelques simples syllabes, il a fait gonfler ma colère au point de réduire en miettes toute la douleur et la détresse que le départ de Luna m'a causée.

— Je voulais juste te dire que je…

— Tu es désolé, oui, je sais ! sifflé-je en me retournant dans sa direction l'assassinant du regard. Tu es toujours désolé ! Tu ne penses jamais aux conséquences et tu te pointes toujours la bouche en cœur une fois que toute ta merde nous retombe dessus !

— George, calme-toi, tente de faire baisser en pression Fred.

Mais je ne vois ni n'entends rien. Juste la colère que je ressens et qui se reflète parfaitement dans les yeux de Charlie. La même douleur, la même souffrance. Le même besoin que nous avons que quelqu'un d'autre ait autant mal que nous et même si je sais que, dans quelques jours, je m'en voudrais pour cet éclat de voix, je sais que, quelque part, il comprend et ne m'en veux pas. Alors je me décharge totalement sur lui.

— Tu n'avais presque rien à faire, presque rien à dire et nous aurions tous pu avoir notre putain de fin heureuse de putain de contes de fées ! crié-je en avançant dans sa direction. Tu n'avais que trois mots, sept lettres à lui dire et tu n'aurais pas besoin de passer pour un putain de taré dans notre salle commune depuis des jours à tenter de martyriser Malefoy ! Tu n'aurais pas besoin de l'aide de Sermirov pour retrouver Hermione et Luna n'aurait pas besoin de mettre sa vie en jeu à cause de toi et ta putain d'incapacité à assumer que tu es raide dingue de ta propre femme !

— Je ne sais pas si je l'aurais tenté celle-là, souffle Théo à Fred, mais encore une fois, je ne l'entends pas.

— Merci, Charlie, craché-je. Merci d'être un tel abruti qui refuse de voir qu'il a le droit d'aimer une femme vivante !

Pour l'une des toutes premières fois de ma vie, j'ai conscience d'aller peut-être même trop loin à cause de ma colère, mais, lorsqu'elle s'essouffle, je me sens vide. Vide et totalement épuisé. Je sens que les jours à venir vont être longs et réellement épuisants…


(la suite, au prochain épisode, les enfants ! 😉 )


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Je vous dis donc au samedi 11 septembre pour la seconde partie du chapitre 35 intitulé : « Faire face » !

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.