Bonjour et bienvenu
Dans cette troisième partie du chapitre trente-cinq du Souffle Du Dragon !
Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !
/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :
1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté (ou un qui serait découpé en trois partie) , nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !
2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposté, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !
3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.
4) il y aura une pause un peu plus longue que prévue, entre la fin de la publication du 34 et la première du 35, pour cause de vacances avec accès internet réduit…
À l'attention de Dramionymus et Lena-Malefoy, je vous envoie un MP en réponse à vos commentaires ou à vos messages tout courts demain soir sans faute ! Je te remercie beaucoup, Guest, pour ta review ! N'hésitez pas à vous créer un compte pour pouvoir échanger avec moi sur cette fiction 😉
Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !
*** Bonne lecture ! ***
Précédemment dans le Souffle du Dragon :
C'est pourquoi, durant tout le trajet nous ramenant jusqu'à la villa, je la laisse babiller en ne l'écoutant que d'une oreille, souriant quelques fois dans le vide lorsqu'elle évoque certains souvenirs de son passé en compagne de ses deux compères. Comment a-t-elle bien pu faire pour rester en vie aussi longtemps ? J'avoue que cette question risque de me tourner en tête un long moment…
Pourtant, une fois dans la salle à manger où Lixy nous a déjà installé notre table, je nous sens nous tendre, mal à l'aise de nous retrouver dans une ambiance si guindée alors que, depuis son arrivée en ces lieux, elle fuit la salle à manger comme la dragoncelle.
— Que penses-tu de l'idée d'aller manger dans la bibliothèque ? proposé-je spontanément.
— Sacrilège ! On ne mange pas dans une bibliothèque ! s'écrie-t-elle en élevant la voix. N'as-tu jamais été dans celle de Poudlard ?
— Bien sûr que si, souris-je en coin en emportant mon assiette. C'est bien connu, les intellos adorent apprendre dans tous les domaines, tu ne pourras pas dire le contraire !
Je ne retiens mon rire face aux rougeurs profondes de ses joues qu'une douzaine de secondes avant de me laisser aller à mon hilarité. Comment peut-elle croire que le plus jeune fils des Lovegood-Weasley, durant l'épreuve, n'a jamais raconté ce qu'il a pu entendre quelques soirs avant Yule ?
Bon sang, je crois bien que nous avons failli perdre Drago ce jour-là, mais en toute honnêteté, ça en valait réellement la peine ! Je crois ne jamais avoir entendu Théo rire à ce point ! Il lui a bien fallu une demi-heure avant de parvenir à retrouver son sérieux et ne parlons pas des deux jours qui ont suivi et où il devait rester stoïque face à eux deux…
— Allez, viens avec moi, Miss Parfaite, ris-je doucement en lui ouvrant la voie. Il suffira que nous demandions à Lixy de nous préparer la table d'appoint pour dîner.
— Tu la surcharges de travail, renifle-t-elle en levant le menton. Tu es professeur de métamorphose, tu dois savoir faire d'un fauteuil une table basse, non ?
— Je remarque que, lorsqu'il est question de manger, tu es même prête à passer au-dessus de tes propres principes ! souris-je doucement en lui ouvrant la porte de la bibliothèque. Je note l'information.
— C'est à cause de Weasley, bougonne-t-elle en s'asseyant sur le canapé. Il a passé un mois à m'engraisser comme une oie qu'on prépare pour Thanksgiving…
Une formule plus tard, de nombreux verres venant s'ajouter à la quantité astronomique de bouteilles vidées sur la falaise et l'estomac plein de pâtes carbonara puis de tiramisu, c'est en me retenant durement de rire que je l'écoute me livrer son ressenti sur sa première rencontre avec ma mère.
— Mais tu te rends compte de la première impression que je lui ai donnée de moi ?! s'écrie-t-elle, les yeux baignés de larmes d'hilarité. J'étais en petite tenue et je sortais de ta chambre !
— Parce que tu crois que c'est mieux d'avoir, en guise de salutation, un « Blaise, tu peux m'expliquer ce que tu fais ? Tu te lances dans les œuvres de charité ? », levé-je les yeux au ciel. Comme si j'avais la tête du gars qui fait ce genre de choses !
— Au moins toi, la première chose qu'elle t'ait réellement dite, c'est bonjour ! soupire-t-elle en portant son verre à ses lèvres. Moi elle m'a demandé si je n'étais pas enceinte pour avoir la tête que j'avais et les cernes atroces sous mes yeux…
— Il faut dire que tu n'étais pas non plus à ton avantage, ce jour-là…
C'est un fait… Le jour où je suis enfin parvenu à la faire émerger de sa chambre, il m'a fallu toute la conviction et la patience du monde pour la faire venir jusqu'à ma chambre et qu'elle prenne le temps de se doucher…
La connaissant, à partir du moment où je lui ai dit qu'elle aurait le droit de fouiller dans la bibliothèque dès qu'elle sortirait, elle aurait été capable de descendre manger en sentant l'hippogriffe et en faisant honneur à sa maison aux vues de la crinière asymétrique qu'elle appelait vaillamment « chevelure »…
— Pourtant, avec le recul, je trouve ta mère vraiment extraordinaire et je lui trouve un courage incroyable, souffle-t-elle doucement en penchant la tête, de profil sur le canapé, un pied sous sa cuisse, me faisant face. Parvenir à élever un enfant sans avoir l'homme que l'on aime à ses côtés, le tout en gardant le sourire et en ayant la forme pour son âge, c'est une prouesse que je ne suis pas sûre de parvenir à tenter si ça m'arrivait…
Sur ce point, j'en doute fortement ! Cette fille ne sait pas faire autrement que de donner tout ce qu'elle a pour être parfaite, pour être forte et courageuse et faire honneur à sa maison ! Mais je sais que, si nous nous lançons encore une fois dans ce genre de conversation, le peu de maquillage qu'il lui reste risque de partir aux belladones en deux temps, trois mouvements…
— Il faut dire que la foule de beaux-pères que j'ai eue a beaucoup joué, ricané-je en secouant la tête de dépit.
— Combien de maris a-t-elle eus ? fait-elle, curieuse, un sourcil haussé.
— Trois sur chaque continent, réfléchis-je rapidement en les comptant sur mes doigts. Sauf en Europe où elle n'a eu qu'Elias, un Allemand à l'accent si prononcé qu'il n'a jamais su dire mon nom comme il fallait…
— Ta mère aime voyager ? demande-t-elle, intriguée.
— Elle n'aime surtout pas être seule et lorsqu'elle a compris que je devrais bientôt aller à Poudlard, elle s'est rendu compte que dix mois dans l'année elle serait seule dans cette grande villa et c'est à ce moment qu'elle a rencontré le Cheikh Khalid Al Olhyan, sage auprès du ministère de la Magie à Abu Dhabi. J'avais six ans, si mes souvenirs sont bons.
Je crois bien qu'il a été celui de toute cette liste des beaux-pères que j'ai le plus apprécié… Peut-être parce qu'il était le seul à avoir compris que ma mère ne détenait pas la richesse de mon père et qu'il se fichait parfaitement de son nom. De tous, je crois qu'il a été le seul à nous avoir aimés, Mère et moi, sans que l'argent ne rentre en compte dans son jugement…
— Elle est restée mariée longtemps à cet homme ?
— Huit mois, si je me souviens bien, fais-je avec beaucoup de détachement. Il est mort quelques jours après avoir modifié son testament pour que tout me revienne.
— Et ça n'a jamais mis la puce à l'oreille de quiconque que tous les maris de ta mère finissent par mourir subitement et mystérieusement quelques mois après leur mariage ? s'écrie-t-elle, estomaquée.
— Mère change de continent après chacun de ses mariages, secoué-je la tête. C'est pourquoi nous avons ensuite eu le droit, à l'anniversaire de mes sept ans, à Diégo ! Trente-cinq ans à l'époque, le physique d'une danseuse de ballet aquatique, la voix d'un être de l'eau et la mentalité d'une Mimi Geignarde après une rencontre avec le Basilic !
Je me joins à son rire, m'amusant réellement pour la première fois depuis longtemps. Certes, je le fais aux dépens des déboires sentimentaux de Mère, mais savoir que je parviens encore à faire rire et passer un bon moment à quelqu'un me fait du bien.
Depuis bien trop longtemps, depuis quatre ans à vrai dire, même si je fais de mon mieux pour tenter de tout prendre à la rigolade et de ne rien laisser m'atteindre, j'ai parfaitement conscience de ne pas y arriver. Trop de choses se sont passées pour que mon mental n'en prenne pas un coup…
Que ce soit le retour du Seigneur des Ténèbres, la mort de Diggory, la montée en puissance des Mangemorts et leur leadeur, les sévices à l'encontre de Pansy, Ombrage et sa politique de propagande pro Ministérielle, Drago et ses envies de gloire et de puissance, l'année dernière à Poudlard ou encore la guerre et les conséquences de celle-ci, j'ai conscience d'avoir plus de mal qu'avant à trouver de quoi rire tous les jours.
Peut-être est-ce pour cela que j'ai tant loué l'idée des directeurs de faire revenir les jumeaux Weasley au sein de l'école et plus encore, en mettre un en partenariat avec moi pour le poste de professeur de métamorphose.
Parce que l'on pourra dire tout ce que l'on veut, faire du bien aux gens en les faisant rire et sourire, en se servant d'eux comme cobayes ou en leur racontant des blagues, dans ce domaine, ils sont des as et Poudlard avait besoin d'eux pour se remettre sur les rails après l'an passé.
Pas que la politique d'enseignement et de tenue stricte dans le château sous la directive de Rogue ait été une mauvaise chose, après tout, je doute qu'il y ait eu « si peu » de monde en retenue sinon, mais je n'avais jamais vu l'école aussi triste et terne qu'à l'époque, le château lui-même semblant perdre de son éclat au fil des jours.
Alors oui, ils sont bruyants et sans gêne, oui, ils se servent de nous comme testeurs pour leurs blagues et, encore une fois, oui, ils n'ont aucune conscience des limites. Mais ils ont rendu la vie à notre école et, en association avec Granger, ils ont rendu l'espoir à la jeune génération.
Peut-être est-ce pour cela que personne, Rita Skeeter mise à part, ne se permet de dire du mal d'eux trois. Parce qu'ils ont redonné l'une des choses les plus importantes au monde que le Lord a pris sans vergogne l'an passé : l'espoir et l'envie de rire. Même Rogue semble tolérer, voire, dans certains cas, apprécier leur présence, ce qui n'est pas peu dire !
— Tu sais quoi, Blaise ? rit-elle à nouveau, me coupant brutalement de mes pensées. Je crois que Drago a eu la meilleure idée de sa vie en nous envoyant au loin après le jugement ! Tu es vraiment le meilleur antidépresseur que je n'ai jamais pris !
Et maintenant :
*** Bonne lecture ! ***
Je dois le reconnaître, je ne suis vraiment pas peu fier de cela et plus encore lorsqu'elle me serre fortement la main, des larmes de rire contenu dans ses yeux et sa bouche qui tressaute comme si elle se retenait de sourire depuis le début de notre dîner.
Et c'est en ça qu'elle force mon respect. Elle a beau avoir l'impression que son monde entier s'écroule autour d'elle, elle continue de rire et de sourire, de distiller l'espoir autour d'elle comme si tout allait bien. Une sorte de super héroïne des temps modernes…
— Parce que tu prends vraiment ce genre de choses ? ricané-je en secouant la tête. Oublie ! Tu es à Gryffondor et vous adorez le mélodrame plus que Drago encore…
— Je suis tombée amoureuse de Ron et il s'est tapé Brown, crétin ! siffle-t-elle en masquant subrepticement l'éclat de douleur dans ses yeux. C'était la potion ou le saut de la tour d'astronomie…
Cette fille est vraiment givrée… Par moments, réellement, je me demande comment elle peut bien faire pour tomber systématiquement amoureuse des mecs les moins probables de l'univers avec un caractère totalement opposé au sien…
Entre Krum, pas foutu d'aligner dix mots en anglais, mais doué comme un dieu sur un balai, Weasley quatrième du nom qui a fini par changer de côté du stage et Weasmoche qui représente l'archétype même du cancre, il y a de quoi se poser des questions concernant sa supposée intelligence, non ?
Quoique, en ce qui concerne Weasley deuxième du nom, je dirais qu'elle a évolué légèrement pour ce qui est de ses critères de sélection… Même si, au vu de ses fréquentations — et par là j'entends Sermirov — et ses très nombreuses coucheries — encore une fois, avec la Russe — il y a de quoi s'inquiéter lourdement pour sa vie, surtout si, avec le prochain, elle est aussi extrémiste en amour qu'elle ne l'est avec celui-ci…
— Tu es vraiment ravagée, Granger…, soupiré-je en secouant la tête de dépit. Déjà, qu'est-ce qui t'est passée par la tête pour tomber amoureuse de Weasmoche ? Ce mec est un crétin fini !
— Tu l'es aussi et je t'aime bien ! rétorque-t-elle vertement.
Voilà qui me fait une belle jambe, tiens ! Si ses critères de sélection en amitié sont aussi foireux que ceux qu'elle invoque en amour, on n'est pas rendu, c'est moi qui vous le dis ! Elle serait bien capable de devenir amie avec un Botruc si tant est qu'il ait de la conversation une fois de temps en temps, et encore une fois, ce n'est pas non plus hyper bon pour mon égo…
— Mais tu ne voudrais pas coucher avec moi ! Qu'est-ce qui a bien pu t'attirer chez un type comme lui, sérieusement ? Ses cheveux filasse ? Son air de lourdaud ? La perspective avilissante de devenir la mère au foyer la plus diplômée de tout le Royaume-Uni ?
— Il n'est pas…, tente-t-elle de m'interrompre, les rougeurs se faisant plus persistantes sur ses joues, dues à l'alcool et la colère certainement.
— Ou pire encore ! balayé-je son intervention d'un geste dédaigneux de la main. Devenir la mère d'une tribu de rouquins aussi jaloux, colérique et incroyablement stupide que leur père ?
— Arrête de t'en prendre à lui comme ça ! gronde-t-elle en posant vigoureusement son verre sur la table basse.
— Pourquoi donc ? levé-je les yeux au ciel, désespéré de lui faire entendre raison. Même toi, tu mérites mieux ! Laisse ce genre d'enfer à une cruche comme Brown et sa volonté affligeante de baiser le sol qu'il foule ! Entre imbéciles incultes, ils se comprendront !
J'aurais pu être plus diplomate et certainement moins condescendant en le disant, mais, au moins, en l'énonçant ainsi, cela a le mérite de lui faire fermer son caquet deux bonnes minutes, un air de pure incompréhension sur le visage avant que ses lèvres ne s'étirent doucement vers le haut.
— Je crois que tu as passé trop de temps avec Pansy… Sa manière de réconforter les gens a déteint sur toi !
Malheur à moi ! Je savais bien, pourtant, que je n'aurais pas dû me lancer si périlleusement sur le sujet tout aussi périlleux de ses amours ô combien déstabilisants pour le Serpentard que je suis…
Si je la laisse continuer, dans quelques minutes je vais me retrouver affublé d'une robe rose avec du vernis à paillette sur les ongles comme Crabbe et Goyle en cinquième, et nous nous raconterons nos petits secrets en mangeant de la crème glacée…
Je n'ai pas signé pour ça ! Weasley devrait être à ma place, n'importe quel Weasley à vrai dire, et serait plus adéquat que moi dans ce genre de situations ! Même la Weaslette a moins d'amour-propre que ce que ce genre de situation demande !
Il ne me reste donc plus qu'une seule chose à faire, maintenant que je me suis mis d'accord avec moi-même de laisser de côté les histoires d'amour désespérantes de Granger, et la réponse s'impose à moi lorsque je vois la pile de parchemins gribouillés sur le sol, le carnet soigneusement posé sur le guéridon et la tour de grimoires entassés devant la bibliothèque.
— Sur quoi travailles-tu en ce moment pour avoir mis à sac les sections potion et Arts de l'Esprit de ce lieu de haute culture que bien peu de gens ont pu fouler depuis que tu es arrivée dans cette humble demeure ? haussé-je un sourcil.
— C'est un peu compliqué à expliquer et même à comprendre, sourit-elle, gênée.
Certes, je ne suis pas aussi intelligent qu'elle et Merlin sait qu'il y a un gouffre profond qui me sépare encore de Théo, Padma ou même Weasley second du nom, mais je pense avoir certaines notions qui me permettraient de comprendre au moins la base de ce qu'elle fait, non ?
— Essaie toujours, je pourrais te surprendre, qui sait !
— D'accord, souffle-t-elle après m'avoir consciencieusement examiné quelques minutes. Connais-tu la différence entre un Mage et un sorcier ?
J'ai beau chercher dans mes souvenirs, je suis persuadé que même Khalid ne m'a jamais parlé de ce genre de choses, et pourtant, il en connaissait un rayon sur la question !
Mais il faut dire aussi que je n'avais que six ans et que ce qui m'impressionnait le plus chez lui en dehors de son talent pour les échecs et son tapis volant de course, c'était sa piscine… J'ai vraiment été triste de son décès… Mais bon ! Autant voir le bon côté des choses ! Maintenant, nous avons un joli petit pied-à-terre à Dubaï en plein cœur du désert et c'est un véritable bonheur de pouvoir prendre le soleil à toute heure du jour dans cette oasis !
— Non…, secoué-je la tête en revenant à la question posée.
— Et as-tu déjà pratiqué la magie sans baguette ? sourit-elle en coin.
— Granger, j'ai déjà du mal à retrouver ma cravate tous les matins à Poudlard, crois-tu vraiment que j'ai le temps de me lancer dans des choses aussi stupides qu'impossible à faire pour un sorcier ? levé-je les yeux au ciel en secouant la tête.
Et c'est peut-être en ça qu'Hermione Granger est si différente de toutes les autres femmes que j'ai pu rencontrer au cours de ma vie. Même Mère et toutes ces connaissances qu'elle a emmagasinées au cours de ses nombreux voyages ne m'impressionnent pas autant qu'elle en cet instant.
Parce que, même avec une bouteille de whisky Pur Feu au fond de son estomac, le rosé plutôt immonde de Richard, le cinquième beau-papa amateur de vins français, qui doit être en train de parcourir ses intestins et le château Margot qu'elle a descendus comme une pro, elle parvient encore à tenir un discours d'une cohérence sans faille et me démontrer à quel point elle est hors norme.
Arborant un sourire en coin qui démontre à quel point elle peut être fière d'elle en cet instant, elle fixe son regard sur l'un des grimoires de la tour de Pise qu'elle a si soigneusement construite avec, avant que je la sorte de ce lieu en début d'après-midi, la main tendue en avant, son doigt faisant une sorte de cercle.
Et le grimoire s'envole de quelques centimètres dans les airs, tournant de lui-même les pages tandis que ma mâchoire chute sous l'énormité de ce que me fait comprendre son geste. Merde alors !
Cette femme, une fille que même moi j'ai une fois traitée de Sang-de-Bourbe, une née-Moldue vraiment agaçante lorsqu'elle s'y met, vient réellement de faire de la magie sans baguette sous mes yeux ? Bordel… Si c'est l'alcool qui me fait avoir des visions, une chose est sûre, je risque de m'enivrer plus souvent !
— Comment… Tu… Ce n'est pas… Comment ? finis-je par poser, secouant vivement la tête.
— Je travaille dessus avec le professeur Rogue depuis quelques semaines maintenant, en parallèle de ma thèse sur la transe d'Occlumancie, sourit-elle fièrement en reposant le grimoire sur la pile, soupirant de soulagement lorsqu'elle relâche son effort.
Je n'ai pas la moindre foutue idée de ce que peut être la transe d'Occlumancie, mais une chose est sûre, si le directeur a jugé acceptable de passer du temps à entraîner cette fille, c'est qu'elle doit vraiment tenir quelque chose, que son travail doit avoir un certain potentiel !
— D'accord, c'est très bien tout ça, hoché-je la tête en reposant les yeux sur elle, mais ça ne m'explique pas pourquoi tu m'as posé cette question sur les Mages !
— En fait, si, ça a tout à voir, soupire-t-elle en buvant une nouvelle gorgée. La différence fondamentale entre toi et Voldemort ou Dumbledore, par exemple, c'est la place de son Noyau ou cœur de magie.
— Ça et le fait qu'ils soient morts, accessoirement, ricané-je en m'installant plus confortablement.
— Ça n'a aucune incidence, secoue-t-elle la tête. Au contraire même, sinon je n'aurais pas entrepris tant de recherches pour pouvoir l'enseigner à un Mage qui la connaissait déjà de son vivant.
Est-ce que c'est une putain de foutue blague ? Est-elle réellement en train de me dire qu'elle a appris la magie sans baguette pour Rogue et non avec lui ? Mais pire encore ! Qu'il accepte qu'elle le lui enseigne ? Merde ! Je l'ai déjà vu foudroyer un gamin de douze ans du regard parce qu'il respirait trop fort à côté de son chaudron ! Comment peut-il accepter une telle chose, venant d'une Gryffondor de surcroît ?
Mais plus que tout, est-elle réellement en train de me dire que, si Potter n'avait pas totalement défait le Lord, alors celui-ci aurait pu devenir un fantôme et maîtriser cet art de la magie depuis bien longtemps oublié, continuant ainsi de faire durer sa campagne de mort et de torture sur le monde ?! Une chose est sûre, en quelques minutes elle vient de me faire totalement dessoûler…
— La différence principale qu'il existe entre un Mage et un sorcier, c'est majoritairement la place de son Noyau de magie, poursuit-elle son explication sans sourciller. Dans le cas du second, il est situé à proximité de son cœur physique alors que, dans le cas du premier, son Noyau de magie a été déplacé dans son cerveau. Dans son esprit.
— Ce qui veut dire que toi aussi tu…
— Oui, hoche-t-elle la tête en rougissant. Mais ce n'est pas important. Ce qui est important c'est le fait que ce genre de magie est très complexe à maîtriser et qu'il va lui falloir intégrer rapidement le fait qu'il soit mort…
— Il le sait déjà ! levé-je les yeux au ciel. Ton mari se fait un plaisir de le lui rappeler dès qu'il le voit !
— Il n'en a pas conscience, sinon il maîtriserait déjà cet art depuis un moment, comme Merlin le faisait après sa mort, ou encore les Fondateurs ! s'agace-t-elle. Mais il continue de croire qu'il est toujours vivant, il mime de s'asseoir sur des fauteuils ou attend devant une porte qu'on lui ouvre !
Comment peut-elle s'énerver à ce point pour une chose, somme toute banale, alors que, pour la supposée mort de sa relation et de son mariage avec Weasley, elle ne fait que ressembler aux toilettes du deuxième étage lors d'une crise de larmes de Mimi Geignarde ? Non, à n'en pas douter, il y a autre chose derrière ! J'en mettrais ma baguette au feu !
— Pourquoi fais-tu tout ça, Granger ? soufflé-je en rejoignant mes doigts sous mon menton. Je sais que tu as grand cœur et que tu vendrais même un rein pour que les gens t'aiment pour ce que tu es, mais là, ça va tout de même loin, tu ne crois pas ? Après tout, il a toute sa mort pour apprendre à se servir de la magie sans baguette, et là on dirait que tu fais un sprint contre la montre pour le lui apprendre, alors pourquoi tant de précipitations ?
— Mais non, voyons ! s'écrie-t-elle.
Pourtant, la rougeur sur ses joues de plus en plus prononcées — et qui n'est pas due à l'alcool — me prouve tout le contraire, mais surtout, qu'elle a dû faire une griffondonerie dont Potter a le secret et qui pourrait très certainement lui valoir sa liberté ou sa vie…
Elle tente de garder la face quelques minutes, me défiant du regard, mais je sais qu'elle se met à flancher lorsque, lentement, elle baisse le regard face à mon sourcil qui se hausse en signe d'interrogations.
— Tu sais garder un secret ? finit-elle par souffler. Un secret vraiment important ?
Bingo ! Je devrais me lancer dans les paris clandestins des jumeaux Weasley tient ! Quoique, en ce qui concerne les lions, ce ne soit pas non plus la nouvelle du siècle… ils adorent se mettre en danger et, au passage, le reste du monde avec eux… Ce qu'ils peuvent être épuisants lorsqu'ils s'y mettent…
— Tant que tu n'as pas prévu d'assassiner quelqu'un, je peux garder tes secrets, souris-je pour la mettre en confiance. Après, ça me pose des problèmes de déontologie vis-à-vis d'un futur poste au Magenmagot, tout ça…
— Là, ce serait plutôt faire revenir quelqu'un à la vie…, souffle-t-elle.
J'ai beau être quelqu'un de très ouvert — après tout, avec treize beaux-pères de nationalités et cultures différentes, comment ne pas être autrement ? — mais là, elle vient de mettre à mal plusieurs années de contrôle et maîtrise de moi !
— Tu te fous de moi ?! crié-je en me levant, envoyant valser mon verre de pinot sur la moquette blanche. Tu comptes ramener Rogue à la vie ?! Tu veux qu'on te réserve une petite cellule à Azkaban avec vue sur la mer ?
— Ce n'est pas de la nécromancie ! fait-elle en se levant à son tour, en colère. J'ai vérifié ! Même si, lorsque j'ai lancé l'idée, je n'avais qu'un vague plan en tête, une fois qu'il s'est concrétisé, je me suis renseigné et j'ai une parade si le Magenmagot me confronte à ce sujet…
— Granger ! Tu veux rendre la vie à un mort ! C'est la définition même de la nécromancie ! m'agacé-je de la voir me tenir tête sur ce sujet-là.
Pas que j'en sois très fier, mais, lorsqu'à douze ans, je suis tombé sur les livres de Déshì, septième mari de Mère — et contrairement à la signification de son nom, absolument pas vertueux ! — j'en ai fait des cauchemars durant des semaines et c'est à ce moment-là qu'une thérapie avec Hawks m'aurait fait le plus grand bien…
— La différence, Zabini, c'est que ce que je compte faire, moi, c'est redonner uniquement une enveloppe charnelle à un ectoplasme, pas jouer au docteur Frankenstein !
— C'est de la très haute magie Noire, Granger, on pourrait te condamner au Baiser du Détraqueur pour ça…, soufflé-je, comprenant qu'elle est bien décidée à mettre son projet à exécution.
Et c'est peut-être en ça que j'ai réellement hâte de la voir, un jour, siéger au Magenmagot à la place des Black. Parce que, même si ses idées sont certaines fois douteuses, elle a une conviction incroyable en elle et qu'elle ne laissera jamais rien ni personne se mettre en travers de son chemin…
— Pas de la magie Noire, secoue-t-elle la tête, comprenant que je l'écoute réellement. De la magie familiale, de la magie de sang si tu préfères.
Encore mieux ! Qu'est-ce qui est encore moins bien vu que la nécromancie ? La magie de sang ! Cette fille a vraiment décidé de me rendre dingue avant que nous rejoignions l'Angleterre, je ne vois pas d'autres solutions à ça… Un jour, elle va se prendre un Avada dans un couloir sombre, il ne faudra pas demander d'où ça vient !
— Et comment comptes-tu procéder, si ce n'est pas trop indiscret ? fais-je, tentant de masquer l'ironie de ma voix.
— Grâce à une potion, sourit-elle en coin. Et au sang de l'être le plus pur portant les gènes d'un Black et ceux de l'ectoplasme à ramener à la vie !
— Tu veux prélever le sang de Drago ? froncé-je les sourcils, intrigués. Parce que je t'arrête tout de suite, je doute qu'on puisse dire de lui qu'il est pur et innocent ! Demande à tous les placards à balais de Poudlard ou à Rusard, ils te diront la même chose que moi !
Ses lèvres tressaillent quelques secondes, signe qu'elle se retient fortement de rire, mais je dois bien avouer que, pour ma part, je ne suis pas aussi serein qu'elle… Comment peut-elle avoir envie de rire alors que sa vie va être mise à prix pour un tel acte ?
— Le directeur a brassé une potion d'adoption pour que Drago ait les gènes de Lucius Malefoy, ce qui fait que son sang et sa magie sont « souillés » par la magie des Malefoy, secoue-t-elle la tête une fois qu'elle a repris son sérieux. En revanche, l'enfant qu'attend Narcissa est ce que l'on pourrait qualifier de pur…
Bon sang… Si le Lord n'avait pas eu en horreur les nés-Moldus, il ne fait aucun doute qu'avec un cerveau comme le sien — et une totale inconscience des limites acceptables de ce qu'il est possible de faire avec la magie — il serait devenu le maître du monde depuis un bon moment !
— Donc tu veux saigner un bébé comme les Moldus saignent un cochon pour en faire du boudin, grimacé-je de dégoût. As-tu complètement perdu l'esprit, Granger, ou bien attends-tu de moi des félicitations pour vouloir commettre l'acte le plus abominable au monde ?!
— Redescends de ton Sombral, mon grand ! lève-t-elle les yeux au ciel. Je n'ai besoin que d'une seule goutte de son sang et grâce à une technique moldue utilisée pour définir si l'enfant en gestation n'aura pas de maladies ou de malformations ou ce genre de choses, je peux obtenir cette goutte de sang sans le moindre souci et sans que Narcissa ou le bébé n'en ressentent la moindre gêne.
— Comment ?
Je l'avoue, je suis à deux doigts de tourner de l'œil lorsqu'elle me montre à peu près la taille et le diamètre de l'aiguille utilisée pour la choriocentèse, mais des années de beuverie dans les dortoirs des cachots m'ont enseigné à maîtriser ma luette comme personne !
Pourtant je ne peux m'empêcher de voir, encore une fois, à quel point elle a grand cœur. Parce que je sais pertinemment qu'elle ne le fait pas uniquement pour régler une sorte de dette d'honneur que tous les sorciers anglais ont envers l'ancien espion, elle le fait pour lui. Mais pas seulement…
Elle le fait aussi pour Drago qui a tant de mal à définir qui il est réellement avec le dégénéré de père qu'il a toujours cru avoir et celui qu'il aurait voulu, elle comprend qu'il a besoin de retrouver une base fixe pour savoir qui et ce qu'il est.
Mais elle le fait aussi pour Narcissa en dépit de toutes les choses qu'elle ait pu lui dire. Parce que la vie de malheur et de douleur qu'elle a vécue auprès de Lucius tenait plus de la torture qu'autre chose et qu'elle l'a bien compris.
Mais elle le fait aussi pour ce petit être innocent qui est en train de grandir dans le ventre de l'ancienne Lady. Elle le fait pour éviter qu'un enfant vive encore le supplice de grandir sans père, comme Drago, moi-même, Pansy, Théo ou Potter ont eu à le faire…
— Alors que comptes-tu invoquer comme explication si le Magenmagot te confronte pour ce retour à la vie ? soupiré-je en finissant mon verre d'une traite à la fin de son plaidoyer.
— Je dirais merci à La Gazette dans ce cas ! sourit-elle, l'œil brillant de malice. Après tout, ils se sont fait un plaisir de révéler mon statut de Dame Dragon, je vais me faire un plaisir de jouer avec les cartes qu'ils m'ont offertes !
— Le pouvoir des Gardiennes du Destin, soufflé-je, comprenant enfin sa stratégie. Tu vas jouer sur le fait que tout le monde t'a vu offrir vingt-quatre heures sur Terre à Rogue la nuit de Yule…
— Tout juste !
Décidément, cette fille aurait eu sa place chez les Serpentard sans le moindre souci ! Lorsqu'elle le souhaite, elle est vraiment aussi vicieuse que l'un d'entre nous ! Quand Drago va savoir ça, il va en faire une dragoncelle, c'est une certitude !
Néanmoins lorsque, quelque vingt minutes après l'avoir laissée seule dans la bibliothèque — avec le fond de la bouteille de pinot noir… — et que je me retrouve sous le jet d'eau brûlant de la douche, je peine à m'enlever cette soirée et tout ce que nous nous sommes dit de la tête.
Péniblement, je fais de mon mieux pour laisser de côté cet acte de pure folie qu'elle souhaite, visiblement, commettre dans les semaines à venir, mais rien n'arrive à m'enlever cette prise de conscience qu'elle m'a offerte concernant Pansy et qui est en totale contradiction avec cette soirée de Saint Valentin désastreuse où j'ai commis l'une de mes très nombreuses conneries…
Flash-back
J'aurais sûrement dû y réfléchir à deux fois avant de venir ici et très certainement provoquer un énième conflit dont, de source sûre, je sais pertinemment que je ne ressortirais pas vainqueur — j'aurais sûrement dû éviter de boire aussi, mais le courage, étrangement, je n'en ai trouvé ailleurs que dans mon verre de Pur Feu — mais j'ai quand même voulu le faire ce soir.
Pourquoi ce soir ? Simplement parce que ma mère est une névrosée romantique, que ses lectures du soir ressemblaient plus à des contes érotiques qu'héroïques où le prince doit délivrer la princesse de son donjon, et aussi — et surtout — parce qu'elle trouve la littérature moldue bien meilleure que celle sorcière.
En soi, je peux comprendre cette opinion — après tout, après avoir entendu les deux seules femmes de ma vie discourir sur « pourquoi se faire enlever par un pirate et devenir son esclave est bien plus attrayant que se faire séquestrer par un psychopathe et torturer jusqu'à ce que mort s'ensuive » je suis plus ou moins tombé d'accord avec elles…
Ce qui me fait quand même m'interroger sur les lectures de bonne nuit que pouvait bien avoir Mère parce que ce genre de choses a plus trait à un article sordide datant de la montée en puissance du Seigneur des Ténèbres que des contes de Beedle le Barde…
Alors, pourquoi venir ici, dans ce cas ? Et bien tout simplement parce que, autant elle peut être la garce la plus sordide et vicieuse de l'univers, Pansy est aussi l'une des personnes les plus sentimentales et promptes à la nostalgie qui puisse exister et elle peine souvent à faire interagir ces deux pans de sa personnalité…
Je n'ai même pas eu besoin de passer par la salle commune, après les cours, pour savoir qu'en ce — bien triste — jour de la Saint Valentin, c'est ici qu'elle serait venue se réfugier pour éviter d'assister à cette avalanche de niaiseries et d'amour à profusion.
Ici. Chez nous. Dans notre appartement. Dans ce lieu ordinaire où elle a pu se sentir devenir extraordinaire. Parce qu'ici, elle a eu le temps et la possibilité de mettre quelque peu sur pause tous les souvenirs cuisants de sa vie au Manoir Parkinson.
Parce qu'ici, elle se sentait aimée, entourée, protégée, choyée et surtout, elle avait un but, quelqu'un à qui elle pouvait donner l'amour qu'elle n'avait jamais reçu et recevoir de l'amour en retour, même s'il ne s'agissait pas du mien.
Pourtant, et même si je m'y attendais, l'avalanche de larmes qui dégoulinent sur ses joues et font briller ses yeux me fend le cœur. Peu importe le temps ou la masse d'efforts que j'ai pu produire, elle n'oubliera jamais qu'un tordu a été assez malade pour la détruire totalement et méthodiquement au point de créer une sorte de dualité dans son esprit.
Une part gentille et une part méchante, mais jamais à égalité, parce qu'elle a eu le temps et la malchance de comprendre que ce n'était pas avec de bons sentiments qu'on gagnait une guerre — qu'elle soit psychologique ou non — et qu'immanquablement, à chaque fois qu'elle aurait l'impression qu'une bonne chose lui arrive, son père viendrait pour la détruire…
— Est-ce qu'on peut parler ? soupiré-je en claquant la porte de l'appartement.
L'une des choses qui me fascinent le plus chez cette femme, c'est cette faculté et cette rapidité dont elle sait faire preuve pour renfiler le masque de la salope sans cœur alors que, quelques secondes plus tôt, elle aurait pu concurrencer Mimi Geignarde dans un concours d'inondations improvisées…
— Puisqu'on a des cordes vocales, oui, grimace-t-elle. Parler ensemble, non.
Putain ce que je peux haïr Parkinson et aimer Pansy… C'est ainsi que j'ai renommé les deux facettes de sa personnalité et je dois avouer que, dans ce genre de cas, les noms décrivent vraiment bien les masques présentés…
Où Parkinson est la garce froide, sans cœur, qui pourrait concurrencer Drago ou Astoria au titre de Reine des Glaces, Pansy est la jeune fille douce et timide de ma jeunesse, celle qui n'avait pas encore compris à quel point le Destin pouvait être une si petite pute…
Mais voilà, le problème est là… Face à moi, ce n'est pas Pansy, mais bien Parkinson, et autant j'ai appris, avec le temps, à traiter avec elle et à l'aimer autant que je la hais, il n'en reste pas mois qu'elle sait être tout aussi frustrante que Weasley sans son café du matin…
— Tu es vraiment chiante comme fille, tu le sais ça ? grommelé-je en m'avachissant sur le canapé, prenant ma tête entre mes mains.
— Il paraît que ça fait mon charme en effet !
Du charme, ça, il faudrait être aveugle ou totalement sans cœur pour ne pas le voir ! Mais elle a cette façon bien particulière de ne savoir mettre en avant que les points désagréables de sa personnalité quand elle se sent en danger, qu'il m'est souvent venu à l'idée de, peut-être, la tuer et faire passer ça pour un meurtre commis sous Imperium.
Après tout, il y a des années, ça a bien marché pour Lucius Malefoy alors que même le plus crétin de tous les crétins — mettons Fudge et son ridicule chapeau melon vert par exemple — pouvait bien savoir qu'il était un Mangemort !
— Oh non, ma grande ! sifflé-je en me frottant vivement les cheveux. Ça te rend juste énervante, frustrante et ça me donne envie de t'abandonner au calmar géant !
— Alors pourquoi veux-tu m'épouser, abruti ?
Évidemment… Il fallait que, de tous les trucs plus débiles les uns que les autres que je lui ai sortis, elle ait retenu cette seule et unique chose de notre engueulade d'hier soir, ici même, encore une fois… Je ne saurais même plus dire quel était le sujet de cette dispute, d'ailleurs…
À croire que le départ de Queen a engendré la rupture du faible équilibre que nous étions parvenus à trouver, tous les deux, durant ce mois qui, pour moi en tout cas, a méchamment flirté avec le paradis…
Peut-être était-ce l'imminence de ce ramassis de conneries qu'est la Saint Valentin qui lui a fait totalement péter un chaudron, ou peut-être simplement le fait que ma tête ne lui revenait pas à cet instant-là, néanmoins, tout ce dont je me souviens, c'est qu'à un moment de la dispute, elle a trouvé le moyen de me renverser au sol et que j'ai réagi à l'instinct durant quelques secondes. Juste assez pour comprendre que je faisais une connerie.
Parce qu'il ne faut pas s'appeler Merlin pour comprendre que sa manière de poser ses mains sur mon torse avait plus trait à de la peur qu'à de la passion et que les larmes qui coulaient de ses yeux n'étaient pas seulement de la colère, mais aussi une sorte d'instinct de protection, ou peut-être juste la frustration de ne pas parvenir à prendre plaisir dans notre étreinte.
Elle était terrorisée et elle en frissonnait, elle pleurait à grandes eaux et son maquillage n'avait jamais autant eu l'air d'une ruine, pourtant, à mes yeux, elle n'avait jamais eu l'air aussi belle et désirable, battante et incroyablement courageuse.
Et bordel, j'ai voulu les retenir à l'instant même où ils ont franchi mes lèvres, mais ce « veux-tu m'épouser ? » m'a paru tout aussi libérateur qu'anéantissant lorsqu'elle m'a giflé et à quitter ce même appartement.
— Mais à cause de tout ça justement ! explosé-je en quittant mes pensées. Parce que je sais qu'il n'y a pas plus névrosée que toi, que tu as peur quand il y a de l'orage, que jusqu'à ce que tu aies cinq ans, tu disais « balais votant » et non « balais volants », que tu crois que personne ne sait que tu as cru pendant six ans que Nana était ta maman parce qu'elle te bordait le soir et qu'elle te faisait des câlins.
Peut-être est-ce la seule et unique fois où les joues et les oreilles de Pansy ont atteint ce cramoisi intriguant du Weasley moyen qui, sur elle, la rend vraiment très charmante, mais sur eux les rend juste puissamment désopilants !
Pansy, lorsque nous étions petits, était une sorte de petite boule d'énergie et de bonheur qui s'amusait à jouer à la grande — ce qui explique sûrement cette sombre idée de mariage à cinq ans qui s'est soldé avec un Malefoy mouillant ses pantalons — et suivait Nana comme son ombre dès qu'elle le pouvait.
Plus les années ont passé et plus l'éducation qui incombe à tout Sang-Pur a fait son chemin en elle, lui apprenant à remiser la petite fille qu'elle était alors au placard, et voir les prémisses de Parkinson émerger.
Mais rien, jamais, ne m'avait préparé à cette première fois où j'ai réellement fait la connaissance de ladite Parkinson. Sans être une sorte de super sorcière ou une véritable garce diabolique, elle représentait plutôt la face sombre de mon amie d'enfance, un bouclier contre la vie pour lui permettre d'assimiler ou totalement oublier ce qu'il s'était passé.
— Mais je veux aussi t'épouser parce que je sais, j'ai pu voir toute la force qui sommeille en toi, chuchoté-je en me levant, faisant un pas dans sa direction pour prendre ses mains dans les miennes une fois à genoux devant elle. Je t'ai vu te relever à chaque fois que ton père te mettait à terre, à chaque fois que ta mère t'ignorait ou t'insultait.
Elle secoue fortement la tête, refusant, il me semble, d'entendre mes mots ou alors de les accepter. Parce qu'ils lui rappellent de mauvais souvenirs ou lui prouvent à quel point la petite fille de cinq ans qui voulait s'appeler Lady Malefoy s'est lentement fait écraser par la vie et ses douleurs.
Mais je ne peux pas la laisser se détruire et se faire du mal sans, au moins un peu, essayer d'alléger son fardeau. Certes, je ne pourrais jamais réparer les dégâts qu'ont causés ses parents ou la vie en général, mais je ne peux pas la laisser sombrer sans lui tendre la main.
Parce qu'à l'heure actuelle, avec ce qu'elle a vécu, c'est tout ce que je puisse faire, tout ce que je puisse proposer pour qu'elle comprenne qu'elle n'est pas seule, qu'elle n'est pas obligée de porter son fardeau toute seule. Que quelqu'un l'aime dans son entièreté, tout simplement.
— Je suis tombé amoureux de toi quand j'étais un simple gamin, mais je suis un homme maintenant, et en tant qu'homme, laisse-moi te dire qu'il y a du boulot pour réparer toute la merde que tes parents ont fait de ta vie. Mais j'ai envie d'essayer.
Elle sursaute, quelques larmes dévalant ses joues à nouveau, mais au point où nous en sommes, je suppose qu'une de plus ou de moins n'y changera rien, avant de retirer ses mains des miennes, les ramenant contre sa poitrine comme pour se protéger. Allons bon ! Qu'ai-je encore dit de mal ?
— J'ai envie d'être à tes côtés le jour où tous tes rêves se seront réalisés, m'expliqué-je précipitamment en baissant la tête. J'ai envie de pouvoir me pavaner comme Drago quand il vient de recevoir des éloges sur sa chevelure, en disant que tu es ma femme. Putain Pansy, je veux seulement te rendre heureuse et pouvoir continuer à t'aimer à en crever, alors s'il te plaît, est-ce que tu veux bien m'épouser ?
Je dois être foutrement débile, sinon, comment expliquer que, pour la seconde fois en moins de vingt-quatre heures, je lui pose la même question, question qui, la dernière fois, m'a valu une marque rouge sur la joue pendant une bonne demi-heure ?
Le silence s'étire longtemps dans le salon, me faisant prendre conscience de tout ce que pourrait entraîner un « oui » de sa part, mais même l'idée de devoir reléguer ma libido au vestiaire me paraît sacrément enviable à l'heure actuelle…
Quel est le con qui a dit que par amour on serait prêt à tout ? Parce que, définitivement, ce type-là n'avait pas une femme aussi belle que Pansy devant les yeux, et ce n'était pas avec elle qu'il voulait se marier…
— Je suppose que si je dis non maintenant, ça cassera tout ce côté romantiquement mélodramatique que tu voulais donner à cette déclaration d'amour enflammée ? soupire-t-elle en entourant ses jambes de ses bras.
Le simple fait qu'elle accepte même l'idée de continuer cette conversation est, à mes yeux, déjà un très grand pas ! Peut-être que cette question nous permettra d'enfin mettre les choses au clair et la faire accepter ce que, d'après Drago, chacun sait dans cette école, voire le monde sorcier britannique dans son entièreté…
Ouais… Drago et sa folie des grandeurs ne sont pas forcément ce qu'on pourrait appeler une valeur sûre pour ce genre de choses… Pourtant, même Théo semble d'accord avec lui alors pourquoi ne pas les croire ?
Tout simplement parce que cette fille, je la connais par cœur, je la connais comme si je l'avais faite, comme si elle était une part de moi et je sais aussi que ce geste qu'elle vient d'avoir, celui de se protéger, n'est pas bon pour moi ou la suite de cette conversation… Foutue Saint Valentin de merde…
— Il y a de grandes chances, en effet…, grimacé-je un sourire, redressant la tête dans sa direction.
— Et si je dis oui ? chuchote-t-elle en s'asseyant bien plus droit, les mains sur les genoux.
Celle-là par contre je ne m'y attendais pas ! Merde alors ! Serait-elle vraiment prête à faire un essai de quoi que ce soit avec moi, ou est-ce une manigance de sa part pour tenter de m'embrouiller l'esprit ? Avec elle, je dois bien le dire, mon cerveau ressemble bien trop souvent à de la mélasse, de toute façon…
— Il y a de fortes probabilités pour que je verse peut-être une larme, souris-je en coin, penchant légèrement la tête sur le côté. C'est mon côté italien !
— Les Italiens pleurent maintenant ? hausse-t-elle un sourcil quelque peu amusé.
— Nous sommes des artistes, ma belle, nous ne sommes qu'émotions !
— Tu n'es qu'à moitié italien, Blaise ! Tu ne sais même pas qui est réellement ton père !
C'est vrai, je n'ai jamais connu mon père parce qu'il est mort peu après ma naissance, mais du peu dont je puisse me souvenir — à savoir son regard et ses dents blanches — je sais qu'il était quelqu'un de bien vivant, qui aimait la vie ainsi que ma mère et moi.
Pourtant, et peut-être est-ce la raison pour laquelle je n'ai jamais pu saquer Lucius, Nott Senior ou encore Parkinson, je me souviens aussi des nombreuses histoires de cet illustre inconnu défendant les Moldus ainsi que les nés-Moldus à la Cour italienne, tout aussi vertement que les sorciers ou les créatures magiques…
— Et alors ? haussé-je les épaules. Quand je vois ce qu'étaient le tien ou même celui de Théo, que je prends en compte le fait que le parrain de Drago soit en fait son véritable père, alors que celui qui a joué ce rôle auprès de lui était un grand malade, et que celui des sœurs Greengrass était le pire nymphomane qu'il m'ait été donné de rencontrer, et crois-moi, avec ma mère, j'ai appris à maîtriser plutôt bien le sujet, je me dis que ne pas avoir de père, c'est quand même bien plus simple !
C'est le moins que l'on puisse dire ! À seulement quinze ans, je n'avais déjà plus assez de doigts pour calculer à combien de beaux-pères tout aussi fugaces qu'exceptionnellement vieux j'en étais, alors si je devais analyser leur caractère aussi…
Néanmoins, l'une de ces choses qu'ils avaient tous en commun — leur statut d'antiquité mis à part, je veux dire — c'est qu'aucun ne s'est permis de critiquer mon géniteur, pas en face de moi en tout cas, et je ne doute pas un seul instant que la raison derrière la mort tout aussi soudaine qu'« accidentelle » de numéro un soit qu'il ait dérogé à la règle !
Parce qu'il est bien une chose qu'il faille comprendre avec ma mère, c'est qu'aucun homme ne pourra remplacer mon père dans son cœur, il était l'amour de sa vie, et à sa mort, même ma présence ne l'a pas aidé à appréhender la solitude qu'il a laissée derrière lui.
Alors oui, il est vrai qu'elle a enchaîné les amants et maris plus souvent que Drago et Padma n'essaient de nouveaux placards à balais, mais dans le fond, les deux seules personnes à qui elle reste fidèle, c'est à mon père et moi. Et aussi à l'argent.
— Sois réaliste, Blaise…, soupire Pansy en se levant, un léger sourire amer sur les lèvres, me faisant signe de me pousser pour pouvoir s'en aller. Toi et moi, ça ne collera jamais… Tu voudras avoir des relations sexuelles, et tu sais parfaitement que je ne le supporterais pas…
— Je pourrais m'en passer !
Et c'est vrai ! Pour elle, j'en serais capable ! Je serais capable de me la couper moi-même si ça veut dire qu'elle est « mienne » jusqu'à ce que nous mourions entourés d'une dizaine d'enfants adoptés — sous la pression de ma mère, je n'en doute pas — et d'une armée d'elfes de maison — sous celle de Drago, à tous les coups.
— Mais bien sûr ! lève-t-elle les yeux au ciel. Dois-je te rappeler à quel âge tu as perdu ton pucelage ?
Bordel ! C'est bas ce qu'elle fait et nous en avons tous les deux consciences si j'en juge la lueur d'excuse qui point dans le vert de ses yeux. Pourtant, elle n'en démord pas, ne revient pas sur ses paroles et reste fièrement plantée devant moi, attendant que je lui dise l'une de ces phrases épiques que lancent les héros à l'eau de rose de ma mère, ou qu'elle-même lit.
Mais rien ne vient. Rien ne vient si ce n'est la panique qui monte à nouveau lorsque je la vois secouer la tête et se retourner, essuyant doucement une larme sur sa joue. Que ferais-je si je dois la regarder s'enfuir et que jamais plus elle ne veut de moi auprès d'elle ?
Serais-je assez fort, assez versé dans l'abnégation comme une Granger en puissance, pour accepter de la voir être heureuse avec un autre ? La voir faire sa vie avec un autre que moi ? Être le témoin à son mariage et non celui qui l'attendra au bout de l'allée ?
Merde, putain ! J'aime cette fille comme un fou depuis tellement d'années que je ne me souviens même plus de l'époque où ce n'était pas le cas ! Je la connais tellement par cœur que je pourrais redessiner tout son corps les yeux fermés ou savoir quelle expression elle arbore en toutes circonstances !
Alors, je lui sors la première connerie qui me vienne à l'idée, tentant le tout pour le tout afin de la retenir à moi, la garder auprès de moi et ne pas avoir l'impression d'être le plus grand de tous les connards du monde…
— Tu mets de la pâte à tartiner sur tes frites, j'ai couché pour la première fois à treize ans, fais-je précipitamment. Tu vois, on fait tous des erreurs de parcours dans la vie !
Bordel, je crois, non, je sais que j'ai mes putains d'yeux qui sont en train de s'embuer, parce que, à la voir ainsi, la main sur la poignée, la tête penchée en avant, je sais que tout est terminé, que plus jamais mon monde n'aura le droit de tourner en orbite autour de cette femme. Et bordel ce que ça fait mal…
— Je ne veux pas te priver de quelque chose que tu aimes faire dans la vie, Blaise. Je dois te dire non.
Sa voix est brisée, son corps est secoué de frissons, elle tente vainement de sécher ses larmes, mais pour une fois, je n'ai pas envie de la faire passer en premier. Parce que j'ai l'impression que tout mon être se déchire en deux à la voir me tourner le dos. Parce que j'ai mal à en crever et qu'elle ne m'offre pas même une véritable raison à son refus.
Parce que Constantin Parkinson, sa mère et même cette putain de destinée sont en train de me priver de la seule femme pour laquelle je serais prêt à sauter dans les flammes avec un sourire aux lèvres et les yeux débordants d'amour.
Parce que jamais je n'ai autant eu l'impression que tous mes organes étaient sur le point de se barrer alors qu'on est en train de m'enlever la seule chose que j'ai toujours voulue, la seule fille que je n'ai jamais aimée.
Plus encore que rencontrer mon père ou que ma mère ne soit pas une sorte d'extraterrestre moldus ou avoir tout simplement un vrai père avec qui jouer au Quidditch ou aux échecs sans avoir à me demander si je gagne pour mes compétences ou parce qu'il veut coucher avec ma mère, ou alors combien de temps il va rester…
Alors la colère prend le pas sur le désespoir et ma main attrape le premier verre qui passe, celui-ci terminant sa vie contre le mur derrière moi, des larmes de frustration me coulant des yeux, mais cette fille m'a déjà vu dans tous les états tous plus déplorables les uns que les autres, alors les larmes ne sont qu'une petite nouveauté dans sa palette…
— Ne fais pas ça, Pansy ! secoué-je la tête en essuyant mes yeux furieusement. Ne me fais pas passer pour le mec qui ne sait pas la garder dans le pantalon ! Merde Pansy je t'…
Le sort de mutisme me frappe presque aussi durement que la douleur qui irradie de ses yeux lorsqu'elle se tourne dans mon sens. Le plus triste, le plus douloureux pour moi, c'est de voir que ce n'est pas Parkinson qui assène ces quelques derniers mots. Non, c'est Pansy qui met fin à tout dans un murmure qui porte plus durement que si elle l'avait crié.
— C'est mieux pour nous deux.
Fin du flash-back
Bordel… Ce que j'ai pu m'en vouloir pour les larmes qu'elle a versé ce soir-là et le précédent… Mais pire que tout, je me suis senti comme la pire des merdes lorsque, le lendemain, malgré son maquillage, j'ai pu voir que ses yeux étaient toujours aussi rouges et que ses cernes prononcés transparaissaient sous ses sortilèges de Glamour…
Je sais que je ne peux pas changer le passé, mais puis-je encore changer l'avenir ? Mon avenir ? Je n'en ai aucune idée et cette simple chose m'angoisse et me fatigue… Alors, que faire pour qu'elle comprenne que je ne veux pas lui lancer un Reparo métaphorique, mais bien l'aider à se reconstruire ?
Poussant un soupir de parfaite lassitude, l'alcool et la fatigue aidant, je me sèche sommairement avant de me glisser dans mon caleçon, appréciant par avance la très longue nuit que je compte passer avant de tenter de la convaincre de retourner en Angleterre…. Encore une grande discussion en perspective…
Néanmoins, je n'ai pas le temps de me glisser dans mes draps, ni même de prendre mon miroir pour passer mon premier appel vers Poudlard de la semaine, que des coups sont portés contre ma porte, me faisant à nouveau soupirer et passer rapidement une chemise. Que peut-elle bien me vouloir encore ?
— Je te dérange ? souffle-t-elle en passant la tête dans ma chambre.
Il est près de trois heures du matin, elle a passé quasiment toute sa journée dans ses bouquins et la soirée à pleurer toutes les larmes de son corps pour un gars pas même capable de lui dire qu'il l'aime alors que ça crève les yeux ! Alors qu'est-ce qui peut presser à ce point pour qu'elle ne puisse pas attendre demain matin ?
— Que puis-je pour toi ? soupiré-je de lassitude en me passant la main sur le visage.
Je ne saurais dire pourquoi, mais lorsque je vois ses joues rougies et ses yeux brillant de malaise et de résolution, je suis presque persuadé qu'elle va me sortir une connerie encore plus grosse qu'elle…
— Tu coucherais avec moi, là, si je te le demandais ? fait-elle, baissant la tête et tordant les bords de sa chemise.
J'en ai conscience, je dois frôler de prêt le niveau du Botruc à l'instant présent, mais comment peut-elle s'attendre à une autre réaction que celle-ci en posant ce genre de questions ? Quand je dis que cette fille est totalement givrée…
— Lorsque l'on est bien éduquée, Granger, on ne pose pas ce genre de questions ! levé-je les yeux au ciel après m'être repris.
La réaction ne se fait pas attendre ! En moins d'une seconde après que je lui ai fait comprendre qu'il n'en était pas question, la gêne a fait place à la douleur dans son regard et ses yeux se baignent d'eau coulant à torrent sur ses joues…
Salazar… Drago a vraiment intérêt à me payer très cher pour cette semaine de baby-sitting parce que, là, je suis à deux doigts de rendre mon tablier et d'aller élever des dragons au fin fond de la Roumanie profonde ! Tiens ! Ça nous fera un point en commun avec son crétin de rouquin !
— Bon sang, mais pourquoi pleures-tu encore ? paniqué-je en me reculant d'un pas. Pour une fois, je n'ai rien dit de mal !
Mon pas en arrière n'y fait absolument rien et en moins d'une seconde je me retrouve avec une tornade brune aux cheveux plus en bataille que je ne l'ai jamais vue — ce qui n'est pas peut dire lorsque l'on sait que je la connais depuis la première année et que, déjà à l'époque, elle n'était pas un canon de beauté — pleurant toutes les larmes de son corps dans mes bras…
— Je l'aime Blaise, je l'aime à en crever depuis une éternité, si j'en crois Fleur, mais lui m'a prise pour une conne, un vide noisette socialement acceptable puisque portant ce foutu lien d'union sorcière… Merlin… Tu sais, une fois, j'ai entendu dire qu'une femme était morte d'un chagrin d'amour. Je me suis dit qu'elle était stupide parce qu'on ne peut pas mourir pour quelque chose d'aussi stupide que ça !
Bordel… Je savais qu'il ne fallait pas boire avec une Gryffondor ! Surtout quand ladite personne a l'alcool mélodramatique ! Après, on se retrouve, une nouvelle fois, avec ce croisement étrange entre la flaque de morve et de larmes, qui est en train de ruiner une chemise à quelques centaines de gallions !
— Mais c'est faux, Blaise ! pleure-t-elle à nouveau. Je le sais, je le sens dans chaque fibre de mon âme. Ce soir, ça fait une semaine que Marvel nous a déclarés divorcés, et j'ai encore un mal fou à respirer sans me dire qu'il a fait tout ça pour que j'évite de me rendre compte qu'il avait volé l'un des derniers héritages des Potter alors qu'il sait que Harry n'a presque rien d'eux.
Il ne fait absolument aucun doute que, lorsqu'elle sera moins soûle, je me ferais un devoir de lui demander de m'expliquer plus clairement ce qu'est cette histoire de bague des Potter parce que, ce soir, c'est tout de même déjà la troisième fois que j'en entends parler !
— Mais le pire dans tout ça, c'est que même si je lui disais que je l'aimais, lui ne pourrait pas me le rendre non plus. Parce qu'il aime Tonks bien plus que n'importe qui. Et moi je suis fatiguée de me battre contre un fantôme. J'ai besoin de sentir que j'existe encore et que je suis simplement en plein cauchemar. J'ai besoin de me réveiller et de voir quelqu'un à mes côtés…
— Ce n'est pas parce que tu es en manque d'affection que tu dois sauter sur le plus beau mâle du quartier comme Weasmoche sur une cuisse de poulet ! soupiré-je en tentant de me défaire de son emprise.
Il faut lui reconnaître ceci, pour une fille de soixante kilos tout mouillés, elle a une sacrée poigne lorsqu'elle se laisse aller ! Dans le fond, finalement, je crois que je plains ses deux abrutis de copains s'ils ont dû subir cela toute leur adolescence… C'est purement et simplement de la maltraitance !
Néanmoins, à force de gentillesse et de douceur — et beaucoup de patience encore une fois — elle finit par desserrer sa poigne, mais je ne suis pas au bout de mes peines ce soir… Ne m'épargnera-t-on rien ? Bon sang ! J'ai déjà une mère nymphomane et un père inconnu au bataillon, n'ai-je pas déjà fait ma part ?
— Sois honnête avec moi, s'il te plaît, Blaise, chuchote-t-elle en baissant la tête. Est-ce que tu me trouves belle ? Sexy ? Désirable ?
— C'est une question à laquelle je dois répondre « oui, oui » ou j'ai le temps d'y réfléchir ? froncé-je les sourcils.
Quand je disais que rien ne me serait épargné ! Merlin ! Je donnerais l'intégralité des voûtes de tous les Zabini du monde entier — ce qui ne représente qu'une personne, pour le coup, les calculs sont vite faits — pour que Pansy me fasse la même demande !
Alors pourquoi faut-il que ce soit la fille par excellence que je ne puisse jamais voir comme potentiellement mettable dans mon lit qui me le demande ? C'est ça le problème quand on commence à respecter une femme, après, l'idée de la prendre dans tous les coins d'une chambre devient plus déstabilisante qu'autre chose…
— Ce n'est pas grave, sourit-elle douloureusement en se retournant, une fine larme coulant sur sa joue. Je comprends. Je te souhaite une bonne nuit.
Bordel ! Et voilà ! J'en fais encore pleurer une ! Mais c'est quoi mon problème à force ? Ne sais-je faire que ça ? Je crois qu'au point où j'en suis, de toute façon, je peux bien révéler ce secret, après tout…
— Si tu n'avais pas quelque chose qui te rende incapable de te sortir de nos têtes, que tu n'es pas sexy, tu penses vraiment que Drago aurait fantasmé pendant des semaines sur toi, en quatrième année ? la retiens-je par le poignet, soupirant par avance de la nouvelle séance ou elle me prendra pour son doudou géant.
Et ça ne manque pas… Elle se jette à nouveau dans mes bras, me serrant à m'en couper la respiration et finissant de ruiner ma chemise… Le Destin est réellement cruel pour m'avoir envoyé cette fille à réconforter pour ne pas avoir su le faire avec Pansy…
— Ça va aller, Tesoro…, soupiré-je en la serrant fortement dans mes bras en représailles. Je te promets que ça ira mieux bientôt…
— Fais-moi exister, Blaise, souffle-t-elle, les yeux débordant de larmes non contenues, les mains agrippées à ma chemise. Je t'en supplie, fais-le !
Je le savais ! Je le savais que c'était une idée à la con de suivre ce que m'a dit Drago, ce jour-là, au ministère ! « Tu dois la protéger, Blaise ! », « je n'ai confiance qu'en toi pour ça, Blaise »… Ce n'est pas lui qui se retrouve à ma place en cet instant, à devoir gérer une Granger dans un état improbable et qui serait prête à violer quiconque possédant un pénis à cent mètres à la ronde !
— Ce serait la pire idée de toute ta vie, ma grande ! Tu es triste et bourrée, et tout ton mascara a coulé…, tenté-je de lui faire comprendre.
Pourtant elle n'écoute rien, comme la Gryffondor bornée et alcoolisée qu'elle est. En moins de quelques secondes, je me retrouve avec des lèvres salées de larmes posées contre les miennes, ses mains me poussant doucement, mais fermement en direction de mon lit. Merde, mais que fait-elle ? Elle est sérieuse ?
— C'est une très mauvaise idée, Granger…, soufflé-je alors qu'elle me fait m'asseoir sur le lit.
— Je sais…, sourit-elle douloureusement.
Non, mais c'est une blague ? Est-elle réellement en train de commencer à défaire les boutons de ma chemise, là ? Sentant la panique monter en moi, de même qu'à mon plus grand malheur, ma virilité se réveiller après des mois à se sentir inexistante, je tente de la repousser.
— Mais tu n'en démordras pas, je me trompe ? soupiré-je en la sentant reprendre ses baisers sur ma mâchoire.
— Non.
Bordel de merde, j'en ai vraiment honte à l'instant présent et mon cerveau me fait clairement comprendre que ce que je suis, que nous sommes sur le point de commettre, est la plus grande connerie de toute notre vie, mais je la laisse poursuivre son exploration de mon torse de ses lèvres, mes yeux se fermant d'eux-mêmes.
Je fais de mon mieux pour contrôler mon besoin brutal de me sentir me perdre dans la bouche ou le corps d'une femme, faisant de mon mieux pour me rappeler le respect et l'admiration que j'ai pour elle, mais en toute honnêteté, il semblerait que Weasley soit vraiment bon pour enseigner à cette fille de quelle manière utiliser sa langue…
Lentement, elle ouvre les boutons de ma chemise, embrassant, mordant et léchant ma peau, ma main rejoignant prestement son crâne pour lui donner une direction approximative de ce que je souhaite, et bien trop vite pour que j'en aie réellement conscience, elle se retrouve face à mon caleçon d'où une bosse proéminente montre le chemin de la suite des opérations.
Mon esprit et mon cœur ont beau me répéter inlassablement le nom de Pansy, fredonnant ce refrain comme un mantra, mon corps, lui, est en manque et il se fout parfaitement de qui lui donnera du plaisir…
Néanmoins, alors qu'elle passe ses doigts gênés sur les bords de mon dernier vêtement, elle semble brusquement saisie d'une prise de conscience, relève une tête d'une blancheur incroyable dans ma direction.
— Je crois que je vais vomir, lâche-t-elle subitement avant de courir vers la salle de bains.
Autant mon cœur et mon esprit dansent une rumba endiablée par cette soudaine remontée acide, mon égo, lui, en revanche, se sent prêt pour un suicide en bonne et due forme… Merde alors ! Jamais on ne me l'avait fait ce coup-là !
Néanmoins, je ne saurais dire ce qui, le premier, fait retomber mon érection entre le bruit de ses vomissements et le son de ses sanglots. Prenant tout de même le temps de me remettre correctement, je soupire avant d'aller la rejoindre dans la salle de bains, m'appuyant d'une épaule contre le chambranle, les bras croisés.
— Même ton corps te dit que c'était une très mauvaise idée, souris-je doucement en la voyant, la tête dans la cuvette.
Sa seule réponse est un élégant majeur levé en ma direction qui m'arrache un sourire en coin. Décidément, ces Gryffondor n'ont aucune répartie lorsqu'il est question de leur amour-propre ! Je devrais peut-être donner cette astuce à Drago, tiens !
— Quand tu auras fini d'examiner tes perspectives d'avenir, tu devrais prendre une douche, soupiré-je en allant lui tenir les cheveux. Je te ferais une petite place dans mon lit pour la nuit, mais que ça ne devienne pas une habitude !
Sa tête se tourne lentement vers moi, mélange étonnant entre la maladie profonde et le désespoir, les yeux débordants, à nouveau, de larmes… Décidément, il semblerait que ce soit la thématique de cette soirée…
— Je suis vraiment dans la merde, n'est-ce pas ? souffle-t-elle de son haleine acide.
— Disons qu'il serait peut-être important que nous rentrions en Angleterre pour que ce soit à ton mari que tu fasses les propositions que tu m'as faites, tu ne crois pas ? fais-je, compatissant en essuyant ses larmes.
— Et s'il ne veut plus de moi ? murmure-t-elle en se repliant sur elle-même.
— Je lui ferai passer le goût des parties de jambes en l'air à coup de Doloris si ça peut te rendre le sourire, Tesoro, souris-je en coin. Allez, va te doucher, je t'attends.
Comme un signe de Merlin qu'il vaut mieux laisser les niaiseries telles que la sauvegarde des Granger Alcoolisées à d'autres — de préférence des personnes sobres et en état émotionnel de supporter une Hermione Granger doutant de son sex-appeal — le son de la voix de Drago me parvient depuis la chambre, nous faisant sursauter.
— Je vais aller voir ce qu'il me veut, soupiré-je en me relevant. Va à la douche, je te préparerais un tee-shirt et un caleçon pour cette nuit.
— Tu pourrais éviter les tee-shirts de Quidditch ? souffle-t-elle, tout le désespoir du monde dans le regard.
Comment oublier ce moment d'une gêne intense où nous avons pu découvrir la manie tout ce qu'il y a de plus désagréable de Granger de dormir dans le tee-shirt de Quidditch de son mari pour l'asticoter… Salazar… Cette année est peut-être pire que celle qui la précède… Au moins, l'an passé, c'était contre des Mangemorts que nous devions nous battre ! Ça, c'était gérable !
— Drago, tout va bien ? fais-je précipitamment en ouvrant le miroir. Pansy va bien ? Elle n'a rien ? Tout s'est bien passé au retour du ministère ? Elle a demandé après moi ?
— Si tu me laissais en placer une, tu saurais que tout va bien pour elle, lève-t-il les yeux au ciel, agacé. Elle, elle ne demande pas après toi pour le moment, en revanche, un autre le fait, et j'ai bien peur que mes organes reproducteurs ne survivent pas à une inspection de fond de sa part, si tu vois ce que je veux dire !
— Je doute que Charlie soit très porté sur ce bord-ci du terrain, Malefoy !
— La ferme, Weasley ! gronde mon ami blond.
— J'ai parlé de terrain de Quidditch, blondinet, pas de ferme !
— Bon sang… Si je pouvais tuer quelqu'un juste par la pensée, crois-moi, ce serait toi, numéros quatre…, soupire Drago en se pinçant l'arête du nez. Toi et ta copie êtes réellement intenables…
— Peut-être que si nous nous recentrions sur le débat ? propose Potter. Je ne vous cache pas que le futur espoir du Quidditch anglais commence à peser sur ma vessie et j'aimerais avoir la possibilité d'aller me coucher avant la rentrée de septembre…
Et voilà ce qu'il se passe lorsque je les laisse pendant une semaine tous seuls ! Ils s'acoquinent avec des Gryffondor et je dois supporter une Granger ivre dans mon lit pour la nuit ! À quel moment le train de ma vie a-t-il déraillé pour en arriver là ?
— Je t'en prie, Potter, pose donc ta question !
— C'est trop d'honneur de ta part, Malefoy ! lève les yeux au ciel ledit Potter en apparaissant dans le miroir. Zabini, comment va Hermione ?
— C'est une épave.
Au vu des regards choqués et paniqués que s'échangent les jumeaux Weasley et Potter, nul doute qu'il aurait été de bon ton, à cet instant, que je me lance dans l'entreprise ardue d'un peu plus de diplomatie…
— Ça ne peut pas être si désespéré que ça, si ? souffle le jumeau encore intact.
— J'estime qu'à partir du moment où je me retrouve presque ligoté sur mon lit avec une chevelue qui prend mon corps pour l'un de ces gadgets moldus que vous vous êtes réapproprié, parce qu'elle se sent en manque d'affection, oui, je pense qu'on peut dire qu'il faut impérativement que nous rentrions ! sifflé-je, épuisé par avance.
J'aurais dû me douter que Drago trouverait ça absolument hilarant, mais je n'aurais pas pensé que celui qui a posé la question se mêlerait à son rire et imite le cachalot avec si peu d'élégance qu'il en tombe du sofa… Vraiment, les Gryffondor ne sont plus du tout ce qu'ils étaient, c'est affligeant…
— Ne t'en fais pas, Zabini, nous vengerons ton honneur bafoué ! ricane Fred en mettant une claque dans le dos de Drago.
— Hors de question que je reste assis les bras croisés alors que, depuis une semaine, je me fais agresser tous les matins pour savoir où vous êtes ! rétorque-t-il en approuvant de la tête.
— La réprimande de papa t'est montée à la tête ? ricane faiblement l'autre jumeau.
Je ne sais réellement pas pourquoi il tire une si petite mine celui-là, mais j'ai bien assez de soucis à gérer en ce moment avec l'alcoolisme mélancolico-exibitioniste de Granger ! Que ceux qui se trouvent sur le même continent que lui s'en occupent !
— Quand rentrez-vous ? soupire Potter en se passant une main lasse sur le front.
— Si je parviens à lui faire entendre raison, j'aimerais que nous soyons rentrés pour le début de la semaine prochaine, mais connaissant la tête de Botruc qu'est ton amie, il y a toutes les chances pour que nous restions ici encore un moment…, grimacé-je. Et crois-moi, je doute que les réserves de la cave tiennent le coup ! Ton amie est une véritable ivrogne !
— Elle est simplement triste et déçue et se sent trahie, fait-il de la même manière, de la fureur irradiant dans son regard.
— À cause de cette histoire de bague ? froncé-je les sourcils.
— Quelle bague ? font les trois lions extra-continentaux en se redressant dans le sofa.
— Blaise ? m'appelle Granger depuis la salle de bains. Tu aurais une serviette à me donner ? J'ai oublié d'en prendre une, tout à l'heure…
Dans un mouvement d'humeur et de lassitude profond, je laisse ma tête partir vers l'avant, un million d'insultes me venant en tête lorsque j'entends les ricanements peu valorisants de mon seul compatriote…
— Étagère du bas dans la commode, comme la dernière fois ! crié-je pour qu'elle m'entende avant de siffler à l'encontre des autres. Et vous, vous avez intérêt à me préparer le terrain pour qu'à notre retour, Weasley soit l'homme le plus romantique et charmant de l'univers. Qu'il lui fasse même écrire « Je t'aime » sur les murs avec du sang s'il le souhaite dans un remake bon marché de ce qu'a fait sa sœur en deuxième année ! Mais vous avez intérêt à ce qu'elle puisse tirer un coup rapidement avec lui si vous ne voulez pas que je la tue dans son sommeil, c'est bien compris ?!
— Franchement, t'arranger la situation avec Parkinson serait tout de même vachement plus simple, soupire Fred. Tu ne veux pas qu'on fasse ça, plutôt ?
— Chaud, bouillant, romantique, et surtout, qu'elle tire un coup, c'est clair ? sifflé-je en les fusillant du regard. Il en va de la survie de mes boules, là !
— Il a des petits airs de Bill lorsqu'il dit ça, ricane George.
Soupirant face à tant de fatalité — qui voudrait être un Weasley lorsqu'il peut être un Zabini ? — je referme violemment le miroir, me massant les tempes lorsque je sens le matelas s'enfoncer doucement sur ma gauche.
— Tu sais que ta manière de faire ressemble plus à celle d'un mac que celle d'un ami ? ricane-t-elle.
Je n'ai pas la moindre idée de ce que peut bien être un mac, mais lorsque je relève la tête et que je la vois, en serviette et les cheveux encore humides, je me demande ce qui peut bien clocher en moi pour ne rien ressentir de particulier…
Un faible sourire éclaire mes traits jusqu'à ce qu'elle pose les pieds sous la couette, entoure ses genoux de ses bras et mette sa tête sur mon épaule, ses cheveux humides gouttant dans mon dos, puis le silence nous entoure pendant de longues minutes.
— Ce n'est pas que je ne veuille pas rentrer en Angleterre, souffle-t-elle alors que mon bras passe dans son dos pour la serrer contre mon côté. C'est surtout que j'ai encore besoin de respirer et me dire que ma cause n'est pas totalement désespérée avant de repartir au combat…
— Je sais ce que ça te fait et, crois-moi, je compatis sincèrement à ta douleur, Tesoro, mais tu ne peux pas fuir le combat sans arrêt, et ce que tu es en train de faire est tout ce qu'il y a de plus anti-Gryffondorien, tu ne crois pas ? soupiré-je en baissant le regard.
Néanmoins, la seule chose qui me réponde est un ronflement sonore, signe qu'en dépit de tout le mal que je me sois donné cette semaine, il me faille encore attendre quelques heures pour pouvoir avoir la grande discussion qui, je l'espère, me permettra de retrouver ma vie d'avant…
(la suite, au prochain épisode, les enfants ! 😉 )
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Je vous dis donc au samedi 25 septembre pour la dernière partie du chapitre 35 intitulé : « Faire face » !
Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.
