Bonjour et bienvenu

Dans cette quatrième partie du chapitre trente-cinq du Souffle Du Dragon !

Je tiens à remercier ceux qui m'ont ajouté en favoris ou en likes, chers lecteurs, mais plus encore pour leurs messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !


/ ! \ ANNONCES IMPORTANTES :

1) Afin de laisser à ma bêta le temps de prendre de l'avance dans les corrections, chaque fois que nous aurons fini de publier deux chapitres dans leur entièreté (ou un qui serait découpé en trois partie) , nous ferons une pause d'une semaine à chaque fois. De plus, sachez que chaque chapitre sera, dès à présent, coupé en trois parties car faisant entre 60 et 92 pages pour le moment, ce qui reste assez conséquent…
Pour ceux qui s'inquiètent d'un tel procédé, sachez que chaque chapitre complet représente environ 30 000 à 45 000 mots dans certains cas où je ne puisse décemment pas supprimer des scènes qui sont cruciales pour la suite.
À l'heure actuelle, cette histoire est écrite jusqu'au chapitre 35 et deux autres sont déjà écrit, de même qu'un des deux épilogues et un bonus, donc ne paniquez pas, je reste toujours active sur cette fiction !

2) Après remarque de plusieurs d'entre vous, je me suis aperçue qu'il vous manquait un Point de vue dans le chapitre 31 (part 1), de ce fait, je l'ai reposté, afin que vous ayez au moins une partie de la seconde épreuve. Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs !

3) La partie 1 du chapitre 32 a été repostée aussi car certaines modifications sont passées à la trappe.


À l'attention de Dramionymus, je t'ai envoyé un MP 😉! Je te remercie beaucoup, Guest, pour ta review, n'hésite pas à te créer un compte pour pouvoir échanger avec moi sur cette fiction 😉

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blabla d'auteur !


*** Bonne lecture ! ***


Précédemment dans le Souffle du Dragon:

Chapitre 34 (part 3):

Sa tête se tourne lentement vers moi, mélange étonnant entre la maladie profonde et le désespoir, les yeux débordants, à nouveau, de larmes… Décidément, il semblerait que ce soit la thématique de cette soirée…

Je suis vraiment dans la merde, n'est-ce pas ? souffle-t-elle de son haleine acide.

Disons qu'il serait peut-être important que nous rentrions en Angleterre pour que ce soit à ton mari que tu fasses les propositions que tu m'as faites, tu ne crois pas ? fais-je, compatissant en essuyant ses larmes.

Et s'il ne veut plus de moi ? murmure-t-elle en se repliant sur elle-même.

Je lui ferai passer le goût des parties de jambes en l'air à coup de Doloris si ça peut te rendre le sourire, Tesoro, souris-je en coin. Allez, va te doucher, je t'attends.

Comme un signe de Merlin qu'il vaut mieux laisser les niaiseries telles que la sauvegarde des Granger Alcoolisées à d'autres — de préférence des personnes sobres et en état émotionnel de supporter une Hermione Granger doutant de son sex-appeal — le son de la voix de Drago me parvient depuis la chambre, nous faisant sursauter.

Je vais aller voir ce qu'il me veut, soupiré-je en me relevant. Va à la douche, je te préparerais un tee-shirt et un caleçon pour cette nuit.

Tu pourrais éviter les tee-shirts de Quidditch ? souffle-t-elle, tout le désespoir du monde dans le regard.

Comment oublier ce moment d'une gêne intense où nous avons pu découvrir la manie tout ce qu'il y a de plus désagréable de Granger de dormir dans le tee-shirt de Quidditch de son mari pour l'asticoter… Salazar… Cette année est peut-être pire que celle qui la précède… Au moins, l'an passé, c'était contre des Mangemorts que nous devions nous battre ! Ça, c'était gérable !

Drago, tout va bien ? fais-je précipitamment en ouvrant le miroir. Pansy va bien ? Elle n'a rien ? Tout s'est bien passé au retour du ministère ? Elle a demandé après moi ?

Si tu me laissais en placer une, tu saurais que tout va bien pour elle, lève-t-il les yeux au ciel, agacé. Elle, elle ne demande pas après toi pour le moment, en revanche, un autre le fait, et j'ai bien peur que mes organes reproducteurs ne survivent pas à une inspection de fond de sa part, si tu vois ce que je veux dire !

Je doute que Charlie soit très porté sur ce bord-ci du terrain, Malefoy !

La ferme, Weasley ! gronde mon ami blond.

J'ai parlé de terrain de Quidditch, blondinet, pas de ferme !

Bon sang… Si je pouvais tuer quelqu'un juste par la pensée, crois-moi, ce serait toi, numéros quatre…, soupire Drago en se pinçant l'arête du nez. Toi et ta copie êtes réellement intenables…

Peut-être que si nous nous recentrions sur le débat ? propose Potter. Je ne vous cache pas que le futur espoir du Quidditch anglais commence à peser sur ma vessie et j'aimerais avoir la possibilité d'aller me coucher avant la rentrée de septembre…

Et voilà ce qu'il se passe lorsque je les laisse pendant une semaine tous seuls ! Ils s'acoquinent avec des Gryffondor et je dois supporter une Granger ivre dans mon lit pour la nuit ! À quel moment le train de ma vie a-t-il déraillé pour en arriver là ?

Je t'en prie, Potter, pose donc ta question !

C'est trop d'honneur de ta part, Malefoy ! lève les yeux au ciel ledit Potter en apparaissant dans le miroir. Zabini, comment va Hermione ?

C'est une épave.

Au vu des regards choqués et paniqués que s'échangent les jumeaux Weasley et Potter, nul doute qu'il aurait été de bon ton, à cet instant, que je me lance dans l'entreprise ardue d'un peu plus de diplomatie…

Ça ne peut pas être si désespéré que ça, si ? souffle le jumeau encore intact.

J'estime qu'à partir du moment où je me retrouve presque ligoté sur mon lit avec une chevelue qui prend mon corps pour l'un de ces gadgets moldus que vous vous êtes réapproprié, parce qu'elle se sent en manque d'affection, oui, je pense qu'on peut dire qu'il faut impérativement que nous rentrions ! sifflé-je, épuisé par avance.

J'aurais dû me douter que Drago trouverait ça absolument hilarant, mais je n'aurais pas pensé que celui qui a posé la question se mêlerait à son rire et imite le cachalot avec si peu d'élégance qu'il en tombe du sofa… Vraiment, les Gryffondor ne sont plus du tout ce qu'ils étaient, c'est affligeant…

Ne t'en fais pas, Zabini, nous vengerons ton honneur bafoué ! ricane Fred en mettant une claque dans le dos de Drago.

Hors de question que je reste assis les bras croisés alors que, depuis une semaine, je me fais agresser tous les matins pour savoir où vous êtes ! rétorque-t-il en approuvant de la tête.

La réprimande de papa t'est montée à la tête ? ricane faiblement l'autre jumeau.

Je ne sais réellement pas pourquoi il tire une si petite mine celui-là, mais j'ai bien assez de soucis à gérer en ce moment avec l'alcoolisme mélancolico-exibitioniste de Granger ! Que ceux qui se trouvent sur le même continent que lui s'en occupent !

Quand rentrez-vous ? soupire Potter en se passant une main lasse sur le front.

Si je parviens à lui faire entendre raison, j'aimerais que nous soyons rentrés pour le début de la semaine prochaine, mais connaissant la tête de Botruc qu'est ton amie, il y a toutes les chances pour que nous restions ici encore un moment…, grimacé-je. Et crois-moi, je doute que les réserves de la cave tiennent le coup ! Ton amie est une véritable ivrogne !

Elle est simplement triste et déçue et se sent trahie, fait-il de la même manière, de la fureur irradiant dans son regard.

À cause de cette histoire de bague ? froncé-je les sourcils.

Quelle bague ? font les trois lions extra-continentaux en se redressant dans le sofa.

Blaise ? m'appelle Granger depuis la salle de bains. Tu aurais une serviette à me donner ? J'ai oublié d'en prendre une, tout à l'heure…

Dans un mouvement d'humeur et de lassitude profond, je laisse ma tête partir vers l'avant, un million d'insultes me venant en tête lorsque j'entends les ricanements peu valorisants de mon seul compatriote…

Étagère du bas dans la commode, comme la dernière fois ! crié-je pour qu'elle m'entende avant de siffler à l'encontre des autres. Et vous, vous avez intérêt à me préparer le terrain pour qu'à notre retour, Weasley soit l'homme le plus romantique et charmant de l'univers. Qu'il lui fasse même écrire « Je t'aime » sur les murs avec du sang s'il le souhaite dans un remake bon marché de ce qu'a fait sa sœur en deuxième année ! Mais vous avez intérêt à ce qu'elle puisse tirer un coup rapidement avec lui si vous ne voulez pas que je la tue dans son sommeil, c'est bien compris ?!

Franchement, t'arranger la situation avec Parkinson serait tout de même vachement plus simple, soupire Fred. Tu ne veux pas qu'on fasse ça, plutôt ?

Chaud, bouillant, romantique, et surtout, qu'elle tire un coup, c'est clair ? sifflé-je en les fusillant du regard. Il en va de la survie de mes boules, là !

Il a des petits airs de Bill lorsqu'il dit ça, ricane George.

Soupirant face à tant de fatalité — qui voudrait être un Weasley lorsqu'il peut être un Zabini ? — je referme violemment le miroir, me massant les tempes lorsque je sens le matelas s'enfoncer doucement sur ma gauche.

Tu sais que ta manière de faire ressemble plus à celle d'un mac que celle d'un ami ? ricane-t-elle.

Je n'ai pas la moindre idée de ce que peut bien être un mac, mais lorsque je relève la tête et que je la vois, en serviette et les cheveux encore humides, je me demande ce qui peut bien clocher en moi pour ne rien ressentir de particulier…

Un faible sourire éclaire mes traits jusqu'à ce qu'elle pose les pieds sous la couette, entoure ses genoux de ses bras et mette sa tête sur mon épaule, ses cheveux humides gouttant dans mon dos, puis le silence nous entoure pendant de longues minutes.

Ce n'est pas que je ne veuille pas rentrer en Angleterre, souffle-t-elle alors que mon bras passe dans son dos pour la serrer contre mon côté. C'est surtout que j'ai encore besoin de respirer et me dire que ma cause n'est pas totalement désespérée avant de repartir au combat…

Je sais ce que ça te fait et, crois-moi, je compatis sincèrement à ta douleur, Tesoro, mais tu ne peux pas fuir le combat sans arrêt, et ce que tu es en train de faire est tout ce qu'il y a de plus anti-Gryffondorien, tu ne crois pas ? soupiré-je en baissant le regard.

Néanmoins, la seule chose qui me réponde est un ronflement sonore, signe qu'en dépit de tout le mal que je me sois donné cette semaine, il me faille encore attendre quelques heures pour pouvoir avoir la grande discussion qui, je l'espère, me permettra de retrouver ma vie d'avant…

Et maintenant...


Arthur

Ironiquement, parvenir à retrouver les bons gestes pour s'occuper d'un nourrisson m'est revenu bien plus vite que je ne l'aurais cru, pour le plus grand bien de Cassie et un peu pour le mien, il faut bien le reconnaître… En revanche, en ce qui concerne le ménage…

Deux semaines… Il n'aura fallu à cette famille, dont j'ai eu tant de peine à faire joindre les deux bouts, que deux semaines pour qu'elle ne s'effondre, à l'instar de mon fils lorsque le juge Marvel a levé son marteau, ce jour-là.

J'ai souvent vu Charlie amer et torturé, sombre et malheureux, et en tant que père, ce genre de chose est un réel supplice, mais, ce jour-là, dans cette salle d'audience, c'était bien pire encore, parce que j'ai vu l'espoir s'échapper, miette après miette, dans son regard, cette étincelle qui était née ces derniers mois s'étouffant proprement avec la disparition d'Hermione.

Pour la première fois, ce soir-là, j'ai réellement eu peur de ce que cette échappée d'Hermione, cette incursion involontaire dans la vie maritale et parentale avait bien pu lui faire. Leur faire à tous les deux, si je devais être honnête.

Une bouteille à la main, le teint blême et les yeux humides de larmes qu'il ne verserait jamais, j'aurais donné très cher, à cet instant-là, pour savoir ce qu'il se passait sous la masse conséquente de ses cheveux roux que sa mère s'est fait un plaisir de vouloir couper toutes ces années. Néanmoins, lorsque Merlin a exaucé mon vœu, j'aurais préféré que ce ne soit pas le cas…

Les images de son adolescence aux côtés de Tonks, son baiser et le refus qui en a découlé, ce soir-là, l'impression de ne pas être digne de la future Auror, les faux sourires qui lui déformaient la bouche lors de son retour sur le quai de la gare et les prémices de son plan pour fuir toutes émotions humaines.

Son départ pour la Russie en pleine nuit après avoir pris, tout de même, le temps d'aller voir chacun de ses frères et embrasser leur front pour les plus jeunes ou apposer un charme de sommeil profond sur Bill, sachant qu'il aurait beaucoup à faire pour réconforter la famille dans les jours à venir.

Son passage par la demeure de Muriel pour la prévenir qu'il s'en allait et lui demander de prendre soin de tout le monde durant son absence, lui promettant de revenir un jour. L'accord larmoyant qu'elle lui a offert et le contrat qu'ils ont passé, celui invoqué par Wilkinson, lors de la première audience de divorce.

Puis sont apparus les montagnes Russes et le climat glacial, l'impression de pouvoir respirer à nouveau et ce besoin de liberté qui s'est, pour la première fois, réveillé sauvagement. Les études à Durmstrang et sa première confrontation à un dragon. La fascination et l'adoration qu'il a ressentie. La violence et la difficulté de sa vie à la réserve.

Tout, absolument tout de ses premières années dans le monde des adultes, un monde qu'il avait lui-même choisi depuis sa plus tendre enfance, tout m'a assailli avec la force d'un cognard lancé à pleine puissance. Mais ce ne fut pas le pire, malheureusement…

Le plus dur, ce fut de revivre sa première rencontre avec Hermione ainsi que les suivantes, ressentir le plaisir de rencontrer quelqu'un d'aussi cultivé que lui et qui aime apprendre et débattre, laisser place à cette douleur et cette colère profonde, mêlée d'une certaine forme de fascination à son retour, il y a trois ans.

Flash-back

— Espèce de petit enfoiré ! s'écrie Hermione en appuyant plus vigoureusement sur la blessure de son abdomen. Secare !

Bon sang ! Leur duel dure depuis déjà vingt bonnes minutes et aucun des deux ne semble avoir réellement conscience de la dangerosité des sorts qu'ils s'envoient ! Je pensais pourtant que Charlie aurait plus de sang-froid que la jeune Granger, mais il semblerait que, sur ce point, ces deux enfants aient le sang chaud !

Et pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître au père que je suis, aussi triste que ça puisse me rendre, c'est bien la première fois en cinq ans où, sans être dans la ligne de mire d'un dragon horriblement dangereux, il sourit. Il a l'air serein et en paix. Décidément, nous avons dû manquer quelque chose dans son éducation…

— On ne t'a jamais dit que tu pourrais être sexy si tu attachais tes cheveux ? sourit en coin Charlie.

— Attachés ? fronce-t-elle les sourcils, se stoppant quelques infimes secondes.

Secondes dont Charlie se sert pour mettre en œuvre sa nouvelle attaque, souriant en coin lorsqu'il la voit se figer quelques secondes. Les sorts de coupure se succèdent à ceux de brûlure ou de gel, mais pas une seule fois, alors qu'elle est en mauvaise posture, elle ne baisse sa baguette, rendant coup pour coup avec un mordant incroyable pour son jeune âge.

— Intéressant, susurre Severus en passant à mes côtés. Je n'aurais pas cru Granger capable de lui tenir tête.

— Incapable de croire qu'une fille qui n'est pas à Serpentard puisse le faire ? ricane Sirius.

— Plutôt parfaitement épaté de savoir que quelqu'un qui te tient en si haute estime sait attaquer autrement qu'en traître, sourit-il doucereusement.

— Je ne t'ai jamais attaqué en traître, Servilus ! s'écrie l'ancien détenu en mettant la main à sa baguette.

C'est finalement presque aussi épuisant de s'occuper de sept enfants que de devoir gérer uniquement ces deux-là… Souvent, bien trop souvent, je tire bien bas mon chapeau à Minerva et Albus pour cette patience dont ils ont fait preuve lorsque Sirius était enfermé dans cette maison…

— Au lieu de vous en prendre l'un à l'autre, aucun de vous ne voudrait aller vider son trop-plein d'énergie dans le combat illégal qui se déroule en ce moment dans le salon ? hausse un sourcil Bill.

— Pourquoi ferais-je une chose aussi stupide, Weasley ? fait Severus de la même manière, commençant à tourner sur lui-même pour partir.

— Parce qu'Hermione ne parviendra jamais à tenir le coup face à Charlie quand il arrêtera de jouer ce qui est, disons-le, en train de se passer présentement, soupire mon fils en se frottant l'arête du nez.

— Tu te fous de moi ? ouvre grand les yeux Sirius, se penchant plus attentivement sur le duel ayant lieu dans le salon.

Je ne l'aurais jamais cru de prime abord, mais il semblerait que Bill ait eu raison en avançant que Charlie soit, en cet instant même, en train de s'amuser à faire suer à grosses gouttes Hermione, la faisant s'envoler dans les airs avant de retomber lourdement contre la tapisserie des Black, une grimace douloureuse déformant ses traits.

Ardeat ! siffle-t-elle, ne prenant pas même le temps de se relever.

— C'est tout ce que tu as, chérie ? sourit-il en coin, haussant un sourcil amusé. Je suis certain qu'en cherchant un peu, tu pourrais avoir fait brûler la pointe de mes cheveux !

— Je ne suis pas ta chérie ! gronde-t-elle en le fusillant du regard.

— Tu me blesses, là ! mime-t-il d'être touché au cœur. Et moi qui pensais que ma simple présence faisait bouillir ton sang et libérait totalement ta libido !

Je ne saurais dire lequel des deux est le plus épuisant, en revanche je sais que même Severus s'avance d'un pas lorsque, affichant un sourire mauvais que je ne lui ai jamais vu arborer, Hermione utilise une infime quantité de son sang perdu par un précédent sort de découpe pour lancer le suivant, une lueur de triomphe planant dans son regard.

Ferveret Sanguis !

En moins d'une seconde, Charlie perd sa baguette, un cri de douleur coincé dans sa gorge et les yeux exorbités. Pourtant, aussi vite qu'il a perdu le contrôle, il le reprend, une étincelle de combat s'embrassant dans ses yeux.

— Ça y est ? sourit-il, à bout de souffle. Tu te décides enfin à te battre comme une adulte ? Il était temps !

— Je vais te saigner, Weasley, feule-t-elle, les yeux hurlant sa haine à l'encontre de mon fils. Je vais te faire crier comme un porc qu'on apporterait à l'abattoir et tu pisseras le sang de tous les côtés, je t'en fais la promesse !

— Tu deviens violente ? chuchote-t-il suavement. J'adore ça ! Viens, petit rat de bibliothèque, je t'attends de pied ferme !

— Tu n'es qu'un salopard de putain de petite raclure incontinente pas même capable de retrouver ses couilles même avec un GPS ! siffle-t-elle plus vulgairement que je ne l'ai jamais entendue.

Rarement je n'ai vu Hermione aussi concentrée, que ce soit dans une conversation houleuse avec Ron ou dans un livre, autant qu'elle ne le fait dans ce duel face à Charlie, réfléchissant à une vitesse ahurissante et utilisant une magie qui, normalement, devrait dépasser, et de loin, ses capacités actuelles d'élève de cinquième année.

Face à elle, souriant comme un véritable psychopathe et prenant réellement part au combat pour la première fois depuis une bonne demi-heure, Charlie rend coup pour coup, faisant de son mieux pour la déstabiliser, mais une chose m'épate très vite les concernant : ils ont l'air d'être au même niveau.

— Elle va arriver à court de magie sous peu, souffle Severus, les sourcils foncés, parfaitement concentré sur le duel.

— Ses poignets ne sont pas assez fermes pour supporter à long terme les sorts de Cha, hoche la tête Tonks. Son métier se base majoritairement sur la forte puissance des sorts qu'il utilise et les siens le sont réellement.

— Pourtant il a une faille sur son côté gauche qu'elle a repéré, montre-t-il vaguement. Déjà lorsqu'il faisait le cornichon sur son balai il ne protégeait pas ce côté de son corps, ce qui est une grave erreur, surtout à son niveau.

Putain de… merde alors ! Severus vient-il réellement de faire un compliment, certes détourné, mais un compliment tout de même, à l'un de mes fils ?! Je crois que ce jour doit être marqué d'une pierre blanche !

— Ils ne vous font pas penser à un autre couple, tous les deux ? souffle Sirius, les larmes aux yeux.

— Severus et Tonks ? sursaute Rémus, retenant bien mal sa grimace. Il a au moins le double de son âge, voyons !

— Je parlais de Charlie et Hermione, Lunard, ricane doucement Sirius en secouant la tête. Et cesse donc cette fixation que tu fais sur l'âge, un jour ça te jouera des tours !

Durant quelques secondes, je fronce les sourcils, ne comprenant pas de qui il parle, puis, lentement, vient se superposer un autre couple dans mon esprit, dans un salon bien plus chaleureux et éclairé que celui-ci, aux prémices de l'Ordre du Phénix, le même air de concentration et la même lueur d'amusement brillant dans l'un des regards.

— James et Lily, souffle tendrement et doucement Rémus.

— James et Lily, hoche la tête Sirius en souriant amèrement. Cette petite aurait rendu fière Lily !

— Et James aurait adoré se confronter à Charlie, approuve son ami de toujours.

— Potter n'aurait jamais tenu la distance face à Weasley, dément immédiatement Severus. Il n'a jamais eu assez de retenue ni même d'intelligence pour accepter de se faire toucher pour remporter la victoire !

Bordel de merde ! Il me faut m'asseoir sous peine de ne jamais me remettre d'un tel choc ! Quel Veracrasse l'a mordu pour qu'il fasse non pas un, mais bien deux compliments à un Weasley en moins de deux décennies ?

— Severus ? fait d'ailleurs Tonks, un air inquiet sur le visage. Tout va bien ? Nous parlons d'un Gryffondor là ! Vous êtes sûr que…

Os Prorumpit ! s'écrie Hermione, interrompant la métamorphomage.

Mais rien ne vient, pas même une simple larme de sort. Elle est arrivée à court de magie. Des cernes noirs entourent ses yeux, les veines de son visage ont bleui et son souffle est court, signe qu'elle est sur le point de subir un contrecoup assez sévère de sa magie…

— Allons bon, petite Granger, sourit Charlie, suffisant, déjà à court ? C'est tellement dommage ! J'ai pourtant adoré te voir te débattre en vain contre moi !

— Va te faire foutre, Weasley ! siffle-t-elle, vacillant légèrement sur ses jambes. La prochaine fois, je te ferai mordre la poussière !

Pourtant, lui-même n'en mène pas large avec ses vêtements déchirés, son souffle court et les différentes traces de lacération sur son corps. Comme s'il était habitué à ce genre de douleur et qu'elles ne lui faisaient plus rien…

— Weasley ! l'interpelle Severus d'un ton sévère tout en commençant déjà à se retourner. Vous viendrez me voir demain pour que nous parlions de votre pitoyable performance. Quant à vous, Granger, je vous mettrais à peine un Troll pour vos minables gesticulations que vous avez l'audace d'appeler des sorts.

Merlin tout puissant ! Me voilà rassuré ! Severus n'a perdu ni son mordant ni sa volonté à s'en prendre sans aucune raison à un Gryffondor ! Un peu plus et j'aurais pu croire à un imposteur sous Polynectar !

Fin du flash-back

L'humilité, le respect et la détresse ressentie, de même que la douleur et la colère, le soir de la bataille finale, puis lorsqu'il est allé la chercher dans son esprit, étaient aussi puissants que ma peur lorsque je l'ai vu entourer son Noyau d'une membrane de la sienne, se baignant littéralement dans l'effet aphrodisiaque de toute-puissance, occultant visiblement que, par ce geste, il commettait l'acte irréversible de se lier pour l'éternité à sa femme.

Plus que le mariage, plus que sa grossesse, c'est à cause de cette fine membrane qu'il est devenu une part d'elle-même. Pas étonnant qu'elle m'ait donné l'impression de parvenir à sentir ses émotions bien mieux que quiconque, nom de Merlin ! Peut-être Muriel et moi aurions-nous dû leur parler de ce genre de choses, durant leur enfance… Mais encore une fois, ce n'était pas le pire, ni même le plus violent pour lui…

Cette impression de danser sur un fil au-dessus du vide, après la guerre, lorsqu'ils ont emménagé tous les cinq, Harry, Hermione, les jumeaux et lui, dans l'appartement de mes fils, l'acharnement sans fin dont il a fait preuve pour repousser l'échéance, croyant plus que de raison en son mantra, pour éviter de céder à la tentation ultime qu'elle représentait pour lui, une fois le jeu enclenché.

Puis ce fut la tempête, l'ouragan même, qui s'est déversé sur sa tête lorsqu'il a compris où les avait conduits une nuit pour tout oublier.

Pendant une nuit, il avait eu l'impression de revivre, de respirer à nouveau, d'avoir le droit d'espérer et de croire qu'un jour viendrait, par Tonks ou la mort, il trouverait sa rédemption. Mais ce ne fut pas le cas, et l'enfer a repris de plus belle.

Puis les souvenirs et les images se sont succédé, moments volés de leurs vies pour que je puisse enfin comprendre la puissance et l'entièreté de leur relation, de leur histoire.

Les femmes comme Molly diraient qu'ils sont des âmes sœurs, un homme ayant appris l'infidélité de sa propre femme et le fait que deux de ses enfants ne soient pas les siens voit plus loin que l'aspect romantique de cette liaison.

Depuis son plus jeune âge, Charlie a toujours eu un mal fou à comprendre et s'investir dans les relations humaines en dépit de tout le mal que Muriel, Molly et moi nous sommes donnés pour lui donner les clefs d'une amitié.

Puis est apparue Tonks, la jeune fille parvenant à interpréter le monde pour lui, à entrer dans son univers et le faire se sentir normal et en même temps surpuissant rien qu'en le félicitant ou en lui souriant.

Alors, lorsqu'elle l'a repoussée, il a décidé d'endosser une autre armure contre le monde, un monde qu'il n'est jamais parvenu à comprendre et en perpétuel mouvement : celui de l'ado briseur de cœur et badass, pour reprendre les mots d'Hermione.

Mais lorsqu'il l'a revue, transie d'amour pour Rémus, puis mariée et enceinte, tous les rêves qu'il avait réussi à garder bien protégés à l'abri de quiconque, se sont envolés en fumée et il a souffert le martyre.

Par amour pour elle, il n'a pas essayé de la détourner de cette fascination que lui valait le loup-garou, en dépit de tout ce qu'il avait voulu du plus profond de son âme, il n'arrivait pas à trouver une seule once de volonté pour lui briser le cœur.

Par amour pour notre famille, il n'est pas reparti en Roumanie, acceptant masochistement de subir le bonheur de son premier amour de loin, sans même pouvoir tenter la moindre approche, au risque de s'y brûler les ailes.

C'est par vengeance qu'il s'en est pris à Hermione, mais c'est par respect pour elle qu'il l'a fait. Parce que l'idée de voir quelqu'un de si semblable à lui-même, se morfondre d'amour pour quelqu'un qui ne comprenne pas tout l'amour qu'elle ressentait, tout le bonheur qu'ils pourraient avoir ensemble, c'est pour ça qu'il l'a attaquée, ce jour-là, dans la cuisine du square…

J'en suis là dans mes pensées, un torchon plein de lait caillé sur l'épaule, une tasse de thé à la main, lorsque je sens les protections de la maison s'amoindrir, signe que mon visiteur, même s'il n'était pas prévu, n'est pas non plus indésirable.

Les séquelles de la guerre toujours bien présentes malgré les mois écoulés, je porte ma main à ma baguette, la tirant fébrilement pour la pointer face à moi, bien décidé à attaquer si la personne en question se trouve être Molly !

— Ke… Keyla ? balbutié-je en ouvrant la porte.

Nom de Merlin ! Trente ans déjà que je n'ai plus revu ses yeux gris pailletés de violet, cette fossette au coin de sa bouche, sa cascade de cheveux bruns tirant sur le blond, son corps élancé et svelte… Bon sang ! Suis-je en train de rêver ?

Ma baguette tombe au sol sous le choc, mon souffle se bloque dans ma gorge, mes yeux me piquent et tout mon corps tremble alors que je fais un pas pour la prendre dans mes bras, mais, d'un geste plein d'assurance, mon interlocutrice me fait signe de ne rien faire, me laissant dubitatif. Que se passe-t-il ?

— Je suis navrée de vous déranger de manière si cavalière, et ce, sans même prendre la peine de m'annoncer au préalable, Lord Weasley, sourit-elle poliment, mais j'ai à vous parler de toute urgence. Je suis Giulia Zabini.

— Giulia ? Zabini ? Quoi ?

Mon cerveau refuse de faire le lien entre ce que j'ai sous les yeux et les espoirs fous qui me tiennent depuis plus de trente ans, me délectant simplement de l'apparition divine sous mes yeux alors que je pensais ne plus jamais la revoir ni même entendre le son de sa voix. Bon sang ! Ce que cette femme a pu me manquer durant trente ans !

Cependant, je n'avais pas souvenir d'un accent italien si prononcé dans sa voix, ni même de cette posture si formelle et rigide, même si ça ne l'en rend que plus charmante, je dirai ! Quoique, le simple fait qu'elle soit en vie la rende d'autant plus parfaite à mes yeux…

— D'accord, soupire-t-elle en se passant une main lasse sur les yeux. Passons donc sur les présentations d'usage. Je me nomme Giulia, je suis la sœur cadette de Keyla. Pourrais-je entrer, je vous prie ? La différence de climat entre l'Angleterre et l'Italie est saisissante, surtout en cette période.

Bonté divine ! Comment peut-on avoir un tel flot verbal à seulement neuf heures du matin ? Pourtant, sa manière de parler, même si bien plus aristocratique, me rappelle des souvenirs que je me suis fait un devoir d'enfouir.

Ceux de Keyla ayant la même diarrhée verbale et le même sourire enjôleur lorsqu'elle le faisait, sachant parfaitement que la voir faire ça me mettait, la plupart du temps, dans tous mes états, m'empêchaient bien souvent de réfléchir… Mais il faut dire qu'elle avait une telle facilité à faire des phrases à rallonge qui la rendaient si charmante à mes yeux…

— Bien sûr, entrez, hoché-je la tête. Veuillez m'excuser pour le désordre, je ne m'attendais pas à recevoir de la visite et mon fils m'a laissé sa fille à garder cette nuit, alors vous comprenez, c'est un peu le désordre, mais je compte ranger…

Haussant un sourcil, subtil mélange entre amusement et compréhension, elle met la main à sa poche de cape, faisant tous ses gestes au ralenti pour que je ne me sente nullement agressé avant de lancer un sort de nettoyage sommaire, laissant le salon et la salle à manger propre comme si personne n'y était entré depuis des jours.

— Merci, chuchoté-je. C'est Molly qui s'occupait de tenir cette maison et depuis qu'elle est partie, je croule sous les tâches ménagères.

C'est un fait, tous les Weasley ont ce trait en commun et je me demande d'ailleurs comment Ron et Ginny ont bien pu l'obtenir, mais en lui disant ceci, je sens mes joues et mes oreilles chauffées fortement, la gêne, la fatigue et un léger relent de remords m'assaillant.

J'ai conscience d'avoir agi bêtement et sous le coup de la colère, qu'une conversation aurait très certainement été une bonne idée afin que je lui laisse le temps de s'expliquer sur son geste, mais à ce moment précis, tout ce que je souhaitais le plus au monde, c'était la voir quitter ma maison et ne plus jamais la voir y remettre les pieds sous peine de la tuer. À ce moment-là, je sais cruellement que j'en aurais été capable.

Pas pour moi ni pour cette infidélité qui, en soi, me paraîtrait presque normale vu le nombre d'heures que je passais au travail à cette époque, mais surtout pour la douleur et la colère que j'ai pu voir dans le regard de mes deux fils. Dans la tristesse et la trahison qui suintaient de tous leurs ports à ce moment-là.

— Veuillez m'excuser, soupiré-je, ne récoltant qu'un signe de la main désinvolte. Voulez-vous boire quelque chose ?

Étonnamment, alors qu'elle semblait pourtant pressée lorsqu'elle est arrivée, elle m'a laissé me perdre dans mes pensées de ce jour funeste, restant bien sagement sur le perron du Terrier, le soleil naissant frappant doucement sa chevelure.

— Je ne dis jamais non à un bon hydromel vieilli en fût au moins dix ans, sourit-elle doucement en entrant, ne faisant aucun cas des jouets encore au sol ni même de mon torchon.

Mais où veut-elle que je puisse trouver ce genre de choses ? Ai-je vraiment la tête de l'homme ayant assez de considération pour l'alcool pour en boire, d'autant plus à neuf heures du matin ? Décidément, il n'y a pas à dire, il faut de tout pour faire un monde… Et visiblement, dans un monde normal il faut aussi compter sur l'alcoolisme matinal…

— Une Bièraubeurre ? haussé-je un sourcil.

— Un Merlin-Tout-Puissant avec trois yeux de tritons ? propose-t-elle en retour, en s'asseyant sur le banc de la table.

— Un thé, plutôt ? souris-je en coin.

Je ne saurais dire si ce fait incombe à sa nonchalance qui me paraît étrange venant de la part d'une aristocrate aussi distinguée que Giulia Zabini, ou parce qu'elle a cette décontraction qui me rappelle réellement certains traits de Keyla, néanmoins, je me prends au jeu, appréciant une présence féminine autre que celle de mes belles filles depuis deux semaines.

— Vous n'auriez pas une boisson qui ne vous fasse pas passer pour une ménagère de quatre-vingts ans, par hasard ? soupire-t-elle théâtralement en se frottant les tempes. Je me contenterais même d'un simple sauvignon blanc ou d'un Château Margot, pourvu qu'il soit légèrement amer !

— Vous vous intéressez aux Moldus ? sursauté-je en faisant même tomber mon torchon.

— Ma sœur était Cracmolle et je suis parvenue à rester en contact avec elle en secret durant dix ans, alors d'après vous ? grimace-t-elle en levant les yeux au ciel.

J'ai tellement pris l'habitude d'enfermer mes souvenirs de sa sœur et de ne surtout jamais ouvrir cette boîte de Pandore si douloureuse, que pouvoir en parler si librement fait accélérer mon rythme cardiaque et déglutir difficilement.

Pour être parfaitement honnête, dans un premier temps, je n'aimais pas Molly plus que comme une amie dont les tuteurs nous avaient fiancés plus ou moins de force. Pourtant, les années s'écoulant et nos fils aidant, j'ai vraiment fini par m'attacher à cette femme.

À sa manière et sans que je ne puisse réellement intervenir dans sa manière d'éduquer nos sept bambins, elle a apporté de la joie de vivre et du bonheur au Terrier, même si, bien trop souvent, je retrouvais mes fils pleurant face à la dureté des sermons dont elle les avait serinés.

Mais je ne doute pas un seul instant qu'elle les a aimés et moi aussi. Certes, pas forcément de la bonne manière, mais quelle mère est irréprochable ? Quelle femme peut l'être lorsque son mari n'est jamais là ?

Alors il est vrai qu'elle a des torts dans cette histoire, mais je suis assez lucide sur la question pour savoir que, moi aussi, j'ai ma part de responsabilité dans le fiasco qu'est devenu notre couple, notre mariage ou même notre famille. Le simple fait que je parvienne si facilement à décrypter les souvenirs de Charlie en est la preuve…

— Un whisky Pur Feu ? proposé-je en faisant venir la bouteille à moi. J'ai de la vodka Pur Glace laissée par mon fils sinon, mais je tiens à vous prévenir, c'est plus corsé que ça n'en a l'air !

— Le Pur Feu m'ira très bien, hoche-t-elle la tête, conciliante.

Mettant une attention toute particulière dans le fait d'être, tout de même, un hôte respectable, je parcours les quelques mètres me conduisant à la cuisine, récupère la bouilloire sur le feu pour me verser un thé avant de lui servir son verre dans l'un des seuls récipients propres restant dans le placard au-dessus de l'évier.

— Vous n'avez pas l'air d'être le genre de femme à faire des incursions dans le monde moldu pour le plaisir, plissé-je les yeux de concentration en revenant m'asseoir face à elle. Vous n'êtes pas non plus le genre de personne à faire des visites de courtoisie à domicile et je dois avouer que votre réputation vous précède.

C'est le moins que l'on puisse dire ! J'ai beau ne jamais l'avoir rencontrée et, Merlin m'en garde, n'avoir jamais été le genre d'homme à lire les pages mondaines de La Gazette, il n'en reste pas moins que « La Mante Religieuse » n'est pas un nom assez flatteur au ministère pour qu'on l'oublie facilement.

Pourtant, dans sa robe de sorcière bordeaux, cachant subrepticement une robe longue d'un rouge profond, il est indéniable que, Moldu ou sorcier, aucun homme ne pourrait lui résister, si tant est qu'elle se donne la peine de les faire saliver !

— Alors ma question est la suivante, penché-je la tête légèrement. Pourquoi êtes-vous ici et qu'attendez-vous de moi ?

Je ne suis pas assez demeuré pour ne pas savoir que, pour qu'il y ait réputation, il faut un fond de vérité dans le monde des sorciers, de ce fait, si elle est venue au Terrier dans l'optique de faire main basse sur le coffre-fort des Weasley, elle risque fort de déchanter ! C'est, après tout, un fait connu que notre richesse vient du cœur et non de Gringotts !

— Il va sans dire que l'on m'a listé nombre de vos défauts, au cours des ans, Lucius Malefoy ayant votre nom bien trop souvent à la bouche pour que je ne le pense pas secrètement attiré par vous, néanmoins, la susceptibilité n'en a jamais fait partit, je dois dire…, sourit-elle en coin.

— Disons que, depuis la fin de la guerre, j'ai appris à faire, de nouveau, des nuits complètes, ris-je, maladroit, tentant d'oublier cette pique qu'elle vient de lancer. Or, avoir un bébé dont je dois prendre soin sous mon toit me force à revoir mes priorités…

Je dois le reconnaître, même s'il m'arrive bien souvent encore de me réveiller en pleine nuit après un cauchemar où l'on m'apprend la mort de l'un de mes fils, il va sans dire que, depuis près d'un an, mes nuits se sont faites plus longues et douces que depuis les cinq dernières années…

— Je comprends, fait-elle de la même manière en se passant une main distraite dans les cheveux. Lorsqu'il était petit, il avait beau être le bébé le plus souriant qu'il m'ait été donné de rencontrer, à l'heure du coucher, Blaise était une véritable terreur jusqu'à ce que Livio, son père, nous rapporte une harpe de l'un de ses voyages en Grèce.

— Vous avez été forcée d'apprendre à en jouer ? haussé-je les sourcils, amusé.

La simple idée d'imaginer une femme telle qu'elle, en train d'apprendre la harpe me laisse à mi-chemin entre la stupeur et l'hilarité. Si elle est la copie conforme de Keyla, nul doute qu'elle n'a pas dû être une élève bien assidue !

— Merlin tout puissant ! Non ! fait-elle, horrifiée. Je suis une véritable catastrophe ambulante dans ce domaine ! Même Lixy, mon elfe de maison depuis l'enfance a, un jour, outrepassé ses fonctions pour me faire comprendre qu'à ce rythme, toutes les fenêtres et autres vitres de la villa succomberaient à mon manque de talent naturel !

— Et qu'avez-vous fait ? souris-je, amusé par l'anecdote. Pour parvenir à lui faire trouver le sommeil, je veux dire.

— J'ai fait prendre des cours de harpe à Lixy ! rit-elle gracieusement en repoussant ses cheveux vers l'arrière.

L'espace de quelques instants, je laisse mon esprit divaguer, imaginant le scénario de Kreattur jouant de la harpe, alors que Sirius, Hermione, Harry et ma famille habitaient toujours au square et un sourire me déforme le visage à cette simple idée. Il ne fait aucun doute que ma belle-fille me tuerait pour avoir imaginé ce genre de choses !

— Hermione aurait adoré rencontrer votre elfe, soupiré-je en buvant une gorgée de mon thé. Elle aurait adoré tenter de la convertir à des conditions de travail plus saines !

— Oh ! Elle a bien essayé, mais Lixy est muette de naissance, de ce fait, leur débat a été plutôt long à suivre et je dois reconnaître avoir pris beaucoup de plaisir à y assister ! Livio aurait adoré la vigueur et la passion qu'elle y a mise !

— Hermione a déjà rencontré votre elfe ? sursauté-je.

Dans l'état dans lequel il se trouve depuis une semaine, si Charlie venait à mettre la main sur ce genre d'informations, il ne fait nul doute qu'il serait capable de remuer ciel et terre pour retrouver sa femme, quitte, même, à outrepasser les limites qu'il s'impose depuis près de dix ans ! Et je ne doute pas qu'Hermione en prendrait pour son grade…

— C'est de cela que je suis venu vous parler, soupire-t-elle en faisant tourner le liquide dans son verre. Peut-être le savez-vous déjà, mais le jour de leur audience pour la rupture des liens d'union, mon fils et le jeune Drago ont fait de leur mieux pour évacuer votre belle-fille du ministère. Or, sur le moment, l'endroit le plus sécurisé à leur sens était la Villa d'Oro.

Je sens la magie exercer une pression sur elle quelques secondes, la faisant légèrement grimacer de douleur puis tout redevient normal, comme si rien ne s'était jamais passé, ce qui me laisse dubitatif quelques secondes.

Jusqu'à ce que je me souvienne d'une chose primordiale : dans un cas comme un sortilège de Fidelitas, le sorcier n'étant pas le gardien du secret subit une sorte d'examen de conscience afin de définir si la personne à qui est révélé le secret est plutôt un allier ou un ennemi. Une sorte d'ultime moyen de protéger ce que l'on cache.

— Elle est chez vous ? soufflé-je en me passant une main passe sur le visage. Si Charlie l'apprend, je ne donne pas cher de la peau de votre fils…

Oh ! C'est même le moins que l'on puisse dire ! Charlie, dans toute sa manière étrange de tenir et aimer sa femme, est bien assez masochiste pour vouloir lui trouver un « amant » qui soit à la hauteur de ladite femme, or, pour lui, Blaise Zabini ne l'est pas, et le simple fait qu'il soit fou amoureux de la jeune Parkinson l'élimine d'office de cette catégorie…

— Pourquoi cela, Lord Weasley ? hausse-t-elle un sourcil interrogateur.

— Arthur, secoué-je la tête de fatigue face à tant de protocoles. Ou monsieur Weasley si vous ne souhaitez pas instaurer trop de familiarité entre nous…

— Dans ce cas, Arthur, sourit-elle faiblement, pourquoi mon fils serait-il en danger s'il rencontrait le vôtre ?

— Parce que Charlie recherche désespérément sa femme sur tout le globe depuis une semaine et qu'il semblerait qu'il ait atteint sa limite en ce qui concerne la patience, ces derniers jours…

Et il semblerait aussi que je sois devenu le roi des euphémismes cette semaine ! Bon sang ! Il a fallu que Bill et le jeune Nott l'enferment dans une cage de runes et lui fassent boire une potion de sommeil pour parvenir à contrôler la bête enragée qu'il était devenu !

À ce train-là, il est bien capable de kidnapper Harry pour être sûr qu'elle vienne le sauver et, ainsi, pouvoir la récupérer… Note à moi-même : prendre contact avec Bill pour savoir à quel niveau de stupidité en est son petit frère ces derniers jours et si le père de mon futur petit enfant est en sécurité au château…

Bon sang… Même de leur temps à Poudlard, les jumeaux ne m'ont jamais fait autant de cheveux blancs que celui-ci tout seul, et pourtant, eux, ils étaient deux ! Et ne parlons même pas de Ron qui s'est fait la belle pendant près d'un an avec Harry et Hermione pour sauver le monde !

— Puis-je, dans ce cas, supposer que votre fils soit attaché à la jeune Miss Granger ? me ramène à des questions bien plus terre à terre Giulia.

— Plus qu'attaché, si vous voulez mon avis, dis-je amèrement. Mais il ne le reconnaîtra jamais, pas même sous la torture… Ce petit à la tête plus dure qu'un Cognard…

— Dans ce cas, puis-je supposer que, si cette photographie lui parvenait de manière insidieuse, elle parviendrait à le faire réfléchir quelque peu ?

Elle ne cache pas son sourire en coin amusé lorsqu'elle met sa main à la poche de sa cape, et celui-ci s'agrandit d'autant plus lorsque mon regard doit très certainement tripler de volume au moment où mes yeux se posent dessus. Mais il y a de quoi !

Même si une couverture cache leurs corps, il ne fait aucun doute que, les deux personnes tendrement enlacées dans ce grand lit, nues, ne peuvent être qu'Hermione et, si mes suppositions sont exactes, Blaise Zabini ! Merlin… Et dire qu'il n'est même pas midi encore…

— Où avez-vous eu une telle chose ? soufflé-je, incrédule.

— Je l'ai moi-même prise, ce matin, en ne trouvant pas Miss Granger dans son lit pour le petit-déjeuner, sourit-elle en coin. Je me suis dit que si je parvenais à vous la faire donner à votre fils, peut-être que vous pourriez faire en sorte de lui mettre du plomb dans la cervelle !

Bordel ! Avec ce genre de clichés, ce n'est pas du plomb que je mettrais dans la cervelle de Charlie, mais plutôt des envies de meurtre par torture, et des tortures qui soient lentes, vicieuses, douloureuses et surtout extrêmement dégradantes !

— Cette chose pourrait déclencher une guerre dont votre fils ne sortirait pas indemne, Giulia, soupiré-je en secouant la tête. Vous devez comprendre que ces deux-là ont bien plus de fierté et d'égo mal placés que quiconque sur cette planète, même en comptant Lucius Malefoy de son vivant dans ce classement.

Merlin, oui ! À ce niveau-là, ce n'est même plus de fierté et d'égo dont il faudrait parler ! Cependant, j'ai aussi conscience que mon fils et sa femme utilisent ces deux traits de leur personnalité comme une sorte de bouclier contre le monde extérieur, pour que personne ne cherche réellement à gratter sous la surface, de peur de découvrir des choses qui pourraient les blesser si la personne est mal intentionnée…

— Écoutez, Arthur, soupire-t-elle à son tour. Puis-je être parfaitement honnête avec vous ?

— Allez-y, je vous écoute, hoché-je la tête.

— Même si j'apprécie énormément Miss Granger, comprenez bien que mon unique but dans la vie est que mon fils soit heureux, commence-t-elle. Et ce bonheur ne passe pas par cette jeune fille.

Même si son but est bien plus que louable, je sens tout de même mon épiderme se parer de chair de poule. Ce genre de phrases, combien de fois l'ai-je entendu par le passé ? Combien de fois a-t-elle été suivie d'un « c'est un traître à son sang » ? Bien trop souvent pour que je ne sente une pointe de colère m'envahir.

— En raison de son sang ? grimacé-je.

— Non, secoue-t-elle la tête, amusée. Parce que le bonheur de Blaise passe par Pansy, or, Miss Granger n'est pas Miss Parkinson même si son vocabulaire peut devenir tout aussi étendu lorsqu'elle se met en colère, je vous l'accorde !

C'est lorsqu'elle dit ce genre de choses que je me rends compte à quel point Keyla et elle peuvent être différentes. Si mon premier amour n'aurait pas forcément cherché à se défendre d'une telle accusation déguisée, pour la femme assise face à moi, c'est une question d'honneur que de ne pas me laisser croire à une insulte.

— Et encore ! Ris-je doucement. Vous ne l'avez jamais vu en colère contre Charlie ! Lors de l'une de leurs premières rencontres, elle l'a même traité de « salopard de putain de petite raclure incontinente pas même capable de retrouver ses couilles même avec un GPS ». Je ne sais toujours pas ce qu'est un GPS, mais je ne doute pas qu'il s'agissait d'une insulte !

— C'est un système de repérage par satellite dans l'espace, sourit Giulia doucement en finissant son Pur Feu. Les Moldus en ont presque tous un dans leur voiture.

— Fascinant ! soufflé-je, réfléchissant déjà au moyen d'en acquérir un, avant de me reprendre. Si vous savez que Charlie s'en prendra à Hermione et Blaise, pourquoi vouloir lui faire parvenir cette photo qui pourrait mettre le feu aux poudres bien plus vite qu'un Incendio ?

C'est même le moins que l'on puisse dire ! Charlie n'est pas un adepte de la vengeance, il préfère même, en général, régler ses comptes sans avoir à attendre et laisser son adversaire mouiller ses caleçons dans l'expectative de ce qu'il pourrait lui faire.

Néanmoins, si la personne à laquelle on touche est Hermione ? Nul doute qu'il ferait tout son possible pour que sa cible souffre longtemps et tout sauf en silence, pour qu'elle finisse par comprendre que l'on ne touche pas à ceux qu'il aime… Alors un jeune homme de moins de vingt ans…

— Parce que Blaise est assez âgé, maintenant, pour prendre ses responsabilités, gronde-t-elle. J'ai tenté de lui enseigner, à ma manière, comment il devait prendre soin d'une femme, mais il semblerait que, cette fois-ci, ce soit Miss Parkinson qui fasse de la résistance !

Avec les psychopathes qu'elle se traîne comme parents, la pauvre fille, je comprends qu'elle préfère prendre son temps et découvre la vie, maintenant qu'elle en est débarrassée, que de s'enfermer dans un mariage alors qu'elle n'a même pas ses ASPIC en poche !

— Nous ne savons que bien rarement ce qui est bon pour nous à cet âge, tenté-je de philosopher en haussant les épaules, désinvolte.

— Pourtant, Miss Granger semble avoir une très bonne idée de ce qui est le mieux pour Pansy et Blaise puisqu'elle a accepté que nous signions un contrat de fiançailles entre eux, ayant la certitude qu'un jour, leurs problèmes de communication s'apaisent, sourit-elle doucement.

Je reconnais bien là Hermione… Le cœur sur la main et prête à sauver le monde entier, si tant est qu'elle n'ait pas à faire face à ses propres peurs ou démons… Pourtant, une petite voix dans ma tête persiste et signe en me disant qu'il va bien falloir qu'un jour ou l'autre, Charlie et elle apprennent, eux aussi, la communication…

— Elle a souvent cette faculté de faire de son mieux pour que ceux qu'elle apprécie soient heureux, hoché-je la tête, parfaitement en accord avec elle.

— Vous savez, Blaise est un enfant résistant qui serait prêt à n'importe quoi si tant est qu'il trouve que la cause qu'il défend en vaux la peine…

Je veux bien la croire les yeux fermés sur ce point… Ces gosses, qui se sont battus le soir de la bataille finale, ont bien plus de cran et de ténacité que tous ceux restés bien sagement sur leur chaise, attendant que Harry leur sauve les fesses.

Je pense qu'il faut du courage pour accepter son destin tel que lui l'a fait, avec assez d'humilité pour ne pas vouloir que tout le monde sache qu'il était prêt à se sacrifier purement et totalement pour les sorciers, mais il en faut peut-être tout autant pour tourner le dos à des décennies de traditionalisme et une propagande de tous les instants comme le jeune Malefoy et ses camarades l'ont fait.

Ils ne seront peut-être jamais reconnus à leur juste valeur pour tout ce qu'ils ont fait, pour les vies qu'ils ont sauvées à cause de la marque qui ornera leur bras jusqu'à la fin de leurs jours, mais je ne doute pas une seconde qu'Hermione ou même Harry feront tout ce qui est en le pouvoir et même plus pour que ce jour arrive !

Et c'est peut-être ce qui fera pencher Charlie dans la rage la plus totale… Parce qu'Hermione n'a pas conscience, tout comme le jour de la seconde épreuve, de mettre toutes ses forces dans des combats qui dépassent, et de loin, ce qu'une jeune fille de vingt ans devrait mener. Elle n'a pas conscience de jouer avec sa vie comme James, de son temps, le faisait avec un Vif d'or pour épater la galerie.

Elle fait simplement ce qu'elle considère être juste, ne se souciant pas un seul instant des conséquences de ses actes ni même de la douleur et le désespoir qu'entraînerait sa perte pour nombre de sorciers… Elle est simplement trop entière pour que quiconque puisse parvenir à la changer.

— Cette simple photo enragera Charlie, c'est une certitude, mais pas assez pour qu'il prenne son courage à deux mains et enterrer son amour pour Tonks…, soupiré-je, réellement las à cet instant.

La ruse des Serpentard n'est plus à prouver, c'est un fait, mais lorsqu'elle me sort un rouleau de parchemin, ne masquant même pas la lueur de triomphe dans son regard, je sais que je me suis fait appâter comme un vulgaire première année…

— Et avec un article tel que celui-ci, votre fils agirait-il plus facilement ? hausse-t-elle un sourcil, souriant en coin doucement.

Curieux comme rarement dans ma vie, j'enlève le ruban entourant le parchemin, me plongeant dans un article digne de Rita Skeeter tout en restant d'une véracité incroyable sous couvert de demi-mesures et d'allusions à peine déguisées.

— C'est… je ne sais vraiment pas quoi dire, fais-je, soufflé. Vous ne mentez pas une seule fois, le tout en supposant des choses qui pourraient vraiment enrager Charlie ou la jeune Parkinson, et vous parvenez même à tourner en dérision l'attitude déplorable qu'ont eue les sorciers le jour de l'audience. Vous m'épatez, Giulia !

C'est le moins que l'on puisse dire ! Les piques à peine déguisées en défaveur du peuple anglais préférant prendre sa baguette contre des gosses, à peine sortis de l'adolescence et qui doivent encore subir les conséquences trop lourdes d'une guerre, plutôt que pour se défendre face à Voldemort et ses Mangemort.

Les allusions au fait qu'Hermione soit encore jeune, et même trop jeune pour s'enfermer dans une relation monogame avec un homme vivant à des milliers de kilomètres et la laissant donc, à la fin de l'année, seule face à tous les hommes de Grande-Bretagne.

Les révélations successives de l'amitié intermaison qu'elle s'est fait un devoir de renforcer, que ce soit par l'installation de Daphnée Greengrass au manoir Prewett ou encore les nombreuses fois où elle a pris la défense des Serpentard face aux autres maisons.

La mise en avant de son statut d'héroïne de guerre dont le divorce aurait dû être prononcé il y a moins d'une semaine et qui est donc, de ce fait, à nouveau un cœur à prendre. Oui, clairement, ce genre d'article pourrait déclencher une nouvelle guerre interne à Poudlard et, quelques instants, je regretterais presque de ne plus être, moi aussi, élève au château !

— Oh, vous savez, ce genre de choses, à Serpentard, nous l'apprenons dès la première année, lance-t-elle, son rire cristallin s'égayant dans le salon.

Bon sang… Si l'on m'avait un jour dit que j'aurais une conversation avec une Lady de la trempe de Giulia, qu'elle parviendrait à me faire commettre l'acte irréparable de donner mon accord pour la publication de cet article et qu'en plus nous trinquerions comme deux adolescentes gloussant dans nos dortoirs, je n'y aurais pas cru !

Et pourtant, le soir même, dans l'Édition Spéciale de Sorcière-Hebdo, en Une, la photographie s'étale sur toute la première page, accompagnant le titre tout aussi racoleur que ne l'est l'article en lui-même !

CW/HG * SDD * HG/CW

Charlie

Sortir de cette inconscience bienveillante dans laquelle j'étais plongé, à deux doigts du coma, est une torture bien trop douloureuse pour ma faible constitution de Dragonnier ayant délaissé ses petites bêtes à écailles dans leur habitat naturel depuis un an…

Mais le pire dans tout ça, c'est très certainement que, pour la toute première fois dans l'histoire de mes gueules de bois, je ne me souvienne de presque rien de ce qu'il s'est passé la nuit dernière, ni même du lieu où je serais en ouvrant les yeux.

Réfléchi, Charlie, que s'est-il passé hier ?

Des bribes de souvenirs me reviennent lentement en tête, que ce soit la certitude que j'ai eue, en quittant ma chambre, le matin, de voir Granger et Malefoy quitter la salle de bains, très courtement vêtu, l'espace de quelques secondes suivit de la colère lorsque Fred m'a interrompu avant que je ne puisse aller la rejoindre, pour une question vitale, d'après lui…

Puis l'arrivée dans la Grande Salle et les chuchotements sur mon passage qui ont continué toute la journée jusqu'à ce que le petit Zyklonys, visiblement devenu porte-parole — ou bien souffre-douleur, tout dépend du point de vue — des élèves de tout ce château, lorsqu'il est venu me demander si ce que racontaient Sorcière-Hebdo et La Gazette était vrai.

La douleur, la colère et la haine qui m'ont violemment traversée lorsque, parvenant à subtiliser l'hebdomadaire d'une Kat restée pantoise sur son fauteuil dans la salle commune pour la première fois de sa vie certainement, j'ai pu voir la photo de ma femme et de ce crétin d'Italien, nus et enlacés dans un lit, en première page.

La fureur et la trahison qui ont déferlé lorsque, pris d'une brusque montée de rage, j'ai traversé violemment le château, défonçant les grandes portes et dévalant le parc jusqu'à ce qu'une cage de runes m'enferme aux abords du lac noir.

La douleur intense et l'envie de crever qui m'a pris lorsque j'ai compris que j'ai trop attendu, que si je lui avais dit ce que je comptais lui dire, ce jour-là, dans les vestiaires, alors elle ne serait pas en train de batifoler en Une de Sorcière-Hebdo.

La rage dévastatrice lorsque Nott et Malefoy sont apparus dans mon champ de vision en compagnie de Kat et de Bill, celui-ci venu passer la journée avec George et moi pour tenter de nous remonter le moral, mais qui n'ont pu que supporter les décharges de magie que j'envoyais à tour de bras dans ma putain de cage comme un animal enragé.

La peur qui m'a submergé, l'espace d'une seconde, lorsque j'ai vu Zyklonys s'envoler violemment, pour la seconde fois de la semaine, dans le lac noir après avoir été percuté par l'un de mes sorts, allant patauger avec le calmar géant pendant dix bonnes minutes.

Dans ses yeux, tout ce que je voyais, c'est le reflet de celui de milliers d'autres enfants, le jour de la seconde tâche, lorsque j'ai perdu le contrôle de la terreur qui me tenaillait lorsque je l'ai vue, elle, étendue sur le sol gelé de la Grande Salle, les yeux grands ouverts, une larme dévalant sa joue.

Je sens mon rythme cardiaque s'emballer et une goutte de sueur me couler dans le dos, mais, presque immédiatement, d'autres souvenirs de la nuit précédente me reviennent, sous forme de flashs indistincts et sans grand rapport entre eux jusqu'à ce que je comprenne le tout.

Je me vois quitter en catimini l'infirmerie et prendre les passages secrets pour rejoindre Pré-au-Lard puis Les Trois Balais, commander une bouteille de Pur Feu et m'installer dans un recoin sombre de l'auberge.

Le flash suivant me montre en train de consoler une Pansy Parkinson pleurant toutes les larmes de son corps à grand renfort de mouchoirs et de larmes de mascara, jeter un Incendio au magazine et descendre l'équivalent de son poids en alcool tandis que je l'accompagne « joyeusement » dans sa chute aux enfers.

Je me vois ensuite aller demander une chambre à Rosemerta et conduire la jeune fille dans un lit, lui enlever ses chaussures et la border avant de redescendre dans la taverne, noyant mes problèmes dans ce qui a très probablement conduit à ce que, présentement, je ne porte plus qu'un caleçon…

Merlin ! Faites que je ne me sois pas vomi dessus aux Trois Balais… Par pitié, je vous en supplie, faites que je ne me sois pas ridiculisé à ce point… Ou bien faites que ce soit Bill qui m'ait retrouvé dans cet état d'ébriété avancé et non McGonagall, sinon je peux dire adieu à mon job…

Néanmoins, les flashs ne s'arrêtent pas là et me vient enfin une image moins précise, mais parfaitement perturbante d'une longue chevelure blonde tenant deux verres dans la main, une voix sensuelle me chuchotant à l'oreille.

— J'ai de quoi continuer la soirée dans ma chambre.

Je me vois alors attraper sa main tendue et la suivre au second étage de l'auberge après avoir descendu le verre, la plaquant durement contre la porte en bois de sa chambre lorsqu'elle me fait pénétrer dedans, toutes pensées rationnelles me quittant pour ne plus garder à l'esprit qu'une seule chose : rendre à Granger la monnaie de sa pièce et prendre mon pied avec cette fille, peu importe son nom…

Je me souviens avec horreur l'avoir entendu crier pendant des heures son plaisir tout en fermant les yeux, l'image incroyablement persistante d'Hermione se fixant derrière mes rétines jusqu'à croire qu'il s'agissait d'elle.

La sensation d'apaisement et de plaisir mêlé à du bonheur lorsqu'en ouvrant les yeux, c'est son visage à elle que j'ai vu et cette stupide larme qui a quitté mes yeux lorsque j'ai joui avant de m'évanouir, n'emportant dans mon sommeil que cette fragrance de fleur piquante et boisée qui me rappelait quelque chose, mais dont il m'était impossible de remettre le doigt dessus et cette traînée de cheveux blonds dans son sillage…

— Ça y est, la belle au bois dormant ? Enfin réveillée ?

Mes yeux s'ouvrent d'un coup comme si je venais de me prendre un Doloris dans les parties, mon corps se redresse immédiatement en position assise — mettant mon estomac au supplice dans le processus — une grimace d'épouvante me barrant les traits.

Oh putain de bordel de merde ! Tout, mais pas ça ! Faites, par pitié, que je n'ai pas fait ça ! Elle ne me le pardonnera jamais si c'est avec elle que j'ai couchée cette nuit !

— Kat ? chuchoté-je, les yeux exorbités par la peur.

Là, c'est sûr, je peux faire une croix sur toutes tentatives de réconciliation avec ma femme…


(la suite, au prochain épisode, les enfants ! 😉 )


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Je vous dis donc au samedi 9 octobre pour la première partie du chapitre 36 intitulé : « Vérités et faux semblants » !

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous, soyez prudents et gardez vos amis et vos familles en sécurité,
Bisou,
Mya.