1ère année : Noël

Aujourd'hui était un jour très spécial pour tous les sorciers : Noël était enfin arrivé ! Dans la totalité du Royaume-Uni, que l'on soit Moldu ou issu de n'importe quel sang, les familles se ressemblaient pour fêter ce jour fabuleux tandis que les enfants trépignaient d'impatience à l'idée de découvrir leurs cadeaux tant souhaités. Hermione et ses parents n'échappaient bien sûr pas à la règle ! La jeune fille avait été si heureuse de les retrouver, eux et sa petite maison. Ce sentiment de manque avait enfin disparu définitivement de son cœur lorsqu'elle avait posé sa seule valise dans la chaleureuse entrée qui avait marqué son enfance. Sentir les baisers de son père sur son front et le parfum fleuri de sa mère lors de leurs retrouvailles avait surement été l'un des plus émouvants moments de sa courte vie. Ici, tout respirait le calme et aspirait à la sérénité. Hermione remarqua qu'en s'éloignant, cela lui avait permis de vraiment comprendre la valeur et l'importance d'un foyer et de ses parents. Partir pour mieux revenir, comme disait le dicton !

Pourtant cela n'empêchait pas ce léger pincement au cœur, ressenti à la simple pensée de ses amis réunis pour Noël à Poudlard. En effet, Harry et les enfants Weasley passaient ensemble leurs célébrations, ne pouvant ou ne voulant retourner chez eux. Heureusement elle n'avait pas oublié d'envoyer par chouette ses cadeaux, un spécialement trouvé pour chacun. La brunette aimait plus que tout faire plaisir aux gens qu'elle aimait et voir briller la joie dans leurs yeux représentait le plus beau des présents pour Noël. De plus, elle savait très bien que c'était la première fois qu'Harry aller en expérimenter un vrai, entouré d'amour et de bonheur.

Descendant doucement les escaliers, elle vit son père attablé à la table du petit déjeuner avec seulement un journal dans les mains et une assiette bizarrement vide devant lui. Intriguée, la jeune fille allait lui en demander la raison en entrant, lorsque son père, comme muni d'un sixième sens, leva son nez des pages noircies et froissée et lui envoya un doux sourire.

- Ah, la belle aux bois dormants est enfin réveillée ! Je commençais vraiment à me dire que tu avais testé une expérience magique mal tournée la veille, lui lança-t-il avec un sourire taquin.

- Merci pour ta sollicitude mon cher Papa, lui répondit-elle en souriant. Elle se dirigea vers lui et vint se blottir dans ses grands bras ouverts à son égard. Restant ainsi quelques instants, profitant de cette étreinte paternelle réconfortante qui pouvait faire oublier tous soucis, tous chagrins, Hermione releva sa tête pour lui chuchoter Joyeux Noël tandis qu'il caressait tendrement sa tignasse emmêlée.

- Mia ! Tu es descendue ma chérie ! Je commençais à m'inquiéter. Viens donc t'assoir pour que l'on puisse profiter de ce petit déjeuner tous les trois ensembles.

Hermione tourna sa tête et vit sa mère avancer les bras chargés d'assiettes à l'aspect délicieux et dont les odeurs répandaient une envie pantagruélique, manifestée par les soudains grondement de son estomac. Elle se dépêcha d'aider sa mère, qui l'embrassa tendrement et lui souhaita un Joyeux Noël d'une voix douce. Devant elle, sur la table vêtue d'une nappe blanche étincelante réservée aux grandes occasions, se dressait une multitude de plats de tous les horizons, cuisinés par mère avec amour. Son père émit un petit rire sarcastique :

-Tu sais, mon amour, je n'ai pas invité l'équipe de rugby pour le petit déjeuner ce matin. Bien que tout ait l'air délicieux, je doute que nos trois estomacs puissent ingérer plus d'un tiers de ce que tu as cuisiné.

- William ! s'exclama-t-elle en rougissant. Je me suis dit que pour les premières vacances de Noël d'Hermione à la maison alors qu'elle est à Poudlard, il fallait marquer l'occasion.

- Merci Maman ! Tu n'avais pas besoin de faire tout ça ! Je suis déjà comblée par l'idée de passer ce moment spécial avec vous.

Hermione se leva pour embrasser sa mère, dont les yeux commençaient à mouiller moins discrètement qu'elle ne l'aurait voulu. Sa petite fille adorée lui manquait tellement et elle voulait lui offrir les meilleurs souvenirs possibles à chaque fois qu'ils pourraient se retrouver. William contempla les deux choses les plus importantes de sa vie et se fit la promesse mentalement de les protéger à jamais, elles et se lien si particulièrement honnête et fusionnel qu'ils entretenaient avec leur unique fille.

-Maintenant mangeons !

Ils éclatèrent tous de rire lorsque le ventre d'Hermione retentit pour donner son accord. Ils passèrent ainsi toute la matinée réunis autour de cette petite table croulant de merveilleux plats, profitant simplement de la compagnie de chacun. Les minutes défilèrent donc accompagnées de rires, de gémissements de plaisir et d'amusantes discussions. Lorsqu'ils eurent enfin fini de manger et de débarrasser la cuisine, l'heure d'ouvrir les cadeaux arriva enfin au plus grand bonheur de la brunette. Chaque Noël, elle avait pour habitude de s'endormir vêtue d'un plaid au pied du sapin, les yeux autant perdus que ses pensées dans les lueurs lumineuses qui semblaient danser dans les branches éperdues du conifère, les guirlandes scintillantes et les boules de verre. A la lueur des bougies, la fillette laissait son imagination s'évader, protéger par l'ombre rassurante de l'arbre : bien souvent, avant d'apprendre sa vraie nature, elle avait passé ses veillées à se dessiner avec des pouvoirs magiques, combattant contre des ennemis imaginaires et répandant la joie dans le cœur des gens.

Maintenant qu'elle était réellement une sorcière, Hermione contemplait ce sapin déguisé avec le sourire attendri d'un parent qui contemple son enfant découvrir les cadeaux d'un certain bonhomme en rouge et blanc. Les spirales de son imagination avait pris vie alors quoi donc souhaiter de plus ? Pourtant Hermione avait bien pensé avant de s'endormir dans son coin habituel. Elle s'était autorisé à laisser son cœur s'exprimer, sans jugement ni peur. La brunette s'était dessinée adulte, grande sorcière accomplie, entourée de ses amis et de ses parents, fiers d'elle. Puis une pensée était survenue, la prenant bizarrement de court : elle aurait bien aimé que Fred et George soient là, assis à côté d'elle, la faisant rire, lui racontant des anecdotes délirantes ou simplement s'appuyant chacun sur l'autre, laissant le silence apaiser la folie des festivités. Ne voulant pas y penser plus, Hermione avait enfermé cette précieuse vision dans le coffre secret de ses pensées, puis s'était laissée emporter par Morphée.

-Hermione tu ne veux pas ouvrir tes cadeaux ? lui demanda la voix grave de son père, ramenant soudainement la brunette à la réalité, c'est-à-dire les huit formes emballées plus ou moins bien qui trônaient près de sa paire de bottines.

- Huit ? questionna-t-telle, en se tournant vers sa mère qui sourirait, le sourcil relevé et la mine interrogatrice. Je ne me souviens pas d'avoir autant demandé au Père Noël, et puis pour être honnête, je n'ai pas été la plus obéissante des enfants.

- Eh bien des chouettes ont comme qui dirait contribué à cette pile, ma chérie, répondit-elle en rigolant, tandis que son père la regardait en fronçant les sourcils.

- Des bêtises peut-être à nus faire part ?

- William Richard Granger ! Laisse donc ta fille tranquille pour qu'elle puisse profiter de son Noël tranquille, le tança aussitôt sa femme alors qu'Hermione tentait de disparaitre sous son rideau de cheveux endiablé. Ce n'est pas comme si tu n'avais pas fait toi-même quelques idioties pendant ton adolescence. Si je me souviens bien, il était question d'une histoire de boîte aux lettres et d'urine, me semble-t-il ?

- Humpf, grogna-t-il en toute réponse, se retournant vers sa propre pile de cadeaux, soudainement très intéressé par leur contenu.

- Boite aux lettres ? Urine ?

- Hum disons que ton père n'était pas aussi innocent qu'il tente de te le faire croire lorsqu'il avait ton âge. Lui et son meilleur ami étaient réputé pour faire les quatre cent coups ensemble. Le cauchemar des professeurs pour être honnête.

- Et toi alors maman ? Quel type d'élève étais-tu ?

- Certainement pas comme ton père, sourit-elle, le regard perdu dans ses souvenirs. J'étais plutôt du type premier de la classe, perdue dans mes bouquins et mes pensées.

- Mais comment avez-vous accroché alors, si vous étiez si opposés à l'école ? s'exclama Hermione, sachant que ses parents représentaient l'un pour l'autre le premier et dernier amour de leur vie. Elle avait grandi avec un couple affectueux, qui n'avait pas de problème pour témoigner son affection et qui semblait être amoureux un peu plus chaque jour. De quoi lui donner des standards plutôt élevés, même si elle était bien consciente que cette situation représentait plus l'exception que la règle.

- Il a voulu me piéger mais j'ai été plus intelligente que lui et je me suis vengée.

- Je suis tombé follement amoureux de ta mère à la minute où elle m'a donné une claque. Sacré coup d'ailleurs ! intervint son père en se caressant la mâchoire et enlaçant sa femme avec adoration.

- Tu as frappé Papa ?! cria aussitôt Hermione, les yeux béants et la bouche grande ouverte.

- Oh crois-moi il l'avait bien mérité ! Puis il a décidé de me se séduire mais pour être honnête, il était bien compliqué de lui résister malgré la grosse carapace dont je m'étais entourée. Tu te souviens Willy lorsqu'on a décidé de devenir officiels ?

- Oh oui, dit-il en réprimant un rire, les têtes choquées aussi bien des élèves que des profs font encore parties de mes meilleurs souvenirs d'école.

- Il faut dire qu'on n'avait absolument rien en commun, des complets opposés ! Enfin bref ma Mia, pour te dire que dans la vie rien n'est ce qu'il parait être. Réserve ton jugement lorsque tu rencontres de nouvelles personnes et apprend à envisager toutes les faces d'une situation avant de prendre une décision. Je souhaite que tu rencontres cette personne qui t'énervera et t'amusera en même temps autant que ton père le fait pour moi.

- Hum faudra déjà qu'elle survive à mon interrogatoire.

- Ne dis pas ça sinon elle ne nous présentera personne, William ! Bref ouvrons donc ces cadeaux avant qu'ils ne disparaissent comme par magie, lança Meredith Granger avec un clin d'œil pour sa fille qui contemplait toujours ses parents avec un mélange d'incrédulité, d'affection et d'amusement.

Devant Hermione se dressaient donc huit formes aux apparences bien différentes : elle devina tout de suite les deux premiers cadeaux, l'un de ses parents et l'autre de ses grands-parents, étant respectivement un énorme livre intitulé Légendes et Mythes qui regroupait toutes les créatures imaginées par les Moldus qui existaient vraiment dans le monde sorcier, puis une couverture de laine toute douce, tricotée avec soin par sa grand-mère, ainsi qu'une boite de savoureux cannelés faits maison. Puis elle découvrit avec une agréable surprise, un pull doré, brodé de fleurs s'entrelaçant, de la part de Mme Weasley ainsi qu'une invitation à passer les prochaines vacances avec eux. Hermione laissa échapper un sourire à cette pensée plaisante, et passa ensuite au paquet suivant, emballé à la va vite et complètement écrasé. La brunette reconnut l'écriture brouillée d'Hagrid sur la carte de vœux, qui était accompagnée d'un livre sur les plantes magiques rares et un sachet de biscuit bien trop dure pour ses pauvres petites dents. Cette attention la toucha et elle se fit note de lui répondre rapidement avec cet assortissement de chocolat Moldu qu'il aimait tant.

Enfin elle arriva devant les quatre derniers paquets qui comme elle s'en doutait provenait de ses quatre sorciers préférés. Celui d'Harry contenait une boîte de bonbons Moldus dont il savait qu'elle n'avait jamais eu l'autorisation de tester ainsi qu'une photo encadrée de leur petit trio juste après le premier match de Quidditch, sourire aux lèvres. Le suivant, provenant de Ron, était un sachet de Plume à sucer saveur réglisse, sa préférée, accompagné d'un livret sur les échecs version sorcier. Ron y avait glissé une note qui lui disait « Etudie bien parce qu'à la rentrée, je t'y défie ! ». Laissant échapper un éclat de rire, Hermione secoua la tête et passa à l'avant-dernier cadeau, celui des jumeaux. D'après leur carte, la brunette avait la chance d'obtenir en avant-première l'un de leur gadget spécial Weasley, un Parchemin enchanté qui s'allonge à mesure que l'on écrit dessus, rectifie les fautes d'orthographe et efface les ratures lui-même. Hermione sourit en pensant aux deux roux, ils la connaissaient vraiment bien, elle l'adepte des longues dissertations. Elle se souvint alors s'être plainte de perdre son temps à relire ses devoirs pour repérer la moindre faute ou tâche qui gâcherait la perfection de son parchemin. Ils s'étaient vraiment bien débrouillés sur ce coup-là !

Maintenant il ne restait plus qu'un paquet devant, minutieusement emballé d'un papier mauve, sa couleur préférée. Et Hermione se demandait bien qui en était l'envoyeur. Elle l'ouvrit avec curiosité et découvrit un magnifique médaillon représentant un lion rugissant, brillant aux couleurs rouge et or. Sur la carte, elle put y lire « Joyeux Noël ma petite lionne ! Je voulais te faire ce cadeau pour te montrer combien tu comptes pour nous, pour moi, et je veux qu'à chaque fois que tu le regardes, tu y vois la marque de ton appartenance légitime à notre Maison, preuve de ton courage, ta gentillesse et ta détermination. J'ai hâte de te revoir Mionne ! Merci pour les cadeaux et à la rentrée ! »

Refermant la carte, la Gryffondor sentit le rouge s'étendre sur ses pâles joues. Une étrange chaleur inconnue se répandit au creux de son estomac. Bien sûr qu'un cadeau en plus faisait plaisir, mais le fait que Fred ait spécialement pensé à elle faisait naitre en elle des sensations effrayantes et enivrantes. Mais Hermione était bien trop jeune pour comprendre le réel sens de ce petit pincement qui ne faisait qu'augmenter au fil des jours. Fred était son ami, le jumeau de George, le grand frère de Ron, son protecteur.

De l'autre côté du pays, à la même heure une tête rousse s'était isolé en haut de la Tour d'Astronomie pour un peu de solitude, gardant précieusement au creux de ses bras un paquet enveloppé d'un joli papier bleu nuit. Fred Weasley, puisque c'était lui, avait eu la surprise de trouver au milieu de ses cadeaux ce petit bout de la voute étoilée. Et l'étonnement en avait été encore plus grand quand il avait compris de qui il provenait. La gentillesse attentive de sa petite lionne avait encore fait des merveilles : Fred, même s'il ne s'en était jamais plaint, était assez agacé de ne recevoir que des cadeaux pour deux. Même si George était sa moitié, il n'était pas lui. Eh oui les frères Weasley n'étaient pas toujours parfaitement raccord et chacun avait besoin de sa propre spécialité, une chose uniquement à l'un ou l'autre, qu'ils gardaient précieusement pour eux. Hermione avait bien remarqué qu'en plus de ne pas différencier les deux garçons, ils représentaient dans l'esprit de la majorité des gens une seule et unique personne. Cet avis était pour elle indubitablement faux, puisqu'elle apprenait tous les jours à les connaitre et une petite différence venait alors s'ajouter à la liste à la fin de la journée. La brunette avait donc de faire deux cadeaux et non un seul pour Fred et George, afin de les satisfaire personnellement.

C'est pourquoi Fred avait gardé ce petit paquet comme son trésor le plus précieux et après avoir fêter comme il se doit une matinée de Noël, il était parti seul, prêt à découvrir sa surprise. Pour être honnête, il se fichait bien du contenu dans le sens que peu importe l'objet, il serait juste heureux qu'Hermione ait pensé à lui. Le roux ouvrit donc délicatement le paquet et découvrit un carnet à la couverture enchantée. Il se mit à sourire pleinement, tirant imaginairement son chapeau à la jeune Gryffondor. Quelques semaines plutôt, elle avait remarqué ses doigts tachés de couleurs. Curieuse comme elle était, Hermione s'était empressée de demander de quoi il en retournait et Fred lui avait confié qu'il adorait dessiner, peindre ou croquer ce qui se trouvait sous ses yeux. Malgré son insistance, il ne lui avait cependant pas montré ses œuvres. A vrai dire, il ne les avait montrés à personne, non peur mais par intimité. Ces dessins étaient des morceaux de ses rêves, de lui-même, tellement personnels qu'il n'imaginait pas un jour pouvoir les montrer à quelqu'un. Dans tous les cas, ce carnet permettait aux dessins de prendre vie et la couverture représentait alors l'univers de l'artiste. Ce n'était pas spécialement un objet rare ou cher, mais Fred n'avait jamais osé en demander un, voulant éviter absolument les questions. Hermione avait touché juste, pile là où Fred était le plus naturel et expressif quant à ce qu'il se passait en lui. Décidément cette petite fille brune était vraiment quelque chose, pensa-t-il en redescendant les escaliers pour rejoindre sa famille, un sourire énorme pendant aux lèvres.

Les vacances touchaient à leur fin et Hermione avait pu passer de longs moments avec ses parents, se créant des souvenirs mémorables. Complétement ressourcée, elle était prête à rentrer à Poudlard et avait hâte de revoir ses amis. L'échange de chouette, c'était plutôt pratique mais ça ne remplaçait pas complétement la réalité physique. Arrivée à la gare avec ses parents pour cette fois-ci, elle s'arrêta devant la barrière magique de la voie 9 ¾ et se retourna pour dire au revoir. Son père examinait avec intérêt le mur, un peu sceptique sur la façon d'entrer dans le monde des sorciers. Quant à sa mère, elle regardait sa fille avec une expression d'amour mélangée à du regret. Dire qu'Hermione allait leur manquer était un euphémisme ! La seule chose qui la rassurait était ce sourire enthousiaste qui ne quittait jamais les lèvres de la petite sorcière lorsqu'elle parlait de Poudlard. Au fond de son cœur, Meredith savait que sa fille adorée se sentait enfin à sa place dans ce château et qu'il n'y avait pas aucun autre endroit où elle pourrait murir aussi tranquillement, entourée d'une bulle d'affection et d'acceptation.

- Bon…le train ne va pas tarder.

- Hum tu as raison ma chérie. Il est temps d'y aller. Couvres-toi bien cet hiver et envoie-nous une lettre dès que tu es arrivée, ok ?

- Ne l'étouffe pas trop, Mer, lança son père quand sa femme enlaça Hermione, la pressant fortement contre elle. Mia, je doute toujours de cette entrée soi-disant magique. J'espère que tu ne vas pas te prendre le mur en pleine tête.

- Papa !

- Je rigole, ma chérie, je rigole ! Quoique…

Ils s'embrassèrent tous une dernière fois, profitant de cette embrassade finale qui n'aurait plus lieu avant un bon moment. Hermione prit une grande inspiration, puis se saisit de sa valise et se dirigea d'un pas ferme vers le mur de briques rouges. Autour d'elles, les gens défilaient sans leur prêter attention, cherchant à attraper leurs trains avant l'heure de départ sonne. Elle se retourna dans un dernier sourire vers ses parents, puis traversa le mur sans hésitation, débouchant sur la familière voie 9 ¾. Toujours aussi bruyante et pleine de vie, les élèves de Poudlard se massaient sur le quai dans un brouhaha cacophonique et familier aux oreilles de la jeune fille.

Souriant à ceux qu'elle reconnaissait, Hermione grimpa dans le train, réussissant à soulever sa valise sans difficulté cette fois-ci. Elle trouva rapidement un wagon vide à l'arrière du train et s'installa confortablement sur la banquette, un livre à la main. Enfin le silence et la tranquillité, pensa-t-elle, profitant de cette soudaine solitude. Une dizaine de minutes plus tard, des secousses se firent sentir et le train se mit doucement en action. A la fenêtre, l'on pouvait apercevoir les familles inquiètes agiter leurs mains et essuyer leurs yeux, rapetissant à chaque seconde. Et bientôt, ils ne furent plus que des sombres formes dans le vent, aussi minuscules qu'un grain de sable sur la plage.

-Hey Hermione ! Désolé de te déranger mais est-ce que je peux m'assoir ici ?

Elle releva la tête de son livre et aperçut un jeune garçon dans l'encadrement de la porte, habillé de vêtements Moldus. Ne le reconnaissant pas, la brunette releva un sourcil, interrogatrice.

- Euh oui bien sûr.

- Merci, lui répondit-il avec un grand sourire. Anthony, Anthony Goldstein. Je suis avec toi en Histoire de la Magie. Mais bon, je te n'en voudrais pas si tu ne me reconnais pas. Ses cours sont tellement rébarbatifs que je n'arrive pas à rester éveiller jusqu'à la fin.

Hermione réprima un éclat de rire, ne voulant pas se moquer d'un Professeur, même si ce qu'Anthony venait de décrire était entièrement vrai. Ils discutèrent ainsi pendant tout le trajet, partageant fous rires et anecdotes amusantes. Le blond avait un sourire franc très communicatif et un esprit vif qui semblait toujours trouvé quelque chose d'intéressant à dire. Il lui décrivit comment la vie à Serdaigle se déroulait et elle en fit de même pour sa propre Maison. Ils avaient finalement pas mal de choses en commun. Sa mère étant Moldue, il avait grandi sans vraiment la présence de la magie autour de lui. Même s'il ne connaissait les grands traits, le monde des sorciers lui était autant inconnu qu'à elle. Ils sortirent finalement tous les deux du train, laissant leurs bagages, et prirent la direction du château. Ils étaient bientôt midi, et la majorité des élèves se dirigeaient vers la Grande Salle pour y prendre leur repas. Les deux premières années suivirent le mouvement, toujours plongés en pleine discussion, si bien qu'elle ne remarqua pas les signes de la main que lui adressaient ses deux meilleurs amis, déjà attablés et prêt à dévorer leurs repas.

-Bon commençons sans elle, Harry. Elle nous rejoindra quand elle aura fini sa discussion.

- Tu es vraiment un estomac sur patte Ron ! Dans tous les cas, je l'attends.

- Hum, tu fas chui pacher du Mi'oi' du 'iched ? lui demanda son ami, la bouche pleine.

- Hein ?

- Tu vas lui parler du Miroir du Rised ?

- Je…

- Bien le bonjour à nos premières années préférées, l'interrompit un certain George Weasley d'une voix joyeuse.

- Quelles cachoteries étiez-vous en train de faire ? demanda son jumeau Fred, un sourire taquin au coin des lèvres.

- Rien du tout. On parlait simplement d'Hermione, c'est tout, répondit rapidement Harry, en lançant un regard d'avertissement à son meilleur ami, qui continuait toujours d'enfourner son repas à une vitesse hallucinante.

- Oh, notre petite lionne n'est pas encore arrivée ?

- Si, mais elle discute encore avec le même Serdaigle, donc je l'attends pour manger. Ce que Ron n'a pas pu réussir à faire, constata le brun en observant le troisième Weasley qui se resservait allègrement.

- Un Serdaigle ? Qui donc ? questionna Fred, le sourcil relevé. Il se tourna vers son jumeau qui haussa les épaules, signe qu'il ne savait pas lui non plus de quoi il en retournait.

- Yep. Elle est là-bas, indiqua alors Harry du bras l'endroit où Hermione et son camarade étaient encore en train de parler, près des immenses portes de la Grande Salle. Je crois bien que c'est Anthony Goldstein, hein Ron ?

- Ouais, on a Histoire de la Magie ensemble.

- Georgie, tu penses à ce que je pense ?

- Voyons Freddie, comment ne pas penser à ce que je pense que tu penses que je pense !

Les jumeaux se détournèrent des deux Gryffondors avec un dernier clin d'œil et se pressèrent rapidement en direction de la jeune fille et son nouvel ami. Ils s'approchèrent discrètement d'elle et d'un coup, la saisirent, l'un par les épaules, l'autre par la taille, puis s'enfuirent en courant. Hermione n'eut pas le temps de réagir, qu'elle était déjà bien loin, retenue prisonnière par deux paires de bras familières. Elle leur cria de la poser mais bien sur les jumeaux n'en firent qu'à leurs têtes et ce n'est seulement sortis du château qu'ils la reposèrent en riant. Elle aurait voulu être en colère contre eux et leur imbécilité mais les voir aussi contents de leur petite blague lui donnait simplement le sourire.

- Pff, vous n'êtes vraiment que des idiots, les réprimanda-t-elle, avant de les serrer dans ses bras chacun leurs tours. Mais des idiots qui m'ont manqué, je l'avoue !

- Toi aussi Mionne, s'exclamèrent-ils en cœur, heureux de retrouver leur petite protégée.

- Alors qu'est-ce que j'ai manqué ?

Et ils repartirent tous les trois, Hermione encadrée de ses deux gardes du corps roux, discutant chacun de leurs vacances, vers la Grande Salle, tandis que dehors, dans le grand Parc de Poudlard, un léger flocon de neige venait tout juste d'atterrir délicatement sur la cime du Saule Cogneur.