1ère année : tous contre Rogue
Les cours avaient repris de bon train pour nos chers écoliers : Hermione, Harry et Ron naviguait entre les cours, l'optique des examens et surtout leurs recherches sur Nicolas Flamel et sa Pierre Philosophale. Depuis que la jeune sorcière avait réussi à trouver son identité, impossible de se l'enlever de la tête : le trio était presque sûr que Dumbledore avait caché cette précieuse pierre sous la mystérieuse trappe que gardait Touffu, dans le couloir interdit du troisième étage. Mais pourquoi, telle était la question qu'ils se posaient tous. Outre leurs interrogations sur cette énigme étrange, l'équipe de Quidditch avait appris récemment que le prochain match qu'ils joueraient contre Poufsouffle serait arbitré par le seul et l'unique Severus Rogue lui-même ! De quoi angoisser Harry, qui n'avait pas forcément gardé que de bons souvenirs de son premier match sur balais. Hermione, elle-même, avait vraiment peur pour son ami qui serait complétement à découvert sur le terrain, et dans cette situation-là, impossible pour la jeune fille de pouvoir le protéger. Elle ne pourrait certainement pas envoyer un sortilège sur l'arbitre sans se faire repérer.
Bref, toutes ces diverses pressions s'accumulaient dans sa tête et sur ses frêles épaules, ne laissant qu'une minuscule place à l'oxygène nécessaire pour fonctionner. Rien que de penser aux examens, à Harry puis à la Pierre Philosophale et pourquoi leur Maitre de Potions la voulait, Hermione en avait la tête qui tournait et sentait d'ailleurs venir prochainement la crise de nerf. Heureusement que ses amis étaient présents pour la divertir de ses pensées et lui apporter un peu de joie au quotidien. Son problème était clairement de trop penser : son cerveau ne connaissait pas le mot « pause » et tournait toujours à cent à l'heure. C'est pourquoi la jeune fille avait toujours tendance à intellectualiser ce qui lui arrivait, ne profitant pas toujours du moment présent il y avait dans sa tête une petite voix qui bourdonnait éternellement, l'empêchant de goûter au silence paisible. Bien sûr, ce n'était pas entièrement un défaut puisque c'est son cerveau qui lui permettait d'être excellente en cours, de posséder cette maturité un peu trop avancée pour son âge ou bien d'avoir ce sens de l'observation aigu, qui l'obligeait à faire attention au moindre détail. Hermione se demandait d'ailleurs comment les autres fonctionnaient, si elle représentait plus une minorité que la majorité.
La jeune Gryffondor était actuellement parti réviser son cours de Métamorphose, initialement à la Bibliothèque, mais comme celle-ci avait été soudainement prise d'otage par des dizaines d'élèves, Hermione avait dû se résigner au seul endroit où elle pourrait être enfin tranquille et déambuler à souhait : le Parc du château. En effet, la plupart des élèves ne sortait pas trop les soirs d'hiver, à cause du froid et du manque de lumière qui pouvait parfois paraitre effrayant selon l'emplacement où l'on se trouvait. Ainsi la brunette était assise en tailleur sur l'un des nombreux bancs en pierre du parc, protégée par l'épais feuillage d'un conifère qui s'étendait en une multitude de branches noueuses au-dessus de sa tête.
Pour ne pas finir aussi congelée qu'un glaçon et pouvoir voir un minimum les alentours, Hermione avait réussi par un sortilège à enfermée une flamme bleutée dans un bocal en verre, qui répandait une douce chaleur réconfortante nécessaire malgré les différentes couches de vêtements dans lesquels la sorcière s'était complétement emmitouflée. Heureusement il n'y avait aucun vent glacial pour lui cingler à la figure ou de pluie enneigée prête à la recouvrir entièrement du bonnet rouge aux bottes de cuir noir. Devant la jeune fille, se dressait le château dans toute sa majesté, avec ses grandes tours effilées qui se découpaient sur le ciel bientôt assombri par la nuit, ses toitures pittoresques encore vêtues de blanc et la foule infinie de fenêtre illuminées qui brillaient fortement au loin, dansant dans l'horizon. A côté d'elle, le lac s'étendait en une vaste surface gelée d'où s'envolaient gracieusement des volutes de fumée polaires, presque cristallisés par le froid, tandis que derrière Hermione, la Forêt interdite reposait, sombre masse informe et impressionnante, formant un large rempart dangereux, qui clôturait le parc.
Ron n'avait pas voulu venir lorsque son amie lui avait proposer d'étudier et franchement cela n'étonnait pas vraiment la brunette. Elle ne savait vraiment pas comment ses deux compères allaient se débrouiller pour passer les examens de fin d'année. Il fallait toujours qu'elle les aide ou qu'ils recopient ses devoirs pour qu'ils s'en sortent sains et saufs. Elle allait devoir les motiver et même les obliger à travailler pour réussir, pensa-t-elle en soupirant désespérée par leur attitude nonchalante.
Quant à Harry, il était en pleine de séance de Quidditch lorsque la sorcière avait quitté leur salle commune, encore en train d'essayer de se perfectionner pour son match angoissant. On aurait dit qu'il allait plus affronter Rogue que l'équipe des Poufsouffles ! Mais bon, Hermione ne pouvait que le comprendre sur ce point-là : elle n'aurait certainement pas eu le courage d'y participer à sa place. Même le reste de l'équipe rouge et or semblait stressé par ce changement d'arbitre. Fred lui avait expliquer que la Coupe de Quidditch appartenait depuis quelques années aux Serpentard, mais que l'arrivée d'Harry avait définitivement changé la donne. Gryffondor représentait maintenant l'adversaire le plus dangereux pour les serpents et s'ils gagnaient le prochain match, les lions obtiendraient alors l'avantage sur leur ennemi de toujours. C'est pourquoi Dubois, leur capitaine, avait intensifié leurs entrainements et que Harry et les jumeaux revenaient toujours complétement vidés et partaient directement se coucher. Pour être honnête, leur compagnie lui manquait beaucoup le soir : il n'y avait plus ses deux zouaves préférés pour lui changer les idées avant d'aller dormir et donc forcément trop de place pour ses propres pensées.
Hermione sortit finalement de sa contemplation rêveuse et replongea son nez dans son Manuel de Métamorphose. Elle commençait à peine à relire la page 44 pour la cinquantième fois, qu'une ombre se forma au-dessus de sa tête. Effrayée, la jeune fille poussa un grand cri et se retourna vers la silhouette non-identifiée, utilisant son livre à la fois comme bouclier et arme contre quoi que ce soit derrière elle. Quelle ne fut sa surprise lorsqu'Hermione constata qu'au lieu de trouver une créature obscure et dangereuse, c'était simplement un joueur de Quidditch sur son balai, et pas n'importe lequel, Fred Weasley qui était à présent mort de rire.
- Mais ça va pas ou quoi ! Tu m'as fichu une de ces trouilles, imbécile ! Ce n'est pas normal de venir derrière les gens comme ça, sans prévenir ou faire de bruit ! J'ai cru que j'allais me retrouver face à un nouveau Troll.
- Désolé, je ne voulais pas te faire peur Mionne, laissa échapper le roux entre deux éclats de rire, même si son air moqueur niait toutes ses paroles. A vrai dire c'était vraiment trop tentant : tu avais l'air tellement concentrée avec ton nez retroussé et tes sourcils froncés ! Et puis, pour ta gouverne, je t'ai même appelé mais tu ne m'as pas entendu.
- Ne rejette pas la faute sur moi psychopathe, grogna-t-elle en se remettant dans sa position initiale. Fred descendit de son balai et s'assit sur le banc à côté d'elle, passant la main dans sa chevelure de flamme tout ébouriffée en baillant. Hermione remarqua rapidement qu'il portait toujours sa tenue de Quidditch, salie par la boue et la transpiration. Il avait l'air extenué maintenant qu'elle l'observait au repos : les yeux fermés, son visage paraissait plus pâle que d'habitude, aggravant ses cernes noirs, et son sourire habituellement exubérant, semblait terni par la fatigue.
- Tu devrais te reposer, Fred. Sinon tu ne pourras même pas faire le match contre Poufsouffle !
- Je sais, murmura-t-il, les paupières toujours closes. Mais Olivier est tellement pris par la compétition, qu'il met les bouchés doubles. Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'opportunité de dépasser les serpents en moitié d'année. On a réellement une chance de gagner Hermione, et sans mentir c'est surtout grâce à Harry.
- C'est vrai ?
- Oui. Il est bon, vraiment bon. On dirait qu'il est né sur un balai, tellement son jeu est naturel !
- Tu sais que son père est Attrapeur et Capitaine de l'équipe de Quidditch à Gryffondor il doit surement avoir ça dans le sang.
- Tu as fait des recherches ? s'étonna Fred en rouvrant les yeux et abaissant son regard sur la brunette rougissante.
- Euh…oui, avoua Hermione un peu gênée, pour son premier match, Harry était tellement stressé qu'il ne se sentait pas du tout à la hauteur. Une sorte de syndrome de l'imposteur si tu veux. Alors pour le rassurer, je lui ai montré les archives de Poudlard : son père a remporté la Coupe plusieurs fois. Il était super surpris ! Tu imagines, il ne savait même pas que son propre père jouait au Quidditch !
- Il a toute une vie à découvrir sur ses parents, soupira Fred, je ne peux même pas concevoir la peine qu'il doit ressentir. Je ne sais pas du tout ce que je ferais sans ma famille.
Hermione serra son manuel contre elle, les yeux voilés par la tristesse. Elle savait également qu'Harry n'avait pas été traité correctement par sa famille adoptive. Il lui avait raconté les cauchemars, les punitions et les insultes. Dire qu'il était courageux était un euphémisme : il fallait une force mentale extraordinaire pour endurer ça quotidiennement depuis sa naissance et en sortir aussi droit et bon que son ami. La jeune fille se recroquevilla en frissonnant, non pas de froid, mais de dégout pour son oncle et sa tante, qu'elle considérait comme des êtres abjects.
Le rouquin à ses côtés surprit son mouvement du coin de l'œil et passa son bras derrière elle en s'étirant. Avec douceur, il l'attira contre lui. Hermione se retrouva tête collée à son torse, tandis qu'il posait la sienne sur son épaisse chevelure. Cette position, loin de la déranger, était plutôt agréable, et malgré l'effort de l'entrainement, le T-shirt de Fred embaumait quand même son odeur caractéristique, la menthe poivrée. Ils restèrent ainsi un long moment, dans un silence reposant, sans se soucier d'autre chose que l'instant présent, jusqu'à ce que la sorcière brise leur bulle en lui demandant :
- Comment tu as su où j'étais ?
- Il n'y a que toi pour réviser dehors à une heure et un froid pareil !
- Eh ! La Bibliothèque était…
- Pleine, je sais. Tu t'en es déjà plein plusieurs fois la semaine dernière. C'est pour ça que quand Harry s'est pressé pour se changer pour partir réviser son contrôle de Métamorphose, je savais que je ne t'y trouverais pas. Puis j'ai aperçu ta lumière durant mon dernier tour de balai, et en additionnant les plus avec les plus, j'en ai déduit que c'était toi la folle de l'autre côté du lac.
- Intelligent, commenta Hermione en souriant, toujours blottie contre sa bouillotte personnelle.
- Que veux tu, je suis un pack complet : beau, drôle et intelligent. On en fait plus des comme ça.
- N'oublie pas modeste.
- Bien sûr ! Le plus humble des modestes, très chère !
- Tu ne t'arrêtes vraiment jamais, répondit-elle en souriant. Bon, il faudrait peut-être rentrer ou on va louper le repas. Et puis la dernière fois que j'ai fait attendre Ron pour manger, je m'en suis pris plein la figure pendant deux jours…
- Son estomac est l'incarnation même d'un gouffre infini, affirma Fred en secouant la tête, tandis que la brunette se relevait pour rassembler ses affaires.
Une fois prête, ils repartirent tranquillement vers l'enceinte du château, rasséréné par ce petit moment de quiétude à deux. Ce n'est qu'en se couchant ce soir-là qu'Hermione se fit une observation singulière : lorsqu'elle était avec Fred, son cerveau arrêtait bizarrement de bourdonner et elle pouvait enfin profiter du silence comme une personne normale. Comme quoi, tout était possible chez les sorciers !
Quelques jours plus tard, l'heure du match tant redouté avait sonné et pour être honnête, Hermione et Ron avait regardé Harry rentré dans les vestiaires avec un air d'adieu plaqué au visage. Ils espéraient vraiment le revoir en un seul morceau ! Avant de partir dans les gradins, Hermione était passé donner un câlin d'encouragement aux jumeaux, en leur demandant de faire attention et surtout, puisqu'elle les connaissait bien, d'éviter de provoquer leur arbitre. Finalement le match s'était plutôt bien déroulé si on ignorait les penalties accordées aux Poufsouffles sans raisons valables, les tentatives d'assassinat des jumeaux et le combat de rue de Ron et Neville dans les gradins. Harry s'en était tiré comme un chef et aucune acrobatie à déclarer. Hermione soupçonnait d'ailleurs que la présence de Dumbledore en était bien pour quelque chose. Maintenant, ils n'avaient plus qu'à fêter dignement la victoire des Gryffondors et surtout la prise de tête du classement tant désirée.
Ron à ses côtés trépignant d'impatience, la sorcière attendait près de la porte des vestiaires qu'Harry sorte, n'oubliant toutefois pas de féliciter chaque joueur qui sortait entre temps. Lorsque ce fut le tour de George, Hermione lui sauta dans les bras en guise de célébration. Derrière lui, Fred sortir à son tour, recevant le traitement équivalent à son alter-ego. Cependant après les avoir congratuler, la Gryffondor leur donna tour à tour un coup sur l'épaule.
- Eh ! cria George d'une voix plus aigu et en s'écartant rapidement. Pourquoi tu nous tapes ? On a gagné, on mérite un meilleur traitement après tant d'effort !
- Et puis si c'était censé nous faire mal, bah c'est raté Mionne, renchérit Fred, tu as la force de frappe d'un moineau.
- Vous ne méritez rien du tout ! Vous avez tenté de tuer un Professeur ! Et aussi détestable soit-il, vous lui devez quand même le respect !
- Mais Hermione, c'était pour la bonne cause, intervint Ron. J'aurai fait pareil à leur place.
- Quoi ? gronda-t-elle, en se retournant vers lui, les yeux brillant de colère.
- Euh non rien. Elle a raison les gars, hein. Pas bien du tout ! bafouilla-il rapidement, tout en lançant néanmoins des pouces en l'air, une fois qu'elle fut détournée.
- Bref, avez-vous vu Harry ? Ça fait un petit moment qu'on l'attend, c'est un peu bizarre.
- Nop, désolé.
- Je ne crois même pas l'avoir vu dans les douches.
- Ce n'est pas grave, on va continuer à attendre. Mais merci quand même !
- A tout à l'heure les gars !
Les jumeaux partirent en direction de leur salle commune en leur faisant signe, tandis qu'Hermione commençait franchement à s'inquiéter. Elle se tâtait à rentrer elle-même dans les vestiaires, quand une tête brune toute enchevêtrée franchit brusquement la porte.
-Harry, où étais-tu ? s'écria la sorcière en constatant qu'il ne s'était même pas encore changé.
- On a gagné ! Tu as réussi ! cria Ron, en tapant Harry dans le dos, plein de joie. En plus, j'ai réussi à mettre Malfoy à terre, pendant que Neville tentait de combattre Crabbe et Goyle à mains nues ! Bon, on a dû l'envoyer à l'infirmerie, mais Mme Pomfresh a dit qu'il s'en sortirait.
- Il avait quand même un bras cassé Ron, fit observer Hermione sceptique.
- Mouais. En tout cas, tout le monde est prêt à fêter notre victoire dans la Salle Commune. Je parie que Fred et George ont déjà ramené plain de gâteaux des Cuisines !
- Bravo Ron ! J'aurais aimé voir ça. Et désolé de t'avoir inquiété Hermione, leur répondit Harry dont la respiration était bizarrement accélérée. Avant d'y aller, il faut que je vous dise quelque chose d'important. Venez avec moi, on va trouver une salle vide.
Le trio s'enferma dans une vieille salle de classe abandonnée, dont le tableau avait été pris d'assaut par Peeves. L'attrapeur reporta rapidement la scène à laquelle il avait assisté entre Quirrell et Rogue, à l'orée de la Forêt Interdite. Ils en conclurent donc que leur frêle Professeur de Défense contre les Forces du Mal représentait la dernière barrière empêchant Rogue de voler la Pierre Philosophale. Il fallait donc absolument soutenir Quirrell.
Tandis qu'ils remontaient tranquillement vers l'étage des Gryffondors, Harry et Ron spéculaient sur le temps que tiendrait leur Professeur face au terrifiant Maitre de Potions, alors qu'Hermione, elle, s'interrogeait surtout sur les raisons de ses actions. Rogue n'avait pas du tout l'air de quelqu'un de vénal, et au vu de ses commentaires noirs, elle doutait qu'il veuille vivre éternellement. Alors pourquoi ? Cette question la taraudait toujours lorsqu'ils franchirent le Portrait coulant de la castafiore. Mais elle fut vite chassée par la débâcle sur laquelle ils débouchèrent : la Salle Commune était en folie, plus bruyante et agitée que jamais.
La sorcière n'avait jamais vu autant de Gryffondors à la fois ! Des guirlandes lumineuses habillaient les murs et, pour l'occasion, les confortables fauteuils avaient été poussés de leurs places habituelles afin d'obtenir plus de place. Sur plusieurs tables étaient rassemblées une multitude de gâteaux appétissants, bonbons colorés et autres friandises loufoques. Des boissons étaient également à disposition de tous, mais Hermione doutait qu'elles soient toutes seulement de la Bièraubeurre. Dans tous les cas, les jumeaux Weasley avaient encore frappé et la fête semblait convenir à tout le monde.
Tandis qu'Harry partait se changer rapidement et que Ron se dirigeait droit sur la nourriture, la brunette glana une choppe et partit s'installer près de l'âtre rougeoyant, là où il semblait y avoir le moins de monde, ou du moins le moins de bruit possible. Ce n'est pas qu'elle n'appréciait pas les fêtes, plutôt qu'une foule de personnes chantant à tue-tête amassée dans un endroit clos ne la mettait pas forcément très à l'aise.
- Comment on se retrouve la solitaire !
- Anthony ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda Hermione étonnée et ravie de voir le Serdaigle s'assoir à ses côtés. Tu as changé de Maison entre temps ou c'est comment ?
- Disons qu'une défaite des Serpentards est apparemment quelque chose à fêter par ici. Tu n'as pas remarqué des nouvelles têtes en entrant ?
- Je me disais bien qu'il y avait bien trop de monde. Alors comment tu as réussi le test de Métamorphose ?
A quelques mètres de là se tenait un rouquin, qui, entouré de ses amis, observait néanmoins du coin de l'œil les deux premières années discuter auprès de l'âtre. Fred, puisque c'était bien lui, ressentait l'étrange besoin de vérifier qu'Hermione allait bien à chaque fois qu'ils étaient dans la même pièce. Il savait pourtant que cet Anthony Goldstein était un bon garçon, intelligent et gentil, mais il ne pouvait pas s'empêcher de regarder dans leur direction, comme s'il était aimanté. Pour être honnête, il voyait Hermione un peu comme une seconde petite sœur. Ils avaient créé un lien spécial depuis les premières paroles échangées à la gare. Il s'inquiétait et se souciait d'elle autant qu'il le faisait normalement pour Ginny et le fait qu'elle devienne une amie proche de son petit frère n'avait fait que renforcer ce sentiment. C'était comme si une petite voix en son for intérieur lui chuchotait de toujours prendre soin d'elle à chaque fois qu'il la voyait.
Légèrement confus avec ses pensées, Fred n'en avait parlé à personne, même si cela se voyait bien dans ses gestes et son attitude. Le rouquin était cependant presque sûr que son frère l'avait lui aussi remarqué et sentit sa perplexité. George avait toujours été le plus perspicace dans le duo lorsque l'on parlait d'émotions ou de sentiments. Il était naturellement doué pour lire les gens et trouver ce qui n'allait pas chez quelqu'un. Il était le plus calme et raisonnable, dans la limite de la folie Weasley bien sûr, et pouvait se mettre n'importe qui dans la poche. Quant à Fred, c'était le casse-cou, le têtu, le pitre, toujours là pour faire rire les gens et tenter de nouvelles choses. C'est souvent de son imagination débordante que découlait leurs blagues ou farces délirantes. C'est comme ça que ça fonctionnait : Fred attirait les gens par son charisme comme une flamme attire un papillon et George se chargeait de les maintenir accrochés grâce à son empathie pour autrui.
Tout cela pour dire que le rouquin aurait bien eu besoin du don de son frère pour pouvoir se comprendre lui-même. Son frère, d'ailleurs, avait en effet bien observé le comportement de Fred à l'égard de la jeune Gryffondor. Cependant il était, selon lui, trop tôt encore pour pouvoir distinguer le raisonnement inconscient de son jumeau : syndrome du grand frère protecteur ou plus ?
