Salut, voilà le chapitre suivant, je vous laisse sur une note de l'auteur, bonne lecture !
NdA : Ce chapitre vous a été apporté par le fait que j'ai toujours pensé que les cartes de tarots étaient vraiment cool.
Saison 3B – Épisode 3
Le première tentative de Stiles au tarot ne se passe pas très bien. Il bat le jeu et tire répétitivement Le Magicien pour sa propre carte, et La Lune s'il essaie d'en tirer une pour Derek. Hannah le sermonne, disant qu'il pense trop fort à ce qu'il veut que les cartes signifient, au lieu de ce qu'elle signifie vraiment. "Tu dois laisser tes préjugés derrière toi," dit-elle.
Puisque les idées reçues de Stiles jusqu'à il y a environ un ans étaient que c'était le genre de choses qu'un charlatant faisait à la télé, il admet qu'elle a probablement raison. Il bat les cartes d'un air absent, laissant son esprit se vider, pensant à cette vibration qu'il ressent quand le Nemeton essaie de lui parler. Il choisit une carte au centre du jeu et tire le Valet d'Épée.
"Mieux," dit Hannah. "Le Valet d'Épée est intelligent, curieux, et a une soif de connaissances, mais il peut aussi être imprudent."
"C'est moi," dit Stiles, radieux.
"Essayons un tirage de trois cartes," dit Hannah. "La première carte est pour le passé, la dexième pour le présent, et la troisième pour le futur."
"Okay." Stiles remet le Valet d'Épée dans son jeu et bat les cartes quelques fois de plus, essayant de rester accordé à cette vibration. Il tire La Tour.
"Bouleversement soudain," dit Hannah. "Désastre."
La prochaine carte, pour le présent, est Le Soleil. "C'est étonnamment optimiste," dit Derek.
"C'est à l'envers," dit Stiles, fronçant les sourcils. "Ça veut dire autre chose, n'est-ce pas ?"
Hannah acquiesce. "Le Soleil est la joie. Mis à l'envers il signifie la tragédie, la dépression, la négativité. Un choix intéressant. Ton tirage pourrait symboliser l'ennemi contre lequel tu sens que tu luttes."
Stiles y réfléchit pendant une seconde, hoche la tête, et tire une troisième carte. C'est une femme assise sur un lit, les genoux ramenés contre sa poitrine, les mains pressées contre son visage. Il y a un mur d'épées derrière elle. "Le neuf d'Épée," lit-il sur la carte. "Qu'est-ce que celle-ci signifie ? Ça n'a pas l'air bon."
Hannah regarde la carte en silence. Abruptement, elle dit, "Ça suffit pour aujourd'hui. C'est presque l'heure du dîner de toute façon."
Derek ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais Stiles est toujours en train d'étudier la carte. Il tend la main et touche délicatement la femme sur le dessin. "C'est ma mère, n'est-ce pas," dit-il. "Tirer cette carte pour le futur signifie que quoi qu'il soit arrivé à ma mère va m'arriver."
Après un moment, Hannah hoche la tête. "Rien n'est gravé dans la pierre," dit-elle. "Les cartes sont fortement influencées par celui qui les tire. Tu pourrait tirer cela à cause de ta peur que cela arrive. Tu es toujours très jeune. C'est ton premier tirage. Je ne lirais pas ça trop sérieusement."
Stiles a l'air sceptique ; Derek encore plus. Mais il acceptent de se faire reprendre, parce que c'est clair que Hannah ne va pas en parler plus qu'elle ne l'a déjà fait.
"Qu'est-ce que tu en penses ?" demande Stiles, une fois qu'ils sont partis de chez Hannah pour la journée. "Est-ce que tu penses que je projette juste ?"
"Je pense que c'est une possibilité," dit Derek, ne voulant pas mentir. "Mais je ne pense pas que Hannah a réagi de cette façon parce qu'elle avait peur de cela."
Stiles soupire. "Ouais. C'est ce que je pensais aussi."
Cette nuit, les cauchemars recommencent.
"Et si on la trouve ?" demande soudain Peter, une demie heure après que lui et Tom soient entrés dans les bois pour chercher autour de la carcasse du véhicule où Malia a disparu.
Tom lui lance un regard dans l'obscurité. Il sait ce que Peter demande vraiment, et ce n'est pas une question à laquelle il est facile de répondre. "Je pense que ça dépend beaucoup de on comment elle va. Ce dont elle a besoin."
Peter ne dit rien.
Tom soupire. "Écoute," dit-il, "Je ne vais pas te dire que tu n'as pas le droit d'avoir une relation avec ta fille. Nous trouverons un moyen pour que ça arrive. Je ne suis pas inquiet pour la loi en ce moment. Je suis inquiet du bien-être de tous ceux qui sont impliqués. Pas juste toi et Malia, mais Henry Tate. Il l'a élevée pendant huit ans et toutes les preuves disent qu'il était un bon père pour elle. Si elle est toujours vivante, il mérite de le savoir. Malia aura besoin de confort et de stabilité, elle aura besoin du père qu'elle connaît."
"Que je ne suis pas," dit Peter, et même s'il semble amer, il dit ensuite, "Merci pour ne pas essayer de me mentir."
"On trouvera un moyen pour que ça fonctionne," dit Tom, et il serre son épaule. Il entend un hurlement aigu et ils se tendent tous les deux. "À quelle distance ?" demande-t-il doucement.
"Pas très loin. Huit cent mètres, peut-être." La tête de Peter est levée et il renifle l'air avec attention. L'odorat de Tom est plus fort, maintenant qu'il est l'alpha, mais il ne sait pas comment l'utiliser la plupart du temps. Tout sent tellement. Il n'y a pas moyen qu'il puisse distinguer l'odeur d'un coyote qui est à huit cent mètres. Mais Peter le peut. Tom le suit jusqu'à ce qu'ils trouvent une caverne sombre où se trouve la veste de Malia.
"Ouais, je ne vais pas du tout faire des cauchemars là-dessus," dit Tom, éclairant la grotte avec sa lampe, pensant qu'une jeune fille innocente vit dedans. La ville est seulement à quelques kilomètres. Pourquoi n'était-elle jamais revenue ? Il secoue la tête, réalisant qu'il sait déjà la réponse. Elle avait sûrement tué sa mère et sa sœur. C'était un accident, mais quand même. Il ne peut pas imaginer vivre avec ça.
"Par là," dit Peter, captant un bruit avant Tom. Tom le suit hors de la grotte et voit une silhouette dans l'ombre, presque une ombre elle-même. Quatre pattes, dégingandée, des yeux bleus luisants. "Malia ?" dit Peter prudemment, et elle fait volte-face et court.
"Merde," dit Tom. Peter bondit déjà derrière elle. Tom le suit, et le dépasse rapidement. "Comment on la fait se retransformer ?" crie-t-il par dessus son épaule.
"Tu devrais être capable de la forcer à le faire," dit Peter.
"Je ne veux pas la forcer – " dit Tom, puis il est trop loin devant Peter pour la discussion. Il attrape Malia juste quand elle saute au dessus d'un talus, et l'immobilise d'un plaquage. Il ne veut pas l'acculer, mais ils vont sûrement arriver à la route s'il la laisse continuer. Elle est un mélange de grognements, de griffes, de morsures alors qu'il essaie de la maîtriser. Chaque blessure guérit instantanément, mais ça fait quand même mal. "Malia, tout va bien, je ne vais pas te faire de mal," dit-il, réprimant un grognement quand ses dents s'enfoncent dans son bras. "Tout va bien, tu es en sécurité maintenant, nous sommes là pour t'aider – "
Il continue cette litanie apaisante jusqu'à ce qu'elle n'ait plus d'énergie et devienne molle et tremblante sous son emprise. Il caresse sa fourrure alors que Peter arrive en courant, passe sa main sur son flanc, sentant chacune de ses côtes.
"Tout va bien," dit-il. "Nous sommes là pour t'aider. Tu es en sécurité maintenant. Nous savons ce qui s'est passé et ce n'était pas ta faute. Tu es en sécurité maintenant. Personne ne va te blesser. Tu peux être Malia à nouveau. Tout va bien."
La coyote laisse échapper un petit gémissement puis juste après il tient une fille, tremblante et nue et dans un état déplorable. Il essaie d'enlever sa veste sans la lâcher, mais Peter voit à quel point il a du mal et enlève la sienne. Tom s'assied prudemment, laissant Peter enfiler la veste autour des épaules de Malia.
"Nous allons te ramener à la maison et te nettoyer, okay ?" dit Tom. "Te donner un bon repas chaud et des vêtements chauds. Qu'en penses-tu ?"
Elle gémit à nouveau, mais ça semble être un gémissement affirmatif, donc Tom l'aide à se lever. Peter s'aventure un peu plus près puis recule.
Ce n'est pas aussi mauvais que ça pourrait l'être. Une fois que Malia est sur pieds, elle n'est pas aussi maigre que Tom l'appréhendait. Elle a réussi à avoir assez à manger. Elle ne les regarde pas directement, mais elle ne se recule pas quand Tom passe une main sur ses cheveux. Ils sont emmêlés, mais pas indémêlables. Ils ne devront pas les couper.
Prévenir son père devra attendre qu'ils soient un peu plus sûrs de son état mental. Tom la met sur le siège passager du fourgon et retourne à la maison. Peter est silencieux à l'arrière. Malia tremble quand ils arrivent. Tom imagine qu'être privé de sa fourrure doit être choquant. "Et si tu prenais une douche chaude ?" dit-il. "Peter, peux-tu l'amener là haut et – "
"Je vais lui cuisiner quelque chose pendant que tu la nettoies," dit abruptement Peter, et il va dans la cuisine sans attendre de réponse de Tom.
Puisque Peter n'est clairement pas prêt à passer du temps seul avec sa fille pour l'instant, Tom ne râle pas. Il conduit Malia en haut et dans la salle de bain.
Elle a clairement des souvenirs de comment fonctionne la vie en tant qu'humain, parce qu'elle prend le savon et se lave sans avoir besoin d'aide. Elle continue aussi d'essayer de mettre l'eau plus chaude, et Tom continue de la refroidir, de peur qu'elle s'ébouillante. Elle lui grogne dessus quand il le fait. Il lui grogne dessus en retour comme avec un chiot indiscipliné, et elle gémit et arrête d'essayer de changer la température de l'eau. Mais elle le laisse aussi l'enrouler dans une serviette quand elle sort et démêler ses cheveux.
Peter est dans la chambre de Derek, et il a deux choses avec lui qui font immédiatement lever la tête à Malia. L'une est une couverture chauffante dans laquelle il la pousse, et l'autre est un steak. Il a l'air à peine cuit, mais Tom pense que c'est probablement bon. Elle a mangé de la viande crue pendant des années. Ça lui sera familier. Elle le déchiquette avec ses mains et ses dents.
Une fois qu'elle a fini, Tom s'assoit sur le bord du lit et essuie son visage avec un gant de toilette. Elle baille. "Assez chaud ?" demande-t-il, et elle acquiesce. "Alors dors un peu. Demain on te ramènera à ton père."
Ses yeux s'écarquillent et elle secoue la tête. "Non."
C'est le premier mot qu'elle dit, et certainement pas encourant. Mais pour être honnête, Tom ne peut pas vraiment la blâmer pour être hésitante à l'idée. "Ça va aller, Malia. Nous lui expliquerons toute cette histoire de coyote, mais nous n'avons pas à lui parler de l'accident si tu ne le veux pas."
Malia hoche la tête et la rétracte plus sous la couverture, comme une tortue se retirant dans sa carapace. "Je ne suis pas rentré. Il sera fâché."
Tom secoue la tête. "Je te promets, il sera tellement content que tu ailles bien qu'il ne sera pas fâché." Il tend la main et lui caresse les cheveux à nouveau. "Nous pouvons en parler plus en profondeur dans la matinée, okay ? Pour l'instant tu as besoin de dormir un peu."
"Mmkay." Malia se blottit un peu plus dans les couvertures. Tom suppose qu'elle est assez en sécurité et n'ira nulle part tant qu'elle a chaud. Mais il s'assure d'éteindre la couverture chauffante avant de quitter la chambre.
À un moment, Peter avait quitté la chambre et errait dans le couloir. "Elle est plus verbale que je ne l'aurait pensé," dit-il.
Tom acquiesce. "Je me demande si elle n'a pas passé du temps en bordure de la ville en continuant à interagir avec des gens de temps en temps." Il voit la façon dont le dos et les épaules de Peter sont tendues, et le tire dans une étreinte. "Hey. Elle va bien, Peter. Elle ira bien."
Peter blottit son visage dans le creux du cou de Tom et ne dit rien.
Tom passe une main sur son dos. Il avait peur que déstabiliser Peter finisse par le déstabiliser lui-même, mais au contraire, ça le stabilise. Se concentrer pour réconforter Peter, l'aidant à traverser son bouleversement émotionnel, garde le sien sous contrôle. "Ça fonctionnera. Nous expliquerons le surnaturel à Henry Tate. Nous te présenterons comme un spécialiste qui l'aidera à s'ajuster à une vie humaine et à contrôler son coyote intérieur. De cette façon tu peux passer du temps avec elle, construire une relation avec elle. Nous nous inquiéterons plus tard pour le reste."
"Okay," dit calmement Peter. Tom le serre plus fort pendant une minute avant de le laisser partir.
Ça faisait trois jours depuis que Stiles avait tiré les cartes, et l est clair pour Derek que ça l'obsède. Il continue d'en refaire, encore et encore, mais obtient toujours le même résultat. Hannah lui dit qu'il ne sera pas capable de le changer tant qu'il sera bloqué dessus. Elle essaie de le faire se concentrer sur autre chose, l'emmenant dans la nature d'Oregon et lui présentant divers arbres. Cela semble ridicule à Derek. Ils sont littéralement en excursion pour rencontrer la flore locale. Mais les longues marches dans les bois sembler aider à calmer Stiles, donc il ne dit rien.
"Cet arbre," dit Hannah, s'appuyant contre un saule proche d'un ruisseau, "était le préféré de ta mère."
Stiles tend la main et la passe sur le tronc. "Comment était-elle ? . . . avant ?"
Un sourire triste se forme sur le visage d'Hannah. "Elle était sauvage et libre, la petite Claudia. Elle courait dans la forêt, disparaissant dedans pendant des heures. Mais elle était toujours en sécurité. Peu importe combien de temps elle disparaissait, combien sa mère s'inquiétait, elle revenait sans une égratignure. Elle était amie avec les arbres et les rivières, avec les oiseaux et les renards. Et elle était têtue parfois, et imprudente."
"Comme toi," dit Derek, même si il ne pouvait pas s'empêcher de sourire peu à ça.
"Elle aimait profondément, ta mère. Elle aimait la terre et les arbres, et elle aimait ton père, et elle t'aimait. Toi plus que tout."
Stiles secoue la tête. "Si elle m'aimait plus que ce stupide vieil arbre, elle ne serait pas morte pour lui."
Hannah soupire discrètement. "Je doute qu'elle l'aie voulu. Au moment où elle aurait pu réalisé, compris, ça aurait pu être trop – "
"Peu importe," dit abruptement Stiles, la voix rauque. "Ça ne compte pas. C'était une question stupide."
Hannah ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais Stiles part déjà. Derek court un peu pour le rattraper, mais ne dit rien. Il laisse Stiles être blessé, être en colère et souffrir, parce qu'il sait que Stiles en a le droit. Il ne veut pas de réconfort, même si Derek aimerait lui en donner.
"Je veux une pause demain," dit Stiles, quand ils reviennent à leurs voitures. "Tout est juste . . . Derek, emmène-moi à la plage."
"Il va seulement faire dix degrés," remarque Derek, bien qu'à contrecœur.
"Je ne vais pas nager," dit Stiles, roulant des yeux. "Oh, hey, allons à cet aquarium. Celui avec les phoques."
"Bien sûr," dit Derek.
"Et à l'usine de glaces."
"Okay."
"Ces deux villes sont à une heure et demi l'une de l'autre – " dit Hannah, mais elle se tait quand Derek lui lance un regard féroce. "Je vous verrai lundi alors."
Il retournent à l'hôtel où ils séjournent. Derek cherche un appartement, mais pas avec autant d'enthousiasme qu'il pense qu'il devrait. L'Oregon est beau, et Hannah est un bon professeur, mais il a le pressentiment qu'il ne vont pas rester là longtemps. Le fait que Stiles ait à nouveau des cauchemars l'embête. Peut-être que c'est juste des cauchemars normaux. Il en avait pour sûr avant. Mais ils ne ressemblent pas à des cauchemars normaux. Ces derniers étaient des mauvais rêves.
Ceux-ci sont différents, comme s'il était pris dans la poigne de quelque chose dont il ne peut pas s'échapper. Même quand Derek le réveille, il passe ensuite une heure à frissonner, trembler, essayant d'expliquer de quoi il rêvait mais incapable de trouver les mots.
Derek regarde Stiles s'effondrer sur le lit de la chambre d'hôtel et commencer à zapper, et se demande s'ils sont allé assez loin. Peut-être qu'il devrait juste mettre Stiles sur le siège passager de la Jeep, commencer à conduire vers l'est, et conduire jusqu'à atteindre l'Océan Atlantique. Peut-être qu'alors le Nemeton ne sera pas capable de l'atteindre – ou quoi que ce soit qui le rend malade.
"Oh, hey, une rediffusion de Star Trek, sympa," dit Stiles, et il tapote le lit à côté de lio. Derek se met en boule à côté de lui, incapable de résister au besoin de frotter sa joue contre l'épaule de Stiles, comme si son odeur protégerait Stiles d'une certaine manière.
Quand il se réveille le lendemain, la chambre d'hôtel est vide, et la Jeep a disparu.
Tom est déjà debout quand son téléphone sonne et il voit le nom de Derek sur l'écran. Il est juste six heures, mais depuis qu'il est devenu un alpha, il n'a réellement besoin que de quatre heures de sommeil par nuit. Peter a dit que c'était la même chose pour lui, même si maintenant qu'il est un bêta, il est revenu à dormir jusqu'à environ dix heures – après être allé au lit à quatre heures du matin. Lui et Tom sont rarement au lit ensemble plus de quelques heures.
Dans tous les cas, il se serait levé tôt de toute façon pour vérifier comment va Malia. Elle dort toujours à points fermés et il la laisse, descendant pour prendre du café et voir ce qu'il y a dans le réfrigérateur.
"Quoi de neuf ?" demande-t-il à Derek.
"Stiles a pris la Jeep et est parti ce matin," dit Derek. Sa voix est tendue, mais il ne panique pas. Tom sait pourquoi, c'est la même raison que celle pour laquelle Tom ne panique pas. Ils savent où va Stiles.
Malgré tout, il dit, "Merde. Une idée de l'heure ?"
"Je suis allé me coucher un peu avant minuit," dit Derek. "Donc à un moment après ça. Il nous a fallu environ six heures et demi pour arriver ici, donc – "
"Donc nus pouvons arriver au Nemeton avant lui," dit Tom. "Okay. Je vais y aller."
"Devrais-je commencer à aller – "
"Pas maintenant. Reste juste là."
Tom court jusqu'à la chambre et réveille Peter, qui sort du lit sans se plaindre même s'il n'a pa pu dormir plus de quelques heures. "Et pour Malia?" demande-t-il.
"Merde," redit Tom. Ils ne peuvent pas juste la laisser. Mais il craint de ne pas arriver au Nemeton avant Stiles. Il n'a aucune idée de ce qui arrivera quand il sera là-bas.
Peter, lisant son expression, dit, "Appelle Melissa, fais-la venir avec Scott. Ils peuvent garder un œil sur Malia. J'attendrai ici jusqu'à ce qu'ils arrivent puis je te retrouverai au Nemeton."
"Bonne idée. Merci." Tom lui donne un baiser rapide puis descend les escaliers, appelant Melissa sur le chemin. Il lui donne une version extrêmement abrégée des évènements qui avaient amené à la présence de Malia dans sa maison, et elle accepte de sortir Scott du lit et de venir.
Vingt minutes plus tard, il est au Nemeton. C'est calme et baigné dans la lumière faible, grisâtre de l'aube d'un matin nuageux. Il marche entre les arbres et jure plusieurs fois pour faire bonne mesure, et a presque une cris cardiaque quand Peter arrive. "Rien ?" dit Peter, et Tom secoue la tête. Peter lui offre un thermos du café qu'il préparait quand le téléphone de Tom avait sonné, et il prend quelques gorgées avec reconnaissance.
Les minutes passent et Tom essaie de ne pas s'inquiéter. De ce qu'ils savent, Stiles n'est pas parti avant six heures moins le quart ce matin. Il pourrait se passer des heures avant qu'il arrive.
Mais il ne se passe pas des heures. Il se passe environ quarante-cinq minutes. Tom sent un vent de soulagement en entendant un battement de cœur familier, un pas familier, courant vers le Nemeton. Il intercepte Stiles avant qu'il n'arrive au large tronc, l'attrapant par les épaules. "Hey, hey, ralentis. Es-tu resté debout toute la nuit ?" Il n'exige pas de savoir ce que Stiles fait là ou pourquoi il a quitté l'Oregon, même s'il aimerait vraiment.
"Il y a quelque chose sous le Nemeton." Stiles essaie d'avancer, se débattant contre la force de son père, maintenant bien supérieure à la sienne. "Je dois le sortir."
"Okay," dit Tom. "Mais tu es fatigué et tu as probablement faim, donc pourquoi ne reviendrions-nous pas plus tard – "
"Non, maintenant," dit Stiles, et il ne regarde même pas son père. Son regard est fixé sur un point à la gauche du Nemeton. Il est en quelque sorte concentré et absent en même temps, comme s'il est accordé sur quelque chose que personne d'autre ne peut entendre, et c'est tellement semblable à Claudia que Tom a l'impression de se faire poignarder dans le ventre. "Nous devons le faire maintenant."
"Pourquoi n'appelons-nous pas les autres pour nous amener des pelles ?" suggère Tom, et, sans surprise, Stiles secoue la tête. "Okay. Nous laissera-tu au moins Peter et moi creuser la terre pour toi ? Nous avons des griffes et des pouvoirs de guérison. Dis-nous juste où creuser."
Ça, Stiles le permet. Il les mène à un endroit spécifique, à environ 1 mètre vingt du bord du tronc du Nemeton, et même s'il fait les cent pas en petits cercles serrés, il les laisse creuser.
Environ cinq minutes après ça, Peter laisse échapper un sifflement aigu et retire sa main. "Du verre," dit-il au regard interrogateur de Tom. "Du verre brisé."
Ils sortent quelques éclats, et quand Tom se tourne pour regarder Stiles, il s'assied sur le Nemeton avec un bruit sourd, comme si tous ses fils avaient été coupés. "Ça a disparu," dit-il.
"Qu'est-ce qui a disparu ?" demande Tom, abandonnant le trou pour marcher vers son fils, espérant qu'il peut le faire s'asseoir autre part. Peter reste à côté, sortant avec prudence plus de leur trouvaille.
"Le, le sentiment que j'avais." Stiles mordille sa lèvre inférieure. "Je ne suis pas sûr de comment l'expliquer. Je me suis juste réveillé en sachant qu'il y avait quelque chose sous le Nemeton et que je devais l'en sortir. Comme, tu sais quand tu te réveille et que tu as mal au ventre et que tu sais que tu as mal au ventre ? C'était comme ça. Je ne devais pas en douter. Je pouvais le sentir, comme un caillou dans ma chaussure."
Puisqu'il semble être cohérent, plus lui-même, Tom s'assoit à côté de lui, passant une main sur son dos. "Et juste maintenant, ça s'est arrêté ?"
"Ouais. Je ne comprends pas." Stiles se frotte les deux mains sur le visage. "J'en étais si sûr."
"Je ne pense pas que tu avais tort." Peter se lève de là où il est agenouillé. "Ce n'était pas juste du verre. C'était un bocal." Il soulève le couvercle pour qu'ils puissent voir, les restes du bocal toujours bloqués dedans. "Je pense que quelque chose était piégé dans ce bocal, et enterré sous le Nemeton. Mais on dirait qu'une des racines s'est brisée pendant le tremblement de terre que Jennifer Blake a causé."
"Okay," dit lentement Stiles. "Mais ça n'est toujours pas logique, parce que je ne sentais pas qu'il y avait quelque chose de piégé sous le Nemeton. Je sentais qu'il y a quelque chose."
"Parce que le Nemeton voulait qu'on sorte ça. Il voulait qu'on voit la preuve avec nos propres yeux."
"Pourquoi ne pouvait-il pas juste lui dire ça ?" demande Tom, se sentant méfiant et, pour être honnête, pas particulièrement charitable envers l'arbre.
"Ça n'aurait pas montré l'urgence. Stiles aurait pu écrire ça comme 'juste une intuition'. Nous aurions pu ne pas venir creuser, ne pas avoir vu ce que le Nemeton voulait qu'on voit. Un caillou dans la chaussure de quelqu'un est beaucoup plus difficile à ignorer."
Tom soupire, les mains traçant toujours ces cercles sur le dos de Stiles. "Et pourquoi voulait-il qu'on voie ça ?"
"Parce que quelque chose était enterrée sous le Nemeton. Et maintenant ça ne l'est plus."
"C'était un avertissement," réalise Stiles. "Il voulait qu'on sache que quoi que ce qoit qui était dans ce bocal, c'est maintenant libre."
Peter acquiesce.
Stiles regarde l'arbre et dit, "Toi et moi devons travailler la communication."
Tom ne se sent toujours pas du tout prédisposé à vouloir que le Nemeton communique avec son fils. "Il doit y avoir un moyen plus facile de transmettre ce message."
"Plus facile pour nous, peut-être. Mais plus facile pour le Nemeton ?" Peter voit l'air sur le visage de Tom et dit, "Tu dois te rappeler, Tom, que le Nemeton n'est ni bon ni mauvais. Il est juste pouvoir. Potentiel. Il est neutre dans le vrai sens du mot. Il choisit le moyen le plus rapide d'arriver à son but."
"S'il est si neutre, pourquoi se soucie-t-il même de nous prévenir ?" demande Tom.
"Je ne suis pas sûr, mais si je devais deviner, je dirais que c'est parce que cette chose menace tout Beacon Hills. Même le Nemeton lui-même."
"Super," dit Tom. "Et nous n'avons aucune idée de ce que c'était, et il ne peut pas juste, je ne sais pas, envoyer à Stiles un rêve magique pour lui dire ça."
"Je ne suis pas sûr que nous le voudrions," dit Peter, "vu ce à quoi cela ressemblerait probablement."
Tom grimace mais en convient d'un hochement de tête. "Allez, Stiles. Rentrons."
Stiles permet à son père de l'aider à se lever, puis rechigne légèrement. "Attends. Je veux faire quelque chose pendant que je suis ici."
Tom lui lance un regard en coin, qui s'intensifie quand Stiles sort un jeu de tarot usé de sa poche arrière. "Où as-tu eu ça ?"
"De la librairie à Portland," dit Stiles. "Hannah m'a dit que je devais avoir mon propre paquet, et que je devrais prendre celui qui me parlait. Et je sais qu'on dirait des conneries, mais honnêtement, les cartes de tarot sont puta – euh bref, bavardes." Il s'éclaircit la gorge. "Dans l'Oregon, j'ai essayé de tirer les cartes, et j'ai eu . . . une carte que je n'ai pas aimée. Je veux réessayer ici."
"Quelle carte as-tu eue ?" demande Peter, donc Tom suppose qu'il s'y connaît en tarot.
"Euh, j'ai eu, pour le passé, j'ai eu la Tour," dit Stiles. Peter acquiesce comme si c'était logique, mais Stiles voit l'air perdu sur le visage de son père et explique, "Ça signifie comme un désastre soudain, une tragédie. Pour le présent j'ai eu le Soleil, renversé, ce qui est genre ruine et tristesse. Puis pour le futur j'ai eu le neuf d'Épée. Qui est, euh. C'est une mauvaise carte." Il secoue la tête. "Laisse moi juste réessayer, okay ? J'ai besoin de réessayer."
"Bien sûr." Tom n'est pas sûr de si ça a quelque chose à voir avec la connexion avec le Nemeton ou si c'est juste Stiles étant Stiles. Mais il laisse la place alors que Stiles monte sur la large base du Nemeton et s'assoie avec les jambes repliées sous lui. Il étale le jeu de tarot en face de lui, face cachée, de la même façon qu'un croupier dans un casino.
"Okay," dit-il, puis plus calmement, "Okay. Le passé."
Stiles passe sa main le long des cartes, en choisit une, et la pose face vers le haut. C'est la Tour.
"Le présent."
Il fait le même geste, passant juste sa main le long des cartes, avant d'en choisir une et de la poser. C'est le Soleil, et Tom remarque qu'il est renversé. Même avec tout ce qu'il a appris à propos des loup-garous et des Druides, de la magie et des monstres, il se sent inquiété par ça. Que Stiles puisse étaler son jeu devant lui et sans même devoir y penser, tirer les exactement les deux mêmes cartes – un frisson lui parcourt l'échine.
"Le futur." Stiles passe plusieurs fois sa main le long des cartes, les yeux fermés. Mais il n'en choisit pas une tout de suite. Il est calme, respirant juste, avant de dire, "Je suis là. Je suis venu quand tu as appelé. Aide moi. Montre moi la façon de gagner."
Sa main hésite pendant une longue minute, bougeant entre deux cartes différentes comme s'il ne pouvait pas décider entre elles. Puis, soudain, sa main fuse vers la droite et il attrape une carte comme aléatoirement et la pose. Tom se penche pour regarder. Il y a l'image d'un homme et d'une femme, enlacés dans une étreinte, avec un paysage magnifique derrière eux. Le texte dit 'Les Amoureux'.
Tom lance un regard interrogateur à Peter. Peter est en train d'étudier la carte avec front plissé, et quand il voit Tom le regarder, il hausse légèrement les épaules. Stiles ouvre les yeux, regarde la carte, puis lâche un soupir exaspéré. "Que diable est-ce que ça signifie ?"
"C'est ce qu'on allait te demander," dit Peter. "Tu en sais plus que nous à ce propos."
"Ouais, mais, euh, c'est un tirage bizarre. Je veux dire. Je ne vois pas ce que ça a à voir avec la situation actuelle. Même si je suppose que c'est mieux que l'alternative."
"Peut-être que ça veut dire que tu es resté debout toute la nuit, que tu es fatigué, et que tu as besoin de dormir." Tom met une main sous le coude de Stiles. Stiles ronchonne et ramasse les cartes. En se relevant du Nemeton, il chancelle légèrement, même avec l'aide de son père, puis s'agite et tombe presque. Les carte de tarot s'envolent de ses mains et tombent au sol. "Tu vas bien ?" demande Tom.
"Ouais, juste, une putain de mouche vient juste de me foncer dedans," dit Stiles, agitant une main près de son oreille comme s'il pouvait toujours l'entendre bourdonner. "Je pensais que les mouches étaient un truc métaphorique mais peut-être que le Nemeton a un vrai problème de mouches – " Il baisse les yeux et s'immobilise. Tom suit son regard et sent son souffle se bloquer dans sa gorge. Tout le jeu de tarot est tombé face cachée. Toutes les cartes sauf une. Le neuf d'Épée.
Les probabilités sont si infinitésimales que le cerveau de Tom bugue en essayant de comprendre ce qui vient d'arriver. Il peut sentir le corps de Stiles trembler à côté du sien.
Peter s'agenouille calmement à côté d'eux et rassemble les cartes en pile, puis en un tas ordonné. Puis il prend la boîte des mains molle, non réactives, de Stiles, et la range. "Il y a toujours de multiples versions du futur," dit-il. "Ce qui compte, ce sont les choix que nous faisons à chaque moment. Nous ferons les bons, et nous découvrirons ce qui se passe, et nous irons bien. Parce que c'est ce qu'on fait. D'accord, Tom ?"
Tom acquiesce, serrant les épaules de Stiles. "D'accord."
La respiration de Stiles se bloque dans sa gorge, et il acquiesce mécaniquement, mais alors que Tom l'éloigne du Nemeton, il ne peut pas s'empêcher de regarder par dessus son épaule.
