Salut à tous, voici la suite attendue et réclamée par plusieurs d'entre vous x) Bonne lecture :p


4 994 du Renouveau (282 AC soit 16 ans avant les Evènements de Game of Thrones)

Le Trident, Conflans,

Harry observait avec une certaine appréhension le fleuve qui s'étendait devant lui. Depuis sa fière monture, il regardait au loin l'armée royaliste qui prenait place de l'autre côté de l'eau qui les séparait. Ils n'étaient liés que par la route royale, et tout autre passage se situait à plusieurs lieux à l'est du Trident sur la ruffurque. Oui, ce passage était un point stratégique reliant la partie sud des Conflans et Harrenhal à la partie Nord. Sans compter que cette route menait directement au Val d'Arryn et au Nord.

A côté d'Harry, Robert Baratheon vêtu d'une armure brillante avec tabard à l'effigie de cerf portait fièrement un casque surmonté de deux longues cornes à l'effigie de n'animal de sa maison. Le dos droit, la main ne cessant de se serrer et desserrer sur le manche de sa masse, tout trahissait l'excitation qui parcourait l'homme qui avait déclaré cette rébellion.

« Je vais enfin pouvoir tuer ce dragon ! »

Cette phrase était sans cesse répétée par Robert Baratheon, avec une telle ferveur que même le plus pieux des croyants en serait inspiré.

Tout l'opposé d'Eddard Stark, chevauchant une monture aussi sombre et impassible que son visage. A la tradition des hommes du nord, il était vêtu d'une longue cape en fourrure de loup qui cachait habilement l'armure de plaque qu'il portait en-dessous. La seule différence par rapport à Robert était son manque de casque, ce qu'Harry trouvait totalement idiot. Une flèche pouvait facilement lui transpercer le crâne.

Enfin, il y avait les deux hommes les plus âgés, Hoster Tully et Jon Arryn. Ces deux vétérans de la Guerre des Rois à Neuf Sous n'étaient pas impressionnés par l'armée royaliste, ayant vécu tellement pire aux Degrés de Pierre lorsqu'ils affrontèrent l'armée Feunoyr sur les plages, sous une pluie battante et couverts de sable et de boue.


De son côté, Jon Arryn observait avec grande attention le fameux roi des elfes. Hadrian Haut-Soleil était surement la personne la plus singulière qu'il eut l'occasion de rencontrer. L'Empereur était d'une grande beauté à faire pâlir d'envie les Targaryens. Malgré ces traits fins et androgynes, il était pourtant très puissant, et si dangereux que l'instinct de Jon lui criait de ne pas se placer en travers de son chemin. A tel point que Jon savait qu'avec la simple robe qu'il portait maintenant, il serait incapable de le vaincre. Oh, Robert avait questionné l'accoutrement du monarque elfique, mais celui-ci se contenta de répondre qu'il n'avait pas besoin d'un « carcan de fer » pour se protéger.

Jon savait la vérité, après avoir négocié avec certains nobles appelés « magistères » du Haut-Royaume — Les vêtements de l'Empereur étaient enchantés, comme tous les mages, pour repousser les projectiles et ne jamais se déchirer, ce qui permettait effectivement de résister aux lames.

Enfin, il détailla du regard celui qu'il ne connaissait pas du tout, si ce n'est des murmures de ci et là. Jason Hurleau, un prince de l'Empire capable, selon les rumeurs, de prouesses martiales extraordinaire. Un général aguerri, stratège de renom et combattant légendaire. Et Jon était enclin à croire ces rumeurs rien qu'en voyant la posture rigide et militaire de Jason, vêtu d'une armure dorée dont les épaulières représentaient des aigles aux serres grandes ouvertes. Seule la monture de Jason était intéressante, un cheval ailé que les elfes appelaient « pégase ».

« Un groupe de cavaliers approche, drapeau blanc levé pour pourparlers, décrit Jason en avançant sa monture, nous devrions aller à leur rencontre.

—J'espère pour eux qu'ils vont se rendre ! s'exclama Robert en ordonnant à son cheval d'avancer.

—Cela m'étonnerait qu'ils se rendent aussi facilement, mais l'espoir fait vivre, répondit Eddard en suivant son ami d'enfance. »

Les autres dirigeants de l'armée suivirent de près Robert et Jason, seul Harry prit son temps en avançant doucement sur le dos d'Albus.

Oui, il avait bien nommé sa monture « Albus » pour se moquer de l'ancien directeur de Poudlard. Il s'agissait d'un animal unique en son genre, un croisé entre un Abraxan et une licorne, et malheureusement la créature était incapable de se reproduire. L'animal était immense, surplombant les chevaux d'au moins trois têtes, avec de grandes ailes blanches une corne dorée au centre du front, capable d'encorner n'importe quel ennemi.


Les deux groupes finirent par se rencontrer au centre du fleuve où la route permettait de le traverser. Les royalistes étaient quatre, Rhaegar Targaryen accompagné de trois hommes vêtus de capes blanches — des gardes royaux. De ce que savait Harry, il n'y avait que sept gardes royaux pour protéger la famille royale, ce qu'il trouvait complètement idiot, sept étant totalement insuffisant pour une quelconque menace.

Et parmi les gardes royaux, il n'en reconnu qu'un seul — Barristan Selwyn, un héros légendaire de la Guerre des Rois à Neuf Sous. Les deux autres il n'en avait aucune idée, bien que l'un d'eux avait la peau halée et des traits apparentés à ceux des Martell. Un cousin peut-être ?

« Prince Rhaegar, salua Jon à l'encontre du Targaryen.

—Messeigneurs, répondit Rhaegar, il est inutile de continuer ce combat qui vous est perdu d'avance. Rendez-vous et mon père saura faire preuve de clémence.

—Comme il a su faire preuve de clémence pour mon père et mon frère ? demanda Eddard avec une colère grondante, je ne m'attends à aucune clémence de la part du roi fou, et le Nord n'oublie jamais !

—Rends-moi Lyanna espèce de taré incestueux ! s'écria Robert d'une voix si forte qu'elle résonna sur des lieux à la ronde, ou j'inonderai ce fleuve de ton sang !

—Comment osez-vous parler ainsi au prince ? demanda Barristan en faisant de mine de dégainer.

—Il a kidnappé ma promise ! hurla Robert avec véhémence, comment pouvez-vous le défendre ? Sire Barristan le Hardi, n'êtes-vous pas un défenseur des innocents et des femmes en détresse ? »

A ces mots, Barristan baissa légèrement de la tête, la honte se lisant ouvertement sur son visage. Harry sourit intérieurement, tout le monde n'était pas d'accord avec le comportement de Rhaegar. De son côté, Selwyn Martell grinça des dents en voyant l'Empereur Haut-Soleil, qui s'était fait discret. Ils n'avaient pas prévu d'affronter les elfes.

Rhaegar dévisageait Harry avec une certaine haine. Encore une fois, cet elfe de malheur venait faire échouer ses plans, en plus de mettre en danger la prophétie qu'il devait accomplir. Qu'à cela ne tienne, il allait mettre un terme à ces exactions et prouver une bonne fois pour toute la supériorité des Targaryens.

« Je ne suis pas étonné de vous voir auprès de ces traites, elfe, cracha Rhaegar avec une haine qui surpris tout le monde.

—Prince Rhaegar, seriez-vous encore fâché pour mon refus de vous forger une armure ? demanda Harry avec un sourire narquois. Ou bien seriez-vous énervé qu'une fois de plus, je me mette en travers de vos projets ? »

Rhaegar écarquilla des yeux en entendant les paroles d'Harry. Sa colère s'accentua en voyant le sourire moqueur de l'elfe qu'il détestait tant.

« Croyez-vous vraiment que nous n'étions pas au courant de votre petit coup d'état ? demanda Harry.

—Coup d'état ? demanda Barristan en ne comprenant pas le terme.

—N'étiez-vous pas au courant ? répondit Harry d'une voix faussement choquée. Votre prince adoré s'apprêtait à trahir son père à Harrenhal pour le détrôner et réclamer le pouvoir, ma foi, cela me rappelle les Feunoyr. »

Barristan était sous le choc, ne s'attendant pas à pareille réponse. Seul Jon et Jonothor Darry (le troisième garde royal) ne semblaient pas étonnés par la nouvelle. Quant à Robert…

« En plus de couronner ma Lyanna ? cracha Robert avec venin. Tu n'as aucune honte, sale dragon de malheur !

—Mon père est fou ! s'écria soudainement Rhaegar avant de pointer Harry du doigt. C'était une nécessité et un conseil allait être réuni, mais vous avez fait tout foirer !

—Je n'ai en aucun cas prévenu votre père, sourit Harry en secouant de la tête. Ne rejetez pas la faute sur les innocents, et si vous deviez désigner un coupable, alors regardez plutôt du côté de votre père. Un volantais dit-on, Maître des Chuchoteurs compétent de ce qu'on m'a dit, et vous n'avez pas été discret. N'est-il pas suspect qu'un seigneur appauvri ait du jour au lendemain organisé le plus grand tournois de toute l'histoire de Westeros ? »

Rhaegar ne su quoi répondre. L'Empereur avait raison, et Aerys avait dû apprendre que Rhaegar finançait entièrement ce tournois où tous les seigneurs de Westeros se rendaient. Il était peut-être fou, mais pas idiot.

« Ca suffit ! hurla Robert de colère. Rends-moi Lyanna et je t'accorderai une mort rapide !

—Je ne serai pas celui qui mourra, Baratheon, répondit Rhaegar. Il est évident que tu ne sauras pas entendre raison. »

C'est en terminant sa phrase que Rhaegar rebroussa chemin avec son escorte pour préparer son armée. De leur côté, Jon, Eddard et Hoster regardèrent Harry avec vif intérêt, comprenant que l'Empereur elfe en savait bien plus qu'il ne le disait.

« Jason, il est temps de prouver à nos chers amis ce dont quoi nous sommes capables, dit Harry en regardant son connétable qui était resté silencieux jusque-là.

—A vos ordres, votre grâce, répondit simplement le blond. »

De son côté, Robert se dirigea à vive allure vers son armée tout en hurlant aux hommes de se mettre en marche. D'un commun accord, les armées des deux côtés se mirent en marche vers le centre du fleuve où la bataille aurait lieu. Le destin des Sept Royaumes allait se décider lors de cette bataille.


Sans grand étonnement, les loyalistes envoyèrent leur cavalerie en premier tandis que leurs archers à se tenant sur une colline bombardaient les positions rebelles, les armées rebelles n'ayant pas de piquiers ou hallebardiers pouvant intercepter ces chevaliers lourdement armés, ils se trouvaient en mauvaise posture. Les chevaliers du Val auraient pu les intercepter, mais Jason avait ordonné qu'ils contournent plus tôt la ruffurque pour pouvoir prendre de flanc l'armée loyaliste. Ils n'étaient plus très loin.

Jason se contenta de faire signe à un magistère qui lança alors des étincelles rouges dans le ciel. Tout à coup, des cris d'oiseaux retentirent dans le ciel, et les loyalistes hurlèrent. Des centaines de griffons et hippogriphes venaient de descendre du ciel, droit sur les archers sans protection. Ce fut un véritable carnage, et malgré tous leurs efforts, les loyalistes furent incapables de riposter face aux attaques aériennes. Et ce n'était pas terminé.

D'un autre geste de la main, Jason ordonna aux golems arcaniques de se placer en première ligne afin de contrer les cavaliers ennemis, tandis que les légionnaires formèrent une barrière protectrice entre l'armée rebelle et les loyalistes, se servant de leurs boucliers enchantés pour bloquer les flèches ennemies.

Les chevaliers ennemis furent rapidement vaincus, certains arrivant tout de même à détruire quelques golems en comprenant que le cristal se trouvant en leur centre était leur point faible. Les quelques-uns qui réussirent à passer les golems furent accueillis par des flèches bien placées, courtoisie des forestiers situés derrière les légionnaires.

Bien-entendu, Robert Baratheon ne comptait pas laisser les elfes s'approprier toute la gloire, et dans un cri de rage absolu il sortit des rangs en se dirigeant droit vers les fantassins ennemis qui s'approchaient rapidement. Soupirant, Jason ordonna aux légionnaires d'abandonner leur position défensive pour protéger le futur roi de Westeros. Ils furent rapidement rejoints par les autres dirigeants, à part Harry qui resta en retrait afin d'observer la bataille. Il était resté à l'arrière, avec les magistères et les balistes (qu'il savait ne pas avoir besoin). On pouvait entendre autour de lui les magistères qui discutaient gaiement, commentant sur la bataille et certains échangeant même des bourses à la suite de divers paris. Même Harry participa aux échanges, perdant un petit pari avec Fenrir qui ricana comme une hyène en empochant une grosse bourse.

C'est alors qu'un cor retentit, et il n'était pas elfique. Se tournant vers la gauche, Harry vit une armée de chevaliers arborant fièrement le blason des Connington se diriger droit vers lui et les siens. Jason n'était pas le seul à avoir eu l'idée de faire traverser à ses cavaliers.

« Messieurs, ils sont à vous. » sourit Harry.

Les magistères ricanèrent de concert avant de prendre leurs bâtons en mains et de dégainer leurs baguettes magiques. Ils allaient enfin pouvoir se défouler.

Eddard Stark blanchit en entendant le son du cor, se doutant que ce n'était pas celui des elfes. Lorsqu'il il vit l'armée ennemie se diriger à toute vitesse vers les elfes restés en retrait, il décida de quitter les rangs en faisant signe aux guerriers du Nord de se retourner. Mais c'était inutile, et le spectacle qui s'offrit à lui fut des plus ahurissants.

Des jets de toutes les couleurs s'abattirent sur les chevaliers ennemis tandis que la terre explosa, des éclairs percutèrent et des boulets et autres objets se matérialisèrent dans les airs avant de s'abattre sur les pauvres chevaliers. Boules de feu et éclairs verts s'écrasèrent avec force sur la cavalerie ennemie, les hommes hurlant de douleur et leurs cris glaçant le sang des soldats sur le champ de bataille.

Le spectacle fut si captivant que pendant un moment, les combats prirent fin tandis que tout le monde observait les magistères décimer la cavalerie de la Maison Connington (dont le Seigneur était banni de Westeros). Des animaux étaient même apparus de nulle part, lions, tigres et autres créatures dangereuses qui fondirent sur les chevaux, tuant les pauvres bêtes tandis que leurs cavaliers tombèrent avant de se faire éventrer par les bêtes assoiffées de sang.

En seulement quelques minutes, ce qui devait être deux-mille cavaliers disparurent pour ne laisser qu'un tas fumant d'os et de sang. Et un malheur ne venant jamais seul, un cor elfe retentit. Les pérégrins et chevaliers du val apparurent à droite de l'armée royaliste, des milliers de cavaliers se dirigeant à toute allure vers l'arrière-garde ennemie pour les percuter de plein fouet. Jonothor Darry périt sur le coup, tandis que Lewyn Martell fut décapité par Jason. La bataille était presque terminée.

Alors que Barristan Selmy était effondré au sol, piétiné par les pérégrins, Rhaegar Targaryen livra bataille à Robert Baratheon en plein milieu des combats. Beaucoup de soldats s'arrêtèrent, la bataille étant déjà perdue, pour observer ce qui deviendrait un duel de légende.

La hargne de Robert était telle qu'il maniait d'une seule main sa gigantesque masse, percutant de plein fouet le bouclier de Rhaegar. Harry, qui s'était alors approché, sourit en entendant le cri de Rhaegar. Le coup avait suffit à briser les os de sa main gauche, et Robert arborait un sourire vicieux. Il donna un autre coup, et de toutes ses forces, abattit sa masse sur le poitrail de Rhaegar, brisant d'un seul coup sa cage thoracique tout en réduisant les poumons en bouillie. On pu voir les rubis du plastron s'envoler pour finir dans l'eau, tandis que Rhaegar tomba au sol tout en s'étouffant dans son propre sang.

Savourant sa vengeance, Robert plaça sa masse sur le torse du prince, le forçant à rester sous l'eau où il mourut en tendant la main vers celui qui venait de le vaincre. Robert se contenta de lui cracher dessus. Il leva alors sa masse en poussant un rugissement, et les rebelles hurlèrent de concert tandis que les loyalistes jetèrent leurs armes au sol. La Bataille du Trident était terminée, et les rebelles avaient gagné.

Quelques temps après, les rebelles retournèrent à leur camp, suivi de près par les loyalistes qui avaient changé de faction en voyant l'héritier du trône périr. Tous jurèrent fidélité à Robert Baratheon, mais ce dernier les fusillait du regard avec une haine sans nom. Il savait bien qu'ils venaient de jurer fidélité pour la seule et simple raison que leur meneur était mort, et non par loyauté.

Dans un geste qui en étonna plus d'un, il refusa d'être soigné et demanda à ce que Barristan Selmy le soit à sa place. Il y avait bien un homme qui méritait d'être honoré, et il s'agissait de ce fier combattant. Les elfes proposèrent leur aide, et plusieurs médicomages vinrent pour rapidement revigorer les troupes afin qu'elles puissent se mettre immédiatement en marche vers Port-Réal.


Dans la Tente Principale, les meneurs organisèrent une réunion.

« Je m'attendais à beaucoup plus de pertes, annonça Hoster d'un ton surpris, pourtant peu d'hommes ont péri, et la majorité des blessés ont pu être sauvés grâce à vous, Empereur Hadrian.

—Inutile de me remercier, Lord Tully, sourit Harry en désignant Jason, cet homme est le véritable architecte de cette victoire.

—Dans ce cas, permettez-nous de vous féliciter Prince Jason, sourit Hoster.

—Je n'ai fais que mon devoir, répondit Jason avec stoïcisme, et ces loyalistes n'étaient pas de taille face à nous.

—On a remarqué ! sourit Robert en tenant une grande choppe de bière, vous les avez réduit en bouilli. Ah, j'ai adoré le regard effrayé du dragon quand vos guerriers volants se sont écrasés sur leurs archers. Et je ne parle pas de vos magiciens !

—Magistères, je vous prie, le corrigea Harry. Ou bien mages ou sorciers, mais pas magiciens. Ce ne sont que des prestidigitateurs ayant pour vocation d'amuser les petites gens grâce à des tours de passe-passe et des trucages. »

Robert le regarda, légèrement perdu. Il secoua de la tête avant de continuer à sourire. De son côté, Jon posa à voix haute une question que beaucoup se demandaient.

« Empereur Hadrian, pourquoi n'avez-vous par participé à la bataille ? demanda Jon.

—Il est vrai que vous êtes le seul à ne pas vous être battu, commenta Eddard avec un visage plus paisible.

—Ce ne serait pas juste, répondit simplement Harry.

—Juste ? demanda Robert en arquant d'un sourcil.

—Ce que veut dire sa majesté, c'est qu'il serait injuste pour les loyalistes qu'il participe à la bataille, tout comme pour les magistères, expliqua Fenrir qui se tenait juste derrière Harry. Vous n'imaginez pas ce dont il est capable, s'il le voulait, à aurait pu détruire l'armée ennemie à lui seul. Mais bon, les magistères et nos soldats avaient envie de se défouler et de vous prouver ce dont quoi ils sont capables.

—Détruire l'armée ennemie seul ? s'exclama Hoster, le choc se voyant sur son visage. Vous voulez dire que vous n'aviez pas besoin de vos soldats ?

—J'adorerai vous voir combattre ! sourit Robert à pleine dent.

—Un jour, peut-être, lui sourit Harry en retour. Mais ne devrions-nous pas nous mettre en marche pour Port-Réal avant la fin des festivités ? »

Aux mots d'Harry, les Westerosiens échangèrent des regards. Des festivités ? De quoi pouvait-il bien parler ? En voyant leurs visages interloqués, Harry décida d'éclairer leurs lanternes.

« Lord Lannister est surement, à l'heure actuelle, à seulement deux jours de marche de Port-Réal, expliqua Harry.

—Alors vous disiez vrai ? demanda Jon avec un léger sourire. Il a décidé de nous rejoindre après tout.

—Ce n'est pas très étonnant, déclara Eddard en prenant un air réfléchi. Le Roi n'a eu de cesse de l'insulter, le menacer et se moquer ouvertement de lui. Il a même nommé son héritier en tant que garde royal, le privant ainsi de son fils favori au détriment d'un autre qu'il déteste.

—Bah ! s'écria Robert en rotant avec force. Moi je veux savoir pourquoi il nous a pas rejoint dès le début.

—C'est pourtant logique, intervint Hoster. Jamie Lannister est aussi un prisonnier d'Aerys, et le lion n'a surement pas âgi plus tôt par peur de représailles envers son fils. Ce qui m'étonné vraiment, c'est ce revirement de situation. A moins que…. Continua Hoster en écarquillant légèrement des yeux.

—A moins qu'il n'ait pas publiquement annoncé son soutien, continua Harry à la place d'Hoster. Le Roi Aerys est persuadé que Tywin va venir l'aider, et lorsque les portes seront ouvertes, alors il écrasera rapidement les derniers loyalistes.

—Ce n'est pas honorable ! s'exclama soudainement Eddard avec colère. Un tel comportement…

—L'honneur n'a pas sa place dans la guerre ! le coupa Harry. Sachez que l'honneur n'est qu'une notion inventée par les hommes pour justifier leur faiblesse. Un bouclier de paroles sans intérêts, de notions vaines et nébuleuses qui ont pour but d'établir des règles précises favorisant les perdants. Ne voyez-vous pas ? Il n'est pas honorable d'abattre un homme à terre, il n'est pas honorable d'attaquer par derrière, il n'est pas honorable de trahir son roi. Cette notion d'honneur est un frein, une barricade qui vous empêche de gagner.

—L'honneur est tout ce qui importe ! répondit Eddard avec véhémence. L'honneur est ce qui sépare les hommes des bêtes ! Sans honneur, nous ne valons pas mieux que des bandits qui pillent et ravagent.

—Votre honneur est avant tout une faiblesse, rétorqua Harry en arquant d'un sourcil. Vous avez de l'honneur quand ça vous chante, et à la moindre occasion qui vous est favorable, vous jetez votre honneur par la fenêtre ! Les bandits sont certes déshonorables, mais on peut en dire autant de vos preux chevaliers. Combien d'entre-eux ont violé les femmes des villages après les avoir conquis ? Combien ont tué les enfants de ces mêmes femmes pour les empêcher de les dénoncer ? Votre honneur n'existe que quand ça vous chante, admettez-le ! »

Eddard Stark regarda Harry avec un grand étonnement. L'Empereur Elfique avait craché ses mots avec un tel venin, une telle vérité, qu'il était incapable de lui répondre. Il savait bien que les soldats prenaient plaisir à s'emparer du « butin » après chaque bataille, les femmes et même quelques enfants étant considérés comme des objets dédiés à leur plaisir personnel. Il n'était pas aveugle, et savait que même des gens du Nord avaient participé à ces exactions, les Bolton en premier. Il détourna du regard, admettant silencieusement sa défaite.

Aucun seigneur de Westeros n'osa intervenir, sous peine de s'attirer les foudres de l'Empereur. Robert était tout à fait d'accord, tandis que Jon Arryn voulait défendre son honneur. Mais le vieil homme savait parfaitement qu'il était impossible de défendre les actions de ses hommes, alors il ferma les yeux et hocha de la tête.

« Dans ce cas, en route pour Port-Réal ! » s'écria Robert pour dissiper la tension.

Ils hochèrent tous de la tête. Il était temps pour eux de s'emparer de la capitale et de mettre un terme définitif à cette guerre qui n'avait que trop durée.