Salut à tous, voici un OS qui servira de prologue pour d'autres fictions. C'est avant tout une idée qui ne voulait pas me sortir de la tête.
Dites moi si vous pensez qu'Harry doit retourner sur Terre ? Ou bien ailleurs ? (GoT, etc.)
Au centre du plan astral, un être dépassant l'entendement et la compréhension des mortels et immortels observe le multivers d'un regard avisé. Le Monade, aussi appelée « la condition de tout », est moins un être qu'un dessein omniprésent dans toute la création, représentant le vide prédatant la vie, la création, le cosmos, la future infinie et même la vérité absolue liant l'existence en un tout.
Les mortels ont parfois fait référence au Monade en tant que le « grand horloger », celui qui s'assure de la pérennité de l'existence, ajustant les infinis rouages du multivers d'une main invisible dans une musique que seul lui connait.
Mais, le Monade est aussi un état d'esprit, une forme d'esprit collectif qui créer des êtres capables de voyager à travers le multivers pour maintenir l'Ordre cosmique. Mais l'Ordre Cosmique n'est pas la justice, et peut se révéler bien cruel dans le but ultime de garder l'équilibre cosmique. Une planète surpeuplée peut se voire nettoyée, tout comme on éliminerait une surpopulation d'animaux. Humains, démons, dieux…nul n'est à l'abri du Monade et de ses agents.
Car c'est dans le plan astral que le Monade façonne ses agents, et d'une certaine façon ses enfants, qui sont une extension du Monade. Appelés Aeons, ces êtres informes et sans visages parcourent le multivers dans le but de maintenir l'Ordre et l'Equilibre. Ils sont pourtant si différents, et dans une caste silencieuse, car les Aeons ne s'entraident ni ne s'asservissent, chacun possède un objectif bien distinct.
Car bien que le Monade façonne ses agents, les Aeons sont avant tout crées par une dualité ou une philosophie, un équilibre auquel le Monade donne vie. Ces Aeons sont, dans un ordre de puissance :
-Les Paraclétus, des petits amas de lumières chatoyantes flottant dans les airs, entourés de plusieurs cristaux et pierres précieuses de couleur vive gravitant autour d'eux. Les paraclétus servent les aéons en tant qu'agents de liaison avec les mortels et observateurs étudiant l'influence des émotions (particulièrement la nature duale des émotions pures) sur le comportement des humains. Ils sont considérés comme des aéons inférieurs, au plus bas de l'échelle.
-Les Othaos, ayant quatre membres — deux noirs et deux blancs — surgissant d'un vortex tourbillonnant composé de lumière pulsante et de profondes ténèbres. Les othaos sont les coordinateurs de l'équilibre entre la lumière et l'obscurité. Les othaos sont en quête de sources de lumière ou d'obscurité surnaturelles dont la durée est contre nature et œuvrent pour rétablir l'ordre naturel.
-Les Thélétos, quatre membres arqués se séparant chacun au niveau du coude en deux avant-bras munis de trois doigts sortent du corps cristallin de cette créature. Les étranges thélétos sont les gardiens de la dualité entre la liberté d'action et le destin. Ils considèrent l'esclavagisme et la liberté totale comme des concepts équivalents qui ne pourraient pas exister l'un sans l'autre. Dans les régions où l'esclavagisme est très répandu, les thélétos peuvent aider certains esclaves à s'échapper alors que, là où il a été aboli, ces créatures bizarres chercheront plutôt à soumettre des créatures à leur volonté à l'aide de leurs nombreux pouvoirs de contrôle mental et ils les inciteront à réduire elles-mêmes d'autres individus en esclavage.
-Les Akhanas, ayant quatre bras gris jaillissant d'une masse tourbillonnante ressemblant à un œil géant, d'où pend une sorte de queue. Le domaine d'action des akhanas est la dualité de la naissance et de la mort. Ils perçoivent l'existence de choses vivantes comme un élément crucial à la conservation de l'équilibre cosmique. Ils comprennent également l'importante influence que les choses vivantes exercent sur le cosmos et leur capacité à produire des conséquences terribles si elles ne sont pas surveillées ; dans ces circonstances, la vie doit céder sa place à la mort.
-Les Bythos, une masse tourbillonnante et incolore se solidifiant en une forme humanoïde à quatre bras, avec une sorte d'œil au niveau du torse. Les bythos sont les gardiens du temps et des voyages planaires (en effet, pour les bythos, le vieillissement n'est rien d'autre qu'un type très particulier de voyage). Les bythos ne possèdent aucune capacité leur permettant de voyager à travers le temps mais ils sillonnent le multivers à la recherche de créatures qui jouissent de ce pouvoir et qui pourraient en abuser.
-Les Lipikas, emmitouflé dans une cape noire, ces humanoïdes aux visages sans traits, complètement lisse, possèdent quatre bras qui se scindent en deux au niveau de chaque coude, et un œil sur chacune des huit paumes de leurs mains. Les lipikas, également appelés seigneurs du Karma, sont membres de l'ordre le plus élevé des aéons. À la différence des autres aéons, leur dualité ne naît pas de l'opposition, mais de la compréhension selon laquelle toute action et réaction sont les cimes et les creux d'une même vague cosmique.
-Les Pléromas, ayant une forme vaguement humanoïde avec des couleurs et des sphères tourbillonnantes s'agitant dans leurs ombres, comme si elle avait absorbé tout le ciel nocturne. Les pléromas sont les plus puissants de tous les aéons. En tant qu'incarnations des actes opposés de création et de destruction, les pléromas sont perpétuellement en état de changement. Leur forme elle-même varie entre création et destruction au sein des plis sombres des capes de vapeurs qu'ils revêtent. Celui qui contemple un pléroma pourrait passer des jours entiers à étudier les changements incessants qui affectent sa forme et qui ressemblent au déplacement des corps célestes de l'univers, accéléré jusqu'à un rythme où les méandres des galaxies et le mouvement des planètes se fondent en une danse étrange.
Le Monade est aussi observateur, voyant toutes choses, don qu'il transmet aux aéons. Ainsi, nul ne peut mentir à un aéon, nul ne peut le tromper, et nul ne peut dissimuler la vérité, qu'elle soit physique ou philosophique. Ainsi, un aéon sait si un être ment, vol, maraude ou assassine, mais il sait aussi si son existence est conforme, s'il est vraiment vivant, possédé, transformé ou mutilé. Les aéons voient la vérité la plus pure, et ce regard transcende les limites mêmes du temps. Ils voient ainsi le passé, le présent et l'avenir. Mais, tous les aéons ne sont pas capables de ces dons, tout dépendant de leur puissance. Le plus faible des aéons peut savoir qu'un criminel est face à lui, sans connaitre son crime. Le plus puissant connait tous les crimes de tous les êtres l'entourant, pouvant même revoir les crimes êtres commis. Et les plus puissants d'entre tous peuvent même corriger les crimes avant qu'ils n'aient lieux, et changer la trame même du temps et de la réalité dans le but d'équilibrer l'Ordre Cosmique.
Telle est la raison pour laquelle les aéons sont craints de tous, même des dieux. Après tout, comment ne pas craindre des êtres qui peuvent inverser chacun de nos actes et détruire nos plans ? Mais, les aéons sont impartiaux, représentant la neutralité la plus pure, la justice sans émotion et l'Ordre dans son sens le plus strict. Si les dieux jouent, sans changer l'Ordre, alors les aéons les ignorent. Un dieu peut ainsi soumettre un monde libre en esclavage, si tant est qu'il en fait la loi de ce monde et laisse une partie de la population libre, créant un équilibre.
C'est ainsi que les dieux ont réussi à éviter les aéons, en maintenant un équilibre, parfois ténu, mais suffisant pour ne pas attirer l'attention des aéons.
Mais voilà, les mortels n'ont pas cette compréhension de l'équilibre, et ils en feront les frais, car une série d'actes atroces et contre nature, contre l'Ordre Cosmique lui-même ont attiré l'œil vigilant du Monade.
Le Monade a rivé son regard sur l'une des nombreuses versions de Golarion, aussi connue sous le nom de « Terre », « Terra » ou bien « Tellus ». Cette version est spéciale, les humains n'étant pas seuls, avec des gobelins, des nains, des vélannes, loups-garous et des sorciers, une race différente à l'aspect et la physionomie semblable.
Ce qui a attiré son regard ? Les actes d'un certain Tom Elvis Jédusor, ayant mutilé son âme à plusieurs reprises, au point que même les Abysses ne voudraient pas de son âme. Sur les morceaux de son âme, il pouvait voir une marque d'une rareté sans précédent dans le multivers, celle de la Mort. La Mort est avant un aspect, comme le Monade, et qui est représenté par une infinité de dieux de la mort et autres psychopompes qui agissent comme son extension. Ainsi, la Mort agit rarement par elle-même, se contentant de surveiller le Multivers et ses morts, se heurtant parfois au Monade lorsque les akhanas interfèrent avec les agents de la mort.
Cette marque apposée sur Tom était avant tout une malédiction et une promesse, celle d'une souffrance éternelle pour un crime allant à l'encontre même de la Mort. Et le Monade comptait bien s'assurer de l'équilibre des choses en envoyant cette âme être jugée par la Mort.
Le Monade ne pouvait pas inverser l'ordre des choses et empêcher Tom de lacérer son âme, la marque de la Mort ne pouvant être détruite et le Monade ne souhaitant entamer une guerre avec la Mort, qui se solderait par la destruction même de cet univers. Ainsi, il décida d'agir d'une façon simple et rapide : Profiter d'une opportunité pour envoyer un aéon détruire Voldemort et envoyer son âme droit dans les bras de la Mort (qui n'a pas de bras, étant intangible).
Mais comment ? Le Monade décida de changer la réalité, d'empêcher ce Voldemort de gagner et de rester immortel de façon indéfinie. Pour cela, il envoya un thélétos façonner une prophétie, n'hésitant pas à influer sur le domaine des dieux de la prophétie et du destin de ce monde. Peu importe leur ire, les aéons étaient plus puissants que les dieux de cette Terre, affaiblis par un manque de croyance. Sans oublier que Dieu, l'être de la création et de la destruction imaginé par les croyances monothéistes, était en fait un savant mélange de Mort, Monade et Vie, la majorité des prières allant directement à Monade, qui n'en avait strictement rien à faire.
Ainsi, une prophétie naquit, parlant d'un enfant capable de vaincre Voldemort, et le Monade agit en conséquence. Il choisit un couple répondant aux critères de cette prophétie inventée, les Potter, et rendit enceinte la mère infertile, plaçant à travers les mains d'un akhana un aéon naissant dans le ventre de Lily Potter, aéon qui rejoindrait les siens après avoir accompli son dessein. Un pléroma.
Des années s'écoulèrent, et enfin, le pléroma, connu sous le nom d'Harry Potter mourut des mains de Voldemort, emportant avec lui l'un des derniers morceaux d'âme de la créature abominable. Et c'est dans ce vide sidéral que le Monade décida de rencontrer cet aéon, le premier de son genre, aussi humain et qu'aéon, non pas par accoutumance mais par naissance.
/Plan Astral/
King's Cross Station
« Je crois, répondit Dumbledore, que si tu choisis d'y retourner, il y a une chance pour que Voldemort soit fini à tout jamais. Je ne peux pas te le promettre. Mais je sais, Harry, que tu as moins à craindre que lui si tu repars là-bas. »
Harry regarda à nouveau la créature écorchée qui tremblait et suffoquait dans l'ombre, sous la chaise, un peu plus loin.
Dumbledore, qui s'apprêtait surement à continuer à prodiguer ses conseils se tût en entendant un bruit tout à fait incongru.
Harry se retourna en entendant le professeur Dumbledore prendre une bouffée d'air, comme s'il s'étouffait et tentait par tous les moyens de parler, ouvrant la bouche tel un poisson hors de l'eau.
« Professeur, demanda Harry, que se passe-t-il ? »
Mais le professeur Dumbledore n'arrivait pas à s'exprimer, rendu muet comme par magie.
« Albus Dumbledore ne peut parler plus avant, dit une voix inconnue, et son interférence ne saurait être tolérée. »
Un claquement de doigt retentit, et Albus Dumbledore disparut dans un pouf sonore, les yeux écarquillés d'effroi et d'incompréhension. Quant à Harry, il se retourna brusquement pour chercher celui qui avait réussi à faire disparaitre son mentor avec quelques paroles seulement. La Mort était-elle venue le chercher ? Après tout, s'il était mort, ou non-mort comme le disait le professeur Dumbledore, ça ne voulait pas dire qu'il n'était pas dans le royaume des morts.
Mais ce n'était pas la mort, ou en tout cas, pas l'image qu'il s'en faisait. Ou alors, Harry se trompait énormément sur l'image de la mort, mais il avait tendance à croire que la mort ne ressemblait pas à un grand homme brun aux yeux blancs avec un costume trois pièce sur lequel des étoiles et des galaxies se baladaient dans une danse silencieuse.
« Qui êtes-vous, demanda Harry, et qu'avez-vous fait du professeur Dumbledore ?
—Le professeur Dumbledore n'avait pas sa place dans ce plan d'existence, répondit l'homme mystérieux, et il sera jugé pour son interférence et ses actions qui sont à l'origine des crimes de Tom Elvis Jédusor. Son âme a d'ores et déjà quitté ce plan pour rejoindre celui de Donn, dieu celtique de la mort et juge des âmes défuntes de ce monde.
—Ca ne répond pas à ma question, fronça Harry des sourcils, vous êtes qui ? Et comment vous êtes arrivés ici ? »
L'homme mystérieux qui n'avait pas encore révélé son nom se contentait de regarder Harry, le détaillant du regard et mettant notre jeune héros très mal à l'aise. Son regard blanc, vide était effrayant, on ne pouvait y lire la moindre émotion, la moindre réaction. Harry ne voyait devant lui qu'une statue capable de bouger et parler.
« Nous ne nous attendions pas à un tel résultat, dit l'homme mystérieux d'une voix monotone, l'aéon ne devait pas devenir sorcier, et le sorcier devait devenir aéon. Ce résultat inattendu est pourtant conforme aux lois, une exception de la règle. Nous sommes agréablement surpris.
—Un aéon, demanda Harry perplexe, qu'est-ce-que c'est ? Et vous ne m'avez toujours pas dit votre nom !
—Nous sommes Monade, répondit l'homme, le collectif, le savoir, la vérité du multivers, la création et la destruction, l'équilibre cosmique. »
En entendant ses mots, cette réponse complètement farfelue et digne d'un des films absurdes que Dudley apprécie tant, Harry ne put s'empêcher de ricaner. Monade avait prononcé cette phrase lourde de sens avec une voix si monotone, sans la moindre émotion, qu'on croirait qu'il parle du beau temps. Ca, et la situation stressante dans laquelle Harry se trouvait, avait fini par le submergé et un rire bruyant en était le résultat.
« L'aéon est soumis à un stress trop important, son état mental est compromis, dit Monade, rectification immédiate. »
A peine eut-il prononcé ces paroles qu'Harry se sentit bien, sans le moindre stress, comme si tout était parfait et que rien ne s'était produit. L'effet était presque comparable à celui de l'impérius, mais sans retirer sa volonté.
« Je…vous remercie ? demanda Harry.
—Votre gratitude est appréciée mais inutile, répondit Monade, nous avons rétabli l'ordre et accompli notre raison d'être.
—Je vois, dit Harry sans comprendre, donc je peux savoir ce qu'est un aéon ?
—L'aéon est une création cosmique née d'une dualité à laquelle nous avons donné vie après son façonnement, expliqua Monade, nous sommes la tête, le cerveau, et les aéons sont nos bras, ou selon les termes mortels, les aéons sont nos enfants. »
S'apprêtant à crier que c'était faux, une colère ayant rejailli en son sein, Harry se rappela soudainement une brève conversation qu'il avait eu avec patmol. Sirius lui avait dit qu'il était un miracle, car tous les médicomages et même les médecins moldus avaient annoncé à Lily qu'elle était infertile, son utérus complètement défaillant. En fait, aucun sort de soin ne pouvait la guérir, et les Potter s'étaient résolus à adopter un enfant. Mais, selon Rémus cette fois, le couple Potter avait dit avoir eu l'impression d'être observés, et quelques jours plus tard, juste avant de se rendre dans un orphelinat, Lily avait découvert qu'elle était soudainement enceinte, sans raison apparente, sans justification à part, surement, la conception.
« Vous êtes à l'origine de ma naissance, n'est-ce pas ? demanda Harry, c'est vous qui avez rendu ma mère enceinte.
—L'aéon sait fait preuve de logique et de retenue, répondit Monade, voilà qui est satisfaisant. Nous avons placé un pléroma dans son utérus après l'avoir façonné sous une forme humaine et avoir incorporé les gênes de ses nouveaux parents au sien. L'aéon devant nous est le premier aéon né de parents biologiques, et même le premier à naitre avec des pouvoirs considérés comme profanes ou magiques, selon la définition de l'univers habité.
—Donc je suis le premier aéon-sorcier ? demanda Harry les sourcils levés, c'est pas contre votre ordre cosmique ou je ne sais pas quoi ?
—Nous avons étudié la question, la naissance de l'aéon et la génétique font de lui un être à part entière, une nouvelle race qui se veut extraplanaire, répondit Monade en penchant la tête sur le côté, l'aéon n'est pas une abomination car il respecte l'équilibre du cosmos, l'aéon est un savant mélange de vie, de mort, de création et de destruction. L'aéon devant nous est le parfait mélange entre l'akhana, le lipika et le pléroma.
—Je ne sais pas ce que c'est ! » répondit Harry en soufflant un peu.
En même temps, il était perdu avec les termes utilisés par Monade. Qu'est-ce que c'est qu'un extraplanaire ? Ou bien un lipika, un akhana ou pléroma ?
D'un coup, il eut un mal de crâne abominable, comme si Rogue était de retour pour le légilimencer à tout va. Un hoquet de surprise s'échappa de sa gorge en remarquant qu'il connaissait maintenant la définition de ces termes, et même beaucoup plus.
Comment ? Comment le monde pouvait-il être aussi vaste ? Oh, si seulement Hermione pouvait savoir ce qu'il sait maintenant, elle en deviendrait tellement verte de jalousie qu'elle ressemblerait au Grinch.
Le multivers, une infinité de mondes, d'univers, de galaxies et de peuples, et surtout, les aéons, l'incarnation même de l'ordre et de la justice neutre, sillonnant la création pour rétablir le multivers dans une version qui se veut parfaite.
Tant de choses à voir, à savoir, à découvrir de ses propres yeux. Harry n'avait envie que d'une seule chose, c'est de voir de ses propres yeux les merveilles désormais à sa portée, de comprendre et d'expérimenter toutes ses sensations. Les gens avaient raison, le paradis existe, l'enfer, et bien d'autres lieux !
Pourtant, ils se trompaient aussi, Dieu n'existait pas, tout comme le diable. Oh, les anges existaient, dirigés par des archontes et des dieux dit du « bien », mais Lucifer n'était jamais tombé, devenu l'archonte de la liberté et l'un des seigneurs du paradis.
Les enfers étaient dirigés par Asmodéus, le plus puissant des neuf archi-diables qui règnent sur l'Enfer, et le seul à revendiquer un statut de divinité, et il était même à l'origine d'un contrat ayant permis de créer un monde qui servait de terrain de jeu à plusieurs dieux, nommé Golarion.
Golarion, l'un des mondes parallèles identique de la Terre, ou plutôt, la Terre était à son image. Il comprit alors que Golarion était la « Terre » originale, et que le monde où Harry se trouvait était l'un des innombrables reflets de Golarion.
Et ne parlons pas même du multivers, de ses sphères (intérieure et extérieure) et de ses plans, des royaumes infinis stratifiés en étages infinis. Le paradis, l'enfer, le plan élémentaire, le plan matériel (où se trouve la terre), les Abysses et même le grand au-delà, l'infinie cosmique vide de sens, de vie. Tant de choses, de vérités qu'Harry n'avaient jamais imaginé même dans ses rêves les plus fous, et surement pas les autres sorciers.
« L'aéon sait désormais ce qu'il est, dit Monade, mais que va faire l'aéon ? Est-il prêt à suivre son dessein ? »
Harry regarda Monade, s'étonnant de le voir aussi haut. Ou plutôt, Harry était couché au sol, ne s'étant même pas aperçu qu'il était tombé, tant il était absorbé par ses nouvelles connaissances, ce savoir infini.
Et enfin, en triant dans sa tête ce qu'il savait désormais, il comprit ce que lui demandait Monade. Harry était-il prêt à prendre sa place en tant qu'aéon ? Était-il prêt à faire régner l'Ordre et la Justice dans le multivers, tout en restant connecté à Monade et en suivant le grand dessein ?
Il n'en avait aucune idée. Pourrait-il abandonner ses amis, sa famille (Teddy) et le reste des gens qu'il connait ?
De son côté, Monade observait Harry avec une grande attention. Il venait de réveiller ses pouvoirs d'aéon, et une fois encore, le résultat était inattendu. Au lieu d'immédiatement se soumettre à la logique d'un aéon et d'intégrer le grand dessein, il avait gardé ses sentiments humains. Oui, Harry n'était pas qu'un simple aéon, il était devenu autre chose, plus grand encore que tout ce que pouvait imaginer Monade.
Mais comment ? Il avait tout prévu, et Harry aurait dû redevenir un pléroma prêt à accomplir son but, voire se désintégrer pour réintégrer le plan astral, son but étant désormais accompli. Au lieu de ça, l'aéon avait fait une ascension, devenu quelque-chose de plus grand encore qu'un aéon, mais pas au point d'être supérieur à Monade. Le Monade laissa échapper pour la première fois depuis sa longue existence un hoquet de surprise, la vérité apparaissant enfin devant lui. Il avait créé un dieu, ou plutôt un demi-dieu, de la justice, de l'ordre, mais aussi de la vie et de la mort.
Et il vit enfin ce qu'il n'avait jamais vu, comprit ce qu'il avait ignoré, pensant qu'il n'y aurait aucun impact. Les Reliques de la Mort, des objets créés par la Mort elle-même, attachés à Harry. Harry était désormais un hybride entre un aéon et un psychopompe, un demi-dieu.
Sans grand étonnement, il entendit un rire qui se voulait glauque, et il ne réussit pas à réprimer un sentiment de frustration, encore une fois, une première pour lui.
La Mort venait d'apparaître à côté de lui, revêtant pour l'occasion l'image d'une grande femme à la peau pâle et les yeux noirs, des cheveux d'ébène s'écoulant en cascade jusqu'aux reins, et une robe aussi noire que le grand au-delà.
« Tu as donc compris, sourit-elle, que penses-tu de notre enfant ?
—Tu as interféré sans le moindre droit, s'écria Monade, notre aéon est corrompu !
—Interféré ? cracha la Mort, comment oses-tu dire que j'ai interféré alors qu'il n'était pas sensé exister ? Crois-tu que je suis restée aveugle à tes manigances, que je n'ai pas vu l'altération de la trame de la réalité de ce monde ? Ce monde est à moi ! Les sorciers sont à moi ! Mes Reliques étaient la preuve de l'appartenance de ce monde à mon domaine, TU n'avais pas le droit d'intervenir ! »
Sous les hurlements de colère de la Mort, Monade s'écarta d'un pas, l'air pensif. Oui, il n'avait pas le droit d'intervenir, mais il n'avait pas vu les Reliques de la Mort, il n'avait pas vu…Il n'avait pas vu…
« Comment as-tu pu les dissimuler à mon regard ? demanda-t-il en fronçant des sourcils, nul ne peut se soustraire à la vue de la condition de tout.
—N'oublies pas que j'ai autant de pouvoir que toi, et je peux me soustraire à tes yeux si je le souhaite, ricane la Mort, ce n'est pas ma faute si tu n'as jamais su être discret, te reposant un peu trop sur tes aéons en croyant que personne n'oserait s'opposer à toi. Tu as de la chance que Vie n'a pas décidée de s'en mêler, crois-moi, elle est pire que moi quand on touche à ce qui lui appartient. »
Monade hocha de la tête, admettant que Vie était un être assez incongru et dangereux. Il se rappela la fois où un dieu avait osé toucher à Gaïa, un monde éden créé par Vie pour s'adonner à ses créations. Le dieu, un dieu des abysses, avait décidé de corrompre ce monde en pensant que ce serait une proie facile. Désormais, nul ne se rappelle le nom de ce dieu, tant il fut détruit par Vie, et seuls la Mort et Monade se rappellent cette histoire.
« Comment réagirais-tu si je m'amusais à modifier tes petits axiomites, voire attaquer Axis ? demanda la Mort en levant un sourcil, je sais parfaitement que tu réagirais très mal. Je me souviens encore de ta réaction lorsqu'Abadar s'est installé sur Axis. »
Une fois de plus, Monade hocha de la tête. Beaucoup croyaient, surtout ceux visitant Axis, que cette ville située au pied de la Flèche de Pharasma dans la Sphère Extérieure était celle des dieux de la justice et de l'Ordre. En vérité, Axis fut créée par les aéons, les premiers axiomites étant des serviteurs créés par Monade afin de créer une cité se voulant parfaite, capable de lutter contre les engeances des maelstrom dans un combat éternel pour maintenir l'équilibre de toutes choses.
Mais un jour, Abadar, le dieu golarien des villes, des richesses, des marchands et de la loi, un dieu neutre qui se veut être le « Juge des dieux », s'installa dans Axis. Dans un geste encore incompréhensible pour lui, Monade avait décidé d'éradiquer ce dieu qui avait décidé de s'installer dans sa ville, sa création. Le dieu le supplia de l'épargner, et se soumit alors à Monade, devenant littéralement le Héraut de Monade, qui le nomma alors Seigneur et dirigeant d'Axis.
De son côté, Harry observa les deux êtres légendaires devant lui, et à chaque mot inconnu, le savoir lui apparaissait. Pourtant, il ne trouvait strictement rien sur les Reliques de la Mort, mais peu importe, car il se souvenait parfaitement du conte des trois frères Peverell, ses ancêtres humains.
« Mais quel était le but des reliques ? demanda Harry à haute voix, sans s'en rendre compte.
—Ah, mon enfant, sourit la Mort, mes Reliques devaient créer mon propre enfant. Vois-tu, les dieux ayant pour domaine la mort et les psychopompes me sont fidèles, d'une dévotion éternelle mais irréfléchie. Ils sont incapables de me remettre en question, de contester mes décisions et donc d'apporter un point de vue différent du mien, dont j'ai tellement besoin. Alors, j'ai créée ces reliques avec une fraction de mon pouvoir, et une fois réunies, ces reliques seraient capables de transformer un mortel pour en faire mon propre enfant.
—Intéressant, intervint Monade, mon intervention a perturbé ton plan. Je perçois maintenant que tu me l'as révélé ta marque sur la famille Peverell. Cependant, sans mon intervention, l'aéon n'aurait pu exister, et ton plan n'aurait pu aboutir.
—Oui, je le sais, sourit la Mort, c'est pour cela que je t'ai laissé intervenir. Et je dois avouer que voir le résultat de cette petite expérience m'a fortement plu. Un demi-dieu à part-entière, enfin.
—Je comprends, mais en quoi être un demi-dieu est si important ? demanda Harry.
—Les dieux ne peuvent pas interférer dans le plan matériel, ce serait vu comme une déclaration d'interférence par les démons, les anges, les azatas et bien d'autre, répondit Monade, mais ce n'est pas le cas des demi-dieux, qui bénéficient d'un droit d'action plus important. La Mort, Vie et moi sommes considérés comme des demi-dieux par les autres entités de ce monde, Temps l'est aussi.
—Ce que Monade ne te dis pas, rajouta Mort, c'est que les dieux sont imbus de leur personne et ont tendance à sous-estimer notre puissance. Ils estiment que n'ayant pas de croyants, nous ne pouvons pas être des dieux. Ils n'ont pas compris que nous sommes au-dessus des dieux, et le multivers dépend entièrement de nous, leurs conflits n'exerçant aucune influence sur le destin du multivers. Et je ne te parle pas de leurs prophéties idiotes de la « fin du monde ».
C'est en entendant la réponse à sa question qu'Harry réfléchit. Après tout, il paraissait logique que la mort, l'équilibre, la vie et le temps soient au-dessus des dieux. Mais Harry, étant d'une certaine façon leur enfant, était-il vraiment un demi-dieu ? Et si oui, quel était son but, son droit ? Que pouvait-il bien faire ?
« Tu es un demi-dieu, ou en tout cas qualifié comme tel, dit Monade, un aéon-sorcier de la mort, et les autres êtres du multivers te décrieraient comme un demi-dieu, à notre instar.
—Et comme tous les demi-dieux, continua Mort, tu possèdes des domaines qui sont inhérents à ta nature. Ainsi, tes domaines sont l'équilibre (Monade), la mort (moi), la magie (tes parents biologiques), la création et la destruction (ta nature de pléroma), et la justice (tes actions du temps de ton vivant). Mais attention, tu n'es pas invincible, mais immortel. »
Pas invincible, mais immortel. Harry comprit la signification de ces dernières paroles. Il ne pourrait jamais mourir de vieillesse, garderait l'apparence de son choix et serait immunisé à toutes les malades et autres effets détruisant au fur et à mesure la santé. Avec ses domaines, il serait immunisé à la magie, mais une lame bien placée, une tête décapitée, tant de façon de mourir existaient encore.
« Et maintenant ? demanda Harry, que dois-je faire ?
—Tu as le choix, répondit la Mort, tu peux revenir dans ton monde, et en le siège de ton pouvoir, ou bien voyager à travers le multivers et choisir un autre lieu. Mais, tu te dois d'ancrer ton pouvoir, de choisir un siège, créer un lieu qui sera le symbole de ta puissance.
—Donc je peux retourner dans mon corps, demanda Harry, et finir Voldemort une bonne fois pour toute ?
—Si tu le désires, mais, intervint Monade, ta nature se manifestera rapidement, tes domaines feront appel à tes sens et tes sentiments, et tu te sentiras obliger de corriger ce monde pour qu'il réponde à tes exigences, car telle est ta nature. »
Harry hocha de la tête, comprenant que retourner sur Terre l'obligerait à en faire son domaine.
Il devait choisir, aller-t-il retourner sur Terre ? Ou bien trouver un autre monde avant d'y retourner ?
