Hey ! Et ben le voilà ce foutu chapitre haha ! Finalement je n'ai pas eu besoin d'une 3ème opération pour mon œil, il a décidé de guérir tout seul comme un grand ;) Du coup j'ai charbonné sur l'Héritage ! J'espère que ce chapitre vous plaira car il annonce le retour de quelqu'un que vous appréciez beaucoup héhé... :)
Merci à Mag et Esys pour la relecture ! Bonne lecture à tous ! La première scène peut se lire en musique avec La Giostra de PIOTTA, c'est même mieux avec la musique héhé.
Chapitre 53 : Les gitans
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se rendit compte qu'elle était devant leur maison familiale. Il faisait nuit noire, seuls quelques lampadaires extérieurs éclairaient tout juste la bâtisse. L'ancienne maison de Becca Giordano était étrangement silencieuse jusqu'à ce qu'une musique endiablée ne résonne aux oreilles de la brune qui se tourna sur elle-même pour en chercher l'origine. Lexa se paralysa, inquiète en reconnaissant un style appartenant aux peuples roms. Elle distingua soudainement des cris puis de la lumière à travers les grandes fenêtres, des ombres se transformant au fil de leurs mouvements en diables. Ces derniers semblaient prendre plaisir à terrifier et massacrer les occupants, dansant et riant sur la musique au rythme des coups de feu qui la firent sursauter. Elle se mit à courir, appelant les gardes du corps mais ces derniers n'étaient pas là. Elle trébucha contre quelque chose de dur et s'écroula sur le sol devant deux de ses chiens de garde qui étaient inertes. Elle se retourna, comprenant qu'elle avait buté sur un troisième. Elle se redressa rapidement, se rendant compte qu'elle était couverte de sang, les animaux ayant été abattus et se vidant lentement de leur sang.
-Maman ! Entendit-elle.
Le cri de Madi lui glaça le sang et elle enjamba les corps des chiens, courant pour monter les escaliers en pierre, trébuchant malgré elle, déchirant son tailleur aux genoux. Alors qu'elle arrivait au milieu, elle distingua Edda qui sortait avec Madi. Elle voulut les appeler mais aucun son ne parvint à sortir, alors elle ouvrit les bras pour leur faire signe de la rejoindre. Les deux filles se précipitèrent vers elle, jusqu'à ce qu'un coup de feu ne paralyse Edda qui baissa les yeux sur son ventre qui devint rouge sombre. Lexa sursauta, avançant pour récupérer Madi qui se blottit contre elle en pleurant tandis que l'héritière Giordano s'écroulait telle une poupée de chiffonsur les marches.
Elle attrapa l'adolescente, appuyant sur la blessure par balle, tentant de la tirer vers le bas jusqu'à ce qu'un ricanement qu'elle connaissait bien ne se fasse entendre. Elle leva la tête, se mettant devant les deux filles pour les protéger et son cœur s'arrêta de battre lorsqu'elle vit Quintsortir par la porte d'entrée, un bras entourant la gorge de Clarke qu'il poussa devant lui. Il avait son arme braquée contre le crâne de sa compagne qui tentait de garder son calme mais les torrents de larmes sur ses joues trahissaient son état de stress.
-Clarke ! Réussit-elle à crier.
-Salut chérie, répondit Quint avec un sourire narquois. Alors comme ça on invite pas son vieux copain Quint à la fête ?...
Le coup de feu qui partit transperça le crâne de la jolie médecin qui tomba inerte au sol. Lexa sentit son cœur se briser en mille morceaux tandis que le mafieux s'avançait maintenant vers elle et Madi, son arme braquée sur sa fille.
-Après la mère… Je voudrai… la fille bâtarde… Sourit-il.
- NON ! Cria Lexa en se redressant dans son lit, trempée de sueur.
Elle avait la respiration filante et mit quelques secondes avant de comprendre qu'elle était dans son appartement à Rome. Elle se leva, encore tremblante du cauchemar qu'elle venait de faire, la lumière s'activant sur son passage. Elle regarda l'heure : 1h48 du matin. Elle souffla, s'imposant le calme avant d'aller se désaltérer. Elle appela Raven qui mit quelques secondes à décrocher :
-Hm ? Bella t'as vu l'heure...
-On doit rentrer à Syracuse !
-Hein ? Mais pourquoi ? On est en milieu de semaine...
-Je m'en fous ! Dépêche-toi de préparer la voiture, on s'en va !
Elle raccrocha ensuite, ne laissant aucune liberté à son amie pour répondre. Elle prit une douche rapide, puis enfila une chemise et un pantalon taille haute gris. Elle attrapa son sac à main et sortit dans le couloir ce qui fit sursauter les deux gardes du corps qui étaient de service cette nuit.
-Madame ?
-On rentre à Syracuse, dit-elle.
Lorsque le SUV franchit la grille de la propriété, Lexa fut parcourue d'un frisson inquiet, attendant la musique qu'elle avait entendu dans son cauchemar mais seul le silence l'accueillit. Elle descendit du véhicule, croisant les chiens qui émirent un petit grondement affectueux à son égard. Elle les observa en silence avant de monter au pas de course les escaliers, franchissant la double porte, se faisant accueillir par la maîtresse de maison qui était encore tout ensommeillée.
-Madame... Voulez-vous...
-Désolée de mon arrivée impromptue... Est-ce que tout va bien ici ? S'enquit-elle.
-Euh oui Madame... Les filles dorment et votre femme est dans votre chambre...
-Très bien... Vous pouvez aller vous recoucher...
Lexa s'humecta les lèvres : elle n'avait pas parlé à Raven durant tout le trajet, trop inquiète et n'avait pas voulu appeler sa compagne. Elle quitta ses escarpins et monta aussi silencieusement que possible l'escalier menant à l'étage, jetant un coup d'œil dans la chambre de Madi qui n'était pas dans son lit. Son cœur s'accéléra et elle crut que son cauchemar était en train de se produire. Elle poussa légèrement la porte de la chambre qu'occupait Edda et la lumière du couloir lui permit de distinguer que l'adolescente dormait sur le ventre, une jambe en dehors de la couverture. Elle remarqua un amas de couverture au pied du lit d'Edda et reconnut la chevelure brune de sa fille. La sicilienne souffla de soulagement avant de refermer la porte. Elle fila jusqu'à la chambre qu'elle occupait avec Clarke, distinguant le corps de sa femme sous le drap. Elle ne put résister à l'envie de se coucher près d'elle, venant la serrer contre elle ce qui tira la médecin de son sommeil.
-Hm... Lex ?... On est déjà vendredi ?...
-Non mon amour... Je voulais juste être sûre que toi et les filles alliez bien... Rendors-toi... Lui murmura-t-elle en l'embrassant doucement.
Clarke sourit et se blottit contre la belle sicilienne, attrapant ses bras pour qu'elle les referme sur son ventre, se laissant emporter de nouveau par le sommeil.
Le biper de la blonde fit faire un bond aux deux femmes à peine une heure après l'arrivée de la brune. Lexa avait eu un mal fou à s'endormir mais la respiration calme de sa compagne avait fini par avoir raison d'elle. Clarke eut du mal à se défaire car sa femme s'était enchevêtrée avec elle. Elle alla attraper son biper sur la table de nuit et grogna avant de se lever en vitesse, sautant dans les premiers vêtements qu'elle trouva.
-Une urgence ? Demanda Lexa.
-Oui, mon collègue est tout seul... Je lui ai dit de me biper si besoin...
-Je viens avec toi.
-Quoi ? Mais non... Tu es rentrée en plein milieu de la nuit, dors, tu en as besoin, sourit Clarke, déposant un baiser sur les lèvres de la brune. Madi et Edda seront contentes de voir que tu es là en se levant...
Lexa ne semblait pas convaincue ce que ne manqua pas la médecin qui se rapprocha d'elle :
-Il y a un problème ? Chuchota-t-elle.
-Non... Va à l'hôpital, tu as raison, je vais prendre le relais avec les filles.
-Super, je t'envoie un message quand j'ai fini et on ira prendre un café d'accord ?
-Faisons-ça oui, sourit la brune. Clarke ?
-Oui ?
-Je t'aime.
La blonde sourit et vint embrasser la brune de nouveau.
-Moi aussi.
Lexa observa sa compagne quitter au pas de course leur chambre avant d'aller regarder par la fenêtre. Elle vit la blonde s'engouffrer dans une voiture avec ses gardes du corps ce qui l'apaisa. Elle souffla, cherchant à comprendre l'origine de son inquiétude soudaine.
Lorsque Clarke sortit à l'entrée principale de l'hôpital en milieu de matinée, elle respira l'air frais de Syracuse, tentant d'oublier sa nuit.
-Clarke, appela la voix de sa compagne.
La médecin tourna la tête, un sourire se dessinant sur ses lèvres. Elle observa la belle brune monter les escaliers, suivie par deux gardes du corps. Lexa l'enlaça à la taille, déposant un baiser sur ses lèvres. Elle lui tendit ensuite un café et un petit sachet contenant des viennoiseries.
-Oh tu es géniale…
-Comment s'est passée ton urgence ?
-Mal… J'ai perdu le patient.
-Je suis désolée…
-Encore un jeune criblé de balles…
-Ah…
-Ça commence à devenir frustrant… Il n'avait que vingt-deux ans… Enfin… J'imagine qu'on ne peut rien y faire… Souffla Clarke, peinée.
Lexa observa sa compagne, se demandant si elle devait lui raconter son entrevue avec Diyoza ou la lui cacher.
-Clarke, il faut qu'on parle… Est-ce que tu peux prendre le temps ou bien on remet ça à ce soir ?
Les sourcils de la blonde se froncèrent, aussi demanda-t-elle :
-Je dois m'inquiéter ?
-C'est possible.
-C'est pour ça que tu es rentrée si tôt alors…Dis-moi.
La sicilienne regarda autour d'elles pour être certaine que personne ne puisse entendre, elle repéra un banc à quelques mètres sur lequel elle invita la blonde à s'asseoir. Leurs gardes du corps respectifs se postèrent à distance, permettant au couple d'avoir un peu d'intimité.
Lexa résuma sa rencontre étrange avec l'inspectrice et donc l'idée qui en avait découlée pour justifier le mensonge sur le retour miraculeux de Madi.
-Je comprends mieux… Souffla Clarke. Mais pourquoi la AISI s'intéresse à toi ?
La brune s'humecta les lèvres, cherchant à protéger sa compagne mais elle savait qu'un mensonge les fragiliserait une nouvelle fois.
-Je pense qu'ils savent pour moi et ce que j'ai fait par le passé, confia-t-elle, appuyant sur deux mots en particulier.
Clarke comprit immédiatement et blêmit. Elle attrapa les mains de sa compagne, les serrant avec force.
-Tu en es certaine ?
-Oui. Elle ne me l'a pas confirmé mais j'ai senti qu'elle attendait quelque chose de moi. Que j'accepte ou non son aide, j'étais coincée. Je ne pouvais pas dire à toute l'Italie que la Mafia m'avait aidée à récupérer Madi… J'aurai perdu mon poste de sénatrice.
-En effet… J'imagine que Gustus et Anya sont connus de leur service ?
-Oui… Ils ne se sont malheureusement pas contentés des profits du casino que je leur ai cédé durant toutes ces années. Ils sont dans le viseur de la cellule anti-mafia sicilienne et italienne car ils agissent sur les deux terres. Ce n'est qu'une question de temps pour qu'ils se fassent coincer.
-Merde… Et Edda le sait ?
-Non je ne pense pas… Cela expliquerait pourquoi ils ont été plutôt conciliant à l'idée de nous la laisser.
-Tu penses qu'ils ont anticipé leur arrestation ?
-C'est bien possible…
-Bon sang… Déjà qu'elle a des difficultés mais tout ça ne va pas aider… Se désola la blonde. Donc si j'ai bien compris cette inspectrice t'a simplement demandé de conserver ton poste de sénatrice mais tu penses toi qu'elle a compris qui tu étais ? Dans ce cas pourquoi ne t'arrête-t-elle pas ? Non pas que je le veuille ! Bafouillala médecin, stressée.
Lexa laisse filer un léger sourire triste devant la maladresse et l'incompréhension de sa compagne. Clarke était-elle dans le déni ou bien son innocence passée refaisait-elle surface ?
-En prison je serai inutile, souffla Lexa tout en posant sa main sur celle de la médecin.
Le visage de Clarke devint grave et elle se leva, criant :
-Lexa non ! Il en est hors de question ! Je t'interdis de faire ça !
-Clarke… Calme-toi… Souffla la brune, ne souhaitant pas attirer l'attention sur elles.
La brune se leva à son tour, cherchant à capter le regard de sa femme mais la médecin secouait la tête, des larmes perlant de ses yeux, la colère l'envahissant. Elle se défit de la main tendre que Lexa avait posé sur sa joue pour la consoler et partit au pas de course vers l'intérieur de l'hôpital pour s'y réfugier. Lexa soupira, blessée de la réaction de Clarke mais décida de laisser la blonde digérer la suggestion qu'elle venait de faire passer. Elle se dirigea vers les portes vitrées de l'hôpital, la cherchant du regard mais sa compagne n'était pas là. Elle sursauta lorsqu'elle sentit qu'on lui attrapait vivement la main droite. Ses yeux croisèrent alors les yeux blancs témoignant de la cécité d'une femme âgée aux allures gitanes.
-Vous êtes une femme puissante…qui pense énormément… Votre famille est la plus importante partie de vous-même…
-Écartez-vous ! Ordonnèrent les gardes du corps en approchant rapidement de la femme et de leur supérieure.
Lexa sursauta, tentant de retirer sa main, mal à l'aise mais la femme s'y accrocha fermement pour la parcourir de ses doigts.
-Attendez ! Un danger vous guette ! Votre ligne du destin le dit clairement !
-Partons Madame, proposa un garde du corps tandis que son collègue repoussait la gitane.
La brune se laissa guider jusqu'à sa voiture et monta à l'intérieur, observant la vieille femme qui semblait désorientée à présent à l'entrée de l'hôpital face à la rudesse qu'avait eu ses employés envers elle. Elle baissa finalement les yeux sur les lignes à l'intérieur de sa main droite, pleine d'incertitude.
La sicilienne avait décidé de rester quelques jours de plus à Syracuse auprès de sa famille. Elle travaillait à distance pour ne pas prendre trop de retard concernant ses projets de lois anti-mafia mais faisait aussi des recherches sur le président du Sénat. Russel Primo-Lightbourne lui avait affirmé qu'il était un vendu et le commanditaire de l'enlèvement de Madi mais jusqu'ici elle ne trouvait rien qui lui permettrait de lancer la police derrière lui.
Elle cherchait aussi ce qui avait permis à Diyoza de comprendre son implication passée dans la Mafia et malheureusement il n'y avait qu'une seule réponse à cela : le journal d'Ontari avait dû fuiter jusqu'à la police car le silence était d'or entre mafieux. Elle se mordit la lèvre dans sa réflexion, tâchant de se souvenir des événements gravitant autour de l'affaire du journal. Gustus avait récupéré l'original mais avait soumis l'idée que Nathan Miller en possédait des copies afin de se protéger de tout chantage. Et elle avait fait le nécessaire auprès du père de ce dernier afin qu'il oblige son fils à détruire chaque copie du journal, engageant sa parole puisqu'il devait un service à la Dona depuis l'époque où Nathan avait été battu à mort par l'un des amis d'Aden. Il manquait des pièces du puzzle et cela commençait à l'agacer. De plus son contact dans la police sicilienne ne répondait pas. Elle tourna finalement un regard agacé vers son portable professionnel où un numéro privé venait de s'afficher et l'appelait déjà pour la troisième fois. Elle décrocha, se doutant de l'identité de son interlocuteur ou plutôt interlocutrice.
-Sénatrice, salua la voix de Diyoza.
-Détective, répondit-elle.
-Puis-je savoir pourquoi vous n'êtes pas à Rome ?
-Ma famille avait besoin de moi.
-Vraiment ?
-Oui.
-J'espère qu'elle n'a plus besoin de vous pour très longtemps dans ce cas.
« La vérité est qu'ici tu ne peux pas coller des micros comme tu l'as fait dans mon appartement à Rome » Pensa silencieusement la brune en plissant les yeux.
-Dois-je vous rappeler que ma fille s'est faite enlever et malmener ? Elle fait des cauchemars chaque nuit et a des angoisses en journée.
-Hm en effet mais elle a son autre mère pour la border Sénatrice si je ne m'abuse.
-Sa mère est chirurgienne, que croyez-vous ? Elle ne peut pas être là autant que je peux l'être. Je travaille à distance et serai présente lors des sessions importantes au Sénat, affirma la brune.
-Prenez une baby-sitter comme tout le monde Sénatrice. Vos excuses bidon ne m'intéressent pas. Nous avons un marché, respectez-le.
-Et je le respecte. Vous m'avez demandé de faire mon travail, je le fais.
-Pas à Rome.
-Rome, Syracuse, je ne vois pas où est le problème…. Quel est votre réel problème Inspectrice Diyoza ?
Lexa put deviner le sourire agacé de l'inspectrice qui avait dû se dessiner sur ses lèvres.
-Je n'ai personne pour jouer au poker ce soir, se permit de plaisanter la policière.
-Vous m'en voyez désolée, il est toujours possible de faire une partie en ligne si vous souhaitez autant ma présence.
-Je me passerai de vous pour le moment… Ah… Sénatrice, une suggestion ?
-Hm ?
-Les psychologues sont très efficaces pour gérer les traumatismes comme votre fille a vécu.
-Merci du conseil Inspectrice. Bonne soirée.
La brune coupa la conversation, soupirant d'agacement.
-Tss.
Madi et Edda avaient repris les cours au collège de Syracuse pour le plus grand malheur de l'héritière Giordano. Elles étaient accompagnées par plusieurs gardes du corps à l'aller et au retour, n'ayant pas le droit de discuter avec leurs camarades à la sortie des cours. Edda soufflaen jetant son sac à dos dans l'entrée de la maison de sa tante.
-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle en voyant Madi s'installer sur la table du salon.
-Les devoirs pour demain et la semaine prochaine… Répondit la jeune fille. Je ne dois pas prendre trop de retard…
-Quoi ? T'es sérieuse ? On vient de nous bourrer le crâne toute la journée et t'en redemande ? C'est bon quoi ! C'est l'heure de s'amuser ! Allez viens !
-Mais Maman ne…
-Oh c'est bon ! C'est pas elle qui a survécu à un enlèvement ! Faut s'amuser ! Viens ! Sourit l'adolescente en attrapant la main de sa cousine pour monter dans sa chambre.
Madi laissa un sourire apparaître sur ses lèvres et suivit Edda qui claqua la porte derrière elles. Elle lança du rap italien sur son enceinte portable et commença à se déhancher sur son lit.
-Allez belle gosse, lâche-toi aussi. Montre-moi comment tu bouges… L'invita la jeune fille.
L'héritière Griffin hésita avant de détacher ses cheveux et de venir sauter et danser sur le lit de sa cousine en rythme avec elle.
-Je suis rentrée ! Lança la médecin. Madi ! Edda ! Lexa ? Appela-t-elle.
La blonde avait la boule au ventre. Elle n'avait pas été bien de toute la journée à la suite de sa discussion avec sa compagne à l'hôpital. La fatigue commençait à se faire sentir aussi mais elle savait qu'elle allait devoir discuter avec Lexa. La gouvernante se présenta à elle avec un visage embarrassé ce qui lui fit froncer les sourcils.
-Bonjour… Vous faites une drôle de tête… Ça ne va pas ?
-C'est que Mlle Edda et Madi sont rentrées il y a une heure et elles refusent de faire leurs devoirs et travailler leurs leçons… La professeure de piano de Madi est repartie aussi.
-Quoi ?! S'étrangla à moitié la médecin.
-Elles jouent et dansent dans la chambre de Mlle Edda.
-Et où est Lexa ?
-Madame Lexa est dans son bureau, elle a demandé à n'être dérangée sous aucun prétexte…
-Non mais je rêve ! Enragea Clarke.
Elle monta d'un pas furieux les escaliers et toqua à la porte de chambre d'Edda mais avec la musique, impossible que les filles l'entendent. Elle tenta d'ouvrir mais la porte était fermée à clé. Elle s'agaça d'autant plus et redescendit, entrant sans prévenir dans le bureau de sa compagne qui était en visio-conférence.
-Il faut qu'on parle. Tout de suite ! Lui dit-elle, furibonde.
Lexa se racla la gorge et s'excusa auprès de son interlocutrice :
-Giula… Excuse-moi, peut-on se rappeler plus tard ?
-Pas de souci Lexa… C'était Clarke non ?
-Gagné.
-Elle n'avait pas l'air très contente.
-En effet…
-Sûrement les enfants… Clara est pareil avec nos deux filles. Le travail me prend beaucoup de temps donc je loupe pas mal de… hm, détails ?
-Nos femmes ont deux caractères forts, plaisanta Lexa.
-Il faudrait que l'on mange toutes ensemble à l'occasion, sourit la juge.
-Avec plaisir. Bon et bien je te rappelle prochainement… encore désolée pour cette interruption.
La belle brune ferma son ordinateur portable et sortit du bureau, cherchant sa compagne qui était dans la cuisine, un verre de vin à la main. Elle s'approcha doucement, posant une main sur sa taille ainsi qu'un baiser sur sa joue, se gardant bien de faire une remarque au sujet de l'alcool.
-Que se passe-t-il ?
-Il se passe que la fille de tes amis mafieux est en train de dévergonder notre fille !
Lexa fronça les sourcils avant de répondre :
-Est-ce le vrai problème ?
-Évidemment ! Notre fille vrille complètement depuis ce kidnapping ! Je ne sais plus quoi faire Lexa ! Tu es loin de nous ! Tu me colles une adolescente en pleine crise dans les pattes alors que j'y arrive à peine avec Madi ! Comment veux-tu que je fasse ?!
-Calme-toi… On va aller leur parler et leur rappeler les règles de cette maison, d'accord ?
-Ah oui ? Et bien bon courage, elles se sont enfermées dans la chambre et la musique est à fond.
Un sourire se dessina sur les lèvres de l'ancienne mafieuse et elle demanda :
-Je te donne le choix : j'appelle un garde du corps et il défonce la porte de la chambre ou bien nous attendons calmement qu'elles descendent lorsqu'elles seront calmées et nous leur faisons un rappel.
-Quand elles seront calmées ? Comment ça ?
-Elles finiront bien par avoir faim, souligna la brune.
Clarke acquiesça silencieusement, toute colère la désertant. Elle esquissa un petit sourire pour sa compagne, attrapant sa main pour l'amener à ses lèvres et l'embrasser.
-Désolée de m'être emportée…
-Ce n'est pas grave, la rassura la brune.
-Tu étais avec quelqu'un d'important ?
-Giulia Conti, elle te passe le bonjour. Ton intervention l'a beaucoup fait rire… Sourit Lexa.
La médecin grimaça de gêne avant de souffler :
-Tu penses que j'ai le droit de fouiller dans le sac de cours d'Edda ?
-Je pense que tu as le droit oui, la rassura la brune. Après tout, ses parents nous l'ont confiée pour qu'elle se reprenne en main.
Comme l'avait suggéré Lexa, Edda et Madi descendirent pour l'heure du repas, affamées après cette séance de danse improvisée. Elles trouvèrent la table de la salle à manger recouvertes de leur agenda respectif, devoirs et contrôles. Madi blêmit, se sentant beaucoup moins confiante soudainement et elle sursauta lorsqu'elle entendit les talons de Lexa claquer sur le sol. La belle brune se montra dans l'encadrement et s'appuya sur ce dernier, toisant les deux jeunes filles.
-Mesdemoiselles bonsoir.
-B'soir, répondit nonchalamment Edda.
-Lexa, on a dit en anglais uniquement, la reprit gentiment Clarke en apparaissant à son tour.
-C'est vrai, se reprit la brune en se mettant à parler en anglais et non en italien.
-C'est quoi votre délire ? On mange quand ? Questionna Edda.
-Lorsque vous aurez fait vos devoirs et révisé vos leçons toutes les deux vous aurez à manger, indiqua Clarke dans un anglais parfait.
-Quoi ? J'ai rien capté ce qu'elle a dit ! Dit l'héritière des Giordano en se tournant vers Madi.
-Elle dit que…
-Madi. En anglais s'il te plaît, la reprit Lexa.
La petite fille grimaça et répéta ce qu'avait dit une de ses mères, faisant des mimes avec ses mains pour aider Edda à comprendre.
-Ton anglais est catastrophique, tout comme tes autres notes dans les différentes matières.
-Putain mais parlez en italien bordel ! Je pige quedal à l'English ! S'agaça l'adolescente.
-Tu vas finir par t'y faire. Maintenant tu as le choix, tu fais tes devoirs ou tu ne manges pas.
-Hein ? Manger ? Devoirs ? Ah ! Haha ! Non je ferai rien du tout !
-Dans ce cas bonne soirée. Madi souhaites-tu suivre ta cousine ou passer la soirée avec nous ? Questionna Lexa.
Madi tourna son regard vers sa cousine, ennuyée à l'idée de faire un choix. Elle murmura un « désolée » en anglais avant de s'avancer vers ses mères. Cela eut le don de faire exploser Edda qui balaya d'un coup de bras les documents sur la table. Elle partit ensuite d'un pas furibond vers la porte d'entrée mais un garde du corps l'empêcha de sortir. Elle enragea d'autant plus et cria un magnifique « FUCK YOU ! » avant d'aller s'enfermer dans sa chambre en claquant la porte.
-Et bien voilà, ça commence à venir, sourit Clarke ce qui ne manqua pas de faire rire Lexa.
-Madi, appela la belle brune ensuite, se mettant à la hauteur de sa fille pour la regarder droit dans les yeux.
-Maman ?...
-Je sais que tu as vécu quelque chose de très traumatisant, que tu découvres que tu as une cousine et que tu ne penses pas à mal en t'accrochant à elle mais attention. Edda est instable et a besoin de cadre. Ne la suis pas trop, il va lui falloir du temps avant de comprendre qu'elle est dans l'erreur. D'accord ?
-C'est que je ne veux pas la blesser… Elle m'a sauvé la vie…
-Je sais mais tu ne dois pas non plus faire tout ce qu'elle te dit de faire. Tu n'as que neuf ans et demi Madi. Tu comprends ?
La petite brune hocha la tête, des larmes perlant de ses yeux.
-Viens-là ma chérie, souffla Lexa en l'enlaçant et en l'embrassant, bientôt rejointe par Clarke.
Madi déglutit en passant devant la chambre de sa cousine. Elle vérifia que ses deux mères étaient occupées en bas pour toquer tout doucement. Bien qu'aucune musique ne transperçât les murs, Edda l'ignora. Elle resta donc devant la porte fermée.
-Désolée de ne pas t'avoir choisie tout à l'heure… Je sais ce que je te dois. Si tu le veux bien, je t'aiderai… C'est ce que font les membres d'une famille non ? Bonne nuit Edda…
Elle déposa un petit pain emballé dans une serviette avant de partir dans sa propre chambre. Au moment où elle ferma sa porte, celle de la Giordano s'ouvrit et elle saisit le morceau de pain emballé. Elle s'assit sur son lit pour le déballer et eut la surprise de lire quelques phrases écrites en anglais mais qui étaient traduites.
« Bonjour » « Bon appétit » « Puis-je avoir de ce plat ? » « Fourchette, couteau, cuillère, verre » « Je peux avoir du pain ? » « J'ai soif » « Merci ».
Elle s'humecta les lèvres avant de croquer dans le morceau de pain tout en répétant les phrases dans sa tête.
Lexa rejoignit sa compagne dans le lit conjugal, se glissant à ses côtés. Inconsciemment, elle amena sa main droite devant ses yeux ce qui interrogea la médecin.
-Tu as mal à la main ?
-Non… Une vieille femme m'a attrapé la main après notre discussion et elle m'a soi-disant lu les lignes de la main… Ça m'interroge juste.
-Tu crois à ce genre de chose ?
-Ma famille a toujours été croyante…
-Oui mais toi, tu ne l'es pas, si ?
-Pourquoi croirai-je en un être qui me refuse une place dans son paradis à cause de mon orientation sexuelle ? Il me la refuserait pour ce que j'ai pu faire par le passé je comprendrai mais…
-Tu as tout de même une croix religieuse tatouée dans la nuque je te rappelle mon amour… Ainsi que ta chaîne en or.
-De vieilles reliques du passé… Souffla la brune en croisant ses bras derrière sa tête. Clarke ?
-Oui ?
-Tu as dit que ton collègue était seul la nuit dernière… Mais le Dr Jackson n'est pas revenu depuis le temps ? Je sais qu'il t'a demandé d'assurer l'intérim de son poste de chef de la traumatologie mais il devait s'absenter pour une période définie.
-Oui il avait posé une quinzaine de jours. Nous n'avons aucune nouvelle de lui depuis trois semaines… Il devait partir avec son compagnon en vacances, sans doute ont-ils prolongé…ou bien ils se sont installés sur place à ce rythme, plaisanta-t-elle. Il avait beaucoup de congés à poser donc pour le moment l'hôpital ferme les yeux sur cette absence mais ça devient inquiétant tout de même car il ne répond pas à son téléphone. On tombe sur la messagerie directement et il n'est pas connecté sur les réseaux sociaux. En général il poste des photos avec son compagnon car il adore partir à l'aventure avec lui.
-L'hôpital n'a pas fait de signalement ? Il n'a pas de famille ?
-Hm Eric ne m'a jamais parlé de sa famille, je pense qu'il n'a que Nathan…
-Nathan Miller… Le policier…
-Oui, tiens tu te souviens de ce détail ? Interrogea la blonde.
-Une vieille histoire avec son père.
-Je vois, souffla Clarke, comprenant le sous-entendu.
Elle déglutit, sentant immédiatement son mal de ventre revenir. Elle éteignit sa lumière et se tourna dos à sa compagne qui jeta un coup d'œil discret. La sicilienne finit par éteindre sa lumière aussi, soupirant tout en essayant de chercher le sommeil. Elle n'aimait pas voir Clarke dans cet état mais elle se sentait totalement impuissante. Elle savait que sa compagne était en train de se faire lentement à l'idée qu'elle allait devoir sans doute réendosser le rôle de Dona prochainement. Elle sentit finalement la blonde se lever ce qui lui fit ouvrir les yeux :
-Clarke ? Interrogea-t-elle.
-Désolée je ne peux pas dormir ici… Répondit la médecin avant de tiquer sur ce qu'elle venait de dire. Hm… Je n'arrive pas à dormir plutôt, désolée, je me suis mal exprimée…
Lexa se redressa, observant la blonde qui lui tournait le dos et qui était debout près du lit. Son cœur s'était serré de douleur lorsque Clarke avait indiqué de pas pouvoir dormir dans leur chambre… Dans leur lit… Avec elle… Elle ne sentait pas la force de discuter, cela déboucherait sans aucun doute sur des pleurs et possiblement une dispute, Clarke n'étant pas prête à aborder le sujet qui posait problème actuellement.
-Non attends… Reste… Je vais aller dans mon bureau… le sommeil ne vient pas non plus… La rassura-t-elle en se levant. Je vais aller travailler.
-Lexa… Je suis désolée pour ce que j'ai dit…
Lexa fit le tour du lit et posa un simple baiser sur le front de sa compagne, quittant ensuite la chambre en silence.
La brune souffla une fois face à son ordinateur. Son couple était une nouvelle fois mis à rude épreuve et elle ne supportait pas faire du mal à Clarke. Elle maudissait cette Diyoza. Pourtant en discutant avec la médecin, elle venait possiblement d'obtenir une pièce du puzzle qui lui manquait. Eric Jackson le compagnon de Nathan Miller était introuvable tout comme le policier. Leur était-il arrivé quelque chose ? Un son bien particulier l'alerta et elle lut le message qui étaitarrivé sur un portable prépayé une demi-heure auparavant. Il s'agissait d'une adresse et d'une heure. Elle regarda sa montre et se dépêcha de sortir de son bureau pour passer un manteau en cuir long. Ses gardes du corps l'accueillirent et elle leur indiqua l'adresse, montant dans un des véhicules garés.
Elle jeta un coup d'œil par la vitre teintée mais avec la nuit noire, elle ne distingua personne. Pourtant Clarke la regarda partir loin d'elle depuis la fenêtre de leur chambre.
Le SUV, après s'être engagé dans un chemin terreux sur plusieurs centaines de mètres, finit par s'arrêter près d'une voiture grise. L'occupant se fit fouiller puis monta dans la Porsche, s'installant près de la politicienne qui lui lança un regard courroucé.
-Puis-je connaître la raison qui justifie ce silence radio de plusieurs semaines ?
L'homme s'humecta les lèvres avant de lâcher un petit souffle exaspéré.
-Vous le savez très bien. Une vipère du nom de Diyoza. Ce n'est pas simple de sortir de son radar.
-Je ne peux que confirmer. Comment sait-elle ?
-Miller s'est fait serrer.
-Je m'en suis doutée. Le journal ?
-Oui. Il avait une dernière copie sur serveur. Il devait taper un code toutes les soixante-douze heures, auquel cas, le journal était directement envoyé au Commissaire Blake.
-Imbécile… Comment se fait-il qu'il…
-Ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment… Théo Fabrini ça vous dit quelque chose… ?
-Vaguement.
-C'est l'adolescent qui s'est amusé à tabasser Nathan Miller alors qu'il travaillait en tant que barman dans une boîte de nuit, un ami de votre frère si je ne m'abuse… Son père s'est suicidé après que vous l'ayez ruiné en lui volant son entreprise, la mère a suivi le même chemin. Le fils lui a été traumatisé par la punition qu'il a subi et le suicide de ses parents. Il a décompensé quelques années plus tard, il fait des séjours en psychiatrie régulièrement car dangereux pour lui-même et pour les autres. Il est connu pour des agressions sur des touristes. Lorsqu'il n'est pas interné, il est livré à lui-même. Nous pensons qu'il a repéré Miller un jour par hasard lors d'une errance et il a commencé à le suivre pour se venger.
-Je vois… Souffla la brune en serrant le poing. Ce Fabrini aurait fait du mal à Miller et son compagnon donc… Comment vont-ils ?
-Le Dr Jackson est malheureusement mort. Nathan Miller est en vie bien qu'en sale état. Diyoza le torture psychologiquement.
-Mort ? Répéta la brune en fronçant les sourcils.
-Oui… Ils étaient en randonnée quand c'est arrivé. Fabrini les a suivis et les a coincés. Il a profité qu'ils soient isolés pour tenter de les tuer. Il était armé d'une arme à feu et a tué le Dr Jackson de plusieurs balles avant de se jeter d'une falaise avec Miller. Par miracle Nathan s'en est sorti mais est resté plusieurs jours à agoniser sur place. Blake a reçu le mail avec le journal ainsi que la dernière position émise par le téléphone de Nathan ainsi qu'un message vidéo où Nathan indiquait que s'il recevait ça c'est qu'il devait être mort, sûrement tué par la Mafia. Bellamy Blake était en contact avec Diyoza par rapport à l'enquête sur les Giordano. Il s'est mis à la recherche de Miller en parallèle de Diyoza qui s'est emparée du journal. Ça leur a permis de répondre à pas mal d'interrogations…
Lexa prit une longue respiration, prenant le temps de digérer toutes ces informations. Elle pensa immédiatement à la peine que Clarke ressentirait en apprenant la mort de son collègue mais elle pensa aussi au fait que la situation lui échappait à présent totalement depuis bien plus longtemps qu'elle ne le pensait.
-Diyoza veut que vous descendiez de nouveau dans les rues.
-Je sais, répondit difficilement la brune.
-Depuis que vous avez raccroché, une famille sicilienne a repris le flambeau et elle est loin d'être aussi…
-Aussi quoi ? S'agaça-t-elle.
- Humaine que vous avez pu l'être malgré ce qu'exige ce genre de boulot. Rien ne les arrête, ils s'attaquent à tout tant que ça leur rapporte de l'argent.
-Ils créent des guerres entre clans.
-Exactement mais si ce n'était que ça...L'Italie étouffe… Bientôt le brasier ne sera plus contrôlable. Vous le savez, vous devez…
-Je dois quoi ?! S'énerva la brune. Trahir et abandonner ma famille encore une fois ?! Pour un pays qui ne veut pas guérir ?! Quoique l'on fasse, la Mafia reviendra toujours ! J'en ai assez de me sacrifier Capitaine Collins ! Ce n'est pas quand je serai dans la tombe que je profiterai de la vie !
Finn Collins se racla la gorge avant de gratter la barbe de plusieurs jours sur ses joues.
-Je sais et je comprends mais vous n'avez pas le choix. Si vous fuyez, Diyoza aura un mandat d'arrêt international et pourra vous extrader de n'importe quel pays. Peu importe le temps que cela prendra, elle patientera. Cette femme finit toujours par avoir ce qu'elle veut. Et si ce n'est pas vous qu'elle a, elle s'en prendra à Clarke et Madi ou bien à ses parents, vos amis...
Lexa ferma les yeux, contrainte de réfléchir.
-Je dois y réfléchir.
-Pensez-y. Je suis avec vous, c'est un avantage que Diyoza n'a pas. Retournez à Rome et faites ce qu'elle dit.
-Dans cet appartement truffé de micros et de caméras ? S'agaça la brune. Tout ce que je dis pourra lui servir à m'inculper !
-J'ai accès aux salles d'écoute et d'enregistrement mais surtout…
-Surtout ?
-Diyoza sait que Clarke et Madi sont vos faiblesses. Si vous lui résistez, elle saura quoi faire pour vous forcer la main.
La sicilienne accorda un regard au policier avant d'acquiescer.
-Très bien…
-Je ferai mon maximum pour que vous puissiez anticiper les faits et gestes de Diyoza…
-Non. Prévenez-moi uniquement lorsque la situation est critique, il ne faut pas que vous soyez découvert. J'ai une certaine maîtrise en improvisation.
-Très bien, répondit le policier en ouvrant la portière.
-Capitaine Collins… Merci de votre aide, elle m'est précieuse depuis toutes ces années.
Le brun acquiesça, soufflant :
-Vous connaissez le dicton : soit proche de tes amis et encore plus proches de
-…tes ennemis, termina Lexa.
Le policier offrit un dernier regard à la brune puis remonta dans sa voiture. Le SUV démarra aussitôt, quittant le lieu de rendez-vous.
Un sourire se dessina sur les lèvres du mafieux lorsqu'on lui ôta ses menottes aux poignets et aux chevilles. Quint passa le bout de sa langue sur ses dents, sifflotant joyeusement sous le regard agacé des gardiens. Ils lui remirent les vêtements qui avaient été envoyés par sa fiancée. Il enfila le costard, faisant signe qu'il était prêt à sortir. Les portes de la prison de Palerme s'ouvrirent devant lui et on l'accompagna jusqu'à l'entrée.
-J'ai la putain d'impression d'être Moïse face à la mer, rit-il.
-La ferme détenu, aboya le chef des gardiens.
Après un échange par talkie-walkie, le portillon s'ouvrit et le gardien accompagna le mafieux à l'extérieur où une voiture jaune de marque BMW aux vitres teintées l'attendait. Il allait pour avancer quand il sentit un coup sur son mollet droit.
-Aïe !
-Je ne t'ai pas dit que c'était bon, reste sagement près de moi détenu.
-Je t'ai déjà dit que je te détestai Marcelo ? Sourit Quint.
-Fais le malin autant que tu veux, sache que dans quatre heures si t'es pas revenu, t'es un homme mort. N'oublie pas que tu as une jolie puce GPS à ta cheville...
-Je n'oublie pas et je serai très respectueux des horaires qui m'ont gracieusement été accordés. Je serai un putain de labrador tu verras…
-C'est ça... Crois-moi que des crevures dans ton genre méritent pas de traitement de faveurs… Le juge qui t'a accordé cette permission devait être bourré…
-La foi, mon ami... La foi...
-Je suis pas ton ami. Bon il est onze heures, je te veux ici à quinze heures moins cinq c'est pigé ?
-Bien Monsieur le gardien en chef.
Quint fut autorisé à monter dans le véhicule et à peine la portière fut claquée, la BMW démarra en trombe.
-Salut frangin ! Sourit-il.
-Salut, répondit froidement un homme à la peau mate, plus jeune d'une dizaine d'années avec une coupe à l'iroquoise et une barbe de plusieurs jours.
Un échange de regard se fit entre les deux hommes avant que Quint ne dise :
-Aaron, permets-moi de te dire que tu as des goûts de chiottes en matière de caisse, se moqua le mafieux. Cette caisse est un véritable appât à flics !
-Et toi t'as des goûts de chiotte niveau immobilier, enchérit son frère.
La réponse eut le mérite de tirer un rire au mafieux.
-Hm... Bon allez, c'est l'heure de se marier...
Quint fut déposé comme prévu à l'église que la famille avait privatisée pour l'événement. Des véhicules de luxe sans doute loués pour l'occasion étaient stationnés devant la chapelle. Il descendit de la voiture, soupirant discrètement en observant les différentes personnes présentes. Tous étaient de familles gitanes et il n'était guère enchanté à l'idée de devoir renouer avec ses origines pour pouvoir sortir de prison mais il n'avait pas le choix. Nia Barzetti étant en prison, plus aucune famille mafieuse de renom ne l'aiderait ou lui ferait confiance. Il allait devoir remonter le chemin qu'il avait lui-même parcouru il y avait plus de trente ans alors qu'il n'était qu'un jeune gitan rêvant d'argent de pouvoir.
-Quinto ! S'exclama une femme forte en venant l'enlacer, se pendant à son cou ce qui ne manqua pas de le faire grimacer. Bon sang que tu as grandi et es devenu costaud ! Dire que tu n'étais qu'une petite crevette quand tu vivais encore ici !
-Belle-maman, sourit-il faussement. Quelle joie ! Vous avez fait un excellent travail !
-Tu as vu n'est-ce pas ! Attends de voir la décoration de l'église et de la chambre nuptiale, dit-elle avec un plusieurs clins d'œil.
Le mafieux sourit d'un air amusé avant de se faire tirer en avant pour entrer dans l'église. Au bout de cette dernière se trouvait une femme en robe de mariée. Malheureusement la beauté n'était pas son atout principal. Celle-ci lui fit un petit signe timide auquel Quint fit mine de répondre avant de faire semblant de vomir dans son coude ce que ne manqua pas Aaron, son demi-frère.
-Et bien Quinto… Tu n'es pas heureux de retrouver ta fiancée ? Se moqua le brun.
-Fous-toi de ma gueule sale petit con… Je le fais uniquement pour récupérer un peu de pouvoir sur les familles…
-Quel dommage que le gitan ayant le plus de pouvoir et d'argent n'ait qu'une fille aussi laide qu'un pou… J'imagine que ça ne t'arrêtera pas…
-En effet, confirma le mafieux. Faut savoir faire quelques sacrifices contre un peu de pouvoir.
-Faut croire que t'as pas pris assez cher avec cette Dona hein…
-Qu'est-ce que t'as dit ?! S'énerva Quint en attrapant son demi-frère par le col de sa chemise.
Le geste brutal surprit les invités ce qui fit lâcher le mafieux qui les rassura d'un sourire tout en tapotant sur l'épaule de son demi-frère.
-Je dis que t'as rien à foutre ici. Tu nous as renié pour aller lécher le cul des siciliens et que la Dona te l'a foutu si profond que ton trou de balle ressemble à un trou noir.
-Désolé de pas avoir voulu faire la manche et vendre un peu de dope à la sauvette. Faut savoir jouer dans la cour des grands Dieg… Aaron, se reprit-il.
-Tiens oui parlons de Diego, sa mère attend toujours que tu lui dises ce qu'il lui est arrivé…
-Quinto ! Appela sa belle-mère. Allez viens mon garçon, il est l'heure de te marier !
-Toi et moi, on en a pas terminé, signala le mafieux en poussant son demi-frère d'un coup d'épaule. Fais-en sorte que le gars qui doit m'enlever la merde que j'ai autour du pied soit bien là quand il le faudra.
-Ouais, ouais… Tss. Connard…
Aaron souffla par le nez en secouant la tête. Quint et lui avaient la même mère mais un père différent, tous deux morts lors d'une rixe entre clans pour de la drogue, laissant derrière eux une veuve éplorée. Leur famille n'avait jamais eu une place très importante au sein de la communauté gitane mais Aaron commençait à prendre du galon grâce à la vente de drogue. Il voyait donc d'un mauvais œil le retour de son demi-frère dans le business, les anciens donnant plus de crédit aux aînés. Le brun s'installa sur un banc, envoyant un message pour prévenir l'homme qui devait désactiver le bracelet électronique de Quint qu'il pouvait passer.
Lexa leva les yeux de ses papiers lorsqu'elle entendit toquer à la porte de son bureau. Elle fut surprise de voir sa compagne et lui sourit :
-Tu es déjà de retour ? Je pensais que tu finirais tard vu que tu as été encore bipée dans la nuit…Ça a été d'ailleurs ?
-Où es-tu partie hier soir ? Demanda la blonde, incisive.
La sicilienne perdit son sourire et se racla la gorge, s'humectant ensuite les lèvres, prenant le temps de penser à la façon dont elle allait formuler sa réponse.
-Je suis allée voir un contact.
-Un contact ?
-Oui, quelqu'un qui a des informations importantes.
-En pleine nuit ?
-Oui… Car c'est compliqué pour lui que l'on se voit en plein jour comme nous pouvions le faire auparavant. Il est sous couverture, termina-t-elle, cherchant à être la plus transparente possible.
-… D'accord…
-C'est simplement pour ça que tu voulais me parler ? Questionna Lexa en se levant de son siège pour venir s'appuyer sur la face de son bureau, restant à deux mètres de sa femme.
-J'ai réfléchi… Beaucoup réfléchi…
-À quel sujet ?
-Sur… Toi… La Dona.
-Ah.
Le regard des deux femmes se croisèrent, le silence s'installant. La brune reprit finalement la parole, ne supportant plus le silence :
-J'ai aussi réfléchi et j'ai peut-être une solution.
-Laquelle ?
-Une séparation.
-Quoi ?! S'exclama Clarke.
-Sur le plan administratif j'entends… Toi et Madi serez protégées si jamais cette inspectrice me fait tomber et…
-Jamais de la vie ! La coupa la médecin en parcourant les quelques mètres entre elles pour venir serrer la brune contre elle.
-Mais Clarke, il faut y penser…
-Et bien on y pensera à deux… Je sais bien trop de choses sur toi, je ne pourrai pas mentir indéfiniment lors d'interrogatoires Lexa. J'ai signé pour cette vie à tes côtés en toute connaissance de cause.
-Tu n'as pas signé pour finir ta vie en prison enfin ! S'agaça la brune.
-C'est pourquoi j'ai une requête à faire.
-Une requête ?
-Oui. Tu lui feras passer le message.
-À qui ?
-Elle.
Lexa ferma les yeux face à l'intonation et le pronom utilisée par sa compagne pour qualifier celle qu'elle était par le passé : la Dona. Celle à qui les gens venaient demander des services sans forcément mesurer les conséquences qui en découleraient un jour. Elle déglutit et rouvrit les yeux lorsqu'elle sentit les doigts de Clarke sur sa joue :
-Dis-lui que si elle fait de moi une veuve et de sa fille une orpheline, je ne lui pardonnerai jamais.
Deux larmes glissèrent des yeux océan de la médecin que Lexa vint essuyer avec douceur de son pouce. Elle enlaça ensuite avec force la blonde contre elle.
-Mon époux ! Porte-moi jusqu'au lit ! S'exclama la jeune mariée en sautant sur Quint qui manqua tomber en arrière du fait du surpoids de sa nouvelle femme.
-Oh bordel ! Tu veux que je me casse le dos ou quoi ! T'as des jambes ! Marche toute seule merde ! S'énerva-t-il en la repoussant.
-Mais ce n'est pas romantique !
-Tss !
Le mafieux se retint de l'insulter. Ce n'était pas le moment pour énerver son beau-père. Il retira sa veste de costard, observant sa cheville droite. Elle était si légère depuis que ce technicien avait fait sauter la sécurité sans activer le signal. Ça lui avait coûté une petite fortune mais il suffirait qu'il retourne à Syracuse pour déterrer l'argent que lui et Diego avaient planqué dans diverses planques pour se refaire. Il fronça les sourcils en voyant du mouvement dans le miroir et tourna le regard pour observer sa femme qui s'était déshabillée et qui l'attendait nue sur le lit. Son corps difforme était le reflet de son visage déformé et bouffi.
-Qu'est-ce que tu fous ?! Aboya-t-il.
-Fais-moi un enfant.
-Quoi ?! Ça va pas ?! Pour avoir un attardé ! T'as vu ta gueule ?! Tiens enfonce-toi ça dans la chatte ! Dit-il en lui jetant un bougeoir doré.
-Si tu ne couches pas avec moi, je le dirai à mon père Quinto.
-Raah ! Arrête de m'appeler comme ça bordel !
-Fais-moi un enfant alors !
Le mafieux grimaça avant de secouer la tête.
-Putain de sale chienne, grommela-t-il en défaisant sa ceinture. T'as de la chance que ma bite et mes couilles soient bleues à cause de la taule, tourne-toi je veux pas voir ta sale gueule !
La mariée s'exécuta tout sourire et offrit ses fesses et son entrejambe au mafieux qui baissa son pantalon et son boxer tout en serrant les dents.
-Quinto… Marmonna la mariée en sentant le mafieux se lever du lit en pleine nuit.
-Putain mais ferme-la…
-Tu vas où ? Tu ne dois pas sortir, la police te cherche…
-Je vais jouer dans la cour des grands…
-Hm…
Le mafieux sortit discrètement de la chambre, se mouvant dans la maison où quelques gitans le taquinèrent au sujet de la nuit de noces. Il leur rendit la pareil avant de maugréer une fois dehors, allumant une cigarette.
-Alors t'as réussi à bander ? Se moqua la voix d'Aaron qui était assis sur sa BMW jaune.
-Faut croire puisque cette chatte en chaleur a fini par la fermer. Putain elle avait jamais goûté à la bite ou quoi…
-À ton avis.
-Je préfère pas savoir…
-Qu'est-ce que tu fous ? Tu dois faire profil bas tu le sais. Le bracelet est plus là mais ta gueule est partout sur les écrans tv.
-Faut que je rende visite à une vieille amie.
-Qui donc ?
-Giula Conti ?
-La juge qui t'a condamné ?
-Exact.
-T'apprends jamais de tes erreurs… Cette juge est connue pour s'attaquer de front à la Mafia, elle a des gardes du corps H24 avec elle.
-C'est bien pour ça qu'il va falloir l'observer et quoi de mieux que les gitans pour épier le moindre de ses faits et gestes ?
-Tu nous prends vraiment pour tes pions, reprocha le jeune homme, agacé.
-Aaron mon petit… Tu ne vois pas assez haut… Tu vois cette BMW dont tu es si fier ? Si tu me suis petit… Tu pourras t'en acheter vingt d'ici quelques mois ! Tu piges ? Dans la vie y'a les perdants et les gagnants… Et moi je suis un gagnant. J'imagine que toi aussi vu qu'on est du même sang hm ? Dit-il en lui tendant la main.
Aaron jeta un regard en biais à son demi-frère avant de sourire et de serrer la main de Quint.
Alors vous la sentez revenir la Dona ? L'idée fait lentement son chemin... Et sinon le grand retour de notre méchant Quint haha ! Il va faire des dégâts je vous le dis, car il a soif de vengeance :P Et Finn Collins qui est du côté de Lexa haha j'ai adoré vous voir pester contre lui dans le dernier chapitre car je savais d'avance que j'allais en faire un allié :P
J'espère que vous avez appréciez le Edda/Madi, ça commence à devenir un vrai challenge de caser des ptits moments familles entre les intrigues haha...
Allez à bientôt pour le chapitre 54 ! N'hésitez pas à me donner votre avis et me montrer que vous êtes enthousiaste à l'idée de voir les aventures mafieuses de Lexa et Clarke reprendre ! Prenez soin de vous :)
