Heeyy ! Me revoilà avec le chapitre 54 ! Pour une fois je crois que je suis en avance ! L'inspiration était là et le temps aussi :) Merci pour vos retours sur le précédent chapitre, le retour de la Dona semble vous faire plaisir... héhé. Ma petite surprise jocker avec Finn en allié de Lexa vous a bien surpris aussi haha !
Merci à Esys et Mag pour la relecture ! Toujours du super taff !
Nono : Merci pour ton retour ! Héhé contente d'avoir réussi à te surprendre avec Finn... Mon agneau de sacrifice haha ! En effet il va falloir des agneaux de sacrifice mouhaha :P
Morgane : Merci pour ton retour et ta fidélité sans faille :) Haha clexa pompier on verra... j'ai mes périodes :P Le retour de la Dona approche... Tadaam.
Gab : Merci pour ton retour ! Haha déjà si un jour j'ai le courage de la reprendre une fois terminée pour tenter de la faire publier ce sera déjà pas mal :P Oui tu as raison pour la définition de la Dona et c'est bien pour ça que Finn l'aide mais je vous réserve qq flashbacks de leur début d'alliance ;) Et oui le Clexa doit être uni totalement pour que ça fonctionne ! Y arriveront-elles ? ;P
Chapitre 54 : Vendetta
Un sourire aux lèvres, Lexa réunit ses deux mains en coupole afin de récupérer un maximum de pétales rouges au creux de ces dernières. Elle éparpilla les pétales dans la baignoire de leur chambre parentale. Les pétales se mirent à glisser avec légèreté sur le lait d'ânesse dont elle avait fait remplir la baignoire par ses employés de maison. Elle continua son installation, répandant un chemin de pétales de roses rouges, finissant ce dernier devant la porte d'entrée de leur chambre. La politicienne était revenue pour fêter noël et le jour de l'an avec sa famille, s'accordant une petite semaine et demie de congés. Elle avait été assez absente en Sicile, restant parfois même le weekend à Rome pour que Diyoza lui fiche la paix tout en investiguant de son côté sur le Président du Sénat et sur les différents réseaux mafieux tenant les rues grâce à la juge Giula Conti et Finn Collins. Ses recherches avaient eu le mérite de lui apporter quelques noms mais elle se doutait que ce n'était que la pointe de l'iceberg. Elle était revenue le vingt-trois décembre et avait été surprise d'apprendre que sa compagne travaillait à l'hôpital durant deux nuits d'affilée. L'absence de Clarke lui avait donné l'idée de lui faire cette petite surprise lorsqu'elle rentrerait de sa nuit de travail. Elle savait que la médecin adorait ce genre d'attention, aussi avait-elle hâte de la voir découvrir sa petite surprise en ce vingt-cinq décembre, jour de noël.
Un cri colérique la sortit de sa bulle de plaisir. La brune tourna la tête, les sourcils froncés d'inquiétude lorsqu'elle vit Madi sortir de la chambre d'Edda, l'air penaude.
-Un problème ? Interrogea sa mère.
-Oncle Gustus vient d'appeler… Ils ne viennent pas.
-Oh… Souffla Lexa. Va te préparer tu veux ma chérie ? Je vais aller voir Edda.
Lexa observa sa fille disparaître dans sa chambre, faisant la moue. Cela changeait son plan initial mais elle comprenait ce que pouvait traverser sa nièce en ce moment même. Étant déjà habillée d'un éternel tailleur, elle alla toquer à la porte de la Giordano, se permettant d'ouvrir puisqu'Edda l'ignora royalement. Elle trouva l'adolescente assise dans le coin du mur sur son lit. Elle avait ses bras autour de ses genoux qui étaient repliés contre sa poitrine et elle sanglotait, gardant son visage caché.
-Edda, appela Lexa depuis la porte de la chambre.
-Fous-moi la paix !
-Tu es en colère et c'est tout à fait normal.
-Arrête ton baratin de psy ! Tu le savais hein ?! Qu'ils allaient pas venir encore ?! Lui cria l'adolescente, furieuse.
-Crois-moi que si j'avais eu le plaisir d'avoir ton père ou ta mère au téléphone, je leur aurai transmis ma façon de penser que ça leur plaise ou non.
-Tu parles…
-Si tu le souhaites, je peux te faire emmener à Gela ?
-Non ! S'ils sont pas capables de venir me voir c'est qu'ils ont pas envie de me voir tout court, trancha la jeune fille. C'est des sales cons ! Y'a que leurs affaires qui comptent !
-Je comptais aller faire un tour en ville, veux-tu m'accompagner ?
Edda leva les yeux vers sa tante avant de tourner son regard ailleurs, signe que la proposition ne l'intéressait pas. Lexa acquiesça, signalant :
-Je pars dans cinq minutes si jamais tu changes d'avis.
La politicienne quitta ensuite la chambre, descendant les escaliers en regardant sa montre.
Lexa descendit du SUV en compagnie d'Edda, entrant dans un café du centre-ville de Syracuse. L'adolescente, la mine fermée, s'était finalement présentée devant l'entrée de la maison pour accompagner sa tante. Bien qu'elle ne dît rien, sa tante pouvait deviner que la jeune Giordano n'avait pas digéré ce qu'avaient fait ses parents. Depuis son arrivée dans le foyer de l'ancienne Dona, Gustus et Anya n'avaient pas reçu leur fille une seule fois, trouvant une bonne excuse à chaque fois. Edda avait fait mine de ne pas être touchée les premières fois mais le mois de décembre touchait à présent à sa fin. Depuis l'intervention de Lexa et Clarke au sujet de ses notes, elle avait fait de gros efforts pour rattraper son retard et cela avait commencé à porter ses fruits. Elle n'était évidemment pas au niveau de Madi mais elle avait enfin une moyenne correcte. Ses parents lui avaient donc promis de venir fêter noël chez sa tante mais ils s'étaient une nouvelle fois désistés et ce au dernier moment, décevant à nouveau leur fille. Emmener sa nièce avec elle, permettrait peut-être à celle-ci de se confier si elle en ressentait le besoin.
-Madame la Sénatrice ! S'exclama le patron du café, un homme d'une soixantaine d'années.
-Mohamed, arrêtez donc ! Sourit la brune.
D'autres saluts vinrent aux oreilles de la politicienne auxquels elle répondit poliment, venant serrer chaleureusement la main de chacun. Peu importe les années, Lexa restait le petit prodige de Syracuse.
-C'est trop tentant, s'amusa-t-il. Oh mais je vois que vous êtes en charmante compagnie, releva-t-il en remarquant Edda derrière la sicilienne.
-Je vous présente Edda, ma nièce. Edda ? Interrogea-t-elle.
-Bonjour, souffla l'adolescente d'une voix éteinte.
-Et bien ! Elle n'a pas l'air bien réveillée ! Est-ce qu'un petit café vous ferait plaisir à toutes les deux ? Proposa Mohamed.
-Avec plaisir, répondit Lexa.
Elle s'installa sur une chaise haute du bar, Edda faisant de même. Leurs cafés furent rapidement servis et après un temps tranquille, Lexa demanda doucement :
-Comment se passe les affaires Mohamed ? Tout va bien ?
-Hm… Et bien on peut dire que j'ai connu mieux quand vous étiez à la mairie…
-C'est-à-dire ?
-Votre remplaçante là, la petite Salomon, elle sait faire de belles promesses ça oui mais pour les tenir, il n'y a plus personne. Vous au moins, vous étiez une dame de parole Madame Lexa.
Lexa porta son café à ses lèvres, ses sourcils se fronçant à cette information. Elle grimaça face à la température trop chaude du liquide et reposa sa tasse. Dès qu'elle foulait la terre sicilienne malgré son emploi du temps chargé, elle prenait le temps d'aller à la rencontre des commerçants et des habitants pour glaner des informations. Malheureusement, le constat était unanime : Gaïa Salomon n'était pas très appréciée depuis son élection et était laxiste sur bien des sujets malgré son programme. Les guerres de territoire se faisaient de plus en plus nombreuses et elle ne pouvait malheureusement qu'observer à distance les dégâts que faisaient Victor et les Giordano. Elle avait été naïve de croire qu'évincer les Barzetti et partager les territoires de deal suffirait à faire prospérer le calme sur la ville.
La porte du café s'ouvrit finalement sur plusieurs jeunes adultes à la peau noire. Ces derniers marchèrent droit sur Mohamed avant de lui faire un signe afin de le faire venir dans un coin plus discret. Le gérant rouspéta légèrement :
-Vous avez une semaine d'avance !
-La ferme ! C'est noël alors boucle-là si tu veux pas que je repasse pour te souhaiter la bonne année ! Aboya l'homme en infligeant une claque au gérant.
La violence du geste interloqua la politicienne qui se leva, prête à intervenir.
-Non… Intervint doucement Noumea, la fille du gérant dont les cheveux étaient couverts d'un foulard. S'il vous plaît, n'appelez pas la police où ils brûleront notre café…
-Qui sont-ils ? Demanda Lexa dont le sang bouillait devant cette injustice.
-Des Negros…
La brune se retint bien de demander ce qu'ils faisaient puisqu'elle le savait très bien : ils venaient réclamer le pizzo, la taxe imposée par les clans contre une protection. Taxe qu'elle avait fait sauter lors de sa propre élection à la mairie. Le gérant retourna rapidement à sa caisse et ouvrit le tiroir, sortant plusieurs billets d'une main tremblante. Le plus grand des Negros émit un claquement de la langue pour signifier son agacement face à l'attente et s'avança aux côtés de la brune, claquant sa main sur le bar pour exiger son dû. Il hurla presque immédiatement lorsque Lexa lui renversa sa tasse de café encore brûlante dessus, faisant sursauter Edda qui écarquilla les yeux. Immédiatement tous les clients se figèrent tandis que l'ancienne maire fixait avec aplomb le jeune homme qui avait levé son autre poing pour la frapper par réflexe. Il n'eut pourtant pas d'autre choix que de baisser son poing et serrer les dents car les deux gardes du corps de la brune avaient dégainé leur arme plus vite que lui. Cela incita les autres Negros à sortir eux aussi leurs armes respectives, braquant les gardes du corps mais leur chef leur fit signe de se calmer.
-Rangez-ça bande d'abrutis ! Ordonna-t-il.
-Mohamed, prépare un gobelet de café à emporter s'il te plaît, dit Lexa.
Le gérant s'exécuta les mains tremblantes et posa rapidement un gobelet en carton contentant du café bien chaud. Lexa sortit un stylo de sa veste en cuir et griffonna « Pour que le jeu fonctionne, on ne change pas les règles Victor » dessus avant de le faire glisser face à l'homme qui la foudroyait du regard.
-Vous passerez le bonjour à Victor de ma part. Maintenant dégagez, ordonna-t-elle.
Le Negros s'empara du gobelet fermé et fit signe à ses hommes de le suivre, tous l'entendirent maugréer qu'ils n'allaient pas en rester là.
-Madame Lexa ! Je vous avais demandé de ne pas intervenir, se désola la jeune fille, encore tremblante de peur.
-Bravo M'dame Lexa ! Ça c'est avoir des couilles !
-Vive notre ancienne maire !
-Vous n'auriez pas dû faire ça… Souffla Mohamed, peiné.
Depuis quand ça dure ? Répondit-elle.
-Ça fait quelques mois maintenant… Je dirais depuis votre campagne électorale pour devenir sénatrice…
-Pourquoi n'avoir rien dit ?! S'agaça-t-elle.
-Vous êtes une femme très occupée Madame Lexa, se désola le gérant. Et vous n'êtes plus de la partie si vous voyez ce que je veux dire…
Lexa plongea son regard émeraude dans les yeux marron de Mohamed :
-J'ai toujours du temps pour ce genre d'injustice. J'ai annoncé lors de mon élection en tant que maire que le pizzo s'arrêtait, alors il doit s'arrêter même si je ne suis plus la maire de Syracuse. J'ai soutenu la campagne de Gaïa car elle comprenait mes convictions, il est hors de question qu'elle change son fusil d'épaule comme ça l'arrange.
-Ils ont brûlé plusieurs magasins qui refusaient de payer donc j'ai fini par céder… Expliqua piteusement le gérant. Ce café c'est ma vie.
-Que dit Gaïa Salomon ?
Un haussement d'épaule lui répondit ce qui ne manqua pas d'agacer la brune davantage. Elle allait devoir rencontrer Gaïa au plus vite.
-Merci pour le café, dit-elle avec un petit sourire en coin ce qui ne manqua pas de tirer un sourire au commerçant.
Elle posa un billet pour régler leurs consommations que Mohamed refusa poliment mais elle l'ignora.
-Edda, tu viens ?
L'adolescente se défigea en entendant la voix de sa tante l'appeler. Elle sauta de la chaise et souffla :
-Ça c'était trop classe…
-Hm, ne dis rien à Clarke d'accord ? Répondit la brune avec un regard en coin.
-Tout dépend combien tu es prête à payer, répondit innocemment l'héritière Giordano.
Lexa laissa échapper un petit rire :
-Tu apprends vite, c'est bien.
La réponse de sa tante ne manqua pas de tirer un fin sourire à l'adolescente.
-Tante Lexa ? Osa-t-elle finalement demander.
-Oui ?
-J'aimerai avoir un tailleur… Comme le tien…Ça pourrait être mon cadeau de noël… Du moins si tu es d'accord… Souffla Edda, gênée.
-Ça peut s'arranger, sourit la brune en regardant l'heure qu'affichait sa montre.
Le nom de l'ancien homme de main de Nia Barzetti passait en boucle à la radio, à la télévision et faisait la une des journaux depuis le mois de novembre. Le mafieux n'avait pas respecté l'accord passé avec le juge l'ayant autorisé à se marier à l'extérieur de la prison de Palerme. Cet évènement indésirable avait une nouvelle fois allumé le brasier médiatique autour du traitement accordé par certains professionnels malgré les charges du dossier du détenu. Giula Conti, la célèbre juge anti-mafia s'était chargée personnellement de mettre plus bas que terre le fautif car Quint était malheureusement un homme très dangereux pour l'ensemble de l'Italie. Le juge en question avait finalement révélé avoir touché un pot de vin important avant de se suicider chez lui, trop honteux pour assumer les conséquences de ses actes.
Toute la société était inquiète de la présence de ce sinistre individu, aussi le visage du mafieux était partout. Il était l'ennemi public numéro un du moment. Et si l'Italie était inquiète, la plus inquiète de toutes n'était autre que Clarke au vu de son passif avec le mafieux. De vieux souvenirs refaisaient surface et Lexa ne pouvaient qu'observer les traits fatigués et le souci que le visage de sa compagne affichait au fil des jours. Son éloignement n'arrangeait rien évidemment mais depuis qu'elle retournait à Rome, Diyoza la laissait tranquille et son projet de loi anti-mafia avançait de manière satisfaisante.
La brune regarda à nouveau sa montre tandis que le SUV roulait à grande vitesse en direction de l'aéroport. Edda était assise à ses côtés, à présent habillée d'un magnifique ensemble tailleur parfaitement ajustée à sa morphologie. Lexa l'avait emmenée dans une boutique du centre-ville qu'elle appréciait beaucoup. Sa nièce portait le tailleur à merveille et elle eut la vague impression de se revoir plusieurs années en arrière. Edda n'avait pas beaucoup parlé mais elle avait senti que la jeune fille avait apprécié l'attention qu'elle lui avait accordée lors des essayages et du choix final du tailleur. Ce moment semblait avoir apaisé l'adolescente.
Elles descendirent du véhicule et furent escortées par les gardes du corps jusqu'au terminal d'arrivée du vol qu'attendait Lexa.
- Pourquoi on est à l'aéroport ? On fait quoi ici ? Demanda Edda.
-J'ai fait venir les parents de Clarke pour lui faire la surprise.
-Pff… Souffla la Giordano en retenant un sourire moqueur.
-Qu'y-a-t-il ?
-C'est vraiment ringard comme surprise, on voit ça dans les vieux téléfilms à l'eau de rose, critiqua l'adolescente.
Lexa esquissa un sourire avant de confier :
-Quand tu auras trouvé la bonne personne, tu feras tout ce qu'il faut pour la rendre heureuse même si cela équivaut à ressembler à une héroïne de vieux téléfilm à l'eau de rose.
-Même pas en rêve… Grommela Edda en tournant le regard d'un air blasé mais gêné.
-J'ai cru observer que tu échangeais des messages avec Matteo Salomon.
-Et alors ? C'est qu'un pote… Grogna l'adolescente, sur la défensive.
-Oh dans ce cas… Sourit Lexa.
-Y'a rien j'te dis… C'est pas parce que tu te refais Love Actually dans ta vie que c'est pareil pour tout le monde. Je m'attache à personne moi.
-Oh mais je vois que tu as des références… Se moqua la sicilienne.
-Tss ! C'est long ! Grommela l'adolescente en s'éloignant de quelques mètres, vexée.
La brune n'eut qu'un échange de regard avec l'un de ses gardes du corps pour que ce dernier se détache et suive la Giordano.
-Lexa ! Entendit-elle soudainement ce qui lui arracha un sourire.
Jake et Abby Griffin venaient d'arriver. Ils passèrent les portiques de contrôle avant de venir serrer leur belle-fille chaleureusement. Les gardes du corps tiquèrent mais Lexa leur fit un discret signe de la main.
-Clarke pense toujours que nous sommes en voyage ?
-Exactement, la surprise sera complète, les rassura la brune.
-Tu es formidable, vraiment ! S'amusa Jake dont les cheveux étaient blancs à présent.
Le visage des parents de Clarke avaient pris des rides, signe que les années passées ne les avaient pas épargnés. Ils étaient tous deux à la retraite à présent bien qu'ils aient tardé à la prendre. Jake avait eu un cancer de la prostate peu de temps après sa retraite, la maladie l'avait affaibli mais finalement il avait eu une rémission après plusieurs traitements et une opération. De ce fait, le couple Griffin avait décidé de profiter de leur temps libre pour faire le tour du monde.
Le petit groupe se mit en marche jusqu'à la voiture dans laquelle ils s'installèrent confortablement, deux sièges ayant été rajoutés dans le coffre afin de pouvoir transporter tout le monde.
-Raven n'est pas notre chauffeuse ? Demanda son beau-père.
-Non, je lui ai accordé quelques jours de congés, elle les a bien mérités, s'amusa Lexa.
-Quel dommage, j'adore ses petites histoires ! Se désola Jake.
-Je dois avouer que ça me fait des vacances aussi quand elle n'est pas là, sourit la sicilienne ce qui ne manqua pas de faire rire ses beaux-parents. Ne vous inquiétez pas, elle sera à la maison pour fêter noël et le réveillon de l'an.
-Oh parfait !
-Quoi ? Raven vient ? Rebondit Edda.
-Oui ainsi qu'Octavia et Matteo, rajouta sa tante.
-Je te préviens, c'est mort pour que je reste quatre heures à table…
Lexa se contenta d'un regard en arrière puisque sa nièce était installée dans un siège du coffre. Elle se refusa de lui tendre la perche pour s'engouffrer dans un conflit, se contentant de sourire.
Les parents de Clarke se firent des plus discrets en arrivant dans la maison familiale. Lexa leur indiqua qu'elle allait voir où en était sa compagne qui devait sûrement être rentrée à présent. Elle se rendit jusqu'à leur chambre et entra, se dirigeant dans la salle de bain attenante où elle trouva Clarke allongée dans la baignoire remplie de pétales de roses rouge et de lait d'ânesse. La blonde ouvrit les yeux en reconnaissant le pas de sa compagne et lui sourit :
-Bonjour toi…
-Bonjour… Répondit Lexa en se penchant pour embrasser sa femme.
Clarke accueillit le baiser avec plaisir et se redressa pour l'accentuer avec gourmandise, lui caressant la joue.
-Merci… Souffla-t-elle.
-Mais de rien…Ta petite surprise te plaît ? S'enquit la brune.
-Oui… Très romantique mon amour… Mais ce serait encore mieux si tu me rejoignais…Suggéra Clarke.
Lexa sourit, amusée. Elle s'assit sur le rebord de la baignoire, venant caresser les épaules de sa compagne avant de les masser avec douceur.
-J'ai une autre surprise pour toi et il vaut mieux que je reste habillée…
Sa compagne soupira de plaisir sous les mains délicates la massant, elle ouvrit finalement un œil, s'étirant, offrant sa poitrine nue à la brune qui ne manqua pas l'occasion pour la dévorer du regard.
-Hm dommage pour toi… Je comptais mettre un nouvel ensemble pour l'occasion…
-Tu me tentes diablesse… Rit la brune, qui se savait incapable de résister à ce genre de petit extra.
-Il faut ce qu'il faut… Sourit Clarke.
-Nos invités vont arriver… J'en profiterai ce soir… Souffla la brune en allant embrasser sa compagne qui fit la moue.
-Tu deviens dure en affaires, lui reprocha-t-elle tandis que Lexa se levait et s'éloignait.
-À toi de faire grimper les enchères pour me tenter davantage alors… Lui répondit la brune, taquine.
Une gerbe de lait fut envoyée sur la sicilienne qui l'esquiva avec un rire avant de sortir de la salle de bain.
-Lexa ! Tu n'oses quand même pas partir ?! S'indigna la blonde.
-Je t'aime aussi ! Lui répondit simplement la brune dans un rire.
La réponse de sa femme la frustra d'autant plus. Elle profita encore un peu du bain de lait d'ânesse avant de sortir pour s'habiller afin de rejoindre au plus vite sa compagne. Elle était bien décidée à obtenir ce qu'elle voulait et ce dès maintenant.
Elle avait passé une robe pull rouge pour l'occasion ainsi qu'un collant fin pour couvrir ses belles jambes. Elle enfila des talons rouges pour compléter l'ensemble et lorsqu'elle fut coiffée, elle se hâta de descendre l'escalier où elle retrouva Lexa qui s'apprêtait à ouvrir la porte d'entrée puisque la sonnette avait retenti. Elle caressa langoureusement les fesses de sa femme, lui soufflant :
-Je vais te faire payer le fait de m'avoir plantée là-haut… La menaça-t-elle avec un petit sourire.
Lexa ne manqua pas de sourire de manière désinvolte pour agacer d'autant plus sa compagne, ouvrant ensuite la porte.
-Giula ! Clara ! Sourit Clarke, surprise de voir leur couple d'amies en train de discuter derrière la porte avec leurs deux filles près d'elles.
-Bonjour Clarke ! La saluèrent les deux femmes en venant l'embrasser chaleureusement.
-Tu ne m'avais pas dit que tu les avais invitées ! S'exclama la médecin en se tournant vers sa femme.
-Une petite surprise parmi tant d'autres… Répondit-elle mystérieuse.
-Petite cachotière ! Je suis tellement contente de vous revoir ! S'exclama la blonde, sincèrement heureuse.
-Nous aussi ! Répondirent les deux femmes.
Les deux couples se mirent à discuter avec animation, leurs filles allant chercher Madi de leur côté. Octavia, Raven, Matteo arrivèrent quelques minutes après la juge et sa compagne. Clarke se hâta, oubliant le petit jeu avec Lexa pour aller dans la cuisine chercher de quoi boire et grignoter, se battant presque avec la maîtresse de maison pour faire le service. Lexa en profita pour aller chercher Jake et Abby qui étaient cachés dans son bureau. Elle les invita à aller s'installer sur l'un des canapés du salon en compagnie des autres invités, les fondant dans la masse. Aussi lorsque Clarke arriva avec la bouteille de champagne Lexa anticipa et se glissa à ses côtés car elle se doutait que la blonde sous la surprise risquerait de lâcher la bouteille.
-SURPRISE ! Cria le petit groupe lorsque la médecin fut de nouveau parmi eux.
Lexa rattrapa comme prévu la bouteille car Clarke la lâcha avant de crier de joie en voyant ses parents. Elle se précipita pour aller les enlacer et les embrasser, les larmes aux yeux.
-Oh bon sang vous alors ! Vous m'aviez dit que vous étiez en Égypte !
-On y était mais quand Lexa nous a proposé de faire un saut par chez vous pour noël et le jour de l'an, nous n'avons pas pu résister, rit Jake.
-Et tu as osé me dire non à moi et pas à Lexa ! S'indigna faussement sa fille.
-Je ne peux rien refuser à ma belle-fille tu le sais bien !
-Tss, bouda Clarke avant de sourire à sa femme, les yeux brillants. Toi alors… Viens par ici ! Intima-t-elle.
La brune sourit et se rapprocha, se glissant jusqu'à sa compagne qui la regarda droit dans les yeux avant de souffler :
-Si je ne t'avais pas déjà épousée, je le referai, sourit-elle avant d'aller l'embrasser amoureusement.
Des applaudissements, rires et petits cris encouragèrent le baiser que Clarke stoppa, soufflant :
-Je t'aime.
-Pff… Souffla Edda, assise sur le banc installé sur la plateforme du perron de la maison.
Elle se sentait vraiment seule malgré la présence de ses tantes et de leurs amis. Ses parents n'étaient pas des experts pour les traditionnelles fêtes de fin d'année mais elle avait tout de même de bons souvenirs d'enfance à leurs côtés. Ils l'avaient toujours gâtées plus qu'elle ne l'aurait dû l'être. Tout s'était compliqué lorsqu'elle était entrée dans l'adolescence en parallèle des problèmes au niveau des affaires. Ses parents l'avaient reléguée au second plan et elle n'en avait pas spécialement été mécontente puisqu'elle avait pu goûter à une certaine liberté. Liberté déguisée puisque son père veillait dans l'ombre à ce qu'il ne lui arrive rien.
Elle tourna la tête lorsqu'elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et retint un sourire en reconnaissant Matteo. L'adolescent avait encore grandi et devait approcher des un mètre quatre-vingt pour ses treize ans et demi à présent. Edda faisait petite à côté malgré ses un mètre septante-quatre et ses presque trois ans de plus.
-Ah t'es là… Je me demandais où tu étais passée… Sourit le métis.
-Trop de guimauve là-dedans… Je vais vomir, répondit d'un air blasé la jeune fille.
-Grave… Tiens, ça te dit ? Demanda-t-il en sortant de sa poche un joint.
-Carrément… T'as eu ça où ?
-Dans la planque de Raven…
-Elle déchire ta belle-mère, rit Edda. C'est pas Clarke et Lexa qui fumeraient ça…
-Ouais elle est pas trop conne quand elle essaye pas d'être ma pote… Répondit Matteo en allumant le joint pour tirer dessus avant de tousser. Ouf ! Elle est forte !
-Fais-voir !
Edda attrapa le joint à son tour pour tirer dessus savourant les effets du cannabis avant d'expulser la fumée en petit cercle avec sa bouche.
-Hm pas mauvais en effet… Faudrait que t'en ramène au collège…
-Faut voir ouais… Sourit Matteo. Au fait tu m'avais pas dit que tes vieux seraient là ?
-Si…
-Et du coup ? Ils sont à la bourre ?
-Non ils viendront pas, grommela-t-elle.
-Ah merde… Les cons.
-Tu traites mes parents de cons ou je rêve ?
-Ben ouais, ils sont cons de pas venir. Ils pourront pas voir comme t'es jolie dans ton tailleur, sourit-il.
-T'es défoncé, se moqua l'adolescente, tournant la tête pour cacher ses joues qui étaient devenues rouges.
Matteo se mit à rire, gêné face à la réponse d'Edda. Il avait le cœur qui battait la chamade : compter sur le joint pour lui avouer ses sentiments n'était peut-être pas la meilleure idée.
-Alors toujours pas de copine ? Interrogea la Giordano.
-Nan…
-Ben alors beau comme tu es qu'est-ce t'attends ! Y'en a plein au collège qui bavent sur toi !
-Ouais je sais…
-Mais ?
-Mais je suis…hm…
-Quoi ?
-Déjà amoureux… Avoua-t-il en tirant une nouvelle taffe sur le joint qu'il avait récupéré.
-Oh je vois… C'est qui ? Une nana du club de gymnastique acrobatique je parie !
-Je te dirai pas, sourit-il.
-Allez ! Le taquina l'adolescente en lui filant un coup sur l'épaule.
-Aïe ! Sale brute ! Rit le métis avant de lui-même rendre le coup à la jeune fille tout en modérant sa force.
Ils sursautèrent lorsqu'ils entendirent la porte se rouvrir et Edda écrasa le joint par terre, le cachant sous sa chaussure. Jake et Lexa sortirent pour fumer une cigarette ensemble, remarquant les adolescents.
-Vous n'avez pas froid dehors ? S'inquiéta la brune.
-Non, on crève de chaud dans cette baraque… Répondit Edda.
-Très bien… Mais faites attention à ne pas attraper le mal, les prévint-elle.
-Oui tante Lexa, répondit Matteo.
Les deux adultes fumèrent ensemble tout en discutant de tout et de rien. Jake s'apprêtait à rentrer quand il aperçut la boule de gui accroché au-dessus de leur tête.
-Tiens, j'aurai juré qu'on accrochait ça plutôt le 31 décembre.
-Vous avez raison Jake, sans doute le jardinier a voulu anticiper car il est en vacances.
-Pas bête… Mais du coup il faut attendre le 31 pour s'embrasser sinon ça ne fonctionne pas.
-Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Interrogea Edda.
-Et bien il est dit qu'un couple s'embrassant le 31 décembre à minuit sous une boule de gui se mariera dans l'année et sera heureux pour toujours, expliqua Jake. Quand j'y pense, j'ai embrassé Abby pour la première fois sous une boule de gui, rit-il en se grattant l'arrière du crâne.
-Intéressant, sourit Lexa.
Elle l'invita à le suivre à l'intérieur de la maison, soufflant après avoir fermé la porte :
-J'ignorai que vous étiez un romantique Jake.
-Comment ça ?
-Votre premier baiser avec Abby…
-Ah ! Non c'était pour rire et faire réfléchir nos deux rebelles ! Ma main à couper qu'ils sont amoureux mais trop bêtes pour passer le pas !
Lexa éclata de rire à cet aveu, soufflant :
-Mais vous êtes aussi insupportable que Raven ! C'est pour ça que vous vous entendez si bien !
Jake éclata de rire à cette observation, ne pouvant qu'acquiescer.
-Quel ringard… Grommela Edda.
-Pourquoi ?
-S'embrasser sous le gui à minuit le 31 décembre, sérieux… Qui fait ça… On est plus au Moyen-Âge… Se moqua-t-elle.
-C'est clair, sourit Matteo.
-Bon tu m'as toujours pas dit qui c'était la meuf qui te fait tourner la tête !
-Pourquoi ça t'intéresse autant ? Sourit-il.
-Ben je suis ta pote non ?
-Ouais et alors, toi tu me dis pas qui tu kiffes !
-Je kiffe personne donc c'est facile.
-Genre !
Les deux adolescents se mirent à rire, se taquinant mutuellement jusqu'à ce qu'Edda ne se laisse aspirer par les yeux bleus du jeune homme. Elle sursauta lorsqu'un message arriva sur son portable.
« Joyeux noël ma fille, prends soin de toi. Je t'ai fait un virement. Papa »
Elle fronça les sourcils, sentant les larmes lui monter aux yeux et se tourna pour que Matteo ne la voit pas pleurer.
-Hey ça va pas ? Demanda-t-il, remarquant le comportement de son amie.
-Ce connard ose m'envoyer un sms tu le crois ça ?! S'énerva-t-elle.
-Laisse tomber… Il en vaut pas la peine…
-Qu'est-ce que tu en sais putain ?! Cria Edda en se levant.
La jeune fille descendit au pas de course les escaliers du perron et partit se réfugier dans les jardins. Matteo partit à sa suite et lui courut derrière pendant un moment jusqu'à ce qu'il ne la voie plus.
-Edda ! Allez reviens ! Désolé ! Je voulais pas dire ça…
Il grommela, ne voyant pas revenir la jeune fille. Il tomba sur un ballon de foot qui était resté à l'abandon près d'un arbuste et ne résista pas à l'envie de faire quelques jongles avec son pied gauche. Au fil de ses mouvements, la balle se déplaça petit à petit et elle finit par lui échapper, roulant jusque sous la terrasse côté jardin de la maison qui était soutenue par des piliers en pierre. Il vit le ballon lui revenir aussi devina-t-il qu'Edda était là.
-Ah bah t'es là…
-Pourquoi tu me suis ?...Reprocha l'adolescente.
-Ben ça sert à ça un pote non ?
-Mes potes de Gela sont pas comme ça.
-Ah ouais ? Je dois prendre ça comme un compliment alors ? Sourit-il.
-Imbécile… Ils te feraient la tête au carré en deux trois mouvements s'ils te voyaient avec tes p'tits yeux bleus et ta queue de cheval de footballeur.
Matteo sourit, amusé :
-Si tu continues je vais finir par croire que tu craques pour moi ! La taquina-t-il.
-Pff n'importe quoi ! T'es un bébé encore !
-Ah ouais ? Sourit-il en s'approchant d'elle, d'un air prédateur.
-Ouais ! Répondit-elle, amusée.
Le jeune homme bondit et se mit à courir derrière la jeune fille qui se mit à rire et crier qu'il arrête mais le Salomon continua jusqu'à coincer la Giordano contre un angle, lui coupant toute retraite. Il s'avança, la bloquant complètement et l'attrapa pour la serrer contre lui et la soulever du sol. Edda se mit à le frapper gentiment plus pour l'amusement avant de le pousser en riant lorsqu'il l'eut reposée :
-T'es relou Matti !
Au surnom, Matteo sourit : autant quand c'était sa mère qui l'appelait comme ça, cela avait le don de l'agacer mais il devait avouer qu'entendre la fille de ses rêves l'affubler d'un petit diminutif affectueux avait tout l'effet inverse. Il plongea ses yeux bleu clair dans ceux sombres de la Giordano qui se mordit la lèvre. Edda sentit son corps se mettre à frissonner mais elle savait que ce n'était pas à cause du froid : malgré leur différence d'âge, Matteo était beau garçon et surtout il savait être à l'écoute, elle se sentait en confiance à ses côtés. Elle ne croyait pas aux histoires d'amour à l'eau de rose, aussi à Gela, elle ne fréquentait que des petites racailles servant sa famille, ne liant ni amitié ni relation amoureuse sérieuse. Elle avait évidemment flirté mais avec son père dans les parages, elle n'avait jamais passé le cap d'une vraie relation.
-Tu comptes m'embrasser ou t'attends qu'il neige ? Demanda-t-elle avec un sourire provocateur, son cœur s'accélérant.
Les joues du Salomon s'embrasèrent de gêne et il hésita avant de souffler :
-T'es d'accord ?...
-Viens vérifier par toi-même, s'amusa-t-elle.
L'adolescent se pencha et alla poser ses lèvres sur celles d'Edda qui se mit à pouffer de rire après quelques secondes.
-C'est ça que t'appelle embrasser ?
Les sourcils du métis se froncèrent et il se recula, vexé.
-Hé ! C'était pour rire Matti ! L'arrêta Edda en l'attrapant par le bras.
-C'est pas cool… Grommela t-il.
-Quoi allez ! Je m'attendais à mieux c'est tout !
-C'était mon premier… Avoua-t-il piteusement.
-Arrête ! Pour de vrai ?
-Ouais… Visiblement c'est pas le cas pour toi…
-C'est vrai oui j'ai déjà embrassé plusieurs mecs… mais bon du coup c'est pas plus mal…
-Pourquoi ça ?
-Parce que je vais pouvoir t'apprendre, sourit-elle.
Elle le tira jusqu'à lui et glissa ses mains sur ses joues rasées, amenant ensuite ses lèvres sur celles de son camarade, entamant des baisers langoureux avec lui à l'abri des regards.
Les cadeaux avaient été distribués à leurs propriétaires pour la plus grande joie de chacun après le repas. Seule Clara, la femme de Giula tardait à apporter le sien à sa compagne qui attendait tout sourire en observant ses filles s'émerveiller face à leurs nouveaux jouets. Leurs deux filles étaient plus jeunes que Madi, âgées respectivement de quatre et sept ans. Matteo et Edda étaient de nouveau parmi le groupe, restant à distance tout en se jetant des petits sourires et regards qui se voulaient discrets.
Lexa et Giula discutaient à voix basse de politique sur le canapé quand Clara se montra enfin aux côtés de Clarke qui semblait toute excitée. Les deux femmes étaient parties d'un air complice vers l'arrière de la maison quelques minutes auparavant.
-Mon amour ? Appela Clara ce qui fit tourner la tête à la juge dont le regard se teinta d'une lueur émerveillée.
Elle se leva, posant ses mains sur sa bouche pour cacher sa surprise quand elle aperçut le joli ballon doré portant le chiffre trois que sa compagne tenait au bout d'une ficelle.
-Oh ce n'est pas vrai ! Tu es enceinte ?! S'exclama-t-elle, les larmes lui montant aux yeux.
Cela faisait un an qu'elles avaient décidé d'avoir un troisième enfant mais contrairement à leurs deux petites princesses, le ou la petit-e troisième se faisait désirer au vu de l'âge de Clara qui avait passé les trente-huit ans. Du fait de son emploi du temps chargé et trop souvent capricieux, Giula avait dû arrêter d'accompagner sa compagne lors des tentatives de FIV en Espagne qui avaient échoué jusqu'ici. Décision qui ne l'avait guère enchantée mais Clara s'était montrée compréhensive et courageuse malgré les difficultés. Elles avaient été mises au courant sur les risques d'une grossesse tardive mais n'avaient pas désespéré bien que Giula approchaient de la cinquantaine de son côté.
-Oui ! Répondit d'une voix émue Clara ce qui ne manqua pas d'attendrir tous les invités qui se mirent à applaudir.
Clarke vint s'installer près de Lexa, glissant une main câline sur sa cuisse ainsi qu'un baiser dans son cou. Les gestes tendres ne manquèrent pas de faire sourire la politicienne qui ressentit l'irrémédiable envie de se montrer des plus gourmandes mais elle se retint.
-Elles sont adorables… Souffla Clarke, touchée par l'amour du couple qui s'enlaçait à présent.
-Il faut que tu le perces si tu veux savoir le sexe, indiqua Clara à sa femme qui sembla étonnée.
-Quoi déjà ? Mais depuis combien de temps es-tu…
-Bon tu le perces ce ballon ou quoi ! J'en peux plus moi ! S'indigna Raven qui se prit une tape de la part d'Octavia. Aïe !
-Tu es vraiment une rustre Reyes ! Tu brises ce moment tout mignon ! La rouspéta la Blake.
-Roh mais c'est vrai quoi ! On veut savoir !
Giula partit dans un rire avant de chercher quelque chose d'assez pointu pour percer le ballon. Lorsqu'elle eut ce qu'il fallait, elle se hâta pour découvrir le sexe de leur futur bébé et son visage s'emplit de larmes joyeuses lorsqu'elle vit que leur petit troisième serait un garçon, des confettis bleus se répandant partout. L'émotion la submergea et se fut sa compagne qui l'enlaça à son tour, lui caressant le dos, murmurant :
-J'ai déjà le prénom du moins si tu es d'accord ?
-Tout ce que tu veux ma chérie… Répondit-elle, la voix encore tremblante d'émotion.
-Francesco comme ton papa, sourit Clara.
-Tu ne pourrais me faire plus plaisir, lui souffla la juge, émue que leur futur petit garçon porte le prénom de son défunt père.
De nouveaux applaudissements retentirent puis de la musique fut lancée pour inviter chacun à venir se déhancher joyeusement. Clarke se leva du canapé, se déhanchant seule quelques secondes avant d'inviter d'un signe Lexa qui secoua la tête de gêne.
-Viens danser ma sicilienne, lui souffla la belle blonde en venant finalement chercher la brune qui semblait se cramponner au canapé.
-Pas devant tout le monde Clarke… Rit la brune. J'ai une réputation à tenir !
-Pourquoi ? Tu danses si bien ! Allez ! On fait la fête ou on ne la fait pas !
Lexa secoua la tête, amusée avant de se laisser tenter, offrant une danse à sa compagne qui sembla aux anges.
Edda tourna un regard en coin vers les confettis bleus qui avaient voletés un peu partout, remarquant que certains avaient atterris sur ses pieds. Elle secoua ces derniers avant de remarquer que Matteo tentait d'attirer son attention. Elle comprit immédiatement que le jeune homme lui proposait de danser mais elle secoua la tête avant de lui faire signe de la suivre discrètement.
L'adolescent attendit quelques minutes avant de se diriger à la suite de la jeune fille, montant avec elle dans sa chambre. Lorsqu'il l'eut rejoint, un sourire se dessina sur ses lèvres quand la Giordano s'approcha de lui pour l'embrasser.
Tous avaient passé une excellente journée en ce vingt-cinq décembre. Giula et sa petite famille étaient parties dans la soirée pour attraper leur avion pour Rome tandis que Raven, Octavia et Matteo étaient rentrées chez eux après le dîner. Abby et Jake étaient partis se reposer en début de soirée, le jetlag se faisant ressentir après cette journée mouvementée. Madi et Edda allant dans leur chambre respective quand elles en eurent envie.
-J'ai passé une super journée, confia Clarke en venant s'installer près de Lexa qui profitait du feu de cheminée, un verre de vin rouge à la main.
La médecin se cala contre sa compagne qui lui sourit, glissant une main autour de sa taille.
-Tu as prévu d'autres surprises pour le jour de l'an ? Hm ? Interrogea-t-elle, ses yeux bleus brillant d'une lueur alcoolisée.
-Si je te le dis, ce n'est plus une surprise, s'amusa la brune.
-Allez… Dis-moi…
-Non…
Clarke soupira avant de récupérer le verre de vin pour avaler son contenu, le posant ensuite sur la table basse.
-Et bien je t'en prie ? Rit Lexa.
Sa compagne se mit à rire doucement avant de se lever du canapé ce qui interrogea la brune :
-Où vas-tu ?
-À la cave à vin pour chercher une autre bouteille… Sourit Clarke.
-Hm je vois…
Elle laissa la blonde partir, se reconcentrant sur le feu crépitant avant de tourner la tête lorsqu'elle entendit que Clarke l'appelait. Elle se leva rapidement, s'inquiétant, pensant que la médecin s'était peut-être fait mal à la cave. Elle descendit rapidement les escaliers en l'appelant :
-Clarke ? Ça va ?
Elle se figea lorsqu'elle vit la blonde qui l'attendait sagement, appuyée contre l'une des armoires à vin, un petit sourire espiègle aux lèvres. Son cœur s'accéléra et un sourire se dessina sur son visage tandis qu'elle traversait les quelques mètres les séparant.
-Tu es insupportable, lui reprocha la blonde, amusée.
-Pourquoi ? Sourit sa compagne en approchant ses lèvres contre les siennes.
-Ton self-control me fatigue et m'excite à un point inimaginable… Lui confia-t-elle.
-Ah oui ?... S'amusa la brune en venant glisser ses mains le long des cuisses recouvertes du léger collant.
Les mains de Lexa parcoururent délicieusement la peau à peine couverte de sa compagne qui se mordit la lèvre d'excitation. Au fil des caresses, les lèvres de la sicilienne se posèrent sur la gorge de Clarke, la dévorant avec appétit. Sa main droite venant se glisser audacieusement sous la robe pull, outrepassant la barrière du collant pour venir caresser le sexe de sa femme, la pénétrant lentement. Un soupir excité lui échappa quand ses doigts ressortir mouillés de Clarke.
-J'adore quand tu es comme ça, gémit-elle, excitée comme jamais.
Elle tenta de la tirer pour inciter sa compagne à monter dans leur chambre mais la blonde avait visiblement une autre idée en tête. Elle offrit un regard suggestif à sa compagne avant de soulever sa robe pull et d'appuyer d'une main sur son épaule. Le regard de Lexa se teinta d'une lueur gourmande et elle accepta l'invitation, s'agenouillant au sol tout en passant ses mains dans le collant qui se déchira plus vite qu'il ne descendit le long des jambes de la médecin. Ses lèvres se posèrent sur le dessus du pied encore protégé par l'escarpin et une partie du collant puis la sicilienne remonta la jambe droite avec de gourmands baisers, glissant cette dernière au-dessus de son épaule une fois la dernière barrière de tissu retirée. Clarke pencha immédiatement la tête en arrière, la frottant aux vitres protégeant les bouteilles de vin quand elle sentit la langue de sa compagne sur sa perle de plaisir. Elle eut rapidement la respiration coupée sous l'ardeur de la brune qui la noyait littéralement de langoureuses caresses et un gémissement bruyant lui échappa alors qu'elle serrait l'épaule de son amante.
-Oh Lexa tu vas me tuer… Gémit-elle en tentant de lutter contre la vague de plaisir qui grondait en elle, un sourire aux lèvres.
Plongées dans le regard l'une de l'autre, appuyées sur leurs coudes, les deux femmes étaient tout sourire tandis que leurs corps étaient encore transpirants de sexe. Une bouteille de vin à moitié vide était posée sur la table de chevet.
-Tu m'as manqué… Sourit la médecin.
-Désolée d'être absente plus souvent que prévu… Murmura la brune en venant poser un baiser sur le haut de son sein.
-Je sais que c'est pour nous que tu fais ça… La rassura Clarke, comprenant la pensée de sa compagne.
Elles avaient fini par monter dans leur chambre, la cave à vin ne se prêtant nullement à des ébats charnels dans leur globalité. Elles avaient profité de ce moment nocturne pour se donner du plaisir de manière réciproque jusqu'à épuisement. Après un silence amoureux, Clarke reprit la conversation malgré l'heure tardive :
-Je suis tellement contente pour Giula et Clara, confia la médecin tout sourire. Clara m'a dit que je serai la marraine du petit !
-Vraiment ? Je suis ravie pour toi, tu feras une superbe marraine, répondit Lexa, posant finalement sa tête contre la poitrine de sa compagne qui s'était finalement allongée sur le dos.
-Tu crois ?
-Tu es une superbe maman et tante, je ne vois aucune raison pour que tu ne sois pas une excellente marraine, la rassura la brune en fermant les yeux de sommeil.
-Elles étaient vraiment si touchantes…
-Oui c'est vrai… Giula commençait à désespérer. Elle m'en avait parlé à plusieurs reprises… Souffla Lexa, sentant le sommeil l'envelopper.
-Je suis vraiment contente pour elles. D'ailleurs…
-Hm ?
-Je sais qu'on a déjà discuté du sujet mais le temps a filé si vite… Se redressa Clarke, songeuse, pour observer la brune qui du coup dû se décaler sur le côté.
-De quel sujet parles-tu ? Marmonna-t-elle moyennement ravie d'avoir été délogée de la poitrine de sa compagne.
-Le sujet bébé… Toujours d'accord avec ce que tu m'as dit ? Ne pas vouloir d'enfant autre que Madi ? Demanda très sérieusement la blonde.
-Une seule me suffit amplement et on en a même deux je te signale -depuis deux mois-, répondit Lexa dans un rire, le sommeil s'éclipsant pour de bon.
-Ce n'est pas faux… Rit Clarke.
Lexa observa sa compagne avant de souffler :
-Ça t'a donné envie de voir Giula et Clara si heureuses ?
-Peut-être… Je ne sais pas, avoua sa compagne. Avec ma carrière de chirurgienne, je dois avouer que je n'ai jamais pris le temps d'y réfléchir plus de quelques minutes… Madi est arrivée ensuite et ça a été une évidence pour moi que j'allais être sa maman puisque ses parents n'étaient plus là…
L'ancienne Donati sourit à cette confidence.
-Et si Madi n'était pas arrivée ?
-Je pense que peut-être, j'aurai voulu être maman à un moment donné, je veux dire porter un enfant ou bien adopter… Tant que tu aurais été à mes côtés…Ça ne t'aurais pas plu ?
-Tout me plaît avec toi, lui confia la brune en venant l'embrasser amoureusement.
-Hm… Séductrice… Rit la médecin. Et toi ? Si Madi n'était pas arrivée dans nos vies, tu penses que tu aurais changé d'avis ? Tu m'as dit une fois que tu ne t'imaginais pas du tout avoir un enfant et encore moins l'élever, pourtant avec Madi tu es géniale…
-Un enfant c'était répondre à la commande de mon grand-père, me renier moi-même… Si je l'avais écouté, j'aurais épousé Roan Barzetti avant ma majorité et j'aurai joué le rôle de poule pondeuse… Non merci, trancha Lexa. Madi est arrivée dans un contexte bien spécifique donc l'élever et l'aimer reste tout à fait naturel pour moi aujourd'hui…
-Rappelle-moi une chose si un jour on croise ton grand-père dans un quelconque au-delà tu veux ?
-Quoi donc ?
-Lui mettre mon poing dans la figure, répondit la blonde, très sérieuse.
Lexa éclata de rire et son rire fut communicatif, les deux femmes s'entraînant l'une l'autre durant plusieurs minutes.
-Il t'aurait détestée, souffla la brune, encore à moitié prise par le rire.
-Pire que Gustus m'a détestée quand l'on s'est rencontrées ?
-Pire je pense oui…
-Tant pis pour lui, rit Clarke. Hm… Je t'ai déjà dit que je t'aimais ?
-Pas assez, confia sa compagne en venant l'embrasser.
Après un baiser, la médecin reprit :
-Donc tu es sûre ? Pas de regret pour cette histoire de bébé ?
-Aucun regret, je suis en paix avec l'idée que je suis la dernière Donati, la rassura la sicilienne.
-Bon… Ça me rassure alors, sourit Clarke, apaisée en se serrant contre sa femme.
-Mais… Reprit Lexa.
-Mais …? S'inquiéta la blonde.
-Maintenant que cette conversation m'a réveillée, il va falloir me fatiguer à nouveau… Sourit la brune en venant embrasser sa compagne, sa langue cherchant à entrer dans sa bouche.
Clarke sourit et se tortilla avant de répondre au baiser langoureux :
-Je devrai te parler bébé plus souvent… Rit-elle.
-Hm oui… J'ai faim de toi maintenant… Lui souffla la sicilienne en rabattant le drap sur elles.
La fête de nouvel an battait son plein dans une boîte de nuit de Rome qui avait été privatisée pour l'occasion. Au sein de celle-ci des politiciens et personnalités diverses mangeaient, buvaient et dansaient au rythme de la musique endiablée d'un célèbre dj italien. Parmi eux, le couple Griffin et Conti qui s'étaient retrouvées pour passer un bon moment. Edda, Madi et Matteo étant sous bonne surveillance à Syracuse dans la maison familiale avec Jake et Abby ainsi que l'équipe de sécurité. Clarke avait été enchantée à l'idée de faire la fête pour le nouvel an pour couper de la routine soucieuse de ces derniers mois, une nouvelle surprise de Lexa qu'elle avait particulièrement appréciée. La brune souhaitait visiblement profiter de ces quelques jours de tranquillité à fond.
La première partie de la soirée s'était faite devant un dîner-spectacle de danse coloré digne du Crazy Horse français. Chaque membre de la soirée étant assis autour de table ronde en groupe d'affinité. Lexa et Clarke avaient donc diné en compagnie de Giula, Clara, Octavia et Raven. Elles avaient passé un bon moment tout en dégustant de bons plats préparés par un chef cuisinier réputé.
La seconde partie avait débuté vers vingt-trois heures, le DJ faisant son entrée pour enflammer le dance-floor. L'ambiance n'avait pas tardé à être survoltée, promettant de beaux souvenirs jusqu'au fameux décompte durant lequel la musique fut coupée :
-Dix ! Neuf ! Huit ! Sept ! Six ! Cinq ! Quatre ! Trois ! Deux ! Un… BONNE ANNÉE ! Crièrent les différentes personnes en levant leur verre tout en se sautant dans les bras pour certains.
-Bonne année mon amour ! Cria Clarke en enlaçant sa compagne pour l'embrasser amoureusement tandis que la musique repartait.
-Bonne année à toi aussi ma chérie, sourit Lexa en gardant la blonde contre elle, savourant l'étreinte.
-Cette fête déchiiiirrrre ! PUTAIN ! Cria Raven en sautant sur place.
Les six amies dansèrent jusqu'à être épuisées, Giula et Clara partant les premières car la future maman était fatiguée aux alentours de trois heures du matin. Lexa proposa à Clarke de rentrer peu de temps après afin de ne pas être trop épuisées pour le premier janvier. Raven et Octavia quant à elles semblaient bien décidées à rester jusqu'à la fermeture, ayant réellement besoin de se lâcher complètement pour se libérer de toute pression.
« Merci pour cette superbe soirée Lexa. Nous nous sommes amusées comme jamais ! On se voit dans la semaine comme prévu…Embrasse ta petite famille pour nous. » Giula Conti
Le message partit du portable de la juge qui marchait à présent aux côtés de sa compagne pour rejoindre leur appartement. Elles étaient accompagnées de leurs gardes du corps comme à leur habitude et montèrent dans l'ascenseur après être entrées dans le bâtiment sécurisé. Leur appartement se trouvait au troisième et dernier étage. Elles distinguèrent de la musique venant de chez certains voisins. Excepté la nuit du 31 décembre, le reste du temps, la copropriété était réputée pour sa tranquillité car seuls des avocats, juges, comptables et notaires occupaient la vingtaine d'appartements. La lumière s'alluma automatiquement sur leur passage et elles remercièrent les deux agents de sécurité qui les laissaient comme à chaque fois à cet endroit, leur souhaitant une bonne nuit tout en déverrouillant la porte d'entrée. Ces derniers attendirent que le couple ferme la porte pour repartir vers l'ascenseur afin de rejoindre leur véhicule. Ils n'escortaient la famille de la juge que lors de ses déplacements puisqu'un vigil avec un chien patrouillait au sein de la copropriété durant la nuit pour dissuader tout cambrioleur ou autre personne malveillante.
Elles quittèrent leurs chaussures et manteaux, penchant la tête pour voir si la baby-sitter de leurs filles était toujours éveillée ou non. Giula remarqua la télévision allumée dont le son était particulièrement élevé donc elle se permit d'appeler :
-Mira ? Tu es réveillée ? Nous sommes rentrées !
-Shht elle dort peut-être Giu' ! La sermonna sa compagne.
-Désolée…
-Hm… J'ai les pieds en compote… Se plaignit Clara en avançant dans le salon.
-Je vais te les masser avant de dormir, sourit la Conti.
Quint sourit lorsqu'il entendit les deux propriétaires de l'appartement arriver. Il était caché dans la chambre des petites qui dormaient. Entrer dans l'appartement avait été moins difficile qu'il l'aurait pensé puisque les gardes du corps ne restaient pas sur place, talonnant de près la juge. Depuis sa fuite de la prison de Palerme, il ne s'était pas risqué à venir observer lui-même, se servant uniquement de la communauté gitane. L'avantage étant que les gitans passaient plutôt inaperçus dans le quotidien des italiens. Ainsi, il avait pu cerner les habitudes du couple et avait trouvé une faille à travers la baby-sitter. Mira était une étudiante en troisième année de droit et s'occupait des filles des Conti depuis maintenant deux ans. Elle vivait dans un appartement voisin avec sa mère avocate et venait régulièrement mais en général pour quelques heures et non une nuit quasi entière. Il avait donc fait en sorte de lui présenter Aaron qui s'était occupé de la séduire depuis le mois de novembre à la faculté de droit où il se faisait passer pour un étudiant. Son demi-frère avait fait le travail, nullement dérangé à l'idée de gagner un peu d'argent contre une tâche peu ingrate, Mira étant une jolie jeune femme bien que timide.
Au fil des jours, Mira était sincèrement tombée amoureuse. Aussi, lorsque le jeune homme s'était présenté avec des pizzas et de l'alcool pour la consoler de ne pas pouvoir fêter la nouvelle année avec ses amis, l'étudiante lui avait ouvert en toute confiance avec le sourire. Elle était pourtant loin de se douter qu'en ouvrant la porte de l'appartement, elle allait se retrouver face à son petit ami ainsi que le "grand-frère" de ce dernier. Elle avait été surprise mais n'avait pas osé refuser l'entrée des deux hommes, les laissant entrer chez les Conti malgré les règles fixées par la juge. Quint et Aaron s'étaient installés, tentant de la mettre à l'aise mais la jeune fille n'arrêtait pas de fixer avec angoisse le mafieux et celui-ci comprit rapidement qu'elle l'avait reconnu ce qui n'était pas étonnant puisque son visage était partout. Ce n'était pas un bonnet et une barbe de quelques jours qui changeraient son visage. L'étudiante avait essayé de discrètement s'éclipser dans la cuisine, prétextant aller réchauffer sa part de pizza pour appeler la police mais malheureusement pour elle, elle n'en avait pas eu le temps. Quint s'était dressé derrière elle en quelques secondes pour finalement lui trancher la gorge derrière le plan de travail de la cuisine ce qui n'avait pas été au goût de son frère avec qui il avait eu une altercation musclée.
Leur boucan avait réveillé les deux petites filles qui s'étaient levées pour voir ce qu'il se passait. Elles s'étaient mises à hurler de peur en voyant les deux inconnus chez elle, appelant leurs mères à l'aide. Quint s'était jeté sur elles pour qu'elle se taisent, les assommant avant de les forcer à avaler un somnifère qu'il avait préparé au cas où ce scénario se présenterait. Ce dérapage avait conduit à une discussion enflammée avec son demi-frère qu'il avait finalement mis dehors pour qu'il s'occupe des gardes du corps si jamais ils décidaient de rester devant la porte du couple. Car il avait besoin de temps : il comptait bien torturer la juge et sa femme pour savourer pleinement sa vengeance.
La nuit du nouvel an était son unique chance. Le couple était parti s'amuser et rentrerait sûrement éméché donc ne pourrait pas se défendre. Il envoya un message à Aaron :
« Morts ? »
Après quelques secondes, il reçut un pouce levé en guise de réponse. Il sortit son pistolet silencieux tout en reculant de deux mètres, la veilleuse de la chambre l'éclairant de manière inquiétante. Il jeta un regard sur les filles endormies qu'il avait jeté sans ménagement dans un des lits. Un cri strident perça finalement : l'une des femmes venait de découvrir le corps de la baby-sitter. La réaction fut celle qu'il attendait : les deux femmes débarquèrent immédiatement dans la chambre de leurs filles et se paralysèrent face au mafieux qui les attendait sagement.
Un nouveau cri transperça les murs lorsque Clara et Giula se retrouvèrent sous le canon du mafieux le plus recherché du moment. La juge se positionna immédiatement devant sa femme pour la protéger malgré sa propre peur.
-Salut poupée, sifflota Quint, un sourire satisfait sur le visage.
-Co… Comment ?! Réussit à demander la juge.
-L'amour… Mira avait besoin de se faire ramoner la chatte vois-tu… T'aurais pu t'en occuper d'ailleurs au lieu de brouter la touffe de ta femme ! Répondit-il avec un sourire pervers.
-Ne faites rien d'inconsidéré… Prévint Giula, tentant de récupérer un peu de contenance.
-Ou quoi ?! Tu vas me remettre en prison ?! Espèce de sale connasse ! Aboya-t-il en appuyant sur la gâchette.
Le coup silencieux partit et toucha la juge dans l'épaule qui cria de douleur. Clara se laissa tomber au sol avec sa femme dont la souffrance semblait terrible.
-Giula ! Mon dieu ! S'inquiéta sa femme en sentant le sang sur ses doigts.
-Arrêtez ! Supplia Giula. Pitié, ne faites pas de mal à ma femme et mes filles ! Elles n'ont rien avoir là-dedans ! Tuez-moi si vous le voulez mais ne leur faites pas de mal…Je suis la seule responsable de votre incarcération !
-Non ! Giula ! Sanglota Clara, tremblante.
Le rire qui sortit de la bouche de Quint fut sinistre ce qui fit fermer les yeux à la juge : il allait toutes les tuer. Un grand bruit se fit entendre et la porte de la chambre s'ouvrit sur un autre homme plus jeune.
-Quint ! Les flics arrivent ! Un vigil est arrivé avec un clebs et il a vu les corps ! Il a eu le temps de prévenir les flics avant que je les flingue !
-PUTAIN ! Explosa le mafieux. Abruti ! Je te donne une mission et tu réussis à foirer ! PUTAIN DE GITAN DE MERDE ! J'ai passé dix putains de piges derrière les barreaux à cause de cette salope et je vais même pas pouvoir la torturer ?! FAIT CHIER !
-C 'est bon t'as eu ta vengeance ! Elles ont assez flippé !
Le visage du mafieux était rouge de colère et il releva son arme pour viser la tête de la femme de la juge.
-Qu'est-ce que tu fais putain ?! T'as dit que tu tuerais la juge ! Pas toute sa famille !
-Je veux qu'elle souffre !
Giula cria en regardant le jeune chez qui elle avait senti une faille :
-Non ! Elle est enceinte ! Pitié ! Arrêtez-le !
-Quint ! Laisse tomber ! On se barre ! Cria son frère, inquiet.
-La ferme ! Aboya Quint en appuyant une nouvelle fois sur la gâchette de son arme mais Aaron s'était jeté sur le mafieux pour dévier le tir.
La balle se logea directement dans le ventre de Clara ce qui la fit blêmir tandis que du sang se déversait sur sa belle robe de soirée. La future maman appuya par réflexe sur la blessure mais sentit ses forces la quitter rapidement.
-Clara non ! Gémit la juge, les joues pleines de larmes. Oh mon Dieu !
-Félicitations Aaron, tu viens de tuer un bébé juge, ricana Quint ce qui fit blêmir son demi-frère qui se laissa pousser.
La juge fut écartée du corps de sa compagne par un coup de pied de la part du mafieux qui l'envoya contre le bureau de leurs filles. Il la tabassa durant une minute mais Giula tenta malgré tout de ramper jusqu'à sa femme qui gémissait et tremblait au sol. Il lui infligea un nouveau coup de pied puis saisit son visage pour lui cracher :
-Tu croyais quand même pas que j'allais laisser des saloperies dans ton genre se reproduire… ? Alors je commence par quelle gamine ? T'inquiète elles souffriront pas, elles dorment bien !
-Piti…é…
-Quint putain ! Faut dégager !
-Mais tu vas la fermer ?!
Les sirènes de police se firent soudainement entendre non loin ce qui fit tiquer le mafieux. Il cracha de colère avant de saisir la juge par le cou :
-Tu mérites bien pire pour ce que tu as fait à la mafia salope.
Les yeux emplis de larmes, Giula utilisa ses dernières forces pour cracher au visage du mafieux qui ferma les yeux. Elle murmura quelque chose que Quint ne comprit pas, aussi lui fit-il répéter :
-Qu'est-ce que tu viens de dire ?!
-Lexa… te…retrouvera…Ordure...
-Qu'elle vienne, je l'attends, sourit le mafieux.
Il posa son arme contre le cœur de la juge, tirant deux balles mortelles. Il se redressa ensuite et tourna son arme vers les petites filles qui dormaient profondément malgré le bruit et l'horreur de la scène.
-Qu'est-ce que tu fais putain ?! S'insurgea Aaron.
-Je finis le boulot !
-C'est des gamines putain ! Espèce de taré ! ARRÊTE MAINTENANT !
Les deux hommes en vinrent aux mains et Quint lâcha son pistolet qui glissa dans la chambre, balançant son demi-frère en arrière qui percuta la porte ouverte de la chambre. Les sirènes de police étaient à présent bien distinctes, aussi le mafieux abandonna son idée de chercher son pistolet pour finir le travail. Il partit en courant de l'appartement, abandonnant Aaron qui se releva et se mit à courir derrière lui.
Ils ne devaient leur salut que grâce à de jeunes gitans présents dans le quartier à qui il avait demandé de caillasser les voitures de police si jamais elles arrivaient avant qu'ils ne sortent de la copropriété. L'agression des jeunes avaient donc divisé les patrouilles qui étaient parties pour leur grande majorité à leur poursuite.
Quint et Aaron sautèrent sur un scooter 125 chevaux qui les attendait au coin d'une rue. Aaron démarra rapidement et s'engagea sur la route, se mêlant rapidement aux fêtards qui criaient la bonne année tout en buvant de l'alcool.
Parmi les cris de joie, Quint sentit l'irrépressible envie de hurler à plein poumons en levant les bras :
-YIPYIP VENDETTA !
Aïe aïe... Alors ça va ? Pas trop traumatisé par la lecture de l'avant dernière scène ? :P Mag m'a dit qu'elle était prête à vous recevoir dans son cabinet psy au besoin hahaha !
Bon...il s'en passe des choses dans ce chapitre... Malgré l'ambiance festive, Quint a de nouveau frappé... Il n'est pas passé loin de se faire attraper mais non il est toujours en liberté... Pour combien de temps ? Aura-t-il le temps de frapper une nouvelle cible ?
Comment va réagir Lexa ? Et va-t-elle s'en sortir sans son alliée Giula Conti ?... Je vous dis à bientôt pour le prochain chapitre, prenez-soin de vous :)
PS : Ça vous intéresserait un Discord pour discuter ? ;) J'y réfléchis depuis qq temps donc n'hésitez pas à me dire en fin de review si vous seriez partants ou non :)
