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Chapitre 59
La fameuse remise de médaille eut lieu dans le courant de la semaine suivante, en plein milieu de la mise à pied de Yahiko.
Nagato avait donc ressorti son uniforme, qu'il n'avait pas porté depuis un moment, et s'observait sous toutes les coutures. Un sourire lui échappa quand il croisa le regard de son reflet. Il replaça le pli de sa veste, pivota au quart pour vérifier que tout allait bien, s'admira une nouvelle fois, constatant que cette tenue lui allait bien.
C'était une des raisons pour lesquelles il était entré dans la police plutôt que dans l'armée : il trouvait les uniformes bien plus seyants. Bien entendu, c'était une composante mineure de son choix, mais elle avait quand même son importance.
Quand il portait sa tenue de cérémonie, inconsciemment, il se redressait, levait un peu le menton : il était fier de revêtir cet uniforme. Et il se trouvait beau, dedans.
Il passa une main dans ses cheveux, grimaça en constatant que ses tempes blanchissaient de plus en plus et plongea dans son propre regard. Une mutation avait transformé le bleu familial en un violet rare qui n'avait pas changé depuis son enfance. Ses cheveux commençaient à être un peu trop longs, il faudrait qu'il retourne prochainement chez le coiffeur.
Par le miroir, il consulta l'heure et souffla, prêt à sortir de sa chambre.
Il franchit la porte pour rejoindre Itachi qui patientait près de l'entrée et ce dernier eut un arrêt, le temps d'y regarder à deux fois. Il ne s'était absolument pas attendu à voir Nagato émerger de sa chambre en tenue de cérémonie.
Il papillonna des cils, déshabilla son colocataire du regard, appréciant tout à fait le spectacle et donnant mille fois raison à Kiba : le flic en uniforme, c'était clairement une option.
— Tu es très élégant, annonça-t-il. Y a-t-il une justification particulière à ça ?
— La remise de médaille est aujourd'hui, grommela Nagato. Et malheureusement, je ne suis pas tombé malade, j'aurais dû demander à Zetsu de me tousser dessus plus fort que ça.
Le coach sportif était alité depuis quelques jours, terrassé par une grippe. C'était Kaguya qui le lui avait appris d'une voix neutre, les yeux rivés sur toute autre chose. Nagato ne savait pas trop comment se positionner vis-à-vis de cette femme, il n'était pas certain de pouvoir s'entendre avec elle.
Itachi esquissa un sourire qui creusa légèrement la fossette de sa joue. Son visage avait enfin retrouvé son aspect habituel, mais les cauchemars persistaient, et, bien que Nagato ait insisté pour qu'il aille consulter un spécialiste, l'acteur de X continuait de penser que ça passerait simplement.
— Ton commissaire aurait voulu que tu y ailles, même à l'agonie, affirma Itachi.
D'un mouvement de tête, saisissant ses clés dans le vide-poche, Nagato lui donna raison.
— Le pire, c'est que c'est très probable. Enfin, au moins, je serai présentable sur les photos.
— Y aura des photos ? s'étonna Itachi. Pourquoi ?
— Pour les archives, principalement, répondit Nagato en appuyant sur le bouton d'appel de l'ascenseur pendant qu'Itachi fermait la porte. Et pour l'article dans le journal. Je déteste me mettre en avant, comme ça.
La porte automatique se referma derrière eux, un bip sonore retentit et Itachi se mordilla la lèvre.
— Il y aura un article dans le journal ?
Sa voix tremblait un peu d'inquiétude et Nagato leva la main pour la poser sur son épaule, rassurant.
— Il ne parlera pas de toi. Officiellement, je reçois une médaille pour avoir démantelé un réseau d'arnaque à la carte bancaire.
— Ce qui est vrai, tu as fait ça, rappela Itachi. Tu m'en as parlé.
— Oui, mais c'est exagéré de parler de réseau, ils n'étaient que trois, et je n'étais pas tout seul. Et j'étais mis à pied toute la fin de l'enquête.
— Mais c'est toi qui as débusqué le principal suspect. Ta modestie est ennuyeuse, commenta l'acteur en haussant les épaules. Je n'aime pas ça, chez toi.
— Fais avec, soupira Nagato, exaspéré.
Itachi eut un sourire alors qu'ils arrivaient près du troisième étage.
— Ne sois pas désagréable, enjoignit-il. Ce sera vite passé, c'est l'affaire de quelques heures. Souris, hoche la tête de temps à autre et évade-toi dans ton esprit.
Il y eut un tintement de cloche pour annoncer l'arrivée au rez-de-chaussée et l'ascenseur s'ouvrit.
Au passage, ils saluèrent Asuma, s'arrêtant pour discuter quelques minutes avec lui. Quand ils franchirent la porte qui donnait sur l'extérieur de la résidence, Nagato soupira.
— En plus, ça tombe mal, cette conférence de presse. Ça va me prendre du temps et je n'en ai pas. Le commissaire attend beaucoup de moi, pour que je m'amende, et on a des raisons de croire que le pseudo-réseau que mon équipe a démantelé cachait d'autres choses.
Bien entendu, Nagato ne pouvait pas s'étendre sur ces questions auprès d'Itachi qui lui retourna un regard désolé.
— Comme Mikan n'est pas là, tu pourras rester tard au travail, adoucit-il. Je saurai me débrouiller sans toi.
— Je n'en doute pas, soupira Nagato.
Ils s'engagèrent en direction d'Akatsuki Productions d'un pas presque trop rapide. Depuis leur reprise, aucun d'eux n'avait envisagé de casser l'habitude instaurée lors de l'enquête sur le père Danzô. Nagato continuait d'accompagner Itachi jusqu'à son travail, venant le récupérer le soir quand leurs horaires coïncidaient – rarement, donc, vu que le commissaire encombrait Nagato de dossiers.
— Mais c'était ce soir que Sakura organisait sa fête d'anniversaire, acheva-t-il.
Il avait été convié, bien entendu, seul « civil » parmi une foule d'acteurs et actrices du milieu. S'il avait accepté l'invitation, Itachi avait bien compris que c'était principalement la politesse qui l'y poussait.
— Je dirai que tu avais beaucoup de travail, proposa Itachi. Je suis certain qu'ils comprendront. Elle ne se serait pas vexée de ton refus, éclaircit-il, on se doute bien que tu ne partages pas nécessairement les mêmes sorties festives.
L'anniversaire de Sakura était organisé dans un club de strip-tease que Jiraiya avait privatisé pour l'occasion – il connaissait très bien le gérant qui était un vieil ami. Si Itachi se faisait une joie de retourner dans ce club, Nagato, lui, était plus frileux.
— En plus, révéla Itachi, Kiba a l'intention t'offrir une lap-dance si tu viens. Le genre de prestations qui inclut les finitions.
Et l'acteur n'avait pas spécialement envie de voir une jolie femme se frotter langoureusement à Nagato. Et si ce sentiment ressemblait fort à de la jalousie, il préférait encore s'étouffer dedans plutôt qu'admettre qu'il éprouvait une telle chose.
— Oh bon sang, protesta l'inspecteur. Pourquoi tout le monde s'est mis en tête de vouloir intervenir dans ma vie sexuelle ?
« Tout le monde » était profondément exagéré. Il le savait très bien. Kiba était le seul à agir dans ce sens, les autres s'étaient jusqu'à présent contentés de l'inciter verbalement à faire des rencontres amoureuses.
Itachi haussa les épaules. Lui non plus n'était pas particulièrement friand des tentatives de ses amis pour faire jouir Nagato. Ils en avaient discuté ensemble, Hinata, Kiba, Kisame et Sakura cherchant un moyen pour remercier l'inspecteur d'avoir sauvé la vie d'Itachi. Ils en étaient arrivés à la même conclusion : s'ils voulaient vraiment le remercier, il fallait lui donner quelque chose qui lui manquait, à savoir une partenaire sexuelle, « de préférence efficace », avait dit Kisame, « mais elle peut tout aussi bien se contenter d'être jolie ».
— Tu n'as pas envie que je vienne, comprit Nagato en portant son regard sur le profil de son colocataire.
Sans réellement approuver, Itachi dodelina de la tête. Ça l'ennuyait d'être si transparent pour Nagato, presque autant qu'il était agacé par la jalousie malsaine qu'il ressentait. Il ne s'était jamais montré si possessif envers quiconque et il détestait ça.
— Je comprends, sourit Nagato. C'est ton univers, tout ça et je ne veux pas m'imposer. Très bien, je ne viendrai pas alors.
Il prononça les derniers mots avec soulagement. Au moins pourrait-il enchaîner les heures au bureau et avancer sur cette pile indécente de dossiers et rattraper le temps qu'il allait perdre avec cette cérémonie de remise de médaille.
La cérémonie avait lieu dans la vaste salle de conférence où se déroulaient d'ordinaire les réunions du commissariat. La pièce était noire de monde. Les deux premières rangées étaient occupées par des journalistes certifiés, disposant d'une carte de presse, les autres servaient à recevoir les policiers qui assistaient à la remise de médaille.
Sur l'estrade, Nagato se tenait près du commissaire et de son chef de brigade, les deux engoncés dans leurs uniformes. Les yeux de l'inspecteur vagabondaient sur l'assemblée, curieux de voir qui était venu. Il retrouva rapidement Mui et Kie qui lui adressèrent un sourire. Plus loin derrière eux, l'agent Kamano le foudroya du regard, se campant dans une attitude franchement hostile.
Les projecteurs fixés au plafond étaient braqués sur la scène, encore éteints, mais ils ne tarderaient pas à s'allumer. Le commissaire attendait que tout le monde soit installé pour lancer le début de la remise de médaille.
D'ordinaire, quand Nagato se trouvait dans une telle situation, il y avait Yahiko près de lui. Qu'il ne fût pas présent renfonçait le clou, sonnant une nouvelle fois le glas de leur amitié. Vaguement, il se demanda s'il parviendrait un jour à en faire son deuil.
Quand toute la foule se fut finalement installée, des brigadiers se chargèrent de refermer les portes, se postant devant. La nervosité de Nagato monta un peu alors que ses yeux continuaient de fouiller la salle à la recherche de visages connus – connus et non hostiles, ajouta-t-il en constatant que l'agent Kamano le foudroyait toujours d'un regard plein de morgue.
Le commissaire s'avança jusqu'au micro qui se situait à la droite des tables où ils iraient s'asseoir après la remise de médailles. Il tapota dessus pour s'assurer qu'il fonctionnait correctement et pour ramener le silence dans la salle, mettant fin à l'agitation des journalistes qui sortaient calepins et dictaphones pour pouvoir garder des traces de l'événement.
Joignant les mains, se redressant, Nagato accentua le sourire sur ses lèvres, un peu aveuglé par les flashs. Petit à petit, le commissaire déroula un discours vibrant, dans lequel il félicitait l'ensemble de ses hommes, vantant leur efficacité, leur implication et leur sens du devoir, énonçant quelques chiffres sur les statistiques d'arrestation, se gargarisant de son augmentation comme preuve d'une meilleure coordination de ses agents.
Nagato décrocha du monologue au moment où Hanzô revint sur l'affaire des cartes bancaires. Trois frères s'étaient décidés à commettre des vols, inspirés par un forum qu'ils fréquentaient sur le darkweb. C'était l'aîné qui avait entraîné ses cadets sur la voie du crime, sans être pour autant capable d'être un grand gangster. Ils s'étaient fait prendre parce que Nagato avait fini par comprendre que le suspect avait commencé et testé sa méthode sur sa propre mère. C'était grâce à des affaires similaires qu'il y avait pensé et c'était le reste de son équipe qui avait fait le taf, conduisant à l'arrestation de la fratrie tout entière. Ils avaient réussi à pirater quelques centaines de cartes bancaires, avant d'être interpelés et, bien heureusement, les victimes allaient pouvoir récupérer leur argent, à l'aide des assurances.
— Si je devais saluer la droiture et l'efficacité d'un seul de mes hommes, prononça le commissaire, alors ce serait sans doute celles de Nagato Uzumaki qui me viendrait à l'esprit.
À l'appel de son nom, Nagato émergea de ses pensées, revenant sur la foule. Les regards des journalistes dévièrent sur lui, il raffermit sa position, portant son attention au loin, malgré la gêne qu'il ressentait. Il savait que le discours avait été écrit et préparé. Il savait que le commissaire ferait en sorte de prononcer des paroles qu'il pensait. Cependant, il n'arrivait pas à s'en sentir flatté. Recevoir une médaille parce qu'un homme riche avait tiré des ficelles, ce n'était pas ce qu'il avait souhaité, à aucun moment. Un soupir discret lui échappa.
— Dans cette affaire, l'inspecteur Uzumaki a fait preuve d'une ténacité que chacun devrait pouvoir lui envier, d'une vive perspicacité et d'un courage exemplaire. C'est aussi pour cette raison que je suis honoré de lui remettre cette distinction. Qu'il soit un exemple pour tous les agents.
Parmi la foule, Kamano fit la moue, applaudissant comme les autres, mais avec tout de même beaucoup moins d'entrain. Nagato dévia les rétines, pivotant vers son supérieur qui se saisissait de la médaille trônant dans l'écrin tenu par le chef d'unité de Nagato. L'inspecteur baissa le cou pour permettre à Hanzô de lui glisser le ruban sur la nuque, puis il se redressa pour serrer la main du commissaire qui lui tendit son meilleur sourire crispé.
— Je vous remercie, Monsieur le Commissaire, récita Nagato. C'est un honneur de recevoir cette médaille de vos mains et je ferai tout pour m'en montrer digne.
Ils restèrent en position, les paumes serrées l'une sur l'autre, le regard tourné vers les photographes, le temps que les flashs illuminent la salle de conférence. Quand ce fut fait, le commissaire ferma le micro et désigna la table, alors que le chef de Nagato s'installait pour annoncer qu'ils allaient répondre à quelques questions.
La plupart d'entre elles furent à la destination du commissaire et du supérieur de Nagato. Ils satisfirent quelques demandes sur les statistiques d'arrestation, sur l'évolution de la criminalité des dernières années, sur le nombre de distinctions, médailles et promotions distribuées chaque année. Ils parlèrent de recrutement, le commissaire profitant de l'occasion pour tenter de valoriser leur école de police et ils répondirent aussi à quelques questions au sujet de la loi de protection de la vie privée des personnages publics, de la polémique autour des récriminations de divers syndicats.
Nagato, assis tout à droite de la table, resta attentif, examinant le parterre de journalistes. À vrai dire, il ne s'attendait pas à voir tant de monde. Cependant, le climat politique actuel, les protestations des syndicats des forces de l'ordre notamment, suscitait beaucoup d'intérêt de la part des populations et la remise de médailles était une occasion en or pour tenter d'obtenir des réponses du commissaire – ce n'était pas comme s'il donnait des conférences de presse régulièrement.
— Une dernière question, signala l'attaché de presse de la police en désignant un journaliste.
L'homme choisi pour la dernière question se leva, ajustant ses lunettes de soleil sur le bout de son nez glissa ses mains dans ses poches. Il n'avait pas l'allure des journalistes qui couvraient habituellement les remises de médaille : il détonnait sacrément parmi tous les autres vêtus de costumes et de tailleurs. Il attrapa le micro qui lui était tendu et Nagato s'attendit presque à l'entendre raper, sans comprendre pourquoi il avait cette idée en tête.
— Killer Bee, se présenta le journaliste, pour Porn-Mag.
Un murmure passa dans l'assemblée, des visages se tournèrent vers lui, le dévisageant. Nagato cilla et le commissaire se tendit près de lui, jetant un regard à l'oblique en direction de l'homme qui avait pris la parole. L'information sur la tentative de meurtre de « Tsuki » n'avait fuité nulle part. L'enquête était menée pour un plaignant nommé Akatsuki Productions, mais l'avocat de la boîte avait assuré que Jiraiya Smith n'avait aucun intérêt à laisser une telle histoire sortir dans la presse. Il ne devrait donc pas y avoir le plus petit écart, mais on n'était jamais prudent. Les agents présents reçurent l'ordre d'intervenir au moindre souci d'un hochement de tête et le journaliste continua :
— J'ai une question pour l'inspecteur Uzumaki. Le modus operandi du réseau qui a été démantelé grâce à l'enquête que vous avez diligentée et qui vous a valu cette médaille n'est pas sans rappeler celui de Kamui, même si un certain écart technologique sépare les exactions des deux groupes, puisque Kamui sévissait il y a plus de quinze ans.
À l'entente de ce nom, Nagato crispa les orteils dans ses chaussures. Cependant, il ne montra rien.
— Ma question est donc la suivante : pensez-vous que ce groupe démantelé avait pour objectif d'attirer l'attention de la pègre, comme ce fut le cas pour Kamui ?
Nagato prit un instant pour réfléchir, ignorant les chuchotis choqués qui traversaient la salle, agitant les journalistes qui se penchaient davantage encore vers le reporter qui venait de s'exprimer. Visiblement, Porn-Mag ou pas, Killer Bee connaissait son dossier. Il humecta ses lèvres, le commissaire lui donna l'autorisation de répliquer, avec toute la discrétion habituelle quand il s'agissait de répondre à propos de la mafia.
— Merci pour votre question, Monsieur… Euh… Bee, commença Nagato. Tout d'abord, j'en suis navré, mais je ne pourrai pas vous adresser de compliments sur votre travail, je n'en ai pas connaissance.
Killer Bee sourit en coin, peu convaincu.
— Jusqu'à présent, rien ne nous permet de rapprocher les agissements de Genshô Ryûdoîn et Kamui. Le modus operandi dont vous parlez a été repris par la suite par nombre de petits groupes et aucun d'eux n'était affilié à la pègre.
Killer Bee hocha brièvement la tête, avant de porter de nouveau le micro à sa bouche.
— Je vous remercie pour ces précisions, inspecteur Uzumaki.
Il était venu principalement pour écouter l'homme s'exprimer, le regarder bouger, affronter les questions parfois vicieuses de ses collègues pigistes qui se battaient pour avoir le scoop qui permettrait de se faire une place sur quelques colonnes. Les meilleurs d'entre eux vendront en national, peut-être. C'était ça que Bee n'aimait pas dans le métier : la recherche du sensationnel pour pouvoir espérer manger à la fin du mois.
L'attaché de presse les invita à sortir et il jeta un regard par-dessus son épaule, observant l'inspecteur Uzumaki qui quittait la pièce. C'était peut-être l'uniforme qui faisait ça, mais il dégageait quelque chose de particulier qui interpelait vivement Bee. Depuis qu'il était dans le porno, il avait appris à regarder les corps des hommes – même s'il était plus doué pour les évaluer nus que vêtus –, à y porter un intérêt singulier. Pas qu'il fût en mesure d'éprouver du désir pour un homme, il était trop hétéro pour ça, mais il pouvait le jauger à son allure.
Ses prunelles s'attardèrent longuement sur le dos de Nagato Uzumaki, descendirent sur ses fesses, puis ses cuisses. Même si l'uniforme pouvait rendre attractif n'importe qui, il était visible que l'inspecteur prenait soin de son physique. Peut-être un peu trop pour un quadra du financier.
Le journaliste finit par hausser les épaules, gardant cette information dans un coin de sa tête, en se souvenant du divorce récent du policier. Ce n'était pas non plus totalement absurde de se dire qu'il avait repris le sport après sa séparation. Son comeback sur le marché de la séduction, si tard, nécessitait de mettre en avant des atouts et les divorces s'accompagnaient souvent d'un retour à l'exercice physique pour les hommes.
Lâchant l'inspecteur des yeux quand un brigadier posa sa main sur son épaule pour l'inciter à sortir plus vite, il se replongea dans ses pensées.
Quand Nagato se retourna vers la salle de conférence pour la voir se vider, il porta un regard interrogateur sur le journaliste, fronçant les sourcils. Il retraversa le commissariat et, croisant Kakashi, il le saisit par le bras pour le tirer dans son bureau :
— Killer Bee, c'est vraiment un journaliste de Porn-Mag ?
La question prit Kakashi au dépourvu. La porte du bureau claqua, Nagato s'appuya contre le mur pour dévisager l'agent des forces spéciales qui fronçait les sourcils.
— Oui, c'est lui qui a fait l'interview de Tsuki. Il a un lien de parenté avec le rédacteur en chef, il me semble, je ne sais plus. Pourquoi ?
— Il était présent à ma remise de médailles, annonça Nagato. Je trouve ça curieux.
Pensif, Kakashi pressa son dos contre la porte, croisant les bras.
— Effectivement, c'est curieux. Il doit savoir que tu es le colocataire de Tsuki. Tu veux que je me renseigne ? Je peux peut-être obtenir des informations sur ce qu'il cherche…
Un soupir s'échappant de ses lèvres alors qu'il ouvrait sa veste, Nagato hocha brièvement la tête.
— Je veux bien, s'il te plaît. Ça m'ennuierait que l'histoire avec Danzô sorte dans un journal, même si c'est… Porn-Mag. En plus…
Il fronça les sourcils.
— Il m'a posé une question sur Kamui.
Kakashi hoqueta.
— Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu ce nom. Je vais me renseigner, promit-il. Dans la bouche d'un journaliste de Porn-Mag, c'est étrange, l'histoire avait moyennement fuité dans les médias et tout le monde l'a oubliée.
Finalement, Nagato se décolla du mur, longea les meubles et s'installa à sa place.
— Je préfère ne pas prendre de risque.
Il retira la médaille qui pendait toujours à son cou et la posa sur son bureau, pensif. Quand il releva les yeux, ce fut pour congédier Kakashi qui s'exécuta rapidement, répondant « À vos ordres, lieutenant » par réflexe.
Nagato avisa la pile de dossiers qui l'attendait et, éloignant Killer Bee de son esprit, s'attela au prochain qu'il devait traiter.
À bientôt !
