Bonjour ! Merci d'avoir lu et commenté le précédent chapitre !
Chapitre 62
Mikan était l'enfant la plus heureuse du monde, à cette seconde. Enfin, pas tout à fait, elle était triste que Papa s'en aille, mais Papa avait promis de l'appeler alors ça allait. Puis il ne partait pas longtemps et Itachi avait dit que quand elle était chez Maman, elle voyait pas Papa pendant plus longtemps que ça. Après lui avoir dit ça, il l'avait prise dans ses bras et soulevée du sol pour qu'elle puisse être la plus grande possible pour quand le train partirait et pour pouvoir dire au revoir à Papa pendant longtemps.
L'enfant ne venait pas souvent à la gare. Elle était impressionnée par l'allure des trains à grande vitesse, leur long nez tout écrasé et leurs couleurs vives. Les gens étaient partout, courant, riant, pressés, tirant derrière eux de lourdes valises et tous les bruits résonnaient, la forçant à se serrer contre Itachi alors que celui-ci recevait les derniers conseils fébriles de Nagato qui, son sac de voyage posé à ses pieds, tâtonnait ses poches à la recherche de son billet de train.
Mikan replaça Monsieur Nours dans ses bras de peur de le perdre, puis elle porta une œillade à son père alors qu'il se penchait un peu vers elle pour lui faire un bisou.
— Tu seras sage avec Itachi, mon cœur ?
Elle hocha la tête avec ferveur. Bien sûr qu'elle serait sage, elle n'avait pas envie que son copain la gronde. Itachi eut un sourire et son rire vibra dans son torse, résonnant contre Mikan qui trouva ça vraiment trop cool d'être dans ses bras.
— Tu t'inquiètes trop, commenta Itachi. Tout se passera bien, nous avons assez de plats congelés pour nourrir une armée, tu as enregistré suffisamment d'alarmes dans mon téléphone pour que je n'oublie rien et tu ne pars que deux jours. Si j'ai le moindre souci, je contacterai Konan ou Yahiko, Monsieur Umino a été averti que tu ne seras pas là et que je serai en charge de Mikan en ton absence, on a même prévenu Asuma. La seule composante encore manquante pour que tout se passe bien en ton absence est ton absence. Monte dans ce train et va-t'en.
— Je vais pas du tout vous manquer, bougonna Nagato.
Ça lui serrait le cœur de devoir partir pour cette formation. Laisser Mikan chez sa mère, c'était une chose, mais avoir l'impression de perdre deux jours avec sa fille, c'était encore autre chose. Il contempla Itachi et Mikan secouer la tête avec un air complice et taquin sur le visage et il roula des yeux, principalement pour masquer leur aspect brillant.
Il se pencha de nouveau vers Mikan pour l'embrasser et la serrer contre lui et l'enfant, qui n'avait en rien oublié son plan machiavélique, profita de son recul pour susurrer :
— Et tu fais pas le bisou-câlin à Itachi ? Parrain, il fait toujours le bisou-câlin à moi et à Maman quand il s'en va arrêter des méchants.
Bien entendu, Mikan ignorait que Yahiko n'arrêtait pas tant de méchants que ça. C'était comme ça qu'il présentait les missions qu'il accomplissait, même si elles se soldaient bien trop souvent par des échecs cuisants. S'étant trouvé à sa place, Nagato se figurait très bien la frustration que son ancien meilleur ami devait éprouver. Il se retint de signaler que lui aussi il arrêtait des méchants, parce que la réflexion aurait été puérile et que son enfant ne remettait pas en cause sa propre carrière.
Un soupir discret s'échappa des lèvres de Nagato qui consulta Itachi du regard pour savoir ce qu'il en pensait. D'un mouvement de tête équivoque, l'acteur signala qu'il s'en fichait, alors Nagato s'approcha, passant son bras contre ses épaules pour le serrer brièvement contre lui, l'autre bras allant se poser en soutien pour empêcher Mikan de tomber, le temps qu'Itachi lui rende son étreinte.
La main d'Itachi glissa sur le manteau de Nagato, s'attarda sur ses reins puis se retira pour venir récupérer le poids de Mikan alors que l'inspecteur s'écartait, empoignant finalement son sac pour se détourner.
Il monta dans son wagon et s'installa à sa place, dans le sens contraire de la marche, hochant la tête pour saluer sa voisine d'en face avant de dévier ses yeux pour contempler sa fille dans les bras de son colocataire. Les portes du train se fermèrent et il commença à bouger, Nagato adressant un signe à sa princesse, se penchant pour la voir le plus longtemps possible. Quand le train fut sorti de la gare, il soupira sans un bruit, récupérant dans son sac de quoi l'occuper jusqu'à l'arrivée, deux heures plus tard.
Il releva les yeux et croisa ceux de sa voisine qui lui adressa un sourire charmé. Il lui rendit un rictus maladroit et il se passa quelques minutes dans lesquelles ils furent chacun plongé dans leurs activités. Au bout d'un moment, elle finit par l'interpeler, posant sa main sur son poignet.
— Votre fille est adorable, annonça-t-elle.
— Oui, répondit-il la gorge soudainement un peu serrée.
La dame s'en rendit compte et il lui tendit une grimace embêtée.
— C'est la première fois que je la laisse si longtemps seule à la maison, depuis mon divorce.
Il exhala bruyamment.
— Je ne vois même pas pourquoi je suis si inquiet, elle est entre de bonnes mains.
— Votre ami semble l'adorer, affirma-t-elle d'un air rassurant. Quel âge a-t-elle ?
Nagato comprit que la femme en face de lui ne donnait pas le même sens que lui au mot « ami », mais il ne la reprit pas. Il n'y avait pas beaucoup d'intérêt à défendre chèrement son hétérosexualité face à une inconnue.
— Elle va avoir huit ans. Vous avez des enfants ?
Elle hocha la tête avec vigueur.
— Oui, un fils, mais il est beaucoup plus vieux, il a la vingtaine bien entamée. Je l'ai eu très jeune, expliqua-t-elle devant l'air étonné de Nagato. Je m'appelle Kushina, se présenta-t-elle finalement avec un sourire.
Elle lui tendit une main qu'il serra avec joie, lançant son prénom avant de reprendre la conversation.
Itachi craignait tellement de commettre le moindre impair qu'il était arrivé très largement en avance à l'école. Par bonheur, le temps n'était plus à l'orage, comme encore quelques jours plus tôt, et les températures étaient bien plus clémentes. Il patientait donc aux abords de l'école, appuyé contre la barrière qui bordait le trottoir devant l'établissement.
Les parents qui étaient déjà présents le contemplaient d'un sale œil, probablement parce qu'ils ne l'avaient jamais vu là. Quand il accompagnait Nagato pour récupérer la petite, la plupart du temps, c'était bien après la première sortie.
Un parent plus courageux que les autres finit par s'avancer vers lui, méfiant.
— Je ne vous ai jamais vu dans le coin, commença-t-il. Vous êtes le papa de qui ?
Le ton était passif agressif, l'homme rejetait les épaules pour se donner des airs impressionnants et Itachi ne masqua pas une seule seconde son agacement, roulant des yeux avec force. Il allait répondre avec beaucoup de fiel et de mépris quand l'enseignant de Mikan empêcha cette catastrophe d'arriver.
Apostrophant Itachi avec un sourire apaisant, l'instituteur s'imposa entre les hommes sans la moindre démonstration de force et sa seule tranquillité permit de laisser le père d'élève se départir de son agressivité envers Itachi qui s'excusa.
— Vous êtes de la famille de Mikan, comprit-il. Je suis le papa de Kyoshiro !
Toute trace de la suspicion qui envahissait auparavant le visage de l'homme avait disparu alors qu'il tendait sa main à Itachi qui la serra un peu inquiet de cet accueil.
— Vous êtes le beau-père, c'est bien ça ? Du côté de son père, par contre. Un homme bien, ce Nagato Uzumaki, prenez-en soin.
Il repartit sans demander son reste, laissant Itachi perplexe quant à ce qu'il venait de se passer. Il eut la réponse un peu plus tard, quand Mikan sortit finalement de l'école et qu'ils marchaient côte à côte.
Elle sautillait littéralement près de lui, un sourire radieux sur ses lèvres, alors que sa main enserrait celle du futur amoureux de Papa. Il finit par l'interpeler en lui demandant :
— Dis-moi, Mikan, est-ce que tu racontes à l'école que Papa et moi, on est amoureux ?
Elle ne s'en cacha même pas : elle approuva avec un immense sourire, les yeux rivés droit devant elle.
— Mais c'est un mensonge, annonça Itachi en fronçant les sourcils. Papa et moi, on n'est pas amoureux.
Même s'il se racontait une histoire bien différente dans le secret de sa chambre, la vérité était ce qu'il venait d'énoncer. Et il était le premier à le regretter.
— Si, affirma la petite fille. Toi, t'es amoureux de Papa, c'est sûr.
— Mais ce n'est pas une raison pour le dire à tout le monde, souffla Itachi. Est-ce que je vais raconter à tout le monde que tu es amoureuse de Kyoshiro, moi ?
Indignée, elle piaula, lui interdisant de faire ça.
— C'est un secret, t'as pas droit de dire mes secrets !
Il haussa les épaules, ralentissant à l'approche du feu de signalisation qui interdisait aux piétons de traverser.
— Je ne sais pas, hésita-t-il, tu racontes mes secrets à tout le monde, à l'école, toi.
— Mais je savais pas c'était un secret, s'excusa-t-elle avec une petite moue.
Elle baissa la tête et cessa de marcher, retroussant une lèvre boudeuse.
— Pardon, chuchota-t-elle.
Elle oublia bien vite le remords qui la saisissait quand il l'absolut, l'emportant dans ses bras et tapotant son front de son index.
— Ne dis plus mes secrets, demanda-t-il. D'accord ?
Elle hocha la tête et le reste du trajet se passa sans souci.
— C'est trop nul d'être une fille, affirma Mikan quand l'ascenseur s'ouvrit à l'étage.
— Pourquoi ? demanda son gardien en s'avançant jusqu'à la porte pour la déverrouiller et laisser passer l'enfant.
— On a droit de rien faire, soupira-t-elle en pénétrant dans l'appartement. Kyoshiro, il a dit que j'avais pas droit de jouer à la bagarre, car je suis une fille et que les filles c'est nul à la bagarre.
Derrière elle, la porte se referma et elle se tut, stupéfiée. Dans le salon se trouvaient deux personnes qu'elle ne connaissait pas du tout. Comme Papa lui avait dit de ne pas parler aux inconnus, elle recula et heurta les jambes d'Itachi, attirant son attention. Il baissa les yeux vers l'enfant qui se cachait dans ses jambes puis tourna la tête en direction du salon où il eut la surprise de découvrir la haute stature de Madara installé dans le canapé.
— Mon oncle, s'exclama-t-il, ça alors, je ne m'attendais pas à vous trouver ici !
L'enfant se détendit un peu, mais conserva tout de même de la méfiance, bien qu'Itachi s'empressait déjà d'aller vers son oncle et l'autre homme qui se tenait près de la bibliothèque. Ils échangèrent quelques salutations, puis Itachi se tourna vers Mikan, lui faisant signe d'avancer.
— Viens dire bonjour, s'il te plaît.
Elle hocha la tête et fit quelques pas avec prudence vers « mon oncle » qui s'accroupit à son approche lui tendant une main hésitante qu'elle serra.
— Bonjour, je m'appelle Mikan, prononça-t-elle d'une voix timide.
Elle avait eu le même manque d'assurance, la première fois qu'elle avait vu Itachi et il sourit avec encouragement quand elle chercha son regard, alors que Madara essayait de se parer d'un rictus avenant.
— Bonjour, Mikan. Je suis curieux. Qu'as-tu fait, après que ton ami t'a interdit de jouer à la bagarre ?
Elle réfléchit, laissant sa main dans celle de l'adulte très impressionnant qui se trouvait près d'elle, puis elle sourit.
— Une clé de bras et une balayette, comme Oncle Zetsu il m'a appris à faire.
Le brin de sadisme dans la voix de la petite fille plut à Madara qui éclata de rire, récupérant sa main pour tapoter sa tête.
— Et tu as bien raison, ça lui apprendra que les filles aussi peuvent se bagarrer !
L'enfant parut ravie de recevoir les encouragements de Madara, puisqu'elle tourna un regard enchanté vers Itachi qui, lui, semblait indigné par la réponse.
— Mais t'inquiète pas, Maître Iruka, il m'a pas vue.
— Eh bien, j'en parlerai quand même à Papa. Va donc faire tes devoirs, maintenant.
Elle fila, adressant un signe de la main à Izuna qui ne s'était pas approché et Itachi s'installa finalement près de son oncle.
— Quel dommage que Nagato ne soit pas ici, depuis le temps que j'espère vous présenter…
— Quel dommage, en effet, commenta Madara. Attends-tu mon approbation quant à ton choix de conjoint ?
Izuna esquissa un rictus puis s'approcha finalement, délaissant la bibliothèque.
— J'aimerais mieux que vous vous entendiez, convint Itachi. Qu'est-ce qui vous amène ?
Écartant une mèche qui lui tombait devant le visage, Madara eut un sourire qui n'atteignit pas ses yeux.
— J'avais affaire dans les parages, expliqua le doyen, je voulais m'assurer que tu allais bien. Cette histoire de tentative de–
Il changea la direction de sa phrase quand Itachi lui fit les gros yeux en désignant la porte ouverte de la chambre de Mikan.
— Cette histoire de chute dans les escaliers m'inquiétait. Il n'avait pas de complice ?
— Pas que je sache, répondit Itachi, mais l'affaire est toujours en cours. Nagato ne m'a rien signifié à ce propos, donc je suppose que non.
— C'est bon, j'ai fini mes devoirs, scanda Mikan depuis la porte de sa chambre, est-ce que je peux venir ?
Itachi ne crut pas vraiment Mikan quand elle affirma avoir terminé ses exercices. Cependant, il n'eut pas le cœur à la remettre au travail. Il comprenait très bien que la présence de nouvelles personnes dans l'appartement l'empêchait de se concentrer, aussi céda-t-il et la petite fille revint, s'installant directement sur ses genoux, ses yeux irrémédiablement fixés sur Madara qu'elle observait avec une pointe d'admiration au fond des rétines.
Elle n'écoutait pas vraiment ce que disaient les grands quand ils parlaient de leurs voix hyper sérieuses, c'était pas intéressant, ils parlaient que de trucs de grands. Par contre, Monsieur Mon Oncle avait des cheveux super longs, encore plus longs que ceux d'Itachi, et, à chaque fois qu'il bougeait la tête pour parler, la masse de cheveux semblait danser avec lui et Mikan avait envie de les toucher.
Quand il posa ses yeux sur elle, elle fit exprès de regarder ailleurs, mais il l'interpela :
— Que veux-tu, petite ?
Le ton était un peu sec, mais Itachi n'en tint pas rigueur à son oncle, il savait, à présent, qu'il était mal à l'aise avec les enfants. Et il était vrai qu'être la cible du regard scrutateur de Mikan pouvait être inquiétant.
Elle déglutit et prononça, en direction du sol :
— Tes cheveux, ils sont rigolos…
Pris au dépourvu, Madara pivota vers son frère, puis vers son neveu qui lui fit une grimace d'incompréhension totale. C'était ça qui posait problème à Madara, avec les enfants. Ils pouvaient avoir des propos dépourvus de sens et difficiles à interpréter.
— Mes cheveux… ?
— Voui, ils sont longs et brillants et ils ont l'air tout doux, je peux toucher ?
— Non, se renfrogna Madara. Je ne suis pas un doudou.
Il croisa les bras pour montrer sa désapprobation, Mikan retroussa une lèvre boudeuse.
— Non, insista-t-il, ce n'est pas la peine de me contempler avec tes grands yeux tristes, ça ne marche pas sur moi.
Itachi lui lança un regard de reproche, il secoua la tête. Il n'allait pas céder aux caprices d'une enfant qu'il ne connaissait même pas.
— Non, répéta-t-il. C'est non.
Elle tendit tout de même la main pour toucher, un sourire malicieux sur les lèvres. Il saisit la petite par le poignet et l'écarta.
— Non.
— S'il te plaît ?
Il roula des yeux et attrapa l'enfant par la taille, la posant sur ses genoux.
— Mais tu nous laisses parler, avertit-il d'une voix qui ne souffrait aucune réplique.
Mikan dut sentir qu'elle avait atteint les limites de l'adulte, car elle hocha docilement la tête. Elle passa ce qui lui parut être des heures entières à jouer avec l'épaisse chevelure, un sourire sur les lèvres.
Elle décida qu'elle aimait bien Monsieur Mon Oncle et qu'il était gentil.
— Hey, Uzumaki !
La voix qui l'avait interpelé était celle de Fû, un ex-agent de la Sécurité Extérieure qui avait quitté le service actif deux ans après le recrutement de Nagato dans les forces spéciales. Il était à présent formateur à l'école de police, il n'était donc pas bien surprenant de le retrouver à la cantine. L'homme s'installa, présenta son comparse – un certain Torune – puis s'attela à manger. Entre deux bouchées, il déclara :
— On se posait une question avec Torune et on n'est pas d'accord, on a besoin d'un troisième avis pour trancher.
— Dis toujours…
— Coucher avec quelqu'un pour le boulot, infidélité ou pas ?
Saisissant la salière pour la verser au-dessus de son assiette, Nagato resta pensif. Son avis sur la question était fait depuis longtemps, bien entendu. Il examina tour à tour Fû puis Torune. Il n'était pas bien difficile de savoir lequel avait quelle opinion.
— Dans les forces spéciales, répondit-il, nous avons tendance à considérer que si la mission l'exige, ce n'est pas de l'infidélité. Et si l'un des nôtres doit faire ce genre de choix, on le couvre.
L'exclamation victorieuse de Fû masqua le grognement de Torune et Nagato serra les mâchoires avec force. Il s'apprêta à compléter son propos, mais la sonnerie de son téléphone l'interrompit et il baissa les yeux sur l'appareil qui était sur son plateau. Le numéro professionnel de Yahiko s'afficha et ce fut la seule chose qui l'incita à décrocher, les sourcils froncés :
— Allô ?
— Salut, je te dérange pas ?
— Je suis avec Fû, là.
— Ah passe-lui le bonjour, répondit Yahiko d'une voix distante.
Les deux anciens amis avaient aussi partagé le même avis sur cet ex-collègue, plus que mitigé.
— J'ai quelque chose à t'annoncer, soupira le lieutenant.
Nagato garda le silence, sentant son rythme cardiaque et sa température corporelle augmenter légèrement.
— Je t'écoute.
— On a retrouvé Danzô Shimura dans sa cellule. Mort.
Nagato rata une respiration et leva les yeux sur Fû avant de les rebaisser sur son assiette vide. Quelque chose lui contracta l'estomac et il se sentit vaguement nauséeux.
— Quoi ? gargouilla-t-il en battant longuement des cils.
— Officiellement, c'est un suicide, précisa Yahiko. Maître Tanaka devrait être informé dans la journée.
— Très bien. Merci de me l'avoir dit.
Il ne prit pas le temps de formuler la moindre politesse et raccrocha, alors que Fû lui balançait un coup de pied sous la table.
— Ça va ?
— Oui, oui, ça va. Y a pas mort d'hommes, sourit Nagato. Je… Je vais y aller. Ça m'a fait plaisir de te revoir.
Trois mensonges en une respiration, il retrouvait ses anciens réflexes à une vitesse incroyable.
La nouvelle l'avait tellement assommé qu'il ne s'attarda pas dans le self, débarrassant son plateau et remontant rapidement vers la chambre qui lui avait été allouée sur le site de l'école et se laissa tomber sur son lit. Il avait l'après-midi de libre, de toute façon, il avait prévu de passer à la bibliothèque.
Pendant une bonne demi-heure, il resta allongé, immobile, la main serrée sur son téléphone, se demandant s'il ne devait pas appeler Itachi pour lui annoncer la nouvelle lui-même. Il craignait que Maître Tanaka manquât du tact élémentaire pour une telle chose.
Il n'en fit rien, choisissant de se redresser pour quitter sa chambre et s'engager vers la bibliothèque. De toute façon, il ne pouvait rien faire et il n'était pas vraiment fâché qu'il y eût un assassin de moins sur cette planète.
À bientôt !
