Décidément, j'accumule les soucis ces temps-ci. Toutes mes excuses pour le retard !
Chapitre 74
Trois heures du matin étaient dépassées depuis longtemps quand Killer Bee s'étira, jetant un regard en coin à son hôte qui serrait contre lui une tasse de thé brûlant. L'inspecteur Senju ne l'avait pas lâché des yeux depuis qu'il avait cédé à sa demande et plongé son nez dans les dossiers.
Oh, ces dossiers…
C'était une mine d'or, un récit complet et exhaustif de l'enfer sur Terre qu'était Uchiha Madara, entre blanchiment d'argent, trafic de drogues et de médicaments et trafic d'êtres humains. L'homme était récréatif jusqu'au bout : il touchait à tous les plaisirs. La seule chose qu'il ne faisait pas était le trafic d'armes. Quand Bee s'était interrogé sur cette curiosité, Tobirama avait ricané « Madara déteste les armes à feu. Il les trouve inesthétiques, sans élégance. Il préfère les armes blanches. » et Bee s'était questionné sur la familiarité qui traînait dans les mots de l'inspecteur Senju. Une vie entière à se pourchasser pouvait-elle lier deux personnes de façon si intime qu'une pointe de tendresse émergeait dans les paroles emplies de dégoût ? Killer Bee avait secoué la tête, se forçant à écarter cette idée étrange et romantique de façon creepy.
Il n'avait pas fallu longtemps au journaliste pour réaliser qui était Tsuki pour Madara : en se plongeant dans l'arbre généalogique, il avait lu que le fils aîné de Fugaku Uchiha avait disparu une dizaine d'années auparavant. Dans les précieux fichiers de Tobirama, Bee avait découvert que Madara avait commencé ses rencontres régulières avec Tsuki à peu près dans cette période.
Cela avait du sens, finalement : Fugaku Uchiha s'était positionné contre son oncle de façon publique et ferme à l'instant même où il avait pris le contrôle des Sharingan Industries, se faisant une quête de laver le nom Uchiha de son histoire sordide.
Pour Fugaku, Madara était un homme du passé.
Mais Madara avait le sens de la famille, Il n'aimait visiblement pas qu'on s'en prenne aux siens, semblait-il, ricana silencieusement Bee en comprenant finalement pourquoi Danzô Shimura était mort et pourquoi personne ne paraissait enclin à l'aider dans sa quête de vérité. Il avait réellement ferré un gros poisson. Un requin sans pitié.
Déglutissant avec force, le journaliste reporta ses yeux sur le vieux flic qui avalait la gorgée de café, les rétines braquées sur lui, ne cillant pas. À vrai dire, quand il s'était levé en affirmant vouloir un remontant, Bee s'était attendu à autre chose. De l'alcool. De la drogue. La réputation de l'homme était loin d'être exemplaire, s'il en croyait Yugito. Mais Tobirama s'était levé pour préparer du thé.
« Jamais d'alcool », avait-il affirmé de cet air neutre qu'il n'avait pas quitté. « Jamais de drogue. »
Sa réputation disait autre chose et il semblait le savoir. Et ne pas s'en préoccuper. L'homme était une sorte de mystère et sa présence était étouffante, désagréable. Mais Bee avait côtoyé pire que ça.
— Je m'attendais pas à ça, marmonna-t-il en passant au classeur suivant.
Il prit garde de bien ranger ce qu'il avait sorti, son hôte lui ayant fait comprendre qu'il n'était pas envisageable de tout laisser traîner.
— C'est le travail de toute une vie, grogna Tobirama en pinçant les lèvres.
Cela lui posait problème de laisser un journaliste fouiller dans ses affaires, c'était visible. Et Bee comprenait très bien pourquoi. Ce n'était même plus de l'ordre du travail, ce qui s'étalait sous ses yeux, c'était une obsession profonde et visiblement très honteuse.
But well, il n'y avait pas plus grand spécialiste des Uchiha sur toute la planète que l'homme qui se tenait devant lui.
— Ouhla, grinça Bee en s'approchant d'une photo qui avait attiré son attention, c'est Itama Senju, le neurochirurgien de Konoha qui a réalisé la première opération cérébrale assistée par ordinateur, non ? Vous le connaissez ?
Il n'obtint pas de réponse immédiate. Il fallut une minute entière pour que la voix fatiguée de l'inspecteur Senju s'élève. Il passa une main dans ses cheveux, puis frotta ses yeux avant de laisser échapper un soupir.
— C'est mon frère cadet, admit-il avec réticence.
Il n'y avait pas de honte cachée derrière cette hésitation, plus un désir farouche de protection. Tobirama voulait épargner à son frère le risque d'être lié d'une quelconque façon à l'inspecteur déchu, à Madara Uchiha et Bee prit l'aveu pour ce qu'il était : le début d'une confiance timide. Il hocha donc la tête et n'insista pas.
La curiosité le saisit à nouveau quand il tomba sur une autre photo, glissée dans un cadre. Elle datait de plusieurs dizaines d'années, s'il en croyait l'air juvénile de Tobirama : il devait avoir quinze ans à peine et une acné constellait son visage encore poupon de traces rouges. Cependant, ce n'était pas ça qui intriguait le plus Bee, clairement pas.
Sur la photo, à la droite de Tobirama se trouvait un jeune adulte au visage rieur, au teint hâlé et aux longs cheveux bruns et raides. Et à sa gauche, l'air taquin, les cheveux hirsutes, un bras passé par-dessus l'épaule de Tobirama, se tenait Madara Uchiha dans sa vingtaine naissante. Le quatrième homme de la photo était Izuna Uchiha, reconnu comme le bras droit de Madara, la Main qui exécutait ses ordres, récompensant et punissant avec la même ardeur.
Killer Bee ne dit rien, mais il coula un regard profondément perplexe à l'inspecteur Senju qui fit claquer sa langue en remarquant le cadre qu'il observait.
— Laisse ça tranquille, pigiste. Tu as mieux à faire que te poser des questions sur cette photo.
Le recadrage était fait d'une voix sèche. Bee s'empressa d'obéir, pour une fois. L'homme n'était pas du genre à renouveler ses avertissements et Bee tenait à vivre encore un peu.
— Well, j'ai trouvé ce que je cherchais, énonça-t-il. Le lien entre Tsuki et Madara Uchiha. Ça soulève encore plus de questions…
Pendant un instant, ses yeux se perdirent sur la table où les dossiers étaient empilés. Tobirama lui coula un regard étonné, auquel Bee répondit d'un soupir.
— Yeah, Akatsuki Productions, qui embauche Tsuki, est une boîte de porno réputée giga clean au niveau de ses acteurs. Alors je me demande… Est-ce un hasard que le neveu du plus grand trafiquant d'êtres humains du pays soit l'acteur phare de cette boîte ? Est-ce qu'Akatsuki Productions est vraiment aussi blanche que le dit Jiraiya Smith ?
Tobirama prit le temps d'avaler une longue gorgée de son thé avant de répondre. Quand il le fit, il parlait avec la confiance d'un enquêteur aguerri, un ton qui n'avait pas montré le bout de son nez depuis que Killer Bee s'était présenté sur le pas de sa porte.
Il avait vu le paranoïaque, il avait senti l'homme usé, perçu les bords flous d'une morale discutable. Il avait aperçu le frère aimant, le célibataire, l'obsessionnel et l'administrateur. Le génie.
Pour autant, non, la facette enquêtrice n'avait encore pas fait surface.
— Si l'objet de ton enquête est Akatsuki et Itachi Uchiha, alors tu ne peux pas mettre de côté d'éventuels liens, répondit finalement l'inspecteur Senju. Il vaut mieux soupçonner à tort que rater quelque chose, quand ça gravite autour des Uchiha.
— Vous partez du principe qu'ils sont tous coupables ?
Tobirama s'abstint de répondre et effleura un dossier pour la première fois, saisissant une feuille pour la consulter, perplexe. C'étaient les documents de Bee.
— Nagato Uzumaki… ?
— Vous le connaissez ?
— Il a reçu une médaille, récemment, répondit Tobirama peut-être un peu trop rapidement.
Le journaliste plissa les paupières avec suspicion. Évidemment la possibilité que l'inspecteur Senju ait entendu parler de la remise de médaille n'était pas à écarter, mais il ne paraissait pas être du genre à s'encombrer d'informations inutiles n'ayant aucun lien avec Madara. L'entier contenu de sa maison montrait tout de la vive obsession de l'homme. Sa vie dans son ensemble était tournée vers Madara, uniquement Madara. Alors s'il prononçait ainsi le nom du colocataire de Tsuki, c'était pour une raison.
— Yeah, il loge chez Tsuki, Itachi, depuis son divorce.
Et ça paraissait gros pour Tobirama qui n'ignorait rien des accointances de l'ex-lieutenant avec l'acteur de X. Il avait craint pendant un temps que le journaliste ait fait le lien entre les deux, mais il semblait que ce ne soit pas le cas. Toujours était-il que, eh bien, la coïncidence était trop grosse. Le neveu préféré de Madara qui s'installait en colocation avec l'ancien lieutenant chargé de s'occuper de son cas ? Impossible que ce soit fortuit.
Tobirama était loin de se douter qu'une pensée similaire avait suivi Nagato toute la soirée.
La main gauche d'Itachi frôla son avant-bras en une caresse légère et Nagato se força à lâcher Madara du regard, pour observer son colocataire. Il avait l'air heureux de se trouver à cette table, comme s'il n'avait aucune idée de ce qui était en train de se jouer. Était-il vraiment sans savoir qui était cet oncle qu'il aimait tant ? Nagato peinait à le croire. Madara avait une réputation, tout de même, il était impensable qu'Itachi n'en sache rien.
— T'ai-je dit qu'Oncle Madara était dans l'industrie pharmaceutique ? sourit Itachi d'un air doux.
— Je l'ignorais, mentit Nagato.
Il était bien entendu parfaitement au courant, même s'il n'aurait pas appelé le trafic de drogues orchestré et diligenté par Madara et son frère « industrie pharmaceutique ». Ses yeux trouvèrent ceux de Madara qui se fendit d'un sourire amusé. Lui, par contre, savait très bien ce qui se jouait à cette table et visiblement, il y prenait beaucoup de plaisir.
— Tout à fait, confirma le patriarche Uchiha sans se départir de son sourire. Je fournis les petits commerces, mais je fais aussi office de grossiste.
Le sous-entendu n'échappa pas à Nagato qui tourna vivement la nuque pour dévisager les deux frères. Était-il réellement en train de lui parler d'un trafic à plus grosse échelle que ce qu'il pratiquait déjà ? Madara rinçait en drogues et en médicaments illicites les deux tiers du globe. Pour taper plus gros que ça, il fallait… Les bords d'un trafic auprès d'états corrompus se dessinèrent dans l'esprit de Nagato et il cilla.
— Depuis quand ? Avec qui ?
Itachi lui retourna une œillade surprise, retirant sa main de l'avant-bras.
— Je ne savais pas que tu t'intéressais à ce genre de choses, énonça-t-il à voix basse.
Nagato déglutit. Le piège se resserrait. La moindre erreur, le moindre faux pas et tous les siens seraient en danger. L'avertissement en début de repas avait été clair, bien entendu. « Votre fille est adorable », avait dit Madara. Une menace. Sa respiration trembla à peine. Madara attrapa son verre de vin, noyant de rouge le sourire qui ne le quittait pas.
— Laisse, fils, ça me fait plaisir que ton compagnon s'intéresse à mes affaires.
Le rougissement d'Itachi qui bafouilla passa inaperçu auprès de Nagato, trop occupé à marcher sur des œufs pour réaliser que son colocataire était mal à l'aise face à l'affirmation de Madara. Ce dernier se pencha à peine sur la table, reposant son verre et les ailettes de son nez se froncèrent, accentuant son air taquin.
— Je ne peux pas vraiment vous dévoiler le secret de mes affaires. Mais j'ai de gros, gros clients.
L'information était si précieuse que Nagato se sentit se redresser légèrement, puis il se força à ne pas réagir plus que ça, à ne pas pousser dans cette direction. Il y avait bien trop en jeu pour se permettre un excès de zèle.
À la façon dont Madara fit danser le vin dans son verre, Nagato comprit qu'il s'amusait toujours et ça faisait froid dans le dos. Jamais le baron de la pègre ne révèlerait des informations qui pourrait le mettre en danger, c'était certain, mais plus inquiétant encore était qu'il n'avait jamais eu la réputation d'être un menteur.
Ino avait été très claire là-dessus, il y a des années. Madara Uchiha ne mentait pas. Jamais. Il n'en avait pas besoin : personne ne pouvait rien faire contre lui. Nagato n'avait pas eu beaucoup de mal à la croire. Il déglutit légèrement, baissa les yeux sur son assiette, cherchant quoi répondre à la provocation évidente, mais il ne trouva rien de pertinent, rien de subtil et il s'en voulut.
Ses pensées, bien que partiellement concentrées sur la situation, dérivaient sans cesse vers Itachi qui ne semblait pas se soucier de la tension qui régnait – la percevait-il ? Tout ceci était-il un immense jeu d'acteur ? Avait-il, depuis le début, été impliqué dans une sorte de comédie visant à conduire Nagato dans un piège ? Si c'était le cas, que voulait Madara ? Nagato n'avait plus rien à offrir. Il avait raccroché et décidé que cette vie était trop dangereuse pour lui. Il voulait laisser ces histoires loin de sa fille.
Et voici que ces histoires s'invitaient directement dans sa vie privée. C'était trop. Trop pour être une coïncidence. Itachi était nécessairement impliqué.
Cependant… Personne ne pouvait mentir en permanence. Nagato avait vu la peur partout sur son colocataire quand Danzo avait essayé de le tuer. S'il avait été réellement impliqué dans les histoires de son oncle, un simple prêtre n'aurait pas dû causer autant de frayeur.
Mais ce n'était pas possible qu'Itachi ignore qui était Madara. Qu'il ignore que son propre père s'était positionné fermement contre la vieille réputation de sa famille. Qu'il ignore combien la famille Uchiha avait souffert, à quel point elle avait chuté. Qu'il ignore que c'était Madara et son frère qui avaient restauré la grandeur de cette famille déchue.
Izuna éclaircit sa gorge et Nagato arracha immédiatement ses rétines du patriarche Uchiha pour les poser sur le cadet. Son esprit débitait malgré lui des informations qu'il avait apprises au fur et à mesure qu'il enquêtait et s'impliquait dans la traque des frères Uchiha.
Cinquante-neuf ans, ancien militaire, formé à la dure, connu comme étant la Main de Madara depuis leur adolescence et les débuts d'un trafic de drogues balbutiant dans l'arrière-pays. Une cicatrice sur le flanc, due à une blessure par balle qui avait failli le tuer. Nagato pouvait même citer le calibre de l'arme, puisqu'il en portait une semblable, en temps normal.
Cette même arme qu'il regrettait d'avoir laissée à la maison. Il se sentait tellement nu sans elle, à présent.
Le frère de Madara esquissa un sourire, posa une main sur l'avant-bras de son aîné.
— Vraiment, Madara, n'ennuyons pas Itachi avec toutes ces histoires. C'est son anniversaire, après tout, c'est lui qui doit être à l'honneur.
Izuna Uchiha, voix de la raison, toujours présent, dans l'ombre de son frère, pour apaiser ses excès, canaliser son énergie débordante, le faire redescendre de quelques crans quand il s'emballait. Une dynamique bien connue des services de police. C'était autre chose de la voir sous ses yeux, c'était littéralement glaçant de constater qu'Izuna souriait, mais que son sourire n'atteignait pas ses rétines qui flamboyaient d'une lueur dangereuse.
Par réflexe, Nagato se redressa. Izuna haussa un sourcil. Madara soupira.
— Très bien. Fils, qu'as-tu eu pour ton anniversaire ?
La joie d'Itachi éclaboussa les environs alors qu'il souriait.
— Mes amis m'ont offert une séance de plongée pour nos vacances à Uzushio, s'exclama-t-il.
Madara laissa un léger sourire ourler ses lèvres, ses yeux quittant enfin l'inspecteur pour revenir vers son neveu.
— Je sais comme tu aimes la plongée, tu dois être ravi, ponctua-t-il alors qu'Itachi hochait la tête.
— Mikan m'a offert un film qu'elle a tourné avec la caméra que je lui ai donnée. C'est adorable, vraiment, sourit-il de plus belle en pouffant. Je pense que je le reverrai souvent. Nagato m'a offert…
Il se tourna vers son colocataire.
— Je ne sais toujours pas comment tu as fait pour obtenir une telle chose…
Il revint vers son oncle et Izuna.
— Il m'a offert une édition dédicacée de mon opus préféré des aventures de l'inspecteur Nobody de Dan Katô.
Mal à l'aise, Nagato attrapa son verre. Ce n'était pas vraiment un sujet qu'il voulait mettre sur le tapis.
— C'était mon supérieur, avant sa démission. Je le connais personnellement.
« Et je sais que l'inspecteur Nobody s'inspire d'un ancien collègue à lui. Celui qui a infligé cette blessure par balles à Izuna Uchiha. »
Il ne le dit pas, mais ça flotta visiblement tout de même, compte tenu de la main que porta Izuna à son flanc gauche, comme si sa cicatrice se réveillait à la simple évocation de Tobirama Senju.
— C'est un joli cadeau, affirma Izuna quand il remarqua que son geste avait attiré les attentions sur lui.
— N'est-ce pas ?
Itachi ne mentionna pas, bien entendu, le cadeau que venait de lui faire son oncle, puisqu'ils étaient tous parfaitement au courant de celui-ci. Le nœud dans son estomac acheva de se dénouer quand Nagato lui fit un sourire, bientôt suivi par Madara et il fut heureux que les deux hommes s'entendent.
Il aurait vraiment détesté qu'ils ne s'apprécient pas.
Cependant même Izuna semblait plus attentif et plus présent qu'il ne l'avait jamais été et Itachi se surprit à apprécier l'homme, ne voyant pas, pour une fois, les ressemblances qu'il entretenait avec Sasuke.
Pour une fois, même, pour son anniversaire, sa famille ne lui manqua pas.
Parce qu'il se trouvait avec elle.
— Alors ? s'enquit Kakashi en franchissant la porte de la salle de pause d'un pas conquérant. Comment était ce dîner que tu redoutais tant ? Il était comment, l'oncle de Tsuki ?
Nagato se figea, les mains serrées sur sa tasse. Il avait craint que ce moment arrive trop vite. Il n'avait pas eu le temps de réfléchir, de trancher, et les pensées se pressaient contre son crâne, s'emmêlant, ajoutant encore à la confusion tissée de peur dans laquelle il vivait depuis qu'ils étaient rentrés chez eux après le dîner.
« Madara Uchiha a ses entrées au Ristretto ». C'était une information qu'ils n'avaient jamais eue. Jamais. Et cette phrase ne put pas franchir ses lèvres qui s'appuyèrent contre sa tasse pour temporiser le moment où il devrait répondre à Kakashi.
Il n'avait pas eu le temps de réfléchir, pas assez, pas assez loin, il ne pouvait pas prendre le risque.
Alors il ravala son angoisse, l'idée que sa fille vivait avec le neveu préféré de l'homme le plus dangereux de la planète.
Il ravala ses doutes, ses interrogations, ses sentiments dans leur totalité.
Puis il éloigna ses lèvres de la tasse et croisa les yeux de son ancien subordonné.
— C'était bien. Il est très sympa.
A bientôt !
