Bonjour tout le monde !

Oui, je sais, encore moi.

Mais il fallait bien fête l'anniversaire d'Itachi, tout de même, je n'allais pas rater ça !

Bienvenue dans cette petite fic, c'est un Ita/Naru 100% pur jus.

Au total, il y aura 8 chapitres, un par jour pendant huit jours, on déconne pas avec l'anniversaire d'Itachi, ça doit être une fiesta !


La Nuit des Sortilèges – 9 juin

Deidara agita le prospectus sous le nez d'Itachi et ce dernier, derrière ses lunettes de soleil, roula des yeux avec force. Il n'était pas bien compliqué de comprendre de quoi son meilleur ami voulait qu'ils discutent, encore.

La soirée organisée en l'honneur des anciens de l'école était omniprésente dans les pensées de Deidara, presque autant qu'elle échappait continuellement à Itachi qui n'avait pas vraiment eu l'intention de s'y présenter.

— Tu me fatigues, prononça Itachi d'une voix si basse qu'elle fut avalée par les sons avoisinants.

Ils s'étaient installés sur la terrasse de la demeure Uchiha afin de prendre un bain de soleil avant de se remettre au travail, préparant les stages et les poursuites d'études, et, dans le jardin, le meilleur ami du cadet Uchiha s'activait. Le neuvième jour de juin était bien entamé, entraînant avec lui le lot habituel d'agitation à l'approche de l'été.

Ses parents avaient recruté Naruto pour qu'il restaure la cabane de jardin. Pour un menuisier de la trempe du petit blond, c'était un travail facile et relativement bien payé, mais qui crée une sphère de nuisances sonores incroyables.

Son cadet, Sasuke, avait longuement pesté après les coups de marteaux répétitifs, le son des scies et des ciseaux à bois. Sa période d'examens étant toujours en cours, il ne supportait plus les bruits qui l'empêchaient de se concentrer et, au matin du second jour des travaux, il avait choisi d'aller réviser à la bibliothèque.

Deidara et Itachi, eux, avaient terminé leurs partiels et les vacances d'été démarraient sur les chapeaux de roue – à condition d'oublier cette soirée qui aurait lieu le samedi suivant. Deidara avait travaillé au corps son meilleur ami pendant trois semaines d'affilée, espérant qu'à l'usure, Itachi finirait par céder et c'était dans un grondement agacé que l'aîné des Uchiha avait finalement accepté de s'y rendre.

Bien évidemment – et il aurait dû s'y attendre –, ça n'avait qu'ouvert le débat à propos de la cavalière qu'il fallait qu'il conduise à cette soirée de gala.

— Tu y vas avec qui ? demanda Deidara. J'irai avec Kurotsuchi.

Itachi tourna la tête, se forçant à lâcher Naruto des yeux, pour observer son meilleur ami qui lui offrait un sourire machiavélique.

— J'irai seul, soupira Itachi. Ne pousse pas ta chance trop loin.

— T'es barbant, grogna Deidara. Tu ne peux tout de même pas y aller seul !

C'était déjà le quatrième jour de cette guerre d'usure. Itachi ignora la phrase et attrapa le tract, y jetant une œillade circonspecte. S'il ne pouvait nier un certain standing dans la mise en page du prospectus, il n'en restait pas moins qu'il trouvait le nom de cette soirée proprement ridicule. « La Nuit des Sortilèges ». Étaient-ils des courtiers en banque ou des saltimbanques ?

Deidara avait grimacé quand il avait fait la réflexion et admis que les propositions de nom ne s'étaient pas bousculées et que celle-ci était la moins pire des deux : « Juqu'anbu de la nuit » n'étant absolument pas acceptable, même si le jeu de mots avec le nom de leur école était relativement bien pensé.

— Ce sera une nuit magique, insista Deidara, un peu moqueur quant au nom. Ce serait dommage de la terminer seul.

Il joua des sourcils, Itachi lui adressa un regard torve par-dessus ses lunettes avant de se replacer, ses rétines accrochant les gestes de Naruto qu'il observa pendant encore quelques minutes, le temps que Deidara revienne à la charge.

— Et si tu proposais à la nana en mention complémentaire ?

— Shinko, tu veux dire ?

— Oui, je sais pas, la nana qui t'aime bien.

— De toute façon, je n'ai pas l'intention d'y aller accompagné, trancha Itachi.

— Tu ne peux pas y aller seul, je te dis, siffla Deidara.

Il se tut, cependant, en voyant le menuisier lâcher ses outils en les repérant finalement. Retirant ses gants, Naruto épongea son front humide de sueur, puis il sourit dans leur direction, s'approchant rapidement. Il s'arrêta finalement près d'eux, salua Deidara d'un hochement de tête puis se tourna vers Itachi :

— Joyeux anniversaire ! s'exclama Naruto en s'étirant. Je fais pas trop bruit ?

— Un peu, répondit Itachi, mais si ça nous dérangeait, nous partirions.

Leurs regards se croisèrent un instant et Deidara maugréa « j'arrive pas à croire que tu veuilles y aller seul » le temps que Naruto attrape un gobelet pour se servir un grand verre d'eau qu'il avala d'une traite. Itachi roula des yeux en percevant la complainte de son meilleur ami et, mû par une impulsion, il héla le menuisier qui retournait déjà au travail :

— Naruto !

S'immobilisant, le susnommé se tourna, le soleil se reflétant sur ses cheveux blonds, dans ses rétines bleu foncé. Itachi contracta les doigts alors que Naruto l'interrogeait du regard.

— Tu fais quelque chose, samedi soir ?

Pivotant complètement vers l'aîné de son meilleur ami, surpris, Naruto prit quelques secondes pour réfléchir à ses projets, avant de secouer la tête.

— Non, rien du tout, pourquoi ?

— Tu veux m'accompagner à la soirée des anciens de mon école ?

— Ouais, ok, accepta Naruto en hochant et en commençant à tourner les talons, je retourne bosser, on se tient au courant.

Sidéré, Deidara laissa échapper un jappement, lançant un regard accusateur à Itachi qui se renfonçait dans son siège avec cet air satisfait qui l'agaçait tellement.

— Je crois qu'on s'est pas bien compris, grommela Deidara en croisant les bras avec une mine boudeuse. Quand je te disais d'y aller accompagné, je voulais dire par quelqu'un que tu ferais bien grimper aux rideaux.

— J'avais compris, soupira Itachi.

Et c'était, d'ailleurs, exactement ce qu'il avait fait. Ses rétines épousèrent les contours de la silhouette de Naruto, bien à l'abri derrière les verres de ses lunettes de soleil. Il observa le roulement des muscles dans le dos, la nuque rougie par l'effort et la chaleur, descendit le long de la colonne vertébrale pour contempler les fesses.

Son attirance envers le meilleur ami de son frère, de cinq ans son cadet, avait été difficile à assumer. Elle avait surgi sans prévenir, sans signe avant-coureur et s'était installée, troublante, tenace. Fort heureusement, Naruto ne passait plus autant de temps dans la demeure Uchiha, depuis quelques années. Itachi parvenait donc à dissimuler ce sentiment qui avait pris naissance.

Si, au début, il s'était demandé s'il était possible qu'il soit seulement furieusement attiré par le blond depuis qu'il avait gagné en carrure – son mètre quatre-vingt, sa musculature entretenue par son travail manuel, ses mains larges et puissantes –, il avait rapidement revu sa copie et dû admettre que ce n'était pas que physique, qu'il y avait tout le reste : son talent, sa joie de vivre, le son de sa voix, son caractère emporté, sa franchise et sa naïveté rafraîchissante. Sa prévenance.

Il était amoureux.

— Et comme à ton habitude, tu n'as pas tenu compte de mes suggestions à peine déguisées. Tu mourras puceau, prédit Deidara. Et chauve.

Pris au dépourvu, Itachi arracha son regard à la silhouette de Naruto pour le porter sur Deidara.

— Pourquoi chauve ?

— Tes cheveux m'énervent à être lisses, doux et brillants. Attends, pourquoi il t'a dit joyeux anniversaire ?

— Parce que c'est mon anniversaire, en toute logique.

Se répandant en excuses face à son oubli, Deidara décida pour l'occasion de laisser le sujet de la soirée de côté, cherchant plutôt à entraîner son meilleur ami en ville pour lui trouver un cadeau digne de ce nom.


Quand Naruto rentra chez lui, ce soir-là, la nuit était tombée depuis un long moment déjà. Vermoulu, il s'écroula sur son lit après avoir slalomé entre les points de bordel qui parsemaient le sol de son appartement, trop fatigué pour envisager de tirer les rideaux et masquer la lune qui éclairait son studio.

Les yeux tournés vers le plafond, l'air grave, il repensa longuement à la journée qu'il avait passée dans la maison de son meilleur ami. Il avait vécu quelques mois en compagnie des Uchiha, trois ans auparavant. Fugaku et Mikoto l'avaient accueilli à bras ouverts, quand il s'était fait virer de son ancien appartement, lui laissant le temps de recouvrer une santé financière avant qu'il trouve finalement ce nouveau logement pas loin de la menuiserie qui l'avait embauché.

Les bras croisés sous sa tête, il esquissa un sourire quand il repensa à la mère de Sasuke insistant pour qu'il reste dîner, pour le remercier de l'excellent travail qu'il faisait, pour le plaisir de la compagnie. Elle avait énoncé, en guise d'argument final « c'est l'anniversaire d'Itachi, tu ne peux pas manquer ça ! », alors il avait cédé, essayant de ne pas montrer qu'il pouvait difficilement oublier l'aîné de la famille – qui avait été surpris de le trouver là.

Il avait haussé les épaules et Sasuke était parti au quart de tour, comme toujours, retirant à Naruto l'embarras de répondre à cette question.

Le blond ne savait pas vraiment comment considérer la proposition faite par Itachi et plus ses yeux se perdaient sur le plafond, plus il se sentait démuni.

Est-ce que c'est un rencard ?

Il empoigna son téléphone, déterminé à demander conseil à Sakura, mais il renonça quand il constata qu'il n'avait plus de batterie et qu'il s'était éteint.

L'idée que c'était peut-être un rencard faisait danser son cœur avec délices. Après toutes ces années à contempler Itachi comme s'il était un rêve trop beau, imaginer que peut-être quelque chose était possible le ravissait. Il ferma les paupières, laissant un sourire dévorer son visage, sourire qui retomba quand, sur ses rétines, l'image de son meilleur ami s'imprima.

Sasuke était, bien évidemment, au courant que son meilleur ami était gay. Naruto le lui avait dit des années auparavant, déjà, et Sasuke avait accepté cette idée avec un flegme déroutant, lui qui était d'ordinaire si conservateur. Ils parlaient d'un ton égal aussi bien des conquêtes de Sasuke que de celles de Naruto et jamais Sasuke n'avait demandé à Naruto de lui expliquer comment il avait su, et c'était tant mieux : le premier coup de cœur de Naruto avait été Itachi.

Depuis tout petit, déjà, Naruto avait été impressionné par l'aîné des Uchiha. Plus vieux, plus grand, il lui paraissait qu'Itachi était l'incarnation même de la classe. Il était intelligent, en plus de ça – comme son frère cadet, bien sûr, mais Itachi dégageait quelque chose qui le rendait unique aux yeux de Naruto. Bon, ok, Sasuke aussi vu qu'il n'avait qu'un seul meilleur ami, mais c'était pas pareil.

Cette fascination avait longtemps été partagée par Sasuke, mais il avait fini par s'en détacher, par relativiser le génie de son frère, voire même par se sentir offensé de l'existence seule d'Itachi. Leur adolescence, pas si lointaine, n'avait pas été facile. À présent, les deux frères s'entendaient mieux, mais Naruto n'avait jamais réussi à admettre ses sentiments face à son meilleur ami.

Il ne s'en était ouvert qu'à Sakura, lorsque ça lui était tombé dessus. L'admiration qu'il éprouvait pour Itachi s'était transformée quand il avait eu seize ans. À cette époque, Itachi venait d'avoir vingt-et-un ans et il rentrait d'une année à l'étranger – qui avait considérablement aidé à apaiser les tensions entre les frères.

Quand Naruto l'avait croisé dans les couloirs de la maison Uchiha, il s'était senti tout bonnement transpercé par tout un état d'émotions qui fourmillaient dans son ventre. Il avait immédiatement demandé à Sakura s'il n'avait pas chopé une indigestion ou une gastro bizarre, elle avait refusé l'hypothèse en lui présentant la sienne : « Tu es simplement en train de tomber amoureux ».

Il soupira, tendant la main vers le câble du chargeur de son téléphone pour brancher l'appareil, avant de se pelotonner contre son oreiller. Son réveil indiquait qu'il était désormais plus de vingt-trois heures et la fatigue tirait sur ses yeux.

Bien sûr que non, ce n'est pas un rencard.

De toute évidence, Itachi l'avait convié pour que Deidara cesse de le harceler. Ce n'était pas comme si c'était possible que quelque chose se passe entre eux.

Il finit par s'endormir sans avoir trouvé la force de rallumer son téléphone.


À demain pour la suite !