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La Nuit des Sortilèges – 11 juin
« Oh wow ! » fut la première pensée cohérente qui traversa l'esprit d'Itachi quand Naruto lui ouvrit la porte de son appartement. Avant cette unique pensée, il lui semblait que son cerveau avait court-circuité de façon irréversible. Alors bien sûr, il s'attendait à ce que son cavalier soit élégant, c'était Sasuke qui l'avait aidé à choisir ses vêtements, mais c'était autre chose de l'avoir devant les yeux.
Le blond se décala pour le laisser entrer, une certaine nervosité dans les gestes.
— Je suis en retard, s'excusa Itachi, je suis désolé.
— Oh t'en fais pas, j'étais pas prêt, encore, sourit Naruto en désignant sa veste qui attendait sur le cintre. Je ne suis pas sûr, pour la tenue, admit-il.
Et la majeure partie de ses doutes provenait de l'air qu'arborait Itachi depuis qu'il l'avait aperçu. Il ne le lâchait pas des yeux, le dévisageant presque sans ciller et Naruto avait senti un certain inconfort sous les regards persistants. Il observa la veste grise qui restait sur un cintre, baissa les rétines sur le gilet assorti, la chemise orange pâle puis il eut un sourire nerveux. Il ne s'était pas attendu à un sifflement admiratif, mais lui-même s'était trouvé canon en se regardant et il n'avait pas la sensation que son vis-à-vis était d'accord.
Reprenant son examen minutieux, Itachi se demanda ce que Naruto se reprochait. Il paraissait immense, dans ces vêtements et il était à tomber. Ses cheveux blonds et ses yeux bleus ressortaient superbement, le pantalon ajusté laissait deviner sa cambrure, les couleurs étaient incroyables sur lui.
— Je ne comprends pas pourquoi, tu es très élégant. Je ne pense pas t'avoir jamais vu l'être autant.
Et c'était heureux, compte tenu de l'effet attractif que ça avait sur lui. Naruto décrocha sa veste et l'enfila.
— Tu es très classe aussi, commenta-t-il en détournant les yeux pour balayer son studio du regard.
Dès qu'il était rentré du boulot, il s'était attelé au ménage, pestant contre lui-même et son désordre permanent. Même si Itachi n'ignorait pas combien il était bordélique et désorganisé, Naruto n'avait pas eu l'intention de le laisser découvrir que ça persistait quand il avait son appartement.
Il avait donc tout récuré, installé des draps propres et assortis sur le lit, s'était assuré qu'il y avait des capotes dans le tiroir de la table de chevet – puis il avait rougi d'oser imaginer qu'il pourrait conclure, s'était fustigé puis précipité sous la douche pour oublier ça.
À la dérobée, il observa son cavalier, s'émerveillant devant l'allure de l'homme à ses côtés. Quand il se sentait déguisé dès qu'il quittait ses habituels vêtements de travail, Itachi portait son smoking avec aisance.
Le chemin jusqu'à l'arrêt de bus parut incroyablement long à Naruto. Long et silencieux. Il avait beau chercher dans son esprit, il ne voyait pas vraiment comment il pourrait entamer une conversation. Ça lui paraissait plus simple de s'adresser à Itachi quand ils n'étaient pas seuls. Dès lors qu'ils étaient en tête à tête, il lui semblait ne pas parvenir à rester plus de deux minutes sans dire une connerie pharaonique.
Ils montèrent finalement dans le bus et ce fut Itachi qui trouva un sujet de conversation, au bout de quelques secousses mal amorties qui avaient failli les coller l'un à l'autre plus d'une fois.
— Comment se passe le travail ?
— Oh, bien. En ce moment, je suis… Enfin, tu sais où je suis, vu que je suis chez toi. Après, avec mon patron, on est appelés sur un plus gros chantier, ça va être bien. On va tester une nouvelle technique ! Yamato a été formé y a pas longtemps, donc il va me montrer comment on fait, je suis content. Et toi ?
Le bus freina à nouveau, Naruto dut résister à l'attraction qui manqua de le plaquer contre Itachi. Il remarqua pour la première fois qu'il le dépassait de peu. Il s'était toujours figuré Itachi comme bien plus grand que lui. Ses yeux scrutèrent ceux du brun qui ne cilla pas et attendit que Naruto se replace correctement, ce qu'il fit avec une excuse baragouinée et avalée par le son du moteur.
— J'ai rendez-vous à la Racine la semaine prochaine. Danzô Shimura est intéressé par mon profil et mes compétences, je dois passer un entretien afin de voir ma thèse financée.
— Tu continues les études ? s'étrangla Naruto.
Cette information creusait davantage la différence de niveau qu'il y avait entre eux et il émit un sifflement.
— Quel courage, je pourrais pas, moi. Être assis toute la journée à écouter des gens me raconter des trucs… Wouah, t'es vraiment super intelligent.
Mal à l'aise, Itachi haussa les épaules, dégageant la mèche qui lui tombait devant les yeux.
— Je ne pense pas que ça ait un rapport avec l'intelligence. Je ne pourrais pas faire ce que tu fais.
Naruto dégagea cette phrase d'un mouvement de la main.
— Mais si, tu pourrais, c'est pas sorcier. Il suffit de connaître les bons gestes, les techniques, les normes et tout, ça serait pas hors de ta portée. Par contre, toi, ce que tu fais… À vrai dire, j'ai pas la moindre idée de ce que tu fais, à part que tu travailles pour des banques.
Nouveau coup de frein. L'attraction fut plus forte, Naruto s'écrasa contre Itachi.
— Désolé, marmonna-t-il. La prochaine fois, on ira en moto, ce sera mieux.
Leurs regards se croisèrent, il réalisa qu'il envisageait à voix haute une prochaine fois, il balbutia quelques mots qui ressemblaient à « Enfin, je dis ça pour montrer que c'est chiant les coups de frein, je, voilà ». Itachi hocha la tête en détournant les yeux, Naruto se redressa.
Heureusement, leur arrivée à l'arrêt auquel ils descendaient du bus leur épargna de tenter de reprendre cette discussion, les deux étant passablement embarrassés. Si Naruto se reprochait d'avoir révélé qu'il pouvait envisager d'autres sorties en tête à tête – c'était presque aussi flagrant que se balader avec un drapeau où il serait écrit « TU ME PLAIS » –, Itachi, lui, se débattait avec le réflexe stupide qui l'avait conduit à porter sa main sur les reins de Naruto pour le retenir. Il ne l'avait pas retirée. Il avait oublié de retirer sa main du dos de Naruto.
Heureusement que celui-ci n'avait rien remarqué.
L'ambiance entre eux devint plus fluide, malgré le temps d'adaptation extrêmement long où Naruto se fustigeait de n'avoir rien à dire à celui qu'il aimait, où Itachi se retenait de révéler au meilleur ami de son frère combien il le trouvait désirable dans sa tenue.
Le caractère enjoué et sociable de Naruto finit par reprendre le dessus, le temps qu'ils traversent la ville pour rejoindre les locaux de l'école où se déroulait la sauterie du soir. Les rayons de soleil qui tapaient sur la chevelure de Naruto donnaient l'impression qu'elle était faite d'or.
Il parlait depuis quelques minutes de déconvenues insolites qui lui étaient arrivées sur des chantiers et Itachi l'écoutait avec attention, très amusé par les anecdotes.
— Ça me rappelle une fois avec Kiba… Tu vois qui c'est ?
Itachi hocha la tête un peu sèchement. Oui, Kiba c'était le second casse-cou de la bande d'amis de son frère, après Naruto. Quand il y avait une bêtise à faire, c'était toujours ces deux-là, souvent accompagnés par Sasuke qui s'assurait que personne ne se blessait.
Kiba avait une passion pour les chiens et pour les installations électriques. Il était enjoué, dynamique, compétitif et s'accordait à merveille avec Naruto, ils s'entendaient comme larrons en foire. Et Itachi en était immanquablement jaloux, principalement parce que Kiba était tout ce qu'Itachi n'était pas et ça semblait plaire à Naruto.
Aussi, quand Naruto raconta une anecdote à son propos qui se termina mal pour l'électricien, le passant au travers d'un plancher vermoulu parce qu'il n'avait pas écouté les conseils de Naruto, Itachi ressentit une vive satisfaction.
Déjà parce que Naruto riait et qu'il aimait l'entendre rire. Ensuite parce que Kiba s'était blessé sans être mort. Itachi ne put s'empêcher de penser « bien fait ! » en laissant un sourire sadique ourler ses lèvres.
Sur ces mots, ils parvinrent devant la salle, où Deidara les attendait, son bras tenu par sa cavalière qui portait une robe froufouteuse pleine de couleurs. Aussi discrètement qu'il le put, Naruto se pencha vers Itachi pour susurrer à son oreille. Il ne remarqua pas que son cavalier vibra et retint sa respiration en sentant son souffle frôler son cou.
— C'est sa petite amie ?
— Non, répondit Itachi, pas encore, mais il aimerait bien et je pense qu'il concrétisera ce soir.
— Elle est plutôt mignonne, constata Naruto avec un sourire en coin.
— Ce n'est pas vraiment mon style.
Le menuisier tourna la tête pour examiner le profil de son cavalier, notant une nouvelle fois à quel point il était élégant. Il fronça les sourcils en ralentissant sa marche.
— Je n'ai jamais su ce que c'était, ton style, remarqua-t-il. Je ne t'ai jamais vu avec une femme.
Comme il n'y avait pas de question, Itachi décida de garder le silence. L'endroit et le moment étaient mal choisis pour faire son coming-out. Il adressa un sourire à Deidara qui grommela dès qu'ils approchèrent.
— T'as pas pu t'en empêcher, hein ? reprocha Deidara en appuyant un doigt agressif sur la clavicule de son meilleur ami. C'est la soirée de ta vie et t'as pas pu t'empêcher de faire n'importe quoi.
Deidara décala son regard vers Naruto, remarquant que ce dernier avait fait des efforts pour être plus que présentable.
— C'est pas contre toi, je t'aime bien dans le fond. Sauf que ce soir, Itachi est censé se présenter à Nagato Uzumaki, ça aurait été mieux s'il avait pu se choisir une jolie plante verte pour décorer son bras – et son plumard, histoire de perdre finalement cette embarrassante virginité.
Itachi roula des yeux et Naruto refusa de regarder de son côté, visiblement tendu. Il sourit, cependant.
— Je connais très bien Nagato Uzumaki, si on parle du même, révéla Naruto. Enfin, on est pas trois milliards d'Uzumaki, donc on parle certainement du même. C'est un arrière-petit-cousin éloigné au troisième degré, un truc comme ça. On a notre arrière-arrière-arrière-grand-mère en commun.
Impressionné, Deidara fit une moue étrange, tapant finalement dans le dos d'Itachi, le faisant partir en avant de façon à peine visible.
— Ah t'es peut-être plus intelligent que je le croyais, constata le meilleur ami d'Itachi. C'est bien vu, Naruto peut t'introduire.
Finalement, Deidara se détourna, entraînant avec lui son rencard qu'il n'avait pas présenté à Naruto, et Itachi, mal à l'aise, retint son cavalier par la manche.
— Je ne t'ai pas proposé de m'accompagner pour ça, dit-il.
Naruto haussa les épaules.
— C'est pas important.
— Si, ça l'est. Je ne veux pas que tu penses que je me sers de toi.
Naruto sourit, baissa les yeux sur la main qui le tenait toujours. Itachi le lâcha précipitamment, relevant ses rétines pour croiser celles de son cavalier qui accentua davantage encore son rictus.
— Bien sûr que non, t'inquiète pas. Tu m'as invité parce que Deidara te tannait et que j'étais pas loin.
Il réfléchit un instant, sa tête ballotant sur le côté, un sourire contenu vibrant au bord de ses lèvres.
— Donc tu t'es servi de moi pour ne pas être seul et pour que Deidara arrête de te faire chier. Ça ne sonne pas vraiment mieux, en fait.
— C'est surtout faux, je t'ai invité parce que ça me faisait plaisir de venir avec toi.
— Tu t'inquiètes trop, rit Naruto. Je ne l'ai pas mal pris, tu n'as pas à te justifier ! Et si tu as besoin que je te présente à quelqu'un que je connais, je le ferai, ça ne me coûte rien, tu as le droit de te servir de moi, de temps en temps. On y va ?
Aucun des deux ne trembla quand Itachi saisit finalement la main tendue de Naruto.
Ils retrouvèrent Deidara et sa future petite amie à proximité du buffet, comme l'avait prédit Itachi – « les connaissant comme je les connais, Deidara sera près du champagne et Kurotsuchi de la nourriture ». Ils s'avancèrent de nouveau pendant que Naruto laissait ses rétines s'imprégner du lieu. Les hauts murs de brique claire contrastaient énormément avec les poutres apparentes et il haussa les yeux, examinant avec attention – et une pointe d'émerveillement – l'enchevêtrement de bois.
— Wow, murmura-t-il, regarde-moi ça, c'est magnifique.
À son tour, Itachi leva la tête pour l'observer.
— Tu trouves ?
— Oh que oui, je n'avais rien vu d'aussi beau depuis longtemps. C'est comme les escaliers que j'ai aperçus, quelle merveille ! Heureusement que je sais me tenir, sinon, je serais probablement en train de le scruter sous toutes ses coutures. Ça a presque l'air d'être Renaissant, en tout cas dans le style. Je doute un peu pour le bois, il est trop exotique pour ça, mais… Est-ce que c'est une table Monastère du xviie siècle que je vois là ? glapit-il en désignant la table qui supportait le buffet.
Il se précipita, hocha vaguement la tête en direction de Deidara et s'échina à déplacer tout ce qui se trouvait au bord de la table pour pouvoir soulever la nappe et s'accroupir, son portable dans sa main pour avoir plus de lumière.
— Ah ouais, ouais, c'est ça. C'est incroyable, la finesse des sculptures et des finitions, la taille de ces clous…
Itachi arriva à son niveau à peu près en même temps que Kurotsuchi se penchait vers Deidara pour savoir ce que Diable Naruto comptait trouver en déshabillant la table. Ce fut donc le premier qui lui offrit une explication :
— Naruto est menuisier.
— Charpentier de formation, clama celui-ci depuis sous la table, j'ai cumulé, j'ai même fait un peu de lutherie. Tout ce qui touche au bois, c'est moi.
Sa voix était en partie étouffée, comme sa vue. Il ne nota donc pas le hochement de tête de Kurotsuchi, le regard admiratif d'Itachi et celui, exaspéré, de Deidara. Ce fut son cavalier qui le rappela à l'ordre.
— Naruto, si tu te traînes par terre, tu vas te salir…
— Ah oui, merde, je suis pas en tenue !
Il s'extirpa de sous la table, s'attirant une œillade perplexe d'un des chaperons de soirée, puis il épousseta sa veste, remettant la nappe en place, mais laissant les mets là où il les avait posés. Il finit par s'approcher de la cavalière de Deidara.
— Salut, moi c'est Naruto. T'es au courant que tu ressembles à un gigantesque cupcake ?
Inexplicablement flattée, Kurotsuchi se tortilla un instant, rosissant en lissant les froufrous de sa robe.
— Tu trouves ? Ça veut dire que je suis appétissante ?
Naruto s'empêcha de glisser ses mains dans ses poches – Sasuke le lui avait interdit avec fermeté – puis il passa ses appuis d'un pied à l'autre, ses yeux revinrent sur les poutres apparentes le temps de réfléchir.
— Je serai mauvais juge, je préfère le salé.
Elle papillonna des cils, ouvrit la bouche et coula un regard hésitant à son partenaire.
— Je ne comprends pas, c'est une métaphore ?
— Une méta-quoi ?
Embarrassé devant l'air halluciné de Deidara et Kurotsuchi, Naruto pivota pour observer Itachi qui lui adressa un sourire.
— Une métaphore, c'est une figure de style qui permet de faire des comparaisons par analogie. Par exemple, réfléchit-il, dire qu'on n'est pas fait du même bois.
— Oh je vois, comprit Naruto. Alors non, c'était pas ça. Je voulais seulement dire que je préfère manger salé donc que je ne sais pas si un cupcake comme toi serait appétissant.
Il y eut quelques secondes de silence durant lesquelles Deidara et sa cavalière ne surent que répondre, Naruto essayant de comprendre quelle métaphore elle aurait pu voir derrière sa phrase. Itachi balayait l'assemblée du regard, indifférent à l'embarras que suscitait le manque de culture de Naruto, et fronça les sourcils en se penchant vers eux :
— Excusez-moi, je reviens dans quelques instants, je vais aller saluer Sasori.
Deidara grogna, Itachi partit et le visage de Naruto s'éclaira :
— Oh, je crois que j'ai compris ! Tu voulais savoir si je suis gay, c'est ça ?
Kurotsuchi cilla, hochant doucement la tête.
— Oui, je pensais que tu comparais les femmes au sucré et les hommes au salé.
Naruto esquissa un sourire ravi, puis hocha la tête.
— Ça fonctionne bien, apprécia-t-il. Et du coup, oui, je préfère aussi ce salé-là.
Deidara avala un peu de travers, toussa son champagne et contempla Naruto.
— Je te connais depuis au moins dix ans et j'étais pas au courant ! se scandalisa-t-il. Pourquoi ?
Naruto haussa les épaules en regardant Itachi qui revenait vers eux.
— Tu m'as jamais posé la question, répondit-il.
— Vous parliez de quoi ? demanda Itachi quand il constata qu'il avait interrompu la conversation.
Kurotsuchi adressa un clin d'œil à Naruto, il lui tira la langue et elle répondit :
— De préférence sucré/salé.
— Ah bon, commenta Itachi.
La première moitié de la soirée passa, les entraînant doucement jusqu'à minuit, heure à laquelle Itachi retrouva Naruto seul sur la terrasse, accoté à la balustrade, le nez tourné vers les étoiles.
La plupart des interactions que le menuisier avait eues avec les pairs de son cavalier s'étaient terminées par un silence gêné et il avait vite eu l'impression d'être l'attraction de la soirée, que beaucoup défilaient uniquement pour avoir une conversation lunaire avec le con de service.
Quand le blond sentit quelqu'un s'installer à côté de lui, il tourna la tête, pour sourire à Itachi, mal à l'aise.
— Excuse-moi, je t'embarrasse.
Il esquissa un rictus contrit puis reporta ses yeux sur le ciel.
— Je comprends rien de ce qu'ils me disent, tes amis.
— De vagues connaissances, corrigea Itachi. Ils te prennent pour un idiot uniquement parce qu'ils ne savent pas de quoi tu es capable.
— Ouais, « clouer des bouts de bois ensemble », si on en croit… Kakuzu, il s'appelait.
Itachi serra les mâchoires.
— Même si ce n'était que ça, être menuisier, il n'en serait pas capable. C'est un arriviste. Il s'en prend à toi uniquement parce que ça lui donne l'impression d'être puissant.
Naruto sourit, appréciant la tentative de réconfort d'Itachi qui effleura son épaule pour récupérer son regard.
— Souhaites-tu qu'on s'en aille ?
Le blond se tortilla, plongea ses yeux bleus et voilés de tristesse dans ceux, si noirs, d'Itachi qui cilla.
— Non, soupira Naruto, tu n'as pas encore parlé à Nagato et c'est important que tu le fasses.
La moue sur le visage d'Itachi le fit sourire.
— Pas vraiment. Deidara le souhaite pour que je mette toutes mes chances de mon côté, mais je n'ai pas besoin d'être pistonné pour avoir le poste. Visiblement ni toi ni moi ne passons une bonne soirée.
— C'est vrai, concéda Naruto. Je savais que ce genre de mondanités allait me soûler.
— Pourquoi avoir accepté, alors ?
Il haussa les épaules, se tournant en direction de la salle d'où la musique provenait.
— Ça te rendait service, répondit-il, évasif. Si on part, on va rentrer chacun chez soi et finalement, on aura seulement la sensation d'avoir passé une mauvaise soirée.
— Allons faire autre chose, alors.
Ils quittèrent la salle de réception sans prévenir personne et Itachi avait le cœur battant : c'était bien la première fois qu'il n'allait pas au bout d'une de ces soirées ennuyeuses.
À demain !
