Coucou, c'est encore moiiiii !

Et oui, c'est encore un truc nouveau ! Bon, c'est un OS que j'ai divisé en 4 parties, parce que je le trouvais trop long et que c'est mieux en quatre parties. Promis, après, j'arrête les trucs nouveaux et je finis ce que j'ai commencé, mais là, je suis en vacances, donc je tourne à plein régime !

Le titre n'a strictement rien à voir avec le contenu, c'est seulement le titre qui m'est venu.


Cendres d'Azur – Partie 1

Il était rare de voir Hashirama arborer une mine sévère et contrariée, surtout depuis qu'une paix relativement durable s'était installée, les Senju et les Uchiha ayant cessé leurs querelles meurtrières.

Il offrait d'ordinaire un sourire affable, des yeux pétillants d'une joie sans cesse renouvelée par les collaborations qui naissaient entre les clans et il semblait gazouiller de bonheur chaque nouveau jour.

Pourtant, quand Madara franchit la porte du bureau qui abritait l'Hokage suite à une convocation de sa part, il ne retrouva rien de ce qui était à la fois admirable et particulièrement énervant chez son ami. Haussant des sourcils inquiets, il pressa l'allure jusqu'à lui.

— Que se passe-t-il, Hashirama ? Tu souhaitais t'entretenir avec moi ?

Il pouvait s'agir de plusieurs sujets différents et vu l'air sombre qu'affichait l'Hokage, Madara ignora bien vite tous ceux qu'il estima frivoles : aussi, les préparatifs du départ d'Hashirama à Uzushio, la façade de l'école peinturlurée d'insultes et l'emplacement de la rue du commerce furent écartés. Alors il restait les échauffourées qui avaient été rapportées par deux groupes envoyés en mission et la recrudescence d'usage de jutsus katon à proximité des habitations.

Pliant les genoux pour s'installer à la table près de son ami, Madara soupira.

C'était probablement l'usage de techniques de feu, l'autre situation exigeant sans doute une réunion stratégique avec les chefs de clan.

Il avait fait passer le message à travers le clan, pour inciter ses pairs Uchiha à s'exercer sur le terrain d'entraînement et il avait vraiment cru que le dire suffirait à les calmer, mais il semblait que ce ne soit pas le cas.

Il en était là de sa réflexion intérieure quand Hashirama fit glisser une tasse devant lui, qu'il empoigna à deux mains pour recevoir le liquide brûlant avec un hochement de tête reconnaissant.

Le silence reprit ses droits lorsque Hashirama eut reposé la théière et saisi son propre récipient pour souffler dessus avec contrariété. Quand il le remit à sa place, il accepta de relever la tête pour observer Madara.

Il était plutôt bel homme, du peu qu'il pouvait en juger – même s'il y avait définitivement quelque chose à faire pour cette masse indomptable de cheveux –, il était bien situé dans la hiérarchie de son clan puisqu'il en était le chef, c'était un puissant guerrier et pour ne rien gâcher, il était intelligent et très amusant. Et Hashirama ne comprenait pas pourquoi il persistait à rester célibataire.

Après avoir tant guerroyé, l'homme devrait avoir le droit de jouir un peu du repos sacré des guerriers, mais il n'en faisait rien. Il n'approchait pas du quartier des plaisirs, si ce n'est pour avaler une coupe de saké dans des occasions très précises, ou pour venir le chercher dans les salles de jeu. C'était, d'ailleurs, un point commun qu'il partageait avec Tobirama, toujours si sérieux.

Finalement, il se décida à prendre la parole :

— C'est la huitième proposition de mariage que tu refuses.

Madara faillit en lâcher sa tasse. Compte tenu de la mine sombre qu'arborait son ami, il s'était préparé à quelque chose de bien plus important.

— En effet, ponctua-t-il en attendant de voir où se dirigeait cette conversation.

Hashirama détourna légèrement le regard, pour ne plus affronter les yeux noirs et perplexes. La conversation allait être un peu gênante et il ne savait pas comment son meilleur ami allait recevoir ce qu'il avait à dire.

— Pourtant, j'ai fait en sorte qu'il te soit proposé des femmes très différentes, il y en avait pour tous les goûts. Alors, je ne comprends pas pourquoi aucune n'a retenu ton attention.

— Tout simplement parce que je n'aime pas les femmes, expliqua Madara après être revenu de sa surprise.

Alors, bien entendu, il savait pertinemment que ces propositions étaient orchestrées par son ami – Hashirama avait même suggéré une Hyuuga et une Uzumaki. Qu'il soit damné s'il devait un jour mêler la destinée Uchiha de façon si intime aux clans Hyuuga et Uzumaki !

Hashirama se méprit sur le sens de cette phrase et il secoua la tête.

— Ne sois pas si sérieux, invectiva-t-il. Après avoir tant fait la guerre, nous avons le droit de faire l'amour, tu ne penses pas ?

Il attrapa sa tasse et la porta à ses lèvres pour se donner une contenance.

— Tu as le droit de jouir des plaisirs de la vie.

— Je n'ai pas dit que je ne le faisais pas, réfuta Madara avec un sourire.

Il prit un malin plaisir au regard confus que lui porta Hashirama et il vit presque les mécanismes de l'esprit s'enclencher alors que son ami mettait bout à bout les deux phrases. Quand la réalisation fut totale, Hashirama arrondit ses lèvres en un « Oh ! » surpris et il rosit un peu.

— Tu… Tu veux dire que tu en es ?

— Ça te dérange ?

— Oh non, pas le moins du monde, je me sens seulement crétin de t'avoir proposé tant d'épousailles inutiles.

Il y eut un nouveau silence, Madara dégageant cette phrase d'un mouvement d'épaules un peu vague. Finalement, Hashirama écarta sa tasse de thé et se redressa, s'éloignant quelques instants pour rapporter une bouteille d'alcool de riz et deux petites coupes.

— Buvons, dit-il, à cette décision de ne plus essayer de te marier.

— Que le Sage des Six Chemins t'entende et en prenne bonne note, apprécia Madara en levant sa coupe à la santé de son ami.

La conversation changea et les heures passèrent. Bien sûr, aucun d'eux ne s'enivra, mais Hashirama attendit tout de même la fin de la soirée pour poser la question qui le taraudait.

— Es-tu comme ça avec quelqu'un, en ce moment ?

Madara hocha la tête.

— Occasionnellement, oui. Il peine à franchir l'étape qui nous ferait devenir des amants réguliers.

Hashirama écarta l'image déroutante de son ami le faisant avec un homme, puis il leva les yeux vers Madara. Celui-ci n'avait pas l'air particulièrement contrarié à l'idée que cette étape reste infranchie, mais l'Hokage se sentit tout de même désolé pour lui.

— Pourquoi ne le fait-il pas ?

— Il a des responsabilités au sein de son clan et ne tient pas à se priver des possibilités que pourraient lui ouvrir des épousailles intéressantes.

Hashirama hocha la tête avec dignité. C'était une justification tout à fait valable, quoiqu'un peu cynique, mais il imaginait que tout le monde n'avait pas sa chance de mêler tout à la fois mariage d'alliance et mariage d'amour.

Madara reposa sa coupe et commença à se lever, interrompant son geste quand la dernière question d'Hashirama le retint :

— Qui est-ce ?

Le chef du clan Uchiha se para d'un sourire mystérieux en achevant son mouvement pour se redresser.

— Cherche dans mon entourage un homme aussi célibataire que moi. Je suis sûr que tu sauras deviner seul.

Il prit congé au moment où un sourire ravi naissait sur le visage d'Hashirama, heureux d'avoir une nouvelle énigme à résoudre.


Les paroles de Madara restèrent gravées dans l'esprit d'Hashirama qui passa des semaines à observer son ami dans ses interactions avec l'ensemble de Konoha. Malgré tous ses efforts, il ne put déterminer lequel était cet amant occasionnel et c'était bien là que résidait le plaisir de cette énigme : quel serait l'intérêt de le formuler de façon si cryptique si un seul regard permettait de lever le voile du mystère ?

Pour autant, vu le peu d'informations qu'il avait eues, il n'avait pas pu deviner qui était cet homme qui partageait la couche de Madara. Et même si ce n'était pas une question primordiale, la machine de son esprit continuait son travail en fond de pensée, à tout moment.

Il était actuellement installé dans son bureau et, face à lui, se tenaient Tobirama et Madara, tous deux armés de rapports et d'idées contradictoires. Il les avait laissés s'exprimer tour à tour sur la situation préoccupante signalée depuis déjà un moment et il tentait de combiner leurs deux solutions afin de pouvoir en retirer quelque chose.

Tobirama estimait qu'il serait bien de missionner une escouade Senju pour enquêter sur les pièges dressés aux populations civiles qui venaient s'installer à Konoha et Madara suggérait plutôt une équipe constituée de la fine fleur Uchiha.

Le regard de l'Hokage allait de l'un à l'autre, tentant par tous les moyens de s'accrocher à leurs argumentations passablement redondantes, puis il décida d'envoyer groupe composé de membres de plusieurs clans : pourquoi pas un Akimichi pour la défense, un Nara pour l'immobilisation et un Yamanaka pour la perception ? S'il couplait avec un Uchiha et un Senju, ils atteindraient un quintet efficace et pouvant répondre à toutes les situations.

Les laissant échanger leurs arguments avec vigueur, il ne put s'empêcher de remarquer à quel point les deux étaient semblables. Aussi têtus l'un que l'autre, aussi solides et assurés, implacables et déterminés. Il admira les grands shinobis qui avaient décidé de le suivre dans son rêve fou, qui l'appuyaient et l'épaulaient, quitte à sacrifier beaucoup sur l'autel de cette réussite. Madara y avait laissé de l'autorité, certains membres de son clan n'acceptant pas la reddition, et la fierté pourtant précieuse pour un Uchiha. Tobirama y avait laissé sa vie privée, restant obstinément célibataire pour être capable de l'épauler et être tout aussi capable d'agir pour leur clan, dans lequel il jouissait de grandes responsabilités.

Hashirama papillonna des cils. Qu'avait dit Madara, déjà ?

Quelque chose d'incrédule se dessina sur son visage alors que ses yeux passaient de l'un à l'autre, puis de l'autre à l'un et inversement. Il oublia de faire semblant de suivre le jeu d'argumentation tant il était occupé à essayer de repérer des zones de leurs corps qui se frôleraient sous couvert de disputes.

Quand Madara se rendit compte que l'Hokage n'écoutait plus, il était en train d'énoncer un pan entier de son raisonnement expliquant que les pupilles des Uchiha étaient un atout incroyable pour la détection et l'évaluation des intentions des personnes qui voyageaient sur ces routes et que, s'il ne niait pas le talent de Tobirama dans la perception de chakra, rares étaient les Senju capables d'égaler une telle performance.

Cependant, il s'arrêta en plein milieu quand il remarqua les œillades calculatrices que portait son meilleur ami tout à la fois à la silhouette contrariée de son frère et à la sienne.

— Non, s'exclama-t-il d'une voix forte, Senju de malheur, oublie ça immédiatement ! Ce n'est certainement pas à lui que je pensais pour ça !

Inexplicablement atteint dans sa fierté, avec l'impression désagréable que quelque chose lui échappait, Tobirama s'agita et porta un œil perplexe sur son frère qui écarta la possibilité d'une discussion à ce propos, se fiant au regard meurtrier que lui renvoyait Madara.

— Ce n'est rien, une conversation que Madara et moi avons eue il y a quelques semaines à propos d'un projet. Pour l'histoire qui nous occupe, détourna-t-il, nous allons envoyer un groupe de shinobis qui sera composé comme suit.

Il exposa son idée, recueillant – étrangement – l'assentiment des deux partis et finalement, Tobirama accepta d'aller recruter les ninjas Akimichi, Nara et Yamanaka. Il suggéra d'envoyer Hikaku Uchiha en compagnie de Takuya Senju. Madara, étonné de ce choix, l'approuva sans condition, puis rapidement, les deux amis se retrouvèrent sans la présence encombrante du frère grincheux.

Quand la porte se referma, Madara darda sur Hashirama un regard furibond.

— Excuse-moi, capitula Hashirama, je ne pensais pas t'offenser, il correspond à la description que tu m'as faite, c'est tout !

— Je ne ferai pas ça avec lui. Jamais. Il n'est pas– Enfin tout de même, non, ce n'est pas possible, il ne sera jamais capable de… Tu sais.

S'ils changèrent de sujet pour retourner aux affaires courantes qui liaient le clan Uchiha à Konoha, aucun d'eux ne remarqua que Tobirama était resté derrière la porte, les sourcils froncés et les bras croisés.


Plusieurs jours passèrent, durant lesquels Tobirama et sa fierté froissée ressassèrent les paroles de ce maudit Uchiha. Avait-il un projet pour le village pour lequel il chercherait des soutiens ? Si Hashirama avait pensé à lui, c'est qu'il en avait les savoir-faire, aussi Tobirama ne pouvait accepter pas que ce fichu Uchiha ne le considère pas comme capable.

Qu'ils se détestent farouchement était une chose, mais Tobirama reconnaissait les compétences de Madara. D'ailleurs, elles l'inquiétaient énormément et jouaient pour beaucoup dans la défiance qu'il entretenait à son encontre. C'était un très grand shinobi, doublé d'un homme incroyablement bien fait de sa personne – il était déjà arrivé à Tobirama de s'arrêter en pleine action pour contempler Madara dans ses mouvements, impressionné –, mais son sang bouillonnant et ses manifestations le rendaient dangereux au-delà de toute imagination.

Était-il en train d'essayer de créer un nouveau jutsu ? Parce que Tobirama se targuait d'exceller dans ce domaine : il était un chercheur, un expérimentateur et il n'y avait pas plus qualifié que lui dans tout le pays du feu pour soutenir Madara dans cette entreprise. C'était donc incroyablement vexant que le chef du clan Uchiha ne considère même pas rien qu'une minute de collaborer avec lui.

Évidemment, ça lui avait effleuré l'esprit qu'il puisse se fourvoyer, mais le regard de connivence qu'avait jeté Hashirama à leurs deux silhouettes ne pouvait pas signifier autre chose. Ou alors Madara, fichu lui, essayait de s'impliquer davantage dans le fonctionnement du village. Pas qu'il ne le fasse pas déjà, bien entendu, il était de toutes les discussions cruciales, mais il avait peut-être eu une idée nouvelle, comme lui-même avait pensé à une sorte d'unité d'élite dans laquelle pourraient être intégrés les meilleurs ninjas de tous les clans, une ébauche de services secrets. Puisque d'autres pays commençaient à copier leur modèle, il était important de pouvoir infiltrer ces villages.

Contrarié et méfiant, Tobirama se réserva quelques jours supplémentaires pour essayer de deviner ce que tramait ce satané Uchiha tout feu tout flamme. Comme celui-ci montrait un talent inné pour cacher son jeu et ses pensées, bien entendu, il ne vit rien du tout.


Ce qui le conduisit tout naturellement à aller directement taper à la porte de chez lui un soir où il n'en pouvait plus de tourner et retourner ces pensées dans sa tête.

Les clampins Uchiha qu'il croisa en chemin lui jetèrent un regard hostile dont il ne tint bien évidemment aucunement compte. La soirée était chaude et il était de repos, donc il n'avait pas revêtu ses vêtements habituels, mais il restait parfaitement identifiable, avec ses cheveux argentés et ses yeux rouges sans sharingan.

Il connaissait le quartier Uchiha comme sa poche. Il avait mille fois regardé les plans et déambulé dans les rues avec méfiance. Il avisa rapidement la demeure du chef de clan, ravi de voir qu'il y avait de la lumière : ça l'aurait contrarié de devoir faire demi-tour.

Il s'annonça et ne prit pas la peine d'attendre que quiconque vienne lui ouvrir, il pénétra dans la maison, abandonnant ses chaussures sur le seuil, et s'avança jusqu'à la pièce où il savait qu'il pourrait demander audience à Madara.

Il le trouva installé dans un courant d'air, contre le cadre d'une fenêtre, vêtu d'un kimono léger, un rouleau de parchemin entre les mains, qu'il devait contempler d'un air distrait avant que Tobirama ne se présente devant lui. Il avait actuellement tourné la tête vers lui, le dévisageant avec un soupçon d'incrédulité alors que le représentant du clan Senju s'agenouillait près de la table, attendant patiemment qu'il le rejoigne.

Madara ne tarda pas, visiblement à regret, à se déplacer jusqu'à lui pour lui accorder audience.

— Que puis-je pour toi ? s'enquit le chef de clan, ennuyé.

Tobirama choisit l'approche la plus directe possible :

— Quel était ce projet que vous aviez évoqué avec Hashirama ? Je suis curieux de savoir quelle tâche tu me penses incapable d'effectuer.

Madara chercha dans sa mémoire pendant un long moment, avant de finir par extraire de l'ensemble de ses conversations avec Hashirama cet instant fugace où son meilleur ami avait cru qu'il couchait avec l'homme en face de lui.

Il ne retint pas un léger rire qui vexa davantage encore Tobirama. Il fronça les sourcils.

— Il n'y a absolument rien qui puisse être hors de ma portée. Je suis certain que mon concours pourrait être utile et tu pourrais jouir de mes talents.

Le double-sens de cette phrase, bien évidemment, ne sauta qu'aux yeux de Madara qui, lui, savait pour quel genre d'activités Tobirama était en train d'argumenter.

— Je maîtrise plusieurs éléments, je suis le plus puissant de mon clan après mon frère, cela ne nécessite pas de mokuton puisque sinon, mon frère aurait été le seul à pouvoir t'aider, je crée mes propres jutsus depuis l'âge de huit ans et je travaille beaucoup sur la théorie du ninjutsu.

Malgré lui de plus en plus agacé, Tobirama crispa ses poings sur ses genoux.

— Je suis capable de me battre. Je suis capable de réfléchir. Je suis capable de stratégie. Je suis capable de création de jutsu. Je suis capable de diplomatie–

— Il s'agissait d'être mon amant, coupa Madara.

Tant pis. Il ne souhaitait certainement pas donner cette information à l'homme face à lui, mais il ne voulait pas passer des heures à écouter Tobirama Senju faire le tour de toutes ses compétences. Madara était déjà parfaitement au courant des prodiges au-delà même de toute conception morale que pouvait réaliser le frère de son meilleur ami, il n'avait clairement pas l'envie de l'entendre en débattre avec lui-même.

— Ça aussi, j'en suis capable, rétorqua Tobirama sans vraiment prendre le temps de réfléchir.

Madara releva les sourcils, attendit patiemment qu'il se rende compte ce qu'il avait énoncé, espérant voir cet instant délicieux de réalisation, avant la rétractation gênée et la fuite du Senju indésirable hors de son domaine.

Pourtant, le moment ne vint pas. Tobirama resta là, avec ses yeux rouges énervants, à le fixer sans sembler hésiter et sans paraître embarrassé. Sans pour autant avoir l'air de ne pas comprendre ce qu'il venait de se passer. Madara cilla.

— Ce n'est pas une compétition, précisa-t-il dans un soupir.

L'homme aux cheveux d'argent rejeta l'idée d'un geste de la main.

— Non, c'est une proposition, corrigea-t-il.

Il n'avait eu que quelques secondes pour réaliser son erreur et comprendre que, dans le village, un autre homme que lui pouvait avoir un intérêt pour ce genre de contacts entre mâles.

Une fois de plus, si on oubliait le caractère épouvantable de Madara, il était un homme tout à fait désirable. Et il ne s'agissait pas de devenir amis, mais de succomber par moments à un besoin de la chair. L'arrangement était acceptable. Il était venu tout naturellement.

Et c'était précisément cette capacité à réfléchir vite, à tirer le plus grand profit possible de n'importe quelle situation à son désavantage qui horripilait particulièrement Madara.

— Je ne pensais pas t'inspirer de l'amour, ricana-t-il en lui retournant une œillade mesquine.

— Ce n'est pas le cas. L'amour, c'est pour les enfants et les idéalistes. Je ne suis ni l'un ni l'autre. Ma proposition est pragmatique. Je n'ai pas de temps à perdre en devinette et tâtonnements pour trouver un amant. Tu as l'avantage d'être disponible et à portée de mains.

Il fit une pause pour considérer Madara du regard.

— Et attractif, ajouta-t-il après coup en roulant des yeux.

Madara esquissa un sourire, ravi du compliment et de cette opportunité de pouvoir rejeter Tobirama sans le moindre scrupule.

— Je vais devoir refuser, j'ai déjà un amant.

Ce n'était pas tout à fait vrai. Il avait un amant très occasionnel qui était aux abonnés absents pour cause de mission qui promettait de s'éterniser alors que ça faisait des mois entiers qu'ils n'avaient pas eu la possibilité de baiser, mais ça, Tobirama n'avait pas besoin de le savoir.

Ce dernier reçut le refus d'un hochement de tête, se relevant sans plus tarder.

— Penses-y, tout de même.

Il prit congé, laissant Madara relativement surpris. Il rangea ces quelques minutes de conversation dans les insolites inclassables, puis il passa à autre chose, retournant à son parchemin et son courant d'air.


La suite bientôt !