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Cendres d'Azur – Partie 3
Quand ils se revirent, ce fut après des semaines sans le moindre contact. Il avait semblé à Madara que Tobirama le fuyait, mais il n'y avait pas fait plus attention que ça. Les rares fois où leurs chemins s'étaient croisés, le ninja aux yeux rouges avait dévié sa route, mais pas de façon suffisamment alarmante pour que Madara s'en inquiète.
Ils se rencontrèrent au détour de la section consacrée au ninjutsu médical de la bibliothèque. Madara était à la recherche d'un rouleau dont il avait entendu parler, maudissant à mi-voix le classement désordonné des ouvrages qui avaient été accumulés sur les lourds rayonnages de bois.
Il avait eu une idée qui, malheureusement, exigeait des connaissances pointues qu'il n'avait pas. La période hivernale lui avait heureusement dégagé tout le loisir nécessaire pour se consacrer à son étude, puisque les missions étaient plus rares quand la neige s'accumulait sur les routes du pays.
Si les bibliothécaires l'avaient d'abord considéré d'un œil curieux, ils s'étaient à présent habitués à sa présence quotidienne jusque longtemps après le coucher du soleil. Il avait usé bien des chandelles, restant assis à la même table qu'il voyait désormais comme étant la sienne.
Accroupi près des rayonnages du bas, il saisit finalement le rouleau qu'il cherchait, puis il se redressa, bousculant sans le vouloir quelqu'un qui attrapait un livre sur les étagères parallèles à celle qu'il explorait.
Il ravala son mot d'excuse quand il se rendit compte que la personne qui l'avait retenu et écarté, délaissant l'ouvrage qu'elle prenait pour empêcher une collision brutale, était Tobirama. Madara se remit en place, examinant l'autre ninja avec attention. Quelques cernes, le teint un peu plus blanc que d'ordinaire, une expression crispée vissée sur ses joues et ses yeux perçants scrutant Madara, il semblait que les dernières semaines n'aient pas été de tout repos pour lui.
Un frémissement passa sur le visage de l'homme aux cheveux argentés le temps qu'il observe Madara puis le rouleau qu'il tenait, mais il ne fit aucun commentaire, le laissant se détourner et revenir vers la table où il s'installa.
Rapidement, le chef de clan oublia la présence de l'autre ninja dans les lieux, plongé dans la lecture de son ouvrage. C'était ardu à comprendre, il revenait souvent en arrière pour essayer de déchiffrer et de remettre bout à bout les différents éléments qu'il ne comprenait pas : ce rouleau n'était pas à destination des néophytes et, hélas, il était inclus dans la masse grouillante des néophytes.
Sur un bloc de parchemin vierge, il annotait des informations, retournant le plus souvent possible vers l'ouvrage et il s'écoula bien une heure trente avant qu'il redresse sa nuque endolorie, dégageant la mèche de cheveux bruns qui tombait sur son visage.
Passant au crible l'espace de travail de la bibliothèque, il constata rapidement que la seule autre personne encore présente était Tobirama, sa concentration entière dirigée vers un livre aux dimensions étranges, qui occupait toute la place sur la table et qui paraissait contenir un texte à l'écriture resserrée et fine.
Intrigué, Madara pivota plus franchement, écoutant le son délicat des pages épaisses qui se tournent, ses yeux effleurant le papier jauni de l'encyclopédie dont la tranche de tête était enluminée des armoiries Nara. Le document avait l'air lourd et complexe et il s'étonna un instant de la familiarité avec laquelle Tobirama maniait l'objet, visiblement habitué à traiter avec et à le manipuler.
Du livre, les rétines de Madara passèrent aux doigts qui le touchaient quand ils saisirent un coin de page pour la tourner avec délicatesse. Ils étaient noueux, surmontés d'ongles fendus ou noircis par endroits. Il suivit le mouvement de l'index et du majeur, le premier pointant un endroit du texte, le second se repliant contre la paume qui demeurait invisible à ses yeux et il revint vers le livre massif, obéissant l'indication qui ne lui était pourtant pas destinée.
Ses rétines allèrent découvrir l'expression de Tobirama. Les sourcils légèrement froncés, les yeux défilant d'un bord à l'autre de la page avec rapidité, les lèvres serrées, sa moue concentrée n'était pas si différente de celle qu'il offrait généralement à Madara lorsqu'il le croisait, à ceci près que sa bouche dessinait presque un sourire satisfait qui finit par naître quand il trouva ce qu'il cherchait.
Oui, convint Madara en tentant de revenir à sa propre étude, il était séduisant, en mettant de côté cette horrible personnalité directrice, morose et paranoïaque. Il l'était, même quand il ne souriait pas, et ça lui procurerait sans doute une certaine satisfaction de parvenir à bouleverser cette expression stoïque.
Le porteur du sharingan ne détourna pas les yeux quand Tobirama releva les siens en se sentant épié. Leurs regards se percutèrent, Tobirama se redressa, changea subtilement de position et Madara pencha la tête sur le côté, légèrement, comme pour le défier. Ce fut finalement le cadet Senju qui lâcha le duel, retournant à son livre, estimant qu'il était plus intéressant que Madara.
Ou, tout du moins, il essaya.
À partir de cet instant, ils se croisèrent plus souvent, mais pas au point d'en faire une routine. Mito s'était inexplicablement attachée à Madara : elle le trouvait amusant. Il était curieux de voir l'épouse de l'Hokage et le chef du clan Uchiha déambuler dans le village, bras dessus, bras dessous, lors de longues promenades qu'elle tenait à faire à ses côtés.
Cela faisait partie d'une stratégie en plusieurs étapes, avait-elle expliqué à son beau-frère quand il s'était enquis des raisons pour lesquelles elle souhaitait tant exhiber publiquement cette amitié étrange. Il n'avait pas réussi à lui tirer plus de détails concernant ce plan.
Elle lui avait proposé plus d'une fois de les accompagner et il avait accepté, au moins pour s'assurer de ce qui était dit. Il ne s'était pas mêlé à la conversation qui s'était développée entre Madara et Mito. C'était surtout elle qui parlait, il se contentait généralement d'acquiescer à ses propos et de l'écouter religieusement.
Cela avait surpris Tobirama au plus haut point : l'affection de Mito pour Madara semblait partagée. Voir un Uchiha nouer des amitiés en dehors de son clan était en temps normal extrêmement rare – ils se créent plus facilement des alliances que des amitiés, elles avaient l'avantage de réclamer un moindre investissement sentimental et pouvaient se rompre sans douleur –, mais c'était déjà la seconde fois que leur leader le faisait.
Peut-être était-ce cela, le plan de Mito. Prouver aux Uchiha qu'ils faisaient désormais partie de Konoha, pour qu'ils puissent se montrer plus ouverts et plus prompts à tisser des liens d'amitié avec les autres clans, quitte à devoir entrer en collusion avec le chef de file le plus désagréable du monde.
Pour autant, ce qui brillait dans les yeux de Madara était sincère, ce n'était pas une comédie, malgré ses répliques parfois sèches et piquantes. Mito ne prenait ombrage d'aucune d'elle, y répondant avec finesse, un plaisir véritable se dessinant sur ses traits : elle savait réellement apprécier le caractère rêche de Madara, ce que Tobirama ne parvenait pas à s'expliquer.
Cette étrangeté retenait souvent ses pensées, même dans les moments incongrus, quand il se baignait, quand il travaillait, quand il partait en mission, pendant des réunions stratégiques. Et plus il y réfléchissait, plus il se disait que c'était vraiment dommage que Madara ait déjà quelqu'un pour partager sa couche. Et pas uniquement parce que ça aurait été pratique de l'avoir à portée de main.
Cette pensée surgit une fois de plus alors que l'Hokage s'exprimait sur ses inquiétudes au sujet du nouvellement fondé village d'Iwa auprès de ses conseillers, dont Madara et lui-même faisaient partie, bien entendu.
Quoique les shinobis d'Iwa aient de prime abord montré beaucoup d'intérêt dans une alliance, Hashirama ne parvenait pas à être totalement dupe, malgré son désir ardent d'une grande coalition ninja. Il savait que le Pays de la Terre avait prévu de les trahir, il ne savait seulement pas quand.
Tobirama abaissa ses rétines sur le compte rendu qui lui avait été remis, se rangeant du côté de son frère, puis il releva vivement la tête quand il se s'aperçut que tout le monde le scrutait dans l'attente de sa réponse, suite à une suggestion d'un autre conseiller. Le problème était qu'il n'avait pas écouté ces quelques secondes de conversation.
— Moi, intervint Madara en lui sauvant la mise sans s'en rendre compte, je suis plutôt pour. Il faut qu'on sache à quoi s'attendre.
— Ça ne se fait pas, protesta un conseiller. Envoyer des hommes pour espionner une nation alliée pourrait déclencher une guerre si ça se sait.
— En effet, ponctua Tobirama, mais la guerre viendra, qu'on le souhaite ou non. Je suis d'accord avec Uchiha, il nous faut une visibilité.
— Alors c'est réglé, offrit Hashirama. Vous partirez au plus tôt. Tobirama, Madara, je compte sur vous pour vous entendre et me faire des rapports réguliers.
Tobirama hocha la tête, stoïque face à l'annonce de ce qu'il avait accepté sans le vouloir. Une mission d'espionnage en tête à tête avec Madara. D'un mouvement de cou, il se dirigea de nouveau vers Madara qui s'était replongé dans le rapport qui leur avait été remis. Son frère susurra combien il était fier de voir tous les efforts qu'il faisait pour s'entendre avec les Uchiha et il n'eut pas le cœur à le détromper.
Ça tourna mal.
Ce n'était bien évidemment de la faute d'aucun des deux ninjas de Konoha. Ils avaient remarquablement su accomplir la mission qui leur avait été assignée, se surprenant presque à se coordonner de façon satisfaisante.
Ils étaient sur le chemin du retour après un mois et demi passé à Iwa en infiltration et les informations qu'ils avaient réussi à collecter seraient précieuses à Konoha, principalement pour éviter la guerre qui se préparait doucement.
Un peu avant la nuit, ils avaient choisi de s'arrêter pour bivouaquer, repérant une grotte grâce à l'œil entraîné de Madara. Elle était suffisamment vaste pour les accueillir tous les deux, les garder à couvert et elle avait le bénéfice posséder une source claire dans laquelle ils pourraient puiser de l'eau pour la fin du voyage.
La contrariété se lisait sur leurs visages alors qu'ils observaient, tapis dans l'ombre, toute une escouade de ninjas supérieurs en train de monter un campement tout autour de la grotte où ils s'étaient installés pour la nuit et ils se renfoncèrent dans leur cachette, parvenant vers le fond à tâtons pour Tobirama qui n'était pas doté d'une pupille le rendant nyctalope.
— Un peu de lumière serait bienvenue, Uchiha, demanda-t-il dans un murmure.
Madara fut tenté de le laisser dans le noir un peu plus longtemps, mais il n'en fit rien, trop préoccupé par la situation pour s'amuser à taquiner son coéquipier déjà sur les nerfs. Il exécuta quelques mudras avant d'enflammer le bûcher qu'ils avaient commencé à dresser. Ils s'étaient tous deux interrompus en percevant les vibrations de la terre.
Lorsque la lumière se diffusa sur les parois rocheuses de la grotte, Tobirama cessa de tâtonner pour s'avancer plus rapidement jusqu'au feu, près duquel il s'assit en tailleur, les bras croisés.
— Demain, ils seront sans doute partis, espéra-t-il.
Madara grimaça, peu convaincu.
— Il vaut mieux nous attendre à un séjour plus long.
C'était probablement la plus sage de leurs options. De ce qu'ils avaient vu, ils ne pouvaient tout simplement pas forcer les lignes ennemies pour s'extraire de cette situation embarrassante. Cela les conduirait à exterminer tous les ninjas et tous les témoins se trouvant au-dessus de leurs têtes, et si ça n'était pas hors de leurs compétences, c'était hautement dramatique d'un point de vue diplomatique.
— J'enverrai un de mes faucons en reconnaissance, demain, avertit Madara. Repose-toi, je prends le premier tour de garde.
Cette largesse n'était pas dictée par une quelconque forme de gentillesse. Tobirama avait dépensé beaucoup trop de chakra au cours de cette journée de retour et il était épuisé. S'il ne prenait pas suffisamment de repos, il serait inefficace en cas d'attaque.
Acceptant de laisser la surveillance de ses arrières à Madara, il hocha la tête, analysant la grotte à la recherche d'un coin où il pourrait s'installer et il espéra de toutes ses forces que son équipier se trompait. Rester une nuit dans cette grotte pouvait être tolérable, mais plus de temps se révèlerait particulièrement ardu, compte tenu de l'espace disponible.
Il s'installa le plus confortablement possible, les yeux rivés sur Madara, puis il finit par s'endormir pour prendre quatre heures d'un sommeil bien mérité.
Le lendemain, quand l'invocation de Madara, un faucon hobereau choisi pour sa rapidité en vol et sa vision aiguisée, revint finalement se glisser entre les parois menant à la caverne, il était porteur de mauvaises nouvelles.
Le camp de ninja d'Iwa n'avait pas disparu au lever du jour. Bien qu'aucun des deux hommes ne l'avait cru, n'ayant pas senti de nouveau les vibrations de la terre qui auraient indiqué une préparation pour un départ, ils ne purent s'empêcher d'être déçus.
Il fut décidé que ce serait Madara qui irait chercher de quoi les nourrir une fois la nuit tombée, puisqu'il pouvait se déplacer sans lumière. Ils passèrent le reste de la journée dans le silence le plus total.
Une semaine après, la situation ne s'était pas vraiment décantée. Les ninjas d'Iwa campaient toujours dehors, ayant établi ce qui paraissait être un poste de commandement leur permettant de gérer un problème avec un clan qui avait refusé l'affiliation et continuait d'organiser des raids réguliers sur le village.
La solution choisie par Iwa semblait être l'éradication pure et simple, ce qui arracha un grognement écœuré à Tobirama.
Madara pensa d'abord que cette réaction était due à l'idée qu'ils allaient rester bloqués dans cette maudite grotte le temps que le massacre soit perpétré, mais il se trouva que c'était l'idée même du massacre qui répugnait autant son équipier temporaire.
La conversation à ce propos peina à démarrer, Madara n'ayant que des répliques très agressives à prononcer et il ne tenait pas particulièrement à les dire : déclencher une dispute serait prendre le risque d'être repérés et ils s'en sortaient trop bien jusqu'à présent pour se laisser dénicher de la sorte.
Tobirama dut percevoir sa tension – il devenait sacrément doué pour ça et c'était très utile pour éviter des conflits, dangereux depuis qu'ils étaient assiégés –, puisqu'il lui retourna un regard légèrement exaspéré.
— Les Uchiha font partie de Konoha, que ça me plaise ou non, expliqua-t-il sèchement, et je ne souhaite pas une telle chose. Il y a aussi des civils parmi vous.
Il n'y avait aucune trace de tromperie sur ses traits et Madara s'en étonna silencieusement. Pas que ça changeait quoi que ce soit à l'inimitié qu'ils se vouaient, ça clarifiait une position souvent floue sur un sujet épineux.
Le chef du clan Uchiha ne fut pour autant pas naïf au point de croire qu'il s'agissait d'une reddition de la part de son désagréable équipier : s'il ne tenait pas à les exterminer, cela ne signifiait en aucun cas qu'il ne désirait pas détenir sur eux davantage de contrôle.
Cependant, la déclaration amena Madara à considérer Tobirama d'un œil nouveau, comme si son niveau de menace avait diminué par cette simple assertion.
Et c'était probablement le cas, puisque personne ne pourrait jamais forcer Madara à faire quoi que ce soit, à part peut-être Hashirama et Mito, chacun usant de méthodes bien personnelles.
Le jour suivant, la situation faillit leur échapper. Tobirama avait choisi de profiter de l'absence de Madara, parti pour aller voler de quoi manger, pour faire une toilette élémentaire. Ce n'était pas la pudeur qui l'avait poussé à attendre d'être seul pour ça. Il lui semblait seulement que ne pas tourner son dos découvert à un Uchiha armé était une règle de survie plutôt basique, probablement dictée par la force de l'habitude.
Quand Madara surgit par l'entrée, visiblement en état d'alerte, il eut à peine le temps de renfiler quelque chose dissimulant sa nudité, empoignant par réflexe la première arme qui lui tombait sous la main, prêt à combattre ou presque. Son coéquipier ne prit pas la peine de l'informer de ce qu'il se passait et ce n'était de toute façon pas nécessaire, compte tenu du bruit que faisaient les ninjas d'Iwa qui s'avançaient vers la grotte en riant.
Le shinobi aux longs cheveux bruns saisit son coéquipier par le bras et le plaqua contre le mur, toujours sans un mot, fondant presque leurs corps l'un contre l'autre. Quand Madara tourna la tête vers l'entrée, Tobirama sentit les mèches de ses cheveux frôler son visage, cette maudite odeur mêlant pin, cendres et pivoine vint chatouiller son nez alors que ce n'était pas le moment.
Il comprit immédiatement que Madara était en train de se concentrer pour déployer un puissant genjutsu visant à faire croire aux ninjas d'Iwa que la grotte était vide, probablement inintéressante, trop étroite pour en faire quoi que ce soit.
Il se corrigea quand les yeux noirs de Madara virèrent au rouge, et lorsque les tomoes tournoyèrent pour laisser placer au schéma complexe que formait son mangekyô sharingan. Son équipier s'apprêtait à étendre un genjutsu presque de l'ordre du divin.
Il resta donc parfaitement immobile, fermant inutilement les paupières pour ne pas tomber dans le piège qu'il savait traître.
Il y tomba quand même, parce que ce n'était pas une illusion qui jouait sur la vue, comprit-il en basculant, et c'était d'autant plus impressionnant qu'elle émanait d'un sharingan. Soudainement, il eut la sensation d'être seul, que le corps de Madara n'écrasait plus le sien contre la paroi rocheuse. Il ne perçut plus le bruit de la source claire qui s'écoulait dans la grotte, ne sentit plus l'odeur du feu. Il ne pouvait distinguer qu'une épaisse paroi de pierre qui privait la caverne des deux tiers de son volume réel.
Puis il revint à la réalité, le regard agacé de Madara croisant le sien.
Quand Tobirama analysa la situation, il constata que les hommes d'Iwa touchaient et palpaient un mur qui n'existait pas, semblant déçus du peu de profondeur de la grotte. Ils explorèrent tout de même un long moment, assez pour que Madara commence à être en nage, à force de maintenir cette illusion parfaite en place.
Les shinobis, toujours sous l'emprise du genjutsu, finirent par se détourner sans plus attendre.
Essoufflé, Madara ne s'écarta pas de suite, ses pupilles revenant à la normale. Sa respiration rapide se perdait sur le cou de Tobirama qui attendit patiemment qu'il le libère de cette étreinte solide.
Leurs yeux s'accrochèrent et ne se lâchèrent plus pendant un long moment, les souffles s'emmêlant.
Puis finalement, Madara s'éloigna d'un mouvement souple puis il partit se coucher, affirmant avoir besoin de repos.
Après trois semaines passées dans cette grotte, ils purent finalement lever le camp et rentrer à Konoha. Fort heureusement, l'invocation de Madara avait pu prévenir Hashirama qu'ils étaient coincés dans une situation compliquée, évitant ainsi à l'Hokage de s'inquiéter quand il avait remarqué qu'ils étaient bien en retard sur la date de leur retour.
Personne ne vint les accueillir quand ils franchirent les portes. Le soleil était couché depuis longtemps lorsqu'ils arrivèrent dans l'enceinte du village. D'un commun accord murmuré du bout des lèvres, ils choisirent de se rendre chez eux et de parler à Hashirama le lendemain, après une bonne nuit de sommeil.
Ils ne dirent pas un mot sur la fin du trajet et se séparèrent à proximité du quartier Uchiha, Madara éloignant sa route de celle de Tobirama pour rentrer chez lui. Il croisa quelques personnes qui le saluèrent avec déférence et joie, ravies qu'il soit de retour après deux mois et demi d'absence.
Il passa la porte et se traîna, épuisé, jusqu'à son lit, sur lequel il se laissa tomber après avoir retiré l'ensemble des armes qu'il portait sur lui.
Il s'attendait à s'endormir presque immédiatement tant tout son corps hurlait grâce et suppliait pour un repos bien mérité. Pourtant, il resta éveillé un long moment, tournant et virant, sans parvenir à s'expliquer pourquoi il ne trouvait pas le sommeil alors qu'il était si fatigué. Il tenta de se couvrir davantage, de se découvrir, d'avoir plus ou moins d'oreillers, de dormir à même le plancher de sa chambre, mais rien n'y faisait, le repos demeurait à distance.
Quelque chose le gênait et le condamnait à rester alerte, les yeux grands ouverts malgré la fatigue qui prenait ses tempes en tenailles, le laissant au bord de la migraine.
Il éclata d'un rire nerveux quand il finit par comprendre que s'il ne dormait pas, c'était parce que…
Tobirama Senju lui manquait.
À bientôt pour la quatrième partie ! N'hésitez pas à me dire si ça vous a plu avec un petit mot !
